Caroline Colombier
RN · France
“Cet amendement vise à refuser un basculement dangereux : faire de l’aide à mourir un droit individuel que le médecin devrait spontanément proposer.”
“Il vise à poser une limite indispensable car la souffrance psychologique ne doit pas pouvoir, à elle seule, ouvrir l’accès à l’aide à mourir. Une détresse psychique, même profonde, appelle d’abord du soin, de l’accompagnement, de la psychiatrie, du soutien humain et social.”
“Je reviens sur la notion de souffrance réfractaire, qui est vraiment décisive puisqu’elle peut aujourd’hui justifier une sédation profonde et continue et, demain, une demande d’assistance médicale à mourir. Une notion aussi lourde de conséquences ne doit pas donner lieu à des appréciations dispersées ou incertaines.”
“Il vise à empêcher une confusion majeure en rappelant que l’assistance médicale à mourir ne relève pas du droit fondamental à la protection de la santé prévu à l’article L. 1110-1 du code de la santé publique. Ce droit fondamental, c’est celui d’être soigné, accompagné et soulagé, non celui d’obtenir un acte destiné à provoquer la mort.”
“Je vais réitérer ce que vous venez d’entendre, mais je tiens à le faire parce que je n’ai pas eu l’occasion de prendre la parole jusqu’à présent. Je respecte vos convictions, mais cet amendement vise à dire les choses très clairement.”
“Il vise à établir une vérité juridique. En effet, la sous-section introduite par l’article 2 ne consacre pas un droit nouveau : elle définit le cadre dans lequel les soignants pourraient pratiquer une assistance médicale à mourir tout en bénéficiant d’une irresponsabilité pénale.”
The complete record
Every one of 76 lines we hold for Caroline Colombier, in date order, each linked to its source. Free to read, in full, without an account. Page 1 of 2.
“Je reviens sur la notion de souffrance réfractaire, qui est vraiment décisive puisqu’elle peut aujourd’hui justifier une sédation profonde et continue et, demain, une demande d’assistance médicale à mourir. Une notion aussi lourde de conséquences ne doit pas donner lieu à des appréciations dispersées ou incertaines. Le présent amendement propose de la préciser en reprenant la définition issue des soins palliatifs, c’est-à-dire une souffrance insupportable que les efforts thérapeutiques répétés ne permettent pas de soulager sans altérer la conscience du patient. Inscrire cette définition dans la loi est un minimum.”
“Il vise à poser une limite indispensable car la souffrance psychologique ne doit pas pouvoir, à elle seule, ouvrir l’accès à l’aide à mourir. Une détresse psychique, même profonde, appelle d’abord du soin, de l’accompagnement, de la psychiatrie, du soutien humain et social. Elle ne doit jamais conduire la loi à organiser la mort comme réponse. Nous parlons ici de personnes souvent très vulnérables, dont le discernement peut être altéré mais dont la situation peut évoluer avec une prise en charge adaptée. Ne créons pas une ambiguïté dangereuse entre souffrance psychique et affection incurable engageant le pronostic vital. Sur un tel sujet, la prudence n’est pas une faiblesse, mais une exigence éthique.”
“Cet amendement vise à refuser un basculement dangereux : faire de l’aide à mourir un droit individuel que le médecin devrait spontanément proposer. La mission du médecin – vous le savez – est d’informer sur les soins, d’accompagner, de soulager, de protéger, non de présenter la substance létale comme une option ordinaire de fin de vie ; nous ne cesserons pas de vous le répéter. Même lorsque le pronostic vital est engagé, il ne faut pas créer une obligation d’information qui ferait peser sur les soignants une pression contraire à leur vocation, et sur les patients une suggestion très lourde. Ce que nous proposons est simple : aucun médecin ne doit être tenu d’indiquer à une personne qu’elle peut demander que l’on provoque sa mort. C’est une garantie pour les soignants et une protection pour les personnes les plus vulnérables.”
“Il vise à empêcher une confusion majeure en rappelant que l’assistance médicale à mourir ne relève pas du droit fondamental à la protection de la santé prévu à l’article L. 1110-1 du code de la santé publique. Ce droit fondamental, c’est celui d’être soigné, accompagné et soulagé, non celui d’obtenir un acte destiné à provoquer la mort. L’assistance médicale à mourir n’est ni un acte de prévention, ni un diagnostic, ni un traitement. Elle ne poursuit pas une finalité thérapeutique et ne peut donc pas être intégrée au socle ordinaire du droit à la santé. Si nous la rattachons à ce droit fondamental, nous changeons profondément la nature des obligations pesant sur les soignants et les établissements de santé. Ce texte crée un régime exceptionnel. Celui-ci doit rester identifié comme tel, donc distinct des soins et des soins palliatifs.”
“Il vise à établir une vérité juridique. En effet, la sous-section introduite par l’article 2 ne consacre pas un droit nouveau : elle définit le cadre dans lequel les soignants pourraient pratiquer une assistance médicale à mourir tout en bénéficiant d’une irresponsabilité pénale. C’est ce qu’il convient d’écrire clairement et c’est pourquoi nous proposons d’intituler cette sous-section conformément à son objet : non pas l’affichage d’un droit mais l’encadrement d’un acte exceptionnel aux conséquences irréversibles. En conséquence, la sous-section s’intitulerait ainsi, à l’alinéa 5 : « Situations dans lesquelles peut être pratiquée une assistance médicale à mourir ». (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)”
“C’est un basculement majeur qui remet en cause la protection de la vie, la mission des soignants et l’interdiction de donner volontairement la mort. Sur un tel sujet, les Français ont droit à la vérité des mots, et je ne vois pas pourquoi vous avez peur de les prononcer ou que le Parlement s’en empare. Je vous invite donc à adopter cet amendement de clarification. J’ajoute que je reste persuadée, compte tenu des finances du pays, que les soins palliatifs ne seront pas généralisés d’ici à dix ans. Vous aurez eu le temps de commettre le pire avant que tous les départements en soient dotés. Cela me désole. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)”
“Je vais réitérer ce que vous venez d’entendre, mais je tiens à le faire parce que je n’ai pas eu l’occasion de prendre la parole jusqu’à présent. Je respecte vos convictions, mais cet amendement vise à dire les choses très clairement. La proposition de loi parle d’un droit à l’aide à mourir mais, derrière cette formule adoucie, se cache une réalité précise qui est la possibilité d’administrer une substance létale pour provoquer la mort. Comme viennent de le dire mes collègues, cela porte un nom, l’euthanasie. On ne débat pas correctement d’un sujet aussi grave avec des mots flous ou euphémisés. Créer un prétendu droit à l’aide à mourir, c’est laisser croire qu’il existerait un droit opposable à obtenir la mort provoquée.”
“Nous profitons de la discussion de cet article, relatif aux outre-mer, pour insister, alerter, dire et redire qu’au sein de notre architecture de défense, pour notre capacité à anticiper les menaces et à défendre la souveraineté nationale, ces territoires sont essentiels. Face aux prétentions et aux ingérences de nos compétiteurs, la sécurisation des minerais, la défense de notre zone économique exclusive (ZEE) et la capacité de la France à être une puissance d’équilibre et de rayonnement nous interdisent d’accepter les fragilités capacitaires dont les outre-mer ont été les victimes. Il s’agit d’un enjeu de souveraineté. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)”
“L’article 22, qui s’inscrit dans le prolongement de l’article 21, va dans le bon sens, car les crises récentes ont démontré que la résilience de la nation repose aussi sur la capacité des opérateurs essentiels à maintenir leurs activités en toutes circonstances. Ses dispositions permettront de diffuser l’esprit de défense, la culture de la prudence et un habitus de prudence. Trop de nos entreprises, y compris stratégiques, n’ont pas pleinement pris la mesure de la guerre économique qui leur est livrée, directement ou indirectement. Les OIV jouent un rôle essentiel pour la résilience de la nation. Ils doivent s’adapter à un monde de plus en plus dangereux et conflictuel. Anticiper et assurer la continuité fait partie des enjeux dont ils doivent tenir compte. Les orientations de l’article 22 ont donc notre soutien.”
“Nous soutenons pleinement l’article 21, qui tend à favoriser la simplification normative et l’agilité d’action. C’est l’objet même du projet de loi : accélérer la production, car en face, nos adversaires n’attendent pas. Pour cela, il faut moins de normes inutiles et plus d’efficacité. De manière plus générale, nous sommes régulièrement force de proposition pour sortir la France de l’enfer normatif dans lequel elle est enfermée depuis trop longtemps. C’est vrai dans le domaine de la défense comme dans les autres aspects de la vie économique et sociale. L’article 21 est donc une très bonne chose. Le groupe Rassemblement national le votera. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)”
“Profitez des derniers soubresauts qui vous restent avant 2027 (Exclamations sur quelques bancs du groupe EPR) pour prendre un antidote à l’idéologie écolo, remettre de la raison dans tout cela, remettre la prospérité au cœur des politiques publiques… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice. – Les députés des groupes RN et UDR applaudissent cette dernière.)”
“Aussi, pourriez-vous nous dire ce que l’État, actionnaire ultra-majoritaire de RTE et Enedis, compte faire pour accélérer le déploiement des postes sources dans mon département afin que ceux-ci profitent à nos entreprises et pas à la pseudo-transition écologique ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“Résultat : en Charente, le projet Lichen, qui allait dans le sens d’une véritable écologie enracinée défendue par le Rassemblement national et qui devait créer plus de 250 emplois pour produire du carburant durable pour l’aviation, est tout simplement suspendu faute de raccordement électrique. Ils sont beaux, les prophètes de la transition énergétique ! Ils sont grands, les visionnaires du climat ! Désormais, trop, c’est trop. Les Charentais n’en peuvent plus de payer toujours plus cher un mix énergétique hors sol, alors que nous détenons le nucléaire, l’énergie la moins carbonée, la plus fiable et la moins chère au monde.”
“Mais non, cela n’est pas bizarre, madame la ministre de l’énergie – qui n’est pas là mais je pense que quelqu’un me répondra –, parce que depuis des années vous êtes sous l’emprise des ayatollahs d’une pseudo-écologie peu soucieuse de la France, (Protestations sur plusieurs bancs des groupes SOC et EcoS) qui impose à travers nos territoires des éoliennes inefficaces qui bétonnisent nos terres agricoles, dénaturent nos paysages et favorisent la gabegie.”
“En Charente comme partout en France, nous payons le prix de la dérive de l’idéologie écologiste adoptée depuis tant d’années par la Macronie. (Rires sur plusieurs bancs des groupes SOC et EcoS.) Puisque nos arguments sur l’éolien ne vous ont jamais convaincus, faisons place aux faits. Dans ma circonscription, une entreprise d’envergure, Verso Energy, souhaite s’installer dans la commune d’Étagnac et doit donc se raccorder au réseau électrique. Son implantation est essentielle pour l’attractivité de tout le Limousin et pour la vitalité économique du pays. Or, manque de chance, cette entreprise est dans l’impossibilité de s’installer car le réseau électrique est saturé et sous-alimenté. Comme c’est bizarre me direz-vous !”
“Voilà huit ans que son état ne cesse de se dégrader, au point que beaucoup doutent qu’elle rouvre un jour. Toujours dans le cadre du CPER, mais de l’autre côté du département, sur l’axe Cognac-Angoulême, le tronçon de cette même RN141 entre Moulidars et Hiersac est au point mort depuis 1996. Comme maigre consolation, l’État a déployé un radar réglé sur cinquante kilomètres par heure sur cet important axe du commerce international. Le cognac, exporté dans le monde entier, représente plus de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Je me permets cet aimable rappel car la question que j’ai formulée ce matin a été posée par écrit aux services du ministère de l’économie il y a trois mois, sans réponse à ce jour. L’échange direct est utile mais il ne doit pas remplacer le suivi efficace des dossiers.”
“Je prends acte de vos déclarations – j’insiste sur ce mot car, à propos du doublement de la RN141, nous entendons des promesses depuis des années. Cet axe important entre Limoges et Angoulême est oublié, malgré la croissance de son trafic national et international. La preuve en est que la construction de l’aire de repos de Nieuil, pourtant programmée, reste incertaine. Comment voulez-vous que les transporteurs routiers respectent leurs pauses obligatoires et assurent ainsi la sécurité des autres usagers sur la route si aucune infrastructure ne leur est destinée sur plus de 100 kilomètres ? La situation du transport des personnes est encore plus préoccupante. Depuis 2018, l’exploitation de la ligne ferroviaire Angoulême-Limoges est suspendue, pour des travaux qui n’ont jamais vu le jour.”
“Les Charentais ne supportent plus le non-respect répété des engagements de l’exécutif, qui accentue la fracture territoriale entre les zones rurales et le reste du pays. Ils attendent des actes concrets, sur la RN141 comme sur la RN10, sur la ligne de train express régional (TER) Angoulême-Limoges comme sur le projet Lichen – Limousin carburant hydrogène et énergies nouvelles –, qui ne pourra se développer sans amélioration des infrastructures routières, électriques et ferroviaires.”
“Un besoin de financement complémentaire de près de 40 millions d’euros reste nécessaire dans le cadre du contrat de plan État-région (CPER) pour achever le passage de l’intégralité de la section en deux fois deux voies. Par ailleurs, la construction de l’aire de repos de Nieuil, indispensable aux professionnels de la route qui ne disposent d’aucune infrastructure adaptée sur plus de 100 kilomètres, est repoussée à après 2030. Après des décennies de planification, des années de promesses et plusieurs reports, l’État compte-t-il respecter pleinement ses engagements ? Le gouvernement va-t-il mobiliser les crédits nécessaires pour passer toute la portion en deux fois deux voies, sans demi-mesure ni goulet d’étranglement ? Si oui, quel sera le calendrier des travaux ?”
“Pour la troisième fois depuis 2023, je reviens sur le doublement de la RN141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières-Loubert. Cet axe, qui constitue une partie essentielle de la route Centre-Europe Atlantique (RCEA), est un corridor logistique majeur qui relie la façade atlantique et l’Espagne à l’Europe du Nord et de l’Est. Les travaux sont terminés sur la majeure partie du tronçon, mais un goulet d’étranglement inacceptable persiste : le dernier kilomètre, au niveau du carrefour giratoire de Chasseneuil-sur-Bonnieure, risque de demeurer à deux fois une voie très longtemps. Ce choix concentrerait le trafic des poids lourds, en forte augmentation, et créerait un point noir dangereux pour la sécurité et la fluidité de cet axe routier.”
“L’article 18 répond à un impératif de sécurité nationale. Les réseaux criminels liés au trafic de stupéfiants, d’armes ou d’explosifs utilisent des outils numériques sophistiqués que nos services doivent pouvoir détecter efficacement. L’extension du recours aux traitements algorithmiques permettra de mieux prévenir ces menaces graves et de renforcer nos capacités de renseignement face à une criminalité organisée toujours plus structurée. Le texte prévoit d’ailleurs des garanties solides : contrôle de la CNCTR, autorisation du premier ministre, encadrement strict de l’usage des URL complètes, destruction des données non pertinentes. Nous soutenons donc pleinement cet article, qui permet d’adapter nos outils de sécurité à l’évolution des menaces tout en préservant les libertés publiques. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)”
“Il instaure un cadre de prévention et de contrôle proportionné, limité aux informations susceptibles de porter atteinte au secret de la défense nationale, aux procédés opérationnels ou à la sécurité des personnels. Le texte prévoit d’ailleurs d’importantes garanties : un délai de préavis, l’absence d’opposition tacite en cas de silence de l’administration ainsi qu’une procédure contradictoire permettant à l’auteur de présenter ses observations avant toute décision d’opposition. L’article, que nous soutenons pleinement, trouve un équilibre nécessaire entre les libertés individuelles et la protection des intérêts fondamentaux de la nation. Protéger les services de renseignement, c’est protéger la souveraineté de la France et la sécurité des Français. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)”
“L’article 17 répond à un impératif clair de sécurité nationale. Les activités des services spécialisés de renseignement reposent sur des capacités techniques, des méthodes opérationnelles et des identités protégées – j’ai pu prendre la mesure de cette nécessité en tant que membre de la délégation parlementaire au renseignement. Ces moyens doivent être protégés avec la plus grande rigueur. Dans un contexte de conflictualité accrue, de menaces hybrides et de compétition informationnelle permanente, la divulgation non maîtrisée d’informations sensibles peut compromettre des opérations, fragiliser nos dispositifs de renseignement et mettre directement en danger nos agents. Le dispositif proposé ne remet pas en cause la liberté d’expression ni celle de publication.”
“Il est temps que nos industriels aient une réelle visibilité sur leur carnet de commandes.”
“Mais enfin, comment voulez-vous qu’une PME investisse, recrute, forme, si elle ne sait pas ce que sera son activité dans les six mois qui viennent ou dans un an ? Comment voulez-vous qu’un industriel prenne des risques, ouvre des lignes de production, sécurise les approvisionnements quand l’État lui-même ne peut pas lui donner une trajectoire claire ? On ne peut pas exiger une économie de guerre avec une gestion administrative de temps de paix. On ne peut pas non plus appeler à la réindustrialisation stratégique et maintenir les industriels dans une incertitude permanente. On ne peut pas davantage proclamer la souveraineté et traiter sa base industrielle comme une variable d’ajustement. Ce décalage entre les discours et les pratiques est devenu difficile et dangereux.”
“Là encore, soyons honnêtes, nous passons notre temps à invoquer la souveraineté, à célébrer notre base industrielle et technologique de défense, à promettre une économie de guerre mais, dans les faits, que faisons-nous ? Nous créons surtout de l’incertitude – je le dis en étant consciente que la réalité est brutale et que le gouvernement n’a pas toujours partie facile. Nous entretenons le flou et nous fragilisons ceux-là mêmes qui doivent construire les outils de notre défense. Les industriels n’ont qu’une très faible visibilité sérieuse sur leur carnet de commandes – c’est en tout cas ce qui nous est rapporté. Les notifications de la DGA arrivent tardivement, de manière fragmentée, parfois incertaine. On commande au compte-goutte, on reporte, on recompose et on s’étonne ensuite que les chaînes de production ne suivent pas.”
“Sans parler de l’effondrement du niveau scolaire de nos enfants, il y a une urgence absolue à réveiller dans l’âme de nos jeunes l’amour de la France, trop souvent mis de côté par des programmes scolaires erratiques. Voter une loi de programmation militaire, c’est discuter un budget mais cela offre aussi l’occasion de transmettre et de prendre les moyens nécessaires pour que les jeunes comprennent que la France est belle, qu’elle est grande, qu’elle mérite qu’on la serve et qu’on la défende. L’amendement n o 286 relève à ce point du bon sens, il est à ce point nécessaire à l’action de l’éducation nationale, que je ne peux qu’espérer un avis favorable. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“Lorsque l’on évoque le lien entre l’armée et la nation, la sensibilisation de nos jeunes à la défense, l’instauration d’un service national militaire volontaire, on ne peut faire l’impasse sur ce que nous ignorons pourtant volontairement, à savoir que nous ne pouvons défendre que ce que nous aimons, et que nous ne pouvons aimer que ce que nous connaissons. Force est de constater que les savoirs fondamentaux, à commencer par l’amour de la France – il ne s’agit pas d’un gros mot mais d’un beau mot –, de son histoire et de sa géographie et la transmission d’une idée de sa grandeur sont totalement occultés par le système éducatif dont le gouvernement a la charge.”
“J’ai mentionné le Groenland oralement. Vous n’avez rien écouté, comme d’habitude !”
“Je ne pense pas qu’il soit satisfait, donc je ne le retire pas.”
“S’offusquer des ambitions polaires des États-Unis, de la Russie ou de la Chine, c’est bien ; intégrer les pôles dans la vision stratégique de la France, ce serait mieux. Le Grand Nord est en train de devenir un angle mort stratégique de la France. Il nous faut un cap stratégique qui l’intégrerait pleinement à notre politique extérieure, pour ne pas passer à côté de l’histoire qui se joue sous nos yeux. Le Grand Nord deviendra peut-être demain un nouveau centre des bouleversements mondiaux, la France doit s’y tenir prête. Soyons prospectifs, pragmatiques et cohérents en inscrivant dans la programmation militaire l’élaboration d’une stratégie française spécifique, seule à même de garantir notre autonomie d’appréciation, notre crédibilité opérationnelle et notre capacité d’influence dans cette région décisive.”
“Aussi, pour vous rappeler à vos responsabilités, nous proposons par cet amendement d’inscrire la sincérité budgétaire comme objectif de l’actualisation. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)”
“Il n’est désormais plus à prouver que la présente actualisation est un exercice de communication politique, un affichage budgétaire. Je concède que nous pratiquons l’art de la répétition – nous l’assumons. Il est question de 36 milliards d’euros supplémentaires pour la défense. Derrière cette annonce spectaculaire, rien de clair : pas de ventilation précise, pas de trajectoire lisible, pas de programmes majeurs, pas de hiérarchisation assumée et des reports de programmes nombreux. Alors que les besoins programmés s’élèvent à 449,3 milliards, ce qui excède largement les 436 milliards de crédits de paiement, nous n’avons toujours pas de nouvelles des 13,3 milliards de ressources extrabudgétaires prévues par la loi initialement votée. Cela remet une fois de plus en question la sincérité du budget.”
“Le Rassemblement national est désormais prêt à l’assumer.”
“Nos déchets, en particulier électroniques, contiennent d’importantes quantités de métaux critiques ; or une partie de ces ressources quitte notre territoire, parfois pour être traitée dans des conditions indignes, alors qu’elles pourraient alimenter notre réindustrialisation. Au-delà des outils, il nous faut une vision claire. La France doit promouvoir une stratégie fondée sur le réalisme, le volontarisme et la souveraineté, ce qui implique une diplomatie des ressources assumée, des partenariats équilibrés, une vigilance accrue en vue de protéger nos actifs industriels stratégiques. La question, qui dépasse ce débat, est simple : voulons-nous rester une nation qui produit, transforme, décide, ou devenir une économie dépendante, intégrée à des chaînes de valeur maîtrisées par d’autres ? Le choix est politique, il engage notre avenir.”
“Par ailleurs, la question dépasse la métropole ; nos territoires ultramarins, notamment la Guyane et la Nouvelle-Calédonie, concentrent des ressources stratégiques majeures qui, dans un contexte de rivalités accrues avec la Chine et les États-Unis, doivent être pleinement intégrées dans une vision nationale qui donne, évidemment, toute sa place aux enjeux de défense. Enfin, il s’agit de maîtriser la chaîne de valeur. Extraire ne suffit pas ; transformer est décisif. L’essentiel du raffinage mondial se situe hors d’Europe, notamment en Chine : même lorsque nous disposons de ressources, nous restons dépendants en ce qui concerne leur valorisation. Une stratégie crédible suppose donc un effort massif de transformation industrielle. Nous devons utiliser à plein le levier du recyclage.”
“Nous devons tout d’abord nous redonner les moyens de connaître nos ressources : la France a trop longtemps cessé d’explorer son sous-sol. Le vaste travail d’inventaire désormais engagé sera essentiel en vue de sortir de l’ignorance stratégique et d’éclairer nos décisions. Il convient ensuite d’assumer de produire. Nous ne pouvons prétendre à la souveraineté sans activité extractive sur notre sol ; il ne s’agit pas de nier les exigences environnementales mais de sortir de la contradiction qui nous conduit à importer ce que nous refusons de produire. Le projet d’exploitation d’une mine de lithium dans l’Allier en constitue une illustration : des solutions existent, à condition qu’elles soient assumées politiquement.”
“Chaque fois se révèle une nation fragilisée, incapable de s’inscrire dans le temps long, de se penser en État stratège, comme en témoignait en décembre 2024 le rapport d’information de Jérôme Buisson sur les terres rares et les ressources naturelles stratégiques. Ce n’est pas là le fruit du hasard : choix politiques répétés, discours écologiste radical, embolie normative ont culpabilisé, freiné l’initiative, la prospection et l’exploitation des ressources. Dans un monde marqué par le retour des rapports de puissance, ces dépendances deviennent des vulnérabilités majeures. Sans accès sécurisé au lithium, au cobalt, au cuivre, aux terres rares, plus d’industrie performante ni de défense crédible, autrement dit plus d’autonomie stratégique. Le moment est donc venu d’un véritable électrochoc.”
“Sans concerner directement les matériaux critiques, la crise sanitaire a constitué un révélateur brutal : en mars 2020, sur les tarmacs du Vieux Continent, les États européens se disputaient des cargaisons de masques, devenus stratégiques par la force des choses. Nous avons alors découvert que la France ne maîtrisait plus ses chaînes de production et d’approvisionnement ; cette réalité s’étend désormais à des biens essentiels comme les matériaux critiques. Les crises énergétiques réveillent le spectre de la pénurie d’électricité, les conflits celui de la pénurie de gaz et de carburant, les crises agricoles celui de pénuries alimentaires.”
“À l’heure où la géopolitique mondiale se fracture sous l’effet des crises successives, ce débat sur la stratégie de la France face à ses dépendances dans le domaine des matériaux critiques apparaît comme un désaveu implicite de l’absence de stratégie par le passé. Pendant des décennies, notre souveraineté a été sacrifiée tantôt sur l’autel des prétendus dividendes de la paix, tantôt sur celui de la solidarité européenne ou de la division internationale du travail ; à présent, nous découvrons l’ampleur de nos dépendances. Les enjeux ne sont pourtant pas nouveaux : le Rassemblement national signale ces vulnérabilités depuis des années.”
“Vous êtes grotesque ! C’est un vrai cirque !”
“Il ne s’agit pas de logements de fonction !”
“Hier, l’agglomération, le département et la région ont annoncé un changement de structure. Ces annonces vont dans le bon sens mais ne lèvent ni les inquiétudes des auteurs ni les menaces de boycott. La transparence, les droits des créateurs et les conditions d’accueil sont au cœur des tensions. Madame la ministre, êtes-vous prête à agir pour éviter que le Festival de la BD d’Angoulême ne se transforme, sous nos yeux, en naufrage et afin qu’il demeure un fleuron de notre patrimoine culturel et un moteur économique pour la Charente ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“Pourtant, jamais le Festival de la bande dessinée n’a été aussi populaire, accueillant 6 000 professionnels du monde entier et enregistrant plus de 200 000 entrées en moins d’une semaine. L’État, qui verse chaque année au Festival des subventions importantes, doit reprendre la main.”
“Une crise majeure couve depuis plusieurs années entre l’association du Festival et la société organisatrice 9 e Art+, fortement critiquée pour son opacité – la chambre régionale des comptes avait pointé, en 2021, des pratiques douteuses et onéreuses dont témoignent aussi les éditeurs, les dessinateurs et les professionnels du secteur. Cette crise menace l’existence même du Festival qui, au-delà d’être un rendez-vous culturel incontournable, constitue un levier économique vital pour la Charente. Une annulation de l’édition 2026 serait une catastrophe dans un contexte économique fragile pour le département, déjà frappé par la crise du Cognac.”
“Madame la ministre de la culture, imaginez-vous Cannes sans son festival ? Dunkerque sans son carnaval ? Le Sud-Ouest sans ses ferias ? La Charente devra-t-elle imaginer un monde sans le Festival de la bande dessinée à Angoulême ? (« Ah ! » sur quelques bancs du groupe EcoS.) Telle est la question que se posent le monde de la BD, les passionnés, les acteurs culturels et économiques de mon département et, plus globalement, les Charentais.”
“Et tout à l’heure, vous avez fait quoi, vous ?”
“Ce n’est pas possible ! On ne peut pas laisser passer ça !”
“Ça n’a rien à voir avec ce qu’on propose !”
“On ne veut pas d’eux ! Ce sont des personnes en situation irrégulière !”