Jean-Marc Germain
Member of the European Parliament · S&D · FR
“L’Ukraine a besoin de nous, mais l’Europe a aussi besoin de l’Ukraine: pour assurer la paix et la stabilité de notre continent, pour renforcer économiquement et militairement notre Union face aux nouvelles rivalités géopolitiques et pour poursuivre le projet européen, qui est avant tout un projet de reconstruction et de solidarité entre l…”
“Madame la Présidente, Monsieur le Premier ministre, au moment où il vous revient de présider les négociations sur le budget pluriannuel, nous voulons vous adresser un message clair: on ne construit pas la compétitivité en sacrifiant la solidarité ou en léguant une planète invivable à nos enfants.”
“Monsieur le Président, Madame la Commissaire, chers collègues, souvent l’Europe désespère tant elle est paralysée par des règles qui l’empêchent d’agir. Mais parfois elle prend des décisions à la hauteur de l’histoire: c’est ce qu’elle vient de faire en décidant d’ouvrir les négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne.”
“Je vois bien les tentations de tuer le principe consistant à «ne pas causer de préjudice important» à coups de dérogations, qui permettraient aux bénéficiaires de l’argent européen de s’asseoir sur les dégâts collatéraux qu’ils font subir à la nation.”
“Monsieur le Président, chers collègues, alors que Poutine bombarde les cathédrales de Kiev, on enterre l'avion de chasse franco-allemand. Alors que s'envole le prix de l'énergie, nos usines de batteries et de panneaux solaires ferment faute d'investissements européens. Et voilà que Trump bloque notre accès aux IA les plus puissantes.”
“Le prochain sommet européen doit mettre sur la table des négociations la seule discussion qui permettra de sortir de l'impasse, celle sur les nouvelles ressources propres pour financer ces investissements vitaux. Il y va de l'avenir de l'Europe comme continent libre et prospère. 3-0037-0000”
The complete record
Every one of 72 lines we hold for Jean-Marc Germain, in date order, each linked to its source. Free to read, in full, without an account. Page 1 of 2.
“L’Ukraine a besoin de nous, mais l’Europe a aussi besoin de l’Ukraine: pour assurer la paix et la stabilité de notre continent, pour renforcer économiquement et militairement notre Union face aux nouvelles rivalités géopolitiques et pour poursuivre le projet européen, qui est avant tout un projet de reconstruction et de solidarité entre les peuples. Malgré la guerre, l’Ukraine a fait preuve d’un engagement déterminé dans le processus vers l’adhésion. Bien sûr, nous devrons prendre très au sérieux les inquiétudes des Européens, et à cet égard le processus d’adhésion devra aussi prévoir toutes les protections et les transitions nécessaires. Mais de l’adhésion de l’Ukraine l’Europe n’a rien à craindre, elle a tout à espérer. 2-0426-0000”
“Monsieur le Président, Madame la Commissaire, chers collègues, souvent l’Europe désespère tant elle est paralysée par des règles qui l’empêchent d’agir. Mais parfois elle prend des décisions à la hauteur de l’histoire: c’est ce qu’elle vient de faire en décidant d’ouvrir les négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne. Par cette décision nous répondons à l’appel européen de toute une nation et de ses martyrs, tout autant que nous envoyons un message clair à Poutine: sa guerre d’agression est vouée à l’échec.”
“Je vois bien les tentations de tuer le principe consistant à «ne pas causer de préjudice important» à coups de dérogations, qui permettraient aux bénéficiaires de l’argent européen de s’asseoir sur les dégâts collatéraux qu’ils font subir à la nation. Mais j’ose espérer que, après l’épisode terrible de canicule que nous venons de vivre, votre présidence portera haut cette idée que, si l’union fait la force, l’unité se forge dans la justice sociale et dans la responsabilité environnementale. 2-0124-0000”
“Madame la Présidente, Monsieur le Premier ministre, au moment où il vous revient de présider les négociations sur le budget pluriannuel, nous voulons vous adresser un message clair: on ne construit pas la compétitivité en sacrifiant la solidarité ou en léguant une planète invivable à nos enfants. Car, comme le dit le proverbe irlandais: «C’est en nous abritant les uns les autres que nous vivons.» Aussi, tant que le Conseil ne renoncera pas à liquider le Fonds européen ou à rogner les Fonds de cohésion pour financer le Fonds de compétitivité, il n’y aura pas de consentement du Parlement européen. L’autre clash annoncé, c’est sur l’écologie.”
“Le prochain sommet européen doit mettre sur la table des négociations la seule discussion qui permettra de sortir de l'impasse, celle sur les nouvelles ressources propres pour financer ces investissements vitaux. Il y va de l'avenir de l'Europe comme continent libre et prospère. 3-0037-0000”
“Monsieur le Président, chers collègues, alors que Poutine bombarde les cathédrales de Kiev, on enterre l'avion de chasse franco-allemand. Alors que s'envole le prix de l'énergie, nos usines de batteries et de panneaux solaires ferment faute d'investissements européens. Et voilà que Trump bloque notre accès aux IA les plus puissantes. L'Europe est prise dans la tourmente de ses dépendances économiques. Le Parlement a proposé une réponse budgétaire à la hauteur en faisant de la défense du spatial, du digital, des clean tech de nouvelles priorités, sans sacrifier les politiques de solidarité. Et que font les États membres? Ils pinaillent. Chacun fait ses additions et tous proposent des soustractions. Mais quelle misère! Le Conseil européen doit cesser ses calculs de boutiquiers.”
“Mais il manque la base légale que, seule dans nos institutions, la Commission européenne a le pouvoir de rétablir. Alors, la balle est dans votre camp, Monsieur le Commissaire, et j'espère que l'Hantavirus, ainsi que l'épidémie naissante d'Ebola, feront – si je puis dire – l'effet d'une piqûre de rappel pour que vous déposiez sans délai ce texte attendu ici. Car, sachez-le, les Européens ne vous pardonneraient jamais de ne pas avoir tout fait pour empêcher une nouvelle pandémie. 4-0127-0000”
“Monsieur le Président, chers collègues, un foyer d'infection à bord d'un navire de croisière, des symptômes alarmants, des morts et la traque aux cas contacts. L'arrivée fulgurante du Hantavirus nous a donné à tous comme l'étrange impression de revivre le cauchemar du COVID. La pandémie avait mis en évidence l'impréparation de l'Europe, désorganisée et dépendante de la Chine pour ses masques, ses médicaments et ses vaccins. Alors les Européens ont dit: plus jamais. De là est né le programme EU4Health pour financer la réponse européenne aux menaces sanitaires. Mais voilà que la Commission, qui a la mémoire bien courte, a soumis un budget à long terme, supprimant purement et simplement ce programme. Bien heureusement, le Parlement a dit non – et a clairement dit non – et a rétabli les crédits.”
“Il nous faut de nouvelles ressources propres, c’est une évidence. Et puisqu’il y a blocage, notre Parlement, sous l’impulsion de Sandra Gómes, a ouvert de nouvelles pistes de contribution: sur les cryptomonnaies, sur les services numériques ou encore celle sur les jeux en ligne, chère à Victor Negrescu. Alors, je le dis aux Vingt-Sept qui ont la décision entre leurs mains: la question pour les ressources propres n’est pas «être ou ne pas être?», mais «être ou ne pas être à la hauteur?». 3-0518-0000”
“C’est une erreur tragique qu’il est urgent de réparer pour que l’Europe protège ses travailleurs, le climat et sa souveraineté. Je termine en disant aussi que, pour que l’Europe n’agisse plus au nom du seul libre-échange, mais aussi du juste échange. Dans l’attente, célébrons ce vote. 1-0077-0000”
“Ils permettront de garantir notre souveraineté dans un secteur stratégique, de protéger nos travailleurs et nos savoir-faire et de donner à notre industrie les moyens de devenir un leader de l’acier décarboné. Il faut désormais étendre ces sauvegardes à d’autres produits essentiels. Et, je vous le dis, elles ne seront pleinement efficaces que si elles sont accompagnées non pas, Madame Knafo, par la baisse des charges sociales qui sont des salaires différés, mais par un plan d’envergure de lutte contre la surproduction chinoise, par une loi de préférence européenne à la hauteur des enjeux et par un investissement massif dans la décarbonation. Sur ce point, le prochain budget à long terme de l’Union n’est pas au rendez-vous. La raison est simple: il exclut le recours à l’emprunt commun pour financer ces investissements vitaux.”
“Monsieur le Président, chers collègues, Monsieur le Commissaire, l’Europe assume enfin qu’un marché ouvert n’a de sens que si les règles du jeu sont équitables et respectées par tous. Voilà des années que le marché de l’acier est livré à une concurrence sans raison et sans règle. Une surcapacité endémique menace notre industrie, alimentée par des productions massivement subventionnées, en particulier chinoises. Pour y répondre, l’Europe va donc réduire de moitié les quotas d’importation d’acier à tarif réduit, et nous allons doubler les droits de douane hors quota de 25 à 50 %. Pour notre Union, ces choix marquent la fin de l’innocence en matière de libre-échange.”
“Enfin, comme le propose cette cette résolution du Parlement, nous devons aider l'Arménie, déjà fragilisée par la guerre du Haut-Karabagh, à lutter contre les ingérences étrangères dont elle est désormais victime, menaçant l'intégrité du scrutin à venir. Je salue à cet égard la nouvelle mission civile de l'Union européenne en Arménie. Elle fera un appui indispensable pour garantir à nos frères arméniens de vivre en sécurité, en paix et en démocratie. 2-0520-0000”
“Madame la Présidente, chers collègues, vendredi dernier marquait les 111 ans du génocide arménien. Je souhaite avant toute chose rendre hommage à la mémoire des 1 500 000 victimes. Cette mémoire nous oblige. Elle nous oblige à ne pas détourner le regard quand sont commis de nouveaux crimes contre l'humanité. Les événements de 2023, qui ont vu le déplacement de plus de 120 000 Arméniens, font écho à ces sombres pages de l'histoire. Aussi, j'en appelle, et nous sommes nombreux à le faire, à ce que le Conseil européen prenne sans délai des sanctions ciblées contre les responsables, qu'il exige la libération des 19 prisonniers encore détenus à Bakou et qu'il défende le droit au retour des déplacés.”
“C'est la raison pour laquelle nous annulons l'austérité qu'Ursula von der Leyen voulait infliger au Fonds social européen, aux politiques de cohésion ou encore à la PAC. Nous ne nions en rien les contraintes des budgets nationaux. Aussi, nous proposons que la hausse des crédits ne soit pas financée par les budgets des États membres, mais par de nouvelles ressources propres, comme une taxe sur les cryptomonnaies, sur les paris en ligne ou encore sur le numérique. Je finis, Monsieur le Président, en disant bravo à Carla et à Siegfried pour ce compromis remarquable, en disant que la balle est dans le camp des chefs d'État et de gouvernement, et en leur disant: l'Europe et les Européens vous regardent, l'histoire vous regarde, soyez à la hauteur. 2-0036-0000”
“Ces moyens supplémentaires se déploient dans cinq domaines dont je défie quiconque, Monsieur Bardella, de prétendre qu'ils ne sont pas vitaux: le logement, alors que les loyers ponctionnent désormais la moitié du budget des familles; les technologies vertes, sans lesquelles l'écologie laissera pour compte les plus modestes; le digital, à l'heure où les algorithmes prennent le contrôle de nos vies; le spatial, quand il faut compter sur Starlink pour les renseignements militaires à l'Ukraine; ou encore la défense, quand Trump lâche l'OTAN. Je le dis: ne pas agir dans ces domaines serait une faute politique et morale. J'ajoute qu'il est impensable de construire l'Europe de demain en sacrifiant son âme sociale.”
“Monsieur le Président, chers collègues, ce jour fera date dans la construction européenne. Notre Parlement s'apprête à enterrer le principe absurde d'un budget européen bloqué à 1 % du PNB. En inscrivant des crédits en hausse de 50 % et de nouveaux emprunts européens, nous créons une capacité d'action de 1,8 % du PNB, qui brise le plafond de verre limitant toute ambition.”
“Madame la Présidente, chers collègues, Vladimir Poutine n'a jamais accepté l'aspiration de liberté et d'Europe du peuple ukrainien. Il a répondu à Maïdan par les tanks et les bombes. Mais, pour paraphraser Victor Hugo, on ne résiste pas à l'invasion des idées par celle des armées. Alors que l'Ukraine se prépare à entrer dans sa cinquième année d'une agression russe impitoyable, l'esprit de Maïdan est plus que jamais vivant à Koupiansk, à Kherson, à Kharkiv et à Kiev. Je l'ai ressenti au plus profond de moi, au pied du Mémorial des 108 martyrs, devant les portraits de tous ces soldats, inférieurs en nombre mais supérieurs en bravoure, morts depuis 2022 au cours de quatre années de lutte héroïque. Alors, aujourd'hui, ces combattants pour la liberté, la leur comme la nôtre, ont besoin de nous.”
“Et au sein de ces fonds, nous garantissons des moyens spécifiques à hauteur de 20 milliards d'euros pour une garantie enfants, des moyens pour les sans-abri, pour les plus démunis et pour les aides sociales. Et parce que la sortie de l'exclusion commence par avoir un toit pour soi, nous demanderons la création d'un fonds spécifique pour le logement de 100 milliards d'euros. Un objectif clair, des moyens conséquents: voilà le chemin. 3-0444-0000”
“Madame la Présidente, Madame la Commissaire, chers collègues, en Europe, des dizaines de millions de nos concitoyens et leurs enfants ne peuvent pas chauffer correctement leur logement, doivent renoncer à des soins, sauter des repas et subissent l'isolement social. Cette réalité brutale est insupportable dans un continent aussi riche que le nôtre. Nelson Mandela disait: «la pauvreté n'est pas une fatalité. Elle est créée par l'homme et vaincue par l'action des hommes». C'est pourquoi je salue ce rapport proposant une stratégie pour éradiquer la pauvreté en Europe en 2035. C'est pourquoi aussi, avec mes collègues du groupe S&D, nous nous battrons avec la plus farouche énergie pour un fonds social européen autonome et en hausse de 30 % au sein du prochain cadre financier pluriannuel.”
“Fico et le SMER ont été exclus de mon groupe parce qu'ils s'attaquent à l'état de droit: dissolution du parquet anticorruption, peine réduite, délai de prescription raccourci et, à présent, ce projet de loi d'abolition du bureau des lanceurs d'alerte, en rupture ouverte avec le droit européen. Cette semaine, son propre procureur général, pourtant allié à son gouvernement, a qualifié la lutte anticorruption de, je le cite, catastrophique. Alors, ça suffit. La Commission doit agir pour que cela cesse. 3-0271-0000”
“Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, la situation des droits fondamentaux en Slovaquie est alarmante: binarité du sexe inscrite dans la Constitution, adoption réservée aux couples hétérosexuels, restrictions sur l'enseignement de l'identité de genre. Ces attaques contre des citoyens qui veulent simplement vivre et aimer librement sont iniques. Mais plus inquiétant encore, elles servent de couverture à l'affaiblissement méthodique de l'état de droit. Sous le faux prétexte d'une guerre culturelle de genre, le gouvernement a adopté une loi sur les agents étrangers qui fragilise les ONG et leur rôle de contrôle démocratique. Soyons clairs, parce que le contraire est parfois dit.”
“Je salue, Madame la Commissaire, la livraison de générateurs à l'Ukraine par le mécanisme de protection civile européenne. Mais nous pouvons et nous devons aller plus loin encore en produisant et en livrant autant de générateurs que nécessaire, et les moyens militaires aussi, pour intercepter tous les missiles. Et puis cette escalade rend plus que nécessaire le soutien budgétaire à l'Ukraine. Alors, demain, chers collègues, nous aurons une décision historique à prendre: financer par la solidarité européenne, sans attendre la possibilité d'utiliser les avoirs russes – je finis, Monsieur le Président – 90 milliards de soutien à l'Ukraine sans lesquels elle ne tiendra pas. Alors, demain, soyons à la hauteur de nos responsabilités. 2-0228-0000”
“Monsieur le Président, je fais chauffer de l'eau dans une tasse sur un poêle. Je remplis deux bouteilles, l'une que je place sous mes pieds et l'autre dans mes mains pour ne pas être gelé. Et tout ce que nous avons, nous le portons pour dormir. Des témoignages comme celui de Svitlana nous parviennent par centaines de milliers. Alors que l'année 2025 a été la plus meurtrière pour les civils ukrainiens, voilà que la Russie s'enfonce dans l'abomination par la destruction du système énergétique ukrainien, alors que l'hiver est l'un des plus froids jamais connus. Je le dis avec gravité: ces attaques sont des crimes de guerre. Les responsables devront répondre de leurs actes. D'ici là, nous devons aider les Ukrainiens à tenir.”
“– Senhor Deputado Jean-Marc Germain, o senhor veio anunciar-nos a ideia de que a paz dentro do espaço da União Europeia se alcança com o investimento de recursos do orçamento da União Europeia para nos armarmos para um confronto com a Rússia. E as perguntas que lhe faço são estas: como é que o senhor deputado entende que se alcança a paz com a ameaça de um confronto militar, sobretudo com a ameaça de um confronto militar com uma potência nuclear? Até onde é que um confronto nuclear nos pode garantir a paz? Que papel é que o senhor deputado acha que deve existir para o diálogo, para a diplomacia, para a solução política dos conflitos? E acha mesmo que o orçamento da União Europeia deve ter como prioridade os gastos em armamentos, com tantos problemas sociais que há para resolver pela Europa fora?”
“Mais nous devons la vérité aux Européens: les moyens financiers ainsi dégagés sont à mille lieues du minimum nécessaire pour faire face aux menaces. Vu l’ampleur du problème, il n’y a d’autre chemin que celui d’un nouvel emprunt européen de grande ampleur, un «NextGenerationEU 2.0» pour la défense européenne. Il n’y a pas d’autre chemin. Aussi, que le Conseil donne son feu vert – je finis, Madame la Présidente – dès jeudi aux 160 milliards d’euros de l’emprunt européen gagé sur les avoirs russes pour financer l’effort de guerre en Ukraine! Car l’Ukraine – ne l’oublions jamais – est désormais la première ligne de défense européenne. (L'orateur accepte une question carton bleu) 1-0116-0000 João Oliveira (The Left), Pergunta segundo o procedimento «cartão azul».”
“Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, chers collègues, drones violant notre espace aérien, sabotages et cyberattaques visant nos infrastructures critiques, désinformation dopée à l’intelligence artificielle pour déstabiliser nos démocraties: n’ayons aucune illusion. Ce n’est pas seulement l’Ukraine qui est attaquée: la Russie nous livre déjà, à nous les Européens, sa guerre hybride. Dans ce contexte, la défense européenne n’est plus une simple option, mais une impérieuse nécessité. Aussi, après le programme européen pour l’industrie de la défense (EDIP), les flexibilités introduites par ce règlement pour accroître les investissements dans la défense sont bienvenues, tout comme l’accès de l’Ukraine au Fonds européen de la défense.”
“L'Europe est entendue dans ce moment décisif aussi parce que, désormais, nous sommes les premiers financeurs de l'effort de guerre. Alors si le débat sur l'utilisation des avoirs russes gelés s'enlise, avançons les 140 milliards dont a besoin l'Ukraine pour tenir en 2026 et 2027 par le recours à l'emprunt européen. Il n'y a pas de meilleur placement, Madame von der Leyen, pour le contribuable européen que d'investir dans la paix. Pas de meilleur hommage à tous les Ukrainiens tombés au front pour nous. Poutine ira aussi loin que nous le laisserons aller. Et c'est maintenant, à Pokrovsk, que se joue notre avenir de peuples libres. 3-0066-0000”
“Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Madame la Ministre, l'Ukraine traverse un des moments les plus difficiles de son histoire: ce sont les mots du président Zelensky en réaction au plan de paix de Donald Trump. L'occupation de territoires non occupés, l'annexion de territoires non occupés, l'interdiction de rejoindre l'OTAN, le dégel des avoirs russes gelés, une armée réduite de moitié et des garanties de sécurité fragiles, voilà les mesures-clés de ce plan concocté par la Maison-Blanche et qui s'apparente surtout à un cahier de doléances russes. Alors, bravo à l'Europe et à ses États membres – peu importe qui est au centre de la photo – pour avoir pesé pour transformer une capitulation en 28 points en 19 points de compromis!”
“Vous avez aussi permis que le compromis se noue au sein des groupes pro-européens – un soulagement au lendemain de cette alliance scélérate entre la droite et l'extrême droite pour supprimer le devoir de vigilance des multinationales à l'égard de leurs sous-traitants. Ensemble, Verts, Renew, S&D et PPE, nous avons accompli sur ce budget ce que le Parlement sait faire de mieux: trouver un chemin entre les groupes pro-européens où chacun reste fidèle à ses principes, mais où, ensemble, nous défendons l'intérêt général européen. C'est une méthode qui vous honore, chers rapporteurs, qui nous honore. J'ose espérer que notre succès invitera d'autres à ne pas retomber dans les errements sur la CSRD ou sur la CS3D. Je termine en disant que l'alliance de la droite et des extrêmes droites n'est pas une fatalité, nous venons de le démontrer.”
“Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, chers collègues, ce budget, avec les contraintes qui sont les siennes, est un bon budget. Les États membres voulaient retrancher 1,3 milliard d'euros au budget 2026. Au contraire, nous avons obtenu des renforcements de 270 millions au total sur la recherche, l'énergie et le transport, l'éducation et la jeunesse, la culture et les valeurs, le social et la santé, la transition écologique et l'aide humanitaire. Je veux en remercier mon collègue Matjaž Nemec, mais aussi, tout autant, Andrzej Halicki. Cher Andrzej, merci d'avoir défendu les priorités du groupe S&D – le mien –, des Verts, de Renew, aussi fortement que celles de votre propre groupe. En agissant ainsi, vous avez fait honneur à la fonction de rapporteur qui est la vôtre.”
“L'emprise de destruction de Viktor Orbán ne s'arrête pas aux frontières du pays. Voilà qu'on apprend que des espions hongrois grimés en salariés ont infiltré la Commission européenne. Voilà que M. Orbán empêche l'usage des avoirs russes gelés pour soutenir l'Ukraine et qu'il bloque la poursuite de l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne, crachant sur les morts de Maïdan et les victimes de Poutine. Trop c'est trop. Si la Hongrie persiste dans son obstruction, la main de l'Europe ne doit pas trembler et, comme le permettent les traités, elle doit suspendre le droit de veto de M. Orbán au Conseil européen. 1-0100-0000”
“Monsieur le Président, chers collègues, Monsieur le Commissaire McGrath, alors que l'Ukraine se bat aujourd'hui pour défendre les valeurs fondamentales de l'Union européenne, la Hongrie de Viktor Orbán piétine ces mêmes valeurs. M. Orbán, c'est cette interdiction inique de la marche des fiertés, bravée par des centaines de milliers de manifestants. Ce sont des juges muselés, des médias asservis, les ONG pourchassées et la corruption généralisée. L'Europe s'honore d'avoir enclenché en 2022 des sanctions financières pour que cesse l'oppression du peuple hongrois par ses dirigeants. Et je me réjouis que jeudi dernier, en commission des budgets, mon rapport, qui demande lui aussi à la Commission européenne de porter de 55 % à 100 % le gel des fonds européens, ait été adopté.”
“Cinq cents missiles et drones tirés par l’aviation russe en pleine nuit, les minutes interminables à guetter le son des sirènes et à redouter celui de l’explosion… Et tout cela n’est rien comparé à l’horreur qui est celle du front, aux combats qui ont coûté tant de vies ukrainiennes à Pokrovsk, sur le point de tomber, comme ailleurs. Alors, soyons à la hauteur de leur sacrifice! Mobilisons les avoirs russes, sans lesquels Kiev risque la faillite, et ouvrons sans attendre les négociations d’adhésion. Et si la Hongrie continue de bloquer ces décisions vitales, alors suspendons son droit de vote au Conseil, comme le permet l’article 7 du traité sur l’Union européenne. 2-0065-0000”
“Madame la Présidente, chers collègues, je veux ici, dans ce Parlement, aujourd’hui, honorer la mémoire des 132 victimes des attentats meurtriers du 13 novembre 2015 à Paris. Alors que les bougies commémoratives sont de retour dans les rues de la capitale française, dix ans après la tragédie, des dizaines de milliers de bougies ornent la place Maïdan, à Kiev, en hommage aux victimes de la guerre de Poutine contre l’Ukraine. L’horreur de la guerre… J’étais en Ukraine avec trois autres députés de mon groupe la nuit des bombardements sans précédent de la semaine dernière.”
“Nous avons adopté des lois, nous exigeons maintenant que la Commission les fasse respecter immédiatement, fortement et complètement. S’il faut interdire la plateforme, Madame la Commissaire, interdisez-la. Faites fermer le magasin au BHV de Paris. L’impunité de ces plateformes doit cesser. Si Shein ne respecte pas les règles du marché européen, alors Shein n’a rien à faire sur le marché européen. Stop à Shein. Il est temps que l’Europe montre qu’elle n’est pas un marché sans foi ni loi. 1-0313-0000”
“Madame la Présidente, Madame la Commissaire, chers collègues: contrefaçons, exploitation humaine, désastre écologique, contournement fiscal, armes de catégorie A et maintenant produits pédopornographiques: la liste des horreurs est sans fin. Shein, c’est le monstre né du croisement du capitalisme mondialisé et du commerce en ligne débridé. Cette affaire de poupées pédopornographiques n’est pas un simple accident, c’est la marque d’un système. Un système qui piétine nos valeurs, les travailleurs et notre planète. L’Europe dispose des outils pour y faire face: le règlement sur les services numériques, la directive relative à la lutte contre les abus sexuels et l’exploitation sexuelle des enfants, ainsi que le devoir de vigilance. Ces outils ne demandent qu’à être appliqués.”
“Car ce serait transformer la Commission en une machine d’ingérence dans les intérêts nationaux souverains. Ce serait alimenter la colère des Européens contre l’Europe. Le débat n’est pas entre ceux qui regardent le passé ou l’avenir, il est de bâtir ensemble notre avenir sans scier la branche sur laquelle l’Europe s'est construite. 1-0163-0000”
“Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, enfin! Enfin, le Parlement commence à être écouté. C’est le sens que nous donnons à la tenue – inédite, il faut le reconnaître – de la réunion au sommet de lundi. Écouté, mais pas vraiment entendu, car vos maigres concessions de dimanche ne règlent pas le fond du problème. Le contrat social européen, c’est «la compétitivité qui stimule, la coopération qui renforce et la solidarité qui unit», comme le résumait si bien Jacques Delors. C’est la raison pour laquelle nous n’acceptons pas que la compétitivité se bâtisse sur la baisse des moyens du Fonds social européen, du Fonds de développement régional et de la PAC. C’est pourquoi aussi nous refuserons jusqu’au bout que plane sur ces politiques le couperet de leur suspension au nom du mécanisme «pas de réformes, pas d’argent» que vous avez prévu.”
“C'est la raison pour laquelle nous ne pouvons pas repartir, Monsieur le Commissaire, avec un nouveau CFP qui serait soumis au même carcan que le précédent. Briser le plafond de verre, nous avons su le faire: ce fut NextGeneration EU, ce grand emprunt commun pour traverser sans effondrement la pandémie de COVID. Nous devons le refaire. L'heure n'est plus à gérer la pénurie avec cette proposition de CFP de la Commission, que nous rejetons, d'un budget limité une nouvelle fois à 1 % du PNB ou à peine plus. Non, l'heure est à nous donner les moyens – et je termine, Monsieur le Président –, par de nouvelles ressources propres et par l'emprunt commun, de nous faire les architectes d'un monde plus juste, plus sûr et plus durable. 2-0584-0000”
“Mais soyons lucides, nous faisons ce que nous pouvons, mais nous ne faisons pas ce que nous devrions faire, car nous nous heurtons au plafond de verre du 1 % du PNB qui s'impose à nous comme un plafond de dépenses annuelles. À cause de ce plafond, pas plus tard que la semaine dernière, nous avons dû nous résoudre, en trilogue, à doter le Fonds européen pour les industries de défense d'un montant dérisoire de 1,5 milliard d'euros. Ce n'est pas avec cela que l'on va convaincre Poutine de renoncer à son entreprise meurtrière. Les années qui viennent seront celles d'un besoin d'investissements immense pour la transition énergétique, pour la souveraineté économique et pour la défense européenne.”
“Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, chers collègues, je voudrais d'abord féliciter les rapporteurs de ce projet de budget 2026, Andrzej Halicki pour le PPE, Matjaž Nemec pour le groupe S&D, ainsi que tous les rapporteurs fictifs qui sont là et qui ont œuvré à ce texte. Quel contraste avec le long cortège des reculs sur le pacte vert qui émaillent encore la semaine! Qu'il s'agisse de la lutte contre la déforestation, de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises ou encore du devoir de vigilance, l'Europe se dissout dans la compromission et elle se renforce dans le compromis. C'est grâce à ce dialogue entre les Verts, Renew, S&D et le PPE, n'en déplaise à l'extrême droite, que nous avons pu aboutir à un projet de budget pour 2026 gagnant-gagnant. C'est un bon équilibre qu'il faut préserver.”
“20 milliards d'euros sur les 2 000 milliards d'euros du prochain CFP: c'est ce qu'il faudrait pour que notre continent garantisse à tous les enfants l'accès effectif à la petite enfance, des repas sains à l'école, des activités scolaires, des soins gratuits et un logement décent. La grandeur d'une société se mesure à la manière dont elle prend soin des plus fragiles. Alors, chers collègues, il est temps, il est grand temps que les institutions européennes fassent de la promesse de 2019 de l'instauration d'une «child guarantee», d'une garantie enfants, une réalité continentale. 1-0180-0000”
“Monsieur le Président, chers collègues, les Journées internationales pour l'élimination de la pauvreté comme celle de vendredi dernier se succèdent, et pourtant cette réalité demeure. Notre continent si riche laisse encore 80 millions de ses concitoyens vivre dans la pauvreté. Alors, au moment où s'ouvre le débat sur les budgets à l'horizon 2034, ne pourrait-on pas au moins s'accorder pour garantir aux 20 millions d'enfants pauvres de notre continent les conditions d'une vie décente? Comment se peut-il qu'en ce XXIᵉ siècle, en Europe, des enfants rentrent encore de l'école le ventre vide? Qu'ils se retrouvent privés d'activités scolaires faute de moyens? Qu'ils se blottissent dans des cuisines glaciales où manquent cahiers, stylos, livres et manuels?”
“Avec mon groupe, nous nous battrons pour imposer aux bénéficiaires des programmes européens, en commençant par les États membres, le strict respect d'une stricte égalité entre les femmes et les hommes. Pas d'égalité, pas d'argent: telle sera la loi d'airain de la nouvelle génération de fonds européens. Notre Europe s'honore d'avoir pour socle de valeurs la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, qui garantit l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est grand temps de faire de ce droit une réalité fondamentale pour les Européennes. 4-0032-0000”
“Monsieur le Président, Madame la Commissaire, chers collègues, comment ne pas être révolté qu'une Européenne sur deux soit victime de harcèlement sexuel et qu'une sur trois soit victime de violences physiques et sexuelles? Combien de Gisèle Pelicot faudra-t-il pour tourner le dos à cette infamie? Comment tolérer qu'aux plus basses rémunérations s'ajoute un accès plus difficile aux postes les mieux rémunérés pour les femmes européennes? Comment accepter que, dans les parlements nationaux en Europe, il y ait deux fois plus d'hommes que de femmes, et même six fois plus en Hongrie? Qu'une moitié de l'humanité ne naisse toujours pas égale en droit avec l'autre moitié est la plus grande injustice de l'humanité. Dans quelques semaines, nous allons commencer notre travail sur le cadre financier pluriannuel.”
“Il est grand temps de changer de braquet. Avec mes collègues rapporteurs, nous avons ouvert toutes les pistes, comme puiser dans les 150 milliards de l'instrument SAFE ou dans les moyens de la facilité pour la reprise et la résilience. Saisissez-les. Organisez sans délai un tour de table financier et revenez devant nous avec une ambition collective digne de ce nom. 3-0120-0000”
“Madame la Présidente, Madame la Ministre, Monsieur le Commissaire, Belgique, Pologne, Danemark, Roumanie: les incursions de drones dans l’espace aérien de l’Union européenne se multiplient. Elles montrent à ceux qui en doutaient que la menace russe ne s’arrête pas à l’Ukraine. L’Europe, toute l’Europe est menacée. L’Europe doit répondre, et l’échec, hier, du troisième trilogue sur le programme des industries de défense européenne est pathétique. À la vérité, la responsabilité n’incombe pas à la Commission. Les responsables, ce sont les États membres, qui refusent de mettre les moyens financiers sur la table. Nous sommes attaqués. Et quelle est la réponse proposée? 1,5 milliard d’euros. Autant dire rien ou presque rien. Nos ennemis se frottent les mains en constatant que l’Europe de la défense n’est qu’un tigre de papier.”
“Monsieur le Président, chers collègues, Monsieur le Commissaire, il est toujours utile de discuter, mais maintenant, le temps des décisions est venu. Le silence de la Commission n’a que trop duré. Que veut Trump? Il le dit lui-même: en premier lieu, de l’argent. Avec les 10 % déjà applicables, le revenu des droits de douane aux États-Unis est passé de 5 milliards par mois à 25 milliards par mois. Et cet argent, il n’est pas prêt à y renoncer. Le deuxième objectif de Trump est clair: obliger nos entreprises qui vendent aux États-Unis à s’installer aux États-Unis. Et là est le plus grand risque pour l’Europe: non seulement de perdre des emplois à l’export, mais en plus de voir les produits de ses entreprises destinés au marché européen désormais fabriqués aux États-Unis puis réimportés en Europe.”
“Madame la Présidente, chers collègues, le moment est important. Avec ce budget pluriannuel, il s’agit au fond de dire quelle Europe nous voulons construire dans les dix années à venir. Nous attendions un projet visionnaire, marquant des avancées décisives sur l’Europe de la défense, dessinant avec justice une société respectueuse de la planète et assurant la souveraineté numérique. Et que s’apprête-t-on à nous livrer? Un budget aussi vide de sens que de moyens, abandonnant des pans essentiels de l’Europe que nous aimons. Soyons clairs: nous n’accepterons jamais la suppression du Fonds social européen. Je vous le dis: si l’Europe d’Ursula von der Leyen doit être celle qui défait l’Europe de Jacques Delors, alors ce sera sans nous.”