Marina Mesure
Member of the European Parliament · The Left · FR
“Je trouve normal aujourd’hui, au vu du constat que vous faites toutes et tous ici, dans cet hémicycle, que l’argent public qui est prélevé par l’impôt puisse profiter avant tout à la création de la demande, en Europe, sur des segments particuliers, notamment sur les segments des véhicules électriques.”
“Donc oui, il faut investir massivement, mais évidemment pas pour alimenter la spéculation, comme nous avons pu le voir: l’argent public doit servir vraiment à protéger les salariés, à transformer notre industrie et pas à enrichir des actionnaires.”
“Madame la Présidente, 50 000, c’est le nombre d’emplois détruits dans l’automobile en France depuis 2017. Si nous ne faisons rien, ce sont des milliers d’autres qui vont être sacrifiés demain.”
“Encore un dernier message: il faut absolument que ce texte puisse arriver à destination le plus rapidement possible – et l’urgence de la situation démontre que le vote de l’accélérateur industriel est aussi une question d’urgence pour le secteur de l’automobile. 2-0029-0000”
“La libéralisation du secteur de l'énergie est un échec. Elle a fait exploser les prix. Elle a ralenti la création de capacités de production et elle freine aujourd'hui des chantiers du siècle, alors que 80 millions de kilomètres de lignes électriques doivent être déployées dans le monde pour des besoins de raccordement.”
“Monsieur le Président, ce matin, des milliers de personnes sont parties travailler. Ce soir, plusieurs d'entre elles ne rentreront jamais. Il y a celui qui tombe d'un échafaudage, celle qui s'effondre lors des vendanges, ou encore ce lycéen fauché en plein stage par un chariot élévateur.”
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“Encore un dernier message: il faut absolument que ce texte puisse arriver à destination le plus rapidement possible – et l’urgence de la situation démontre que le vote de l’accélérateur industriel est aussi une question d’urgence pour le secteur de l’automobile. 2-0029-0000”
“Je trouve normal aujourd’hui, au vu du constat que vous faites toutes et tous ici, dans cet hémicycle, que l’argent public qui est prélevé par l’impôt puisse profiter avant tout à la création de la demande, en Europe, sur des segments particuliers, notamment sur les segments des véhicules électriques. C’est la proposition que nous avons faite, avec 70 % de composants européens dans une voiture électrique (hors batterie), avec 50 % de composants européens pour la chaîne de propulsion électrique et 50 % de composants européens pour l’électronique. Voilà la proposition qui est sur la table, sur laquelle vous devez débattre, mais qui est une partie de la solution que nous vous proposons – pas toute la solution, mais une partie de la solution qu’on vous propose dans le cadre de ce texte.”
“Donc oui, il faut investir massivement, mais évidemment pas pour alimenter la spéculation, comme nous avons pu le voir: l’argent public doit servir vraiment à protéger les salariés, à transformer notre industrie et pas à enrichir des actionnaires. Pour réussir, il faut évidemment un bouclier, un véritable «made in Europe» dans l’automobile, afin de maîtriser nos batteries et nos technologies. En ce sens, les plans actuels ne vont pas assez loin sur la préférence locale et sur l’aide à l’acquisition de véhicules abordables électriques pour tous les citoyens. Donc, il faut sortir de ces logiques mortifères du libre-échange et vraiment protéger notre marché et notre industrie. 2-0028-0000 Stéphane Séjourné, Vice-président exécutif de la Commission.”
“Madame la Présidente, 50 000, c’est le nombre d’emplois détruits dans l’automobile en France depuis 2017. Si nous ne faisons rien, ce sont des milliers d’autres qui vont être sacrifiés demain. Voilà la réalité du séisme qui frappe notre industrie, et plus nous tardons à réagir, plus la facture sera lourde à payer pour toute notre société. Je parle ici de toute notre société, car, n’en déplaise à la droite et à l’extrême droite de cet hémicycle, face au dérèglement climatique, aux canicules qui s’enchaînent, la transition électrique n’est plus négociable. C’est une urgence vitale, alors que 30 % de nos émissions dépendent directement du secteur du transport.”
“La libéralisation du secteur de l'énergie est un échec. Elle a fait exploser les prix. Elle a ralenti la création de capacités de production et elle freine aujourd'hui des chantiers du siècle, alors que 80 millions de kilomètres de lignes électriques doivent être déployées dans le monde pour des besoins de raccordement. L'indépendance exige donc de sortir des énergies fossiles, oui, mais aussi des investissements massifs et un retour au contrôle public de l'énergie. En conclusion, l'électrification est notre plus grande force, mais elle exige un préalable: reprendre la main et sortir des logiques de marché. 3-0272-0000”
“Derrière les statistiques, ce sont des familles brisées à jamais. Cette semaine, nous portons une résolution pour instaurer une journée européenne à leur mémoire. Mais soyons clairs, commémorer ne suffit pas. Il est temps de protéger les travailleuses et travailleurs des logiques de rentabilité. Il est temps d'agir et de rendre justice. Il est temps de prendre toutes les mesures nécessaires pour stopper l'employicide. 1-0238-0000”
“Monsieur le Président, ce matin, des milliers de personnes sont parties travailler. Ce soir, plusieurs d'entre elles ne rentreront jamais. Il y a celui qui tombe d'un échafaudage, celle qui s'effondre lors des vendanges, ou encore ce lycéen fauché en plein stage par un chariot élévateur. Chaque année, le travail tue 3 millions de personnes dans le monde. Et, en Europe, cette mortalité est en hausse dans 12 pays, la France détenant le dramatique record de cette hécatombe. Et ce bilan, évidemment, c'est celui d'Emmanuel Macron. Avec sa suppression des principales instances de prévention, le décès au travail a augmenté de 44 %. La mort au travail n'est pas un fait divers, c'est un phénomène social. C'est un scandale politique. Flavien, Alban, Cédric, Amara, Benjamin, Lauriane, Damien, Ludovic et tant d'autres.”
“Dès lors, l'objectif de 300 gigawatts d'éolien offshore en mer du Nord d'ici 2050 n'est pas une simple ambition écologique, mais bien un impératif stratégique. D'autant que l'Europe dispose, dans l'éolien offshore, d'un tissu industriel solide et performant, d'un savoir-faire unique, d'emplois de qualité qu'il convient évidemment de protéger, car la véritable souveraineté énergétique de l'Europe sera renouvelable ou elle ne sera pas. 3-0254-0000”
“Madame la Présidente, l'actualité nous impose un constat brutal, presque systématique: chaque crise internationale devient pour l'Europe la crise de la facture énergétique. Ainsi, quelques jours après le début de la guerre au Proche-Orient, les prix à la pompe dépassent 2 euros le litre et le cours du gaz s'emballe. Nous ne pouvons plus tolérer de laisser la vie quotidienne de nos concitoyens à la merci des chocs extérieurs. La sécurité de l'Union européenne ne se joue pas seulement à nos frontières, elle se joue au cœur de nos réseaux d'énergie. Car, notre véritable défense, c'est notre capacité à garantir seuls notre approvisionnement. Comment y parvenir? En sortant du tout fossile par l'électrification massive et le déploiement des énergies renouvelables.”
“Elle doit construire un véritable front du refus de l'impérialisme et de la guerre. Cela suppose une industrie de la défense réellement indépendante et libérée de la tutelle de Washington. Mais parler d'industrie de la défense implique aussi un choix politique clair. La puissance publique doit reprendre la main face à des logiques de marché et aux intérêts privés. Car, tant que la guerre restera un marché lucratif, la paix ne sera qu'une illusion. Soyons à la hauteur de l'histoire. Cessons de servir les intérêts privés et les alliances du passé et ayons le courage du non-alignement. 2-0558-0000”
“Madame la Présidente, depuis une semaine, le Moyen-Orient s'embrase sous le déluge de bombes. Le risque d'une déflagration régionale est totale et la paix vacille jusqu'à nos portes, puisque Chypre a été visée. Face à cela, quelle est notre réponse? L'aveuglement. Regardez les textes que nous examinons aujourd'hui: les projets phares de la défense européenne, le marché unique – on y compte 36 références à l'OTAN, 36 rappels de notre allégeance à une organisation qui ne défend pas nos intérêts, mais qui nous dicte notre soumission. Comment porter la voix de la désescalade quand nous restons pieds et poings liés face à une puissance américaine qui alimente les conflits et piétine le droit international? L'Union européenne ne peut plus se contenter d'être spectatrice.”
“Je terminerai en disant, chers collègues, que, pour avancer sur cette question-là, il va falloir rompre avec la logique du marché, en retrouvant une maîtrise publique et une planification à long terme, que nous devons véritablement mettre en œuvre afin de développer les réseaux électriques et de faire de la transition énergétique – dont nous avons tant besoin – une priorité pour l’Union européenne. 2-0088-0000”
“Monsieur le Président, reconnaître l’importance des réseaux électriques, c’est reconnaître qu’ils sont un outil bien plus que technique: ils sont la clé de voûte de la transition énergétique. En assurant l’équilibre entre la production et la consommation, ils sont l’élément central sur lequel repose l'équilibre de tout notre système et qui rend l’électricité fiable, accessible et sûre. Sans réseau électrique performant, robuste, étendu, l’électrification de nos usages et la décarbonation resteront des objectifs théoriques. À l’heure des prémisses des pénuries d’électricité, sans eux, pas d’intégration des énergies renouvelables – souvent décentralisées et intermittentes –, et donc toujours plus de dépendance aux énergies fossiles produites par des États tiers.”
“Vous savez tous ici, plusieurs sources l'indiquent clairement, qu'une partie du gaz russe transite vers l'Azerbaïdjan, un État qui s'est rendu coupable de nettoyage ethnique au Haut-Karabakh et qui continue de déstabiliser son voisin arménien malgré des pourparlers de paix. Donc si les droits humains et la souveraineté des peuples nous amènent à arrêter d'importer du gaz russe, et à juste titre, soyons cohérents et mettons enfin un terme à l'accord gazier avec l'Azerbaïdjan. 3-0517-0000”
“Monsieur le Président, l'arrêt des importations de gaz russe est une décision absolument nécessaire pour cesser de financer la machine de guerre de Poutine. Elle l'est aussi pour nos engagements climatiques et notre souveraineté. Mais attention, cette interdiction doit être assortie de moyens pour développer des alternatives renouvelables au gaz, car, sans alternative, nous dépendons d'une autre puissance prédatrice, je pense aux États-Unis. À ce titre, il est insupportable de voir la Commission signer des accords avec Trump pour l'achat de 700 milliards d'hydrocarbures américains très chers et dont le coût environnemental est encore plus désastreux. Par ailleurs, si nous voulons vraiment nous passer du gaz russe, arrêtons l'hypocrisie d'acheter du gaz azerbaïdjanais.”
“Mais la solution n’est pas de s’attaquer à nos objectifs absolument essentiels de décarbonation du secteur des transports, responsable de 20 % des émissions de gaz à effet de serre. Des solutions? Nous en proposons depuis des mois dans cet hémicycle: appliquer de réelles mesures de défense commerciale et des critères de préférence européenne; instaurer un leasing social à l’échelle européenne permettant à tous d’acquérir des véhicules électriques, qui sont aujourd’hui trop chers pour les ménages; et développer un pôle public de bornes électriques pour garantir une répartition équitable sur le territoire. Pour la prévisibilité du secteur, pour la préservation des emplois et de l’environnement, gardons le cap de la transition vers l’électrique. 3-0234-0000”
“Monsieur le Président, le secteur automobile traverse une crise sans précédent. Personne ne peut le nier. Mais la réponse qu’apporte aujourd’hui l’extrême droite est à la fois simpliste et dangereuse. Ces derniers mois, je me suis rendue dans plusieurs usines en France et en Italie, pour échanger avec les travailleurs du secteur et les soutenir. La première chose dont ils m’ont parlé, avant l’électrification, c’est la décision des constructeurs de ne pas investir à temps dans la modernisation de leurs outils de production, malgré des bénéfices et des dividendes records. Je sais bien que l’extrême droite n’aime pas prendre à partie le grand patronat, et pourtant ceux-ci ont préféré augmenter leurs marges en délocalisant plutôt que de faire preuve de patriotisme économique. Oui, le passage à l’électrique est un défi pour la filière.”
“Trump ne négocie pas, il asservit; et nous ne sommes pas ses partenaires, mais ses vassaux. Alors, dans ce contexte, il est temps pour nous de faire un choix crucial: celui d’un véritable protectionnisme solidaire, capable de réduire notre dépendance. Commençons par un «Buy European Act» pour ne plus avoir besoin du marché américain pour créer des emplois. Taxons la rente sur la propriété intellectuelle: nous en avons les moyens, il ne manque que la volonté politique d’y parvenir. Il est donc temps de faire le choix d’être insoumis à Washington! 3-0275-0000”
“Monsieur le Président, l’ultimatum de Donald Trump devait arriver à échéance aujourd’hui. Nous avons gagné un léger sursis, mais les termes du chantage n’ont pas changé. Si nous ne cédons pas à ses demandes sur le numérique, la fiscalité et le commerce, il étouffera notre économie. Il nous menace car il sait qu’il peut le faire, puisqu’il y a une certaine servilité de nos dirigeants européens depuis des décennies envers le prétendu allié américain, une servilité qui nous conduit à une dépendance extrême à leur marché et à leurs produits. Cette dépendance tue dans l’œuf toute velléité de faire émerger des acteurs nationaux ou régionaux, essentiels à notre souveraineté. Nous sommes vulnérables, comme beaucoup d’autres pays qui ont vu leur économie déstabilisée par des sanctions américaines et par des changements de leur politique douanière.”
“1 100 milliards, c'est aussi ce qu'il faudrait pour permettre aux pays du Sud de respecter l'accord de Paris et freiner le changement climatique. Mais vous préférez faire feu de tout bois pour la course à la guerre plutôt que d'éteindre l'incendie planétaire. Pourtant, l'atténuation et l'adaptation aux changements climatiques, vous le savez, sont des enjeux de sécurité majeurs. Donc l'urgence, c'est la paix, l'indépendance, le non-alignement, le climat et la justice sociale, et pour tout cela il faut sortir de l'OTAN. 3-0055-0000”
“Madame la Présidente, dans quelques jours, l'OTAN se réunira pour graver dans le marbre un objectif insensé, consacrer 5 % du PIB à la défense, soit 1 100 milliards de dollars par an supplémentaires, 1 100 milliards de dollars pour s'enfermer dans une logique d'allégeance aux États-Unis pour faire tourner leur machine de guerre, alors même que M. Trump se désengage du continent et méprise profondément les Européens. 1 100 milliards, dans un cadre d'austérité budgétaire, c'est un choix politique lourd de conséquences, car de telles dépenses se traduiront forcément par des sacrifices dans les dépenses sociales. Il n'y a plus d'argent pour les écoles, les hôpitaux, nos services publics, mais il y en aura pour construire vos chars d'assaut.”
“Face à cette menace, rappelons-nous que du chaos de la Seconde Guerre mondiale est sorti un héritage commun, celui des Nations unies, un internationalisme guidé par un idéal de paix, de coopération, de solidarité entre les peuples. Un héritage qui nous montre la voie et qu'il convient de protéger. Ainsi, en cette journée de commémoration, ne laissons pas l'oubli envahir nos cœurs. Gardons cette mémoire vive et continuons à lutter avec force et détermination pour un projet humaniste et universaliste. 4-0030-0000”
“Madame la Présidente, chers collègues, nous ne devons jamais oublier l'horreur de cette guerre. Ne jamais oublier le visage de tous ces innocents qui ont péri dans les camps ou sur les champs de bataille, ni celui de celles et ceux qui ont résisté avec courage pour notre liberté. Ne jamais oublier que cette guerre totale fut provoquée par des régimes d'extrême droite, car, oui, ce qui fait le ciment de nos sociétés européennes est de nouveau menacé. Le retour en force de l'extrême droite met en péril l'unité des peuples en désignant, comme en 1940, des ennemis de l'intérieur et en rejetant l'état de droit, garant des libertés fondamentales. En s'alimentant sur la montée des inégalités, en banalisant les discours de haine, ils créent le ferment de la division.”
“Alors, que ce 110e anniversaire soit un appel à l’action, un appel à défendre la dignité humaine, à briser l’indifférence et à construire enfin une paix juste et durable, dans la région comme partout dans le monde! 4-0095-0000”
“Je pense notamment à Jaurès, qui, à propos des massacres d’Arméniens qui déjà avaient lieu dans l’Empire ottoman à l’époque, déclarait en 1896: «L’humanité ne peut plus vivre avec dans sa cave le cadavre d’un peuple assassiné.» Commémorer, c’est honorer les victimes et se rappeler la nécessité de combattre, sans relâche, la haine, l’intolérance et l’indifférence, afin que plus jamais ne se répètent de telles atrocités. Alors que les Arméniens sont de nouveau menacés et que le Haut-Karabakh a subi une épuration ethnique dans l’indifférence des institutions européennes, ces commémorations ont une portée toute particulière. Elles sont l’occasion de réaffirmer notre soutien indéfectible au peuple arménien, aujourd’hui comme hier.”
“Monsieur le Président, chers collègues, commémorer le 110e anniversaire du génocide arménien, ce n’est pas seulement un devoir de mémoire, c’est une exigence de justice. L’histoire du peuple arménien est une plaie toujours vive, une blessure qui interpelle l’humanité tout entière. Les victimes et leurs descendants méritent que leurs souffrances soient pleinement reconnues et que leur histoire continue d’être entendue. Les cicatrices sont profondes. Plus d’un million et demi d’hommes, de femmes et d’enfants ont été exterminés à travers une campagne méthodiquement orchestrée par l’Empire ottoman. Des centaines de milliers d’autres ont dû être contraints à l’exil, déracinés. Le devoir de mémoire, c’est aussi se souvenir de ceux qui ont tenté d’alerter alors que les puissances européennes se muraient dans le silence.”
“Nous n'avons plus les moyens de payer encore une fois le prix de notre dépendance, que ce soit à la Russie ou aux États-Unis. De nombreux secteurs industriels stratégiques pour notre souveraineté sont aux abois. La précarité énergétique touche 10 % des foyers européens. La solution est pourtant simple, et nous le répétons en commission comme ici dans l'hémicycle: proposez une réforme du marché de l'électricité, cette fois-ci ambitieuse; ayez le courage de sortir du dogme du marché et de privilégier l'intérêt général, plutôt que ceux des énergéticiens. 4-0105-0000”
“Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, nous le savons tous ici: le prix de l'électricité est déterminant pour notre compétitivité. Or, l'électricité est trois fois plus chère en Europe que chez nos concurrents. Malheureusement, votre plan d'action pour l'énergie abordable ne règle rien. Vous affichez une ambition de découpler le prix de l'électricité de celui du gaz. C'est un objectif louable et d'ailleurs, Ursula von der Leyen le promettait, elle aussi, dans son discours sur l'état de l'Union en 2022. Pourtant, trois ans plus tard, le prix du gaz augmente de nouveau et rien ne change. Par ailleurs, rien ne nous protège du président américain, qui pourrait menacer d'augmenter les prix du GNL, que nous importons massivement des États-Unis.”
“Sans acier européen, il ne peut y avoir d’industrie européenne de défense réellement autonome, et sans industrie européenne autonome, les 800 milliards d’euros annoncés par Ursula von der Leyen n’auront qu’un seul débouché: celui de l’industrie militaire américaine. Donnons-nous donc les moyens de cette autonomie, en changeant radicalement nos politiques industrielles et commerciales, en prônant moins de libre-échange et plus de protectionnisme, et en achetant européen. 2-0399-0000”
“Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, penser l'avenir de la défense de l’Union européenne sans penser l'avenir de notre industrie de défense est absurde. Penser l'avenir de notre industrie de défense sans penser l'avenir des industries lourdes européennes est une voie sans issue. Prenons l’exemple de la sidérurgie: aux dernières nouvelles, pour produire des armes, nous avons besoin d’acier, sauf que les hauts fourneaux européens ferment les uns après les autres, faute de régulation des prix de l’énergie et de protectionnisme. Ainsi, au moment même où nous discutons ici d’autonomie dans le domaine de la défense, ArcelorMittal, qui est pourtant biberonné aux aides publiques, prévoit de délocaliser sa production en Inde, là où nous allons signer des accords de libre-échange.”
“Musk et Milei, qui s'attaquent à l'éducation, à la santé, au transport? Sans formation de qualité, sans accès aux soins pour les travailleurs, sans fret ferroviaire, que restera-t-il de notre compétitivité? En somme, lorsque les Patriotes, qui n'en ont que le nom, défendent les États-Unis de Donald Trump, qui menace de ruiner notre économie et vote les accords de libre-échange qui réduisent à néant notre souveraineté, eh bien, nous le disons, nous les combattrons avec force et détermination par plus de politique sociale, par plus de politique environnementale, par plus de services publics et par plus de protectionnisme solidaire. 3-0170-0000”
“Monsieur le Président, la droite et l'extrême droite portent ensemble depuis des années la même politique de dérégulation qui a ruiné la compétitivité européenne. Car oui, c'est bien la dérégulation du secteur énergétique, la casse des services publics et le libre-échange qui nous ont fait perdre des pans entiers de notre économie et notre capacité à produire nous-mêmes ce dont nous avons besoin. Prenons l'exemple du prix de l'énergie. Pendant la crise énergétique, au lieu de défendre un retour à des tarifs réglementés via un contrôle public du secteur de l'énergie, l'extrême droite a soutenu, avec la droite, le maintien du marché et l'indexation du prix de l'électricité sur le prix du gaz, ce qui a condamné des milliers d'entreprises. Et que dire de leur haine des services publics, de leurs idoles, MM.”
“La Société sucrière du Cameroun doit ainsi reconnaître au plus vite et négocier une sortie de crise avec les syndicats représentatifs et en particulier le Syndicat des travailleurs saisonniers de la filière canne à sucre. De son côté, la Commission doit agir en interpellant les autorités françaises et appliquer enfin la législation sur le devoir de vigilance afin que l'entreprise rende des comptes. En cas de non-respect des libertés fondamentales de ces travailleurs, il faudra envisager la suspension des accords commerciaux qui nous lient au Cameroun. Le respect des droits humains ne doit souffrir d'aucune exception. 1-0209-0000”
“Monsieur le Président, je prends la parole pour vous alerter sur la situation dramatique des travailleurs de la Société sucrière du Cameroun. Après plusieurs semaines à réclamer le versement de leur salaire, les travailleurs ont été violemment réprimés par les autorités, entraînant plusieurs blessés et la mort de l'un d'entre eux. Mourir en exerçant leur liberté de manifester et de défendre leurs droits, c'est totalement inacceptable. Le respect des droits humains est censé conditionner nos relations commerciales, notamment dans le cadre de l'accord dit de Samoa de 2023, qui lie le Cameroun et l'Union européenne, et son article 33 relatif au travail décent et au respect des normes de l'OIT.”
“Monsieur le Président, les menaces de Trump, qui envisage d’annexer son voisin canadien ainsi que le Groenland, doivent aboutir à une prise de conscience sur le danger que peuvent représenter les États-Unis. Ils ont des visées de longue date sur ces territoires, et leurs ambitions impérialistes se font toujours plus présentes à cause du changement climatique. Nous le savons tous ici, le pouvoir trumpiste lorgne sur les terres agricoles du Canada et sur les ressources arctiques. Dans ce contexte, la considération selon laquelle les intérêts américains et européens convergent nécessairement et que l’OTAN assure la paix et la sécurité de ses membres est totalement décrédibilisée. Il est donc temps que l’Europe parle en son nom et retrouve son indépendance face aux puissances étrangères. Cessons d’être alignés avec Washington!”