Antoine Vermorel-Marques
DR · France
“Nous venons de l’entendre : M. Boyard nous a expliqué que La France insoumise était contre l’interdiction des réseaux sociaux pour nos enfants. Protéger nos enfants des pédocriminels ? Non, nous répond La France insoumise. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Protéger nos enfants des cyberharceleurs ?”
“Cette proposition de loi constitue notre réponse. Elle ne défend pas un protectionnisme aveugle ou la fermeture des frontières mais simplement la restauration de l’ordre ; l’ordre du travail bien fait, de la concurrence loyale et des règles égales pour tous.”
“Elle se levait à 5 heures du matin ; prenait le bus de 6 heures devant la mairie de Roanne ; arrivait à l’usine à 6 h 45, au faubourg Clermont et y enfilait son tablier bleu. Pendant trente ans, elle a continué ce travail que les femmes de Roanne faisaient depuis deux siècles. De la maille de qualité. Pas n’importe quelle maille.”
“Mais le dimanche, lors d’un repas de famille, elle lui a dit : Maman, à quoi ça sert de dépenser 80 euros pour un pull qui durera cinq ans, quand je peux acheter cinq pulls pour 80 euros ? Simone n’a pas la réponse ou plutôt, elle en a une mais ne sait pas comment la dire à sa fille et aux Français.”
“Le dimanche, elle allait au stade car, à Roanne, le textile avait créé plus que des pulls : Henri Rhodamel et la chorale de Roanne – deux fois championne de France –, Claude Devernois et le rugby à XIII, Raoul Griffon et le rugby à XV. Simone avait le droit à une vie, à des dimanches. Elle vibrait pour sa ville.”
“Elle a pleuré, pas devant son mari ou ses enfants mais en fermant son casier, à l’usine et en enlevant son tablier bleu pour la dernière fois. À 46 ans, sans autre qualification que la bonneterie, elle a essayé de se reconvertir. Elle a été caissière au magasin Continent, à Mably, puis, agente d’accueil à la mairie.”
The complete record
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“Ne soyons pas dupes : alors que certains cherchent à nous diviser et à affaiblir la République dans cet hémicycle, Donald Trump prépare une offensive sans précédent. La voix de la France doit être claire. Le gouvernement soutient-il la position de Sébastien Lecornu, ministre des armées, ou celle de Stéphane Séjourné, commissaire européen ? (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)”
“On connaissait l’Europe naïve ; nous nous dirigeons vers une Europe soumise à l’influence américaine, à la protection étatsunienne, au bon vouloir de l’oncle Donald. Membres du groupe Droite républicaine mené par Laurent Wauquiez, nous voulons que se poursuive le travail du gouvernement de Michel Barnier. Je pense notamment à l’engagement sans faille de notre collègue Jean-Louis Thiériot en faveur de la stratégie industrielle de défense et du programme européen pour l’industrie de la défense. Cela passe par deux mots : préférence européenne ! Nous devons nous défendre dans les nombreuses guerres commerciales menées contre notre industrie de défense, notre industrie textile, nos PME, nos agriculteurs, notre souveraineté. Les achats réalisés au moyen de nos impôts doivent favoriser nos entreprises, pas nos concurrents américains ou chinois.”
“Monsieur le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, il aura fallu à peine vingt-quatre heures à Donald Trump pour diviser l’Europe. D’un côté, le président américain montre les muscles et promet de taxer les produits européens. De l’autre, notre commissaire européen, M. Stéphane Séjourné, commence déjà à brader notre industrie de défense. Au lieu d’assumer le rapport de force, il joue un jeu dangereux en proposant à demi-mot l’achat d’armes américaines contre un libre-échange débridé. Mais notre souveraineté n’est pas à vendre ! Notre indépendance n’est pas à brader ! Nos emplois ne sont pas à bazarder ! Que dit la Commission européenne aux salariés de la défense française ? Aux équipes de KNDS, à Roanne, qui font la fierté de nos armées ?”
“C’est pourquoi, avec l’ensemble des députés de la Droite républicaine, nous exprimerons cette colère en disant non : non à la viande aux hormones, à la concurrence déloyale, à la fin de l’élevage français, au Mercosur ! (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.) Plus que jamais, nous croyons en notre pays et en l’avenir de la charolaise – la charolaise de nos campagnes, celle de mon village, celle de France. (Mêmes mouvements.)”
“Face au Mercosur, la colère monte : colère des éleveurs, dont on exige sans aucune réciprocité une qualité toujours plus grande, des consommateurs bernés par ces importations sans contrôle, des climatologues qui ne comprennent plus ces délocalisations d’un autre temps. Cette colère coule dans mes veines, c’est celle d’un fils d’exploitant qui n’en peut plus de voir mettre à mal l’agriculture française ; celle d’Anthony, qui, à 23 ans, vient de reprendre à Vivans la ferme familiale et, à peine installé, se retrouve en danger. Plutôt que de rester chez lui, avec ses vaches, il est allé crier dans les rues roannaises son refus de l’accord.”
“Sa vie, que l’on prend soin de rendre aussi brève que possible, se résume à manger, manger encore ; loin des pâturages de nos montagnes, son unique voyage, après un abattage sans foi ni loi, sans traçabilité, se fera par avion-cargo réfrigéré à destination de nos tables, de nos cantines, nos restaurants. Elle sera bradée : moitié prix, aux dépens du bien-être animal (Applaudissements sur quelques bancs du groupe DR) , de la biodiversité, de notre santé. L’accord avec le Mercosur ne concerne pas seulement les agriculteurs, mais aussi les consommateurs : accepter de la viande imprégnée d’atrazine, c’est revenir vingt ans en arrière. Doit-on rappeler que ce pesticide autorisé en Amérique du Sud est interdit en Europe, car cancérigène, compromettant les grossesses et nuisible à la santé des nouveau-nés ?”
“Le combat d’Émilien Mathieu est devenu celui des éleveurs qui ne connaissent ni dimanche ni vacances, qui travaillent dans leur étable en ce moment même : tout l’inverse de ce qui se passe à 10 000 kilomètres d’ici, car, chers collègues, la charolaise vit également en Amérique du Sud. Là-bas, pour elle, c’est le bagne, la condamnation aux fers. La voici agglutinée au sein d’un troupeau de 10 000 têtes, piquée aux hormones, engraissée avec du maïs traité à l’atrazine, nourrie de soja génétiquement modifié sur un terrain où croissait auparavant la forêt amazonienne.”
“Son succès fut tel que l’élevage de la race fit des émules à travers le pays ; en 1848, la II e République décidait de la faire entrer au Louvre, par l’intermédiaire d’une commande à Rosa Bonheur. Désormais, la vache charolaise s’étale sur les réseaux sociaux – en Roannais, ce n’est pas sa tête qui intéresse mais son arrière-train, cher au mythique chef Bernard Loiseau, lequel la préférait à toute autre : avec l’élevage charolais, disait-il, « c’est le gras qui nourrit la viande, qui la rend moelleuse, juteuse, savoureuse ». (M. Laurent Wauquiez et Mme Justine Gruet applaudissent.) Ce gras nous fait aimer la viande, mais pas n’importe laquelle.”
“Je viens du pays roannais, proche de la Saône-et-Loire, qui a offert à l’agriculture française l’une de ses plus grandes fiertés : la vache charolaise. Rustique, maternelle, elle nourrit la France depuis des siècles. Chez nous, rien n’est trop beau pour elle ; on brosse sa robe crème, on la caresse, on la masse, on l’appelle par son nom. À Roanne, on lui déroule chaque année le tapis rouge du Scarabée, notre Zénith, où elle réunit davantage de spectateurs que ne l’a fait à ce jour aucun artiste, car elle est la star d’une histoire : celle d’un fermier de Saône-et-Loire, un certain Émilien Mathieu, qui en 1747, pour lutter – déjà ! – contre la concurrence déloyale des viandes d’outre-Manche, décida de mener son troupeau sur les routes de France, atteignant la capitale et le marché de Poissy après dix-sept jours de marche.”
“Il faut parler de la question des drogues !”