Aurélien Taché
LFI-NFP · France
“Grâce à ce sous-amendement, le groupe LFI-NFP souhaite étendre le champ du rapport proposé par le groupe Écologiste et social sur les effets de cette loi xénophobe sur les droits fondamentaux, en particulier le droit au respect de la vie privée et familiale, au « droit au respect de la liberté matrimoniale, qui découle de la liberté perso…”
“Je tiens à mon tour à saluer le ministre Berger, qui vient d’arriver, et à lui souhaiter la bienvenue. Cette soirée sera passionnante, vous verrez.”
“» (Protestations sur les bancs des groupes RN et UDR.) Cela a un rapport avec le texte puisque cette lettre m’a été adressée ce matin, par un citoyen français, à propos de votre choix de mettre ce texte à l’ordre du jour.”
“Je lui ai demandé comment c’était possible ; elle m’a répondu qu’elle se posait la même question. Ce monsieur a peut-être pensé qu’une jeune femme de trente ans ne pouvait pas choisir la personne avec laquelle elle allait se marier.”
“Pourtant, à peine monsieur était-il sorti quelques instants de la mairie pour répondre à un appel téléphonique urgent, comme cela peut arriver à tout le monde, qu’un officier d’état civil en a profité pour demander à madame si ce n’était pas là un mariage forcé ou un mariage blanc.”
“Nous souhaitons rappeler que le droit au respect de la vie privée – dont nous avons beaucoup parlé, et nous continuerons à le faire tant que vous ne serez pas convaincu de son bien-fondé – et le droit de mener une vie familiale normale, qui est lié au précédent, s’imposent à l’ensemble des autorités administratives et juridictionnelles, e…”
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“Oui, je vous en veux de ne pas avoir pensé aux dizaines de milliers d’enfants qui, par votre faute, seront privés d’accès à la citoyenneté, au nom d’une pseudo-stabilité !”
“(Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) J’en veux d’ailleurs énormément à ceux qui, en refusant de censurer hier le gouvernement, ont permis l’examen du texte ce matin !”
“Si le Rassemblement national et votre socle commun tiennent tant à ce texte, c’est parce que, après Mayotte, ce sera le tour de la Guyane, puis de Saint-Martin, puis, un beau jour, de l’ensemble du territoire français ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et SOC. – Exclamations sur quelques bancs des groupes RN et UDR.) Si le Rassemblement national et ses affidés rêvent de mettre fin au droit du sol, à l’obligation de scolariser les enfants et à celle de proposer un toit à tous ceux qui n’en ont pas, c’est parce qu’ils savent que c’est le cœur du projet républicain qui se joue ici. Votre texte est une honte, en ce sens qu’il met fin à ce beau projet.”
“Je doute de l’efficacité de cette mesure spectaculaire. » Depuis, il a d’ailleurs quitté le groupe du camp présidentiel au Sénat, dans des termes qu’il serait fâcheux de rappeler ici. Voilà qui devrait vous faire réfléchir. Au fond, monsieur le rapporteur, votre proposition de loi est non pas un texte pour Mayotte mais un texte contre le droit du sol – vous le savez parfaitement. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et SOC.) Il n’apportera aucune solution aux problèmes des Mahorais. En revanche, il vise à faire de Mayotte le laboratoire d’une politique voulue par l’extrême droite de cet hémicycle et je ne peux que regretter que vous y souscriviez !”
“Rappelons d’ailleurs que nombre de ceux qui débarquent à Mayotte arrivent d’Afrique continentale et demandent non pas la nationalité française, mais le statut de réfugié ! Votre proposition de loi n’aura donc aucun effet sur la taille de la population dans l’île. Je ne suis d’ailleurs pas le seul à le dire, puisque le sénateur mahorais Thani Mohamed Soilihi, devenu depuis ministre délégué chargé de la francophonie, le déclarait également le 17 mai dernier. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Dominique Voynet applaudit également.) L’autre sénateur du département, Saïd Omar Oili, ajoutait même, je cite : « L’objectif de cette réforme [de 2018], c’était quand même de limiter les naissances à Mayotte. Six ans plus tard, est-ce qu’elle a porté ses fruits ? Non, nous en sommes à 12 000 naissances par an.”
“Cependant, comment pourrait-il en être autrement, alors que l’archipel est enserré par celui des Comores – qui a d’ailleurs été français –, avec lequel il partage une histoire commune de plus de deux mille ans ? Aucune barrière n’empêchera cela, et c’est par la solidarité nationale, plutôt que par la préférence nationale, que nous ferons face à cette situation. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP ainsi que sur quelques bancs des groupes SOC et EcoS.) Des voies de migration légales vers la métropole doivent être créées, et une répartition nationale des exilés instaurée (Exclamations sur quelques bancs du groupe RN) , comme cela avait été fait en 2015 pour les migrants installés à la porte de la Chapelle ou pour ceux présents dans la lande de Calais !”
“Et même après la crise que ce département vient de traverser, le gouvernement refuse de le faire entrer dans le droit commun ! Pour que les Français détournent le regard, on pointe toujours les mêmes boucs émissaires et on répète la même rengaine : l’immigration ! Oui, c’est vrai, la population à Mayotte est trop importante.”
“…car personne n’était là pour les sécuriser et que la solidarité reposait en premier lieu sur les doukas, ces épiceries communautaires déjà très modestes et qui ont renoncé à leur marge pour que les plus pauvres aient de quoi manger un peu. La cause de ces problèmes, indignes d’un grand pays comme la France, est toujours la même. Ils résultent tous, sans exception, d’un seul et même fléau : celui du désengagement de l’État et de la destruction des services publics. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Dominique Voynet applaudit également.) Supprimer le droit du sol ne changera donc absolument rien ! Depuis son intégration à la République française en 1976 et sa départementalisation en 2011, Mayotte n’a en effet cessé d’être traitée comme un territoire en dehors de la République.”
“Nous savons très bien que la moitié de la population y vit avec moins de 260 euros par mois, que l’accès à l’eau potable y est difficile, que les écoles sont si peu nombreuses que les enfants ne vont en classe que par roulement et qu’il n’y a qu’un seul hôpital pour tout l’archipel. Nous savons aussi qu’après le passage de Chido, lorsque les soignants pouvaient enfin examiner les patients, il ne leur restait parfois plus qu’à procéder à des amputations. Nous savons que les centres d’hébergement des sinistrés ont été pillés,…”
“Seront également concernés des enfants nés sur l’archipel et qui y ont grandi jusqu’à leur majorité ou encore ceux élevés par un parent seul. La France insoumise refuse de participer à cette ignominie. Nous avons parfaitement conscience de tous les problèmes auxquels l’île est confrontée.”
“C’est avec gravité que je prends la parole ce matin, alors que notre assemblée examine de nouvelles dérogations au droit du sol à Mayotte et s’apprête dans les faits – quoi que vous en disiez, monsieur le ministre – à le supprimer si la proposition de loi est adoptée. En exigeant une condition de régularité du séjour d’au moins un an pour les deux parents, vous priverez la quasi-totalité des enfants nés à Mayotte de parents étrangers de la possibilité d’accéder à la nationalité française.”
“Arrêtons de laisser ces bonbonnes se vendre à la supérette du coin, car on sait à quoi elles servent : je le vois tous les jours à Cergy, je sais qui les achète – et ce ne sont pas des pâtissiers ! L’interdiction de la vente aux mineurs a marqué une première avancée. Sortons maintenant ces saloperies des commerces du quotidien ; elles font des dégâts terribles dans notre jeunesse – comme médecin, vous le savez. Soyons raisonnables, ne dénaturons pas la proposition de loi en acceptant des amendements qui amoindriraient son dispositif essentiel : aucune vente aux particuliers ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)”
“C’est au fond ce qui est proposé : autoriser la vente à n’importe qui, mais par plus petits paquets. Monsieur le ministre, vous êtes médecin, vous nous l’avez dit : les questions de santé publique vous préoccupent. Or ce qui est proposé n’est pas sérieux. Si on considère que ce produit est dangereux, on en interdit la vente aux particuliers pour le réserver à ceux qui, comme les pâtissiers, ont besoin de faire de la chantilly plus régulièrement que le citoyen moyen dans sa cuisine – je rejoins ce que vient de dire le collègue à ce sujet – et à l’usage médical, effectivement très important. Des circuits spécifiques permettent de le faire de manière très simple.”
“Il importe de comprendre ce qu’on veut faire avec cette proposition de loi : il s’agit de changer de paradigme, d’abandonner une politique qui a échoué à empêcher les usages détournés de produits toxiques, dangereux pour notre jeunesse. Quantité d’amendements viendront en discussion et l’on tentera de nous expliquer qu’il faut multiplier les amendes et les sanctions. Non. Le rapporteur défend une autre idée, aussi simple qu’efficace : cesser de vendre le produit aux particuliers. Qui peut penser une seule seconde, monsieur le ministre, que l’objectif de santé publique sera atteint parce qu’on n’autorisera que de petites doses à la vente ? J’ai moi-même une quarantaine d’années et je me souviens, peut-être comme vous, des paquets de dix cigarettes qui étaient en vente dans ma jeunesse.”
“En considérant qu’elle pénaliserait la filière de la restauration, vous n’êtes pas au rendez-vous, monsieur le ministre : le jeu, ou plutôt l’enjeu en matière de santé publique, en vaut la chandelle. Ne prenons pas ce sujet à la légère ; notre jeunesse mérite d’être protégée. À tous les collégiens, lycéens, jeunes adultes qui nous écoutent, je voudrais dire que la vie est fragile. Ne la mettez pas en danger inutilement : ne consommez pas de protoxyde d’azote. Prenez soin de vous, prenez soin d’eux. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. le rapporteur applaudit également.)”
“En revanche, tous les amendements ne vont pas dans le bon sens. Certains tendent ainsi à ce que le protoxyde d’azote soit considéré comme un stupéfiant, ce qui en empêcherait l’usage alimentaire : une catastrophe pour la filière concernée ! D’autres prévoient de très fortes amendes en cas d’incitation à sa consommation, mesure inapplicable, tous les acteurs de terrain – à commencer par la préfecture du Val-d’Oise, avec laquelle je discute souvent de ce sujet – signalant que l’incitation est, en pratique, quasiment impossible à caractériser. Nous souhaitons tous un texte opérationnel, produisant de réels effets : tel est le sens de l’article 1 er , qui prévoit la restriction de la vente à des circuits professionnels spécialisés. L’adoption de la rédaction de mon collègue ferait honneur à l’Assemblée.”
“L’accès à ce produit reste libre pour les jeunes majeurs, qui en sont aussi consommateurs, et les mineurs peuvent s’en procurer avec la complicité d’un adulte ou sur un site internet peu regardant sur l’âge de ses clients. Pour toutes ces raisons, empêcher la vente à tous les particuliers est absolument nécessaire. Au-delà des dispositions visant à restreindre la vente, je souhaite insister sur l’importance de la prévention. Notre premier objectif doit être de protéger notre jeunesse, particulièrement vulnérable à ce fléau. Pour cela, le gouvernement devrait lancer des campagnes de prévention, car la loi Létard et les annonces importantes faites dans la foulée ont été suivies de peu d’effets. Où sont les campagnes de prévention pour alerter sur le fléau que représente ce gaz, dont l’usage est de plus en plus répandu ?”
“L’inhalation de ce gaz peut avoir des conséquences sur le système nerveux et la moelle osseuse, et occasionner diverses lésions, allant du simple mal de tête à la mort par asphyxie. Les jeunes en consomment parfois avant de prendre leur véhicule – deux-roues ou voiture – et les accidents sont réguliers. On voit d’ailleurs trop souvent sur les réseaux sociaux des images de jeunes se mettre en danger en consommant du protoxyde d’azote. Cette substance peut également provoquer des troubles respiratoires ou cardiovasculaires définitifs. Ce gaz hilarant n’a donc rien de drôle, et nous devons aller plus loin que la législation actuelle, qui l’interdit aux mineurs, mais peut être très facilement contournée.”
“Pas un matin ne se passe sans que je voie ces bonbonnes et ces cadavres de bouteilles dans les parkings et les rues de cette ville – ces déchets sont encore plus répandus le week-end. Chaque semaine, je reçois des courriels et des courriers de parents angoissés dont les enfants consomment en soirée ce gaz hilarant. Ils se font un sang d’encre, à juste titre, pour la santé de leurs enfants et n’en peuvent plus : on ne peut que les comprendre ! La consommation de capsules de protoxyde d’azote dans un but récréatif est prépondérante chez les jeunes. La moyenne d’âge chez les consommateurs est de 22 ans et c’est même la première substance consommée par les jeunes âgés de 12 à 16 ans qui s’essaient pour la première fois aux psychotropes. On ne parle pas d’un produit inoffensif.”
“La proposition de loi que présente notre collègue Idir Boumertit est aujourd’hui indispensable. La consommation détournée de protoxyde d’azote pose désormais un problème de santé publique majeur : l’utilisation de ce produit de consommation courante comme psychotrope s’est répandue ces dix dernières années à une vitesse alarmante, au point de devenir aujourd’hui un fléau pour notre jeunesse. Il est urgent de prendre les mesures nécessaires et pragmatiques et c’est le but de la proposition de loi : réserver aux seuls professionnels ce produit destiné à un usage médical ou culinaire. À cet égard, nous examinons une proposition de loi de bon sens. Dans ma circonscription, à Cergy-Pontoise, le problème s’est généralisé ces dernières années.”
“S’il est parfois difficile d’identifier les propriétaires, c’est surtout parce que l’État n’a pas doté les organismes chargés de procéder à ces identifications des moyens suffisants pour le faire. En outre, de nombreux Mahorais vivant à l’étranger possèdent des terres qui sont souvent occupées par d’autres Mahorais en vertu du droit coutumier. Vous comptez profiter de l’absence de ces propriétaires pour leur reprendre leurs terres, en dérogeant complètement aux principes de la République. Par conséquent, je répète que cet article ne va pas du tout dans le bon sens : il faut le supprimer ! N’ajoutez pas à la douleur du déracinement, pour ceux qui, nés à Mayotte, vivent loin de l’archipel, cette disposition inique qui viendrait injustement restreindre, voire bafouer, leur droit de propriété.”
“Là encore, vous faites exactement le contraire de ce qu’il faudrait faire. Depuis le début des discussions, nous ne cessons de rappeler que le problème de Mayotte, c’est qu’elle n’est pas suffisamment intégrée dans le droit commun : elle n’a jamais fait l’objet d’un investissement en matière de services publics qui soit à la hauteur de ce que mérite un département français. Sur de nombreux sujets, par exemple les prestations sociales mais aussi le logement, Mayotte ne bénéficie pas non plus du régime qui est appliqué dans le reste du territoire français. Et comme vient de le rappeler notre collègue, même en matière de respect du droit de propriété, dont vous êtes habituellement les ardents défenseurs, vous arrivez à introduire des mesures dérogatoires, qui permettront de prendre toujours plus au peuple mahorais.”
“Des règles, en particulier les prescriptions de sécurité et de salubrité publique, s’imposent aux travaux de reconstruction ou de réfection. L’amendement vise à préciser qu’ils doivent aussi respecter les normes d’accessibilité, afin d’éviter que les bâtiments reconstruits soient inaccessibles aux personnes à mobilité réduite.”
“– parce qu’on déroge au droit commun, mais aussi à la solidarité et à l’égalité républicaines, qui devraient valoir partout dans notre pays, et d’abord à Mayotte, que le cyclone Chido a ravagée.”
“Pour le dire clairement, il s’agirait de permettre aux personnes les plus démunies, aujourd’hui contraintes de chercher un hébergement à Mayotte, souvent sans succès, d’accéder à des centres d’hébergement d’urgence situés sur le territoire hexagonal, de sorte que la solidarité nationale prévale, y compris, voire surtout, à l’égard du département de Mayotte. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Pourrions-nous avoir de la part du ministre d’État et du gouvernement un engagement clair quant au fait que ces équipements modulaires ne resteront pas ad vitam æternam ? On peut en effet comprendre l’inquiétude de la rapporteure comme on peut comprendre la nécessité d’agir vite afin d’héberger ceux qui sont dehors aujourd’hui. À ce titre, il serait intéressant d’entendre le gouvernement à propos de la pérennité ou non des modulaires et – puisque le ministre d’État n’a pas répondu à ma précédente intervention à ce sujet – de l’idée de répartir les personnes à héberger d’urgence sur l’ensemble du territoire français selon un principe de solidarité.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Regardez bien, à la droite de l’hémicycle, ceux qui vous encouragent à aller dans cette direction et demandez-vous pourquoi ils le font ; je sais qu’au fond de vous, vous avez la réponse. Il est encore temps de vous reprendre. J’espère que vous le ferez avant la fin de l’examen de ce projet de loi. (Mêmes mouvements.)”
“Vous le savez parfaitement, monsieur le ministre d’État, puisqu’à l’époque pas si lointaine où vous dirigiez le gouvernement de François Hollande, nous avons réfléchi ensemble au moyen d’accorder cette solidarité nationale à des personnes en détresse à Calais ou porte de la Chapelle, à Paris. Vous savez aussi que si on avait appliqué à l’époque ce que vous proposez aujourd’hui pour Mayotte, nous n’aurions hébergé ni relogé personne. Je vous fais rarement des compliments, monsieur le ministre d’État, mais je vous invite à vous souvenir de cette époque et à revenir aux principes fondamentaux. La scolarisation, l’hébergement d’urgence, les soins : ce sont des domaines sur lesquels aucun républicain conséquent ne peut tergiverser.”
“Si le Front national, ou le Rassemblement national – appelez-vous comme vous voulez, chers collègues –, est aussi vindicatif à propos de la scolarisation et de l’hébergement d’urgence, la raison en est simple : si on déroge à Mayotte à l’obligation de scolarisation et au principe qui fait qu’en France, on héberge quelqu’un sans lui demander ses papiers, on finira par le faire sur tout le territoire national. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Le groupe LFI-NFP s’opposera à cet article. En effet, même si l’on doit faire vite en matière d’hébergement d’urgence, il ne faut pas pour autant supprimer toutes les dispositions du code de l’urbanisme. D’une manière plus générale, les débats sur l’article précédent ont démontré que des hésitations sur la solidarité nationale existent même à propos de la scolarisation. Pourtant, comme M. le ministre d’État le sait, il ne reste que très peu de choses véritablement universelles sur le sol français. L’accès aux soins mis à part, la scolarisation et l’hébergement d’urgence sont les deux grands principes auxquels la France ne déroge pas. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Quand on est véritablement universaliste, on y ajoute le droit au séjour.”
“Si nous sommes aujourd’hui pris dans ce débat, c’est bien plutôt parce que, depuis trente ans, on n’a pas investi dans l’école, dans le logement, dans les services publics de l’archipel de Mayotte de la même manière qu’ailleurs. (Mêmes mouvements. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Je comprends, après ces décennies d’abandons et de trahisons, que Mme la rapporteure n’ait plus confiance. Mais, en tant que député de la République française, je ne peux me résoudre à ce que la seule réponse que l’on apporte à toutes les difficultés que nous évoquerons lors de l’examen de ce projet de loi soit un renoncement aux grands principes républicains. Je pensais que le ministre des outre-mer était également attaché à la République. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, EcoS et GDR.)”
“Je ne crois pas que l’idéologie républicaine soit un poison. (Mêmes mouvements.) Je pense en revanche que celle de la préférence nationale en est un et qu’elle est en train de gagner les bancs des ministres et des commissions. Vouloir satisfaire à l’obligation de scolariser chaque enfant sur le sol français, qui est au fondement des principes républicains, n’implique aucunement de nier ce qui arrive sur le terrain. Arrêtez de le prétendre ! Ce n’est pas parce qu’on aurait laissé faire depuis trente ans, comme vous venez de le dire, monsieur le ministre d’État, en évoquant à demi-mot la question migratoire, que nous sommes confrontés à la difficulté présente.”
“Il faut donc dès maintenant fixer dans ce projet de loi, certes écrit à la va-vite – il répond à certaines urgences mais comporte de nombreux manques –, le principe d’une exigence républicaine s’agissant de l’école et donc y inscrire comme objectif l’amélioration du taux de scolarisation des jeunes Mahorais. Tout autre choix serait incompréhensible et reviendrait à renoncer aux principes fondamentaux qui fondent notre République, notamment l’instruction obligatoire pour tous les enfants vivant sur le sol français.”
“Comme le président de la République lui-même l’a compris, nous réglerons la question de la scolarisation à Mayotte non en affichant une ambition moins-disante en matière de reconstruction des écoles mais plutôt en affirmant un principe de solidarité nationale, ce qui doit se traduire, en l’espèce – nous évoquerons d’autres modalités de cette solidarité dans d’autres domaines – par la scolarisation d’enfants dans l’Hexagone. Un tel principe devrait prévaloir tant que nous n’aurons pas eu le temps de redresser l’ensemble des infrastructures et des services publics sur l’archipel.”
“Il vise à améliorer le taux de scolarisation observé à Mayotte avant le passage du cyclone Chido. Il s’élevait alors à seulement 73 % contre bien sûr près de 100 % dans l’Hexagone. Il est intéressant de noter que la question de l’école est évoquée dès l’article 2. Car, au cours de l’examen du projet de loi, nous allons sans doute beaucoup débattre pour savoir s’il faut privilégier la volonté de faire entrer Mayotte dans le droit commun de la République ou s’il faut plutôt multiplier les dérogations dans tous les domaines. Or nous pourrions au moins nous entendre sur le fait que l’application ferme du droit commun est souhaitable s’agissant d’un premier enjeu : la scolarisation.”
“Même si le fait de quitter son réseau social ne constitue pas une solution à ce problème, il faut le contraindre à respecter nos lois, comme l’ont fait nos amis brésiliens. Si vous êtes d’accord sur ce point avec votre collègue Jean-Noël Barrot, engagez dès à présent le bras de fer et n’attendez pas une hypothétique réaction de Bruxelles.”
“Le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, devrait y songer avant de chercher à décourager nos pays de se dégager de la tutelle américaine, comme il l’a fait hier encore devant le Parlement européen. Comment expliquez-vous le silence du président de la République française au sujet de ces menaces ? Plutôt que de nous fâcher avec toute l’Afrique, ne devrions-nous pas chercher à faire front avec ceux qui, comme nous, ont tout à craindre d’un nouvel expansionnisme américain ? La France se serait-elle déjà résignée à sa potentielle vassalisation ? En Elon Musk, qui n’aurait jamais fait fortune sans les financements du département d’État des États-Unis, Trump a trouvé un allié de taille qui cherche à déstabiliser nos démocraties.”
“Suivant sa nouvelle doctrine, toute forme d’autonomie et de souveraineté de ses alliés est vécue comme une marque d’hostilité. Cela vaudra pour les États européens. La guerre de conquête redevient possible pour les États-Unis et la logique coloniale est relancée. L’absence de véritable réaction des grandes puissances européennes – non, il n’y a pas eu de réaction suffisamment forte de leur part au génocide qui se déroulait à Gaza, et je salue également le cessez-le-feu qui vient d’être signé – finira peut-être par se retourner contre elles. Trump a vu qu’Israël pouvait annexer une partie du territoire de ses voisins libanais ou syriens sans susciter de vraies résistances. Que ferons-nous si, demain, les Antilles françaises ou néerlandaises sont ciblées par un Trump qui veut rebaptiser « golfe d’Amérique » le golfe du Mexique ?”
“Lundi prochain, Donald Trump présidera à nouveau aux destinées de ce qui est encore la première puissance mondiale – du moins pour le moment car, s’il a clairement la volonté d’entraîner son pays dans une confrontation directe avec la Chine, rien ne dit qu’il en sortira victorieux. La France ne doit à aucun prix se laisser entraîner dans la logique infernale de la confrontation entre ces deux grandes puissances, sur lesquelles nous ne devons pas nous aligner. La France est le pays qui résiste à tous les impérialismes. Or le retour de Donald Trump annonce un nouvel âge de l’impérialisme américain. Nous commettrions une grossière erreur en ne prenant pas au sérieux les menaces qu’il fait peser sur le Groenland, le canal du Panama ou même le Canada.”
“…nous avons déposé une proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête sur le massacre du 1 er décembre 1944. La France doit tout mettre en œuvre pour que justice soit enfin rendue aux soldats qu’elle a lâchement assassinés ou emprisonnés à Thiaroye, et pour que leurs descendants reçoivent réparation. Monsieur le ministre des affaires étrangères, saisissez la dernière occasion pour ce gouvernement en sursis de faire honneur à notre pays, en vous engageant enfin à ce que toute la lumière soit faite sur ce sujet. (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes SOC et EcoS.)”
“Dix fois plus, comme le disent aujourd’hui de nombreux chercheurs ? Nul le sait exactement. Mais tous les historiens disent que l’État français retient encore de nombreuses archives. C’est pourquoi, avec des députés de presque tous les bancs de cet hémicycle,…”
“(Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.) Le ministre des affaires étrangères était également présent mais le président de la République française, qui y était pourtant très attendu, était, lui, aux abonnés absents. Certes, il a enfin reconnu, la semaine passée, qu’il s’agissait d’un massacre, mettant fin à un mensonge d’État de plusieurs décennies par lequel la France avait, comble de l’infamie, accusé ces soldats de mutinerie pour justifier son crime. Mais ce qui restera comme l’un des plus grands massacres coloniaux de notre histoire n’a pas suffi pour qu’il fasse le déplacement. Par ailleurs, le président sénégalais a affirmé dimanche que le chemin vers la vérité serait encore long et complexe. Trente ou quarante victimes, comme l’ont dit les officiers de l’époque ?”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.) Dans ce camp militaire de la banlieue de Dakar, le 1 er décembre 1944, près de 2 000 tirailleurs sénégalais qui avaient vaillamment combattu l’ennemi nazi attendaient le paiement de leur solde. Alors qu’ils réclamaient une fois de plus ce paiement qui tardait toujours à arriver, ils n’obtinrent pour toute réponse que des rafales de balles tirées par leurs propres frères d’armes. Une grande cérémonie de commémoration s’est tenue ce dimanche à Thiaroye, en présence de nombreux chefs d’États ; j’ai eu l’honneur d’y assister en compagnie de plusieurs collègues parlementaires.”
“Le 15 août 1944, près de 250 000 soldats de la France libre participaient au débarquement de Provence pour libérer la France. Une immense majorité d’entre eux étaient issus des colonies et beaucoup étaient ce que l’on appelait des tirailleurs sénégalais. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe SOC.) Pourtant, le 15 août dernier, alors qu’Emmanuel Macron l’avait invité en France pour les commémorations du quatre-vingtième anniversaire de ce débarquement, le président de la république du Sénégal n’a pas fait le déplacement, et ce pour une raison simple : dimanche dernier, le massacre de Thiaroye a aussi eu 80 ans.”
“Je ne doute pas de votre bonne foi. Toutefois, cette médiation n’a abouti à rien pour l’instant, car l’entreprise refuse de s’asseoir autour de la table. Il y a urgence : la population, très en colère, attend des réponses immédiates.”
“Le parlement du Royaume-Uni vient de voter la renationalisation des rails, après des années d’un service privé déplorable dans les transports. Monsieur le ministre délégué chargé des transports, allons-nous devoir patienter trente ans, comme nos voisins, avant d’agir ou réglerons-nous ce problème dès à présent ? Allez-vous enfin utiliser tous les leviers à votre disposition pour demander à Île-de-France Mobilités de contraindre Lacroix & Savac à revoir sa copie et à négocier sérieusement avec les conducteurs pour qu’enfin l’activité reprenne ? Il y a urgence : dans toute la circonscription et plus généralement à Cergy-Pontoise, les gens attendent votre réponse.”
“Ce jour-là, Île-de-France Mobilités (IDFM), Valérie Pécresse et le gouvernement, s’il ne fait rien, seront tous responsables. Lacroix & Savac fait des économies au détriment de la vie des gens parce qu’on le lui permet. Voilà la réalité ! Depuis le 2 septembre dernier, les représentants du personnel ont notifié à la direction un danger grave et imminent, des feuilles de service concrètement intenables, jusqu’à 140 courses annulées par jour, des conditions de travail déplorables et des habitants qui ne comprennent pas l’inaction d’Île-de-France Mobilités. Partout, j’entends : « Si c’étaient les chauffeurs des ministres qui se mettaient en grève, tout serait réglé depuis longtemps ! » Que dois-je répondre aux usagers des bus de Cergy-Pontoise ?”
“Les chauffeurs, qui passent des heures sans pouvoir se lever, doivent quotidiennement faire le choix entre prendre leur pause pour assurer leur sécurité et celle des passagers et mettre en retard l’ensemble du service, ou conduire une heure de plus au mépris de toutes les recommandations de sécurité. Voilà où nous mène cette course à la baisse de la dépense ! Les bus eux-mêmes ne sont pas épargnés. Faute d’investissement, le matériel est lui aussi dégradé : les véhicules ne sont plus nettoyés le week-end, ni réparés. On ne compte plus le nombre d’incidents techniques signalés par les chauffeurs et ignorés par leur direction. Trois départs de feu ont été signalés sur des bus en circulation. Combien de temps se passera-t-il avant qu’un accident grave n’arrive ?”
“Le salaire à l’entrée est passé de 1 800 euros environ à 1 400 euros, soit plus de 20 % de baisse de salaire. C’est le signe que la direction considère les employés comme une variable d’ajustement. Les feuilles de service des conducteurs sont inacceptables : l’amplitude horaire est passée de huit heures à huit heures quarante-cinq, le temps de pause entre deux courses de dix minutes à quatre minutes, qui se réduisent souvent à trois ou à deux minutes, ou même à aucune, car il faut courir après des temps de parcours qui ne sont plus à jour. Comment peut-on accepter de ne pas laisser de temps de pause à un conducteur ou à une conductrice de bus qui conduit des enfants et des personnes âgées plus de huit heures par jour ? Comment peut-on accepter une telle catastrophe sécuritaire et sociale ?”
“Comme vous le savez, le 7 novembre dernier, une grève a commencé pour que la direction entende les revendications des chauffeurs, qui connaissent leur métier et n’en peuvent plus d’être les seuls à recevoir la colère des usagers. Après vingt jours de mouvement, aucune réelle négociation n’a été entamée de la part de la direction, alors que le service fonctionnait encore parfaitement il y a un an – c’est inouï ! Depuis la reprise de l’activité par FSO, filiale de Lacroix & Savac, qui appartient à Cube Infrastructure, un fonds luxembourgeois, la direction a supprimé les primes des conducteurs, soit une baisse de revenu majeure pour ces employés, alors que la charge de travail a augmenté en raison du vide créé par les démissionnaires et les intérimaires désemparés.”