David Cormand
Member of the European Parliament · ALE · FR
“Mais, surtout, le Parlement déjuge la Commission sur ce projet hallucinant d'architecture qui consistait à recentraliser de façon technocratique la gestion de notre budget et, du même coup, à vider la capacité de contrôle de notre institution parlementaire. Et donc ça, c'est no way, c'est un stop. Il faut que la Commission entende cela.”
“Monsieur le Président, chers collègues, aujourd'hui, le Parlement s'exprime sur le budget européen des sept prochaines années et le Parlement envoie un message très clair à la Commission: c'est une fin de non-recevoir par rapport à l'architecture que la Commission tente d'imposer à nos institutions.”
“Monsieur le Président, chers collègues, notre démocratie meurt en pleine lumière, sous les clics et les likes de contenus postés par des bots russes et les partis d’extrême droite, dopés par les plateformes et les algorithmes américains et chinois.”
“Dans cette guerre, nous combattons une ingérence étrangère hostile, coordonnée à des complicités intérieures qui siègent au cœur même de nos institutions. Que ce soit avec Moscou, Washington ou Pékin, la convergence est claire: la haine domestique rencontre les agendas géopolitiques de nos ennemis.”
“Monsieur le Président, chers collègues, la question du droit des consommateurs est une question de souveraineté et de sécurité pour l’Union européenne. Des millions de produits dangereux et non conformes inondent l’Europe via des plateformes en ligne.”
“L’Union européenne doit imposer un modèle fondé sur la sécurité, la durabilité et la justice sociale. La Loi sur l’équité numérique doit être un électrochoc: elle doit mettre fin aux pratiques trompeuses, aux manipulations numériques et à l’impunité des plateformes.”
The complete record
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“Mais, surtout, le Parlement déjuge la Commission sur ce projet hallucinant d'architecture qui consistait à recentraliser de façon technocratique la gestion de notre budget et, du même coup, à vider la capacité de contrôle de notre institution parlementaire. Et donc ça, c'est no way, c'est un stop. Il faut que la Commission entende cela. Maintenant, on va rentrer en discussion avec le Conseil, et j'ai bon espoir pour que nous puissions préserver des politiques essentielles sur la PAC, la cohésion, le social, la pêche, l'environnement... Nous disons que la flexibilité ne doit pas signifier l'opacité et que le Parlement ne renoncera pas à sa capacité de contrôle sur le budget. 2-0068-0000”
“Monsieur le Président, chers collègues, aujourd'hui, le Parlement s'exprime sur le budget européen des sept prochaines années et le Parlement envoie un message très clair à la Commission: c'est une fin de non-recevoir par rapport à l'architecture que la Commission tente d'imposer à nos institutions. Le Parlement déjuge d'abord la Commission sur les volumes du budget proposé, puisque nous l'évaluons, nous, à 1,27 % du revenu national brut, hors remboursement NextGenerationEU, et ça nous paraît être un minimum pour mener l'ensemble des politiques qui nous paraissent nécessaires dans le moment que nous traversons.”
“Dans cette guerre, nous combattons une ingérence étrangère hostile, coordonnée à des complicités intérieures qui siègent au cœur même de nos institutions. Que ce soit avec Moscou, Washington ou Pékin, la convergence est claire: la haine domestique rencontre les agendas géopolitiques de nos ennemis. Nous devons y répondre avec la force de ceux qui n’ont plus le droit de reculer: prendre le contrôle sur des algorithmes aujourd’hui programmés pour tuer nos démocraties, protéger les journalistes et l’indépendance de la presse, couper les vivres aux marchands de haine et aux plateformes qui en font commerce. Ce n’est pas une question technologique, c’est le grand défi civilisationnel de notre ... (Le Président retire la parole à l’orateur) 4-0060-0000”
“Monsieur le Président, chers collègues, notre démocratie meurt en pleine lumière, sous les clics et les likes de contenus postés par des bots russes et les partis d’extrême droite, dopés par les plateformes et les algorithmes américains et chinois. Nous sommes exposés à la fois à une menace extérieure, orchestrée par les puissances impérialistes chinoise et américaine, mais aussi par leurs alliés intérieurs que sont les partis d’extrême droite qui siègent ici même, au Parlement. Cette coalition pilonne sans relâche notre souveraineté et nos principes démocratiques, car leur victoire dépend de notre effondrement. Leur arme? Un capitalisme de surveillance et de désinformation qui exploite les algorithmes pour fracturer nos sociétés, accaparer les profits et anéantir notre économie et nos emplois européens.”
“L’Union européenne doit imposer un modèle fondé sur la sécurité, la durabilité et la justice sociale. La Loi sur l’équité numérique doit être un électrochoc: elle doit mettre fin aux pratiques trompeuses, aux manipulations numériques et à l’impunité des plateformes. Sans économie circulaire, il n’y aura jamais de justice pour les consommateurs. La législation sur l’économie circulaire doit rompre avec le tout-jetable, interdire l’obsolescence organisée et faire de la durabilité un droit. Protéger les consommateurs, ce n’est pas protéger le marché: c’est protéger les citoyens et notre souveraineté économique et géopolitique. 3-0451-0000”
“Monsieur le Président, chers collègues, la question du droit des consommateurs est une question de souveraineté et de sécurité pour l’Union européenne. Des millions de produits dangereux et non conformes inondent l’Europe via des plateformes en ligne. Derrière les prix cassés se cache une réalité brutale: acheter vite, jeter plus, produire loin, exploiter toujours. Ces prix mentent! Ils ne disent rien du coût réel payé par nos sociétés, par les consommateurs exposés à des risques, par les travailleurs exploités, par un environnement sacrifié. Ils ne disent rien de notre souveraineté abandonnée. Nous avons laissé certaines de ces firmes, et les puissances économiques qui sont derrière, imposer leurs règles, contourner nos normes, échapper aux contrôles et capter le profit au détriment de l’intérêt général.”
“Et donc, Madame la Présidente, au-delà du texte que nous allons voter, je pense, demain, il faut en finir avec les tentations de déréglementation – avec l'omnibus numérique par exemple – qui visent à alléger la charge pesant sur ces firmes. Il faut assumer notre rôle de protection et de surveillance des firmes internationales. 2-0407-0000”
“Madame la Présidente, Madame la Commissaire, chers collègues, l'économie de l'attention a décidé de faire de nos enfants des proies et ils utilisent pour cela des plateformes et des algorithmes qui pourchassent nos enfants, mais également chacune et chacun d'entre nous, pour pénétrer dans nos cerveaux et connaître nos émotions, nos sensibilités. En réalité, ils font commerce de notre intimité. Et ma conviction est que faire peser sur les familles et sur les parents la surveillance de ces algorithmes toxiques n'est pas une solution suffisante. Au contraire, elle risque de déresponsabiliser les véritables responsables de cette situation, qui sont les firmes et les algorithmes. Nous ici, dans l'Union européenne, si nous voulons vraiment protéger nos enfants, nous devons prendre le contrôle, reprendre le contrôle sur ces algorithmes.”
“Peut-être aviez-vous la nostalgie de cette époque? Pas moi. Pas nous! Dernier point: ce plan de partenariat géant, cette espèce de plan Frankenstein qui mélange toutes les lignes, c’est la fin de la transparence, c’est la fin du contrôle budgétaire; bref, c’est l’opacité et la technocratie à tous les étages. Il est encore temps de se ressaisir. Il faut que la Commission accepte le rôle du Parlement comme colégislateur. Il faut un saut fédéral plutôt qu’un retour en arrière. 1-0155-0000”
“Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, Madame la Présidente de la Commission – elle est partie, et il faut croire que deux heures pour discuter avec le Parlement du futur budget, c’était encore trop –, nous avons un problème. Nous avons un problème parce que la proposition d’architecture qui est faite est une agression directe et le pire recul qu’on ait vu depuis longtemps par rapport au fédéralisme européen. Le fait de découper le budget en 27 paquets nationaux, c’est non seulement dessaisir le Parlement de son pouvoir, mais c’est aussi opérer un retour en arrière par rapport à ce que nous voulons faire en matière de fédéralisme. Autre scandale: la conditionnalité financière dont décidera unilatéralement la Commission par rapport au budget qu’elle donnera, ou pas, aux pays. C’est le grand retour de la troïka.”
“Ne cédez pas; ne faites pas de la réglementation numérique une variable d’ajustement dans d’autres domaines. Réguler, c’est la condition de notre compétitivité et la condition de la survie de nos démocraties. 3-0327-0000 PRESIDENZA: ANTONELLA SBERNA Vicepresidente 3-0328-0000”
“Monsieur le Président, Madame la Vice-Présidente, aujourd’hui, vous êtes en quelque sorte la ministre de la défense de l’Union européenne, car le dossier que vous avez en main constitue notre ligne de défense fondamentale face aux attaques que nous subissons contre nos intérêts économiques, mais également contre nos démocraties. Je vous invite à écouter cette partie de l’hémicycle, car dans l’autre se trouve une cinquième colonne: celle des perroquets de Donald Trump et des intérêts étrangers. Ne cédez pas à ces pressions. Ils vous répéteront que nous sommes les ennemis de la liberté. Mais pour eux, la liberté, c’est le droit de faire des saluts nazis. Pas chez nous, pas en Europe, car nous avons un rapport à l’histoire et à la géographie qui fait que nous sommes ici, dans cette assemblée, pour défendre ces valeurs.”
“Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, chers collègues, les marchés publics représentent 2 000 milliards d'euros par an dans l'Union européenne. C'est dix fois le montant du budget de l'Union. Ces marchés publics, c'est de l'argent public, l'argent du peuple européen. Nous proposons donc un «Buy European Act». Nous avons besoin d'un protectionnisme vert pour protéger la planète, nos emplois, nos conquêtes sociales et notre souveraineté. Face aux menaces impérialistes américaine, chinoise et russe, l'idéologie d'une mondialisation libérale et libre-échangiste est une impasse qui favorise l'exploitation du Sud global et la désindustrialisation de l'Union européenne. Le marché européen doit être mis au service de notre souveraineté, de notre économie et de nos valeurs.”
“Il faut casser les monopoles des mastodontes industriels de l’agro-alimentaire, qui étranglent les paysans en leur imposant des prix qui les spolient de leur travail. Il faut enfin une Europe qui garantisse aux agricultrices et aux agriculteurs une chose simple: leur travail doit payer. 4-0038-0000”
“Madame la Présidente, les agriculteurs européens meurent, nos fermes disparaissent, les paysans croulent sous le poids des dettes, et les firmes agroalimentaires, agrochimiques, ainsi que la grande distribution exploitent leur travail. Pendant ce temps-là, la Commission européenne se prépare à les achever. Ursula von der Leyen veut non seulement fusionner les deux piliers de la PAC, mais elle veut en plus diluer celle-ci dans un budget qui va tuer la spécificité du budget européen de l’agriculture. Pourtant, cela ne suffit pas: avec le PPE, elle intrigue pour passer en force le traité de libre-échange avec le Mercosur. Au nom des Verts, je dis: «Ça suffit!». Il faut enfin une PAC qui assure des aides mieux réparties, qui rémunère les services rendus à la nature et qui encourage les pratiques vertueuses.”
“En France, encore, hélas, on a une ministre de la Culture qui veut désormais créer une grande holding des médias publics pour pouvoir mieux les contrôler. Je demande que l’article 5, qui prévoit l’indépendance des médias publics, soit réellement mis en œuvre pour que cette menace cesse de s’étendre dans nos pays et que nous puissions compter sur des médias publics de qualité qui informent nos concitoyennes et nos concitoyens. 2-0206-0000”
“Monsieur le Président, chers collègues, les menaces contre la liberté de la presse s’accumulent. C’est d’ailleurs pourquoi nous avions mis en place ce règlement européen sur la liberté des médias. L’indépendance de la presse est remise en question, certes, par des régimes illibéraux qui la musellent à l’intérieur même de l’Union européenne. Elle est mise en danger par des oligarques étrangers à l’Union européenne, qui essaient de prendre le contrôle de médias européens. Elle est aussi menacée par des milliardaires d’extrême droite, en Europe – comme dans mon pays, la France, avec le groupe Bolloré. C’est pourquoi, d’ailleurs, les services publics de médias sont une arme absolue pour lutter contre ce danger.”
“C'est à la sanctuarisation de nos infrastructures et de ces standards que nous devons consacrer nos capacités d'investissement. Créons un écosystème où excellence rime avec résilience, où les progrès servent nos besoins et nos principes fondamentaux. La seule course que nous devons mener, c'est celle qui assure notre souveraineté numérique et démocratique européenne. 3-0195-0000”
“Monsieur le Président, l'Union européenne est puissante, mais elle est menacée par des prédateurs. Nous n'avons aucune raison de consentir à participer à une course technologique dont ces prédateurs veulent imposer les règles. Accepter de se plier aux standards des oligarques de la tech chinoise ou américaine et à leur tentation impérialiste n'est pas ce que nous devons faire. L'innovation européenne, c'est la capacité de prescrire nos propres règles du jeu, qui reposent sur nos valeurs. Nous avons pour cela des armes puissantes: le règlement sur les services numériques (DSA), le règlement sur les marchés numériques (DMA), le règlement sur l'intelligence artificielle et le règlement sur les données, par exemple. La régulation est la condition de notre compétitivité.”
“Il est temps de dire stop! L'Europe doit investir dans ses propres réseaux, développer un cloud souverain, sécuriser ses infrastructures et imposer des règles strictes, à l'image de nos valeurs démocratiques. Car une Europe qui dépend, c'est une Europe qui subit, et une Europe qui subit, c'est une Europe qui s'efface. Nous devons reprendre le contrôle. Pas demain, pas plus tard, maintenant. 4-0140-0000”
“Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, mes chers collègues, l'Europe est pieds et poings liés: 92 % de nos données sont stockées à l'étranger, nos infrastructures livrées aux GAFAM et aux fournisseurs chinois. Et que fait l'Europe? Elle parle de souveraineté, mais en réalité elle se soumet. L'extrême droite se dit patriote, mais laisse l'Europe devenir un territoire vassalisé, incapable de protéger ses citoyens et ses entreprises face aux lois extraterritoriales américaines et à la dépendance à l'égard des fournisseurs chinois. Pendant ce temps, le numérique avale 10 % de l'électricité mondiale et la tendance explose. Et que fait-on? On laisse les GAFAM dicter leurs règles pendant que Bruxelles dérégule, retire des lois et plie face aux lobbys. À force de reculer, elle abandonne la bataille sans même l'avoir livrée.”
“La vérité aujourd’hui, c’est que ceux qui veulent livrer nos travailleurs, nos entreprises et notre économie aux oligarques de la Silicon Valley, c’est l’extrême droite européenne. Alors, Madame la Commissaire, nous vous invitons à vous battre, à vous battre à nos côtés pour défendre la souveraineté des citoyennes et des citoyens européens contre ceux qui veulent l’abattre. 2-0147-0000”
“Madame la Présidente, mes chers collègues, le débat de ce matin est éclairant. Contrairement à ce qu’on a voulu nous faire croire, le sujet, ce n’était pas parler de censure ou d’absence de censure, de liberté de parole ou d’absence de liberté de parole. Le débat de ce matin, il se résume en un mot: la souveraineté. La souveraineté européenne, c’est-à-dire la souveraineté de l’Union européenne, suppose la souveraineté des nations européennes. Cette souveraineté est aujourd’hui attaquée. Elle est attaquée par les milliardaires de la Silicon Valley, qui veulent réduire les peuples européens en esclaves. Le plus surprenant, c’est que les premiers lobbyistes de cette attaque, ici même en Europe, ce sont les membres de l’extrême droite, qui prétendent défendre notre souveraineté.”