Nadège Abomangoli
LFI-NFP · France
“Il se lit aussi dans la banalisation de la négrophobie, dans une fresque à l’Assemblée nationale, dans la caricature de la députée Danièle Obono dans un magazine d’extrême droite (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS) ou dans les propos racistes qui infusent le débat public, sur CNews et ailleurs, contre le maire ins…”
“Ses effets, je viens d’en parler, c’est le racisme, l’islamophobie, l’antisémitisme et le racisme anti-asiatique. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Voilà pourquoi nous ne devons pas nous borner à de « vaines formules d’indignation vertueuse et stérile », pour reprendre les mots de Jau…”
“Nous sommes d’accord sur ce point, madame la ministre, mais nous avons manifestement moins de réticences que vous. Comme l’a expliqué mon collègue, réfléchir aux réparations ne signifie pas forcément une réparation matérielle.”
“Si cette injustice est lointaine, sa vivacité dans les débats contemporains témoigne de la plaie encore béante qu’elle a causée. Réparer, c’est aussi regarder les conséquences matérielles et contemporaines de l’esclavage colonial.”
“Les textes ayant organisé l’esclavage colonial n’ont plus leur place dans notre ordre juridique. Le Code noir fut l’instrument légal d’un système immoral de déshumanisation de millions d’esclaves déracinés.”
“Pour conclure, je rappellerai ce que Jean Jaurès écrivait en 1911 : « Monopoles et emprunts marocains, expropriation brutale des Kabyles d’Algérie, grandes concessions congolaises […] : autant de griffes que le colonialisme rapace a enfoncées dans la chair des vaincus.”
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“Pour conclure, je rappellerai ce que Jean Jaurès écrivait en 1911 : « Monopoles et emprunts marocains, expropriation brutale des Kabyles d’Algérie, grandes concessions congolaises […] : autant de griffes que le colonialisme rapace a enfoncées dans la chair des vaincus. Et le débat serait bien misérable […] s’il se bornait […] à de vaines formules d’indignation vertueuse et stérile. Il faut qu’au profit des indigènes spoliés et violentés soient adoptées d’énergiques mesures de réparation. » (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont les députés se lèvent, et sur plusieurs bancs des groupes EcoS et GDR.)”
“Si cette injustice est lointaine, sa vivacité dans les débats contemporains témoigne de la plaie encore béante qu’elle a causée. Réparer, c’est aussi regarder les conséquences matérielles et contemporaines de l’esclavage colonial. C’est ouvrir sérieusement le débat sur des mesures de justice réparatrice, y compris matérielles et peut-être financières. On ne saurait trop le dire : le combat contre le racisme, contre les discriminations et contre les conséquences socio-économiques de l’ordre colonial reste un combat contemporain. (Mêmes mouvements.) Alors oui, nous voterons pour ce texte, qui répond à une exigence de justice mémorielle, mais nous affirmons aussi qu’il n’est qu’un point de départ.”
“Nous sommes d’accord sur ce point, madame la ministre, mais nous avons manifestement moins de réticences que vous. Comme l’a expliqué mon collègue, réfléchir aux réparations ne signifie pas forcément une réparation matérielle. Nous devons ouvrir le débat de manière très claire, et vous ne pouvez pas préjuger des demandes de ceux qui les réclament. Il existe une contradiction historique majeure dans notre République : ce sont bien les propriétaires d’esclaves qui ont été indemnisés. Les bourreaux ont été compensés pour la perte de leur patrimoine humain ; les victimes, elles, n’ont jamais rien reçu. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Comme l’a dit mon collègue, les bourreaux ne sauraient être récompensés.”
“Ses effets, je viens d’en parler, c’est le racisme, l’islamophobie, l’antisémitisme et le racisme anti-asiatique. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Voilà pourquoi nous ne devons pas nous borner à de « vaines formules d’indignation vertueuse et stérile », pour reprendre les mots de Jaurès. Nous parlons ici d’un corpus de textes à l’origine d’un crime contre l’humanité, reconnu par la France en 2001 grâce à la loi Taubira. Je salue à cet égard le travail acharné de Christiane Taubira et de toutes les associations qui ont œuvré pour cette reconnaissance. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS.) Emmanuel Macron a dit qu’il était en quelque sorte d’accord avec le principe des réparations et que le sujet ne devait pas être éludé.”
“Il se lit aussi dans la banalisation de la négrophobie, dans une fresque à l’Assemblée nationale, dans la caricature de la députée Danièle Obono dans un magazine d’extrême droite (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS) ou dans les propos racistes qui infusent le débat public, sur CNews et ailleurs, contre le maire insoumis Bally Bagayoko. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, EcoS et GDR.) Les représentations mentales issues de l’ordre colonial n’ont jamais totalement disparu. Leur facilité à refaire surface en est la preuve navrante. Une simple abrogation du Code noir ne saurait suffire. C’est pourquoi nos collègues ont proposé une abrogation ab initio , c’est-à-dire depuis son commencement, pour effacer rétroactivement cette tache et tous les effets juridiques de ce texte.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur les bancs des commissions.) C’est toute l’abjection de ce texte, qui, par la réification de la personne noire hier, a structuré le racisme moderne et ses conséquences socio-économiques aujourd’hui. En cela, l’héritage de l’esclavage irrigue encore les veines de notre société. Il se lit dans les discriminations à l’emploi ou au logement, dans les inégalités persistantes et dans les politiques d’exception dont les outre-mer font l’objet.”
“Les textes ayant organisé l’esclavage colonial n’ont plus leur place dans notre ordre juridique. Le Code noir fut l’instrument légal d’un système immoral de déshumanisation de millions d’esclaves déracinés. Il fut aussi un outil de hiérarchisation raciale servant à justifier un système de domination, d’exploitation proto-capitaliste et d’accumulation de richesses. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Tout cela au profit du royaume et d’une caste esclavagiste dont la descendance est encore bénéficiaire. De grandes entreprises, des banques, des richesses personnelles se sont construites sur des cadavres.”
“Nous parlons aujourd’hui du Code noir, fondement d’un système qui a conduit à un crime contre l’humanité. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Rappeler à ce propos votre divergence de vote au sein du Parlement français comme du Parlement européen, c’est évidemment contribuer au débat concernant le Code noir. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)”
“Je souhaitais revenir à mon tour sur l’intervention du président Chenu, qui témoigne d’une forme de révisionnisme politique puisqu’il a qualifié de politiciennes nos positions, qui ne sont que politiques : l’antiracisme est politique. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Gabrielle Cathala rappelait seulement ce que vous avez fait au Parlement européen, où il s’agissait de désigner l’esclavage, la traite, comme un crime contre l’humanité.”
“Andy Kerbrat et Antoine Léaument applaudissent.) Voilà pourquoi il s’oppose aujourd’hui à cette proposition de résolution. Nous voterons contre son amendement de suppression, qui relève de l’hypocrisie. De notre côté, nous sommes cohérents. Nous avons soulevé ce qui nous semble être, dans votre texte, des éléments d’hypocrisie, si l’on en juge par votre réveil tardif à l’égard de l’oligarque qui dirige la Géorgie. Nous soulignons également l’hypocrisie du Rassemblement national. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Vous l’avez dit lors de la présentation, madame la rapporteure, et plusieurs orateurs l’ont rappelé : en Géorgie, il existe une aspiration à l’adhésion à l’Union européenne. C’est ainsi, que cela nous plaise ou non ; il faut respecter cette aspiration. Nous souhaitons que le peuple géorgien puisse se prononcer sur cette adhésion, dans le respect de sa souveraineté. Or, précisément, nous considérons que, dans le texte, vous en avez un peu trop fait à ce sujet. L’opposition du groupe La France insoumise à ce texte ne repose pas sur les mêmes motivations que celle du groupe Rassemblement national. Nous savons que le Rassemblement national était très proche du gouvernement de Viktor Orbán, qui avait lui-même adoubé le gouvernement géorgien. (MM.”
“Manifestement, nous avons une divergence dans la lecture des intentions contenues dans ce texte. À nos yeux, l’expression « destin européen », qui figure dans le titre, parle d’elle-même, tout comme les considérants et les amendements que vous avez déposés, madame la rapporteure, à votre propre texte. Mais nous ne sommes pas d’accord non plus avec ce que propose le Rassemblement national, même si nous l’avons entendu parler de respect de la souveraineté de la Géorgie. Pour notre part, nous n’avons pas déposé d’amendement, parce que nous ne voulions pas laisser entendre que nous ne sommes pas solidaires avec le peuple géorgien. Nonobstant, nous considérons que vous avez introduit dans ce texte des éléments qui empêchent de voter en sa faveur.”
“Cet agenda politique, c’est d’abord la mise sous tutelle d’un État suffisamment faible pour en faire un État croupion vis-à-vis de puissances européennes telles que la France ou l’Allemagne ; pour en faire un État soumis à n’importe quel diktat économique et commercial – notre rapport aux États-Unis montre que nous ne sommes pas capables d’offrir autre chose à la Géorgie. Cet agenda politique, c’est ensuite une initiative qui vise à laver le pouvoir macroniste de ses compromissions ; c’est enfin une logique de tensions à l’égard de la Russie, sans plan pour y faire face. Nous ne voterons donc pas pour cette proposition de résolution. Il appartient au peuple géorgien de décider de son destin, avec ou sans nous. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Cette situation n’avait d’ailleurs pas découragé Raphaël Glucksmann, entre 2009 et 2012, de lui prêter ses bons offices (Mme Gabrielle Cathala applaudit) pour opérer un rapprochement avec l’Union européenne, en particulier avec la France de Nicolas Sarkozy : un cap clair dans le soutien à un régime corrompu et illibéral. En définitive, cette résolution porte en elle trop d’hypocrisies et d’indignations sélectives (Mêmes mouvements) , tout cela pour défendre un agenda politique dans lequel nous ne nous reconnaissons pas.”
“» et applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Quant à l’ancien président Mikheïl Saakachvili, dont vous dénoncez légitimement les conditions d’incarcération, rappelons qu’il a été condamné en 2018 pour abus de pouvoir et que ses mandats ont été marqués par des violations des droits de l’homme, dénoncées par Human Rights Watch. Les dérives illibérales ne datent donc pas d’aujourd’hui. À cette époque, M. Saakachvili piétinait déjà les droits sociaux et politiques du peuple géorgien et n’hésitait pas à réprimer les mobilisations pacifiques contre son régime kleptocratique.”
“…malgré la nature du régime, que cette résolution dénonce à juste titre ? Comme d’habitude, la France d’Emmanuel Macron aura eu l’indignation timide face à la perspective de profits. Cette résolution a au moins le mérite de souligner les ambiguïtés de la France à l’égard des dirigeants géorgiens. Il est en effet étonnant de voir le camp présidentiel dénoncer la satellisation par la Russie de l’oligarque pro-Poutine Ivanichvili, dirigeant occulte de la Géorgie et fondateur du parti au pouvoir. N’est-ce pas M. Macron qui, en 2021, le décorait de la Légion d’honneur, que vous appelez désormais à lui retirer ? Pourtant, M. Ivanichvili était loin, déjà, d’être un chantre de la démocratie et des droits de l’homme. (« Eh oui !”
“Mais pardonnez-nous de rire un peu quand cette résolution présente le « destin européen » comme un bouclier contre « les restrictions à la liberté d’expression et de manifestation » ou contre « l’usage disproportionné de la force contre les manifestants pacifiques » – pour reprendre vos termes –, alors que nous voyons cela en France. Par ailleurs, l’indignation relative au respect des droits de l’homme en Géorgie est plus que tardive, et le fait qu’elle soit présentée par une députée du camp présidentiel ne manque pas de sel. Étiez-vous révoltés en novembre 2025, quand l’Élysée envoyait une délégation militaro-industrielle en Géorgie (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) afin d’y prospecter pour de potentielles ventes d’armes,…”
“Rien qu’en France, les constats dressés font froid dans le dos : racisme systémique, hausse des violences policières et recul de la liberté d’expression et de réunion – rien de bien surprenant quand on sait qu’en 2023, la méthode Macron a valu à la France des critiques de l’Organisation des Nations unies pour ces mêmes raisons. Bien sûr, je ne compare pas la France à la Géorgie.”
“Alors que Donald Trump plonge le monde dans le chaos, en imposant ses diktats bellicistes et commerciaux, l’Union européenne est incapable de faire front autour d’un « non à la guerre ». Cette résolution laisse également entendre que l’ancrage dans le fameux « destin européen » constituerait de facto une protection contre les dérives illibérales. Un tel postulat paraît frappé du sceau de l’audace, quand on sait à quel point ces dérives ont foisonné et foisonnent encore au sein de l’Union européenne. L’édition 2026 du rapport d’Amnesty International sur la situation des droits humains dans le monde parle d’elle-même.”
“De manière plus générale, nous restons opposés au principe de toute nouvelle adhésion à l’Union européenne tant que celle-ci demeurera un espace de compétition entre nations, plutôt qu’un réel espace de solidarité. L’actualité récente l’a prouvé : l’Union n’a d’union que le nom. En réalité, vous fantasmez des intérêts communs face aux menaces russes et, dans une moindre mesure, face aux menaces états-uniennes. Quand elle n’est pas occupée à adopter des textes régressifs en matière d’immigration ou à céder aux dérives de l’ultralibéralisme, l’Union européenne donne à voir un spectacle déplorable sur la scène internationale : elle n’est ni un bloc ni une entité autonome du point de vue stratégique, car elle n’est absolument pas solidaire.”
“Tout d’abord, l’adhésion de la Géorgie à l’Union européenne n’a rien d’une évidence au regard des critères fixés par les traités en matière de respect des droits fondamentaux, de lutte contre la corruption ou encore de transparence des marchés. En outre, l’adhésion de la Géorgie à l’Union européenne comporterait des risques géopolitiques indéniables, dans un contexte où 20 % du territoire souverain de la Géorgie est sous contrôle russe. Dans ces conditions, votre zèle en faveur d’un tel élargissement alimenterait sans nul doute une confrontation directe avec la Russie, qui mettrait l’Europe et notre pays en danger, alors même que vous ne disposez d’aucun plan pour y parer.”
“Le soutien aux peuples en lutte contre les pouvoirs qui les oppressent rassemble les progressistes et les humanistes. Mais les progressistes et les humanistes de façade abîment cette noble cause. Nous sommes opposés à l’hypocrisie et aux instrumentalisations. Or c’est ce qui ressort de cette proposition de résolution : elle utilise la cause du droit du peuple géorgien à vivre en démocratie, au service d’un agenda européen aux contours mal définis. L’objectif de cette résolution serait en effet d’acter pompeusement le soutien de la France au très romantisé « destin européen de la Géorgie ». Le lyrisme de cette formule n’efface pas les apories de ce texte.”
“Je précise, pour répondre aux objections qui nous ont été faites en commission, que cette proposition n’altère en rien la présomption de paternité prévue au même article. Cette présomption s’applique aux enfants conçus avant le mariage, donc sans l’obligation de fidélité qui a été historiquement utilisée pour distinguer les enfants dits naturels des enfants dits légitimes – une distinction qui n’existe plus depuis 1971. Nous estimons que la fidélité, largement comprise comme fidélité charnelle, ne doit pas compter parmi les devoirs des époux et que le manquement à la fidélité, encore interprété comme un défaut du devoir conjugal, ne doit pas pouvoir constituer une cause de divorce pour faute. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Anna Pic applaudit également.)”
“Nous souhaitons supprimer le mot « fidélité » à l’article 212 du code civil. Nous savons que cette proposition fait débat – nous l’avons notamment constaté en commission – mais nous pensons que cette obligation est essentiellement interprétée comme relevant de la fidélité charnelle, qui serait une composante de la communauté de vie ; à ce titre, elle se situe dans la continuité du devoir conjugal. La notion de fidélité laisse supposer un droit de contrôle sur le corps de l’autre ; la supprimer revient donc à lutter contre le continuum de violence dans le couple. L’amendement par ailleurs permet d’adapter l’article du code civil au reste du droit : en effet, depuis la loi du 11 juillet 1975, l’adultère n’est plus une faute pénale.”
“Des jeunes et des salariés se trouvent en difficulté, des collectivités ne savent plus à quel saint se vouer : que prévoyez-vous pour eux ?”
“Je n’entends pas jeter l’opprobre sur l’ensemble des missions locales, qui sont majoritairement très bien gérées. Des accidents peuvent cependant survenir, comme à Aulnay-sous-Bois, où des détournements de fonds se sont produits. La mission d’évaluation pourrait-elle envisager l’accompagnement des missions locales défaillantes ? L’enjeu est fondamental, quand des jeunes ayant déjà commencé un parcours d’insertion se retrouvent sur le carreau. Ces missions pourraient travailler avec la Drieets – la direction régionale interdépartementale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités. Pouvez-vous nous donner des pistes en vue de faire face à ces situations où des jeunes, des collectivités et des salariés se retrouvent démunis ? Les lanceurs d’alerte qui signalent les dysfonctionnements ne sont pas protégés.”
“Monsieur le ministre, vous avez évoqué tout à l’heure une mission d’évaluation et indiqué qu’il fallait mettre tous les acteurs autour de la table. Je suppose que vous pensez à l’État, aux régions, aux collectivités, aux associations, aux missions locales – ainsi qu’aux jeunes, qui doivent être impliqués dans la mesure où ils sont les premiers concernés par l’aide apportée par les missions locales. Nous avons un désaccord, cela a déjà été souligné, concernant la trajectoire budgétaire. Nous avons déposé un amendement visant à augmenter les moyens des missions locales. Lors de ma première intervention, j’ai également évoqué la question de l’accompagnement des missions locales, plus particulièrement des missions locales défaillantes.”
“C’est le bonus des présidents de groupe ! (Sourires.)”
“Cela a été possible parce que le pilotage automatique et le laisser-faire s’étaient installés. Nous, députés de La France insoumise, pensons que les moyens accordés pour l’accompagnement et l’insertion des jeunes en difficulté sont un véritable investissement sociétal de notre pays pour son avenir. Ils garantissent l’émancipation des jeunes et leur autonomie dans une période économique difficile dont ils sont les premières victimes. Dans le cadre du projet de loi de finances, nous avons déposé un amendement visant à augmenter le financement des missions locales à hauteur des besoins, c’est-à-dire de 179 millions d’euros. Nous invitons donc les parlementaires qui veulent réellement lutter contre la précarité de la jeunesse à nous soutenir lors des discussions budgétaires.”
“Cette politique de coupes massives n’aura qu’une conséquence : limiter le nombre et la qualité des accompagnements, plongeant ainsi de nombreux jeunes dans la spirale destructive de la précarité et de l’isolement. Elle accentuera par ailleurs le mal-être des travailleuses et travailleurs des missions locales, contraints de faire mieux avec moins de moyens. Les missions locales ont besoin d’un réel pilotage, d’une formation de qualité des salariés, d’un suivi et d’un contrôle de leur travail pour développer une politique d’insertion réelle. Mais le manque de moyens entraîne également le manque de contrôle. Or il s’agit aussi de combattre certaines dérives. À Aulnay-sous-Bois, dans ma circonscription, la responsable de la mission locale a reconnu avoir détourné de l’argent pour des dépenses personnelles.”
“Ces coupes pourraient s’aggraver en raison d’un désengagement progressif du financement des missions locales par les régions, au détriment de la stabilité de leur financement, indispensable pour un accompagnement sur le temps long. La région Île-de-France, présidée par Valérie Pécresse, participe à cette saignée : les subventions sont passées de 20 millions d’euros en 2021 à 5 millions en 2024. Par ailleurs, le passage des subventions aux appels à projets ne fait qu’accroître l’instabilité du financement des missions locales. Elles sont pourtant cruciales pour nos communes. Il est donc particulièrement dommage de voir des maires, parfois conseillers régionaux, tels que, dans ma circonscription, ceux d’Aulnay-sous-Bois et de Bondy, participer activement à la mise en difficulté financière de ces acteurs.”
“Alors, quoi de plus logique pour un gouvernement qui détruit l’ensemble des politiques de solidarité que de s’en prendre de nouveau aux missions locales ? Une première attaque avait été lancée lors du précédent budget, avec des crédits non versés en 2025 et aujourd’hui repris et présentés comme une hausse, alors même que les missions locales sont depuis janvier 2025 chargées de nouvelles missions. À nouveau, le projet de loi de finances pour 2026 poursuit la destruction de la solidarité. Alors que 20 % des missions locales sont en grande difficulté financière, les syndicats CGT et CFDT alertent, estimant que les coupes prévues par le projet de loi de finances s’élèvent à 77 millions d’euros.”
“Cela crée évidemment un cycle de difficulté, alors que la pauvreté dans laquelle ces jeunes se trouvent plongés accentue leur isolement social, amenant une rupture durable des liens sociaux et institutionnels aux conséquences immensément graves. Rappelons qu’en 2023, 29 % des 18-24 ans avaient des idées suicidaires, contre 21 % en 2021. Si de multiples facteurs expliquent ces chiffres, la précarité et l’isolement y contribuent fortement. Dans ce contexte, je veux rendre hommage aux professionnels qui viennent en aide à ces jeunes, pour certains sortis du circuit scolaire, isolés ou en dépression, et leur offrent un soutien précieux vers l’autonomie et l’indépendance. Un travail d’ailleurs salué par l’ensemble des acteurs : les jeunes et les entreprises se disent en effet satisfaits des services rendus par la mission locale de leur ville.”
“Je remercie le groupe de la Gauche démocrate et républicaine pour l’organisation de ce débat essentiel sur le devenir des missions locales. Je remercie également les rapporteurs pour leur plaidoyer et leur état des lieux complet. Chaque jour, les salariés des missions locales accomplissent une tâche exigeante et essentielle : permettre aux jeunes, notamment ceux qui sont le plus en difficulté, d’entrer dans la vie active. Ce travail est d’autant plus important qu’il s’accomplit après une décennie de politique économique au service exclusif des plus aisés, au détriment de l’ensemble de la population. Près d’un jeune sur quatre vit désormais sous le seuil de pauvreté et le taux de chômage atteint 19 % chez les jeunes de 15 à 24 ans. En Seine-Saint-Denis, dans mon département, le taux de chômage des jeunes était même 22 % en 2024.”
“Vous n’avez pas répondu à la question sur l’embargo. Il faut assécher le trafic d’armes au Soudan sinon notre action ne servira à rien. Par ailleurs, le budget de la diplomatie française est en baisse. Comment financerons-nous tout cela ? (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – Mmes Béatrice Bellay et Sandrine Rousseau applaudissent également.)”
“Agirez-vous au sein du Conseil de sécurité de l’ONU pour un embargo total sur les armes élargi au-delà du Darfour, un cessez-le-feu et l’ouverture d’un corridor humanitaire ? (Mêmes mouvements.) Soutiendrez-vous la création d’une force d’interposition ? Soutiendrez-vous enfin les emergency rooms, nominées pour le prix Nobel de la paix, ces forces d’intervention citoyennes qui luttent pour un pouvoir civil démocratique au Soudan ? (Applaudissements sur les bancs du LFI-NFP dont les députés se lèvent et sur quelques bancs du groupe SOC. – M. Jérémie Iordanoff applaudit également.)”
“Le commandant des Forces de soutien rapide, bourreau du Darfour, était pourtant devenu un interlocuteur privilégié de l’Union européenne en 2016, et il était mis en valeur dans la presse française jusqu’en 2023. Les Nations unies dénoncent les ingérences étrangères, intéressées par l’or soudanais et les débouchés maritimes, dans la pire crise humanitaire au monde. Fin 2024, Amnesty International indiquait que du matériel militaire français était utilisé par les miliciens d’Hemetti. Comment est-ce possible ? J’ai interrogé par deux fois le gouvernement à ce sujet sans recevoir de réponse. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Monsieur le ministre des affaires étrangères, devant de tels crimes contre l’humanité, le silence et l’inaction sont-ils devenus la ligne directrice de la diplomatie française ?”
“Ils sont loin ; ils sont africains ; ils sont pauvres ; l’Union africaine s’en lave les mains. Le bilan apocalyptique de la guerre civile soudanaise depuis 2023 s’élève pourtant à 150 000 morts, 13 millions de déplacés, des viols, la famine et le choléra. Le général Al-Bourhane, à la tête de l’armée dite régulière, et Hemetti, le chef des Forces de soutien rapide, massacrent et pillent. Pendant ce temps, l’Union européenne est aux abonnés absents et la diplomatie française elle aussi regarde ailleurs. C’est l’ampleur des atrocités commises par les FSR à El-Fasher dans le Darfour du Nord qui a remis le Soudan au cœur de l’actualité médiatique et diplomatique. Les espoirs nés de la révolution citoyenne de 2019 sont noyés dans le sang par Hemetti et Al-Bourhane, putschistes ensemble en 2021, ennemis mortels à présent.”
“Parce que vous gouvernez contre la dignité et l’unité du peuple, vous devez partir. Deux tiers des Français veulent l’organisation d’une élection présidentielle anticipée. Fidèles aux aspirations populaires, nous redéposerons une motion de destitution. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Il y a un devoir infiniment plus noble que la fidélité au chef : celui du démocrate, se soumettre à la volonté du peuple, dans la transparence et la clarté. Ma question est la suivante : ferez-vous passer votre arnaque de décalage dans le temps de la réforme des retraites par un amendement ou par une loi ? (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.)”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Pour nous, ce sera la censure. Nous refusons d’emblée et en bloc la saignée dans l’hôpital, dans nos écoles, ou encore la suppression des APL pour les étudiants étrangers – encore une concession au Rassemblement national après une énième loi « asile et immigration » indigne. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Élu pour faire barrage à Marine Le Pen, Emmanuel Macron l’aura érigée en alliée qui le protège quand vient l’heure de proposer sa destitution. (Mêmes mouvements.)”
“Depuis huit ans, votre mission auprès d’Emmanuel Macron n’a pas changé. Vous multipliez les coups de force pour faire passer des politiques de guerre sociale, de saccage écologique et de division du peuple. Vous nous dites que vous n’utiliserez plus l’article 49.3. Vous refusez pourtant l’abrogation d’une réforme des retraites rejetée massivement dans le pays et dont la majorité de cette assemblée ne veut pas. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous êtes un 49.3 à vous tout seul. (Mêmes mouvements.) Votre suspension n’est qu’un écran de fumée, un stratagème grossier qui masque mal un budget de violence sociale que seuls les naïfs refusent de voir, des coupes budgétaires qui écrasent les plus faibles et cajolent les plus riches : 30 milliards d’économies sur le dos des retraités, des malades, des chômeurs et des apprentis.”
“Monsieur le premier ministre, votre présence sur ces bancs est une anomalie démocratique car vous êtes illégitime. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous perdez les élections mais continuez à confisquer le pouvoir. Nous vous ferons partir, comme vos prédécesseurs, jusqu’à ce qu’Emmanuel Macron parte – car le problème, c’est bien lui. (Mêmes mouvements.)”
“Quant au taux de satisfaction de près de 90 % pour les différents protocoles adoptés par le gouvernement, j’ignore comment vous pouvez obtenir ce chiffre, puisque même le recensement des malades est compliqué. Je note une volonté de votre part. J’imagine donc que les préconisations qui seront tirées des tables rondes de demain seront entendues par le gouvernement.”
“Je tiens à saluer vos propos qui reconnaissent les difficultés subies par les malades, parce qu’ils sont totalement absents du débat public français. Vous avez parlé d’une feuille de route : nous allons en tirer le bilan avec les associations. Quant aux initiatives de mai, elles sont trop récentes pour que l’on puisse les commenter. Vous parlez de prise en charge par les médecins généralistes, mais ceux-ci sont souvent mal informés, mal formés. Nous sommes en outre confrontés au problème des déserts médicaux, et compte tenu de la complexité des symptômes que subissent les malades, ils sont souvent contraints d’interrompre leur parcours de soins.”
“Il faut que cesse cette invisibilisation des malades. Faute de mesures appropriées, des millions d’entre eux sont plongés dans une errance médicale et une profonde détresse. C’est contre cette invisibilisation que j’organise demain à l’Assemblée nationale une série de tables rondes avec les associations de malades et des professionnels de santé. Le gouvernement est bien sûr invité. Quand cesserez-vous d’ignorer le covid long ? Quand allez-vous permettre un recensement des malades ? Quand allez-vous enfin garantir un accompagnement de qualité pour les malades du covid long, qui sont très nombreux et très isolés ?”
“Nous parlons de personnes qui doivent renoncer à certains loisirs, et donc s’isoler de leurs familles et de leurs amis. Une loi créant une plateforme de référencement et de prise en charge des malades chroniques de la covid-19 a été promulguée le 24 janvier 2022, mais ses décrets d’application n’ont toujours pas été publiés. Pire, votre gouvernement a transformé l’accès aux tests PCR en parcours du combattant. Dès lors, les malades du covid long ne savent souvent pas qu’ils le sont ; ils se retrouvent soignés avec un traitement pour chaque symptôme, et non pour le covid long. Alors que de nombreux pays voisins procèdent à des essais cliniques, la France est à la traîne, administrant exclusivement des questionnaires portant sur les symptômes au lieu de mener une véritable politique publique de recherche.”
“Selon Santé publique France, en 2022, près de 2 millions de citoyens vivaient avec le covid long. Pour 700 000 d’entre eux, le covid long prend une forme sévère, avec un impact grave sur leur santé, mais aussi sur leur vie privée et sociale. En effet, le covid long, maladie sévère, est aussi le nom d’une mise au ban sociale. Nous parlons de personnes qui, sans reconnaissance ni accompagnement, ne perçoivent plus d’indemnités et se retrouvent souvent sans emploi ou à temps partiel. Nous parlons de personnes qui, à l’université, sont radiées de leurs études car aucun aménagement n’est réalisé pour prendre en compte leur maladie. Nous parlons de personnes qui, en l’absence d’un grand plan de purification de l’air et faute de prévention, sont en danger dans n’importe quel espace public.”
“J’en profite donc pour inviter le gouvernement à revoir sa copie concernant les harkis, en espérant que nous n’ayons pas à le faire s’agissant des rapatriés d’Indochine. Nous voterons en faveur de ce texte s’il permet de réparer vraiment un oubli. Pour cela, il convient de prendre en compte les rapatriés d’Indochine présents dans les structures d’accueil avant 1975. La proposition de loi contribue à l’instauration d’une égalité de traitement de tous les rapatriés des guerres coloniales. La Commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation des préjudices subis par les harkis l’a reconnu dans son rapport d’activité de 2022 : il existe une rupture d’égalité entre les harkis et les rapatriés d’Indochine. Chers collègues, cher gouvernement, c’est une exigence républicaine que de réparer, aujourd’hui, cette injustice.”
“Au-delà du devoir de mémoire, la nation doit aux rapatriés d’Indochine une réparation juste. À ce propos, nous resterons très attentifs à ce que les préjudices subis soient indemnisés à la hauteur qu’il se doit. C’est pourquoi nous avons tenté d’améliorer le texte par nos amendements en commission, pour conduire le gouvernement à verser une indemnité juste ; nous nous sommes cependant heurtés à la non-recevabilité financière. Nous appelons la représentation nationale à demeurer très vigilante sur ce point, de sorte que notre vote soit suivi d’effets tangibles. Lors du vote de la loi de 2022 relative aux harkis, le groupe La France insoumise s’était abstenu, le texte n’apportant pas, à nos yeux, suffisamment de garanties. Nous avions eu raison, puisqu’elles demeurent loin d’être suffisantes.”
“Alors que les discours d’extrême droite pullulent à l’extérieur et à l’intérieur de cet hémicycle, ce travail de mémoire sur la France coloniale est plus que jamais nécessaire. Il nous faut enterrer une bonne fois pour toutes la France suprémaciste, raciste et coloniale ; ce texte y participe.”