Véronique Besse
NI · France
“En effet, l’emploi du terme « accompagnée » entretient une ambiguïté terminologique préjudiciable à la clarté de la loi. L’euthanasie consiste par définition en l’administration intentionnelle d’une substance létale afin de provoquer la mort d’une personne.”
“L’aide à mourir ne peut être considérée comme un acte médical ordinaire. Elle doit représenter une ultime possibilité après épuisement objectif de toutes les solutions alternatives, notamment les soins palliatifs.”
“Pour la troisième fois, notre assemblée est appelée à se prononcer sur un texte que le Sénat a rejeté catégoriquement à deux reprises, en mai 2025 puis en février 2026. Le 19 mai, la commission mixte paritaire n’est pas non plus parvenue à un accord.”
“Dans le contexte actuel, d’autres textes sont plus attendus. Nous avons par ailleurs été 201 parlementaires – sénateurs et députés – à signer une demande de référendum. Cette demande a été rejetée. Un référendum aurait pourtant permis un vrai débat avec nos concitoyens, qui ne connaissent pas le contenu de votre texte.”
“Il n’est toujours pas possible d’accéder aux soins palliatifs dans vingt et un départements : proposer la mort comme unique réponse à la souffrance, ce n’est pas proposer un véritable choix.”
“Venons-en à la procédure. Une fois la demande validée, le patient pourra être euthanasié en quarante-huit heures, sans consultation psychiatrique obligatoire. Ce délai est le plus court au monde. Si l’intéressé change d’avis le jour J, le praticien reprogrammera simplement un rendez-vous – c’est plus qu’incitatif !”
The complete record
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“Ce n’est pas à l’Europe de dire ce qui est juste et encore moins de l’imposer. Ce n’est pas à une commission ni à un parquet de Luxembourg de déterminer ce qui est une infraction dans nos campagnes. C’est à la nation française, par ses représentants, ses juges, ces citoyens. Ne travestissons pas notre faiblesse politique en audace judiciaire. Ce que nous devons à la nature, ce n’est pas un nouveau parquet. C’est une politique cohérente, enracinée et équitable. C’est une volonté assumée par l’État, dans le cadre de ses propres lois, de ses propres responsabilités. Ce que vous nous proposez, ce n’est pas un progrès, c’est une abdication. Une de plus. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR. – M. Jean-Luc Bourgeaux applaudit également.)”
“Celle des comités, des agences, des procureurs hors sol, des politiques publiques dictées non par la volonté populaire, mais par les impératifs du pacte vert, qui est tout sauf neutre politiquement. Voilà ce que je veux dénoncer ici : l’écologie instrumentalisée pour servir d’alibi à un glissement de pouvoir, le climat comme prétexte, la planète comme préambule, le réel comme dernière victime. Le discours est habile : on convoque l’urgence, la science, les jeunes générations, on recouvre le tout de la cendre des évidences et l’on pense que ce mélange suffit à faire taire les peuples. Les peuples ne sont pas dupes, ils savent. Ils sentent confusément mais obstinément qu’on leur retire article après article le droit de décider, le droit de vivre chez eux, selon leurs lois, leur bon sens, leur équilibre.”
“Cette main, si elle n’est plus celle de la nation, devient celle d’une Europe sans visage, d’un empire qui ne se revendique jamais comme tel, mais qui avance toujours, toujours plus, suivant la voie feutrée de l’extension de ses compétences, des coopérations renforcées et des articles obscurs du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. On nous dit que les pollutions n’ont pas de frontières. C’est vrai. Faut-il pour autant abolir les frontières du droit ? Faut-il que le juge français devienne le simple relais d’un parquet lointain, agissant non pas au nom du peuple, mais au nom de l’Union ? Ce que l’on prétend faire pour la nature, on le fait en réalité contre la nation. Derrière le parquet vert, c’est l’Europe grise qui se profile.”
“C’est ainsi que meurent les nations : non dans la fureur des coups d’État, mais dans le murmure des consensus mous, dans l’empilement de textes tièdes, dans l’abandon progressif de ce qui faisait leur grandeur. Nous sommes les enfants d’un pays qui a façonné son droit comme il a façonné ses cathédrales, pierre après pierre, avec gravité, avec lenteur, avec en ligne de mire, toujours, la justice. La France est fille de ses lois, pas d’un règlement bruxellois et lorsque l’on touche au droit pénal, à ce glaive que la nation accorde à la République pour protéger les siens, ce n’est pas un ajustement qu’on opère, mais un acte politique majeur. Le parquet, c’est la main de la justice.”
“Il ne s’agit pas de protéger nos forêts ou nos océans – la France sait le faire, elle le fait depuis longtemps, parfois mieux que ses voisins – mais bien de démanteler un pan entier de notre souveraineté judiciaire, avec la bénédiction candide de ceux qui ne voient dans l’Europe qu’un refuge technocratique contre leurs propres faiblesses. Car enfin, que nous demande-t-on ? De livrer à un parquet supranational, déjà élargi et même hypertrophié, le soin de définir ce que nous avons, de tout temps, tenu pour sacré : notre rapport à la justice pénale, à l’autorité de l’État et à la souveraineté du peuple. J’y vois quant à moi une forfaiture douce, une déconstruction sans fracas.”
“Dans le silence feutré de cette Assemblée, on nous propose d’étendre les compétences du parquet européen à la criminalité environnementale. Le sujet est grave, l’argumentation apparemment sereine, et les intentions, comme souvent, sont drapées de vertus. Cependant, à force de céder aux habillages de la vertu, on finit par se dévêtir de l’essentiel. En effet, ce texte, mes chers collègues, n’est pas un acte de protection, mais de démission. Derrière les grands mots de « criminalité transnationale », les formules généreuses sur « l’urgence climatique », il ne s’agit pas d’une avancée mais d’un effacement.”
“Dans le droit actuel cependant, la possibilité de recevoir ces soins à domicile n’est présentée que comme une option parmi d’autres. Il faudrait que cela soit généralisé.”
“Il concerne les soins palliatifs à domicile. Selon les données de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), plus de 50 % des décès en France surviennent à l’hôpital, alors que les enquêtes d’opinion révèlent que plus de 80 % des Français souhaiteraient finir leur vie à domicile. Ce décalage persistant entre les aspirations des personnes en fin de vie et la réalité de l’accompagnement palliatif constitue une faiblesse majeure de notre système de santé. Les principes éthiques qui président aux soins palliatifs doivent pourtant conduire à privilégier la qualité de vie, l’écoute et le respect du cadre de vie du patient. Le maintien à domicile, lorsqu’il est possible, participe pleinement de cette démarche, en offrant un environnement familier et apaisant.”
“Bien que prévue par la loi, la désignation d’une personne de confiance est souvent reportée à un stade avancé de la prise en charge, ce qui peut nuire à la bonne expression des volontés du patient, notamment en cas de perte de discernement ou de situation d’urgence. En proposant cette désignation dès l’entrée dans le parcours de soins, cet amendement garantit une meilleure information des patients, sécurise leurs choix et facilite le travail des équipes soignantes. Il s’inscrit dans une logique de prévention, de clarté et de respect des droits des personnes malades.”
“Ce serait une démission morale. En tant que présidente du groupe d’études « Longévité et adaptation de la société au vieillissement », ce sujet me tient à cœur. Une grande politique nationale permettant à nos aînés de rester pleinement vivants au service de la cité est-elle à l’ordre du jour ? Si c’est le cas, les parlementaires doivent y être associés. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RN, DR et UDR.)”
“Il faut changer de regard : nos aînés ne sont pas des fardeaux, mais un formidable réservoir de vitalité, d’énergie et d’engagement. Notre devoir est de bâtir une société dans laquelle la vieillesse est une promesse de continuer à participer à l’esprit de corps de la nation. Pour y parvenir, les services de l’État doivent accompagner la transition entre la vie active professionnelle et une vie active au service du bien commun, favoriser l’engagement associatif et citoyen et valoriser la solidarité locale, qui permet de maintenir nos aînés au cœur de la cité, et non à la périphérie de la vie. À l’heure où nous débattons de la fin de vie – je suis très opposée à ce texte –, je ne me résoudrai jamais à ce que l’unique préoccupation de la société à l’égard de Robert soit sa mort en service de soins palliatifs ou par euthanasie.”
“Ma question s’adresse à Mme la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles. Il y a quelques jours, lors d’un match de football dans ma circonscription, j’ai rencontré Robert, 79 ans, dont la poignée de main ferme et le regard droit s’accompagnent d’une manière très personnelle de parler de ses nombreux projets. Avec des mots simples, il a exprimé ce que beaucoup de personnes de son âge ressentent : l’âge de la retraite n’est pas celui de l’effacement, mais celui de la transmission. Il est temps pour notre société d’écouter tous les Robert, de faire de la place à cette génération, de reconnaître le rôle de nos aînés, qui apportent avec enthousiasme leur expérience, du lien, et partagent leur envie.”
“Le refus de l’acharnement thérapeutique consacré par la loi Claeys-Leonetti trouve le juste équilibre entre le droit à la vie et le refus de toute forme de torture. Cet équilibre doit être protégé : la main qui soigne ne saurait être la main qui tue. Dans le contexte des débats actuels sur la fin de vie, cet amendement vise donc à apporter une précision indispensable. Les soins palliatifs, pour qu’ils soient opérants sur le terrain, doivent être strictement encadrés.”
“Les soins palliatifs, établis par la loi du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie, dite loi Claeys-Leonetti, permettent à toute personne de recevoir les traitements et les soins nécessaires à sa sécurité sanitaire et à un apaisement de ses souffrances, selon l’état des avancées scientifiques. Cette consécration législative contribue à protéger la dignité de l’individu. On dénaturerait totalement l’article L. 1110-5 du code de la santé publique en élargissant l’objet des soins palliatifs jusqu’à leur faire jouer un rôle actif dans la survenance de la mort du patient. Les soins palliatifs sont au nombre des obligations positives qui s’imposent à l’État au titre du droit à la vie ; élargir leur objet reviendrait à consacrer un droit à la mort.”
“Il vise à clarifier et élargir le champ d’application des soins palliatifs en précisant qu’ils concernent les personnes atteintes de maladies « aux conséquences physiques ou psychiques graves », ce qui permettrait de reconnaître explicitement la souffrance psychique comme une composante à part entière de l’accompagnement palliatif et garantirait une prise en charge globale qui ne se limiterait pas à la dimension corporelle de la maladie mais engloberait aussi la souffrance mentale, laquelle est souvent sous-évaluée dans les parcours de soins. Cette approche est d’ailleurs conforme aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap).”
“Je vous ai fait part de propositions assez simples et concrètes qui émanent des élus de terrain, qui vivent ces problèmes au quotidien. Il serait bon que le gouvernement, et particulièrement M. le ministre de la santé, puissent les prendre en considération.”
“De plus, la mobilisation d’étudiants en médecine et l’organisation d’une réponse supradépartementale pourraient renforcer le fonctionnement du Samu durant les pics d’activité. Ces mesures sont essentielles pour garantir que les habitants et les visiteurs de la Vendée bénéficient d’un accès fiable et de qualité aux soins, même en période de forte affluence. Que pense le gouvernement de ces initiatives et comment envisage-t-il leur déploiement en Vendée afin de garantir un accès équitable et de qualité aux soins pour tous les Vendéens et les visiteurs, notamment durant les périodes de forte affluence touristique ?”
“Cette mesure, bien qu’elle soit compréhensible dans une perspective de gestion des coûts, a provoqué une pénurie de professionnels de santé, entraînant des fermetures temporaires de structures d’urgence, comme aux Sables-d’Olonne ou à Montaigu. La pénurie met en péril la qualité et la sécurité des soins, particulièrement en période estivale où la demande est à son comble. Pour répondre à ces défis, il existe des solutions concrètes telles que la création d’une réserve saisonnière de professionnels de santé issue de la réserve sanitaire, ou encore l’instauration d’un statut de praticien saisonnier. Ces solutions permettraient une meilleure répartition des ressources médicales.”
“Compte tenu du contexte médical que connaissent de nombreux territoires, les infirmiers doivent trouver toute leur place dans le parcours de soins. Ils doivent être reconnus à leur juste valeur et méritent notre plein soutien pour le travail réalisé. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)”
“S’il ne prévoit pas, dans sa rédaction actuelle, de disposition à ce sujet, ce texte n’en demeure pas moins très attendu par les organisations représentatives de la profession. Il corrigera également certaines curiosités de notre droit, qui veut qu’un infirmier spécialisé puisse réaliser une suture sans prescription médicale, quand un infirmier ne peut le faire lors d’une consultation infirmière ordinaire. Il était temps que ce texte vienne clarifier tout cela. Ainsi, parce qu’elle confirme l’expertise de ces professionnels et fait confiance à leur engagement, et parce qu’elle s’appuie sur des données validées scientifiquement, cette proposition de loi va dans le bon sens. Cependant, elle ne suffira pas, à elle seule, à résoudre l’ensemble des problèmes que rencontre la profession d’infirmier.”
“S’agissant du secteur public, disons-le franchement, c’est la double peine : à l’absence de revalorisation des grilles salariales cette année s’ajoute l’absence de revalorisation du point d’indice de la fonction publique. Ainsi, les infirmiers concernés ne verront pas leur rémunération augmenter alors que le contexte est encore très inflationniste et qu’ils sont rémunérés, à poste équivalent, un tiers de moins que dans le secteur privé. En la matière, l’instauration d’une négociation annuelle obligatoire avait été évoquée, il y a un an, avec l’Association des maires de France et des présidents d’intercommunalité, sans être suivie d’effet. Monsieur le ministre, où en sommes-nous ?”
“Nous aurons à débattre de ce point lors de la discussion de l’article 1 er . Par ailleurs, nous pourrons difficilement résoudre la question de l’attractivité de la profession sans traiter celle des grilles salariales, qu’il s’agisse des infirmiers exerçant dans le secteur public ou des infirmiers libéraux. La France compte aujourd’hui 124 000 infirmiers libéraux qui, avec des actes à tarif modéré et des charges en constante augmentation, ont été lourdement frappés par l’inflation ces trois dernières années. Nous discuterons tout à l’heure, entre autres, de leurs problèmes de stationnement. Mais au-delà de telle ou telle difficulté, la profession attend de nous un électrochoc pour pouvoir continuer d’exercer dans des conditions décentes, alors que nos territoires ont cruellement besoin d’elle.”
“Pourtant, force est de constater que malgré la place centrale prise par les infirmiers – qui ont bel et bien remplacé le médecin de campagne qui, hier encore, se déplaçait à domicile –, le compte n’y est pas. La proposition de loi que nous examinons apporte enfin une réponse à des professionnels qui se trouvent, depuis trop longtemps, au cœur du parcours de soins sans en avoir la reconnaissance officielle. Toutefois, de nombreuses marges d’amélioration demeurent. En commission, la possibilité d’inclure les soins relationnels comme supports thérapeutiques a été évoquée, dans la mesure où ces soins constituent une mission à part entière du métier d’infirmier. La relation que l’infirmier entretient avec son patient ne relève pas seulement du lien social, elle est centrale pour que le patient adhère à son parcours de soins.”
“Les infirmiers jouent, partout en France et particulièrement en milieu rural, un rôle de plus en plus crucial dans un contexte de déserts médicaux que l’État et les collectivités, depuis de longues années, ne réussissent pas à endiguer avec efficacité. Les Français en sont les victimes impuissantes et les infirmiers les remparts incontestables. Si la profession est ancienne, elle a connu de nombreuses évolutions ces dernières années sur les plans législatif et réglementaire. Pour ce qui concerne la formation, la filière a été utilement revalorisée à plusieurs reprises avec la création du diplôme unique en 1992 et la reconnaissance du diplôme de niveau licence en 2009.”
“Faut-il comprendre que les sportifs ont une meilleure capacité d’absorption ? Cette différence de traitement est difficile à justifier. Plus sérieusement, grâce au dynamisme de nos communes et des associations qui les animent, les événements organisés chaque année sont légion. Il semble absurde de vouloir limiter à seulement cinq ou dix le nombre annuel de débits temporaires : moins d’un par mois, c’est trop peu ! Bien qu’il faille, certes, prévoir un plafond pour éviter un dévoiement du dispositif, ce nombre devra être révisé. Mes chers collègues, ce texte est bien sûr positif et je voterai en sa faveur, même s’il ne va pas assez loin. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – M. Éric Michoux applaudit également.)”
“Il était grand temps que nous nous intéressions à cette filière inscrite au patrimoine culturel, gastronomique et paysager de la France, car, une fois encore, c’est la ruralité, ses petites entreprises, ses associations et ses initiatives locales qui sont frappées de plein fouet par un carcan normatif pensé pour les grands groupes transnationaux. Enfin, nous sommes nombreux à considérer que les obligations faites aux buvettes posent un problème. Ceux qui, comme moi, ont été maires le savent vraisemblablement : l’article L. 3334-2 du code de la santé publique permet aux maires d’accorder aux associations des autorisations temporaires de débits de boissons. Or ces autorisations peuvent être accordées au maximum cinq fois par an ; dix fois, uniquement à des associations sportives.”
“D’autre part, comme l’examen du précédent projet loi de finances l’a fait apparaître, il n’est pas acceptable que si, depuis 1979, les vignerons français peuvent vendre eux-mêmes leur production sans licence, ce qui se conçoit pleinement, les brasseurs se le voient interdire. Ce n’est pas une plaisanterie : malgré le dynamisme de la filière brassicole dans notre pays, une brasserie sur dix envisagerait de mettre la clé sous la porte cette année, d’après la CPME, la Confédération des petites et moyennes entreprises.”
“Au lieu d’un système logique, nous avons obtenu un empilement plus ou moins cohérent de normes, comme celles concernant les communes touristiques littorales dites surclassées, dont le calcul du seuil de population n’est pas sans poser de problème. Concernant les communes rurales ayant racheté leur licence IV pour ne pas la voir disparaître, les rigidités du système ne sont pas moindres. En outre, d’après le ministère de l’intérieur, la formation obligatoire pour obtenir le permis d’exploitation doit être suivie par l’exploitant effectif de la ville. Voilà qui est large ! Agents, élus, etc. : nombreux sont ceux qui doivent passer par cette formation – ou renoncer à se mettre en conformité avec la loi.”
“En effet, la proposition de loi se limite à prendre en considération le seuil des 3 500 habitants, quand nous aurions pu attendre une réforme d’ampleur. Il est vrai que les débits de boissons sont bien plus que de simples points de vente ; ils sont les cœurs battants de nos communes, les gardiens de nos traditions et de notre cohésion sociale. Le déclin de ces lieux au cours des dernières années est alarmant : de 200 000 cafés et bistrots en 1960, nous sommes passés à seulement 38 000 en 2023 ! Le système des licences, qui date de 1941, est devenu aujourd’hui très largement inadapté pour assurer l’équilibre des débits de boissons dans notre pays. Pendant trop longtemps, les évolutions législatives se sont succédé, aboutissant au millefeuille indigeste que nous connaissons.”
“Nous sommes appelés à réfléchir à l’avenir de nos territoires ruraux, à travers le prisme de nos lieux de vie et de convivialité : les débits de boissons. D’abord, la proposition de loi pérennise un dispositif expérimental introduit pour trois ans dans la loi par un amendement d’origine sénatoriale ; ce dispositif a contribué – c’est vrai – à revitaliser certains territoires ruraux. Ensuite, elle envisage, de fait, un assouplissement des règles d’obtention de la licence IV, carcan qui n’est certes pas le seul responsable de la fermeture des cafés et des bars, mais qui ne facilite pas les choses, bien au contraire. C’est justement à cet égard que l’esprit et l’opportunité de ce texte me semblent limités.”
“Elle permettra de redonner confiance dans la politique et nos institutions, elle montre que les élus sont capables de s’entendre, au-delà des clivages partisans. Toutefois, je tiens à appeler le gouvernement à la plus grande vigilance quant à l’avenir du texte. En effet, trop de textes qui font consensus dans l’hémicycle et qui sont approuvés par les Français attendent toujours leurs décrets d’application. N’abandonnons pas les patientes et les professionnels. Ils comptent sur nous ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RN et UDR.)”
“Cette initiative inspirante permet aux femmes de retrouver de la confiance et surtout de se sentir elles-mêmes. Il ne s’agit pas seulement d’esthétisme ; il s’agit de rester soi-même, tout simplement de se reconnaître. Je profite de cette proposition de loi pour évoquer l’accès aux soins. Malgré des alertes répétées de la part des professionnels, des patients et des élus, le système de santé et de prévention est à bout de souffle et ne cesse de se détériorer. Il n’est plus à la hauteur des enjeux et du respect des patients. Malheureusement, le cancer du sein n’échappe pas à cette triste réalité et il est urgent d’améliorer sa prise en charge. Attendue par les malades et leurs proches, cette proposition de loi fait preuve de bon sens.”
“Elles sont parfois contraintes de reporter des interventions, ce qui compromet leur reconstruction. Sans remettre en cause le principe de l’égalité de traitement entre les patientes, il me semble important de revenir sur la prise en charge des perruques. Lors d’un cancer du sein, la femme est frappée dans sa chair et dans sa féminité. La perte de cheveux, consécutive au traitement, est souvent vécue comme un préjudice supplémentaire, qui porte atteinte à son identité. Ne plus se reconnaître dans la glace est vécu comme une atteinte à la dignité. Permettez-moi de saluer ici une entreprise située dans ma circonscription, Les Pas d’Chichi, qui confectionne des perruques avec les vrais cheveux de la patiente – je peux vous dire que cela change tout !”
“Le dépistage organisé pour les femmes âgées de plus de 50 ans fait également partie des outils de prévention. Malgré des recherches et des avancées médicales significatives, la prise en charge du cancer du sein dans notre pays n’est pas à la hauteur de l’épreuve que traversent les malades et leur famille. Une meilleure prise en charge permettrait d’améliorer la qualité de vie des malades, de limiter les effets secondaires ainsi que les risques de récidive et de réduire, à terme, les dépenses de santé. Le texte qui nous est présenté porte une véritable ambition et constitue un signal d’espoir envoyé aux patientes et à leurs proches. Toutefois, malgré un remboursement des traitements, le reste à charge, notamment pour les soins de support, est souvent un frein pour les patientes.”
“Parce qu’il est le plus fréquent et le plus meurtrier des cancers chez la femme, le cancer du sein nous concerne tous, directement ou indirectement. Nous connaissons tous des femmes touchées par la maladie, parfois dans notre entourage proche, et les témoignages sur leur calvaire ne peuvent nous laisser indifférents. J’ai une pensée émue pour toutes celles qui ont vu leur vie basculer à l’annonce du diagnostic. Ce soir, nous ne parlons pas seulement de prise en charge et de remboursement, mais avant tout des dégâts causés par le cancer et de destins bouleversés. Nous connaissons les chiffres en matière de cancer du sein. La campagne de sensibilisation Octobre rose nous le rappelle chaque année, grâce à l’engagement des associations et des bénévoles.”
“Par ailleurs, certaines sanctions sont disproportionnées et entretiennent ce climat de méfiance vis-à-vis de notre agriculture. Pour ne prendre qu’un seul exemple, une taille de haie en dehors des périodes autorisées peut conduire à une peine de 150 000 euros d’amende et de trois ans d’emprisonnement ! Nos agriculteurs ne peuvent pas être traités comme des voyous. Ils ont besoin de sérénité et d’un retour au bon sens dans les décisions politiques, dans les règlements et leur application. Madame la ministre, comment comptez-vous contribuer concrètement à redonner confiance à nos agriculteurs ? Quelles évolutions dans les contrôles et les sanctions allez-vous mettre en œuvre ?”
“Je souhaite revenir sur la question des contrôles sur les exploitations agricoles, qui faisait partie des revendications lors des manifestations de l’hiver dernier. Si l’annonce d’un contrôle administratif unique va dans le bon sens, les contrôles dans les exploitations restent toujours source d’anxiété pour les agriculteurs. Il faut trouver les moyens de passer d’un système de suspicion permanente à un système de confiance. Un récent rapport du Sénat a mis en lumière les lacunes des contrôles effectués par l’Office français de la biodiversité. Il soulève notamment la question du port de l’arme par les agents de l’OFB, qui est une source de crispation. Le premier ministre a d’ailleurs évoqué ce sujet dans sa déclaration de politique générale.”
“Il s’agit de respecter nos anciens, qui ont besoin d’être accompagnés dignement, et de respecter aussi ceux qui les entourent. Et il ne s’agit pas d’un « sentiment d’abandon » : ces millions de personnes sont réellement abandonnées et ignorées. Monsieur le ministre, que leur dites-vous ?”
“Comment accepter que nos Ehpad soient en si mauvaise santé financière, avec toutes les répercussions que cela suppose ? Comment accepter les déserts médicaux, les difficultés d’accès aux soins, les départs massifs de soignants physiquement et moralement cassés, le désespoir des proches laissés seuls face à la vieillesse et à la grande dépendance ? Surtout, comment accepter l’isolement aussi bien matériel que social de nos anciens qui meurent en silence ? La promesse, faite par Emmanuel Macron, d’un texte consacré au grand âge n’a débouché que sur une petite loi de circonstance, sans envergure, sans vision, sans moyens. Les solutions sont pourtant connues, les études ne manquent pas : ce qui fait défaut, je le répète, c’est la volonté politique.”
“Avant toute chose, je souhaite remercier le groupe UDR, qui a eu l’excellente idée de faire inscrire à l’ordre du jour ce sujet de la dépendance, grand absent des politiques publiques – la preuve en est que le premier ministre ne l’a pas évoqué lors de sa déclaration de politique générale. Aussi, monsieur le ministre, ma question est simple : le gouvernement a-t-il réellement la volonté de s’occuper de nos anciens ? J’en doute. Dans les prochaines années, c’est un véritable défi démographique qu’il nous faudra relever : avec des millions de personnes en perte d’autonomie, nous nous trouverons face au mur de la dépendance. Que ce soit pour les intéressés, pour les familles ou pour le personnel soignant, la situation n’est plus tenable.”