Anna Pic
SOC · France
“Non pas qu’il faille impérativement mettre sur la table de nouveaux crédits, comme nous avons pu l’entendre ici et là, lors de la navette parlementaire, dans une forme de course à l’échalote budgétaire, mais ces 449 milliards d’euros seront très vite insuffisants s’ils ne s’accompagnent pas d’un travail substantiel sur notre doctrine comm…”
“À cet égard, votre refus systématique, et même dogmatique, d’activer la clause dérogatoire nationale permettant d’exclure les dépenses de défense du calcul de la dette est difficilement compréhensible quand dix-huit autres pays, y compris l’Allemagne – pourtant très orthodoxe en matière budgétaire – y font déjà appel.”
“Soyez assurés que les socialistes seront au rendez-vous cet automne pour mettre sur la table de nouvelles recettes permettant de financer cet effort de défense.”
“Le processus de sincérisation budgétaire de la loi de programmation militaire 2024-2030 arrive à son terme après presque trois mois de parcours législatif.”
“S’agissant de l’actualisation qui nous occupe aujourd’hui, plusieurs mécontentements et alertes persistent à la suite de l’adoption du texte en commission paritaire.”
“Je pense évidemment au recomplètement capacitaire, à l’utilisation toujours plus poussée des technologies de rupture sur les théâtres d’opérations ou encore à la modernisation de notre outil de dissuasion.”
The complete record
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“À l’époque, nous avions accepté de voter le texte après avoir obtenu plusieurs satisfecit – nous souhaitions notamment que la trajectoire budgétaire soit plus linéaire, avec une augmentation dès la première année et nous voulions une actualisation du texte en 2026 étant donné le durcissement du contexte international. Nous nous inquiétions aussi de la crédibilité d’ensemble des éléments budgétaires présentés au regard des objectifs affichés. Deux ans et demi plus tard, les reports de paiement confinent aux impayés, l’inflation – même maîtrisée – fait son œuvre et les très petites, petites et moyennes entreprises (TPE-PME) de notre BITD en sont les premières victimes, ce qui limite la montée en puissance qui leur est demandée. Bien sûr, dans le contexte actuel, nous accueillons avec lucidité les hausses de crédits annoncées pour 2026.”
“L’apparition de nouvelles formes hybrides de la guerre – ingérences, contenus numériques visant à déstabiliser nos sociétés, attaques de nos systèmes informatiques, survol du territoire par des drones – nous oblige à repenser le rôle de la population dans notre défense. Il semble impératif de construire, dans la société, une culture commune en matière de défense et de résilience, comme nous avons su le faire face aux enjeux de sécurité et de sûreté. Lors de l’examen de la dernière LPM, nous avions considéré qu’il s’agissait davantage d’une loi de continuité que d’un texte historique. Cette loi de programmation évoquait certes l’invasion russe en Ukraine mais ne prenait pas en considération toute sa dimension.”
“Il y va de l’affirmation de notre crédibilité auprès de nos partenaires comme auprès de ceux qui nous perçoivent comme des concurrents. Depuis le milieu des années 1990, la France avait dimensionné son effort de défense pour un temps de paix. Or, en raison de la guerre en Ukraine et de l’évolution du contexte géostratégique, il est apparu nécessaire de retrouver une profondeur industrielle pour soutenir un effort de guerre dans la durée, pour nos forces armées ou au profit d’un partenaire. Le choix de la professionnalisation de nos armées était indispensable au vu de la technicité du champ de bataille et de la réduction des moyens. Il a cependant créé une distance entre les mondes civil et militaire, limitant les nécessaires circulations des compétences et la connaissance partagée des enjeux de sécurité.”
“De nouvelles méthodes, de nouveaux acteurs et un constat simple : l’accélération de la dégradation de l’environnement sécuritaire mondial s’est confirmée en raison de la simultanéité du durcissement des conflits, d’un accroissement inédit des menaces transnationales mais aussi d’une fragilisation du multilatéralisme et d’une désinhibition du recours à la force. Dans le domaine des relations internationales, il existe un principe simple : lorsqu’une puissance vous désigne comme son adversaire et passe à l’acte, les solutions qui s’offrent à vous sont peu nombreuses. Il faut subir ou se préparer, pour mieux dissuader. Entendons-nous bien : personne ici ne souhaite un conflit – quelles que soient ses formes – ni ses conséquences. C’est pour mieux les éviter que nous devons nous y préparer.”
“Le grand public est nettement moins accoutumé aux menaces hybrides qui, d’une certaine manière, ont toujours existé mais sont de plus en plus prégnantes dans la mesure où elles ont gagné en intensité et en ampleur et où leurs conséquences sont plus importantes. Si les États restent les principaux protagonistes de ce retour de la conflictualité, ils partagent désormais l’affiche avec de nouveaux acteurs : des organisations paramilitaires ou criminelles parfois complices des pouvoirs politiques en place, la plus connue étant Wagner, devenu Africa Corps, sur le territoire africain.”
“Les grands équilibres géopolitiques des quatre-vingts dernières années disparaissent sous nos yeux et, avec eux, le multilatéralisme construit au sortir de la seconde guerre mondiale. Les institutions internationales et la construction européenne avaient fait naître l’espoir d’un monde où les règlements des conflits ne passeraient par les armes qu’à la marge. Or il nous faut nous rendre à l’évidence : nous assistons au retour de l’agressivité des grandes puissances ; le commerce et les échanges ne suffisent pas à la pacification du monde. La nouvelle conflictualité à laquelle nous sommes confrontés présente la caractéristique d’être protéiforme. Nous avons tous en tête les terribles images du front ukrainien, de ces canons, chars et missiles.”
“Ça n’empêche pas tous vos amendements d’être repoussés !”
“Monsieur le ministre, face à la coalition des autoritaires, nous nous devons de réaffirmer la force du multilatéralisme et du droit international. La sécurité collective du continent européen dépend de notre soutien indéfectible aux Ukrainiens et de notre capacité à faire face à la Russie de Poutine. Quelle est la feuille de route française pour la rencontre de la coalition des volontaires en ce moment même ? Comment la France compte-t-elle empêcher le président des États-Unis de contrecarrer chacune des initiatives diplomatiques européennes ? (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC ainsi que sur quelques bancs du groupe EcoS.)”
“L’ère Trump est décidément un cauchemar pour la diplomatie européenne. Ce constat d’effacement est par ailleurs singulièrement inquiétant étant donné la menace à laquelle les pays européens sont d’ores et déjà confrontés. Il y a, bien sûr, la guerre en Ukraine, ses frappes massives et ses pressions sur le front oriental, il y a aussi les nombreuses attaques hybrides ou d’intimidation que mènent nos compétiteurs sur le territoire européen : rupture de câbles sous-marins, cybermenaces sur nos structures de santé ou énergétiques, ou encore présence régulière de navires russes dans la Manche et la mer du Nord. La permanence de la menace est réelle ; de la cohésion nationale et européenne dépendra notre aptitude à la repousser. Face à la stratégie de conflictualité, l’Europe doit en effet montrer sa cohésion et sa faculté diplomatique.”
“Ma question s’adresse à monsieur le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. Alors que la Russie, comme à la veille de chaque hiver, cherche à détruire les infrastructures énergétiques ukrainiennes, Donald Trump joue de nouveau le faiseur de paix. La première version de son plan, inspiré par les Russes et orchestré par les Américains, n’a de paix que le nom et s’apparente à la capitulation forcée d’un pays agressé. Fondamentalement démoralisateur, il ne présente aucune réelle garantie pour la sécurité ukrainienne et écarte de fait la diplomatie européenne. Après un plan de paix pour Gaza qui a supplanté la déclaration de New York, défendue par la France et adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies, le plan de paix pour l’Ukraine douche les efforts de la coalition des volontaires.”
“Qui va surtout voter comme vous le voulez !”
“C’est une des missions premières de l’État !”
“C’est ça, restons moyens ! Heureusement qu’on se dit le pays des droits de l’homme !”
“Cette politique de santé publique fonctionne et son expérimentation doit se poursuivre. Si nous ne faisons rien, les deux salles fermeront leurs portes le 31 décembre. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur plusieurs bancs des groupes EcoS et GDR.)”
“Il vise à prolonger cette expérimentation des haltes soins addictions, en demandant l’évaluation de paramètres supplémentaires. Après neuf années d’expérimentation, les HSA ont fait leurs preuves : les quatre évaluations successives du dispositif – menées entre autres par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et par l’Igas – sont unanimes. Sur le plan sanitaire, les HSA préviennent jusqu’à 69 % des overdoses, réduisent les situations d’infections graves et évitent de nombreuses contaminations par le VIH et le virus de l’hépatite C (VHC). La première condition pour sortir de l’addiction, c’est de ne pas en mourir. C’est ce que permettent ces salles de consommation à moindre risque. Sur le plan social, elles accompagnent vers les soins des personnes très éloignées des parcours médico-sociaux.”
“L’amendement n o 500 vise à renforcer les sanctions contre la fraude au travail dissimulé en augmentant de 10 points le taux de majoration des cotisations sociales en cas de travail dissimulé. Par l’amendement n o 499, nous proposons d’abroger la disposition qui permet à une entreprise fraudeuse de se voir appliquer une réduction de 10 points du taux de majoration si elle paie ses créances dans les trente jours. Aucun cadeau ne doit être fait aux employeurs fraudeurs, alors que la fraude aux cotisations sociales est estimée à 7,25 milliards par an, dont seulement 829 millions sont récupérés chaque année.”
“Ce sous-amendement vise à rétablir la vérité sur ce qu’est l’énergie hydrolienne. Certains, manifestement, se contentent d’une approche idéologique et restent très éloignés de la réalité. Nous souhaitons des objectifs chiffrés afin d’affirmer que ce qui était hier une innovation est aujourd’hui une technologie parvenue à maturité. C’est pourquoi nous plaidons pour son déploiement rapide.”
“Avec le raz Blanchard et les courants bretons, nous avons le deuxième potentiel européen, avec une faible emprise sur les fonds marins. Nous avons donc besoin d’objectifs et d’une stratégie de déploiement, plus que d’une expérimentation qui ne peut durer une décennie de plus. L’Europe le reconnaît : les projets pilotes, FloWatt et NH1, ont été lauréats de l’ Innovation Fund , avec 51 millions d’euros de subventions. Passons à l’action ! Les industriels ont besoin de perspectives, nos territoires aussi, pas seulement pour maintenir l’emploi, mais pour créer 6 000 emplois supplémentaires.”
“Cette énergie est prédictible et elle a du potentiel. Vous parlez de moins de 5 gigawatts. C’est plus ; vous pouvez ajouter 10 à 11 gigawatts. Nous n’avons pas les mêmes chiffres, ou alors notre territoire change en fonction de celui qui le regarde.”
“Quand je lis les exposés sommaires des amendements, je suis étonnée. Visiblement, nous ne disposons pas du même niveau d’information sur l’énergie dégagée par les courants marins. Pourquoi poursuivre encore l’expérimentation ? C’est surprenant, surtout dans un texte censé programmer jusqu’à 2035. Dix ans supplémentaires, ce n’est pas possible, d’autant que la programmation a déjà commencé il y a plus de dix ans : cela commence à faire très, très long… L’hydrolien maritime n’en est plus au stade de l’expérimentation ; il se déploie. Le projet NH1 de Normandie Hydroliennes a déjà obtenu la certification du Japon. C’est un marché et une filière très concurrentiels – qui se développent aussi en Grande-Bretagne. Et nous, nous réfléchissons, encore et toujours. Pendant ce temps, les industriels, eux, ont investi.”
“Mettre fin à la réindustrialisation ? Vous voulez continuer sur le chemin de la désespérance ? Désolée, mais grâce aux emplois industriels sur notre territoire, nous sommes passés sous la barre des 5 % de chômage. Arrêtez votre patriotisme de pacotille et commencez à vous intéresser au sujet ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, EPR et EcoS. – M. Jean-Philippe Tanguy s’exclame.)”
“Je ne sais pas ce que vous voulez : jeter l’argent par les fenêtres ?”
“Je pense à CMN, à Efinor, à tous ces petits joyaux industriels que nous avons sur notre territoire et qui, ces dernières années, ont investi à leur propre compte des millions d’euros (M. Dominique Potier applaudit), pour lesquels la France a déjà fait une avance sur les recettes futures. C’est seulement lorsque nous aurons installé leurs machines qu’ils pourront commencer à rembourser notre pays.”
“Ah, les lobbys, c’est votre hobby ! Ceux que vous appelez les lobbys créent des emplois pérennes, des compétences.”
“Par contre, cela me pose un problème que nous mettions un point d’arrêt à la réindustrialisation du territoire, faute d’objectifs. Je reçois depuis cinq jours des messages de l’ensemble des filières des énergies renouvelables ; encore hier, à minuit, j’ai reçu le SMS suivant : « C’est planté. On va perdre nos investissements. » Les investissements dans les renouvelables ne nous coûteront pas plus cher.”
“Qu’il y ait des chaînes de valeur qui se créent au niveau européen et que nous ayons besoin aussi de l’extérieur pour faire grandir notre industrie ne me pose d’ailleurs aucun problème.”
“Ce n’est pas l’EPR qui nous a conduits à ce résultat, mais une vraie réindustrialisation, la montée en compétences et un écosystème économique, que vous n’avez visiblement pas l’air de comprendre. Est-ce que l’éolien offshore provient de filières étrangères ? Non, c’est principalement la réalisation d’EDF Renouvelables. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) La construction des pales, par LM Wind Power, ne crée-t-elle pas d’emplois sur notre territoire ? Bien sûr que si : 700 emplois, pérennes de surcroît. Je voudrais qu’on arrête de croire que seule l’énergie nucléaire est issue de l’industrie française. Vous devriez d’ailleurs voir comment a été construit notre réacteur EPR. Il a été pour nous un point important de la relance, mais on ne peut pas dire qu’il soit 100 % français.”
“Il faut bien entendu développer un mix équilibré. Mais s’agissant de la question industrielle, je viens d’entendre quelque chose qui est absolument faux. Je vais vous parler de ma circonscription. On ne peut pas dire que le Cotentin soit peu nucléarisé, ni particulièrement opposé à l’énergie nucléaire… et pourtant, je peux vous assurer que nous sommes les plus proactifs sur le mix énergétique et la montée en puissance des énergies renouvelables. En 2016, nous avions plus de 11 % de chômage ; depuis, l’ensemble des collectivités territoriales, qu’elles soient de droite ou de gauche, ont massivement investi pour faire émerger les énergies marines renouvelables notamment ; le taux de chômage est tombé à 4,7 %.”
“Il vise à ce que soit prévue par le code de l’environnement une loi de programmation quinquennale entièrement consacrée au parcours du combustible nucléaire, comprenant l’amont et l’aval de son utilisation, notamment l’approvisionnement en uranium et en matières premières critiques ainsi que la valorisation des combustibles usagés et matières radioactives. Nous avons besoin d’anticiper les capacités de stockage des sites existants pour ces déchets, de développer de nouvelles installations, de garantir aux Français la transparence de ce cycle du combustible qui constitue un enjeu majeur. Nous en avons débattu à de nombreuses reprises : une loi ad hoc nous permettrait d’en savoir plus et de mieux planifier les choses.”
“Tout est parfait, circulez, il n’y a rien à voir !”
“Là encore, il existe un chemin en la matière : la coalition transpartisane pour l’énergie hydrolienne, composée de parlementaires de cinq groupes politiques différents, de droite comme de gauche, que j’ai l’honneur de piloter, en est la parfaite illustration. Ce nouveau mix devra être entièrement résilient ; il devra s’accompagner d’une politique d’investissements dans le réseau de distribution et nos capacités de stockage. Monsieur le premier ministre, une loi de programmation sur l’énergie et le climat serait bienvenue pour décliner plus en détail cette vision d’ensemble. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)”
“S’agissant des énergies renouvelables, il est primordial de noter qu’elles sont les seules à permettre d’augmenter notre capacité de production à court et à moyen terme, puisque nous n’aurons, quoi qu’il arrive, pas de nouveau matériel nucléaire avant 2037. Alors que nous disposons du deuxième espace maritime mondial, le sous-investissement de l’État dans les énergies marines peut être qualifié de coupable. (MM. Maxime Laisney et Matthias Tavel applaudissent.) Les technologies afférentes sont pourtant reconnues, sinon prometteuses. Je pense à l’éolien en mer, à l’énergie marémotrice et, bien sûr, à l’énergie hydrolienne (M. Didier Le Gac applaudit. – MM. Maxime Amblard et Raphaël Schellenberger s’exclament) , dont le potentiel est significatif – le deuxième d’Europe, avec 5 à 6 gigawattheures – et parfaitement prédictible.”
“…ainsi que sur de nouveaux réacteurs, et pour une autre part sur le développement ambitieux des énergies renouvelables, en particulier solaires et marines, afin de nous émanciper du nucléaire. Il serait inconséquent de faire de celui-ci l’alpha et l’oméga de notre mix énergétique, pour des raisons évidentes : la dépendance aux matières premières et les lourdes conséquences en matière de gestion des déchets qu’implique le nucléaire. Toutefois, il faut admettre que nous ne sommes plus en mesure, faute d’avoir tracé un autre chemin, de nous passer d’une production électronucléaire entièrement pilotable afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050.”
“…pour décliner sa stratégie énergétique, qui repose sur le diptyque : décarbonation et souveraineté. L’efficacité de cette stratégie repose tout à la fois sur une électrification des usages, afin de réduire notre dépendance aux énergies fossiles, sur une politique de sobriété, afin de diminuer nos besoins énergétiques, et sur des investissements significatifs, nécessaires pour développer les infrastructures et l’industrie des énergies nouvelles décarbonées. Il y va du succès de la transition énergétique, qui doit pour partie reposer sur notre parc nucléaire historique,…”
“Si cette occasion nous est offerte, soyez assuré, monsieur le premier ministre, que le groupe Socialistes et apparentés répondra pleinement présent…”
“Au contraire, ce texte pourrait apparaître contre-productif, tant il est perçu, à juste titre, comme un piège tendu par les détracteurs des énergies renouvelables dont l’objectif aussi inconscient qu’assumé est d’enterrer leur développement. Après trois ans de tergiversations, l’urgence est désormais à la publication d’une PPE, certes imparfaite, sans grande ambition, timorée à l’égard des énergies renouvelables, mais qui assure néanmoins une visibilité permettant au secteur d’y trouver son intérêt à court terme. Le temps viendra ensuite – nous en formons le vœu – de travailler à l’élaboration, à l’examen puis au vote d’une véritable LPEC, nécessaire à la définition et à la légitimation de notre stratégie énergétique. Cela ne peut décemment se faire sur la base d’un texte qui, vous en conviendrez, va à rebours de la PPE.”
“Des députés s’y sont essayés, lassés d’entendre qu’un texte était en préparation, qui ne venait jamais. Mais c’était sans doute trop demander à un chef de l’État ayant choisi de relancer la filière nucléaire depuis le huis clos élyséen. Sombre constat pour la démocratie parlementaire ! Ce débat intervient sous la pression et les menaces de la droite de cet hémicycle, sans déboucher sur aucun vote. Il n’effacera pas la mise à l’écart du Parlement. L’inscription envisagée à l’ordre du jour de l’Assemblée de la proposition de loi dite Gremillet portant programmation nationale et simplification normative dans le secteur économique de l’énergie, ne saurait tenir lieu d’une loi de programmation globale définissant la trajectoire vers nos objectifs.”
“Ce débat est le nouvel épisode d’une série d’occasions manquées. Que d’atermoiements depuis 2023 et le refus de présenter, en temps et en heure, une loi de programmation sur l’énergie et le climat (LPEC) ! L’examen d’un tel texte est pourtant la seule façon d’ouvrir un débat sur les grandes orientations énergétiques de la France. En lieu et place, vous adoptez une stratégie de l’évitement, illustrée par une poignée de textes sectoriels – projets de loi sur les énergies renouvelables, sur l’énergie nucléaire ou encore sur l’industrie verte –, dépourvus de la cohérence d’ensemble nécessaire pour atteindre nos objectifs énergétiques. Certes, le chemin était ardu ; mais il existait. Encore eût-il fallu s’en donner les moyens et accepter de dialoguer avec l’ensemble des groupes politiques, afin de trouver un équilibre.”
“Il faut souligner que les personnels du tribunal ont fait de gros efforts pour s’adapter à la situation. Ils comprennent bien les difficultés financières que rencontre l’État, mais ils ont la sensation que leurs efforts ne sont pas récompensés à la bonne mesure. Avec dix magistrats, c’était compliqué ; avec neuf, c’est quasiment impossible ! Ils savent que les retards vont s’accumuler si ces problèmes ne sont pas résolus très rapidement.”
“Par-delà les effets d’annonce, le gouvernement compte-t-il réellement répondre à ce problème de ressources humaines que connaît le tribunal de Cherbourg-en-Cotentin ?”
“Cette vacance de poste n’est bien évidemment pas sans conséquence sur le bon fonctionnement du tribunal, dans un contexte d’accroissement notable du nombre de saisines – de l’ordre de 50 % entre 2023 et 2024. Le remplacement rapide du magistrat manquant apparaît comme un impératif pour assurer le bon fonctionnement du service public de la justice et pour répondre aux attentes légitimes de justiciables, attachés à la justice de proximité. C’est d’ailleurs en ce sens que l’ancien ministre de la justice Éric Dupond-Moretti avait annoncé, lorsqu’il était en fonction, la création d’un poste supplémentaire de magistrat du siège et d’un poste de greffier au sein du tribunal. Pour l’heure, rien de tout cela n’est encore advenu.”
“Force est de constater – et mes derniers échanges avec les autorités compétentes en attestent – que ce calendrier n’a toujours pas été confirmé à ce jour. Parlementaires, élus locaux, professionnels et administrés s’interrogent donc légitimement quant à son actualité et s’inquiètent du préjudice qu’un éventuel retard pourrait porter au projet. Êtes-vous en mesure de confirmer le calendrier annoncé pour la construction du nouveau tribunal, en apportant les précisions attendues ? Ma seconde interrogation concerne la situation de sous-effectif rencontrée par ce même tribunal. Au début de l’année, un juge pour enfants a quitté le tribunal judiciaire de Cherbourg sans être remplacé, ce qui a porté le nombre de magistrats du siège, déjà insuffisant, de dix à neuf.”
“Ma question a trait à deux sujets relatifs au tribunal judiciaire de Cherbourg-en-Cotentin, dans ma circonscription. Le premier concerne le calendrier de construction du nouveau palais de justice. En 2019, la construction d’un nouveau tribunal permettant le regroupement des juridictions judiciaire, commerciale et prud’homale était actée par la garde des sceaux de l’époque, Nicole Belloubet ; sa réalisation était annoncée à l’horizon 2028-2029. Ce projet répondait au programme d’optimisation de l’immobilier de la justice, inscrit dans la loi du 20 novembre 2023 d’orientation et de programmation du ministère de la justice 2023-2027, et prévoyait que le ministère se porte acquéreur du foncier dès cette année 2025, pour un lancement des opérations préalables entre 2025 et 2026.”
“Vous savez à quel point le travail parlementaire sur les questions de défense nous importe. Nous avions déposé de nombreux amendements sur le sujet. Nous sommes parvenus à repousser au 2 avril la date de la revue nationale stratégique, initialement prévue le 14 mars. Il nous faudra plus de temps. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)”
“La simple révision de la revue nationale stratégique dans les couloirs du ministère des armées ne suffira pas ; nous devons avancer la révision de la loi de programmation militaire, initialement prévue en 2026, car le temps s’accélère. Quelles seront les orientations de notre effort ? Comment s’articulera-t-il avec ce qui relève de l’Otan, de la Commission européenne et du domaine intergouvernemental ? Vous engagez-vous à lancer rapidement le chantier de révision d’une LPM déjà caduque ? (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)”
“Quelle nouvelle répartition des compétences entre l’UE et l’Otan souhaitons-nous ? Qu’est-ce qui relève du domaine intergouvernemental, de la Commission ou d’accords stratégiques bilatéraux ? Quelle impulsion de la France pour faire vivre le E de la base industrielle et technologique de défense européenne ? L’assouplissement du pacte de stabilité permettra-t-il de financer le remplacement des hommes du Commandement des forces des États-Unis en Europe par des hommes appartenant à des forces européennes ? En effet, après la décision de Trump, intervenue la nuit dernière, de geler l’aide américaine à l’Ukraine et à quelques heures de son discours sur l’état de l’Union, il n’est plus minuit moins le quart mais moins une : nous avons besoin de précisions et d’actions concrètes. Nous avons besoin de réponses.”
“Hier, nous nous sommes retrouvés ici même à la demande du groupe Socialistes et apparentés pour débattre de la situation en Ukraine et de ses conséquences sur la sécurité en Europe. Nous sommes tous convenus que les grands équilibres de ces quatre-vingts dernières années disparaissaient sous nos yeux, que le monde se recomposait et que nous ne pouvions plus reporter à demain l’urgente nécessité de penser en Européens la sécurité collective de l’Europe. Nous l’avons tous dit, ou presque : nous devons repenser notre défense nationale et la sécurité commune européenne, augmenter les moyens, trouver des nouveaux outils pour soutenir la résistance ukrainienne et relever les nouveaux enjeux de défense. Ce que nous n’avons pas bien compris en revanche, c’est la façon dont nous procéderions et dans quel délai.”