Pieyre-Alexandre Anglade
EPR · France
“Aujourd’hui, les pays européens alliés de l’Ukraine et des émissaires américains se retrouvent à Paris, autour du président de la République, pour un nouveau sommet de la coalition des volontaires. Dans le brouillard qui accompagne ces négociations, nous défendons avec Gabriel Attal plusieurs priorités pour l’Ukraine.”
“(Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.) Enfin, parce qu’il ne peut y avoir de paix juste sans justice, nous appelons à utiliser les actifs russes gelés pour compenser les dommages subis par l’Ukraine et soutenir sa reconstruction.”
“S’agissant maintenant du Groenland, disons-le là aussi clairement : toute l’Europe, ses institutions, les capitales des Vingt-Sept, doivent se tenir aux côtés du Danemark. Cela ne doit pas seulement passer par des communiqués, certes nécessaires.”
“…qui vise uniquement à diminuer la contribution de la France au budget européen, c’est-à-dire à isoler notre pays, alors que nous avons plus que jamais besoin d’une France forte au sein d’une Europe puissance. (M.”
“En écoutant les propos du président Coquerel et du rapporteur spécial Tanguy, j’ai l’impression qu’il se forme sous nos yeux une alliance des nationalistes allant du Rassemblement national à La France insoumise (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR. – Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN) …”
“Monsieur le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, ce week-end, à Kiev, se réunissait le camp de la paix. Le déplacement du président Macron, aux côtés du chancelier d’Allemagne et des premiers ministres du Royaume-Uni et de Pologne, signait le retour des Européens au cœur des efforts diplomatiques pour l’Ukraine et délivrait un…”
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“Aussi, pouvez-vous nous dire où en sont les négociations de paix en Ukraine et comment le gouvernement entend préparer les Français aux chocs à venir ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR. – M. Jean-Louis Thiériot applaudit également.)”
“S’agissant maintenant du Groenland, disons-le là aussi clairement : toute l’Europe, ses institutions, les capitales des Vingt-Sept, doivent se tenir aux côtés du Danemark. Cela ne doit pas seulement passer par des communiqués, certes nécessaires. Il faut aussi apporter notre soutien sur place, sans quoi le président Trump s’emparera du Groenland – nous avons été prévenus. Soyons lucides : toutes ces urgences ne représentent pas simplement un mauvais moment à passer. Il s’agit de la nouvelle réalité brutale du monde dans lequel nous vivons. C’est pourquoi nous n’avons pas d’autre chemin que celui de la puissance européenne. Face aux empires hostiles, une Europe faible et divisée se fera piétiner.”
“(Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.) Enfin, parce qu’il ne peut y avoir de paix juste sans justice, nous appelons à utiliser les actifs russes gelés pour compenser les dommages subis par l’Ukraine et soutenir sa reconstruction. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et LIOT.) Reconnaissons-le, le contexte international est bien sombre. La Russie poursuit la guerre en Ukraine et renforce sa guerre hybride contre tous les pays européens. La Chine mène une guerre économique contre les entreprises européennes. Quant aux États-Unis d’Amérique, ils attaquent notre indépendance. Nous l’avons vu dans le domaine du numérique, avec les sanctions qui ont frappé Thierry Breton.”
“Aujourd’hui, les pays européens alliés de l’Ukraine et des émissaires américains se retrouvent à Paris, autour du président de la République, pour un nouveau sommet de la coalition des volontaires. Dans le brouillard qui accompagne ces négociations, nous défendons avec Gabriel Attal plusieurs priorités pour l’Ukraine. D’abord, nous voulons une paix juste et durable en Ukraine, et la sécurité pour l’Europe. Dans ce cadre, nous soutenons des garanties de sécurité robustes, en commençant par le renforcement significatif des forces armées ukrainiennes, premier rempart face à la Russie. Ensuite, une fois qu’un cessez-le-feu aura été obtenu, nous demandons le déploiement d’une force multilatérale conduite par les Européens, pour sécuriser l’Ukraine et l’Europe et s’assurer du respect du cessez-le-feu.”
“– Exclamations sur quelques bancs du groupe RN.) Il n’existe aucun club auquel on puisse appartenir sans payer sa cotisation. Ce que vous promettez, c’est un Frexit dissimulé. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem.)”
“…qui vise uniquement à diminuer la contribution de la France au budget européen, c’est-à-dire à isoler notre pays, alors que nous avons plus que jamais besoin d’une France forte au sein d’une Europe puissance. (M. Paul Midy applaudit.) Je trouve cette alliance honteuse – en tout cas, peu courageuse –, car elle ne mentionne pas les conséquences de ce qu’elle propose. Si nous votions les amendements déposés par les députés du Rassemblement national ou de La France insoumise, nous exposerions au mieux notre pays à des sanctions – l’argent des fonds européens ne serait pas versé à temps à nos agriculteurs, à nos régions, à nos entreprises ; au pire, nous engagerions la France sur la voie d’une sortie progressive de l’Union européenne. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.”
“En écoutant les propos du président Coquerel et du rapporteur spécial Tanguy, j’ai l’impression qu’il se forme sous nos yeux une alliance des nationalistes allant du Rassemblement national à La France insoumise (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR. – Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN) …”
“(Nouvelles protestations sur les bancs du groupe RN.) Aussi, pouvez-vous nous indiquer quelles sanctions supplémentaires seront prises avec nos partenaires européens et américains si Vladimir Poutine ne consent pas… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur.)”
“– Protestations sur les bancs du groupe RN.) Ces accusations mensongères sont graves car elles alimentent le climat conflictuel et jouent donc contre les intérêts de la France et des Français. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem.) Je veux d’ailleurs dire ici notre soutien à nos militaires, à nos services de sécurité et à nos diplomates, qui agissent quotidiennement pour parvenir à la paix, afin de garantir la sécurité de nos compatriotes, mais sont mis en cause par ces déclarations émanant de soi-disant patriotes, qui viennent à nouveau de démontrer leur soumission à une puissance étrangère.”
“L’autre fait majeur de ce week-end est l’offensive massive et coordonnée du camp de la guerre contre ces efforts de paix. D’abord, la sphère complotiste, animée depuis la Russie, a cherché à décrédibiliser l’action du président de la République en faisant passer pour un sachet de drogue un simple mouchoir posé sur la table. Ensuite, les relais politiques du Kremlin en Europe, dont certains siègent dans cet hémicycle, notamment la présidente du groupe Rassemblement national, Mme Le Pen, ont accusé directement le président de la République de préparer la guerre alors même qu’il défendait une proposition de cessez-le-feu en Ukraine. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem.”
“Monsieur le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, ce week-end, à Kiev, se réunissait le camp de la paix. Le déplacement du président Macron, aux côtés du chancelier d’Allemagne et des premiers ministres du Royaume-Uni et de Pologne, signait le retour des Européens au cœur des efforts diplomatiques pour l’Ukraine et délivrait un message clair : aucune paix durable ne peut se bâtir en Ukraine sans l’Europe. Lors de ce déplacement, les Européens unis ont notamment soutenu une proposition de cessez-le-feu complet et inconditionnel de trente jours, appuyée par la coalition des volontaires, l’Ukraine et nos partenaires américains. Il appartient désormais à la Russie d’y adhérer sans conditions ni manœuvres dilatoires et de s’engager sur le chemin de la paix, lors de la rencontre prévue à Istanbul ce jeudi.”
“Mobilisons en commun des financements, avançons avec un grand plan d’emprunt européen commun, investissons dans des matériels et des programmes d’équipements militaires communs entre pays européens pour créer les conditions de cette défense européenne qui est la meilleure chance d’assurer notre sécurité. Pour y parvenir, posons les conditions d’un Buy European Act en matière de défense, pour acheter en priorité des équipements et des services européens et éviter que nos partenaires européens ne se fournissent chez nos partenaires américains. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR.)”
“En effet, madame la présidente, puisque ces deux amendements sont liés. La Russie nous menace, les États-Unis d’Amérique nous tournent le dos ; dans ce contexte, l’Europe n’a d’autre choix que celui de la puissance. Nous avons rappelé plusieurs urgences ce soir. La première est de bâtir des conditions de sécurité fiables et durables pour la paix en Ukraine ; cela inclut, notre collègue Sitzenstuhl l’a dit, le déploiement de troupes européennes une fois la paix conclue. La deuxième urgence est d’apporter un soutien dans la durée à la résistance ukrainienne ; la mobilisation des avoirs russes gelés, que nous venons de voter à raison, y servira. Enfin, nous devons défendre le renforcement de la défense de l’Europe ; le Conseil européen en a posé les bases la semaine dernière, mais il nous faut aller plus loin. Les Européens y sont prêts.”
“Il nous faut agir face aux velléités impérialistes de la Russie qui, si nous la laissons faire, ne s’arrêtera pas à l’Ukraine. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem ainsi que sur plusieurs bancs des groupes SOC, DR, HOR et LIOT.) Nous devons donc agir sans aucun tabou en garantissant dans la durée, quoi qu’il advienne, un soutien militaire à l’Ukraine, en sanctionnant la flotte fantôme russe et en augmentant tous les budgets de défense européens. Ces conditions sont indispensables pour dissuader la Russie de mener de nouvelles attaques. Si nous ne le faisons pas, Vladimir Poutine redéfinira à sa manière l’ordre de sécurité en Europe…”
“Hier encore, à l’initiative du président, des dirigeants européens se sont réunis à Paris afin de réaffirmer des principes clairs : leur souhait d’une paix solide et durable en Ukraine, ainsi que des garanties de sécurité fortes et crédibles. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem ainsi que sur plusieurs bancs des groupes DR, HOR et LIOT.) Rien ne peut se décider en Ukraine sans les Ukrainiens, rien ne peut se décider sur la sécurité européenne sans l’Union européenne ! Le groupe Ensemble pour la République soutient de tels principes, et son président, Gabriel Attal, les réaffirmera à Kyïv dès la semaine prochaine. Nous faisons face à un défi historique, voire existentiel. Nous devons agir si nous ne voulons pas que notre union éclate sous la domination de grandes puissances qui rêvent de nous soumettre.”
“La situation internationale est grave. Ce qui se joue actuellement en Ukraine ne concerne pas seulement l’avenir de ce pays, mais bien celui de toute l’Europe, et donc de la France. La conférence de Munich a vu la relation transatlantique se fracturer : l’administration Trump veut un accord avec la Russie, menace d’abandonner l’Ukraine et a exprimé on ne peut plus clairement sa volonté de ne plus assumer la sécurité de l’Europe. Depuis 2017, la France, par la voix du président de la République, n’a cessé d’alerter ses voisins et de plaider pour un impérieux réarmement européen et une nécessaire souveraineté européenne.”
“Sans loyauté des échanges, il est impossible de produire de manière compétitive sur le sol européen. Un dernier mot sur la politique étrangère et la situation en Ukraine. Aujourd’hui encore, ce pays a été la cible de Poutine : près de 120 missiles et drones ont été lancés sur ses infrastructures civiles. Frapper une cible civile constitue un crime de guerre. La Russie de Vladimir Poutine s’est donc une fois encore comportée en criminelle de guerre. Cette guerre nous concerne au premier chef, car elle concerne la sécurité internationale et la sécurité immédiate des Européens et des Français. Par conséquent, il nous faut continuer d’apporter un soutien résolu à la résistance ukrainienne.”
“Le deuxième axe, c’est de mener des politiques industrielles beaucoup plus assumées, qui reposent sur un marché unique fort, mais aussi sur davantage d’investissements dans les technologies d’avenir : l’intelligence artificielle, le quantique, les biotechnologies, les technologies propres, la défense – au fond, tous les domaines qui feront la richesse, l’indépendance, la souveraineté des pays et des organisations de demain. Le troisième axe consiste à pratiquer une politique commerciale moins naïve, qui prenne en compte nos intérêts stratégiques et le climat. À cet égard, nous, Français, avons eu raison de nous battre contre l’accord avec le Mercosur ; nous devons aussi saluer la décision de la Commission sur les véhicules électriques chinois.”
“Il faut pourtant mettre les bouchées doubles, car nous sommes aujourd’hui confrontés à un vrai risque de décrochage par rapport aux États-Unis d’Amérique et à la Chine. Si nous voulons l’éviter, nous devons accélérer sur trois axes. Le premier vise à assurer notre sécurité en poursuivant la construction d’une véritable défense européenne, qui repose sur une base industrielle et technologique de défense (BITD). Les Européens ne doivent plus déléguer leur défense et leur sécurité ; c’est une question d’indépendance.”
“Les outils sont là, à portée de main, encore faut-il vouloir s’en saisir. Je le dis car la semaine passée, face aux déclarations du président élu américain et aux ingérences d’Elon Musk, la Commission européenne n’a pas été à la hauteur du moment : pas un mot, pas une image, un silence assourdissant. Nous ne pouvons continuer à nous comporter en « paillassons » quand l’Europe est mise au défi. L’enjeu est trop grand. Le monde est féroce, l’histoire s’accélère et elle ne nous attendra pas. Commençons donc par faire respecter nos règles – je pense au règlement relatif à un marché unique des services numériques (DSA), que nous avons adopté collectivement, souverainement. L’Europe a beaucoup fait ces dernières années pour continuer d’avancer.”
“Dans ce monde devenu extrêmement incertain, nos démocraties sont des proies potentielles et notre Union est plus vulnérable que jamais. Un choix crucial s’offre à nous. Soit nous nous montrons en mesure de bâtir rapidement une Europe souveraine, capable de défendre ses valeurs et ses intérêts face aux pressions extérieures, une Europe qui s’affirme comme une puissance économique, industrielle, technologique, numérique, climatique, militaire et diplomatique ; soit nous subirons les choix des grands empires qui ne respectent plus aucune règle, si ce n’est celle du plus fort ; notre Union sera alors démantelée, nos libertés et nos valeurs anéanties. Mais ne succombons pas aux discours déclinistes : nous disposons de moyens pour résister et nous imposer comme une puissance globale.”
“Ouvrons les yeux : autour de nous, les menaces se multiplient. La Russie n’est pas seulement belliqueuse avec l’Ukraine. Désormais, elle représente plus qu’une menace pour l’Europe ; elle mène une guerre sournoise, dissimulée, une guerre hybride faite de désinformation, de manipulations, de déstabilisations, dont nous mesurons chaque jour les effets sur nos démocraties. La Chine, quant à elle, mène une guerre économique aux entreprises européennes. Les conflits du Proche-Orient, dont nous ne savons encore quels seront les développements, menacent aussi notre sécurité. Enfin, les patrons de grandes plateformes américaines s’immiscent ouvertement dans la vie démocratique de plusieurs pays européens et accusent l’UE « d’institutionnaliser la censure ».”
“Dans cinq jours, Donald Trump deviendra officiellement le 47 e président des États-Unis. Avant même d’entrer en fonction, le président élu a, ces dernières semaines, fait plusieurs déclarations qui appellent notre attention, bien qu’elles n’aient rien de surprenant : depuis une décennie, les États-Unis nous font comprendre que leurs préoccupations concernent essentiellement leur sécurité, leur économie et leur relation concurrentielle, potentiellement conflictuelle, avec l’Asie, en particulier la Chine. Nous devons l’entendre car cette tendance ira en s’accentuant. L’Union européenne et ses États membres, dont la France, se trouvent donc à un tournant historique et stratégique majeur. Ce tournant, nous allons devoir le négocier rapidement, avec lucidité, détermination et ambition.”
“Exactement ! Vous avez raison, madame la présidente.”