Véronique Besse
NI · France
“En effet, l’emploi du terme « accompagnée » entretient une ambiguïté terminologique préjudiciable à la clarté de la loi. L’euthanasie consiste par définition en l’administration intentionnelle d’une substance létale afin de provoquer la mort d’une personne.”
“L’aide à mourir ne peut être considérée comme un acte médical ordinaire. Elle doit représenter une ultime possibilité après épuisement objectif de toutes les solutions alternatives, notamment les soins palliatifs.”
“Pour la troisième fois, notre assemblée est appelée à se prononcer sur un texte que le Sénat a rejeté catégoriquement à deux reprises, en mai 2025 puis en février 2026. Le 19 mai, la commission mixte paritaire n’est pas non plus parvenue à un accord.”
“Dans le contexte actuel, d’autres textes sont plus attendus. Nous avons par ailleurs été 201 parlementaires – sénateurs et députés – à signer une demande de référendum. Cette demande a été rejetée. Un référendum aurait pourtant permis un vrai débat avec nos concitoyens, qui ne connaissent pas le contenu de votre texte.”
“Il n’est toujours pas possible d’accéder aux soins palliatifs dans vingt et un départements : proposer la mort comme unique réponse à la souffrance, ce n’est pas proposer un véritable choix.”
“Venons-en à la procédure. Une fois la demande validée, le patient pourra être euthanasié en quarante-huit heures, sans consultation psychiatrique obligatoire. Ce délai est le plus court au monde. Si l’intéressé change d’avis le jour J, le praticien reprogrammera simplement un rendez-vous – c’est plus qu’incitatif !”
The complete record
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“Madame la ministre, on parle beaucoup de décentralisation, mais j’en vois deux versions différentes : une décentralisation virtuelle et une décentralisation réelle. La décentralisation virtuelle, que l’on conçoit depuis Paris, affirme faire confiance aux élus locaux tout en leur retirant progressivement la liberté d’agir. Elle multiplie les règles mais n’en assume jamais vraiment les conséquences concrètes. Elle multiplie les normes tandis que la décentralisation réelle multiplie les responsabilités. Vous l’avez sans doute évoqué, mais le gouvernement envisage-t-il de rouvrir le débat sur le cumul des débats locaux avec un mandat national, afin que l’expérience et le bon sens des élus de terrain reviennent au sein du Parlement ?”
“Le monde agricole n’attend pas de compassion mais de la considération. Il est temps d’assumer un choix clair, cohérent, courageux. Il est temps de dire que la France agricole est une chance, une force, une priorité – et de le prouver. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – M. Pierre Cordier applaudit également.)”
“…ou acceptons-nous sans rien dire le lent effacement de ces terres, de ces métiers, de ces femmes et de ces hommes qui façonnent nos paysages et nourrissent encore notre quotidien ? Nous ne répondrons pas à cette question par des circulaires ni par des injonctions contradictoires ; il faut une vision, une véritable ambition nationale, pensée avec – et pour – les agriculteurs, au nom de l’intérêt général, en cessant d’opposer écologie et agriculture, ville et campagne, exigences et réalités.”
“Pendant que vous vous livrez à de l’obstruction parlementaire et que vous mentez aux Français au nom d’un prétendu combat pour l’agriculture, pendant que nous débattons ici, des agriculteurs arrachent leurs cultures. Un choix de société fondamental est en jeu : voulons-nous encore d’une France agricole, rurale, vivante, innovante et respectée…”
“…au détriment du vivant, des paysans et de la biodiversité.”
“Ils sont réellement inquiets de ce que devient la terre de France. Or, parce que je crois à l’honnêteté intellectuelle, je le dis clairement : oui, il y a eu des dérives, celles d’un productivisme parfois irresponsable, trop souvent manipulé par de grands intérêts industriels…”
“Au fond, je ne pense pas que les 2,1 millions de Français qui ont signé votre pétition croient à votre démagogie ; nombre d’entre eux ont voulu défendre une agriculture de proximité et de qualité, comme celle que savent produire nos agriculteurs.”
“Depuis plusieurs mois, le débat autour de la loi Duplomb a été dramatisé à l’extrême, volontairement chargé d’angoisse et d’amalgames au point d’empêcher tout échange serein sur le fond. En instrumentalisant la peur du cancer, certains ont substitué l’émotion à la raison, l’indignation aux faits et la caricature au débat démocratique. Cette stratégie d’emballement, nourrie de slogans anxiogènes et de raccourcis scientifiques, n’a qu’un objectif : disqualifier toute discussion avant même qu’elle ait lieu. Or la santé publique mérite mieux que des postures et nos agriculteurs mieux que des procès d’intention. Refuser la peur comme méthode, ce n’est pas nier les enjeux sanitaires mais au contraire défendre un débat fondé sur les faits, la proportionnalité des risques et la responsabilité politique.”
“Ces derniers se sentent également insultés quand ils apprennent qu’une de vos anciennes militantes, chantre de la décroissance agricole, prend ses fonctions de directrice générale déléguée de l’Office français de la biodiversité. Alors s’il vous plaît, ayez un peu de mesure dans vos propos et revenons à la raison.”
“Nous l’avions deviné mais comprenez-vous qu’avec ce type de propos, vous insultez nos agriculteurs ? (« Une honte ! » sur plusieurs bancs du groupe RN.)”
“Je pense enfin à nos aviculteurs – par exemple chez moi, en Vendée –, victimes, parfois pour la troisième fois, de la grippe aviaire. Nos agriculteurs n’en peuvent plus. En tout cas, ils le constatent aujourd’hui : la Commission européenne n’est pas la seule à se désintéresser de leurs difficultés. Car, lorsqu’on entend une partie de l’Assemblée, on comprend que la source du malheur de nos paysans est aussi en partie franco-française. Chers collègues écologistes, c’est vous que je cite à présent : vous n’en avez « rien à péter » de la rentabilité des agriculteurs.”
“Tous ont un point commun : ils ont oublié le sort de nos agriculteurs. Pourtant, depuis trois ans, ces derniers descendent régulièrement dans la rue. Le mois dernier encore, ils sont venus jusque devant nos portes pour crier tout simplement qu’ils ne voulaient pas mourir. Où en sommes-nous ? Quel message voulons-nous adresser aux agriculteurs ? Alors que la France était la deuxième puissance agricole mondiale, on leur impose le Mercosur mais aussi des importations de viande traitée aux hormones, à la traçabilité presque inexistante, et ils vont encore devoir subir la concurrence de produits traités avec des dizaines de pesticides et de substances toxiques interdits en France et en Europe. Je pense aussi à nos éleveurs qui ont vu leur cheptel abattu et qu’aucune indemnisation ne saurait réellement consoler.”
“Dénonçons tous fermement et avec gravité les propos honteux – et je dirai même dangereux – d’une élue qui met une cible dans le dos d’un élu de la République. (Mme Sandra Marsaud applaudit.) Je dénonce l’hypocrisie et la lâcheté de ceux qui ont laissé la violence politique s’installer dans nos débats : les uns, obsédés par la conquête de l’audience sur les réseaux sociaux, rivalisant de formules chocs et de contre-vérités toujours plus grossières ; les autres, prêts à tout pour satisfaire une base militante radicalisée et déconnectée des réalités du pays. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN. – Mmes Sandra Marsaud et Frédérique Meunier applaudissent également.)”
“« Cette ordure revient à la charge […] sa place est en prison. » Ces propos ne sont pas de moi mais de Rima Hassan, députée française au Parlement européen qui, la semaine dernière, a encore franchi un cap en prenant personnellement pour cible notre collègue sénateur Laurent Duplomb pour son travail parlementaire. (« Honteux ! » sur plusieurs bancs du groupe RN.)”
“Écoutons ceux qui vivent ou ont vécu sous l’islamisme. Écoutons Boualem Sansal, écoutons les femmes iraniennes qui se battent contre les mollahs, écoutons les peuples qui alertent la France depuis des années sur la réalité de cette idéologie. La reconnaissance des Frères musulmans comme organisation terroriste doit être un sursaut civique partout en Europe. Nous devons en passer par là si nous voulons être sûrs que nos cloches sonnent encore demain. (« Bravo ! » et applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR ainsi que sur quelques bancs du groupe DR.)”
“Alors, certes, ce n’est qu’une proposition de résolution ; l’Europe et la France auront besoin de plus que des codes, plus que les valeurs de la République, plus que la laïcité, plus qu’une énième digue en papier face à l’islamisation que, pourtant, beaucoup ont fuie en venant chez nous.”
“On mesure l’influence sur les nouvelles générations ! Après l’adoption de ce texte, il me semble donc nécessaire d’inscrire dans la loi l’interdiction du port du voile dans l’espace public pour tous les mineurs. Depuis combien d’années entendons-nous des débats sur l’abaya, le burkini, l’interdiction du voile dans le sport, à l’université ? Tranchons ces sujets une bonne fois pour toutes !”
“Ils oublient une chose : la nature a horreur du vide. Leur action ne sert que ceux qui veulent nous imposer l’islamisme. Selon l’Ifop, un jeune sur trois se dit proche de la pensée des Frères musulmans.”
“Ceux-là qui, chaque jour, testent nos limites, repoussent avec aisance ceux qui sautent sur leur chaise comme des cabris en disant « laïcité, laïcité, laïcité » et qui n’ont pas compris l’ampleur du phénomène. C’est une question civilisationnelle. Combien ici servent la laïcité du vide, la laïcité de la table rase, celle qui déboulonne nos statues, nos croix, bref, qui éradique l’identité de la France ?”
“La France et l’Europe doivent regarder la réalité en face : la submersion migratoire que nous subissons, faute de volonté politique d’encadrer l’immigration, offre aux Frères musulmans un terreau fertile, leur permettant de s’implanter dans les esprits et les consciences. Selon l’historien Michel Brunet, trois facteurs pèsent dans l’histoire des peuples, des nations et des civilisations : le nombre, le nombre et, encore une fois, le nombre. Alors, réveillez-vous, chers collègues ! L’âme de la France est en danger de mort ; la France est menacée d’un populicide – oui, d’un populicide, si nous continuons à importer en masse d’autres cultures qui ne peuvent plus, ou plutôt qui ne veulent pas, s’assimiler.”
“Il est donc urgent de reconnaître cette organisation comme terroriste, comme l’ont déjà fait quinze autres pays, dont l’Autriche, à la suite de l’attaque islamiste de Vienne, et plus récemment les États-Unis. Une Europe qui finance des ONG fréristes et une université à Gaza dont certains professeurs appellent à la mort de Juifs – femmes et enfants –, un Conseil de l’Europe qui mène une campagne célébrant, selon ses propres mots, la liberté dans le hijab, tout cela montre à quel point beaucoup ont été aveugles et naïfs face à cet entrisme. Maintenant que nous connaissons notre ennemi, nous devons tous être unis face à lui.”
“Elle a été intimidée, et plusieurs de ses conférences ont été annulées dans des universités en raison de pressions venant d’un certain camp – le même camp qui a qualifié le rapport du ministère de l’intérieur d’islamophobe. Oui, il existe une cinquième colonne en France, qui prend systématiquement le parti de l’étranger.”
“Il doit s’appuyer sur l’éducation, la prédication, la réforme graduelle de la société. » Voilà leur tactique : pas de sabre brandi, mais un travail de longue haleine, de réseaux, démographique, pour constituer des enclaves territoriales dans notre pays afin d’y instaurer la charia. Il aura fallu du temps pour que l’on prête attention aux travaux de l’excellente Florence Bergeaud-Blackler, anthropologue au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), qui a parfaitement résumé le danger que représentent les Frères musulmans dans son livre Le frérisme et ses réseaux . Le rapport de mai 2025 du ministère de l’intérieur sur le même sujet démontre aussi que la situation est plus qu’inquiétante en France. Florence Bergeaud-Blackler n’a pourtant bénéficié que de peu de soutien pour mener ses recherches.”
“À la suite de son examen en commission des affaires étrangères, dont je suis membre, j’apporte une nouvelle fois mon soutien à la proposition de résolution européenne défendue par notre collègue Éric Pauget. Elle est plus que salutaire face à l’entrisme islamique qui se propage partout au sein de la civilisation européenne – dans nos écoles, dans nos universités, dans nos entreprises, dans nos administrations, dans le sport ou dans notre espace public. (Mme Sandrine Rousseau s’exclame.) Cet entrisme islamique n’a d’autre but que de rendre notre société charia-compatible. Youssef al-Qaradaoui, l’un des principaux prédicateurs des Frères musulmans, disait : « L’islam reviendra en Europe, le mouvement islamique ne doit pas chercher à atteindre ses objectifs par la violence.”
“Ils demandent que la responsabilité qu’on leur impose soit enfin accompagnée des moyens de l’exercer dignement. C’est à cette aune qu’il nous appartient d’examiner ce texte avec lucidité, exigence et hauteur de vue. Au-delà de ce texte, il nous revient de redonner le goût de l’engagement, d’offrir à ceux qui hésitent encore la certitude qu’une commune, un département, un pays peuvent se relever grâce à la force de volontaires. Si nous savons redonner confiance aux élus locaux, alors nous redonnerons aussi à nos concitoyens l’espérance d’une nation qui écoute, qui protège et qui rassemble. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RN et UDR.)”
“Cette situation nourrit une fatigue profonde, silencieuse. Elle décourage les vocations, fragilise la transmission démocratique et éloigne peu à peu les citoyens de l’engagement public. Quand un maire renonce, ce n’est jamais anodin. Ce n’est pas un mandat qui s’interrompt, mais un lien qui se rompt. Ce texte prend acte de cette réalité. Il reconnaît que l’élu local n’est pas un simple agent d’exécution, mais un responsable politique à part entière, qui participe pleinement à l’équilibre de nos institutions. Il rappelle que l’engagement local doit être compatible avec une vie professionnelle, avec une vie familiale, avec une existence humaine. Les élus locaux ne demandent ni indulgence ni privilège. Ils demandent de la considération. Ils demandent de la cohérence. Ils demandent plus de liberté.”
“Qui connaît mieux les tensions d’un territoire et perçoit mieux les fragilités sociales, économiques et humaines que celui qui les affronte ? Qui assume plus directement les choix difficiles que celui qui devra les expliquer, seul, sans filet ? Faire confiance aux élus locaux ne revient pas à affaiblir l’État mais à lui donner de la profondeur. Cela transforme une autorité distante en une autorité reconnue. Mais la confiance ne peut être partielle ou conditionnelle. Elle suppose un cadre clair, un statut lisible, des droits affirmés et des garanties effectives. Or, aujourd’hui, trop d’élus locaux exercent leur mandat dans une forme de déséquilibre permanent : responsables sans être pleinement autonomes, exposés sans être suffisamment protégés, ils subissent une inflation normative qu’ils n’ont pas les moyens d’infléchir.”
“Depuis trop longtemps, notre pays glisse vers un modèle paradoxal : on exige des élus locaux qu’ils agissent toujours davantage tout en réduisant progressivement leur capacité à décider. Nous avons décentralisé les charges, mais recentralisé les choix. Nous avons multiplié les responsabilités, mais resserré les marges de manœuvre. Cette évolution n’est pas neutre. Elle a des conséquences politiques, institutionnelles et démocratiques. En effet, lorsque l’autorité locale est fragilisée, toute la chaîne de confiance se fissure. Décider au plus près, c’est décider au plus juste, non parce que l’élu local serait infaillible mais parce qu’il est informé par le réel, contraint par le quotidien et comptable de ses décisions devant ceux qu’il côtoie chaque jour.”
“Il assume, directement, humainement, les conséquences des décisions prises. Quand un service public disparaît, ce n’est pas un décret que l’on interpelle, quand l’insécurité progresse, ce n’est pas une circulaire que l’on convoque, quand la détresse sociale s’installe, ce n’est pas un organigramme que l’on accuse, c’est vers la mairie qu’on se tourne. Le maire est ainsi devenu au fil du temps le dernier point de contact entre la République et les citoyens, celui qui explique, amortit, rassure et tente de maintenir de la cohésion là où la société se fragmente. Jamais l’élu local n’a été autant sollicité et, en même temps, aussi peu considéré dans l’organisation réelle du pouvoir.”
“Le texte que nous examinons touche à la profonde question de la place que nous accordons à ceux qui font tenir l’État au plus près du réel. En effet, l’élu local n’est pas une figure périphérique de notre organisation institutionnelle ; il en est le point d’ancrage. Avant d’être une architecture juridique, la République est une présence, un visage – celui du maire, du conseiller municipal ou d’un autre élu local. Je parle avec l’expérience de ceux qui savent ce que signifie exercer un mandat local car j’ai été maire des Herbiers, en Vendée. J’y ai appris que gouverner une commune n’est pas un exercice abstrait mais un engagement total, continu et souvent solitaire. L’élu local ne se réfugie pas derrière une administration distante ; il est accessible, visible. Il est à portée de voix, à portée d’interpellation, parfois à portée de colère.”
“Il avance masqué par des promesses creuses, mais il porte en lui l’affaiblissement de notre agriculture et l’effritement de notre souveraineté. La France ne peut pas signer ça. Un pays qui ne protège pas ceux qui le nourrissent finit toujours par dépendre de ceux qui le tiennent. Nous devons dire non, avec la certitude que défendre notre terre n’est pas un mouvement de repli mais la condition de notre liberté. Si l’Europe veut être respectée dans le monde, qu’elle commence par se respecter elle-même. Qu’elle cesse de sacrifier ses paysans sur l’autel d’une idéologie commerciale qui date de l’époque où l’on croyait naïvement que les règles du marché pouvaient remplacer les règles de la puissance. Qu’elle comprenne enfin que la souveraineté n’est pas une nostalgie mais l’une des dernières digues avant l’effacement.”
“La géostratégie, c’est savoir choisir et se protéger ; c’est savoir que la souveraineté commence dans nos fermes et dans le labeur de nos agriculteurs, pas dans les salons feutrés des institutions européennes. À bien des égards, nous naviguons dans un monde de ruptures ; les chaînes d’approvisionnement cassent, les frontières reviennent, les grands blocs s’affrontent. Et que fait l’Union européenne ? Elle s’entête à appliquer la doctrine du monde d’avant, celui où tout le monde était gentil, où tout le monde jouait selon les mêmes règles. Or ce monde-là se meurt. Si nous persistons dans cette logique suicidaire, alors nous serons les seuls à respecter des règles que les autres ne respectent jamais. Cet accord est un piège – un piège économique, un piège climatique et environnemental, un piège stratégique.”
“On voudrait traiter l’Amazonie comme un supermarché et nos territoires ruraux comme un musée en voie d’extinction. On voudrait que nos paysans se soumettent à des règles draconiennes, pendant que les produits importés n’en respectent quasiment aucune. Cet accord, c’est l’injustice érigée en politique publique. Parlons simplement : le Mercosur, c’est l’accord où l’Europe vend son âme pour 1 kilogramme de bœuf et trois palettes de soja génétiquement modifié. On nous parle de croissance et de géostratégie. Mais la géostratégie, ce n’est pas dépendre, pour se nourrir, d’États qui, demain, pourront nous couper le robinet en un claquement de doigts ; ce n’est pas abandonner notre autonomie alimentaire au nom d’un libre-échange qui n’est plus ni libre, ni équilibré, ni même intelligent.”
“Il y a quelque chose d’assez saisissant, voire d’obscène dans ce débat. Soyons clairs, l’accord avec le Mercosur n’est pas un accord commercial comme un autre. Il constitue un triple renoncement, à notre agriculture, à nos réglementations et à notre souveraineté. On nous demande d’ouvrir nos frontières comme on ouvre les vannes d’un barrage, en espérant que personne ne se noiera. Pourtant, plusieurs pans de notre économie vont être touchés. Je pense en particulier à nos agriculteurs qui, une fois de plus, vont boire la tasse – eux qui vivent déjà au bord du gouffre ; eux qui crèvent sous la loi des prix et la tyrannie des normes. Pendant ce temps, on voudrait importer à bas coût des viandes venues du bout du monde, produites dans des conditions parfois infâmes.”
“La bise est venue, oui, mais il est encore temps de relever la tête, de rendre à la sécurité sociale ce qu’elle fut à sa naissance : un élan collectif, une promesse tenue, un pacte entre générations de Français. C’est cela, le vrai projet de la sécurité sociale.”
“…les technostructures et les directions centrales montrent l’exemple. Ils veulent un effort partagé, pas un sermon annuel. On ne redresse pas un pays en cabotant avec la vérité. Nos compatriotes acceptent la rigueur lorsqu’ils sentent qu’elle est juste et qu’elle s’applique à tous. Il y a quatre-vingts ans, nos aînés ont bâti la sécurité sociale. Ils savaient que la solidarité ne vaut que si elle s’appuie sur la responsabilité. Aujourd’hui, le système chancelle, non pas parce que les Français ont cessé d’y croire, mais parce que l’État a cessé de s’en montrer digne. Il est urgent de rouvrir le débat de société : que voulons-nous transmettre et à quel prix ? La France n’a pas besoin d’un budget d’attente, elle a besoin d’un éveil.”
“Les Français, eux, sont prêts à faire des efforts, mais ils demandent que l’État profond,…”
“Il est temps de cesser de punir ceux qui travaillent et de subventionner ceux qui refusent de contribuer. La fraude existe, certes, mais le vrai scandale, c’est la lâcheté, la fuite en avant, l’absence de sélectivité dans les aides et le refus d’assumer la valeur travail. Ce n’est pas seulement une question de chiffres, c’est une question de morale et d’éthique.”
“Les aidants, les Ehpad et nos aînés sont oubliés dans les marges d’un budget qui prétend encore protéger, alors qu’il ne protège plus rien. Nous devrions bâtir une véritable politique de la dignité, où l’âge ne serait plus synonyme de dépendance, mais de reconnaissance. L’autonomie doit devenir une priorité nationale, avec les moyens, la volonté et la fierté de dire à nos aînés : « Vous comptez encore ! ». La Cour des comptes nous le dit sans détour : cette situation n’est pas soutenable ; elle oblige à définir une trajectoire crédible de retour vers l’équilibre. Mais cette trajectoire n’existera que si nous redonnons du sens à l’effort. Depuis cinquante ans, chaque gouvernement promet de lutter contre la fraude sociale – des paroles, mais aucune volonté politique.”
“Or, face à ce déclin démographique, le gouvernement ne trouve rien de mieux que de geler les allocations familiales et de repousser leur majoration à 18 ans. Les retraités, eux, subiront une sous-indexation de 0,4 point entre 2027 et 2030. Les familles paient, les aînés s’inquiètent et la jeunesse attend. Et quand cette jeunesse veut apprendre, on lui ferme la porte : le PLFSS supprime l’exonération de cotisations sociales pour les apprentis, dès le 1 er janvier 2026. Voilà le message envoyé à nos jeunes : on taxe au lieu de former, on freine au lieu de lancer. On fabrique des débiteurs au lieu de forger des héritiers. Quant aux personnes âgées, elles ne figurent même pas dans les priorités. La branche autonomie, avec ses 43 milliards d’euros, est gérée comme un appendice comptable.”
“Les soignants, eux, quittent le métier, épuisés d’être sommés de faire toujours plus avec toujours moins. Les déserts médicaux gagnent du terrain, les urgences ferment, les consultations se raréfient. Et l’on parle de responsabiliser les patients : comme si ceux qui souffrent étaient coupables de leur douleur ! La fracture sanitaire devient une fracture territoriale. La santé publique n’est plus un droit : c’est une loterie géographique. Les familles, les jeunes et les anciens sont trois visages de cette France que l’on oublie, de cette fatigue que l’on tait. La natalité s’effondre : pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, la France a enregistré plus de décès que de naissances. Plus qu’une statistique, c’est un avertissement.”
“Le gouvernement, aujourd’hui, annonce un redressement de nos finances sociales, mais sans réforme, sans cap, sans courage. Des gels, des taxes, des transferts : voilà le triptyque budgétaire qui nous est proposé. Déjà, la Cour des comptes prévient qu’une nouvelle dette sociale de plus de 100 milliards d’euros se reconstituera d’ici 2029. Nous sommes devenus le Sisyphe de la sécurité sociale. C’est pourquoi nous devons, au cours des prochains jours, oser reposer la question : pour qui, pour quoi, et jusqu’où voulons-nous protéger ? Le gouvernement double les franchises et les participations forfaitaires. Il ajoute 1 milliard de taxe sur les mutuelles et impose plus de 5 milliards d’effort aux ménages. Par ailleurs, les hôpitaux se voient retrancher 700 millions d’euros.”
“La Fontaine n’avait pas prévu la sécurité sociale, mais il avait deviné notre faiblesse : celle d’une minorité qui chante pendant que l’hiver s’installe, en croyant que la solidarité suffira à réchauffer la maison commune.”
“« La Cigale, ayant chanté tout l’été, se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue. »”
“Souhaitons-nous une France perméable, malléable, incapable de distinguer l’authentique du mensonge, ou préférons-nous une France lucide et juste, capable de dire qui elle est et ce qu’elle attend de ceux qui veulent la rejoindre ? Je fais le choix de cette France-là et je suis convaincue que la proposition de loi est un jalon sur ce chemin exigeant mais nécessaire. Car il ne s’agit pas ici d’un repli. Il s’agit d’une reconquête. Une reconquête du bon sens. Une reconquête de la souveraineté. Une reconquête de l’acte républicain et du respect de nos institutions. Au fond, ce texte est bien plus qu’un outil contre la fraude : il est un acte de confiance dans la France ; confiance dans sa capacité à tracer une ligne claire entre l’ouverture et la naïveté, entre l’accueil et l’abandon.”
“Ce n’est pas une mesure de restriction mais une mesure de fidélité : fidélité à l’institution du mariage et à sa signification profonde, fidélité à l’État de droit, fidélité à l’idée que la France est un pays qui peut accueillir, mais qui doit choisir. Le mariage n’est ni un guichet ni un instrument de régularisation. Il est un acte et une responsabilité. Ceux qui veulent épouser un Français, une Française, doivent d’abord respecter la France, ses lois, son ordre, sa souveraineté. Ce texte ne s’oppose pas à l’amour et à la liberté : il s’oppose à la fraude et protège la France. Derrière ce débat, ne nous y trompons pas, c’est un choix de société qui se dessine.”
“Oui, il existe en France des mariages contractés non par amour, mais par intérêt ; non pour construire une famille, mais pour contourner la loi. (M. Rodrigo Arenas s’exclame.) C’est un fait. C’est une réalité. Pendant des années, les maires, les officiers d’état civil ont vu venir à eux des unions sans regards, sans passé, sans légitimité. Ils ont vu défiler des dossiers montés à la va-vite, des justificatifs suspects, des couples qui ne partageaient ni la langue ni le domicile. Et que leur a-t-on dit ? De valider pour ne pas faire de vagues. Ce texte vient briser la logique de renoncement. Il redonne à nos élus locaux la capacité d’agir, la capacité d’émettre un refus suivi d’effet.”
“Depuis trop longtemps, la France a accepté de devenir le spectateur passif de l’instrumentalisation de ses propres lois. Aujourd’hui, elle tente de se réveiller et ce texte est l’un des premiers signes visibles de ce réveil salutaire. Car nous ne parlons pas ici de simples ajustements techniques mais de la capacité de la République à discerner entre l’acte sincère et le simulacre, entre l’engagement de deux êtres et la mise en scène d’une néo-stratégie migratoire.”
“La véritable question qui se pose est la suivante : un État incapable de faire appliquer ses propres lois est-il encore un État de droit, et cet État peut-il encore se prétendre garant de la sécurité de ses concitoyens ?”
“Le maire de Béziers est poursuivi pour avoir refusé de célébrer le mariage entre une citoyenne française et un ressortissant algérien notifié d’une OQTF. Son tort ? Avoir refusé de cautionner un contournement manifeste de nos lois, car célébrer une telle union revenait à nier l’autorité de l’État, à faire un pas de plus vers le désordre, pire, à illustrer l’impuissance chronique de notre politique d’éloignement. Or les chiffres, qui ont été rappelés, sont accablants ; les personnes en situation irrégulière pourtant frappées d’une mesure d’éloignement restent sur notre sol, ce qui entraîne parfois des conséquences dramatiques, qui ont également été rappelées.”