Ludovic Mendes
EPR · France
“Le ministre de la justice, qui était alors ministre de l’intérieur, peut témoigner que ces dispositions ont été inscrites dans le texte de la loi à la suite d’un débat que nous avons eu dans l’hémicycle.”
“Je m’en souviens, pour avoir alors présenté moi-même un amendement prévoyant cette disposition. Ainsi toute personne, dès le dépôt de plainte, peut dorénavant être accompagnée d’un avocat. Les avocats présents dans l’hémicycle pourront témoigner qu’auparavant, l’avocat ne pouvait intervenir qu’après l’ouverture de la procédure.”
“Au-delà de sa portée juridique, le texte répond à une exigence morale, historique et républicaine, qui nous place face à nos contradictions les plus profondes. Le Code noir n’est pas un simple vestige administratif, une relique poussiéreuse dans les archives coloniales.”
“La mémoire apaisée ne se décrète pas, elle se construit avec des actes forts, comme l’abrogation du Code noir ; avec des politiques publiques ambitieuses dans l’éducation, le logement, l’emploi et la culture ; avec une volonté politique sans faille de déconstruire les préjugés et de garantir à chacun, quelles que soient ses origines, la p…”
“Elle a failli en 1946, en départementalisant les colonies tout en niant leurs spécificités culturelles et historiques. Cette abrogation est un devoir de cohérence. Comment prétendre incarner les valeurs universelles de liberté et d’égalité quand on laisse subsister, ne serait-ce que symboliquement, les textes qui les ont piétinées ?”
“Il nous faut regarder notre histoire en face, comprendre que le droit colonial a façonné nos institutions, mesurer comment ces héritages pèsent encore sur nos lois, nos mentalités, nos inégalités. Car on ne construit pas l’avenir sur des mensonges. Nos devoirs sont les suivants : la vérité, la justice et l’action.”
The complete record
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“Criminaliser le séjour irrégulier revient à criminaliser la précarité et l’exil. Vous voulez gouverner, mais vous vous complaisez dans le simplisme, le symbole, sans aucun résultat concret. Pourquoi dis-je cela ? Parce que, en soixante ans d’application, cette disposition a montré son inefficacité. Elle ne fonctionne pas et n’a aucun effet dissuasif. Le RN vend une illusion pénale, sans proposer la moindre solution républicaine : rien contre les passeurs, rien contre la traite des êtres humains, rien contre l’exploitation des étrangers.”
“Comme ceux de mes collègues, il tend à supprimer l’article unique, dont les dispositions sont contraires aux principes européens fondamentaux et aux conventions internationales, inapplicables en pratique et de nature à faire perdre beaucoup de temps à nos forces de l’ordre et à nos juges. Vous qui passez le vôtre à expliquer qu’ils ont besoin de plus de moyens pour effectuer leur travail, vous allez leur imposer une tâche administrative supplémentaire. Les préfectures aussi auraient besoin d’aide. Certaines ont jusqu’à neuf mois de retard pour répondre aux demandes de renouvellement de titre de séjour, ce qui crée malheureusement des sans-papiers. Vous confondez en outre fermeté et efficacité. Adopter cet article, ce serait tout simplement gaspiller de l’argent public.”
“Je suis élu de la deuxième circonscription de la Moselle, qui compte un CRA où l’on enferme des personnes sorties directement de prison, et je vous assure que nous avons vraiment besoin de ce texte, un texte adapté, juste, équilibré depuis que, tous ensemble, en commission des lois, nous avons réécrit l’article 1 er . Cette motion de rejet n’a aucun intérêt particulier. Le débat a été clair, sincère, direct et honnête. Je vous propose plutôt de prendre vos responsabilités et de voter ce texte dont nous avons besoin. Notre groupe s’opposera à la motion. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)”
“C’est ce qui est demandé par l’ensemble de la population française, à gauche, à droite ou à l’extrême droite. La réalité, c’est que notre responsabilité est de trouver des solutions pour que des personnes dangereuses ne soient pas remises en liberté mais qu’elles repartent dans leur pays d’origine. Pour cela, il faut des laissez-passer consulaires. On sait très bien que certains pays les délivrent difficilement – c’est pour eux un moyen de pression. Ce texte n’est pas la panacée, mais c’est une solution complémentaire qui permet de répondre à un problème de société.”
“Le groupe Ensemble pour la République, nous l’avons expliqué en commission des lois, ne considère pas que ce texte réglera tous les problèmes ; mais il apportera des solutions complémentaires dont nous avons besoin. Nous parlons de personnes qui ont été condamnées définitivement : l’État de droit a donc été respecté, puisqu’il y a eu une condamnation en première instance, éventuellement un appel, voire une cassation. Ces personnes ont en outre été condamnées pour des faits graves, punis de plus de cinq ans d’emprisonnement, potentiellement pour traite d’êtres humains ; ou alors elles présentent un risque de terrorisme ou de trouble à l’ordre public grave et dangereux. Elles n’ont rien à faire sur notre sol, et doivent être raccompagnées dans leur pays d’origine.”
“Je vous remercie, chers collègues, pour votre vote à l’unanimité, pour ces salariés, pour ces femmes et ces hommes qui se lèvent chaque matin avec fierté (Applaudissements sur les bancs du groupe LIOT. – Mme Dieynaba Diop applaudit également) , pour nous permettre d’avoir de l’énergie, et qui malheureusement ont le sentiment d’avoir été maltraités. Nous avons démontré que la représentation nationale dans son ensemble entendait les sauver et préparer l’avenir avec eux – les cartes sont désormais entre leurs mains.”
“Il s’agit en effet d’un engagement important, se déroulant sur une durée de dix à quinze ans, représentant un investissement de 100 millions d’euros et impliquant une transition globale du site industriel au-delà de la seule tranche 6. Je vous garantis, et M. le ministre le confirmera sans doute, que nous serons vigilants s’agissant du bon déroulement de la transition sur le site ainsi que de sa bonne application dans le temps. Le président du département est présent ce soir. Il peut compter sur notre soutien indéfectible et faire savoir à l’ensemble des citoyens de ce territoire que jamais nous ne les lâcherons. Nous accompagnerons cette transition. Je remercie enfin tous mes collègues ici présents et loue leur sens des responsabilités qui va permettre que ce texte soit voté conforme.”
“…dans cette centrale à charbon – pardon – et ont apporté, malgré les difficultés, des réponses aux besoins de l’État. Oui, j’ai confondu centrale à charbon et centrale nucléaire car c’est l’enfant d’un homme de 60 ans, ouvrier dans le nucléaire, qui s’adresse à vous ; un père qui n’a jamais ménagé sa peine pour nous nourrir et que je n’ai pas souvent vu pendant des années car il faisait le tour des centrales : je comprends donc le sacrifice que représente le fait de travailler dans le secteur de l’énergie. Nous avons aujourd’hui un consensus politique qui va bien au-delà du territoire de la Moselle. Je remercie nos collègues écologistes qui, malgré les doutes, vont s’abstenir et permettre une adoption conforme de cette proposition de loi.”
“Je serai bref car nous souhaitons adopter ce texte avant minuit. Les salariés qui nous regardent depuis les tribunes ont besoin de repartir avec fierté, car ils ont mené ce combat pendant des années dans cette centrale nucléaire…”
“Je tiens aussi à rappeler que ce texte, certes indispensable pour sécuriser juridiquement le projet de conversion, n’est qu’une première étape. L’exploitant doit maintenant tout mettre en œuvre pour garantir la réussite du projet, en s’assurant d’être retenu au titre du mécanisme de capacité et en déclenchant, rapidement, les investissements complémentaires nécessaires. Je remercie l’ensemble des acteurs et je tiens de nouveau à saluer la détermination sans faille des salariés du site, dont une partie est présente dans les tribunes du public. Rappelons également que ce sont environ 500 emplois directs ou indirects qui dépendent de cette centrale. Je compte sur vous tous. (Mme Ségolène Amiot, M. Stéphane Vojetta, Mme Nathalie Colin-Oesterlé et M. Raphaël Schellenberger applaudissent.)”
“Les différents acteurs du dossier, dans le territoire concerné, vont enfin pouvoir envisager sereinement leur avenir.”
“Je tiens aussi à saluer la mobilisation des députés, notamment ceux qui ont déposé à l’Assemblée une proposition de loi identique à celle des sénateurs, mais aussi ceux qui ont permis que le texte issu du Sénat soit adopté sans modification la semaine dernière en commission des affaires économiques. Cela nous permet de nous orienter vers un vote conforme et une promulgation dans les meilleurs délais.”
“À l’automne dernier, le groupe a annoncé le projet de fermeture de la centrale à l’horizon 2027 et l’abandon du projet de conversion de celle-ci à la biomasse, baptisé Ecocombust. Un projet d’implantation d’une usine Framatome de fabrication de tuyaux pour les réacteurs nucléaires de type EPR 2 est à l’étude. Si j’ai souhaité maintenir cet article, qui répond à une attente forte des élus de ce territoire et des salariés de la centrale de Cordemais, je rappelle qu’il n’oblige en rien EDF à convertir sa centrale. Chers collègues, j’ai salué le travail des sénateurs à l’initiative de cette proposition de loi.”
“Il a aussi été précisé que l’autorisation d’exploiter ne vaut pas autorisation environnementale : que chacun soit donc rassuré quant à la rigueur de l’évaluation des conséquences environnementales du projet. Le Sénat a introduit un article 3 alignant la date d’entrée en vigueur des deux premiers articles avec la notification de notre nouveau mécanisme de capacité à la Commission européenne, au titre des aides d’État. C’est un ajout bienvenu pour garantir la parfaite conformité du mécanisme au droit de l’Union. Enfin, le Sénat, à l’initiative d’élus de Loire-Atlantique, a ajouté un article 4 qui concerne spécifiquement l’avenir de la centrale à charbon de Cordemais. Cet article oblige EDF à présenter un plan de conversion de la centrale visant à adopter un procédé de production d’électricité moins polluant.”
“Par ailleurs, le Sénat a précisé que ces deux premiers articles ne s’appliqueront qu’aux centrales fonctionnant initialement au charbon : cela évite tout effet d’aubaine pour la conversion des turbines à combustion fonctionnant au fioul, qui auraient pu être éligibles au dispositif. Tout comme le Sénat, je souhaite que les dispositions du texte restent centrées sur les centrales à charbon, lesquelles sont à la fois les plus polluantes et celles qui ont véritablement besoin de cette loi pour garantir le succès de leur conversion. Les articles 1 er et 2, outre le charbon, mentionnent la tourbe et le schiste bitumineux : il s’agit d’une simple précaution de rédaction pour garantir la neutralité technologique du dispositif, étant entendu qu’il n’existe pas en France de centrale fonctionnant à la tourbe ou au schiste bitumineux.”
“Les sénateurs – en particulier le sénateur Khalifé, présent dans les tribunes du public –, que je remercie d’avoir pris l’initiative de déposer ce texte et pour les travaux qu’ils ont menés en collaboration avec le gouvernement, ont renforcé la robustesse juridique de ces deux articles et en ont mieux circonscrit le champ d’application. Je tiens à préciser que cette proposition de loi est issue d’un consensus politique fort : tous les sénateurs mosellans, ainsi que tous les députés du socle gouvernemental, se sont unis pour faire émerger ce projet. Ainsi, avec pour seul objectif d’agir pour l’intérêt général, nous parvenons à mener de grands combats. Le texte ne s’appliquera qu’aux centrales existant au 1 er janvier 2025, ce qui exclut les nouvelles centrales du dispositif.”
“Il faut l’indiquer dans la loi car, à ce jour, le décret fixant la programmation pluriannuelle de l’énergie interdit normalement de délivrer une autorisation d’exploiter à une centrale électrique fonctionnant à partir d’énergies fossiles. Nous sécurisons donc la conversion de la centrale, mais de manière strictement encadrée : nous autorisons la mise en service non pas d’une toute nouvelle centrale à gaz qui tournerait à plein régime toute l’année, mais d’une centrale à charbon convertie à un mélange de gaz et de biogaz et qui a vocation à ne tourner que quelques centaines d’heures par an.”
“Or une rémunération pluriannuelle donne davantage de visibilité et de sécurité à l’opérateur. Cet article précise également que la date de début de la production commerciale à prendre en compte est bien celle du fonctionnement de la centrale au gaz et non celle applicable à la centrale à charbon avant d’être convertie. C’est indispensable car les centrales qui émettent plus de 550 grammes de dioxyde de carbone par kilowattheure, ce qui est le cas des centrales à charbon mais pas celui des centrales à gaz, ne sont pas éligibles au mécanisme de capacité. L’article 2 prévoit que la sélection d’une centrale convertie dans le cadre du mécanisme de capacité emporte l’attribution de l’autorisation d’exploiter.”
“En somme, la conversion de la centrale du charbon au gaz permet d’optimiser la durée de vie de l’équipement, est techniquement simple à réaliser et son financement se fait sans coût pour l’État, tout en garantissant l’emploi. Une fois ces choses dites, pourquoi a-t-on besoin d’une loi pour permettre la conversion de cette centrale ? C’est nécessaire pour que la centrale convertie soit éligible au mécanisme de capacité, d’une part, et qu’elle puisse bénéficier d’une autorisation d’exploiter, d’autre part. C’est l’objet des deux premiers articles de la proposition de loi. L’article 1 er garantit que la centrale convertie au gaz sera considérée comme une nouvelle installation de production. Elle pourra dès lors bénéficier, si elle est retenue au sein du mécanisme de capacité, d’un financement pluriannuel réservé aux nouvelles installations.”
“À la centrale Émile-Huchet de Saint-Avold, j’ai eu l’occasion de le dire en commission, certains salariés sont des enfants ou des petits-enfants de mineurs. Ils vont donc continuer à exercer leur métier, tout en participant à la transition écologique du pays. Cette centrale est un des derniers liens avec l’histoire industrielle de la Moselle, où l’exploitation du charbon et la maîtrise de la sidérurgie ont été une fierté locale, permettant à un département entier de vivre et de rayonner partout en Europe. Nous avons donc un devoir moral de sauver un des derniers symboles de l’industrie mosellane d’antan en lui offrant les mécanismes pour s’adapter au monde d’aujourd’hui.”
“L’exploitant compte d’ailleurs sur son intégration au mécanisme de capacité pour garantir la viabilité économique du projet. Ce mécanisme de capacité, que nous venons de réformer dans la loi de finances pour 2025, consiste pour le gestionnaire RTE à rémunérer des moyens de production, de stockage ou d’effacement d’électricité, indispensables à la sécurité de notre approvisionnement, mais dont la viabilité économique n’est pas assurée par le biais des mécanismes classiques de marché. Enfin, ce projet de conversion a le mérite de préserver l’emploi et l’outil de production des salariés – ils y sont très attachés. Il faut prendre la mesure de ce que représente la fin du charbon dans les bassins houillers concernés.”
“Du point de vue environnemental, tout d’abord, elle permet de réduire significativement les émissions de dioxyde de carbone et des autres gaz à effets de serre de la centrale. Une étude commandée par GazelEnergie souligne qu’un mix composé de 40 % de gaz naturel et de 60 % de biogaz permettrait de réduire les émissions des gaz à effet de serre, calculés en équivalent CO 2 , d’environ 70 %. Ensuite, ce projet de conversion permet de contribuer à la sécurité de notre approvisionnement. La centrale convertie au gaz sera un outil de production d’électricité contribuant à la flexibilité du réseau. Elle sera amenée à soutenir l’offre de production lorsque le réseau sera confronté à des épisodes de tension, en particulier lors des épisodes de pointe de la demande.”
“S’inviter à un barbecue avec les salariés juste avant les élections européennes ne peut pas combler une réelle inaction. Tenter de récupérer politiquement un problème aussi sérieux n’est vraiment pas digne. Le plan national intégré en matière d’énergie et de climat (Pniec) et la future programmation pluriannuelle de l’énergie prévoient finalement la fermeture des centrales à charbon d’ici à 2027. Au milieu de ces incertitudes et de ce calendrier contrarié, la centrale de Saint-Avold a donc dû, tant bien que mal, trouver une issue au site. Plusieurs projets ont été étudiés et une solution consensuelle a fini par émerger l’an dernier : celle d’une conversion de la centrale à charbon à un fonctionnement au gaz et au biogaz. Cette conversion présente plusieurs mérites.”
“Ils ont répondu présents à cet appel, alors même qu’ils ne savaient toujours pas ce qu’il adviendrait du site de production par la suite. Ce sens du devoir est tout à leur honneur, et je tiens à les remercier personnellement. (Applaudissements sur de nombreux bancs.) Depuis presque deux ans, je me bats en coulisse pour que cette centrale ait un avenir, mais je regrette encore que certains, sur ces bancs, à ma droite extrême, pratiquent la récupération en s’érigeant en grands défenseurs de la cause. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)”
“Surtout, en 2022, la fermeture des deux dernières centrales à charbon s’est heurtée à l’irruption de la guerre russe en Ukraine, doublée d’une indisponibilité importante de notre parc nucléaire en raison des problèmes de corrosion sous contrainte. Il a donc fallu voter, dans la loi portant mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat, la possibilité de maintenir en activité les centrales de Saint-Avold et de Cordemaisau-delà de 2022 afin de garantir la sécurité d’approvisionnement du pays en électricité. Alors même que la centrale Émile-Huchet de Saint-Avold s’apprêtait à fermer et avait déjà mis en place un plan de sauvegarde de l’emploi, les salariés ont été réembauchés pour relancer la production.”
“…et de Cordemais, exploitées par EDF, et celles de Gardanne et de Saint-Avold, exploitées par GazelEnergie – vont fermer. En 2019, la loi dite énergie-climat traduit cet engagement en termes juridiques et oblige les centrales à fermer au plus tard le 1 er janvier 2022. Cette loi prévoit aussi des dispositions permettant d’accompagner spécifiquement les salariés et les sous-traitants concernés par ces fermetures. En 2021, les centrales du Havre et de Gardanne ont cessé leur production d’électricité à partir de charbon. Dès lors, Réseau de transport d’électricité (RTE) a estimé que la centrale de Cordemais, située en Loire-Atlantique, devait maintenir son activité pour assurer la sécurité d’approvisionnement électrique de la région Grand Ouest tant que l’EPR de Flamanville n’était pas mis en service.”
“Pour lutter contre le réchauffement climatique, la fin de la production d’électricité à partir du charbon relève de la nécessité et de l’urgence, cela ne fait aucun doute. Mais cela n’a pas été simple ! En 2017, le président de la République annonce que les quatre dernières centrales à charbon du pays – celles du Havre…”
“Grâce à cette proposition de loi, nous allons pouvoir donner un avenir à des salariés qui attendent ce moment depuis longtemps. Ce texte permettra en effet de sécuriser la conversion de la centrale à charbon de Saint-Avold, située dans mon beau département de la Moselle, vers un fonctionnement au gaz naturel et au biogaz. Nous maintenons donc en activité l’outil de travail de ces salariés, en parvenant à concilier transition écologique et justice sociale. Je salue l’ensemble des acteurs mobilisés autour de cette conversion, en particulier les salariés, l’exploitant GazelEnergie et les élus locaux – le président du conseil départemental assiste à la séance depuis les tribunes du public. Ils se sont battus pour voir ce projet prendre corps, alors même qu’ils ont été plongés dans l’incertitude de nombreuses années quant au devenir du site.”
“Ce travail montre que des initiatives concrètes ont été prises pour aborder la question de l’islamophobie, tout en reconnaissant la nécessité de poursuivre et d’intensifier ces efforts pour garantir une société plus inclusive et respectueuse de la diversité religieuse. Je souhaite donc que ce débat nous permette d’échanger sur ce sujet trop souvent minoré ou passé sous silence (M. Jean-Philippe Tanguy s’exclame) , en attendant de futurs travaux que j’appelle de mes vœux.”
“De plus, il a été suggéré de renforcer les dispositifs de sécurisation des lieux de culte et d’encourager un dialogue interreligieux pour favoriser une meilleure compréhension mutuelle.”
“En 2022, ma collègue Isabelle Florennes et moi avons publié un rapport détaillé sur les actes antireligieux en France, mettant en lumière les défis spécifiques liés à l’islamophobie. Ce rapport commandé par le premier ministre de l’époque, Jean Castex, a souligné la nécessité de renforcer les politiques publiques pour lutter contre les discriminations et contre les actes de haine ciblant les musulmans. Bien que des efforts aient déjà été déployés, il reste encore beaucoup à faire pour améliorer la prévention, la protection des personnes et la répression de ces actes. Entre autres recommandations clés, le rapport a proposé de mieux former les agents publics et les forces de l’ordre pour identifier et traiter les actes islamophobes, ainsi que d’améliorer la collecte de données pour mieux quantifier le phénomène.”
“Le port du voile par une femme ferait de cette dernière une victime, une personne manipulée ou suspecte de radicalisation : dans les trois cas, le discours que l’on tient sur les femmes qui choisissent de porter le voile leur dénie le plein exercice de leur libre arbitre.”
“J’ajoute que cette nouvelle laïcité s’exerce au détriment de la liberté des femmes (M. Jean-Philippe Tanguy sourit) , à laquelle on en appelle si souvent pour justifier les attaques contre les musulmans. Tous les représentants cultuels et associatifs auditionnés s’en sont inquiétés.”
“…et l’on envisage de proscrire le port du voile à l’université – je fais référence aux déclarations qu’a tenues notre ministre de l’intérieur en janvier dernier.”
“…c’est la neutralité de l’État. Le débat médiatique et politique témoigne pourtant d’un inquiétant glissement vers une « nouvelle laïcité », pour reprendre l’expression utilisée par la sociologue Hanane Karimi. Cette laïcité encourage l’exclusion de nos compatriotes musulmans. En son nom, on veut interdire à des jeunes filles voilées de faire du sport, à des femmes voilées d’accompagner les sorties scolaires…”
“…n’est pas celle de la loi de 1905, dont on se réclame pourtant à tort et à travers. La laïcité de l’État n’est pas celle des citoyens. La laïcité des agents du service public n’est pas celle des usagers de ce service public. La laïcité de 1905 n’est pas l’invisibilisation des religions,…”
“L’islam y fait l’objet d’une attention particulière, malsaine même, et on le prend souvent pour cible. Il faut réaffirmer avec force que la laïcité invoquée à l’encontre de nos compatriotes musulmans…”
“Comme l’ont montré nos auditions, la laïcité, un des principes structurants de notre République, est désormais instrumentalisée pour justifier toutes les dérives islamophobes. Ce phénomène est encouragé, promu même, par les discours publics de certains responsables politiques, dans leurs circonscriptions, sur les plateaux de télévision et ici même dans cette assemblée.”
“L’islamophobie en France se nourrit bien sûr des actualités nationales et internationales : conflits, attentats, faits divers. Mais constitue-t-elle aussi une forme d’héritage de la colonisation ? La question mérite d’être posée. (M. Jean-Philippe Tanguy sourit.) À ce titre, nous saluons le travail de l’Association de défense contre les discriminations et les actes antimusulmans (Addam), qu’accompagne le ministère de l’intérieur. Sa structuration devrait permettre une meilleure connaissance des actes antimusulmans, en attendant peut-être que l’État mène une réflexion à ce sujet. Par ailleurs, les politiques publiques de lutte contre l’islamophobie sont non seulement insuffisantes mais incohérentes, puisque la puissance publique au sens large combat d’un côté ce qu’elle entretient de l’autre.”
“Toutefois, en ce qui concerne l’islam, elle fait trop souvent office de faux nez de la haine et de la violence. En cela, elle peut affecter les Français musulmans mais aussi les personnes assimilées à tort à des musulmans. Il est fréquent que l’on confonde l’islam avec l’islamisme. Cet amalgame alimente les discours sécuritaires et les peurs infondées. Cette confusion est souvent entretenue par des discours politiques et médiatiques qui stigmatisent les musulmans en les associant à des menaces terroristes. Cette vision biaisée et réductrice de l’islam nourrit une islamophobie qui ne fait que renforcer les préjugés et les discriminations. La pertinence de cet état de fait suscite nos interrogations et a fait l’objet de fréquents questionnements au cours des auditions.”
“Ce phénomène n’est pas spécifique à la France, mais il ne s’en décline pas moins dans notre pays d’une manière qui lui est propre. Comme l’ont souligné plusieurs sociologues que nous avons auditionnés, l’islamophobie constitue souvent une forme masquée de racisme antimaghrébin à l’ancienne, qui se dissimule derrière le masque supposément plus acceptable de la critique d’une religion, que permet le droit au blasphème.”
“L’islamophobie se déploie sur les chaînes d’information, sur les réseaux sociaux, dans les discours publics ; elle s’immisce dans la vie quotidienne des Français de confession musulmane ou présumés tels – j’y reviendrai – par l’intermédiaire de discriminations dans l’accès au logement, au travail ou même à la santé.”
“Un gouffre existe entre les statistiques relatives aux actes antimusulmans publiées par le ministère de l’intérieur au début de l’année et le vécu des Français de confession musulmane en France. Non seulement ces chiffres sont sous-estimés en raison de la sous-déclaration des infractions à caractère antimusulman – dont tous les acteurs que nous avons auditionnés, y compris les représentants du ministère de l’intérieur, s’accordent à reconnaître la réalité –, mais ils échouent aussi à rendre compte d’une forme d’islamophobie d’ambiance qui existe et se renforce dans notre société.”
“Elle est en train de mettre en cause votre présidence !”
“Nous avons le droit de retirer nos amendements, c’est le système démocratique.”
“Nous l’assumons puisqu’il est public, calmez-vous.”
“Je retire également l’amendement n o 960.”
“Pour notre part, nous avons au moins l’honnêteté de reconnaître que, dans notre pays, hélas, les victimes du terrorisme sont trop nombreuses et qu’il faut les accompagner correctement et dignement. C’est pareil pour les retraites.”
“Au moins nous aurez-vous permis d’ouvrir le débat, ce dont je vous remercie, monsieur le rapporteur.”
“L’amendement tend à ce que le Gouvernement remette au Parlement un rapport sur l’opportunité de créer une contribution spécifique à la charge des auteurs d’actes de terrorisme, laquelle abonderait les ressources de la branche vieillesse afin de financer les droits auxquels peuvent prétendre les orphelins des victimes du terrorisme. Cet amendement s’inscrit dans le prolongement de la proposition de loi absurde et démagogique que le groupe La France insoumise a déposée en vue d’abroger le délit d’apologie du terrorisme, prévu par le code pénal. Il serait en effet intéressant de réfléchir aux moyens d’accompagner les orphelins des victimes du terrorisme. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”