Béatrice Piron
HOR · France
“Contrairement au carburant, dont les prix sont affichés de manière claire et uniforme à l’entrée des autoroutes et des stations-services, les tarifs aux bornes de recharge demeurent particulièrement opaques.”
“Il en résulte une asymétrie difficilement justifiable, au détriment des usagers. Un kilowattheure facturé entre 15 et 20 centimes à domicile peut ainsi atteindre, sur une borne rapide d’autoroute, les 90 centimes et le coût d’une recharge celui d’un plein de carburant pour un véhicule thermique.”
“Ma question s’adresse à M. le ministre des transports. Dans quelques jours, des millions de Français prendront la route des vacances et beaucoup ont fait le choix de partir, pour la première fois, au volant d’un véhicule électrique, convaincus qu’il s’agissait d’une solution à la fois écologique et économique.”
“Fatigue, stress, surcharge mentale peuvent provoquer une défaillance de la mémoire prospective, ce qui peut conduire à des oublis aux conséquences irréversibles. Avec le réchauffement climatique et la multiplication des fortes chaleurs, ces situations deviennent plus fréquentes et plus dangereuses.”
“Dimanche 28 juin, à Marseille, un enfant de 2 ans est resté seul plusieurs minutes dans une voiture, en plein épisode de chaleur. Une passante a alerté les secours et brisé la vitre pour extraire l’enfant, évitant encore un drame. Ces faits ne sont malheureusement pas isolés.”
“En France, aucune obligation n’existe et les campagnes d’information sur ces solutions demeurent trop limitées. Monsieur le ministre des transports, face à la répétition de ces faits et alors que les canicules se multiplient, quelles actions le gouvernement entend-il engager pour renforcer la sensibilisation des parents, encourager le dép…”
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“C’est en ce sens que la rapporteure a proposé de réécrire le texte, afin de rendre la mesure plus concrète en élargissant et précisant les protections que prévoit d’ores et déjà le code du travail pour les personnes engagées dans un projet parental, sans créer de nouveau critère de discrimination. Nous avons ainsi adopté en commission un amendement visant à ce que les protections liées à la grossesse en matière de refus d’embauche, mutation, rupture de contrat, charge de la preuve, soient explicitement étendues aux femmes et hommes engagés dans un parcours de PMA ou d’adoption. Le texte prévoit également une autorisation d’absence pour cause de démarches préalables à l’adoption et garantit aux agents publics les mêmes droits qu’aux salariés du secteur privé.”
“Le texte vise à ce que le droit reconnaisse cet engagement, le protège, cesse de le considérer comme périphérique, simple détail de la vie professionnelle. Nous restons néanmoins lucides : cette proposition de loi ne résoudra pas les difficultés à elle seule ; elle ne dispensera pas les pouvoirs publics de renforcer la sensibilisation, la formation, l’information des employeurs ; elle ne remplacera pas l’indispensable travail réalisé sur le terrain par les services d’inspection et les délégués du Défenseur des droits. En revanche, elle constituera un levier efficace pour faire évoluer les mentalités et soutenir une parentalité plus inclusive, plus respectée, mieux protégée dans la vie professionnelle.”
“Tant que l’enfant n’est pas là, que la parentalité n’est pas officiellement constituée, les femmes, les hommes, plus généralement les couples engagés dans une telle démarche ne bénéficient pas toujours des protections nécessaires et restent exposés à des discriminations insidieuses : refus d’embauche, mutations injustifiées, retards de carrière. Ces situations existent, le Défenseur des droits les recense : en 2023, près de la moitié des réclamations pour discrimination concernaient le monde du travail. Nullement exceptionnels – il y a eu, en 2024, 158 000 PMA, et un couple sur quatre rencontre des difficultés à procréer –, ces parcours souvent longs de plusieurs années, parfois douloureux, demandent du temps, des démarches, des soins médicaux, des entretiens ; ils nécessitent de l’engagement, de la patience, de la résilience.”
“Je tiens à saluer cette proposition de loi, dont l’objectif est clair : adapter notre droit du travail à l’évolution des parcours de vie, en particulier de ceux qui précèdent la parentalité au sens strict. Nous devons protéger tous ceux qui ont un désir d’enfant, surtout ceux dont le parcours est compliqué. En France, le principe d’égalité de traitement au travail est solidement établi : l’article L. 1132-1 du code du travail interdit toute discrimination fondée sur une longue liste de critères, allant de l’origine à l’orientation sexuelle en passant par l’âge, le handicap ou l’état de santé. Aujourd’hui encore, certaines réalités restent à la marge du droit. C’est le cas des projets parentaux, qu’il s’agisse de PMA ou d’adoption.”
“Mais nous ne pouvons nous passer des progrès apportés par cette proposition de loi, par exemple la généralisation du livret de parcours inclusif, qui permet d’assurer le suivi des enfants. C’est un point positif. Nous voterons donc le texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR.)”
“Comme nous l’avons dit lors de la discussion générale, le groupe Horizons votera la proposition de loi. Oui, elle apporte un petit plus aux enfants en situation de handicap mais aussi – comme l’indique le nouveau titre – aux enfants à besoins éducatifs particuliers. Certes, rien n’est ici prévu concernant la rémunération et le recrutement des AESH – c’est un autre problème, dont nous ne nions pas l’existence.”
“Le dispositif n’était donc pas dans la loi puisqu’il faisait simplement l’objet d’une expérimentation dans certains départements, mais nous souhaitons désormais l’étendre à d’autres départements.”
“Je voulais juste ajouter que s’il est vrai que cet amendement du gouvernement n’a été déposé que cet après-midi, nous avons parlé des PAS en 2023, dans le cadre de l’examen du PLF pour 2024. Certes, la disposition avait été rejetée parce qu’elle avait été considérée comme un cavalier législatif, mais on entend parler des PAS depuis 2023 ! (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Aux oppositions qui prétendent que nous voulons aller trop vite avec les PAS, je rappelle que ces derniers ont été créés il y a un moment et qu’ils ont été expérimentés dans quatre départements. Lorsque nous n’avançons pas, on nous reproche d’être trop lents. Serions-nous trop rapides lorsque nous avançons ? Je suis élue d’un département qui était volontaire pour expérimenter les PAS et qui attend de pouvoir les lancer. S’ils ont donné satisfaction dans quatre territoires différents, pourquoi ne pourrait-on pas accélérer ?”
“Enfin, un consensus a été trouvé en commission pour remplacer l’observatoire national initialement prévu par une obligation de remise de rapport. Ce choix plus sobre contribue à la maîtrise des dépenses publiques tout en permettant un suivi rigoureux et exigeant. Ce rapport, fondé sur des données à la fois quantitatives et qualitatives, devra rendre compte du parcours de scolarisation, de formation et d’insertion. Il identifiera les réussites, mais aussi les freins, les zones d’ombre et les disparités territoriales. Le groupe Horizons & indépendants est convaincu que ce texte constitue une avancée significative. Il contribue à renforcer, préciser et élargir l’ambition d’une école inclusive : l’école doit être un lieu de réussite pour chacune et chacun.”
“Le premier, c’est la généralisation du livret numérique de suivi pour tous les élèves en situation de handicap : ce document centralisera toutes les données essentielles à l’accompagnement – diagnostic, aménagement pédagogique, interventions professionnelles, objectifs éducatifs. Il apportera plus de fluidité, plus de transparence, plus d’efficacité dans les échanges entre les acteurs, tout en sécurisant le secret médical. Le deuxième, c’est celui de la montée en compétence des équipes éducatives. Une nouvelle formation sera proposée, ouverte à la fois aux enseignants et aux AESH. Cette démarche favorisera non seulement une meilleure compréhension mutuelle, mais aussi une montée en compétence partagée, au service de tous les élèves.”
“Une expérimentation des pôles d’appui à la scolarité, évolution des Pial, a été menée dans quatre départements et semble donner satisfaction. Il serait sans doute bénéfique d’élargir ce dispositif afin de favoriser une meilleure articulation entre le médico-social et l’éducation nationale. Notre responsabilité est de ne pas nous satisfaire de ces constats. L’école doit accueillir ; elle doit surtout accompagner, faire grandir et permettre à chacun de réussir. C’est dans cet esprit que s’inscrit cette proposition de loi, qui ne prétend pas tout résoudre, mais agit avec pragmatisme sur des leviers concrets.”
“L’accompagnement humain a suivi cette dynamique, avec près de 140 000 AESH mobilisés sur le territoire. Entre 2017 et 2024, près de 2 600 Ulis ont vu le jour, ce qui a porté leur nombre à près de 11 000. Malgré ces avancées indéniables, nous ne pouvons ignorer les difficultés persistantes qui jalonnent encore le quotidien de ces élèves et de leurs familles. Les parcours sont encore trop souvent discontinus, faute d’une articulation suffisante entre l’éducation nationale et le secteur médico-social. Les délais de diagnostic et d’organisation des accompagnements sont trop longs. Les équipes pédagogiques manquent parfois des outils et des formations nécessaires pour répondre à la diversité des besoins. Les inégalités territoriales en matière de ressources humaines, d’accessibilité et de matériel pédagogique restent criantes.”
“Je souhaite saluer le travail rigoureux engagé par Mme la rapporteure ainsi que par l’ensemble des membres de la commission, qui a abouti à un texte qui permettra de renforcer le parcours inclusif des élèves à besoins particuliers. Depuis près de vingt ans, notre pays s’est engagé dans une transformation profonde de son système éducatif, guidée par une double exigence de justice et d’égalité. La loi du 11 février 2005 en a été le fondement. Elle a reconnu de manière claire et irréversible le droit de chaque enfant à être scolarisé dans l’école de la République, quels que soient ses besoins, quelles que soient ses particularités. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : nous sommes passés de 155 000 élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire en 2006 à près de 520 000 aujourd’hui.”
“Le ministre a très bien argumenté en faveur de la suppression de l’alinéa 2, qui lui-même prévoit que soit supprimé le HCERES. Cet organisme reconnu contribue à la crédibilité de notre système universitaire : sa disparition pourrait nuire à la reconnaissance des diplômes français, ainsi qu’à l’intégration de nos établissements au sein des classements internationaux. J’insiste également sur le fait qu’il est responsable et garant de la qualité de la recherche en France. Nous parvenons même à faire venir des chercheurs des États-Unis : il serait dommage de nuire à cette attractivité !”
“Serait-il possible d’ajuster les critères afin de corriger les incohérences ?”
“Ainsi, une intercommunalité qui avait budgété un prélèvement de 1 million d’euros pourrait finalement en être exonérée, tandis que les petites communes, y compris celles d’environ 100 habitants, sont mises à contribution de manière disproportionnée, le montant total sur l’ensemble de ma circonscription s’élevant à 2 millions. Cette situation va à l’encontre de l’esprit initial du dispositif. Enfin, de nombreux maires et élus locaux déplorent un manque de transparence et d’explications dans la mise en œuvre de ces prélèvements – ils doivent voter leur budget avant la fin du mois de mars alors que les montants exacts n’ont pas été officiellement confirmés. Quelles mesures envisagez-vous pour éviter ces situations manifestement imprévues lors de l’élaboration du dispositif ?”
“Plus préoccupant encore, certaines communes aux ressources très limitées, dont l’une comportant un quartier prioritaire de la politique de la ville, sont particulièrement affectées. Celle-ci, qui a vu sa dotation globale de fonctionnement (DGF) diminuer de 95 % en dix ans, doit désormais faire face à un prélèvement supérieur au montant même de sa DGF pour l’année 2024. Comment justifier un tel mécanisme, qui impose un prélèvement excédant la dotation perçue ? Cette situation concerne six des douze communes de ma circonscription. Par ailleurs, alors que les prélèvements devaient être divisés par trois au niveau national, nous constatons, dans certaines intercommunalités, qu’ils sont bien plus élevés que ceux initialement prévus.”
“De nombreuses communes s’interrogent sur l’impact du prélèvement initialement prévu dans le projet de loi de finances pour l’année 2025 à hauteur de 3 milliards d’euros, finalement ramené à 1 milliard, avec un lissage conjoncturel proposé par le Sénat. Dans ma circonscription, aucune commune ne figurait dans la liste des 450 collectivités concernées par ce prélèvement en octobre dernier. Seules trois grosses communautés d’agglomération étaient concernées, à hauteur d’environ 1 million chacune, montant qu’elles ont d’ailleurs intégré lors du vote de leur budget. Or, désormais, les douze communes de ma circonscription se voient finalement prélevées pour un montant total d’environ 2 millions. Cette évolution soulève de nombreuses interrogations quant aux modalités d’application du dispositif de lissage des comptes des collectivités (Dilico).”
“Enfin, il convient d’aborder ces deux professions ensemble, car elles constituent des piliers essentiels au bon fonctionnement de notre système éducatif. L’inclusion scolaire et la qualité du climat éducatif reposent en grande partie sur ces professionnels de terrain, qui accomplissent leur mission avec engagement et dévouement. Madame la ministre, quelles mesures comptez-vous instaurer prochainement en faveur de ces personnels si importants pour notre école ?”
“Ils ne sont plus seulement des surveillants, mais aussi des accompagnants pédagogiques, notamment pour l’usage du numérique, le dispositif Devoirs faits ou encore le programme de lutte contre le harcèlement à l’école (Phare). Pourtant, leur formation reste inégale et trop peu encadrée par des obligations nationales. Il est impératif de leur offrir une formation initiale et continue digne de ce nom. Par ailleurs, après trois ans d’exercice en CDD, les AED devraient, eux aussi, pouvoir obtenir un CDI fondé sur des critères clairs et appliqués de façon homogène dans toutes les académies. Une réflexion doit également être menée quant au transfert de leur gestion aux rectorats, afin de renforcer l’homogénéité de cette gestion et les mobilités choisies.”
“Pour y parvenir, leur emploi du temps pourrait inclure des heures dédiées aux activités périscolaires, à l’assistance à la direction ou encore à la concertation avec les enseignants lors des réunions pédagogiques. Une grille salariale plus attractive, dès le début de carrière, est indispensable, tout comme une meilleure prise en charge des indemnités kilométriques. Il est également essentiel d’améliorer l’adéquation entre le profil des AESH et les élèves qu’ils accompagnent, et d’explorer leur intégration dans des dispositifs de remplacement en cas d’absences courtes, sans pour autant alourdir leur charge de travail. Quant aux AED, leur rôle a considérablement évolué.”
“Ces chiffres témoignent d’une dynamique encourageante et d’une volonté de reconnaître l’engagement de ces professionnels. Toutefois, nous devons aller plus loin s’agissant des AESH. Ces professionnels font face à des difficultés telles que les modifications d’affectations, les horaires instables et parfois des baisses de volume horaire imposées. Ils doivent pouvoir accéder, quand ils le souhaitent, à des contrats à temps plein, conformément à l’engagement du président de la République. C’est dans l’intérêt des enfants, qui pourront ainsi participer par exemple aux activités périscolaires, et dans celui des familles et des travailleurs eux-mêmes.”
“Nous avons la responsabilité de remédier à la situation dans laquelle se trouvent les AESH et les AED. Au nom du groupe Horizons & indépendants, je soulignerai les avancées permises par la loi du 16 décembre 2022 visant à lutter contre la précarité de ces professionnels, tout en mettant en lumière les efforts à poursuivre afin de répondre pleinement aux attentes d’une profession qualifiée et attractive. Cette loi a marqué une étape importante, en instaurant notamment un accès au contrat à durée indéterminée après trois ans pour les AESH et six ans pour les AED. Cette avancée a déjà des effets concrets : en janvier 2025, plus de 63 % des AESH sont en CDI, contre seulement 20 % à la fin de l’année 2022. La part des AED en CDI est plus faible, puisqu’elle s’établit à 14 %, mais elle a tout de même été multipliée par cinq sur la même période.”
“L’histoire jugera ceux qui auront choisi de peser et de faire preuve de fermeté, et ceux qui auront regardé. Soyons du bon côté de l’histoire. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR et sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.)”
“Nous devons affirmer haut et fort que la paix ne se construira pas sur un compromis dicté par d’autres, mais sur des garanties de sécurité durable, protégeant l’intégrité de l’Ukraine et de ses frontières. Enfin, l’Europe doit aller plus loin. Nous avons besoin d’une autonomie stratégique forte, ce qui passe par une défense européenne crédible. C’est une question de réalisme, de responsabilité, et surtout de souveraineté. Par conséquent, quelles démarches concrètes la France entreprend-elle afin d’assurer une pleine participation de l’Union européenne aux pourparlers de paix ? Et quelle initiative comptez-vous promouvoir auprès de nos partenaires pour que l’Europe se dote des moyens de garantir la sécurité de l’Ukraine sur le long terme ?”
“« L’Europe se fera dans les crises et elle sera la somme des solutions apportées à ces crises. » Ces mots de Jean Monnet résonnent avec une intensité particulière. Lundi prochain, cela fera trois ans que l’Ukraine lutte avec une détermination inébranlable pour sa liberté et son intégrité territoriale. Face à l’agression russe, l’Europe s’est mobilisée, mais aujourd’hui, alors que des pourparlers ont lieu entre les États-Unis et la Russie, une question fondamentale se pose : où est-elle ? Nous ne pouvons être de simples spectateurs. Notre souveraineté, notre sécurité et notre avenir sont directement en jeu. La paix ne peut être négociée sans les Européens, car c’est notre stabilité et nos valeurs qui sont remises en cause. La France a une responsabilité historique : nous devons exiger que l’Europe ait un siège à la table des négociations.”
“Il tend également à rétablir l’article 1 er qui introduit l’imprescriptibilité des agressions et violences sexuelles commises sur des mineurs.”
“Cet amendement vise, d’une part, à enrichir la formation des professionnels de la petite enfance en y intégrant des modules consacrés à la santé environnementale et, d’autre part, à promouvoir l’accès à des espaces extérieurs.”
“C’est pourquoi le groupe Horizons & indépendants soutiendra ce texte, sous réserve des modifications indispensables à une mise en œuvre équilibrée et pragmatique des mesures qu’il propose. (Mme la rapporteure et M. Arthur Delaporte applaudissent.)”
“La ministre a indiqué que des réformes réglementaires importantes sont en cours et que des décrets vont sortir, visant déjà à renforcer le cadre de contrôle et les pénalités en cas de manquement grave. Il serait dès lors plus opportun de laisser ces dispositifs s’appliquer pleinement avant de légiférer encore. Enfin, l’article 3 concerne les exigences en matière de formation. Celles-ci sont en effet à réexaminer. Par conséquent, en apportant des ajustements nécessaires à cette proposition de loi, nous croyons fermement qu’il est possible de répondre aux préoccupations légitimes des familles, sans pour autant sombrer dans des approches punitives et idéologiques excessives.”
“Ainsi l’article 1 er , dans sa rédaction actuelle, reflète une vision excessivement idéologique en incriminant directement les sources des investissements comme causes des dérives. Si nous comprenons la volonté d’encadrer les pratiques des fonds d’investissement dans un secteur aussi sensible, il est essentiel de rééquilibrer cet article pour éviter de stigmatiser des acteurs économiques qui respectent leurs obligations et contribuent à la création de places en crèche. Quant aux sanctions financières prévues à l’article 2, notre groupe estime que des ajustements sont nécessaires car les montants proposés, définis pour être dissuasifs, pourraient, en pratique, s’avérer disproportionnés.”
“Cette réforme ne peut se limiter à corriger les dérives : elle doit poser les bases d’un modèle pérenne, fondé sur l’excellence. Cela passe par une régulation plus stricte des établissements, une valorisation des professionnels, des conditions de travail décentes et un soutien accru aux collectivités et aux associations pour développer une offre diversifiée et accessible. C’est pourquoi la proposition de loi que nous examinons maintenant revêt une importance particulière. Elle répond à un impératif : rétablir un cadre rigoureux où l’intérêt supérieur de l’enfant prime sur toute autre considération. Cependant, si le groupe Horizons & indépendants partage cette ambition, il juge tout de même nécessaire d’apporter des ajustements au texte pour garantir un équilibre entre régulation et pragmatisme.”
“Les premières années de la vie sont déterminantes à la fois pour le développement de l’enfant et pour l’équilibre de sa famille. Les crèches, en tant que structure d’accueil collectif, jouent un rôle fondamental dans cette période cruciale. Elles sont bien sûr plus que des lieux de garde : elles offrent un cadre d’éveil, de sociabilisation et de sécurité. Pourtant, de récents scandales, confirmés par des rapports officiels et par des témoignages bouleversants, ont mis en lumière des dysfonctionnements graves dans certaines structures. Ces dérives ébranlent profondément la confiance des familles mais aussi des professionnels vis-à-vis des crèches privées. Les constats accablants dressés par plusieurs rapports imposent une refonte ambitieuse de notre politique d’accueil de la petite enfance.”
“Enfin, n’oublions pas que la France se distingue par son modèle unique en Europe : des repas complets proposés à 3,30 euros dans tous les sites de restauration des Crous depuis 2019. Ce système, qui combine accessibilité et qualité, est un motif de fierté. Pour toutes ces raisons, le groupe Horizons & indépendants considère que la proposition de loi, bien qu’animée de louables intentions, manque de réalisme. Elle risque de fragiliser notre système tout en accentuant les inégalités. Nous ne pouvons nous permettre de diluer nos ressources au détriment des plus précaires. C’est pourquoi notre groupe votera contre ce texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR.)”
“Si cette demande de repas continue d’augmenter, les étudiants les plus précaires pourraient pâtir de temps d’attente plus longs et d’une baisse de la qualité des services. Au lieu d’une généralisation coûteuse et inefficace, il est crucial de mieux cibler les aides afin de répondre aux besoins des publics les plus fragiles, par exemple dans le cadre de la réforme des bourses, véritable occasion pour corriger les effets de seuil et mieux soutenir les étudiants issus des classes moyennes. Il est également essentiel d’intensifier les efforts d’information et d’accompagnement car trop d’étudiants ignorent encore qu’ils peuvent bénéficier d’une tarification réduite dès leur inscription, notamment les étudiants précaires non boursiers. Ce déficit d’information est un frein que nous devons lever.”
“De plus, dans un contexte où de nombreuses filières agricoles traversent des difficultés, il est essentiel de soutenir ces acteurs clés. Or la généralisation du repas à 1 euro risquerait d’exercer une pression excessive sur les prix de production et sur la rémunération des agriculteurs, mettant en péril leur viabilité à long terme. Il est donc impératif que l’équilibre entre la qualité des repas servis et une rémunération juste des producteurs soit au cœur de notre réflexion. Enfin, une telle extension de cette mesure risquerait de saturer les infrastructures des Crous. Aujourd’hui, le réseau compte près de 1 000 points de restauration qui ont servi 43 millions de repas pendant l’année universitaire 2023-2024, soit une augmentation de 23 % par rapport à l’année précédente.”
“Étendre la mesure ferait exploser les coûts pour les Crous, alourdissant leur budget de plusieurs centaines de millions d’euros par an. Dans un contexte de finances publiques déjà tendu, serait-il raisonnable de faire peser une telle charge sur nos ressources collectives ? Et cette nouvelle pression financière aurait inévitablement des répercussions puisque, pour maintenir l’équilibre, les Crous pourraient être contraints de réduire leurs coûts de production, ce qui risquerait de compromettre l’intégration de produits bio ou locaux pourtant essentiels à une alimentation saine et durable, et largement plébiscités par les étudiants.”
“Tout d’abord, une telle mesure remet en cause un principe de justice sociale ; offrir le même avantage aux étudiants aisés et à ceux en situation de précarité revient à diluer les ressources disponibles. Ce choix, bien que généreux en apparence, réduirait l’efficacité du dispositif actuel, conçu pour cibler les plus vulnérables. Ensuite, l’impact budgétaire serait considérable puisque le coût de production d’un repas représente aujourd’hui entre 7 et 8 euros tandis que le prix de vente, déjà fortement subventionné, est de 3,30 euros, ce qui reste abordable.”
“Cette proposition de loi répond à une problématique essentielle : la lutte contre la précarité étudiante. C’est un enjeu majeur, les chiffres en témoignent : en France, près de 700 000 étudiants perçoivent une bourse sur critères sociaux et, en 2023, près de 22 millions de repas à 1 euro ont été servis, un dispositif vital pour les plus fragiles et mis en place depuis 2020 par la majorité présidentielle. Cependant, une politique publique ne peut se résumer à une intention louable. Elle doit s’appuyer sur des mesures efficaces et responsables répondant à des besoins réels sans compromettre l’équilibre global du système. La généralisation des repas à 1 euro à tous les étudiants, indépendamment de leur situation, soulève à cet égard plusieurs questions fondamentales.”
“…de Mon soutien psy – pardon pour le lapsus – constitue un progrès, mais il est encore difficile de trouver des praticiens, et les douze consultations ne sont pas toujours suffisantes. Les enfants de l’aide sociale à l’enfance, souvent fragilisés par leur histoire et en souffrance, subissent quant à eux le manque d’offre sans dépassement d’honoraires dans le secteur libéral. Il faudrait adapter le dispositif à ce public. En conclusion, faire de la santé mentale la grande cause nationale 2025 est une opportunité unique ; saisissons-la. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR.)”
“Ce passage à l’âge adulte s’accompagne souvent d’un changement dans la prise en charge médicale : le secret médical freine, voire stoppe les échanges entre la famille et le médecin, alors que beaucoup de troubles psychiatriques apparaissent à cette période, et qu’il faut parfois plusieurs années pour poser un diagnostic. Souvent, il est crucial de compléter les traitements médicamenteux par un suivi psychologique. Cette démarche – qui devrait être intégrée dans l’obligation de soins lorsqu’elle est prononcée – joue un rôle essentiel dans la reconstruction de l’estime de soi des malades. La création de Mon Parcoursup (Sourires) ,…”
“Certaines associations, comme l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam) ou Profamille, tentent de favoriser ce travail de collaboration en demandant au corps médical de dialoguer lors de consultations ou de réunions régulières organisées avec les parents. La généralisation de tels échanges permettrait de discuter en profondeur de la situation de l’enfant ou du jeune adulte, des traitements en cours ou des attitudes à adopter dans le cadre familial, et ces associations, qui favorisent l’accompagnement, sont de précieux relais. Il faut les encourager financièrement. Avec de grands adolescents ou de jeunes adultes, les difficultés s’intensifient du fait de l’âge de la majorité médicale – certains médecins considèrent qu’un jeune de 16 ans est libre de gérer seul sa santé.”
“Il fut un temps où l’on se méfiait de la famille ou des proches du patient, où l’on préférait les tenir à l’écart de la relation thérapeutique. Certains se demandaient même si la famille ne portait pas une part de responsabilité dans l’émergence de la maladie mentale. Aujourd’hui, le travail avec les familles s’impose comme une nécessité incontournable dans les soins de santé mentale. Mais il existe malheureusement une grande inégalité territoriale, et entre praticiens. Toutes les familles ne réussissent pas à obtenir les informations dont elles ont besoin.”
“Trop souvent, les proches ne bénéficient ni d’un soutien psychologique adapté aux difficultés qu’ils rencontrent ni même d’une écoute attentive. Il est urgent de leur offrir des ressources pour comprendre, accepter et accompagner au mieux leur enfant dans cette épreuve. La relation entre les soignants et les parents mérite également d’être renforcée. Les familles doivent être considérées comme des partenaires à part entière dans le parcours de soins. Des recherches montrent que la prise en compte de leur vécu améliore la qualité du travail thérapeutique et augmente les chances de succès des traitements. Cela passe par des échanges réguliers, structurés et transparents, par des réunions réunissant les équipes soignantes et les parents pour discuter des traitements, des stratégies éducatives et des progrès accomplis.”
“Il ne s’agit pas seulement de soigner, mais aussi d’agir en amont des crises, dès les premiers symptômes, pour limiter les souffrances inutiles et leurs conséquences. Comme ma collègue Anne-Cécile Violland l’a souligné, la prévention doit être un pilier de cette démarche. La grande majorité des jeunes vivent au sein de leur famille : le rôle des parents est donc important. Ils sont, bien souvent, les premiers à détecter des changements dans le comportement de leur enfant. Ce sont aussi eux qui doivent gérer les conséquences quotidiennes de ces troubles. Leur engagement est déterminant pour la réussite du parcours de soins. Mais, en dépit de ce rôle essentiel, les familles se retrouvent souvent isolées et démunies.”
“Cette étude montre que la proportion de collégiens percevant leur santé comme excellente a connu une baisse significative par rapport à la période 2010-2018, et que cette baisse concerne davantage les filles que les garçons. Ce constat alarmant souligne l’urgence qu’il y a à agir face à une crise dont les répercussions sont durables sur la vie personnelle, sociale, scolaire et, plus tard, professionnelle, des individus concernés. Il est indispensable d’investir dans des politiques publiques ambitieuses afin de prévenir et de diagnostiquer ces troubles, comme pour accompagner les personnes qui en souffrent. C’est ainsi que nous pourrons garantir une société résiliente, équitable et solidaire.”
“Le premier ministre l’a une nouvelle fois annoncé, ce mardi, lors de son discours de politique générale : la santé mentale sera la grande cause nationale de l’année 2025. C’est un enjeu crucial, qui touche des millions de nos concitoyens. En 2022, 9,5 % des jeunes de 17 ans étaient concernés par des problèmes anxio-dépressifs sévères, contre 4,5 % en 2017. Ce sont 18 % d’entre eux, en 2022, qui ont eu des pensées suicidaires dans l’année, contre 11 % en 2017. Selon l’enquête nationale en collèges et en lycées chez les adolescents sur la santé et les substances (EnCLASS) de 2024, 14 % des collégiens et 15 % des lycéens présentent un risque important de dépression.”
“Cela passe par une amélioration de l’information sur la reconnaissance des diplômes, les labels et la qualité des formations. Dans ce contexte, alors que le ministère a récemment annoncé le lancement d’une concertation nationale sur l’orientation, pouvez-vous nous indiquer quelles actions sont envisagées pour soutenir davantage les professeurs principaux en mettant à leur disposition les outils de formation dont ils ont besoin, pour favoriser, voire rendre obligatoires, les journées de découverte des universités, pour améliorer la lisibilité de l’offre et pour clarifier la distinction entre les établissements assurant des missions de service public et ceux à but lucratif ?”
“La procédure restant stressante, nous devons tout faire pour apaiser les jeunes et leurs familles. Le rôle des professeurs principaux et référents, déterminant dans l’accompagnement des élèves, mérite d’être renforcé. De plus, la participation des universités dans l’orientation des lycéens demeure perfectible. Il faut ainsi garantir l’organisation de journées d’orientation, qui sont essentielles car elles permettent aux élèves de mieux connaître les filières disponibles, les débouchés et les attentes du milieu universitaire. Enfin, il est essentiel de rendre l’offre éducative plus lisible pour permettre aux jeunes de distinguer clairement les établissements remplissant des missions de service public de ceux à but lucratif.”