Perceval Gaillard
LFI-NFP · France
“Que nous le voulions ou non, nous sommes toutes et tous les héritiers de cette histoire. Ma question est donc simple : allez-vous rester les bras croisés à contempler le désastre annoncé ou allez-vous, enfin, vous décider à agir ?”
“En annonçant l’ouverture du capital de ses sucreries, la multinationale Tereos a déclenché un séisme à La Réunion. En missouk , à l’abri des regards, le groupe Tereos, l’un des cinq plus gros profiteurs de la politique agricole commune, gavé de subventions publiques, se prépare à vendre au groupe La Martiniquaise les sucreries de La Réuni…”
“Êtes-vous prête à nous aider à développer La Réunion plutôt que de rester spectatrice ? Êtes-vous prête à privilégier l’intérêt général et l’intérêt supérieur de La Réunion contre les intérêts des multinationales ? (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – M. Philippe Brun et M.”
“Quand l’État veut, il peut, et quand il s’agit d’aider des actionnaires et des multinationales, votre gouvernement le fait ! Alors aidez-nous à garder notre outil de production à La Réunion ! Aidez nos planteurs et nos industriels à empêcher que nos usines soient vendues ! (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.)”
“L’État ne serait pas responsable de cette politique de déportation – mais qui, alors ? Qui a organisé, légitimé et planifié cette transplantation ? Aimer son pays, mesdames et messieurs de l’extrême droite, c’est d’abord regarder l’histoire en face, aussi sombre et cruelle soit-elle.”
“Nous lui proposons d’assumer sans fuir, d’avouer et de ne plus mentir, d’être elle-même et de ne plus faire semblant. Il arrive parfois que dans cet hémicycle, nous nous retrouvions face à l’histoire, face à nous-mêmes sans qu’il ne soit plus possible ni de fuir ni de regarder ailleurs.”
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“Quand l’État veut, il peut, et quand il s’agit d’aider des actionnaires et des multinationales, votre gouvernement le fait ! Alors aidez-nous à garder notre outil de production à La Réunion ! Aidez nos planteurs et nos industriels à empêcher que nos usines soient vendues ! (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.)”
“Êtes-vous prête à nous aider à développer La Réunion plutôt que de rester spectatrice ? Êtes-vous prête à privilégier l’intérêt général et l’intérêt supérieur de La Réunion contre les intérêts des multinationales ? (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – M. Philippe Brun et M. Marcellin Nadeau applaudissent également.)”
“Que nous le voulions ou non, nous sommes toutes et tous les héritiers de cette histoire. Ma question est donc simple : allez-vous rester les bras croisés à contempler le désastre annoncé ou allez-vous, enfin, vous décider à agir ? (Mêmes mouvements.) L’État est-il prêt à soutenir les planteurs de canne réunionnais, qui s’organisent pour prendre le contrôle de leur outil de travail sous la forme d’une coopérative ? (Mêmes mouvements.) Nous voulons, à La Réunion, rester maîtres de notre destin. Le savoir-faire, le marché, l’industrie : tout est là. Ne manque que la volonté politique du gouvernement. Le modèle réunionnais, agricole et industriel, est prêt ! Nous sommes prêts ! De votre côté, madame la ministre des outre-mer, êtes-vous prête à tordre le bras de Tereos et à aider nos planteurs et nos industriels ?”
“En annonçant l’ouverture du capital de ses sucreries, la multinationale Tereos a déclenché un séisme à La Réunion. En missouk , à l’abri des regards, le groupe Tereos, l’un des cinq plus gros profiteurs de la politique agricole commune, gavé de subventions publiques, se prépare à vendre au groupe La Martiniquaise les sucreries de La Réunion. L’État ne doit pas, l’État ne peut pas rester les bras croisés dans cette affaire. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Les enjeux économiques, sociaux et politiques sont énormes. La filière canne signifie bien plus que les 15 000 emplois directs, indirects et induits chez nous. La canne à sucre, c’est l’histoire de La Réunion ; elle a façonné non seulement la géographie de notre île mais aussi son peuplement.”
“Par cet amendement, nous proposons de préciser la façon dont seront choisis les membres de la commission nouvellement créée. L’article 1 er prévoit qu’au moins quatre des quinze membres seront des victimes de la déportation. Nous suggérons d’indiquer que les membres seront également choisis en raison de leur connaissance de l’histoire de La Réunion et de la politique de transplantation d’enfants en France hexagonale.”
“Par cet amendement, nous demandons que, chaque année, la commission nouvellement créée remette au Parlement un rapport dressant un état des lieux de l’avancée de ses missions et un bilan de ses moyens.”
“– Applaudissements sur les bancs des groupes SOC, EcoS et GDR ainsi que sur les bancs des commissions.)”
“Nous lui proposons d’assumer sans fuir, d’avouer et de ne plus mentir, d’être elle-même et de ne plus faire semblant. Il arrive parfois que dans cet hémicycle, nous nous retrouvions face à l’histoire, face à nous-mêmes sans qu’il ne soit plus possible ni de fuir ni de regarder ailleurs. C’est le cas avec le vote que nous nous apprêtons à faire. Je nous invite donc, par-delà les clivages partisans, à nous hisser à la hauteur du moment. Pas une voix ne doit manquer ! Pour les victimes, dont certaines sont ici présentes et que je salue ; pour La Réunion, qui nous regarde ; pour la nation, qui doit connaître et reconnaître ce crime. Les députés de La France insoumise voteront sans hésiter cette proposition de loi que La Réunion appelle de ses vœux depuis si longtemps. (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.”
“L’État ne serait pas responsable de cette politique de déportation – mais qui, alors ? Qui a organisé, légitimé et planifié cette transplantation ? Aimer son pays, mesdames et messieurs de l’extrême droite, c’est d’abord regarder l’histoire en face, aussi sombre et cruelle soit-elle. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS ainsi que sur les bancs des commissions.) Aimer son pays, ce n’est pas falsifier, minorer ou réécrire la réalité ; c’est, au contraire, l’affronter en face, la regarder droit dans les yeux et dire aux générations suivantes : plus jamais ça ! « Dans la vie, on a toujours le choix », disait Nelson Mandela. « Aimer ou détester, assumer ou fuir, avouer ou mentir, être soi-même ou faire semblant. » Avec cette proposition de loi, nous proposons à la République française d’aimer et de ne plus détester.”
“Toujours, cette logique de contrôle démographique ; toujours, cette logique de contrôle du corps des femmes ; toujours, cette logique de domination coloniale vis-à-vis de classes populaires réunionnaises, considérées comme dangereuses. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, EcoS et GDR.) C’est cette réalité qu’il faut dire – qu’il faudra même crier, si personne ne veut l’entendre ici ; c’est cette réalité historique, cruelle mais bien réelle, que la France doit regarder en face, doit réparer, doit enseigner, doit commémorer, pour qu’elle ne puisse jamais, nulle part, se reproduire. Durant l’examen du texte par la commission des affaires sociales, nous avons entendu le représentant du Rassemblement national nier cette vérité dans un véritable exercice de révisionnisme historique.”
“Certains mineurs ont même connu le changement d’un état civil que beaucoup ignorent encore. Tout cela a eu des répercussions psychologiques très importantes, que la recherche actuelle qualifie d’abus de filiation, via des traumatismes cumulatifs. Cette politique de l’État français n’est pas tombée du ciel. Elle ne relève pas du hasard ou d’une décision personnelle. Elle a, au contraire, été appliquée sciemment et consciemment dans le cadre d’une politique coloniale à l’état pur. Au même moment – il faut le rappeler tant cela est méconnu –, l’État français organisait, dans l’est de La Réunion, à Saint-Benoît en particulier, la stérilisation forcée de milliers de femmes, selon l’historienne Françoise Vergès.”
“(Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, EcoS et GDR.) Oui, il faut rappeler, devant la nation, qu’entre 1962 et 1984, plusieurs milliers de mineurs relevant de l’aide sociale à l’enfance de La Réunion ont été déplacés, transportés ou, osons le terme, déportés vers la France hexagonale, au motif mensonger et fallacieux d’une démographie réunionnaise galopante, dans le but assumé et cynique de repeupler des départements hexagonaux ruraux en manque de main-d’œuvre. Cette politique planifiée a eu des conséquences dramatiques pour les mineurs concernés, déracinés, coupés de leur famille, de leur culture, de leurs racines, confrontés à des différences culturelles, linguistiques et climatiques immenses. Dans bien des cas documentés, se sont ajoutées à cela l’humiliation et la maltraitance.”
“Permettez-moi tout d’abord d’avoir une pensée émue pour des proches concernés par ce sujet, qui, de Saint-Paul, à La Réunion, à Royère-de-Vassivière, se reconnaîtront. Enfin ! Tard, trop tard pour certains qui ne le verront pas, nous parlons de ce sujet, ici, à Paris, dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Permettez-moi de saluer le travail formidable, opiniâtre, de ma collègue et camarade Karine Lebon, qui, prenant la suite d’Ericka Bareigts, porte à bout de bras ce combat, ici, à l’Assemblée. Bravo à toi, chère Karine, de n’avoir rien lâché, malgré les embûches et les difficultés rencontrées.”
“L’Assemblée nationale française doit respecter le choix des Polynésiennes et des Polynésiens ; il y va du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. En toute cohérence, le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire votera donc contre cette proposition de loi organique. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et GDR.)”
“Le gouvernement de la Polynésie française travaille actuellement, dans un esprit de responsabilité, à un projet de loi du pays visant à encadrer les compétences partagées avec les communes, en modifiant le II de l’article 43 de la loi de 2004 portant statut d’autonomie. Le président Brotherson insiste sur l’importance d’un cadre légal et protecteur et le conseil économique, social, environnemental et culturel a déjà donné un avis favorable à ce projet. Le texte dont nous débattons, quant à lui, ignore les disparités qui existent entre les quarante-huit communes de Polynésie française ; il débride l’intervention des communes sur les compétences du pays et risque de fragiliser les plus petites collectivités, souvent dépourvues de moyens techniques et d’ingénierie suffisants.”
“Ce texte a fait l’objet d’un double refus, de la part tant du gouvernement que de l’Assemblée de la Polynésie française ; le message des Polynésiennes et des Polynésiens est donc clair. Je rappelle que l’Assemblée de la Polynésie française est l’institution représentative des habitants du pays, à l’instar de l’Assemblée nationale en France. Ce qui a lieu en ce moment au sein de notre hémicycle constitue donc un déni du principe démocratique de représentation : c’est inacceptable ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – M. Emmanuel Tjibaou applaudit également.)”
“Cette proposition de loi organique vise, d’une part, à affranchir l’action des communes et des EPCI de la contrainte préalable d’une loi du pays et, d’autre part, à supprimer toute référence au respect de la réglementation édictée par la Polynésie française. « Il ne faut pas aller plus vite que la musique. Ce qui nous paraît peu souhaitable et dangereux, c’est d’autoriser de manière ouverte, sans préalable et sans encadrement, toute prise d’initiative d’une commune », a déclaré Moetai Brotherson, président de la Polynésie française, que je salue fraternellement (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Emmanuel Tjibaou applaudit également) , ainsi que l’ensemble du peuple polynésien.”
“Ce fantôme est celui de l’histoire coloniale de la France. Ce fantôme, c’est l’impensé colonial contemporain qui fait – vous l’avez fait à l’instant, madame la ministre – comme si de rien n’était, comme si cette histoire n’existait pas, comme si la France n’avait pas été une puissance coloniale majeure, comme si la France en avait fini avec les processus de décolonisation. Ainsi, nous nous retrouvons à parler d’un texte rejeté par les principaux concernés, un texte qui, bien que refusé par les Polynésiennes et les Polynésiens, arrive tout de même dans l’hémicycle, comme si Paris connaissait mieux les besoins et les attentes du peuple polynésien que le peuple polynésien lui-même.”
“Il y a un fantôme qui rôde à Paris, un fantôme qui rôde ici, dans cet hémicycle. Ne vous en déplaise, madame la ministre, ce fantôme que tout le monde sent mais que personne ne veut voir est celui du colonialisme. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Vous l’avez compris, ce plan est un plan humaniste, qui vise à sauver des vies, mais puisque nous sommes dans une discussion budgétaire, nous estimons que ce plan national de prévention permettrait d’économiser jusqu’à 10 milliards d’euros sur cinq ans. Il n’y a aucune fatalité à ce qu’autant de personnes soient concernées par le SAF dans notre pays. Je vous invite donc à voter l’amendement. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Il vise à instaurer un plan national de prévention du syndrome d’alcoolisation fœtale. Le SAF est la première cause évitable de handicap à prédominance mentale en France. Il concerne 1,3 million de personnes ; 150 000 enfants naissent chaque année avec ce syndrome, qui a des conséquences en cascade, notamment sociales et financières, car il entraîne des prises en charge à vie. Ce plan national s’appuierait sur la réussite du plan global de prévention à La Réunion. Pas moins de 27 % des femmes enceintes consomment de l’alcool dans l’Hexagone. Nous avons réussi à atteindre 7 % à La Réunion. Je tiens à le souligner, la première région touchée est l’Île-de-France, avec un taux de 32 %.”
“Défavorable au sous-amendement et à l’amendement.”
“Favorable à l’amendement n o 24 ; défavorable au sous-amendement n o 126 et à l’amendement n o 36.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Si vous ne le faites pas, vous serez responsables de la non-adoption de ce texte, qui n’est que justice et égalité pour les outre-mer. Nos peuples, nos élus et nos diasporas sauront s’en souvenir. (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent pour applaudir vivement. – Les députés des groupes EcoS et GDR applaudissent également.)”
“Je suis fier d’appartenir à un groupe, à un mouvement, La France insoumise, qui rend cela possible et qui place les outre-mer tout en haut de l’ordre du jour de sa niche. (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent pour applaudir.) Chacun et chacune doit prendre conscience que c’est une occasion qui ne se représentera certainement pas de sitôt. C’est un vote qui est très attendu et très regardé dans nos territoires, mais également dans les diasporas ultramarines de l’Hexagone. En séance, des amendements d’obstruction ont été déposés par les groupes RN et UDR. (« Quelle honte ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.) J’appelle donc ici solennellement les forces politiques qui ont déposé ces amendements à les retirer.”
“La présente proposition de loi fait écho au signal fort envoyé par ce rapport et ce vote unanime. La proposition de loi, qui vise à mettre fin à cette discrimination en élargissant l’application du tarif postal unique à tous les envois relevant du service universel postal quelle que soit leur destination sur le territoire de la République et quelle que soit leur tranche de poids, a été adoptée en commission sans que personne ne vote contre. Une proposition de loi similaire avait été déposée en 2019 par mon collègue et camarade Jean-Hugues Ratenon que je remercie ici publiquement pour ce combat qu’il n’a jamais lâché. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) À l’époque, ce texte n’avait pas pu arriver jusqu’en séance. En 2025, les conditions de l’adoption d’une telle proposition de loi sont enfin réunies.”
“La République a volontairement limité le champ de la péréquation tarifaire aux seuls envois sur le territoire hexagonal, en excluant les collectivités ultramarines. Nous soutenons que la péréquation tarifaire est possible. Jusqu’à présent, seule la volonté politique a entravé son application. À titre comparatif, la péréquation tarifaire de l’électricité en France concerne l’ensemble du territoire national alors qu’elle est bien plus coûteuse. La délégation aux outre-mer a mené au début de l’année 2025 une mission flash relative à l’augmentation des prix des colis postaux en outre-mer. Cette mission souligne que, s’agissant des colis, la péréquation tarifaire entraînerait une augmentation moyenne d’à peine quelques centimes par envoi. Le rapport publié à l’issue de cette mission a fait l’objet d’un vote unanime.”
“Actuellement, des tarifs différenciés s’appliquent entre les territoires d’outre-mer et l’Hexagone s’agissant des envois de correspondance à l’unité dépassant le seuil d’harmonisation, soit 100 grammes ou le grammage de la première tranche selon les collectivités ultramarines, ainsi que des envois postaux à l’unité n’entrant pas dans la catégorie des envois de correspondance. En effet, les colis postaux, bien qu’ils fassent eux aussi partie des envois postaux, ne figurent pas parmi les envois de correspondance à l’unité. En conséquence, ils ne bénéficient pas du tarif harmonisé en vigueur entre l’Hexagone et les territoires d’outre-mer. En revanche, sur le territoire hexagonal, les colis envoyés à l’unité entrent bien dans le champ de la péréquation nationale, qui garantit un tarif unique pour tous les envois postaux à l’unité.”
“Rien ne peut justifier cette inégalité de traitement. (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe LFI-NFP.) Cette situation est un véritable scandale, qui alimente légitimement le sentiment d’injustice ressenti par nos peuples, d’autant plus que les envois de colis dépassent la simple question postale. Ils permettent en effet d’entretenir un lien constant entre les ultramarins vivant dans l’Hexagone et leurs familles vivant au pays, en particulier dans cette période de fêtes de fin d’année.”
“(Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Comme vous le savez, la vie chère dans nos pays dits d’outre-mer est insoutenable : les prix y sont de 30 % à 40 % plus élevés en moyenne que dans l’Hexagone alors même que la pauvreté, la précarité ou le chômage frappent nos territoires de plein fouet. Or les prix élevés des produits postaux participent de la cherté de la vie. Ils constituent une rupture manifeste du principe constitutionnel d’égalité qui s’applique devant les services publics et qui suppose un égal accès de toutes et tous à ces services publics. Je donnerai un seul exemple : un colis de 15 à 20 kilos envoyé dans l’Hexagone, quelle que soit la distance de son trajet, coûte 37,85 euros contre 150,55 euros de l’Hexagone vers les départements et régions d’outre-mer (Drom) et jusqu’à 302,35 euros vers le Pacifique.”
“Il nous faut donc venir à la tribune de l’Assemblée pour obtenir ce qui existe partout ailleurs sur le territoire de la République. Il nous faut venir à Paris depuis l’océan Indien, l’Atlantique ou le Pacifique pour exiger d’être traités comme des citoyens et des citoyennes à part entière et non entièrement à part. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Il nous faut donc à nous, élus ultramarins, combattre – soubat comme on dit à La Réunion – pour arracher ce que les élus hexagonaux n’ont même pas à demander pour leur population et leurs territoires. Voilà quelle est la réalité ; voilà la raison pour laquelle nos peuples grondent et voilà pourquoi nous avons déposé cette proposition de loi.”
“Je rappelle que l’État reprochait souvent aux outre-mer de ne pas consommer toutes les autorisations d’engagement. Ce n’est plus du tout le cas : l’ensemble des opérateurs et des collectivités sont désormais pleinement en mesure d’utiliser les crédits, car nos besoins sont immenses. Pouvez-vous donc confirmer que cette augmentation de la LBU sera bien retenue ?”
“Sous le contrôle de mon collègue Jean-Victor Castor, il me semble que les élus guyanais ne s’opposent pas au centre pénitentiaire en lui-même, mais uniquement au quartier de haute sécurité. La Guyane, comme l’ensemble des outre-mer, traverse une crise historique en matière de production de logements sociaux. Les besoins sont immenses, comme l’a rappelé tout à l’heure l’un des intervenants. La Réunion connaît des difficultés comparables. Depuis plusieurs années, les crédits inscrits dans la ligne budgétaire unique sont en baisse. Nous venons d’être privés du débat budgétaire sur la mission Outre-mer , mais la commission a adopté un amendement qui prévoit un ajout de 100 millions d’euros à la LBU. Pouvez-vous vous engager à ce que cette augmentation indispensable figure dans la version finale du budget pour 2026 ?”
“Ma question est donc très simple : comment, au niveau législatif, pouvons-nous vous aider à reprendre la main sur votre foncier ? Il s’agit effectivement d’une question coloniale et tant qu’elle n’est pas réglée, rien ne peut l’être.”
“Cela montre les conséquences des modalités d’exercice du pouvoir de la V e République sur nos territoires. On a vu encore pire cette année, puisque nous avons adopté en commission une hausse de la LBU de 50 %, soit 100 millions d’euros, mais que le débat sur la mission Outre-mer n’a cette fois même pas eu lieu – comme cela, c’est encore plus simple. Voilà le contexte global au sein duquel nous nous débattons, avec un pouvoir central qui ne tient pas compte de nous. Je rappelle aux collègues qui ne sont pas ultramarins que la situation concernant la maîtrise du foncier en Guyane est tout à fait exceptionnelle. Que l’État puisse contrôler entre 90 et 95 % des terres nous semble complètement ahurissant et témoigne de vraies difficultés.”
“Je remercie tout d’abord mon collègue et camarade Jean-Victor Castor d’avoir organisé cette table ronde : nous pouvons enfin parler du foncier en Guyane. Je suis député de La Réunion et la situation du logement social que vous avez décrite me rappelle évidemment la nôtre, à la fois par le nombre de ménages en attente – ils sont plus de 40 000 à La Réunion – et par le manque de moyens. Pour que chacun et chacune puisse bien comprendre le contexte global, je suis élu depuis 2022, comme un certain nombre de mes camarades. Quand nous avons eu l’occasion de voter le budget des outre-mer, nous avons fait passer des amendements qui doublaient la LBU – la ligne budgétaire unique –, qui finance le logement social. Or les 49.3 sont systématiquement revenus dessus, le plus souvent en dépit des votes à l’unanimité de la représentation nationale.”
“Car c’est bien de cela qu’il s’agit en réalité : vous n’acceptez pas que nous jouissions d’une autonomie fiscale, que nous dégagions, en tant que collectivités, nos propres marges financières. Tous ceux qui pointent du doigt l’octroi de mer le font pour préserver les marges abusives des monopoles – car je rappelle que la véritable cause de la vie chère dans nos territoires, ce sont bien ces marges et non pas l’octroi de mer. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Madame Le Pen, lorsque vous évoquez l’octroi de mer, il me semble que vous ne savez pas de quoi vous parlez. (« Ah ! » sur plusieurs bancs du groupe RN.) Tout d’abord, sur le plan de la TVA, nous sommes gagnants, puisque notre taux de TVA varie de 8,5 à 2,1 – des chiffres moins élevés qu’en métropole. Ensuite, l’octroi de mer a permis de créer ou de sauvegarder 20 000 emplois directs ou indirects, uniquement à La Réunion – je cite un chiffre donné par l’économiste Jean-François Hoarau. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Enfin, j’observe que le gouvernement mène depuis un certain temps une offensive – à laquelle vous prenez donc part, madame Le Pen – pour remettre la main sur le pactole.”
“À vous entendre, on croirait que les outre-mer n’existent pas et qu’ils ne peuvent pas servir d’exemple. Les prix administrés, ça existe dans notre pays ! Les prix des produits pétroliers le sont : l’essence est moins chère dans les outre-mer, en particulier à La Réunion, que dans l’Hexagone. C’est aussi le cas de certains produits alimentaires, qui composent le bouclier qualité prix (BQP). Leurs prix sont administrés et restent ainsi inférieurs à ceux du marché libre : un tel dispositif existe en France, et il fonctionne ! Il faut arrêter de nous raconter n’importe quoi ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Ainsi, les frais bancaires sont aussi concernés : alors qu’il n’y a aucune différence matérielle sur ce plan entre les territoires d’outre-mer et l’Hexagone, les frais bancaires y sont bien plus élevés. Au-delà de la communication, nous voulons régler réellement la question de la vie chère. Cela passera par des lois antitrusts, comme on l’a fait par le passé, par l’augmentation des salaires et des pensions – les salariés et les retraités ultramarins font partie des plus pauvres de France – et par le contrôle et la coercition pour lutter contre les monopoles, les oligopoles et les ententes sur les prix. Nous n’arriverons à rien si nous en restons uniquement à l’affichage. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“C’est quand même incroyable : à chaque fois que nous voulons aller plus loin qu’une position de principe, que nous voulons mener des politiques efficaces, on nous répond que ce n’est pas possible et que c’est le rôle d’autres institutions. Il est certes important de rappeler que la question de la vie chère et de la formation des prix est liée non à l’octroi de mer, mais aux marges abusives. Je tiens cependant à appeler l’attention de mes collègues et de ceux qui nous écoutent sur le fait que tout ce qui sera arraché dans cet hémicycle sera récupéré par les monopoles – notamment par le groupe Bernard Hayot, qui jouit de nombreuses rentes de situation. Nous avons parlé des pièces automobiles, mais cela s’applique à d’autres secteurs.”
“Je soutiens l’amendement de M. Maillot. Si nous sommes obligés de déposer ce type d’amendements, c’est parce que l’État ne joue pas son rôle dans la continuité territoriale. Il dépense 200 fois moins d’argent pour un habitant des outre-mer qu’il n’en dépense – parfaitement légitimement, d’ailleurs – pour un habitant de Corse. La rédaction de l’amendement pourrait certes être modifiée, mais ce que dit M. Maillot, avec tous les députés ultramarins, c’est que l’État doit assumer sa mission de continuité territoriale. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – M. Frédéric Maillot applaudit également.) C’est pourquoi nous sommes contraints de recourir à de tels amendements.”
“Quand le Président de la République disposait encore d’une majorité, il vous avait fait voter l’abolition de la taxe d’habitation pour tout le monde, y compris pour ceux qui avaient largement les moyens de la payer. Il n’était alors pas question de justice sociale : il s’agissait de clientélisme électoral ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs du groupe EPR. – M. Mathieu Lefèvre fait signe à l’orateur de sortir.) Lorsque nous réclamons une mesure de justice sociale qui ne représente pas grand-chose dans le budget de la nation, vous ne voulez pas la voter ; nous saurons nous en souvenir. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Il vise une mesure de justice sociale, qui bénéficierait en particulier aux outre-mer : si 4 % des propriétaires vivent en dessous du seuil de pauvreté en France, ils sont 32 % à La Réunion – seul territoire pour lequel nous disposons de chiffres. C’est le fruit de l’histoire ; je ne développerai pas ce point. Les personnes âgées, nos anciens, nos gramounes , n’ont pas les moyens de payer la taxe foncière et sont obligés de vendre : le terrain pour lequel ils ont travaillé dur devient la proie des spéculateurs et des promoteurs immobiliers. Exonérer de TFPB les propriétaires qui ne paient pas l’impôt sur le revenu serait une bonne manière de résoudre les crises rencontrées en outre-mer. Cela vaut mieux que d’y envoyer les CRS quand la colère gronde ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.”
“Jusqu’à quand le pouvoir central compte-t-il persévérer dans ces politiques aussi injustes qu’inefficaces ? Quand le Gouvernement va-t-il enfin comprendre, ici à Paris, que nos revendications ne sont que justice sociale et égalité républicaine ? (Les députés du groupe LFI-NFP, ainsi que quelques députés du groupe GDR, se lèvent et applaudissent longuement – M. Olivier Faure applaudit également.)”
“Jusqu’à quand M. le Premier ministre pense-t-il que nous allons supporter que l’État profite du chaos post-dissolution pour nous couper littéralement les vivres ? Ce sont au minimum 250 millions d’euros en moins dans le budget 2025, soit des collectivités étranglées au moment même où beaucoup de nos territoires se soulèvent contre la vie chère et contre les ruptures d’égalité flagrantes. Saint Augustin disait : « Errare humanum est, perseverare diabolicum . » (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Dieynaba Diop applaudit également.)”
“(Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe GDR.) Jusqu’à quand le couvre-feu en Martinique, qui dure depuis dix-neuf jours, seule réponse apportée par le Gouvernement à la révolte légitime du peuple martiniquais (Mêmes mouvements) , fatigué comme l’ensemble de nos peuples de se faire tondre par des monopoles qui ont plus de pouvoir ici, à Paris, que n’importe quel ministre présent sur ces bancs ? (Mêmes mouvements.) Jusqu’à quand ? Il aura fallu attendre plusieurs semaines pour que l’État commence, timidement, à vouloir jouer son rôle de médiation dans un conflit social majeur touchant nos centrales électriques à La Réunion et aux Antilles.”
“Ma question s’adresse à M. le Premier ministre et à l’ensemble des membres du Gouvernement. Jusqu’à quand durera le couvre-feu en Nouvelle-Calédonie-Kanaky, instauré depuis cent soixante-huit jours, depuis que vos prédécesseurs ont littéralement mis le feu à l’archipel en foulant aux pieds les accords de Matignon et en faisant entrer au Gouvernement les plus ultras du camp loyaliste, tout cela pour arriver au brillant résultat que l’on connaît tous ?”