Alma Dufour
LFI-NFP · France
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) En solde net, il n’y a plus une création d’emploi dans la vente textile en France et vous osez utiliser cet argument pour vous opposer à un texte qui aurait permis de soutenir l’industrie !”
“Aujourd’hui, on a l’impression d’avoir ici docteur Violland et mister Papin – ou Lefèvre ! Ouvrez les yeux, madame la rapporteure ! Vous dites qu’ils ne s’arrêteront pas à l’ ultrafast fashion . Ils ont dit au moins quatre fois que leur intention était de prendre un arrêté qui ne cible que Shein et Temu.”
“Jordan Bardella fait semblant de s’intéresser à l’écologie quand elle revient à la une des journaux télévisés, c’est-à-dire environ une fois par an. Sinon, qu’on ne s’inquiète pas, il ne connaît pas plus les causes du changement climatique ou les actions pour y remédier qu’Alice Cordier ne sait où se trouve l’Afghanistan.”
“Vous les présentez comme des acteurs vertueux de la fast fashion, alors qu’ils n’ont évidemment pas attendu l’apparition des plateformes Shein ou Temu pour délocaliser l’ensemble des emplois européens de production textile dans des pays à bas coût, où les usines fonctionnent au charbon.”
“Pourtant, pendant des années, alors que je militais pour alerter sur l’hécatombe subie par le commerce physique, soit la destruction de plus de 80 000 emplois en dix ans, en raison du dumping pratiqué par les plateformes de e-commerce – Amazon, Zalando, Cdiscount –, à chaque fois, vous les avez soutenues, que ce soit dans la loi Agec ou d…”
“Il aurait pu dessiner un avenir mettant fin à l’exploitation de travailleurs condamnés à des salaires de misère au Bangladesh, en Éthiopie ou en Ouzbékistan. Il aurait pu ouvrir la voie à un modèle capable de limiter la surconsommation et son impact sur le climat, tout en réduisant le prix d’une production vertueuse made in France.”
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“Vous avez baissé les budgets de l’hôpital !”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Je n’essaie même pas de vous convaincre et nous avons tous hâte de tourner la page. Comme d’habitude, vous êtes décevants et nous nous abstiendrons sur ce texte ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Aujourd’hui, on a l’impression d’avoir ici docteur Violland et mister Papin – ou Lefèvre ! Ouvrez les yeux, madame la rapporteure ! Vous dites qu’ils ne s’arrêteront pas à l’ ultrafast fashion . Ils ont dit au moins quatre fois que leur intention était de prendre un arrêté qui ne cible que Shein et Temu. Soyons clairs : je n’ai rien contre cela ! Mais vous savez très bien, messieurs les ministres, que cela ne permettra pas de créer un seul emploi en France. Vous le savez ! Je vous regarde droit dans les yeux parce que j’ai la légitimité d’avoir travaillé sur ce sujet depuis dix ans. J’étais sûre qu’après avoir laissé tout un secteur s’effondrer, vous utiliseriez cet argument encore une fois contre l’écologie. Je n’ai plus aucun espoir dans votre manière de gérer les choses. Vous n’avez rien à apporter à la France.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) En solde net, il n’y a plus une création d’emploi dans la vente textile en France et vous osez utiliser cet argument pour vous opposer à un texte qui aurait permis de soutenir l’industrie ! Voilà ce que vous êtes en train de faire, après avoir laissé tous les emplois disparaître, après avoir laissé prospérer la fraude à la TVA, après avoir refusé d’assujettir le e-commerce à la taxe sur les surfaces commerciales (Tascom) et de geler les loyers des enseignes textiles en 2023 et en 2024 ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous n’en avez rien à faire des emplois dans le commerce de vêtements, sinon vous seriez à nos côtés quand nous essayons de soutenir les salariés de Camaïeu, de Naf-Naf ou de Kiabi, Kiabi qui n’a pas créé un emploi durant les trois dernières années.”
“Pourtant, pendant des années, alors que je militais pour alerter sur l’hécatombe subie par le commerce physique, soit la destruction de plus de 80 000 emplois en dix ans, en raison du dumping pratiqué par les plateformes de e-commerce – Amazon, Zalando, Cdiscount –, à chaque fois, vous les avez soutenues, que ce soit dans la loi Agec ou dans la loi « climat et résilience ». Vous êtes allés jusqu’à censurer un rapport de France Stratégie qui nous alertait sur le fait que tous les emplois dans le textile allaient disparaître ! Et aujourd’hui, vous arrivez en disant qu’il ne faudrait pas toucher à un emploi ! Monsieur Lefèvre, nous avons perdu 80 000 emplois en solde net dans le textile.”
“Vous les présentez comme des acteurs vertueux de la fast fashion, alors qu’ils n’ont évidemment pas attendu l’apparition des plateformes Shein ou Temu pour délocaliser l’ensemble des emplois européens de production textile dans des pays à bas coût, où les usines fonctionnent au charbon. Vous faites semblant de découvrir ce problème maintenant que des entreprises étrangères baissent encore plus les prix. En réalité, cela fait vingt ans que la filière textile est une des plus problématiques pour les droits humains et pour le changement climatique. (Mme Marie Mesmeur applaudit.) Vous prétendez agir au nom de la protection des emplois en magasin, notamment dans le secteur textile, qui souffre énormément.”
“Il aurait pu dessiner un avenir mettant fin à l’exploitation de travailleurs condamnés à des salaires de misère au Bangladesh, en Éthiopie ou en Ouzbékistan. Il aurait pu ouvrir la voie à un modèle capable de limiter la surconsommation et son impact sur le climat, tout en réduisant le prix d’une production vertueuse made in France. Ce texte, vous souhaitez désormais le limiter et, en réalité, le saboter. Vous auriez pu poser la première pierre d’une véritable révolution industrielle, mais vous finirez, comme toujours, en défenseurs des petits intérêts de vos petits copains comme Kiabi, Zara, Uniqlo.”
“Jordan Bardella fait semblant de s’intéresser à l’écologie quand elle revient à la une des journaux télévisés, c’est-à-dire environ une fois par an. Sinon, qu’on ne s’inquiète pas, il ne connaît pas plus les causes du changement climatique ou les actions pour y remédier qu’Alice Cordier ne sait où se trouve l’Afghanistan. (Mme Marie Mesmeur applaudit.) Revenons-en au sujet qui nous occupe : alors que nous étouffons sous la chaleur de l’année qui sera malheureusement la plus froide du reste de notre vie, la loi pour encadrer la fast fashion est une déception, qui confirme la règle : en matière d’écologie, avec vous, nous sommes toujours déçus. Ce texte aurait pu poser les bases d’une nouvelle politique industrielle, climatique et sociale.”
“Bref, à l’heure où nous souffrons tous de la chaleur et que rien n’est fait pour permettre une réelle adaptation, à l’heure où des enfants s’évanouissent encore dans les cours de nos écoles, après que vous avez délibérément voté la réduction des budgets de l’adaptation au changement climatique et de la rénovation des logements avec le soutien du Rassemblement national – plus ou moins présent à cet instant, comme d’habitude quand il s’agit d’écologie.”
“À l’heure où les Français suffoquent sous 40 degrés , où l’on apprend que la police est envoyée pour démanteler des piscines gonflables dans les quartiers prioritaires, nous apprenons aussi que les administrateurs et les fonctionnaires de l’Assemblée nationale ont demandé des horaires aménagés et sont toujours contraints de travailler dehors ou à l’accueil, où il faisait 35 degrés tout à l’heure. Je me devais de relayer leurs inquiétudes.”
“Par ailleurs, je note que ces amendements ont été déposés par des personnes qui votent la réduction des budgets de l’hôpital public, (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Cyrielle Chatelain applaudit également) alors qu’on sait que c’est ce qui nous empêche d’avoir d’autres solutions accessibles à toutes les Françaises et à tous les Français. Enfin, je suis désolée, mais j’ai entendu des âneries, dans votre camp, et il faudrait travailler un peu ! Quelqu’un a dit que le suicide était déjà illégal. Apprenez que depuis Napoléon, le suicide n’est plus illégal. Ce n’est certes pas un droit, mais le suicide est légal en France ; c’est le fait d’assister quelqu’un dans cette démarche qui est illégal, et c’est pourquoi nous en débattons, à propos des personnes qui sont en phase terminale et en grande souffrance.”
“Elle a dit aussi que nous étions incapables d’imaginer la souffrance de quelqu’un qui traverse de tels moments. Et bien moi, je peux vous parler de ce que c’est de ne plus être alimenté et de ne plus boire. Même sous morphine, on souffre. Une personne dans cette situation dit tous les jours à ses proches qu’elle n’en peut plus et qu’elle veut mourir. Si nous défendons cette proposition de loi, c’est précisément parce que nous avons vécu des situations où les personnes que nous aimions le plus nous ont demandé de pouvoir partir dignement et sans souffrance. On la connaît, la réalité d’un corps qu’on cesse d’alimenter. Arrêtez de faire comme si ce que permet la loi en vigueur suffisait ; si tel était le cas, nous n’en serions pas là.”
“Si vous le permettez, je vais quitter la sémantique quelques secondes parce que j’ai entendu beaucoup de propos depuis le début de la soirée qui me donnent envie de réagir. Mme Mansouri, qui est partie, parlait tout à l’heure des soins palliatifs comme d’une aide à mourir, ce qui est faux. Est-ce que vous savez ce que vivent les proches d’une personne en soins palliatifs ?”
“C’est aussi pour cela que nous voulons nationaliser ! Parce qu’un PDG qui refuse d’investir pour protéger la santé des travailleurs et qui les laisse littéralement mourir, on n’en veut pas en France ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Ouvrez les yeux ! Vous êtes irresponsables, vous n’avez pas de cœur. (Les députés de groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS.)”
“– Mme Sandrine Runel applaudit également.) Sans savoir qu’à Fos-sur-Mer, il y a des dizaines et des dizaines de morts depuis vingt ans, que votre ministre du travail a refusé de classer le site comme dangereux en raison de la présence d’amiante et que vous laissez littéralement crever les salariés ?”
“Que cette fin de règne est longue ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous entendre parler de doigt mouillé, alors que vous n’êtes même plus capables de prévoir le déficit chaque année ! Faut-il vous rappeler quel est le taux de croissance actuel de la France ? Zéro, mes amis, zéro pour cent ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Mais cessons là l’humour. Qui a dit, sur vos bancs, qu’ArcelorMittal était un bon gestionnaire, sans même s’intéresser une seconde à la situation des plus de 800 travailleurs en suivi renforcé pour exposition à l’amiante ? (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.”
“Eh oui ! C’est ce « deux poids, deux mesures » qui est scandaleux !”
“Soyez transparent ! (Sourires sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Monsieur le ministre, je vais droit au but : nous sommes tous favorables à l’idée d’imposer un contenu local européen mais je ne comprends pas sur quelle politique publique européenne vous entendez adosser cette mesure. Vous n’avez pas répondu clairement aux questions posées sur les droits de douane. Dès lors, le non-respect du contenu local entraînerait-il seulement une augmentation du malus ? Ou bien une interdiction de mise sur le marché ? Vous avez évoqué les conflits qui existent entre la France et l’Allemagne sur ces questions. Créer un label européen, c’est une chose, mais sur quoi sera-t-il adossé ? Nous aimerions tous le savoir.”
“En témoigne le fait que près de 20 000 R5 électriques – dont les moteurs sont fabriqués dans ma circonscription – n’ont pas été encore été vendus à ce jour, à cause de leur prix. Il est bon de se méfier des constructeurs chinois qui inondent le marché mais il faut aussi être vigilant à l’égard de nos propres constructeurs qui sont en train de partir pour la Chine. C’est le cas de Renault : après avoir menti au gouvernement pendant deux ans en affirmant que la R5 serait produite uniquement en France, le groupe est sur le point de signer, pour 2026, la fabrication de ces mêmes moteurs en Chine. Je tiens à votre disposition les documents que j’ai déjà transmis à vos collègues.”
“En préambule, je réponds brièvement à M. Michoux qui nous a fait le plaisir et l’honneur de parler de nous. J’ai été très étonnée d’entendre, de la part d’un groupe qui se prétend patriote et nationaliste, en tout cas se revendique comme tel, un plaidoyer aussi émouvant en faveur de la filière thermique, donc de la dépendance de la France à l’égard du pétrole, au moment où explosent de nouveau des conflits géopolitiques liés à cette énergie et alors que la France est, en Europe, le premier exportateur net d’électricité. C’est là une pensée originale, qu’il convient de saluer à ce titre. S’agissant des véhicules électriques, madame Brulebois, il n’y a pas en France de problème concernant la capacité de production ; il y a en revanche un problème de vente de ces véhicules.”
“Il y a huit projets de raffineries en France !”
“Le problème n’est pas la qualité du service rendu, mais ce que peut payer un Français moyen !”
“Attendez ! N’y a-t-il pas des aides publiques pour les rénovations ?”
“Pourtant, il est déjà prévu dans la loi !”
“Ne venez pas vous plaindre que des marchés parallèles se créent !”
“Aujourd’hui, la vie de 500 personnes est en danger. Nous devons leur reconnaître ce droit élémentaire. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benoît Biteau applaudit également.)”
“Pour nous, le départ à la retraite, ce n’est pas une nouvelle vie, c’est un aller simple pour le cimetière. « Le classement du site à l’Acaata pour la période 1997-2025 n’est pas une faveur. C’est la justice la plus élémentaire. C’est nous redonner la vie, le temps, la dignité qu’on mérite. Monsieur le ministre, allez-vous classer le site et vous engagez-vous à nous recevoir avant la fin de l’année suite aux nouveaux éléments transmis ? » (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont les membres se lèvent, ainsi que sur quelques bancs du groupe EcoS. – M. Marc Pena applaudit également.)”
“Benjamin Lucas-Lundy et Marc Pena applaudissent également.) « Nous avons transmis à votre administration des preuves incontestables de cette exposition. L’inspection du travail et la commission de la caisse accidents du travail et maladies professionnelles ont rendu un avis favorable. Une décision négative de votre part serait une capitulation face à un simple chantage à l’emploi. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) « L’État laissera-t-il des travailleurs d’une industrie essentielle risquer un jour de plus leur vie au travail ? Les médecins le confirment : nous perdons quinze années d’espérance de vie. Savez-vous ce que c’est que d’aller au travail la peur au ventre ? Savez-vous ce que c’est quand, tous les mois, un collègue, un ami, vous annonce un cancer ?”
“Marc Pena applaudit également.) À Fos-sur-Mer, les salariés et leurs familles – soit 20 000 personnes – attendent votre décision de classement du site afin qu’ils puissent prétendre à l’allocation de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante (Acaata). Voici la lettre qu’ils m’ont demandé de vous lire : « Monsieur le ministre, depuis trente ans, nous avons manipulé chaque jour de l’amiante, sans protection et sans le savoir. Arcelor n’a pas respecté la loi : pas de repérage avant 2019, pas de cartographie avant 2025, des fiches d’exposition incomplètes, voire inexistantes. Ce n’est pas une erreur ; c’est criminel. Arcelor est déjà mis en examen pour faux et usage de faux ainsi que mise en danger délibérée de la vie d’autrui à Fos-sur-Mer. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – MM.”
“Monsieur le ministre du travail, le gouvernement voudrait balayer d’un revers de main la nationalisation d’ArcelorMittal, que La France insoumise a fait adopter à l’Assemblée le 27 novembre. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) C’est compter sans les travailleurs qui nous mettent en garde depuis des années : leur emploi et leur santé sont en danger. Face aux conditions d’hygiène déplorables et à la perte de revenu net, les salariés de Dunkerque se sont mis en grève. L’arrêt d’un haut-fourneau pourrait conduire à celui de tous les sites de France. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M.”
“Pourquoi alors ne pas avoir voté les précédents amendements ?”
“(Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Je suis choquée par ailleurs de n’entendre parler que de plateformes asiatiques. Amazon, que vous avez largement aidé à s’installer en France, vend les mêmes produits que Wish, AliExpress ou Shein. (Mêmes mouvements.) Arrêtons de fantasmer et parlons vrai : nous voulons taxer les plateformes et non les colis. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Je souhaite éclairer la portée de notre vote contre l’amendement de suppression de l’article 22. Selon Mme la ministre, la taxe, bien qu’assise sur les colis, sera supportée par les plateformes. Pour sa part, M. Juvin avait déposé un amendement visant à taxer directement les plateformes en fonction du nombre de colis envoyés de manière à s’assurer que la taxe ne pèserait pas sur les consommateurs. Nous sommes étonnés qu’il ait retiré son amendement et nous aimerions connaître les raisons de ce retrait. Mme la ministre explique elle-même que la redevance est destinée à financer les contrôles. Arrêtez donc de dire qu’elle va sauver les petits commerces de France ! Si vous vouliez les sauver, vous feriez payer la TVA à toutes les plateformes d’e-commerce hébergeant ce type de revendeurs comme nous le demandons depuis des années.”
“Non, nous n’allons pas voir des millions de colis voyager par bateau, alors même qu’Amazon pratique la vente à perte pour garantir une livraison en un jour. Néanmoins, je suis également outrée en vous entendant, madame la ministre. Comme vous le savez, je me bats depuis plus de huit ans pour sauver les petits commerces de la menace de l’e-commerce (Exclamations et rires sur plusieurs bancs du groupe RN) , pendant que vos gouvernements successifs ont laissé prospérer une distorsion fiscale intolérable au profit d’acteurs comme Amazon. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Aujourd’hui, vous vous en mordez les doigts, mais c’est trop tard ! Nous avons perdu 60 000 emplois… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’oratrice.)”
“Je l’ai déjà dit aux députés du Rassemblement national à propos de l’automobile : quand on prend la parole de manière si enflammée, encore faut-il connaître le secteur dont on parle ; cela vous éviterait de dire absolument n’importe quoi. Je suis désolée, monsieur de Courson, mais ma remarque s’adresse également à vous. La spécificité des plateformes de l’e-commerce est de tout faire pour casser les prix au maximum. Non, elles ne peuvent pas installer des centres d’assemblage à la frontière pour contourner la taxe. Non, elles ne peuvent pas basculer leurs flux sur le transport maritime : la concurrence entre les plateformes repose sur une guerre des délais de livraison.”
“Ainsi que le budget de la justice, ça va ensemble !”
“Il faut obliger les entreprises à acheter des véhicules électriques made in France ou made in Europe. Vous n’avez toujours pas compris ça ! Retirez donc vos amendements de suppression ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“– Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Et si le prix des véhicules explose, c’est à cause de la stratégie des constructeurs, pas des malus sur les véhicules, qui n’ont rien à voir avec cet article, comme l’a dit Mme la ministre ! Ici, il s’agit du verdissement des flottes.”
“Je suis absolument atterrée par ces articles de suppression qui émanent d’un camp qui se dit proche des entreprises et favorable au made in France. Je ne suis pas sûre que vous ayez bien compris ce que vous proposez : ces amendements, s’ils sont votés, supprimeront des dizaines de milliers d’emplois en France ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Pour une fois, je suis d’accord avec ce que le gouvernement propose pour l’industrie automobile. Vous n’y connaissez tellement rien, vous ne voyez tellement pas plus loin que le bout de vos préjugés, que vous ne comprenez pas que les délocalisations dans le thermique ont déjà eu lieu ! C’était il y a quinze ans ! (Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.”
“Dans le discours seulement ! En vrai, ils s’en fichent !”
“C’est comme cela que vous soutenez la France qui travaille, chez EPR et au RN ?”
“Ça fait deux ans que vous nous empêchez de voter sur la réforme des retraites !”
“Voilà l’état de l’hôpital aujourd’hui ! Regardez les choses en face ! (Applaudissements prolongés sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Ce sont des soignants dans les Ehpad, obligés d’endormir les résidents à 17 heures avec des cachets parce qu’ils n’ont pas le temps de faire la tournée du soir. C’est l’hôpital Georges-Pompidou, qui organise une cagnotte Leetchi pour acheter un scanner. (Protestations sur les bancs du groupe EPR.) C’est 19 millions d’euros en moins pour la recherche sur les cancers pédiatriques.”
“Je tiens à répondre aux interpellations de M. Vigier, qui a dit que nous mentions. Puisqu’il faut vous dire les choses crûment, je vais le faire. Dans cet hémicycle, il y a 577 places. Imaginez le triple : c’est le nombre de gens qui meurent chaque année dans un couloir d’attente des urgences, par manque de prise en charge. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Annie Vidal proteste.) Vous connaissez ce chiffre comme moi, madame Vidal. Et je ne compte pas tous les gens décédés pendant qu’on les balade d’un hôpital à l’autre alors qu’ils ont fait un infarctus. Toujours pour vous parler crûment, la réalité, ce sont des personnes âgées qui décèdent après avoir été attachées pendant quatre-vingts heures sur des brancards, comme c’est arrivé à M. Saint-Martin dans ma circonscription de Rouen.”
“Vous vous y connaissez en approximations !”
“La réalité est qu’avec les aides de l’État, les multinationales ont versé des dividendes supérieurs à leurs profits. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Quand vous faites les poches aux chômeurs, aux retraités, aux apprentis, quand vous allez contrôler les comptes en banque des allocataires du RSA, il n’y a pas un euro qui se perd, mais vous créez une brèche béante dans votre prétendue niche fiscale. C’est absolument scandaleux ! Pensez-vous sérieusement que les Français vous font confiance ? Pensez-vous qu’ils ont oublié que, depuis des décennies, vous laissez passer 3 milliards de fraude à la taxe sur les dividendes ? Pensez-vous qu’ils ont oublié que vous n’avez agi que parce que les journalistes ont découvert le pot aux roses et que l’ancien ministre des finances M. Lombard a saboté la loi ? Nous n’oublions pas que, pendant le covid, vous nous avez dit que des milliards étaient planqués dans des holdings en attendant d’être réinvestis dans l’économie réelle.”
“Elle permettra de mettre fin à des décennies d’évasion fiscale, favorisée par chaque brèche que les gouvernements successifs ont ouverte dans le droit fiscal. Les stratégies des milliardaires et des multinationales nous coûtent environ 100 milliards par an, soit un montant équivalent à notre déficit annuel. Vous avez transformé la taxe sur les milliardaires en taxe de Schrödinger. Les services fiscaux vont désormais devoir localiser M. Bolloré pour savoir s’il a fait une réunion d’affaires sur son yacht et déterminer s’il est donc imposable. Vous vous êtes rendu compte trop tard, alors que vous aviez l’exemple sous les yeux, qu’il suffit aux milliardaires de louer leur propre yacht afin de ne plus en être propriétaire et échapper ainsi à votre prétendue taxe.”