Marie-Luce Brasier-Clain
Member of the European Parliament · PfE · FR
“Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, le lien entre santé mentale, difficultés d'apprentissage et surexposition aux réseaux sociaux n'est plus à démontrer.”
“Et surtout, ce combat légitime ne doit pas déboucher sur des dérives remettant en question l'anonymat et la liberté d'accès pour tous. Il ne doit pas se transformer en outil de traçage, de censure et de collecte de données centralisée, avec à la clé le renforcement de la position de verrou des GAFAM. 3-0118-0000”
“Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, l'épisode du MV Hondius nous rappelle que nous ne sommes jamais assez préparés face aux menaces sanitaires, bien que nous apprenions des épisodes précédents.”
“J'insiste sur le cas des régions ultrapériphériques, qui sont aux frontières extérieures de l'Union et donc des points d'entrée vulnérables. Assurons-nous que toute réserve stratégique de médicaments, de matériel médical et d'équipements de protection puisse être acheminée rapidement. 4-0129-0000”
“Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, l'obésité est un fléau à l'origine de nombreuses autres pathologies comme le diabète, le cancer, les maladies cardiovasculaires, mais aussi la santé mentale. Près de 25 % des Européens sont touchés.”
“Mettre encore plus l'accent sur la prévention dès le plus jeune âge. Sensibiliser contre la sédentarité et la consommation d'aliments ultra-transformés. Reconnaître l'obésité comme une maladie chronique et mieux organiser une offre de soins encore trop fragmentée dans les États pour une meilleure prise en charge à long terme.”
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“Et surtout, ce combat légitime ne doit pas déboucher sur des dérives remettant en question l'anonymat et la liberté d'accès pour tous. Il ne doit pas se transformer en outil de traçage, de censure et de collecte de données centralisée, avec à la clé le renforcement de la position de verrou des GAFAM. 3-0118-0000”
“Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, le lien entre santé mentale, difficultés d'apprentissage et surexposition aux réseaux sociaux n'est plus à démontrer. La France, qui prévoit elle-même l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de quinze ans, attend d'ailleurs l'aval de la Commission et la conformité avec le DSA, qui accroît déjà la responsabilité des plateformes en ligne. Il y a toutefois plusieurs écueils à éviter. Le premier, c'est de favoriser le recours accru des mineurs aux chatbots pour combler leurs besoins relationnels et pouvant entraîner une dépendance émotionnelle, des conseils dangereux et une perte de compétences sociales. Et le deuxième, c'est de ne pas déresponsabiliser les parents, car les outils existent déjà, notamment le contrôle parental, les plages horaires et le paramétrage par application.”
“J'insiste sur le cas des régions ultrapériphériques, qui sont aux frontières extérieures de l'Union et donc des points d'entrée vulnérables. Assurons-nous que toute réserve stratégique de médicaments, de matériel médical et d'équipements de protection puisse être acheminée rapidement. 4-0129-0000”
“Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, l'épisode du MV Hondius nous rappelle que nous ne sommes jamais assez préparés face aux menaces sanitaires, bien que nous apprenions des épisodes précédents. Il faut d'abord saluer le travail en commun entrepris entre les autorités nationales et européennes pour faciliter l'évacuation des personnes à bord. Le fait que les États aient appliqué des protocoles de quarantaine différents pour leurs ressortissants a été critiqué. Mais ce prétexte ne doit pas servir à revenir sur la compétence des États en matière sanitaire, surtout que la coordination européenne a bien fonctionné sur le plan logistique. C'est sur cela qu'il faut se concentrer. Il faut s'assurer que les instruments européens disponibles, comme le mécanisme de protection civile, soient complémentaires des moyens des États.”
“Mettre encore plus l'accent sur la prévention dès le plus jeune âge. Sensibiliser contre la sédentarité et la consommation d'aliments ultra-transformés. Reconnaître l'obésité comme une maladie chronique et mieux organiser une offre de soins encore trop fragmentée dans les États pour une meilleure prise en charge à long terme. Car, à la fin, tout cela représente un fardeau socio-économique et, pour les systèmes de santé, c'est un véritable enjeu de santé publique qui doit bénéficier d'un engagement politique total. 4-0054-0000”
“Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, l'obésité est un fléau à l'origine de nombreuses autres pathologies comme le diabète, le cancer, les maladies cardiovasculaires, mais aussi la santé mentale. Près de 25 % des Européens sont touchés. Un vrai problème de société qui ne sera pas réglé en ayant recours au nouveau médicament amaigrissant qui s'attaque aux conséquences, mais pas aux causes. Il est urgent de réduire la quantité de graisse et de sucre dans notre alimentation et de permettre à tous les citoyens d'avoir un accès à une nourriture saine et abordable. Il est anormal que, dans les régions ultrapériphériques notamment, les denrées alimentaires soient particulièrement saturées en sucre, aggravant le taux d'obésité. Tout cela sur fond de prix plus élevés en raison de leur insularité. La double peine. Que pouvons-nous faire?”
“En revanche, comme souvent, le Parlement est allé plus loin que la Commission, en proposant la redistribution forcée des stocks nationaux de médicaments en cas d’urgence ainsi que la création de stocks au niveau européen. Au-delà des contraintes logistiques, c’est une atteinte à la souveraineté des États dans la gestion de leur système de santé et toujours plus de centralisation au mépris des traités. Si nous saluons le volontarisme de la Commission, nous l’appelons à concentrer ses efforts sur la protection de nos intérêts stratégiques contre les pratiques commerciales déloyales et la prédation économique. 1-0108-0000”
“Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, chers collègues, avec ce règlement, la Commission a pris la mesure de nos vulnérabilités dans le domaine des médicaments. C’est d’ailleurs loin d’être le seul domaine. Notre dépendance aux importations – rendue possible, notamment, par des décennies de désindustrialisation et de libre concurrence – peut en plus conduire à de graves pénuries en cas de nouvelle crise sanitaire. Le texte contient de bonnes propositions – comme la relocalisation d’une partie de notre industrie, la préférence européenne dans les règles de passation des marchés publics ou encore les exigences de souveraineté industrielle – et il respecte les compétences des États.”
“On ne cesse de parler de transition juste, mais nos peuples n'en voient que l'aspect punitif au détriment de notre compétitivité. La défense, coûte que coûte, du pacte vert, au mépris de tout réalisme technologique, ne permettra pas une transformation rapide du système énergétique mondial. C'est impossible. Il faut au contraire défendre une approche graduelle fondée sur l'innovation et la souveraineté énergétique, en utilisant des atouts indispensables tels que le nucléaire. C'est la vision que nous défendons. 4-0121-0000”
“Monsieur le Président, plus de 25 ans de COP pour un monde qui émet toujours plus de CO2. Quel échec! Nos pays se perdent dans des engagements qu'ils ne peuvent pas tenir: neutralité climatique, sortie des énergies fossiles, mais aussi les flux financiers. Déjà, à la COP 29, la finance climat avait été au cœur des négociations. La feuille de route, de Bakou à Belém, estime à 1 300 milliards le coût du financement de la transition énergétique du Sud global. L'an dernier, on parlait de 300 milliards. On l'a compris, l'argent du contribuable européen va être de plus en plus mobilisé. Et quelle hypocrisie, alors que la Chine et l'Inde représentent 70 % de la demande mondiale de charbon et que le recours aux énergies fossiles augmente dans le monde!”
“Mais il y en a d'autres qui restent à déterminer. Quel que soit son âge, le dépistage et la sensibilisation au dépistage sont essentiels, tout en prenant garde à éviter les surdiagnostics et le surtraitement. Les pouvoirs publics ont pris la mesure de la situation. Il faut maintenant assurer le bon financement de la recherche pour mieux comprendre cette maladie et affiner les méthodes de diagnostic. 4-0106-0000”
“Madame la Présidente, en France, le cancer du sein est la première cause de décès par cancer chez les femmes, avec 12 000 morts par an. C'est aussi le cancer le plus fréquent. Dépisté à un stade précoce, il peut être guéri dans neuf cas sur dix avec des traitements moins lourds. S'il existe des plans nationaux qui encouragent les femmes de plus de 50 ans à se faire dépister tous les deux ans, le cancer du sein touche de plus en plus les jeunes. Le nombre de cas de cancers de tous types a bondi de 80 % en 30 ans chez les moins de 50 ans. Or, les femmes jeunes sont plus susceptibles de développer un cancer du sein plus agressif. Plusieurs causes sont connues: l'accroissement de la population et son vieillissement, les facteurs hormonaux et reproductifs, l'alcool, le surpoids, la sédentarité et le tabac.”
“Pourtant, les maladies mentales peuvent être guéries si elles sont traitées rapidement, car elles génèrent souvent de la précarité et de l'isolement social. Pire, elles compromettent la réussite de la jeunesse et ont d'importantes répercussions économiques et sociales. La lutte contre les souffrances psychologiques doit reposer sur la prévention dès l'école. Il faut former les enseignants à repérer les signaux faibles, et offrir des ressources en ligne et un meilleur accès à la consultation. La santé mentale doit devenir une priorité stratégique des politiques publiques. 4-0092-0000”
“Monsieur le Président, le constat est bien connu: de l'enseignement aux transports, en passant par les hôpitaux, les troubles mentaux sont un problème majeur de santé publique. Un Français sur quatre est touché, et ce chiffre est en nette accélération depuis la pandémie de COVID-19. La France compte plus de 9 000 suicides par an, soit l'un des taux les plus élevés d'Europe, et les maladies mentales y constituent désormais la première cause d'affections chroniques devant les cancers et les maladies cardiovasculaires. Cette situation pèse sur un secteur hospitalier déjà en crise, où 30 % des postes d'infirmiers sont vacants. Et que fait l'État? Le budget de la psychiatrie reste carencé en raison de mauvaises réformes financières, les fermetures massives de lits se poursuivent et la recherche manque cruellement de financement.”
“Il est temps de conduire un vaste plan de climatisation sur le modèle de l'Espagne, qui a réussi à réduire significativement sa mortalité lors des épisodes les plus chauds, et en parallèle de lutter contre les subventions en faveur des rénovations thermiques inefficaces et d'autres gadgets en dirigeant les fonds vers ce qui fonctionne. (L'oratrice refuse une question carton bleu de Christophe Clergeau) 4-0055-0000”
“Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, chers collègues, une étude récemment parue dans Nature a établi une cartographie de la mortalité due à la chaleur des villes européennes d'ici 2050, si rien n'est fait. Les chiffres sont éloquents: plus de 25 morts pour 100 000 habitants dans certaines grandes villes du sud, mais aussi de fortes hausses au nord. Selon les spécialistes, l'Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale, et ce pour plusieurs raisons: les villes souvent denses et trop bétonnées, qui stockent la chaleur; le vieillissement de la population; et enfin parce que nous restons largement dépourvus de climatisation – 5 % au Royaume-Uni, 20 % aux Pays-Bas, contre 90 % aux États-Unis et au Japon.”
“Un début de solution serait d'arrêter de nous imposer des objectifs verts trop contraignants, qui provoquent des fuites de carbone, et de tout faire pour relocaliser notre industrie et réindustrialiser le continent. 1-0253-0000”
“Dans le contexte économique que nous traversons (droits de douane américains, surcapacité chinoise, coût élevé de l'énergie), une baisse des quotas gratuits serait un nouveau coup dur porté aux secteurs soumis au marché du carbone, tout comme l'augmentation continue du coût du carbone. Ce qu'il faut, c'est une vraie taxe aux frontières, frappant de façon ciblée les importations venant de pays très émetteurs, en faisant pression s'il le faut sur l'OMC. La mise en place d'un énième mécanisme de marché n'est pas la solution et cela suppose de parvenir à fixer un prix du carbone au niveau mondial, de compenser la fin des quotas gratuits par des aides à nos entreprises, et d'éviter l'inflation.”
“Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, il est clair que nous accueillons favorablement toute simplification du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières. Mais les mesures proposées sont loin d'être satisfaisantes et encore faut-il s'assurer que les gains réels attendus pour les TPE et les PME soient solidement motivés par l'analyse d'impact. Il faut aller au-delà: calculer l'empreinte carbone en fonction de la moyenne du pays et non de l'usine d'origine, taxer les produits finis, maintenir des quotas gratuits, et pas seulement aux exportations. La question des quotas gratuits est centrale.”
“Ce plan d’action européen est souhaitable tant qu’il aide à réduire les disparités entre États, à mieux partager les connaissances, à stimuler la recherche-développement et à améliorer l’intégration socioprofessionnelle des patients, et tant qu’il encourage la production de médicaments orphelins, qui ne survivraient pas sans financement public. Mais tout le succès de cette politique repose sur des politiques nationales appuyées par la Commission et pas l’inverse. J’ajoute, chers collègues, qu’il y a, en Europe, une autre maladie rare qui frappe la démocratie: c’est celle qui persécute des opposants politiques de premier rang. Hier, l’AfD en Allemagne, le candidat roumain Georgescu, le maire d’Istanbul, et aujourd’hui Marine Le Pen. Et vous donnez des leçons de démocratie? 4-0028-0000 Le Président.”
“Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, à l’heure actuelle, 7 000 maladies rares sont identifiées en Europe, touchant 36 millions de personnes. Ces maladies sont chroniques, invalidantes, voire mortelles, et la plupart ne font pas l’objet de traitements spécifiques. Quant aux coûts des thérapies disponibles, ils sont exorbitants. En Europe, le délai moyen de diagnostic d’une maladie rare est de près de cinq ans. Les solutions sont connues: un dépistage plus précoce – 70 % des maladies rares se déclarent pendant l’enfance –, une meilleure formation des professionnels et une meilleure sensibilisation des jeunes, car beaucoup d’entre eux retardent les consultations médicales et ignorent les antécédents familiaux de la maladie.”
“Elle passe par la priorité donnée à nos entreprises dans les marchés publics, par la relocalisation, chaque fois qu’elle est possible, de la production de médicaments et de principes actifs et par la protection de nos intérêts stratégiques contre les pratiques commerciales déloyales et la prédation économique. Nous voulons relancer la production en Europe et réduire nos dépendances. Comment garantir qu’une gestion centralisée respectera la souveraineté des États? La Commission assumera-t-elle un virage protectionniste, quitte à revenir sur certaines règles du commerce international? Le défi est de taille. 2-0266-0000”
“Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, chers collègues, notre système de santé est en crise, nos hôpitaux et nos pharmacies manquent de médicaments. Des décennies de désindustrialisation et de dépendance aux importations, notamment depuis la Chine et l’Inde: voilà où nous mènent la libre concurrence et la recherche du moindre coût. L’acte législatif sur les médicaments critiques repose sur une approche technocratique et centralisée. Mutualiser les stocks à l’échelle européenne ne garantit en rien le bon fonctionnement de nos systèmes de santé, dont la gestion reste nationale. Sans réindustrialisation, pas de production.”
“Augmenter les salaires, alléger la paperasse et garantir des conditions de travail dignes sont des mesures indispensables pour fidéliser nos soignants et en attirer de nouveaux. L'Union européenne doit revenir à un rôle de soutien et non fragiliser nos systèmes de santé en essayant de se substituer aux États. La santé doit rester une compétence nationale. 2-0199-0000”
“Monsieur le Président, Madame la Vice-Présidente, chers collègues, nos hôpitaux sont à bout de souffle: 3,5 milliards de déficit pour les hôpitaux publics français. Nos soignants sont épuisés et nos concitoyens peinent à accéder à des soins de qualité. La crise de notre système de santé est le résultat de choix politiques désastreux: fermetures de lits, bureaucratie étouffante, salaires insuffisants et absence de reconnaissance pour nos soignants. Plutôt que de chercher des solutions simplistes en facilitant l'immigration massive de personnel de santé étranger, nous devons d'abord réinvestir massivement dans la formation et l'attractivité des métiers de santé pour nos propres citoyens.”