Gabriel Attal
EPR · France
“Ce texte contient des mesures importantes et attendues par nos agriculteurs concernant la prédation, l’eau, la capacité à construire des bâtiments agricoles ou des bâtiments d’élevage (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR) , mais cette séance est quelque part pourrie par une forme d’incompréhension.”
“Je voudrais d’abord rebondir sur certains propos d’une collègue de LFI qui a parlé d’humiliation à propos des députés de mon groupe qui avaient déposé un amendement.”
“Dominique Potier applaudit également.) Comme l’a affirmé le député Bonnecarrère, il y a une forme d’incompréhension. Pourquoi a-t-il été dit, cet après-midi, que l’Assemblée pourrait trancher sur ce sujet-là, alors que nous apprenons, ce soir, sans qu’il y ait d’explication du gouvernement, que finalement ce ne sera pas le cas ?”
“Ce vote est un moment historique pour l’Alsace. Ce n’est pas la fin du chemin. Certains orateurs semblent estimer ou veulent faire croire qu’il n’y aura pas de navette parlementaire, mais ce n’est pas vrai : si l’Assemblée nationale adopte le texte, nous appellerons le gouvernement et les sénateurs à l’inscrire le plus rapidement possible…”
“Enfin, on a entendu que la création d’une région Alsace reviendrait à démembrer la République. Mais enfin, les mots ont un sens ! Heureusement, la République existait déjà à l’époque des régions précédentes et s’accommode de lois spécifiques pour des territoires spécifiques. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR. – M.”
“Deuxièmement, on a entendu dire qu’une telle décision ne pouvait être prise depuis Paris, par l’Assemblée nationale. Je rappelle que la création des grandes régions, en 2015, a été décidée depuis Paris.”
The complete record
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“En ce qui concerne les députés Renaissance, notre idéal en 2017 n’était pas d’entrer dans la valse des réformes paramétriques, comme des pansements que l’on met – et désormais que l’on enlève – tous les deux ans. Notre idéal est un changement de système, car notre système est en train de mourir étant donné les bascules démographiques et technologiques. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur quelques bancs du groupe Dem.) Ces derniers mois, nous avons travaillé. J’avais confié à Stéphanie Rist, que je félicite pour sa nomination au gouvernement (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR) , le soin de préparer, au nom de notre parti, Renaissance, une réforme systémique.”
“Quel que soit le sens de notre vote, à nous qui avons défendu cette réforme, elle sera donc suspendue.”
“Je ne consacrerai pas mon intervention à vous rappeler ce que vous savez déjà – cela tient en trois phrases : premièrement, nous voulons que le gouvernement réussisse ; deuxièmement, nous voulons qu’un budget soit voté d’ici à la fin de l’année ; troisièmement, nous sommes prêts à faire des compromis pour y arriver. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur quelques bancs du groupe Dem. – M. Laurent Wauquiez applaudit également.) Monsieur le premier ministre, vous avez annoncé que vous proposerez la suspension de la réforme des retraites. Sur ce point, il faut être clair : la messe est dite, puisque les groupes qui souhaitent revenir sur cette réforme, à gauche et au Rassemblement national, ont la majorité absolue dans l’hémicycle.”
“La stabilité ici envisagée n’est pas un immobilisme ; elle est un mouvement par le compromis (M. Matthias Tavel s’exclame) , par la volonté de discuter des idées avant de parler des personnes. La position de mon groupe, celle de mon parti, est connue ; elle n’a pas varié d’un iota depuis plus d’un an.”
“En un an, c’est la quatrième fois que nous nous retrouvons pour prendre position sur une déclaration de politique générale et, au cours de la même période, neuf motions de censure ont été examinées dans l’hémicycle. C’est donc la treizième fois en un an que nous avons l’occasion de débattre et de faire connaître la position de chacun de nos groupes. Celles-ci sont connues ; nous aurions tous pu imaginer à l’avance les différentes interventions. Il y a ceux qui affirment clairement qu’ils censureront tout, quoi qu’il advienne, jusqu’à une dissolution, une destitution ou une démission. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Il y a ceux, comme nous, qui cherchent la stabilité (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP) , sans menacer d’une censure, sans imposer de lignes rouges.”
“Faire chuter le Gouvernement n’apportera rien, sinon un peu plus de défiance envers la politique et un peu plus de retard pour notre pays. Alors, faisons enfin passer les idées d’abord et ayons le courage du dialogue ! (Les députés du groupe EPR ainsi que certains députés du groupe Dem se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes DR et HOR.)”
“Nous l’avons fait ; nous pouvons le faire encore. D’autant qu’il ne s’agit ici que d’une chose : bâtir un budget et trouver, pour dix-huit mois, des convergences et un accord d’intérêt général.”
“…notre situation n’a rien d’exceptionnel. Partout en Europe, des parlements aussi divisés sont élus ; pourtant, des majorités se forment, des accords se nouent, des gouvernements tiennent. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur quelques bancs du groupe Dem. – M. Laurent Wauquiez applaudit également.) Cela suppose un changement de culture profond pour notre pays, vers la culture du compromis. Néanmoins, si nos voisins en sont capables, nous en sommes capables aussi. Nous en sommes capables, je le sais (M. Romain Daubié, M. Didier Le Gac et Mme Sandra Marsaud applaudissent) , parce que la France, finalement, en a toujours été capable. C’est le Conseil national de la Résistance, où communistes, gaullistes et démocrates-chrétiens siégeaient côte à côte, qui a fondé la sécurité sociale.”
“Je crois qu’un chemin d’espoir est possible. Évidemment, la situation est exceptionnelle dans l’histoire de notre pays. Depuis les débuts de la V e République, jamais l’Assemblée nationale n’avait été aussi morcelée. Toutefois, si nous regardons nos voisins européens,…”
“Chaque fois, nous tendons un peu plus le fil, nous tordons un peu plus les faits, mais cela ne suffit plus, cela ne suffit pas, cela ne suffira pas. C’est un changement de modèle que nous devons effectuer. Bien sûr, nous aurons tous l’occasion de proposer, de débattre, de nous opposer. Bien sûr, les Français trancheront sur le modèle qu’ils souhaitent voir émerger. Mais si nous ne réagissons pas, si nous ne nous entendons pas pour les dix-huit prochains mois autour d’un socle minimal pour le budget et de mesures très claires, il sera peut-être trop tard. Je crois en la France. Je crois en les Français.”
“…c’est parce qu’il met au jour, chaque année plus violemment, le fossé béant entre le modèle de l’après-guerre et les réalités du monde d’aujourd’hui.”
“Et si l’examen du budget est devenu, année après année, un moment de crispation, d’affrontement, d’instabilité,…”
“…et change jusqu’à nos manières de penser le travail, la santé, l’éducation. Le dérèglement climatique accélère et ses conséquences sont de plus en plus concrètes et destructrices pour nos concitoyens. Notre démographie change, rebattant toutes les équations de la solidarité. La démocratie elle-même, la République telle que nous la connaissons, est parfois remise en cause, soumise au doute ou à la tentation autoritaire. La réalité, c’est qu’on ne peut pas faire tourner la France de 2025 avec un modèle de 1945 ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem ainsi que sur quelques bancs du groupe DR. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Le moment que nous vivons n’est pas une crise de plus, une crise encore, une crise de trop. Il dit quelque chose de plus profond : nous traversons une crise de modèle. Notre modèle de société est né dans l’après-guerre, dans un pays à la natalité en plein essor, dans un monde où la mondialisation n’était pas même un concept et où les technologies étaient rudimentaires au regard des nôtres. À ce modèle, nous devons beaucoup : la protection, la reconstruction, l’ascension sociale de millions de familles. Mais, aujourd’hui, tout a changé. L’intelligence artificielle est en train de bouleverser le monde…”
“Faire chuter le gouvernement ne résoudra rien. Cela ne répondra ni aux défis de la France, ni aux problèmes des Français, ni à la dette, qui continuera à peser sur eux. Cela n’aura qu’un seul effet : nous retarder – nous retarder dans la course contre la montre pour bâtir un budget avant le 31 décembre ; nous retarder dans la compétition internationale ; nous retarder et retarder le pays tout entier. Alors, pour dix-huit mois, trouvons un accord d’intérêt général ! Et pour la suite, ne soyons pas dupes : nous aurons besoin de tout réinterroger, de tout revoir, de tout refonder.”
“Je ne me fais aucune illusion. Je ne propose ni pacte de gouvernement ni contrat de coalition. Ce que je propose, c’est un accord : un accord d’intérêt général pour que les dix-huit mois devant nous soient utiles, qu’ils ne soient pas ceux du blocage à répétition et de l’impuissance publique. Oui, nous avons dix-huit mois, non pas pour réécrire l’histoire ou pour promettre une révolution à crédit, mais pour chercher des convergences d’intérêt général, trancher les urgences, protéger les Français et préparer l’avenir. Alors, trouvons ensemble un budget et quelques réformes que nous sommes prêts à mener ensemble ; bâtissons cet accord d’intérêt général autour d’une feuille de route précise, que chacun, au sein des forces républicaines, pourra soutenir ; acceptons les uns et les autres le compromis ! Pour notre part, nous y sommes prêts.”
“Mais je ne demande à personne de renoncer à ses convictions.”
“Plutôt que de céder au plaisir des gros titres, ayons le courage de l’action ! Nous avons un devoir : protéger la France pour qu’elle reste debout. Avec mon groupe, nous serons toujours en première ligne pour une France debout ! Bien sûr, j’entends les désaccords – ils sont parfois profonds. Je ne nie pas nos divergences – elles sont parfois massives.”
“Tout à l’heure, aucun des députés de mon groupe ne votera pour donner un chèque en blanc au gouvernement ; aucun des députés de mon groupe ne votera pour valider le budget. Les députés de mon groupe voteront tout simplement pour l’intérêt général, pour la stabilité, pour éviter à tout prix de perdre un temps précieux, alors que nous avons besoin d’un budget. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem ainsi que sur quelques bancs du groupe DR.)”
“Faut-il pour autant tout envoyer en l’air ? Faut-il tout casser, au risque de faire foncer la France dans le mur ? Évidemment que non !”
“S’agissant des jours fériés, nous l’avons dit : tout travail mérite salaire et il n’est pas acceptable de demander aux Français de travailler deux jours de plus sans rémunération supplémentaire.”
“Je veux saluer tout l’engagement du gouvernement, depuis neuf mois, pour y parvenir ; je veux saluer la volonté de transparence et de franchise qui a été celle du premier ministre et de son gouvernement. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem.) Nous avons tous des désaccords avec le budget présenté par le gouvernement.”
“Nous pouvons réussir, en demandant à tous des efforts justes, en réduisant le train de vie de l’État, en luttant contre toutes les fraudes, en examinant l’efficacité de nos dépenses, notamment de nos dépenses sociales. (M. Laurent Wauquiez applaudit.) Nous pouvons réussir, en lâchant les totems et en construisant des ponts. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.) Faire chuter le gouvernement, c’est nous mettre plus en retard encore par rapport au compte à rebours jusqu’au 31 décembre. C’est prendre le risque de nous condamner à échouer et d’ajouter un peu plus d’instabilité pour la France. Ces derniers jours, et aujourd’hui encore à cette tribune, le premier ministre a rappelé, avec raison, que ce n’est pas de personnes ou de postes qu’il s’agit : c’est de la capacité de notre pays à avancer en se parlant, en dialoguant.”
“…c’est possible : en 2024, pour la première fois depuis près de quinze ans, les dépenses de l’État ont baissé par rapport à l’année précédente, parce que nous avons massivement annulé des crédits en cours d’année et pris des décisions difficiles.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur plusieurs bancs du groupe Dem.) L’heure est venue de réduire le poids de notre dette et de réduire nos déficits. C’est bien la question qui nous est posée aujourd’hui et la seule qui compte vraiment. C’est l’assurance-vie de notre nation. La France ne peut vivre éternellement à crédit. Notre dette publique atteint la cote d’alerte : 113 % du PIB. Réduire la dette, ce n’est pas une obsession comptable ; c’est un enjeu vital. Réduire nos dépenses et le déficit,…”
“…le risque de l’impuissance – l’impuissance face aux défis auxquels nous sommes confrontés, l’impuissance dans le concert des nations. Qui écouterait la voix d’un pays qui perdrait sa souveraineté économique et financière ? Ce risque est existentiel ; nous ne pouvons pas le prendre. Pendant le covid, nous avons protégé les Français. Après la pandémie, au moment de la crise de l’inflation, nous avons pris les mesures qui s’imposaient pour protéger leur pouvoir d’achat. C’était impératif, et je mets au défi quiconque de nous dire qu’il aurait fallu abandonner nos entreprises et nos concitoyens, les laisser sans défense et sans protection pendant la crise du covid ou celle de l’inflation.”
“Les conséquences, ce sont des recrutements de policiers, de gendarmes, de magistrats, de soignants, d’enseignants, qui sont retardés ; ce sont des décisions qu’on retarde encore et encore. C’est surtout, et peut-être plus que tout, la crédibilité de la France qui est remise en cause. À force d’instabilité, nous prenons des risques inconsidérés :…”
“Les conséquences, ce sont les programmes militaires retardés, alors même que nous avons besoin de nous réarmer d’urgence.”
“Les conséquences, ce sont des entrepreneurs qui hésitent à investir, parce qu’ils ne savent pas quel cadre fiscal et réglementaire les attend. Les conséquences, ce sont des salariés, des familles, qui ne savent pas de quelles aides, de quels accompagnements ils pourront bénéficier.”
“…comme je l’ai proposé il y a dix jours encore lors de la Rencontre des entrepreneurs de France, je tends la main et je vous le demande : dialoguons, parlons-nous, trouvons des convergences ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.) Faire tomber un gouvernement, c’est un coup politique qui a un coût pour la France. C’est s’offrir, pour quelques heures, le parfum trompeur d’une victoire, mais enfoncer encore plus la France dans le brouillard. Oui, le compte à rebours a commencé – le vrai compte à rebours, non pas celui jusqu’au vote de tout à l’heure, mais celui jusqu’à la seule échéance qui compte vraiment, celle qui compte le plus : le 31 décembre. Le 31 décembre, notre pays devra avoir un budget. Si ce n’est pas le cas, nous connaissons les conséquences.”
“Nous serons là et nous resterons présents aux côtés des Français. Nous serons là et nous n’abandonnerons jamais les Français. Nous agirons et nous ne renoncerons jamais ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Mes chers collègues, c’est à nous, à nous toutes et tous, collectivement, au-delà des groupes, qu’il revient de prendre le risque du dialogue, qu’il revient d’avoir le courage du compromis. Oui, le compromis est un courage, quand la posture est un confort. Aujourd’hui, clairement, je tends à nouveau la main. Comme je l’ai proposé dès l’été 2024,…”
“Jamais nous n’avons tenté de déstabiliser le gouvernement, parce que jamais nous n’avons voulu déstabiliser la France. Avec les députés de mon groupe, je veux le dire aux Français : nous serons là.”
“…d’avoir toujours refusé la course aux postures et la collection de lignes rouges, d’avoir toujours préféré le dialogue et le débat, d’avoir toujours – toujours – fait le choix de la stabilité, même quand nous n’étions pas d’accord, même face aux différences ; d’avoir accepté par deux fois un gouvernement dirigé par une personnalité ne venant pas de notre parti politique. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Face à eux, mon groupe et moi ne regrettons pas une seconde d’avoir été responsables,…”
“– Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) La réalité est ailleurs : ce n’est pas aux Français de régler les problèmes du Parlement, mais au Parlement de régler les siens et ceux des Français ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur plusieurs bancs des groupes DR, Dem et HOR. – Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)”
“…qui consiste à faire passer leurs intérêts propres avant ceux des Français. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur plusieurs bancs des groupes DR et Dem.) Ces derniers jours, une fois de plus, les postures ont supplanté l’intérêt général. Une fois de plus, il n’aura pas fallu une heure pour que certains avancent à l’unisson, mus par un programme commun : le désordre (Mêmes mouvements) – le désordre à tout prix, car seul le calcul politique compte ! Avec un mépris absolu, ils appellent à faire revoter les Français, parce que ceux-ci auraient mal voté, et ils leur expliqueraient comment bien voter ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur plusieurs bancs des groupes DR et Dem.”
“Et nous, nous serions condamnés au blocage ? Le monde avance : la France ne peut rester à quai. Chaque mois de blocage, ce sont des années perdues par rapport aux autres nations. Chaque mois d’incertitude ou d’indécision, c’est une hypothèque plus forte sur l’avenir des Français. Malgré cela, certains font le choix, bien sûr, de la politique de la terre brûlée,…”
“Dans ce monde, tous les pays accélèrent, décident, investissent, agissent.”
“Nous vivons un moment exceptionnel de notre histoire, où la France et l’Europe sont au cœur de toutes les tensions et de tous les défis ; un moment où la guerre frappe au cœur de l’Europe, exigeant de nous de peser dans l’ordre mondial et d’assumer un leadership européen ; un moment où la guerre commerciale menace de nous frapper de plein fouet. Nous vivons un moment d’accélération intense : le dérèglement climatique s’aggrave de jour en jour ; l’intelligence artificielle bouleverse déjà nos quotidiens ; le monde tel que nous le connaissions est en train de s’éteindre.”
“Ce sont les Français qui sont épuisés par la valse des ministères et par l’instabilité permanente. Ce sont les Français que la démocratie parlementaire, jouant avec le feu, finit par fatiguer et désabuser. La France étouffe par la lâcheté de ceux qui préfèrent attendre et voient l’inaction comme une planche de salut électorale. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.) Elle étouffe des normes, des contraintes, des incertitudes qui empêchent l’action publique et gâchent la vie des gens. Elle étouffe du blocage permanent, alors même que tout devrait nous pousser à agir. Nous n’avons pas une seconde à perdre.”
“La politique est malade des lignes rouges, des ultimatums, des oukases. La politique est malade de l’intransigeance, du refus obstiné de voir que l’Assemblée nationale issue du choix des Français n’a pas de majorité, ce qui nous impose de dialoguer. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem ainsi que sur quelques bancs des groupes DR et HOR.) Pendant que la politique s’enferme dans ses certitudes, la France étouffe. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les Français. Ce sont les Français qui ne croient plus dans la politique et qui s’en désintéressent, voire la fuient.”
“Décrivant son siècle dans ce qui fut le journal de la Résistance, Combat , Albert Camus nous avait mis en garde. La France était en ruine. Le monde entier se remettait à peine d’une guerre dont on peinait encore à saisir toute la portée et l’horreur. Tout était à refaire, à reconstruire. Et face à ce siècle qu’il pensait être celui de la peur, Camus lançait un avertissement : « Nous étouffons parmi les gens qui croient avoir absolument raison. » Dans le cadre des débats qui nous animent aujourd’hui et, plus largement, depuis un an, voire depuis l’élection, en 2022, d’une Assemblée nationale sans majorité absolue, cette phrase doit résonner en nous. Oui, la politique est malade des certitudes.”
“Vous n’allez quand même pas remettre en cause la présidence !”
“Dans ces conditions, peut-on déplorer que les capacités nucléaires iraniennes soient détruites ? Non ! L’Iran doit-elle disposer de l’arme nucléaire ? Jamais ! C’est une condition de notre sécurité collective. (Mêmes mouvements.) La situation évolue d’heure en heure et de minute en minute, et nous devons éviter l’embrasement. Le cessez-le-feu annoncé cette nuit doit être l’amorce d’un chemin qui mènera l’Iran à enfin comprendre que la politique régionale d’agressions qu’elle mène depuis vingt ans est une impasse. Nous devons, nous Français, peser de tout notre poids pour soutenir toutes les initiatives de paix. Monsieur le premier ministre, pouvez-vous nous indiquer comment notre pays compte agir pour la sécurité et la paix dans la région ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et plusieurs bancs du groupe DR.)”
“Notre devoir est de le rappeler fermement et de rappeler qu’un pays qui piétine toutes les règles du droit international ne peut pas, dans le même temps, s’en prévaloir pour s’abriter derrière elles. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.) La voix singulière de la France, c’est aussi celle de la sécurité internationale. Le régime des mollahs est un régime sanguinaire, qui brise son peuple, asservit les femmes et revendique de vouloir détruire l’Occident.”
“Le respect de la souveraineté des États, principe cardinal du droit international, est violé par l’Iran, qui finance des milices au Liban, au Yémen, en Irak et en Syrie. La convention de Vienne sur les relations consulaires est violée par l’Iran, qui retient en otages, dans des conditions inhumaines, nos compatriotes Cécile Kohler et Jacques Paris. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur quelques bancs du groupe Dem. – MM. Jérôme Guedj et David Habib applaudissent également.) Les accords sur le nucléaire sont violés par l’Iran, qui continue l’enrichissement d’uranium, bien au-delà des seuils autorisés. L’Iran est multirécidiviste en matière de violations du droit international.”
“La France a toujours porté une voix singulière dans le monde : un soutien au droit international – sans naïveté ; un soutien à la sécurité internationale et aux initiatives de paix. Ce rôle, nous devons plus que jamais le tenir, en rappelant une chose claire : l’Iran, depuis des années, viole, matin, midi et soir, toutes les normes du droit international. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR. – Mme Marina Ferrari applaudit également.)”
“C’est ainsi qu’on apprend à respecter l’autorité !”
“Comment le gouvernement compte-t-il nous aider à lutter pour la République, pour l’universalisme, contre tous ceux qui prêchent la haine et veulent nous diviser ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR, dont les députés se lèvent, ainsi que sur quelques bancs des groupes Dem et HOR.)”
“Ne laissons pas la politique défaire ce que la République a su faire durant si longtemps : notre union !”