Marie Récalde
SOC · France
“Alors que ce constat devrait faire de la recherche pédiatrique une priorité, tel n’est pas le cas. Notre pays souffre d’une situation paradoxale : les structures existent mais l’organisation de la recherche est trop fragmentée et difficilement lisible.”
“Chère collègue, je comprends et je partage l’objectif de votre amendement, qui vise à s’assurer que l’État ne verse pas d’aides sans contreparties et sans contrôle.”
“Pourtant, faute de financement pour porter la technologie jusqu’au marché, cette découverte française a été rachetée par une entreprise américaine, qui en a fait l’un des médicaments les plus chers du monde : le prix d’une dose dépasse 2 millions d’euros ! Il ne s’agit pas d’un cas isolé mais du symptôme d’une faiblesse structurelle.”
“Je connais bien, cher collègue Lauzzana, votre engagement en faveur de la recherche sur les cancers pédiatriques. En abaissant ce taux de 0,15 % à 0,10 %, nous avons atteint en commission un point d’équilibre.”
“En commission, nous sommes parvenus à une solution d’équilibre en prévoyant un taux volontairement modéré, pour ne pas déstabiliser la filière pharmaceutique.”
“La proposition de loi que nous examinons se situe au croisement de préoccupations de santé publique et de questions éthiques qui revêtent une intensité particulière.”
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“En outre, sur les 234 mesures que compte la dernière stratégie décennale, seules 11 mesures concernent les cancers spécifiquement pédiatriques. C’est une spécialité qui n’intéresse pas les grands industriels, peu enclins à investir dans un domaine où il faut entre dix et quinze ans pour faire aboutir la recherche clinique. Seuls les chercheurs, les oncologues y investissent leur temps et leur argent, pour trouver des molécules et des traitements appropriés. Il faut donc absolument que nous puissions mettre à contribution ces industriels pour financer la recherche sur les cancers pédiatriques. (M. Philippe Brun applaudit.) C’est le sens de ce texte, qui instaure une contribution modeste prélevée sur le chiffre d’affaires des laboratoires pharmaceutiques au bénéfice de la recherche sur les cancers pédiatriques et les maladies rares.”
“Pourquoi cette proposition de loi est-elle importante ? Parce qu’il n’existe actuellement, en France, aucun traitement spécifique pour les enfants atteints de cancer pédiatrique ou de maladie rare. On traite ces enfants en leur adaptant les traitements pour adultes, ce qui leur laisse des séquelles à vie. Ce sont des familles entières et des enfants qui, parfois, ne sont pas encore scolarisés, dont la vie bascule sous l’effet de ces pathologies. Si la recherche fondamentale sur les cancers pédiatriques a progressé, la recherche clinique, elle, stagne, ce qui doit nous conduire à en faire une priorité. La situation est due, pour une large part, au fort cloisonnement dans l’organisation de la recherche. Il n’y a ainsi aucune jonction entre la stratégie décennale de lutte contre les cancers et le plan national maladies rares.”
“Dans des mots qui résonnent encore aujourd’hui, prononcés à cette tribune en 1913, Jaurès disait en substance que la responsabilité d’un grand peuple démocratique n’est pas de recourir à des expédients hâtifs, mais de préparer sa défense dans l’esprit de suite, par l’organisation rationnelle de ses forces, par la mobilisation éclairée de la nation et par la continuité de l’effort. Cette exigence demeure la nôtre. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.)”
“Alors que nos alliés livrent des matériels neufs et financent leur production industrielle avec l’appui de programmes comme Safe, la France figure parmi les États membres de l’UE qui n’y ont pas eu recours pour aider l’Ukraine. Nos industries de défense, en particulier les PME, sont en attente de telles commandes. En tout état de cause, en cas de déploiement militaire de nos forces en Ukraine, nous réclamerions un débat suivi d’un vote – mais tel n’est pas le sujet aujourd’hui. Nous en sommes à l’heure des arbitrages et sommes tous conscients du besoin d’accélérer l’effort budgétaire. Toutefois, cette réflexion ne saurait aller seule. Il est également légitime de s’interroger sur l’équilibre entre la nécessaire montée en puissance de notre défense et la sauvegarde de notre modèle social. Je ne doute pas que vous clarifierez ce point.”
“Les signaux d’alerte sont déjà visibles : depuis le début de l’exécution de la LPM, les reports de charges et les restes à payer ne cessent d’augmenter, révélant un modèle sous tension et une trajectoire fragilisée. Dans votre propos initial, vous avez apporté des précisions importantes sur la répartition des crédits dédiés à la dissuasion, à la mise à niveau des stocks militaires, au financement du service national volontaire, au spatial, au cyber, à l’aide à l’Ukraine. L’Assemblée a besoin de ces précisions pour pouvoir accorder sa confiance à une politique dont les orientations vont engager le pays à une hauteur inédite. Pour le groupe socialiste, qui s’en inquiète, la diminution des crédits consacrés à l’aide à l’Ukraine dans le projet de loi de finances pour 2026 est un point qui mérite l’attention. (M. Pierre Pribetich applaudit.)”
“C’est ce que nous avons fait lors de l’examen de la mission Défense en commission de la défense il y a un mois. Et c’est ce que nous réitérons aujourd’hui par notre vote favorable, mais qui ne nous engagera pas sur des questions plus larges dont nous aurons l’occasion de débattre au premier trimestre 2026. En effet, si nous acceptons le principe d’accélérer l’effort budgétaire dédié aux armées, cela ne peut exonérer d’engager une réflexion approfondie et réelle sur les arbitrages que cela implique. Ainsi, doubler l’effort en seulement cinq ans soulève de graves questions car un afflux aussi soudain et massif de crédits présente un risque réel quant à sa bonne gestion.”
“On peut toutefois s’interroger sur la portée d’un débat sur les orientations de notre politique militaire, ouvert dans la précipitation, quand le président de la République a déjà pris de court la représentation nationale par ses annonces multiples. En effet, le 13 juillet, il a officialisé un doublement de la hausse des crédits militaires tels que fixés par la LPM pour les exercices 2026-2027, et il vient de se prononcer en faveur de la création d’un service national volontaire, dont on attend des précisions sur les contours et sur les modalités de financement notamment, tout en annonçant pour début 2026 des déclarations importantes sur la dissuasion. Vous nous demandez, monsieur le premier ministre, d’approuver le principe d’une augmentation du budget de la défense dès 2026 par rapport à celui prévu dans la LPM.”
“Nos partenaires ne s’y trompent d’ailleurs pas : hausse sans précédent des budgets militaires, rétablissement de formes de service national, mobilisation des sociétés civiles… Tout témoigne d’un changement d’échelle et de culture stratégique. La défense de l’Europe, longtemps pensée comme un horizon lointain et prônée par la France au nom de l’autonomie stratégique, commence enfin à prendre corps. Le réveil géopolitique de l’Europe est là ; l’européanisation de notre architecture de défense est en marche. Il revient désormais à la France d’y tenir toute sa place et de jouer un rôle moteur. Le débat d’aujourd’hui, organisé au titre de l’article 50-1 de la Constitution, permet à la représentation nationale d’aborder la question majeure de notre stratégie nationale de défense et de notre capacité à financer cette stratégie.”
“Dans ce monde où les crises s’accélèrent et se superposent, où le recours à la force est de plus en plus désinhibé, où le droit international ne suffit plus à garantir l’équilibre et où les enjeux climatiques, énergétiques et commerciaux s’additionnent, notre position ne souffre aucune ambiguïté : nous voulons la paix, une paix qui garantisse la liberté des peuples, notamment en Ukraine, une paix qui protège les démocraties partout dans le monde. Mais mesurons l’urgence de la situation car l’invasion russe en Ukraine et la rupture américaine confirmée le 5 décembre dernier depuis Washington par l’administration Trump nous imposent de prendre véritablement en main notre propre sécurité.”
“La deuxième phase du programme national de renouvellement urbain s’achèvera en 2026. Pouvons-nous compter sur vous les 11 et 12 juin, lors des Journées nationales de l’Anru, pour annoncer une Anru 3 suffisamment financée ? Votre absence d’engagement sur le programme de soutien aux quartiers populaires serait incompréhensible, ainsi que toute défiance vis-à-vis du secteur du logement social. Allez-vous enfin réengager l’État dans une politique de la ville ambitieuse ? (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)”
“Pourquoi abandonner un programme qui fonctionne ? Les bailleurs sociaux et les collectivités, déjà asphyxiées financièrement, ne peuvent porter seuls le fardeau d’une mission relevant de la solidarité nationale ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – M. Édouard Bénard applaudit également.) Vous le savez bien. Il y a six mois, des négociations intenses, lors des discussions budgétaires, avaient permis d’obtenir un soutien indispensable pour les organismes de logements sociaux. Qu’en est-il de la signature de l’arrêté de baisse de la réduction de loyer de solidarité ? (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)”
“Le nouveau programme national de renouvellement urbain engagé pour la période 2014-2030 porte ses fruits : dans les 450 quartiers transformés, les logements sont améliorés, les espaces publics sont valorisés et de nouvelles activités économiques sont encouragées. Pourtant, à ce jour, la contribution de l’État de 1,2 milliard d’euros n’a été versée qu’à hauteur de 10 %, à un rythme qui met en péril la visibilité nécessaire de ses missions.”
“Monsieur le ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation, quand le code postal détermine le destin d’un citoyen plus sûrement que son mérite, c’est une ségrégation territoriale silencieuse que nous ne pouvons tolérer. La crise du mal-logement s’aggrave et précarise plus de 14 millions de personnes. Les quartiers prioritaires, qui concentrent près de 10 % de la population, reçoivent moins de 1 % du budget de l’État. Nous attendons encore des actions fortes pour défendre le droit des personnes à se loger dignement. Dans le combat républicain pour l’égalité des chances, l’Agence nationale pour la rénovation urbaine est un acteur incontournable.”
“Comment être crédible face aux menaces d’un Donald Trump quand le Livre blanc conjoint sur la préparation de la défense européenne à l’horizon 2030 indique que l’Union européenne va continuer d’approfondir les liens des chaînes de valeur transatlantiques ? Enfin, parce que nous avons évoqué le secteur spatial, comment construire une souveraineté spatiale européenne cohérente et efficace, à l’heure où des programmes nationaux à vocation duale fragmentent les investissements et freinent l’émergence d’un véritable projet spatial commun face aux enjeux géopolitiques et de défense ? Faut-il aller vers le développement de capacités antisatellite ? Si oui, sous quelle gouvernance et, surtout, avec quelles règles d’engagement communes ?”
“Déjà, le front uni des premières heures semble se rompre peu à peu, à l’ouest avec l’Italie qui cherche à conclure un accord commercial bilatéral, remettant ainsi en cause la crédibilité d’une réponse européenne unie, ainsi qu’à l’est, avec la Hongrie de Viktor Orbán, qui ne correspond plus vraiment à ce que devrait être l’Union européenne. L’autonomie stratégique européenne, dans la décision comme dans les capacités, peut-elle être renforcée efficacement sans accepter que les États-Unis ne doivent plus être notre garantie de sécurité ? Comment la France, qui a toujours adopté une position particulière sur cette question, peut-elle tirer son épingle du jeu au niveau européen ?”
“En ce qui concerne le chemin vers la souveraineté et la crédibilité européenne, Donald Trump, le mois dernier, a indiqué vouloir fournir aux alliés des États-Unis intéressés une version du futur F-47 aux capacités amoindries, parce qu’« un jour peut-être, ils ne seront plus des alliés ». Nous sommes entrés dans une phase d’incertitude économique, diplomatique et militaire face à la tension mondiale qui ne cesse de croître ces dernières années et face à la menace russe qui s’affirme, comme cela a été rappelé : en un mot, un bouleversement de l’ordre mondial tous azimuts.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe SOC dont plusieurs députés se lèvent pour applaudir et sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.)”
“Laisserons-nous l’usage de la force devenir la norme pour régler les conflits futurs ? Laisserons-nous Trump et Poutine redessiner les cartes de l’Ukraine et de l’Europe dans les sables saoudiens ? Car, nous le savons, si la carte de l’Ukraine se redessine aujourd’hui, c’est celle de l’Europe qui se redessinera demain. Nous ne pouvons l’accepter. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.) Quelle sera la position de la France si l’Europe est écartée des négociations, et si l’Ukraine ne se reconnaît pas dans cet accord imposé ? Les enjeux sont importants ; avec gravité, nous vous demandons de saisir la représentation nationale et d’organiser un débat, au titre de l’article 50-1 de la Constitution, dans les meilleurs délais.”
“Le 20 janvier dernier, l’investiture de Donald Trump a changé la carte politique du monde – c’est peu de le dire. Et il n’a pas fallu attendre longtemps pour comprendre qu’il est prêt à sacrifier l’Ukraine. À quelques jours du 24 février – sombre date pour l’Ukraine – une négociation américano-russe se dessine. Il semblerait que celle-ci n’associe pas davantage l’Ukraine – pays pourtant agressé – que l’Europe. Pire, en marge de la conférence de Munich, avant le début de ces négociations, le secrétaire d’État américain à la défense a renoncé au rétablissement de l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Il a également renoncé à la perspective de son adhésion à l’Otan, et à toute implication des États-Unis. Ce triple renoncement entérine les buts de guerre du Kremlin, au mépris des règles élémentaires du droit international et des traités.”
“Il est dans l’intérêt du pays d’offrir à ces jeunes un espoir de réussite par le sport, de garantir l’égalité, a fortiori dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville.”
“Me voilà rassurée en ce qui concerne les deux heures de sport supplémentaires. J’espère que les enseignants seront en nombre suffisant pour les assurer, car c’est effectivement un enjeu de santé publique. S’agissant des classes sport-études, vous savez bien, monsieur le ministre délégué, que lorsqu’on demande à entrer dans l’une de ces classes, c’est que l’on fait déjà du sport depuis de nombreuses années. Cela s’inscrit dans un parcours, et les Jeux olympiques ont montré toute l’importance de tels parcours. D’où l’importance d’examiner avec attention ces demandes de dérogation. Ayant été élue d’une commune, chargée de l’éducation, je souhaite comme vous prévenir les contournements de la carte scolaire, mais s’agissant de cette classe sportive en particulier, seize enfants risquent d’être empêchés de poursuivre leur cursus de gymnastique.”
“Par ailleurs, l’annonce de la généralisation des deux heures de sport supplémentaires au collège avait recueilli le soutien de tout le secteur sportif, qui y voit un moyen efficace de réduction des inégalités d’accès au sport entre les élèves. Par conséquent, l’abandon de cette mesure inquiète et fait douter de la détermination du gouvernement à mener une politique sportive d’envergure. Pouvez-vous nous rassurer en précisant les objectifs concrets du gouvernement à ce sujet ?”
“Avec la section gymnastique du collège Gisèle-Halimi de Mérignac, comme avec la section football, masculin et féminin, du Haillan, depuis 1998, de nombreuses collaborations ont lieu, en particulier dans des quartiers prioritaires de la politique de la ville, qui ont permis de concilier études et sport de haut niveau. Or une certaine rigidité administrative compromet aujourd’hui la pérennité de ces clubs et de diverses initiatives pédagogiques, qui ont pourtant fait leurs preuves. Afin de maintenir un égal accès au sport pour tous les élèves, envisagez-vous d’adapter et de rendre plus flexibles les règles de la carte scolaire pour les classes sportives ?”
“Il paraît donc crucial d’investir massivement dans cette nouvelle génération de sportifs et de lui inculquer les valeurs de respect, de sens de l’effort et de civisme. Si nous voulons que la France envoie aux prochains Jeux olympiques une nouvelle génération de champions, il faut que nous investissions dans notre jeunesse et que nos institutions éducatives s’adaptent. Or de nombreux acteurs locaux, comme le Sport Athlétique Mérignacais, d’où est issu notre champion olympique de cécifoot, Frédéric Villeroux, s’inquiètent des conséquences d’une application stricte de la carte scolaire, qui empêche de nombreux jeunes d’accéder aux classes sportives, alors même qu’ils sont très motivés.”
“Monsieur le ministre délégué, je souhaite appeler votre attention sur les difficultés d’accès aux classes sportives que connaissent de nombreux jeunes, notamment dans ma circonscription de la Gironde, à Mérignac et au Haillan, et sur l’incertitude qui entoure la généralisation des deux heures de sport supplémentaires au collège. Vous le savez, l’héritage des Jeux olympiques de Paris 2024 suscite un espoir fort au sein des associations sportives et du système éducatif, et toute notre société partage l’ambition de voir le sport devenir un levier de cohésion sociale et d’épanouissement des jeunes. Ces jeux ont suscité de nombreuses vocations chez des jeunes en club, qui ont compris qu’il était possible de devenir un champion olympique.”