Guillaume Bigot
RN · France
“Ma question s’adresse à M. le ministre de l’économie et de la souveraineté énergétique. Hier, en Ariège, le président de la République a expliqué à nos compatriotes, étranglés par les prix à la pompe, que le gouvernement se battait pour faire baisser les prix du carburant. Or une question se pose : contre qui vous battez-vous ?”
“Premièrement, le meilleur moyen de s’assurer qu’il n’y a pas de pétrole est de ne pas en chercher. Ensuite, puisque vous avez mentionné le Territoire de Belfort, restons-y : la Macronie a vendu la technologie Arabelle qui s’y trouvait puis l’a rachetée quelques années plus tard au double de son prix – le Territoire s’en souvient.”
“Comme tous les Français, nous aimerions, nous aussi, nous passer d’hydrocarbures mais ce n’est pas encore possible – et vous le savez. Dans « transition énergétique », il y a « transition » – mais il n’y a ni renoncement, ni capitulation, ni illusion.”
“Effectivement, notre collègue Boyard a raison, il n’est pas ici question des associations d’anciens combattants. J’exprime l’avis d’un député citoyen qui considère que notre histoire militaire est vraiment étonnante. Je le répète, c’est une légende, mais c’est une légende vraie.”
“Je suis élu du Territoire de Belfort, un département forgé par les armes de la France, une terre où l’histoire militaire reste vivante. Belfort, c’est la patrie du 1 er régiment d’artillerie et du 35 e régiment d’infanterie. C’est le Lion de Bartholdi, c’est la résistance de Denfert-Rochereau.”
“Cet amendement propose de donner une mission claire à l’intérieur de ce cadre : éveiller chez nos élèves le goût de l’histoire militaire de notre pays.”
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“Il n’y a qu’à construire plus de prisons !”
“Premièrement, le meilleur moyen de s’assurer qu’il n’y a pas de pétrole est de ne pas en chercher. Ensuite, puisque vous avez mentionné le Territoire de Belfort, restons-y : la Macronie a vendu la technologie Arabelle qui s’y trouvait puis l’a rachetée quelques années plus tard au double de son prix – le Territoire s’en souvient. Est-ce cela que vous appelez l’indépendance ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Vous avez promis de fermer quatorze tranches de centrale nucléaire ! (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Les députés des groupes RN et UDR continuent d’applaudir ce dernier.)”
“Ma question s’adresse à M. le ministre de l’économie et de la souveraineté énergétique. Hier, en Ariège, le président de la République a expliqué à nos compatriotes, étranglés par les prix à la pompe, que le gouvernement se battait pour faire baisser les prix du carburant. Or une question se pose : contre qui vous battez-vous ? Car c’est bien vous, la Macronie, qui avez voté la loi Hulot de 2017, qui interdit toute prospection et exploitation d’hydrocarbures en France. Pendant que vous vous « battez », les Italiens relancent leur prospection offshore et les Anglais ouvrent de nouvelles licences en mer du Nord. Au large de la Guyane française, dans le même bassin géologique que celui qu’exploite, avec un succès immense, notre voisin brésilien, les indices sur nos gisements pétroliers abondent. Or votre idéologie interdit toute prospection.”
“Effectivement, notre collègue Boyard a raison, il n’est pas ici question des associations d’anciens combattants. J’exprime l’avis d’un député citoyen qui considère que notre histoire militaire est vraiment étonnante. Je le répète, c’est une légende, mais c’est une légende vraie. Vous pouvez vous rendre à l’église des Invalides, vous verrez tous les fanions que l’armée française a pris, du svastika au drapeau de l’État islamique jusqu’à celui des Ottomans. Il n’y a pas un continent, il n’y a pas une bataille importante dans l’histoire des hommes au cours des siècles derniers dans laquelle les armées françaises ne se sont pas trouvées engagées. Tout cela est édifiant et il me paraît important de le rappeler à nos élèves pour construire le sentiment national. Cela n’a rien à voir avec les anciens combattants.”
“Cet amendement propose de donner une mission claire à l’intérieur de ce cadre : éveiller chez nos élèves le goût de l’histoire militaire de notre pays. Non pour se substituer aux cours d’histoire, qui ont leurs propres exigences, encore moins par souci de je ne sais quel militarisme, mais pour créer un lien de mémoire vive entre la jeunesse et cet héritage. De Bouvines à Valmy, d’Austerlitz à Verdun, de la France libre aux opérations d’aujourd’hui, notre histoire militaire est celle d’une épopée, d’une légende vraie. Nos élèves en sont les héritiers, il est temps de leur rappeler ce legs. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“Je suis élu du Territoire de Belfort, un département forgé par les armes de la France, une terre où l’histoire militaire reste vivante. Belfort, c’est la patrie du 1 er régiment d’artillerie et du 35 e régiment d’infanterie. C’est le Lion de Bartholdi, c’est la résistance de Denfert-Rochereau. Ce sont des générations d’hommes et de femmes qui ont éprouvé dans leur chair la vérité de la formule de Thucydide selon laquelle ce ne sont pas les remparts des cités qui défendent les villes, mais leurs défenseurs et leurs citoyens. La liberté se défend, c’est pourquoi je défends cet amendement. La proposition de loi prévoit l’élaboration d’un référentiel fixant le contenu de l’enseignement à la défense nationale.”
“On ne peut pas considérer que Donald Trump égale les États-Unis d’Amérique. Ce serait lui donner raison. Pour rappel, c’est une intervention militaire française qui a permis aux États-Unis de devenir un pays indépendant en 1776. Depuis, à l’occasion des deux guerres mondiales et de récentes interventions dans le cadre de l’Otan – un traité qui fait des États-Unis d’Amérique notre allié objectif –, nous avons été alliés, sans nécessairement être alignés. Donald Trump n’est pas et ne sera pas les États-Unis d’Amérique ad vitam æternam . (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)”
“…et qui motive notre rejet, c’est qu’il nie le fait que les engagements pris par Mme von der Leyen seule à Turnberry portent atteinte à la souveraineté de la France et contreviennent manifestement à l’article 3 de la Constitution, compte tenu de leurs effets massifs sur notre économie. Cet article, que vous devriez connaître par cœur, fonde notre présence dans cet hémicycle : « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice » – et surtout pas une fonctionnaire internationale qui n’a été élue par personne. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“Je tiens tout d’abord à répondre à notre chère collègue Mme Le Grip que c’était bien évidemment son amendement et non sa personne que j’ai qualifié de chochotte, terme qui signifie : d’une sensibilité exagérée. (Protestations sur les bancs des groupes SOC et EPR, ainsi que sur quelques bancs du LFI-NFP.) Si vous préférez, on peut dire frileux. Ce qui est plus gênant dans cet amendement…”
“Son contraire, je le répète, c’est l’opacité. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)”
“L’amendement de notre collègue est un amendement d’euphémisme – pour ne pas dire un amendement un peu chochotte. (« Oh ! » et protestations sur les bancs du groupe EPR.) Le contraire de la transparence, c’est l’opacité. Mme von der Leyen y recourt régulièrement – lorsqu’elle était ministre de la défense en Allemagne, la cour des comptes fédérale a pointé l’opacité de ses méthodes. Elle a négocié par SMS 1,8 milliard de doses de vaccins, pour 35 milliards d’euros – si ce n’est pas de l’opacité, qu’est-ce que c’est ? L’article 15 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne impose la transparence.”
“Nous voterons pour cette proposition de résolution – non pas parce qu’elle changera quoi que ce soit, puisque la Commission européenne, comme à son habitude, s’essuiera les pieds sur notre République et sur notre démocratie, mais parce qu’elle consigne pour l’histoire votre échec. Les Français ne veulent plus d’une France qui soit en même temps le vassal de Washington et un land de Bruxelles. C’est cette ligne que nous tenons depuis toujours et que nous défendrons demain. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“Si la France accepte ce gaz, ce n’est pas parce que Bruxelles l’exige, c’est parce que vous, gouvernement français, y consentez. Pour ce qui concerne le volet investissement, l’accord requiert également l’unanimité. En matière de commerce, d’énergie, d’investissements, vous rejetez la responsabilité sur Bruxelles – mais Bruxelles, c’est vous ! La France avait le pouvoir de dire non ; vous n’avez rien fait. Vous avez voulu cet oxymore monstrueux qu’est la souveraineté européenne. Vous l’avez, et vous pleurez. On ne peut déplorer les effets après avoir chéri les causes !”
“L’article 15 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne exige que les institutions européennes fonctionnent dans la transparence, ce qui ne saurait s’accommoder d’échanges de SMS ou de tractations de dernière minute sur un green. Pour ce qui concerne le volet énergétique, l’article 194 du même traité est non moins clair : le choix des fournisseurs énergétiques relève de la compétence nationale. Personne ne peut forcer la France à importer du gaz de schiste, qu’il est interdit de produire ici mais que l’Union européenne voudrait nous obliger à acheter là-bas. C’est d’ailleurs le comble de l’hypocrisie : cette écologie européenne s’arrête là où commencent les intérêts états-uniens. Ce n’est pas le Green Deal qu’on veut nous faire signer, c’est le Greenland Deal , c’est le Trump Deal !”
“Selon les mots, à nouveau, de François Bayrou, la France s’est retrouvée « un peu seule » sur ces sujets – seule et, disons-le, silencieuse. Or qui ne dit mot consent ! Le gouvernement tente de se justifier et de repeindre son renoncement politique en fatalité juridique. Comme toujours, il dira que c’est la faute de la Commission ou des traités. Ces arguments sont politiquement ineptes : ces traités, vous les avez voulus, vous les avez soutenus, vous les avez obtenus. Ces arguments sont aussi et surtout juridiquement inexacts. Les petits arrangements commerciaux de Mme von der Leyen contredisent l’esprit et la lettre des traités.”
“Les conséquences de cette capitulation seront gravissimes : pour nos agriculteurs, livrés à une concurrence déloyale nourrie aux intrants interdits chez nous ; pour nos industriels, sommés de financer l’économie américaine plutôt que de réindustrialiser la France ; pour les acteurs de notre base industrielle et technologique de défense (BITD) – comment prétendre bâtir l’Europe de la défense lorsque l’on s’est engagé à devenir le client captif du complexe militaro-industriel américain ? Ils seront enfin gravissimes pour notre autonomie stratégique et énergétique : le commissaire Dan Jørgensen s’inquiète de voir l’Union européenne remplacer la dépendance russe par une dépendance américaine. Il est un peu tard pour ouvrir les yeux.”
“Elle accorde une flexibilité sur le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières et signe même des chèques en blanc : 750 milliards de dollars d’achats énergétiques américains forcés d’ici à 2028 et 600 milliards d’investissements européens siphonnés vers l’économie des États-Unis, alors que le rapport Draghi suppliait d’investir dans l’Union européenne. Bruxelles organise contractuellement la fuite de nos capitaux vers les États-Unis. Comment, dans de telles conditions, continuer à parler de partenariat ? Au lendemain de cette reddition, François Bayrou, alors premier ministre, avouait lui-même qu’il s’agissait d’un « jour sombre pour l’Europe » qui « se résout à la soumission ».”
“Le texte qui nous est soumis aujourd’hui a trait à l’une des plus graves capitulations commerciales de notre histoire. Le 27 juillet 2025 à Turnberry, sur le terrain de golf de Donald Trump, convoquée par le président des États-Unis, la Commission européenne n’a pas négocié ; elle a obéi. Elle n’a pas conclu un partenariat ; elle a entériné sa vassalisation. Regardons les faits : ils sont accablants. En échange de concessions illusoires, les États-Unis maintiennent un mur tarifaire de 15 % sur nos exportations. Et encore, ce n’est qu’un plancher : notre acier et notre aluminium resteront taxés à 50 %. En face, l’Union européenne ouvre tout ; elle baisse la garde, elle renonce à se défendre.”
“S’il en est comme vous dites, je vous en félicite – mais nous ne croyons que ce que nous voyons ou, plutôt, que ce que nous comptons. Ceinture et bretelles, comme on dit : je maintiens l’amendement.”
“L’amendement introduit, pour les entrepreneurs réalisant des opérations intracommunautaires, l’obligation d’une transmission électronique par voie sécurisée des « numéros d’identification à la taxe sur la valeur ajoutée de leurs cocontractants » ainsi que du « montant agrégé des opérations concernées ». Ce dispositif permettra à la DGFIP de croiser automatiquement les données, ce dont elle est aujourd’hui incapable. Il lui donnera la vitesse dont elle a absolument besoin pour détecter les malversations en temps réel et casser les chaînes frauduleuses. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)”
“L’objet de cet amendement de M. Lioret est de lutter contre la fraude à la TVA intracommunautaire. Chaque année, des fraudes de type « carrousel » coûtent entre 15 et 20 milliards d’euros aux contribuables. Ces chaînes d’entreprises en cascade qui disparaissent après avoir empoché indûment des remboursements de TVA profitent des failles de suivi entre les opérateurs européens. Notre administration fiscale, quant à elle, ne dispose pas d’outil de détection en temps réel et les échanges intracommunautaires, insuffisamment documentés, sont souvent inexploitables. Pendant ce temps, les entreprises françaises respectueuses des règles subissent une concurrence déloyale, au détriment des caisses de l’État.”
“Je tiens à saluer la responsabilité des collègues des groupes DR et Horizons, et je demande un scrutin public. (Les membres des groupes RN et UDR se lèvent pour applaudir.)”
“Ce serait plus qu’inquiétant ! Pour résumer, ce que nous proposons, c’est que la France se respecte en se faisant respecter et en faisant respecter le droit international.”
“Je pose cette question devant la représentation nationale : avons-nous besoin, pour assurer notre sécurité, des informations venues d’Algérie, c’est-à-dire d’un pion de Moscou ? (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, EcoS et GDR.)”
“(Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR.) Quant aux informations prétendument indispensables fournies par les services algériens, si M. Nuñez a déclaré que nous en avions besoin, M. Retailleau avait affirmé que, pendant les Jeux olympiques, l’Algérie ne nous fournissait plus aucune information – il faudrait qu’ils se mettent d’accord !”
“…pour redresser la France, leur pays ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.) En second lieu, l’argument du retour aux accords d’Évian est un épouvantail juridique. Cette politique calamiteuse qui plombe la France depuis plus de quarante ans repose en grande partie sur un chantage à la compétence, qu’il faut dénoncer. Conformément aux articles 59 et 70 de la convention de Vienne de 1969, s’il est vrai que le traité de 1968 ne prévoit pas de sortie, alors il sera aboli et le droit commun reprendra sa fonction. En troisième lieu, je veux répondre aux critiques en irresponsabilité. L’irresponsabilité, alors que les taux d’intérêt et notre dette flambent, c’est de dilapider encore 2 milliards d’euros par an dans un système qui ne fonctionne pas.”
“…y compris algérienne, et qui aiment leur nouvelle patrie : qu’ils se joignent à nous…”
“Je profite de cette tribune pour lancer un appel à nos concitoyens descendants de l’immigration,…”
“Le parti d’une dictature qui opprime son peuple ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN, dont plusieurs membres se lèvent, et sur les bancs du groupe UDR. – Vives exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR.) Nous ne vous laisserons pas faire, nous ne nous laisserons pas intimider ! Lorsque vous nous traitez de xénophobes et de racistes, regardez dans les yeux deux tiers du corps électoral d’accord avec nous !”
“En effet, au XIX e siècle, les royalistes étaient du parti de l’étranger puisqu’ils soutenaient la Prusse ; dans les années 1930 et 1940, les fascistes et les collabos étaient pour l’Allemagne ; dans les années 1960, le parti communiste était pour l’Union soviétique ! Et aujourd’hui, vous êtes le parti de l’Algérie !”
“Anachronisme pour anachronisme, je citerai volontiers cette expression du général de Gaulle de « parti de l’étranger ». (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR.)”
“C’est vous, pas nous, qui fabriquez un matériel électoral adapté en fonction des origines des citoyens ! C’est lamentable ! (Nouvelles exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP.)”
“Est-ce cela, le racisme et la xénophobie ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Nous ne connaissons qu’une seule différence, celle qui existe entre les citoyens et les non-citoyens, c’est-à-dire entre les citoyens français et les étrangers. Les citoyens français, quelles que soient leurs origines, sont nos frères et nos égaux. Les étrangers doivent se soumettre à nos lois, les lois du Parlement français, les lois exprimées par la volonté du peuple ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR. – Vives exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR.) Nous sommes ici par la volonté du peuple !”
“Quel contresens ! C’est pourtant clair : nous voulons que les Sénégalais, les Maliens, les Marocains, les Australiens aient les mêmes droits et les mêmes devoirs que les Algériens en France.”
“D’abord, je répondrai au gouvernement que les Français en ont assez de ces paroles sans actes. Que de contresens ! Je répondrai aux collègues en trois points. En premier lieu, ceux qui font assaut d’anachronismes à gauche de cette assemblée nous traitent de xénophobes. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Oui, l’heure de la fermeté… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’orateur. – Les députés des groupes RN et UDR se lèvent et applaudissent ce dernier.)”
“Collègues Démocrates, suivrez-vous le souhait de votre président François Bayrou, qui admettait le 26 février dernier la nécessité de remettre en cause l’accord ? Collègues du groupe Horizons, allez-vous désavouer votre candidat à la présidentielle Édouard Philippe, qui appelait en mars dernier à revenir sur les accords de 1968 ? Collègues macronistes, vos votes contrediront-ils les propos tenus par Gabriel Attal le 10 janvier 2025 – « La France doit avoir le courage de […] mettre un terme à l’accord franco-algérien de 1968 […]. » « L’heure de la fermeté a sonné », ajoutait-il.”
“Collègues Républicains, voterez-vous pour cette résolution, en cohérence avec les positions du président Bruno Retailleau, qui a rappelé l’impérieuse nécessité de dénoncer l’accord il y a deux semaines encore ?”
“C’est vous ! C’est vous qui adaptez votre propagande selon l’origine de nos concitoyens ! La France doit se respecter, en se faisant respecter, et en faisant respecter le droit international. Pour finir, je m’adresse à ceux de mes collègues qui, tout en étant secrètement d’accord avec nous, hésitent à voter avec nous.”
“Cette dénonciation n’est pas une fin en soi ; cela envoie le signal que notre pays cesse de courber l’échine, rompt avec une mauvaise conscience malsaine et veut normaliser ses relations avec l’Algérie. À cet égard, assumer le bras de fer est indispensable pour rétablir l’équilibre : plus aucun visa tant que nos ressortissants Boualem Sansal et Christophe Gleizes ne seront pas libérés, ou plutôt un visa par OQTF exécutée – donnant-donnant, entre égaux. (M. Boris Vallaud s’exclame.) Je vous entends déjà dire populisme, démagogie, effet de tribune. Vous avez tort.”
“Soixante-trois ans après l’indépendance, il est temps d’en accepter les conséquences, en traitant notre ancienne colonie comme tous les autres pays – ni mieux, ni moins bien, sans dérogation. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“…qui souffre lui aussi du régime d’Alger, mais au contraire parce que les Algériens ne doivent plus être des étrangers à part ; ils doivent devenir des étrangers à part entière. Il ne doit y avoir en France qu’une seule catégorie d’étrangers hors Union européenne, égaux en droits et en devoirs. L’Algérie française, c’est fini ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN et sur quelques bancs du groupe UDR.)”
“…et nous devons le faire non par hostilité envers le peuple algérien,…”
“Au fond, l’Algérie a beaucoup plus à perdre que nous dans cette confrontation ; avec un PIB vingt fois inférieur au nôtre, elle ne peut tout simplement pas se passer des visas que nous accordons à ses élites, ni des flux financiers qui relient nos deux pays – se fâcher avec la France aurait un coût bien plus dirimant pour Alger que pour Paris. Il nous faut donc dénoncer cet accord,…”
“Ajoutons que, selon le principe pacta sunt servanda , la non-application par Alger de ses engagements nous donne le droit de renégocier l’accord. Si l’Algérie refuse un nouvel accord, alors c’est le droit commun qui s’appliquera. En dénonçant cet instrument désuet, nous appliquerons le droit commun de la République, celui qui encadre l’entrée, le séjour et l’établissement des ressortissants de pays tiers à l’Union européenne. Notre démarche est soutenue par 66 % de nos compatriotes. Les Français nous regardent, et ils attendent de nous cohérence et courage. D’ailleurs, n’exagérons pas la dose de courage requise : il s’agit simplement de sortir d’un mélange de torpeur et de mauvaise conscience.”
“En droit international, la dénonciation d’un traité bilatéral ne ressuscite pas automatiquement les traités antérieurs lorsque que ces derniers ont été remplacés ou complétés – comme ce fut le cas des accords d’Évian de 1962, remplacés par celui de 1968. C’est précisément ce que prévoit l’article 59 de la Convention de Vienne : lorsqu’un traité antérieur est réputé avoir été remplacé par un traité postérieur plus contraignant, le premier ne revient pas. En outre, l’accord de 1968 n’a absolument aucune raison d’être perpétuel – il n’avait pas vocation à l’être. L’immigration est un sujet qui peut évoluer dans le temps. Cet accord a été conclu six ans après l’indépendance de l’Algérie, à une époque de plein-emploi et de prospérité ; ce n’est évidemment plus le cas.”
“Notre collègue tente même de nous effrayer en brandissant le spectre d’un déferlement migratoire sur notre pays. En France, la population immigrée a augmenté en un an autant que durant les trois années précédentes, et elle affiche une hausse vingt-cinq fois supérieure à la moyenne des années 1990. M. Rodwell ne manque donc pas d’air : il agite la menace d’un déferlement qu’Emmanuel Macron orchestre depuis 2017 ! (M. Boris Vallaud s’exclame.) Mais surtout, cette menace infondée révèle que le macronisme est une baudruche, à la fois technique et intellectuelle. L’argument de la libre circulation automatique est un épouvantail juridique.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe RN et sur quelques bancs du groupe UDR.) Nous ne devons plus tergiverser ; il faut adopter cette proposition de résolution pour enjoindre au gouvernement de dénoncer l’accord franco-algérien de 1968. Pour vous en convaincre, permettez-moi de répondre à une critique formulée, sur les réseaux sociaux, par Charles Rodwell, l’auteur du rapport d’information que j’évoquais il y a un instant. Notre collègue prétend que, en prévoyant de n’appliquer que le droit commun des étrangers aux Algériens, nous allons rétablir la libre circulation entre la France et l’Algérie prévue par les accords de 1962. C’est le fameux chantage : si on dénonce l’accord de 1968, les dispositions des accords d’Évian de 1962 s’appliqueront.”
“La meurtrière de la petite Lola : elle est, elle aussi, placée, sous obligation de quitter le territoire français (OQTF), obligation non exécutée. Alors, que faire ? Continuer à verser 2 milliards d’euros par an d’aides et de prestations sociales aux Algériens, de manière dérogatoire, alors que leur pays refuse toute réciprocité ? Continuer à espérer la clémence d’un régime qui a injustement emprisonné nos ressortissants, Boualem Sansal et Christophe Gleizes ? C’est le chantage qu’Alger a exercé sur le Quai d’Orsay, lequel a supplié nos alliés de l’UDR de retirer le texte de leur niche le 26 juin dernier. Pour quel résultat ? Mon ami Boualem a été condamné encore plus durement !”
“Sur le plan sécuritaire, le déséquilibre induit par l’accord de 1968 est tout aussi manifeste. En dix ans, le nombre d’Algériens dans nos prisons est passé de moins de 2 000 à plus de 4 000, soit une hausse de 177 % ; autant de criminels et de délinquants qui devraient, une fois leur peine purgée, être renvoyés dans leur pays – c’est logique. Mais il n’en est rien. Pourquoi ? Parce qu’Alger refuse de délivrer les laissez-passer consulaires et de reprendre ses propres ressortissants. Le terroriste de l’attentat de Mulhouse : il a été visé par quatorze procédures d’expulsion, mais il y a eu quatorze refus de l’Algérie. Un Algérien condamné pour violences conjugales : il est protégé par l’accord, donc inexpulsable.”