Christophe Blanchet
DEM · France
“Il vise également à rétablir l’article, mais en y ajoutant la possibilité, pour les services de l’État, de fermer administrativement les lieux où sont vendus des produits de contrefaçon et de contrebande.”
“Depuis tout à l’heure, nous parlons du droit à la fête, qui est vital pour les jeunes et pour nous tous. Nous avons besoin de moments pour décompresser, mais il importe de pouvoir lâcher prise dans des lieux sécurisés, où nous ne sommes pas mis en danger.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.) J’ai eu la chance de côtoyer des jeunes pendant vingt-cinq ans, de pouvoir les accueillir en toute liberté et en toute sécurité. Je ne désire rien d’autre que cela : que les jeunes puissent s’amuser, mais en toute sécurité.”
“…puisque l’on y retrouve, contrairement à toute réglementation, des produits aussi nocifs que la mort-aux-rats, le ciment ou le cyanure ! En outre, ce trafic dénature nos paysages ruraux, où les bureaux de tabac font aussi office d’épicerie, de dépôt de pain ou autres commerces, et attaque notre modèle financier.”
“Les Daft Punk ont commencé par se produire en première partie de concerts londoniens et aux Trans Musicales de Rennes. Tout le monde ne vient pas des free parties ou des rave-parties, ne généralisons pas ! Enfin, vous avez prétendu que les jeunes allaient dans les rave-parties parce que les autres soirées étaient trop chères.”
“Pour y répondre, la France a instauré le 1 er mars une taxe de 2 euros par colis. L’objectif était clair : outre les 400 millions d’euros de recettes espérés, il s’agissait de défendre une logique de patriotisme économique et écologique, afin de ne pas laisser notre marché se faire inonder de marchandises par des pays ne respectant pas le…”
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“C’est peut-être le cas chez vous, à Paris et en région parisienne, mais en province, beaucoup de lieux accueillent gratuitement les étudiants. C’est cela aussi, faire la fête. Arrêtons de stigmatiser la jeunesse et de la croire une et indivisible !”
“Les Daft Punk ont commencé par se produire en première partie de concerts londoniens et aux Trans Musicales de Rennes. Tout le monde ne vient pas des free parties ou des rave-parties, ne généralisons pas ! Enfin, vous avez prétendu que les jeunes allaient dans les rave-parties parce que les autres soirées étaient trop chères.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.) J’ai eu la chance de côtoyer des jeunes pendant vingt-cinq ans, de pouvoir les accueillir en toute liberté et en toute sécurité. Je ne désire rien d’autre que cela : que les jeunes puissent s’amuser, mais en toute sécurité. D’autre part, vous avez dit que tous les DJ de la French touch s’étaient formés dans les rave-parties. C’est le cas de certains d’entre eux, comme Laurent Garnier, mais pas de tous : David Guetta a fait ses premières armes aux Bains douches, par exemple. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)”
“Depuis tout à l’heure, nous parlons du droit à la fête, qui est vital pour les jeunes et pour nous tous. Nous avons besoin de moments pour décompresser, mais il importe de pouvoir lâcher prise dans des lieux sécurisés, où nous ne sommes pas mis en danger. Les dispositions du texte qui seront, je l’espère, rétablies, prévoient précisément de sécuriser les jeunes qui se rassemblent dans les free parties . Il faut comprendre que ces événements font partie des nombreux modèles dans lesquels les jeunes peuvent se retrouver pour faire la fête, mais qu’il y en a bien d’autres – les clubs, les discothèques, les restaurants ou les bars à ambiance musicale. J’en parle d’autant mieux que je pense être le seul ici à avoir été patron d’une boîte de nuit pendant vingt-cinq ans.”
“Il était 23 heures ; j’ai demandé un paquet de cigarettes, on me l’a vendu. La fermeture administrative… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’orateur. – Quelques députés du groupe Dem applaudissent ce dernier.)”
“…qui m’avait été dénoncée comme disposant de tabac.”
“…puisque l’on y retrouve, contrairement à toute réglementation, des produits aussi nocifs que la mort-aux-rats, le ciment ou le cyanure ! En outre, ce trafic dénature nos paysages ruraux, où les bureaux de tabac font aussi office d’épicerie, de dépôt de pain ou autres commerces, et attaque notre modèle financier. Pour s’en tenir à son aspect sécuritaire, la contrebande de tabac représente, je le répète, la moitié des ventes. J’en ai fait la triste expérience il y a quelques mois : chez moi, en Normandie, je me suis rendu dans une épicerie de nuit…”
“Le tabac tue, c’est un fait acquis ; mais pour avoir, là encore, traité du sujet dans deux rapports, je peux vous affirmer que le tabac de contrebande tue encore plus,…”
“Il vise également à rétablir l’article, mais en y ajoutant la possibilité, pour les services de l’État, de fermer administrativement les lieux où sont vendus des produits de contrefaçon et de contrebande. Nous en avons discuté, monsieur le ministre : la contrefaçon, devenue un véritable fléau, représente près de 10 milliards d’euros de recettes fiscales non perçues – ce qui a un effet sur l’emploi et l’économie – et surtout des mafias organisées, structurées. J’ai eu la chance de consacrer deux rapports au sujet : des réseaux criminels se détournent des stupéfiants au profit de la contrefaçon, encore plus rentable et plus propice au blanchiment ! Quant à la contrebande, il faut savoir que la moitié des paquets de cigarettes vendus en France depuis un mois l’ont été hors du réseau légal, celui des buralistes.”
“Monsieur le ministre, à quand une réelle protection des frontières européennes face à des compétiteurs qui, chaque jour, nous affaiblissent économiquement et condamnent notre planète ? (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur quelques bancs du groupe SOC.)”
“Le gouvernement a choisi de suspendre cette taxe nationale pour laisser place au dispositif européen, qui prévoit une taxe de 3 euros par petit colis dès aujourd’hui, puis de 5 euros en novembre. Cette évolution est compréhensible : face à des plateformes mondiales, la bonne réponse est européenne. Toutefois, cette réponse ne sera crédible que si l’Europe assume enfin sa puissance. Avec près de 450 millions de consommateurs, elle est le premier marché économique mondial, ce qui la dote d’une force considérable. À nous d’en faire un levier de souveraineté économique et écologique. Ceux qui veulent vendre en Europe doivent respecter nos règles, nos normes et nos exigences commerciales et environnementales.”
“Pour y répondre, la France a instauré le 1 er mars une taxe de 2 euros par colis. L’objectif était clair : outre les 400 millions d’euros de recettes espérés, il s’agissait de défendre une logique de patriotisme économique et écologique, afin de ne pas laisser notre marché se faire inonder de marchandises par des pays ne respectant pas les accords de Paris, alors que nos entreprises perdent des parts de marché. Cependant, on constate un détournement massif du dispositif : des flux sont réorientés vers d’autres États membres, notamment la Belgique et les Pays-Bas, avant de revenir sur notre sol. Autrement dit, la règle existe, mais elle ne nous protège pas de manière effective, car nous sommes seuls, dans une Europe attaquée, à vouloir agir vite et fort.”
“Chaque nuit, 600 avions gros porteurs chinois décollent à destination du marché européen. Chaque seconde, 25 petits colis entrent en France, soit plus de 800 millions par an. Comme j’ai pu l’observer à Roissy, parmi ces colis, plus de la moitié relèvent de la contrefaçon ou ne respectent pas les règles de sécurité européennes. Derrière ces flux se cache une réalité simple : une concurrence à armes inégales, où les règles sociales, fiscales et environnementales ne sont pas les mêmes dans tous les pays.”
“Voilà une défense d’amendement efficace !”
“Concrètement, il n’y aura donc pas de suivi pour Saint-Gatien-des-Bois, même si un courrier m’avait donné un peu d’espoir, qui évoquait les 300 millions supplémentaires votés par l’Assemblée. Si je comprends bien votre réponse, madame la ministre, c’est une fin de non-recevoir et une invitation à passer à autre chose…”
“Pouvez-vous me dire, très concrètement, où en est ce suivi et quelles suites ont été données à cette situation ? Sur le terrain, les effets ne sont pas marginaux : ils se traduisent par des pertes de ressources importantes et durables, conduisant les communes à réduire leurs capacités d’investissement. À Saint-Gatien-des-Bois, ce sont 190 000 euros de ressources fiscales en moins et un Coco réduit de 358 000 euros. Dans le cas que je vous ai soumis, la commune subit à la fois une diminution de ses bases fiscales et l’application d’un coefficient correcteur calculé sur des bases antérieures, ce qui constitue une double pénalisation. Ma question est très simple : où en est-on pour la commune de Saint-Gatien ?”
“Je souhaite revenir sur les effets du coefficient correcteur, dit Coco, introduit dans le cadre de la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales. Par un courrier en date du 24 novembre dernier, j’avais attiré votre attention sur les difficultés rencontrées par certaines communes, en particulier celle de Saint-Gatien-des-Bois, du fait de modalités de calcul qui ne prennent pas en compte certaines évolutions de bases intervenues au cours de la même année, notamment en cas de dégrèvement. Je vous remercie pour la réponse que vous m’avez apportée le 24 février. Vous y indiquiez notamment que les services de l’État étaient mobilisés pour accompagner les collectivités concernées et que la situation de la commune de Saint-Gatien-des-Bois faisait l’objet d’une attention particulière.”
“L’amendement tend à empêcher ces adeptes de la liquidation judiciaire à outrance de s’immatriculer de nouveau, tant qu’ils n’ont pas réglé leur passif, notamment la dette auprès de l’Urssaf – que nous finissons tous par payer, à travers nos impôts – et à engager leur solidarité financière personnelle. Il instaure en outre une liaison entre les greffes des tribunaux et les Urssaf, afin de prévenir toute nouvelle immatriculation en vue d’une éventuelle nouvelle arnaque.”
“Il vise à neutraliser les professionnels, pour ne pas dire les spécialistes, de la liquidation judiciaire. Après avoir créé une société, souvent dans l’artisanat, la mécanique ou un autre domaine, ces chefs d’entreprise encaissent un maximum d’acomptes, mais ne réalisent pas les travaux, laissant leurs clients dans l’embarras. Ces derniers viennent souvent se plaindre dans nos permanences : les travaux n’ont pas eu lieu et ces gens, qui ont engagé toutes leurs économies ont tout perdu parce que l’artisan s’est mis en liquidation judiciaire. Qui plus est, ces spécialistes de la liquidation judiciaire emploient des salariés, accumulant auprès des Urssaf des dettes qui ne seront jamais acquittées.”
“Relisez la page 87 du rapport de la mission d’information !”
“Je vous remercie de reprendre une des préconisations qui figuraient dans le rapport que j’ai rédigé avec ma collègue Martine Étienne en 2024. Nous affirmions effectivement qu’il fallait améliorer la formation des professeurs sur les notions d’éducation à la défense nationale. Toutefois, la formation initiale des enseignants relève du domaine réglementaire, et ici, nous votons la loi et non le règlement. Avis défavorable.”
“Effectivement, nous avons donné une réponse portant sur l’amendement qui précédait et qui n’a pas été soutenu. Je reconnais mon erreur. Mais ma réponse rejoint un petit peu celle que je viens de donner. L’histoire militaire française est déjà enseignée, notamment dans les cours d’histoire. Elle pourra donc naturellement figurer dans le référentiel. Le choix a été fait de renvoyer au ministre la responsabilité d’arrêter le contenu de ce référentiel, après consultation du Conseil supérieur des programmes. Il est donc superflu de préciser dans la loi des exigences à ce sujet. Avis défavorable.”
“Trop souvent, on pense que les anciens combattants sont très âgés, je voudrais rappeler que le plus jeune d’entre eux a 26 ans. Il y a beaucoup d’expériences et de témoignages à transmettre et beaucoup d’anciens combattants veulent partager leur expérience et faire connaître les raisons pour lesquelles ils se sont engagés pour la France et la nation. Avis défavorable.”
“De la même manière que le ministère des armées n’a pas à se prononcer sur le référentiel pédagogique, compétence propre au ministère de l’éducation nationale, les associations nationales d’anciens combattants et victimes de guerre n’ont pas vocation à se prononcer sur le contenu de l’éducation des élèves. Nous saluerons néanmoins l’engagement constant de ces associations en partenariat avec les équipes pédagogiques pour faire émerger des projets pédagogiques structurants, notamment autour de la mémoire des conflits contemporains. Beaucoup d’anciens combattants sont réservistes, y compris réservistes citoyens. La proposition de loi prévoit la possibilité pour ces réservistes citoyens d’être aux côtés des enseignants pour partager leur expérience.”
“Nous avions réfléchi à tout cela après l’adoption de l’amendement de Bertrand Sorre : tous les correspondants défense amenés à intervenir aux côtés des professeurs – à leurs côtés, j’insiste sur ces termes – devront avoir suivi un cursus spécifique et être habilités à le faire par les DMD. Pour cette raison, je suis plutôt réservé quant à la suppression de cette disposition. Après son introduction en commission, je pense qu’il faut laisser les choses se faire et voir comment ces correspondants seront formés. Ceux-ci ont vocation à assurer le lien entre celles et ceux qui ont une expérience militaire en matière de défense nationale et celles et ceux qui souhaiteraient diffuser cette culture. Demande de retrait ou avis défavorable.”
“Cette possibilité, inscrite par suite de l’adoption en commission d’un amendement de Bertrand Sorre, tend à mettre en lien celles et ceux qui s’intéressent à la défense nationale. La loi prévoit en effet que les élus municipaux désignent un correspondant défense au sein du conseil. Je me souviens d’ailleurs très bien de l’intervention de notre collègue Boyard en commission : il expliquait qu’en tant que membre d’un conseil municipal, il pourrait tout à fait être correspondant défense et que nous ne maîtriserions pas ce qu’il dirait devant les élèves. C’est vrai mais les correspondants défense en question sont accompagnés par le ministère des armées grâce un module de formation via les DMD – délégations militaires départementales.”
“Monsieur Boyard, voilà ma question, à laquelle je veux bien que vous répondiez précisément parce que j’ai été choqué par ce que j’ai lu. Avis défavorable sur l’amendement.”
“C’est bien pour cela que l’interprétation que j’ai faite de ce que vous avez écrit m’a choqué. Libre à vous de préciser les choses ! Pour moi, les réservistes sont des hommes et des femmes qui s’engagent pour la France et qu’on ne peut pas distinguer, sur le terrain, des militaires de carrière. Ces hommes et ces femmes engagés pour notre pays – pour nous – étaient présents lors de l’opération Sentinelle et sont intervenus pour déjouer des attentats. Il y a quelques années, ils avaient par exemple neutralisé un terroriste dans un aéroport. Ces hommes et ces femmes sont tout sauf du folklore ; nous devons les respecter, les soutenir et les défendre. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem. – M. Romain Daubié se lève pour applaudir.)”
“Je vais le lire parce que je souhaite que nous soyons très clairs et qu’éventuellement vous le corrigiez à l’oral. Dans ma proposition de loi, je fais appel aux réservistes, qui pourraient accompagner les professeurs qui le souhaitent en faisant des exposés et en expliquant leur vécu. Vous écrivez que l’amendement n o 6 vise à « supprimer la possibilité d’associer les réservistes des armées à l’enseignement à la défense qu’elle propose de renforcer » et que « cette possibilité est présentée comme une mesure bénigne, presque folklorique ». Pour moi, les réservistes, ce n’est pas du folklore.”
“Il existe déjà des enseignements optionnels très satisfaisants, comme les classes de défense dont le principal défaut est de ne pas toucher un public assez large. J’émets donc un avis défavorable.”
“Monsieur le député, vous dites que vous voulez « rendre cet enseignement facultatif », mais il ne s’agit pas à proprement parler d’un enseignement : nous insérons des « entrées défense » dans l’enseignement à la défense déjà prévu par l’éducation nationale à l’article L. 312-12 du code de l’éducation que nous voulons améliorer. Permettez-moi donc de vous demander si vous souhaitez rendre facultatif cet enseignement obligatoire. C’est une petite nuance. D’abord, l’enseignement instauré par cette proposition de loi serait instillé dans différentes disciplines par le biais de ces « entrées défense », notamment dans l’enseignement moral et civique qu’il n’est pas possible d’envisager comme optionnel. Sur le fond, cet enseignement à la défense pour tous les élèves répond à un besoin d’universalité et garantirait notre cohésion nationale.”
“Monsieur le député, j’émettrai un avis défavorable. Cette proposition de loi vise à renforcer l’étude des questions de défense au sein des programmes existants. Or les programmes de collège de nombreuses disciplines – d’enseignement moral et civique, mais aussi d’histoire-géographie ou de français, à travers l’étude de certains textes littéraires – offrent de nombreuses accroches à l’enseignement de défense. Il est donc pertinent de le dispenser dès ce niveau, comme cela devrait déjà être le cas aux termes de l’article L. 312-12, tout en adaptant évidemment le contenu de cet enseignement au niveau et à l’âge des élèves.”
“La proposition de loi rappelle que c’est une obligation et fournit les modules nécessaires pour la remplir au sein des disciplines existantes, sans créer de matière nouvelle. Vous avez parlé d’une matière et d’heures de cours en plus. Je m’inscris en faux. Vous pouvez ne pas être d’accord avec la philosophie du texte, mais vous ne pouvez pas prétendre qu’il prévoit des heures de cours supplémentaires. J’insiste sur ce point. Nous donnons des clés pour que le cours sur la défense nationale déjà prévu soit effectivement dispensé.”
“Nous sommes là pour confronter nos idées. Je vous rappelle que l’article L. 312-12 du code de l’éducation prévoit déjà un enseignement sur la défense nationale. Or le rapport que j’ai rédigé avec notre ancienne collègue LFI Martine Étienne – je la salue parce que nous avons fait du beau travail ensemble – établit que cet article n’est pas respecté, que cette éducation à la défense nationale n’est pas dispensée, qu’elle ne figure pas dans les cours d’enseignement moral et civique. Plusieurs raisons expliquent cette situation. Certains enseignants ne veulent pas faire ce cours, ce qui revient à ne pas appliquer la loi, à refuser une de leurs missions. D’autres ne savent pas comment le faire, ils n’ont pas les clés pour y parvenir.”
“Dès 1982, il est à l’origine du premier protocole commun à la défense et à l’éducation nationale, où on explique que « l’éducation est un acte global qui n’est pas réductible aux activités scolaires » et que « l’esprit de défense est une attitude civique qui n’est pas limitée aux activités militaires. » Nous sommes dans le droit fil de ces affirmations. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe Dem.) J’en viens à un dernier point, parce que je ne voudrais pas être trop long. J’entends vos arguments, monsieur Boyard, et je respecte votre sincérité, comme j’espère que vous respectez la mienne.”
“Vincent Caure applaudit également.) Madame Hadizadeh, j’ai failli applaudir votre intervention parce que vous appelez de vos vœux exactement ce qui est contenu dans ma proposition de loi : un aspect collégial, le refus de l’individualisme, une réflexion commune sur les moyens de se protéger ensemble si cela devenait nécessaire. De plus, permettez-moi de citer Charles Hernu, ministre de la défense dans le gouvernement socialiste de François Mitterrand.”
“Il est évidemment défavorable, car s’ils étaient adoptés, la proposition de loi disparaîtrait. En commission, nos débats ont été très respectueux, et c’est dans le même état d’esprit que je vais expliquer ma position aux auteurs de ces amendements. Monsieur Boyard, vous avez parlé d’une militarisation de l’école. Je vous rappelle la définition du mot « militariser » dans le dictionnaire : « Porter un uniforme ou une arme. » Aucun jeune ne sera en uniforme militaire ou portera une arme. Ce n’est donc pas le bon terme. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem. – M.”
“C’est étonnant ! J’ai failli vous applaudir… presque jusqu’au bout ! (Sourires.)”
“Pour conclure, permettez-moi d’évoquer le nom de Léon Gautier, vétéran qui a débarqué le 6 juin 1944 sur les plages de Normandie avec 176 autres Français. Lorsque les jeunes qu’il rencontrait lui demandaient pourquoi, en 1940, à l’âge de 17 ans, il avait choisi de traverser La Manche et de rejoindre de Gaulle après l’appel du 18 juin, avec l’espoir de libérer la France, il répondait qu’il avait fait tout cela parce qu’il avait été éduqué à aimer la France. (Applaudissements sur les bancs des groupes Dem et EPR. – M. Jacques Oberti applaudit également.)”
“La défense de notre pays est assurée par nos militaires – à qui nous devons admiration, reconnaissance et soutien –, mais elle ne peut reposer sur eux seuls ; elle s’appuie aussi sur l’engagement de la société tout entière et sur ses forces morales. Cela ne signifie pas que nos élèves porteront demain l’uniforme, cela signifie simplement qu’ils doivent comprendre le monde dans lequel ils vivent et être prêts, chacun à leur place, à contribuer à la protection de notre pays. Renforcer la culture de défense de notre jeunesse, c’est renforcer la solidité de notre République, la solidarité et la cohésion nationale ; c’est, tout simplement, préparer l’avenir de la France en arrêtant d’avoir le patriotisme honteux.”
“Dans une crise majeure, c’est la continuité même de la vie de la nation qui est en jeu et chacun doit savoir réagir face à certaines situations. Dernier grand axe de la proposition de loi : incarner cet enseignement en facilitant l’intervention, aux côtés des enseignants, de volontaires issus des réserves civiles ou opérationnelles. Ces femmes et ces hommes incarnent l’engagement patriotique au service de la nation. Leur présence peut donner chair à cet enseignement et rappeler que derrière les mots se trouvent des parcours, des histoires, des engagements humains. Ce n’est pas un enseignement ponctuel que nous voulons bâtir, mais une véritable culture de défense nationale.”
“Ensuite, cet enseignement passera par un référentiel qui listera les entrées relatives à la défense dans les différentes matières et les compétences que les élèves devront acquérir. Ce référentiel sera arrêté par le ministre de l’éducation nationale après consultation du Conseil supérieur des programmes (CSP). L’élaboration de ce référentiel sera l’occasion d’actualiser le contenu de l’éducation à la défense. En effet, la défense nationale du XXI e siècle ne se limite plus aux enjeux militaires traditionnels mais inclut des dimensions nouvelles, évoquées précédemment. Nous devons tous comprendre ces réalités, dès le plus jeune âge. Chacun doit savoir que la sécurité d’un pays se joue désormais autant sur les réseaux numériques que sur les champs de bataille.”
“Le texte, fruit de la mission d’information conduite en 2024 avec notre ancienne collègue Martine Étienne, vise à renforcer, à structurer et à actualiser l’éducation à la défense nationale dans le parcours de citoyenneté. Nous parlons bien d’un enseignement civique et non d’une préparation militaire. Concrètement, le texte repose sur plusieurs principes simples. D’abord, il s’agit de généraliser un enseignement de défense clairement identifié pour tous les élèves. Cet enseignement continuera d’être intégré aux autres disciplines – le français, l’histoire, les mathématiques, la technologie, et surtout l’enseignement moral et civique (EMC) – mais avec, dorénavant, la certitude qu’il sera effectivement dispensé, de façon cohérente et progressive tout au long du collège et du lycée.”
“Ce constat n’est pas polémique, il est largement partagé par les armées, l’éducation nationale et de nombreux travaux parlementaires. Il devrait nous rassembler, car la défense nationale ne devrait jamais être un sujet de division. Elle touche à ce que nous avons de plus précieux : la protection de notre pays, de notre démocratie, de nos libertés et de notre population. Refuser d’enseigner la défense, c’est affaiblir la République. C’est pour répondre à cette situation que cette proposition de loi est soumise à votre examen. Vous l’aurez compris, nous n’ajoutons pas un nouvel enseignement, nous rendons un enseignement déjà prévu effectif et moderne.”
“L’histoire nous enseigne que les nations qui oublient de penser leur défense finissent toujours par devoir la subir, et ignorer les menaces n’a jamais protégé une démocratie. C’est pour ces raisons que le rôle de l’école est fondamental. L’article L. 312-12 du code de l’éducation prévoit déjà un enseignement de défense dans le second degré, depuis la suspension du service militaire obligatoire, avec l’ambition de maintenir un lien fort entre la jeunesse, la nation et son armée. Mais cet enseignement prévu par les textes demeure mal identifié et inégalement dispensé. Combien d’élèves peuvent affirmer qu’ils ont bénéficié, au cours de leur scolarité, d’un enseignement clair, structuré et identifiable sur les enjeux contemporains de défense nationale ? Trop peu.”
“La résilience d’un peuple, sa capacité à tenir, à s’adapter, à rester uni dans l’épreuve, constitue une force stratégique. La résilience, c’est à la fois la volonté et la capacité d’un pays, de sa société et de ses pouvoirs publics à résister aux conséquences d’une agression ou d’une catastrophe majeure, puis à rétablir rapidement leurs capacités de fonctionnement. Autrement dit, elle nous concerne tous – nous sommes tous des acteurs de notre défense nationale. C’est donc une vigilance collective contre les périls que nous devons bâtir. Et cela commence simplement par la connaissance : on ne protège bien que ce que l’on comprend, et l’on ne défend durablement que ce à quoi l’on est attaché.”
“Dans ce contexte, cultiver l’esprit de défense, renforcer la résilience nationale et encourager le sens de l’engagement ne sont plus des options. Comprendre la défense nationale, ce n’est pas préparer la guerre, c’est garantir les conditions de la paix. À ceux qui doutent, je le dis avec gravité : vous refusez la réalité du monde ; nous préparons les citoyens à y faire face. Une nation éclairée, consciente des risques auxquels elle est exposée, est une nation plus forte. La défense d’un pays ne repose pas uniquement sur ses armées, aussi compétentes soient-elles : elle repose aussi sur la solidité morale et civique de sa population, sur son esprit de défense. Une armée protège un pays ; un peuple conscient de sa défense le rend indivisible et invincible.”
“Cela démontre que les affrontements ne prennent plus seulement une forme militaire traditionnelle. Au-delà de l’Europe, c’est l’ensemble de l’environnement stratégique mondial qui s’est dégradé. Les points de conflit sont innombrables – Sahel, Darfour, Caucase, mer de Chine, détroit de Taïwan, Proche et Moyen-Orient. Le danger, c’est de ne pas comprendre aujourd’hui les menaces qui nous atteindront demain. Personne ici ne souhaite la guerre, et encore moins sur notre sol. Mais elle nous atteint déjà au quotidien depuis plusieurs mois – dysfonctionnements des réseaux informatiques, cyberattaques perturbant les aéroports, explosion du prix des carburants, sabotages de câbles sous-marins, tentatives d’attiser les divisions au sein de notre société et d’affaiblir notre démocratie.”
“Partout, d’Est en Ouest, les équilibres internationaux forgés après la seconde guerre mondiale sont fragilisés. Ainsi, dans le contexte de la guerre d’agression contre l’Ukraine, la Russie a multiplié les actions hostiles à l’égard de la France et de ses partenaires européens – posture d’intimidation nucléaire, ingérence informationnelle, cyberattaques, manœuvres de satellites, sabotage, espionnage, détention arbitraire de ressortissants, survol du territoire de certains alliés, tentatives d’ingérence dans les processus électoraux. Ces actions ne sont pas théoriques ; elles sont réelles, continues, et elles nous visent, comme elles visent de nombreux autres pays européens. Elles ne cesseront pas, comme le montre la revue nationale stratégique 2025. Elles cherchent à nous diviser.”
“Aimons-nous assez la France pour assumer collectivement, demain, les responsabilités qui pourraient nous incomber ? Voulons-nous éduquer la jeunesse à comprendre les enjeux de défense nationale ? Il n’y a pas de citoyenneté complète sans conscience des responsabilités collectives. Si le patriotisme n’est pas une obligation, la défense nationale, elle, en est une. Ces deux notions, loin de s’opposer, sont en réalité profondément liées et complémentaires pour notre cohésion nationale. Aucune politique publique, aucun projet de société, aucune ambition collective ne peuvent exister durablement si la sécurité de la nation n’est pas assurée. Or le monde dans lequel nos enfants grandissent n’est plus celui que nous avons connu. Depuis plusieurs années, nous assistons à un basculement majeur.”