Charles Goerens
Member of the European Parliament · Renew · LU
“Monsieur le Président, dans la reconstruction de Gaza culminent tous les problèmes que nous pouvons nous imaginer: le nombre de victimes, qui se comptent par dizaines de milliers, l’atténuation de la catastrophe humanitaire qui sévit toujours.”
“Tant que nous nous payons le luxe de la division, nous resterons un observateur impuissant de la situation au Moyen-Orient. Et la seule chose qu’on nous demandera, c’est de payer: «Player or payer. That’s the question.» 'Player or payer?' That's the question. 3-0244-0000”
“Monsieur le Président, l’auteur du présent débat pose une question à laquelle le Parlement européen avait déjà répondu en 2023. Cependant, le Parlement européen, majoritairement en faveur d’un aggiornamento institutionnel, se heurte à l’incapacité des États membres de trouver le rythme face à la Russie et aux États-Unis, qui veulent envoy…”
“Madame la Présidente, ça urge. Le renouvellement des contrats de livraison de fertilisants pour le reste de l’année et la campagne 2027 est devenue un vrai casse-tête.”
“Consciente qu’il importe de travailler sur la sécurité de l’approvisionnement à long terme, la Commission pourrait-elle me préciser comment elle entend utiliser le Global Gateway pour sécuriser nos livraisons d’engrais, tant que nous ne sommes pas à même de les produire nous-mêmes?”
“Les coalitions of the willing, aussi indispensables qu’elles puissent paraître aujourd’hui, devront faire place, un jour, à un cadre institutionnel unique. Et la seule compétition, hélas, que nous serions capables de gagner à l’heure actuelle serait un concours de lenteur. 2-0174-0000”
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“Tant que nous nous payons le luxe de la division, nous resterons un observateur impuissant de la situation au Moyen-Orient. Et la seule chose qu’on nous demandera, c’est de payer: «Player or payer. That’s the question.» 'Player or payer?' That's the question. 3-0244-0000”
“Monsieur le Président, dans la reconstruction de Gaza culminent tous les problèmes que nous pouvons nous imaginer: le nombre de victimes, qui se comptent par dizaines de milliers, l’atténuation de la catastrophe humanitaire qui sévit toujours. La question de la responsabilité de la présente situation n’est pas seulement celle du gouvernement de Netanyahou, mais aussi celle du Hamas et de sa tutelle iranienne, sans vouloir passer sous silence ceux qui ne veulent en aucun cas accepter la solution à deux États, L’Union européenne, quant à elle, reste divisée sur l’opportunité de mettre en œuvre le peu de moyens dont elle dispose pour peser sur le cours des choses – c’est du déjà-vu. Nous souffrons d’un manque d’autorité, et on est respectés ni par les uns ni par les autres.”
“Consciente qu’il importe de travailler sur la sécurité de l’approvisionnement à long terme, la Commission pourrait-elle me préciser comment elle entend utiliser le Global Gateway pour sécuriser nos livraisons d’engrais, tant que nous ne sommes pas à même de les produire nous-mêmes? Quant au développement des capacités de production de fertilisants dans l’Union européenne, c’est toute notre politique d’industrialisation que nous devons repenser face à des États-Unis qui ne veulent plus de nous et à une Chine qui veut nous étouffer au plan industriel. Ce qui nous laisse de l'espoir, c'est ce que nous dit le commissaire à l'agriculture. 2-0299-0000”
“Madame la Présidente, ça urge. Le renouvellement des contrats de livraison de fertilisants pour le reste de l’année et la campagne 2027 est devenue un vrai casse-tête. Pour ce qui est du plus long terme, des réponses plus robustes seront indispensables pour réduire la vulnérabilité de l’Union européenne en la matière, et pas seulement dans le domaine des fertilisants dont dépend l’Europe. Pour le dire clairement, en matière de dépendance structurelle de l’agriculture européenne, j’aimerais recourir à deux métaphores. En ce qui concerne les matières azotées, dont le soja, les vaches européennes broutent dans les plaines du Río de la Plata. Et par ailleurs, ce qui fait pousser nos céréales se trouve dans le sous-sol des déserts du Moyen-Orient, notamment.”
“Les coalitions of the willing, aussi indispensables qu’elles puissent paraître aujourd’hui, devront faire place, un jour, à un cadre institutionnel unique. Et la seule compétition, hélas, que nous serions capables de gagner à l’heure actuelle serait un concours de lenteur. 2-0174-0000”
“Monsieur le Président, l’auteur du présent débat pose une question à laquelle le Parlement européen avait déjà répondu en 2023. Cependant, le Parlement européen, majoritairement en faveur d’un aggiornamento institutionnel, se heurte à l’incapacité des États membres de trouver le rythme face à la Russie et aux États-Unis, qui veulent envoyer la construction européenne au diable, et à la Chine qui agit dans le même sens sans le dire. Lors de la présentation du programme de Chypre pour la présidence en cours, le Président nous avait invités à redécouvrir le principe de l’ever closer union, c’est-à-dire d’une Europe sans cesse plus étroite. Si les vingt-six autres pensaient comme lui, on pourrait peut-être quitter l’improvisation et jeter des bases solides pour l’avenir. Avec un peu de chipotage intergouvernemental, on n’y arrivera pas.”
“Monsieur le Président, cette fois-ci, c'est du sérieux. Nous ne pouvons pas nous installer dans la routine, tant le contexte actuel contraste par rapport au début des années 2020. L'Occident se désagrège, le dumping chinois et le protectionnisme américain nous interpellent. L'enveloppe budgétaire pour les sept prochaines années ne pourra fournir qu'une réponse partielle, certes essentielle, mais loin de prétendre être complète. Les États membres, devenus entre-temps le centre de gravité politique de l'Union, feraient bien de laisser derrière eux les divergences stériles. La réponse aux problèmes déjà connus, auxquels vont s'ajouter nombre de bouleversements encore inconnus, nous invite à réactiver le principe de la Ever Closer Union, tel qu'inscrit dans le traité.”
“Cette contrepartie indispensable marquera la différence avec d'autres acteurs qui s'avèrent être de dignes successeurs des anciens colonialistes. 2-0064-0000”
“Madame la Présidente, le «Global Gateway» est une stratégie et en même temps une réaction. Une réaction à l'expansion de la Chine – expansion économique et commerciale – qui s'impose partout et d'une façon spectaculaire. Cette stratégie, encore très récente, indique l'orientation empruntée par l'Union européenne. Cette orientation, désormais irréversible, est clairement transactionnelle et, sans vouloir remettre en question les acquis déjà apparents de cette stratégie, je me range parmi ceux qui voudraient imposer quelques garde-fous à cette nouvelle logique. En clair, les initiatives prévues dans le cadre du «Global Gateway» devront impérativement avoir un lien direct avec le développement humain. Oui à l'amélioration de la connectivité, à condition que les liens avec le développement humain soient réels.”
“Si les autres ne font rien pour mettre fin à cette situation abominable, ils pourraient au moins renoncer à livrer des armes aux parties en conflit. Cela ne mettrait sans doute pas un terme à la guerre civile, mais contribuerait à ne plus aggraver inutilement le conflit. Si les Émirats arabes se sentaient visés par mes propos, ils n'auraient pas tort. 2-0354-0000”
“Monsieur le Président, la population soudanaise vit actuellement un triple drame: l'un, sécuritaire, l'autre, de développement et le troisième, humanitaire. Lesdits drames ont ceci en commun qu'ils sont tous – tous les trois – d'origine humaine, le fait de l'homme. Si d'un côté nous éprouvons un sentiment d'impuissance, à commencer par le principe de la non-ingérence dans les affaires d'autrui, nous nous heurtons, de l'autre côté, aux faibles moyens humanitaires mis à la disposition du Soudan par la communauté internationale. Dans un monde où tout a tendance à devenir transactionnel, les budgets humanitaires et de développement s'amenuisent. L'Union européenne et quelques rares pays dans le monde essayent encore d'apporter des secours requis.”
“Là aussi, on aimerait être rassurés sur la résilience de notre système de défense, au moment où le président Trump laisse planer le doute sur sa volonté d'être à nos côtés. Merci avant tout à la présidence chypriote d'avoir appelé de ses vœux le principe de l'Ever Closer Union. 2-0109-0000”
“Madame la Présidente, je souscris entièrement aux priorités évoquées par la présidence chypriote du Conseil. Toutefois, je tiens à rappeler que l'ancien président de la Commission, Jean-Claude Juncker, avait dit: «Nous savons ce qu'il faut faire, mais nous ne le faisons pas». Donc, c'est sur le «comment faire» ou le «faire» tout court qu'il va falloir se concentrer. Il va falloir commencer dès à présent à mettre en œuvre les propositions contenues dans les rapports Letta et Draghi. L'ouverture de l'Europe sur le monde ne va pas dépendre exclusivement des accords commerciaux que l'Europe s'apprête à conclure, mais avant tout de notre compétitivité. Par ailleurs, en matière de défense, nous attendons que l'on nous renseigne sur l'indispensable coordination en matière d'équipement militaire. Quand tout est possible, le pire le devient aussi.”
“Monsieur le Président, il est patent de voir les héros de la Silicon Valley se soucier de l’impact négatif des réseaux sociaux sur leurs propres enfants – sur leurs enfants, mais pas sur les autres. Quoi de plus normal que l’Union européenne veuille à son tour protéger les jeunes, dont les parents ne sont pas des «tech milliardaires»? Qui d’autre que l’Union européenne serait encore en mesure d’ériger des barrières au déferlement des mensonges, au tsunami de désinformation, de contre-vérités, d’insanités, d’ingérence dans les élections européennes et de manipulation de nos citoyens? Ces manipulateurs, et les plus hautes autorités politiques américaines qui les protègent, invoquent la liberté d’expression et menacent le régulateur européen et notre économie de conséquences sévères.”
“Madame la Présidente, Madame la Commissaire, dans la guerre au Soudan, on n'a pas encore repéré le milliardaire de l'immobilier qui, entre deux parties de golf, se propose de mettre fin au conflit en essayant de faire capituler le plus faible. Pourtant, il y a un prix Nobel à prendre. En attendant, et au regard des violences abominables qui s'y passent, il y a des choses à faire et à ne pas faire. Aux Émirats arabes unis, il faut dire ce qu'il ne faut pas faire: livrer des armes. Ce qu'il faut faire, en revanche, c'est, dans l'attente d'un succès de la diplomatie, mobiliser toutes les énergies susceptibles d'atténuer un tant soit peu les souffrances indescriptibles des populations civiles qui, depuis des années, traversent une phase aiguë de violence, à moins que les personnes concernées ne soient déjà mortes.”
“En effet, dans l'Union européenne, il ne reste plus grand monde sur lequel nous pouvons vraiment compter. Au fil des ans, cependant, nous nous sommes juré de vivre pour la démocratie libérale, pour un ordre multilatéral basé sur des règles et pour la pérennisation de l'Union européenne. Nous voulons vivre pour ces valeurs. En Ukraine, ils meurent actuellement pour la même cause. Ce que craint Moscou, c'est moins l'élargissement de l'Union européenne ou de l'OTAN que la consolidation de la démocratie à ses frontières. Ce que craint notre principal allié américain, c'est un ordre multilatéral basé sur des règles et une Union européenne qui veut le défendre. Non seulement notre allié américain craint l'Union européenne, mais il la déteste franchement. Nous sommes entre-temps, pour ainsi dire, seuls à défendre ces droits acquis.”
“Nous comptons sur vous pour peser de tout votre poids au sein du Conseil européen pour protéger nos valeurs. L'Union européenne entend accueillir de nouveaux États en son sein. Nous comptons sur vous pour mettre fin à l'illusion selon laquelle l'élargissement est possible sans modifier son fonctionnement. Nous aimerions vous voir contribuer à préparer le terrain pour lancer la réflexion sur la modification des traités dans le cadre d'une convention européenne. Sur le plan économique, nous risquons d'être laminés entre le dumping chinois et le protectionnisme américain. Nous comptons aussi sur vous pour contribuer à concrétiser les recommandations de Mario Draghi et d'Enrico Letta. Ce que nous réserve l'avenir si nous laissons traîner les choses nous est apparu clairement.”
“Madame la Présidente, Monsieur le Premier ministre, cher Luc, nous sommes originaires du même pays, mais là n'est pas notre seul point commun. Nous savons, depuis notre indépendance de 1839, que les réponses à nos problèmes économiques, commerciaux et sécuritaires dépendent largement de l'attitude de nos voisins et partenaires. L'Union européenne, quant à elle, est en train de faire à l'échelle globale l'expérience qui est la nôtre au sein des Vingt-sept. Être petit n'est pas nécessairement être vertueux et être grand n'a rien de choquant. Mais un pays peut être plus utile à la construction européenne qu'un grand État membre qui plante son veto dès qu'il importe de défendre l'état de droit et notre démocratie libérale. Celle-ci, nous le savons, est menacée au sein de l'Union européenne elle-même.”
“On peut épiloguer longuement sur la question de savoir si, entre-temps, le côté indifférent ou calculateur de la mouvance trumpiste aura contaminé ce Parlement, entraînant le rejet de mon rapport. Toujours est-il que des positions qui avaient été rejetées par le Parlement européen le mois dernier ont, ce matin, trouvé une très large majorité en son sein. Je vous invite dès lors à respecter la ligne approuvée ce matin en matière d’objectifs de développement durable et à revenir à la pratique, bien rodée au sein de cette maison, qui consiste à rechercher des compromis au centre de l’échiquier politique. 3-0489-0000”
“Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, la conférence de Séville a été l’occasion de répondre aux attentes des personnes qui se retrouvent dans une situation de détresse. Malheureusement, les États-Unis avaient déjà décidé de tourner le dos aux pays qui souffrent en faisant une croix sur 60 milliards de dollars d’aide publique au développement. Sur cette toile de fond, la conférence de Séville a été l’occasion de répondre, ne fût-ce que partiellement, aux attentes concernant la famine, l’insécurité, la précarité, la maladie et le sous-développement. Le Parlement européen n’avait hélas pas réussi, en amont de cette conférence, à adopter une position susceptible d’influer sur le cours des choses.”
“Finalement, il est irresponsable de fermer les yeux devant les difficultés de gouvernance qui s'annoncent pour une Europe élargie. Le Conseil européen aurait déjà dû, au moment où le statut de pays candidat a été accordé à plusieurs pays, lancer en même temps une convention européenne susceptible de préparer un changement de traité. 4-0023-0000”
“Monsieur le Président, deux remarques à ce propos. La première, c'est que, tant les pays candidats que l'Union elle-même doivent être prêts pour l'élargissement. L'Union européenne doit montrer qu'elle a la capacité d'absorption suffisante pour accueillir de nouveaux États et les États candidats doivent être en mesure de remplir toutes les conditions prévues par les critères de Copenhague. Deuxième remarque: je ne cesse de m'étonner de l'insouciance dont font preuve certains États membres pour ce qui est de l'élargissement et de ses implications. Il est patent de constater que les États membres ne montrent pas la moindre disponibilité à envisager une modification des traités jugée plus que nécessaire et condition indispensable pour un meilleur fonctionnement d'une Union européenne élargie.”
“Madame la Présidente, dans ces présentes conditions, je refuse d'aller à Séville pour défendre ce torchon. 2-0184-0000 (Con questo si conclude il turno di votazioni) 2-0185-0000 (La seduta è sospesa per pochi istanti)”
“Dziesiątki polskich patriotów zostało zamęczonych, zamordowanych w więzieniach, zakopanych w lasach przez Armię Czerwoną. Panie pośle, czy pan nie zna historii II wojny światowej? Czy panu nie jest wstyd, żeby mówić, że Armia Czerwona wyzwoliła Europę? 4-0051-0000 IN THE CHAIR: ESTEBAN GONZÁLEZ PONS Vice-President 4-0052-0000 Charles Goerens (Renew), réponse carton bleu. – Si vous m'avez bien écouté, je n'ai pas remercié l'Armée rouge d'avoir occupé la Pologne ou d'autres pays. J'ai remercié l'Armée rouge d'avoir résisté contre les forces nazies. 4-0053-0000”
“Quatrièmement, l'Europe est seule, mais elle est encore là. Il faut continuer à travailler sur le projet. Ce matin, en venant ici, j'ai entendu sur Deutschlandfunk une phrase historique prononcée par Richard von Weizsäcker il y a 40 ans: „Der 8. Mai war ein Tag der Befreiung.“ Je crois qu'il faut que nous nous inspirions de cette phase, qui a une profondeur historique exemplaire. (L'orateur accepte une question carton bleu) 4-0050-0000 Arkadiusz Mularczyk (ECR), pytanie zadane przez podniesienie niebieskiej kartki. – Ze zdumieniem wysłuchałem Pana słów, że powinniśmy być wdzięczni Armii Czerwonej. Mój naród po zakończeniu II wojny światowej wpadł w okupację Armii Czerwonej. 200 tysięcy Polaków walczyło w armii podziemnej przeciwko okupacji.”
“Madame la Présidente, voici ce que nous inspire le 80ᵉ anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale: premièrement, de la reconnaissance en saluant les mérites de ceux qui nous ont libérés. J'entends par là, bien entendu, la résistance dans tous nos États membres, l'apport des Américains et aussi celui de l'Armée rouge – l'Armée rouge, dans le temps, était différente de ce que font les soldats russes en Ukraine actuellement. Deuxièmement, retenir les leçons de l'histoire. L'«appeasement» ne peut en aucun cas être le fil conducteur de la politique extérieure de l'Union européenne aujourd'hui. Nous avons vu où cela a mené dans les années 1930. Troisièmement, dans un monde où seul semble compter le rapport de force, nous devons être plus solidaires et développer davantage le projet européen.”
“De nos jours, quand vous n'avez pas de lithium, vous avez peu de chances de voir les puissants de ce monde s'intéresser à votre sort. J'ose croire cependant que, en l'absence de perspective de retour des enfants à ce stade, des initiatives sont déployées dans le cadre d'une diplomatie secrète avec Moscou. Si tel n'était pas le cas, ce serait non seulement regrettable, mais franchement irresponsable. 3-0498-0000”
“Madame la Présidente, l'on sait d'expérience qu'un enfant séparé de ses parents pendant quelques années, parfois pendant quelques mois seulement, peut perdre tout lien affectif avec eux. Ainsi, il a été constaté qu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les enfants juifs placés dans des familles non juives en attendant que leurs parents reviennent des camps de concentration n'avaient souvent plus de liens affectifs avec leur père ou leur mère. Rien que pour cette raison, la déportation des enfants ukrainiens est l'un des crimes les plus abominables qui soient. Il est indispensable de mettre fin à cette barbarie. Dans un monde largement dominé par le cynisme et où les rapports de force s'imposent là où, naguère encore, régnait le droit, les dirigeants politiques semblent faire peu état du sort réservé à quelques 20 000 enfants ukrainiens.”
“C'est à l'Union européenne de réorganiser la solidarité internationale en matière d'aide publique au développement. À nous de le faire, malgré les attaques stupides ou méchantes exprimées jusque dans les rangs de ce Parlement. À nous de lutter contre les États membres tentés de ne voir dans l'aide publique au développement qu'une variable d'ajustement budgétaire. À nous de tenir le cap en matière de solidarité internationale, même si nos partenaires du Sud ne sont pas nos électeurs. 2-0231-0000”
“Monsieur le Président, des millions de personnes dans les pays en développement voient leur ration alimentaire réduite de moitié ou craignent de ne plus avoir accès aux médicaments, notamment ceux contre le sida. La situation est devenue encore plus dramatique depuis la fin des activités d'USAID. Ces personnes risquent d'être condamnées à disparaître. Nous pouvons leur donner une voix alors que nous préparons le prochain cadre financier pluriannuel. Un concours de circonstances particulièrement défavorables hypothèque sérieusement l'effort de solidarité que nous ne cessons de renouveler depuis plus de 50 ans. Ayons la hauteur de vue nécessaire, après le retrait d'USAID, pour nous engager résolument avec la communauté internationale ou, pour ce qui en reste, en faveur des perdants de la globalisation.”
“Madame la Présidente, retenons que des enfants affamés, des femmes violentées ou violées, coupés de l'aide américaine, doivent leur abandon par USAID à un monsieur. Un autre monsieur glorifie cette politique au rythme de ses algorithmes. Certes, les Américains sont nos frères, nos cousins, mais ils ne sont pas nos tuteurs. Concentrons-nous donc sur nos propres responsabilités en matière d'aide humanitaire. Si, sur un champ de bataille, vous voyez des personnes privées de l'essentiel ou des femmes n'ayant plus accès aux soins les plus élémentaires relevant de la santé reproductive, vous regardez la souffrance, voire la mort, droit dans les yeux. Quel est le rôle de l'UE face à cette situation? Pouvons-nous remplacer USAID? Nous ne pouvons pas tout compenser, mais nous pouvons faire davantage.”
“Tous ceux qui seront concernés par la remigration seront-ils des milliers, des centaines de milliers, des millions à devoir quitter l'Allemagne? Prenons-les au mot, parce qu'on aimerait être éclairé. L'impact de la remigration sur la compétitivité de l'Allemagne dans l'UE se traduirait dans la ruine de la principale économie de l'UE. Cela étant, il me paraît judicieux de thématiser au préalable le coup porté à nos démocraties libérales par les paroles d'extrême droite une fois au pouvoir, avant d'évaluer leur possible impact sur le marché intérieur. 3-0177-0000”
“Monsieur le Président, le problème le plus récent d'une possible collaboration entre les conservateurs et l'extrême droite se pose actuellement en Autriche. Espérons que cela pourra encore être évité. En Allemagne, le sujet s'est invité dans la campagne électorale. Le candidat de la chancellerie, Friedrich Merz, dément de la façon la plus solennelle toute éventualité d'une collaboration avec l'AfD allemand. C'est un engagement, me paraît-il, sans équivoque. Prenons-le au mot. Quant aux responsables du parti d'extrême droite allemand, eux aussi, il faut les prendre au mot. Demandons-leur, par exemple, ce qu'ils entendent par le mot «remigration». Qui, au titre de la remigration, doit quitter définitivement l'Allemagne, selon eux? Quels sont les critères de sélection? Où ces personnes devront-elles aller?”
“Par ailleurs, la large coalition que j'appelle de mes vœux devrait soutenir la tenue d'un sommet sur le pillage des ressources en Afrique et plus particulièrement en RDC. Cela permettrait de tirer au clair les responsabilités des uns et des autres et de sanctionner des comportements illicites. Ayant itérativement articulé cette revendication, j'aimerais que cette fois-ci elle soit suivie d'un peu plus d'effets. La suspension du protocole d'accord entre l'UE et le Rwanda sur les matières premières me semble être la moindre des choses que l'on puisse faire en l'occurrence. 2-0377-0000”
“Monsieur le Président, le problème dont nous discutons n'est pas nouveau. Il se résume à la question de savoir comment transformer le cercle vicieux de l'exploitation des ressources rares face à la convoitise d'acteurs venant des quatre coins du monde. Avec l'art déclaratoire, nous n'allons pas y arriver. Les condamnations maintes fois prononcées n'ayant abouti à rien, on ne voit pas pourquoi cela fonctionnerait cette fois-ci. De mon point de vue, le seul moyen susceptible de faire plier les responsables des violences dans la partie orientale de la RDC, ce sont des sanctions ciblées et décidées par une large coalition de pays qui ne sont plus prêts à cautionner le drame qui se produit dans la région de Goma.”