Gabriel Attal
EPR · France
“Ce texte contient des mesures importantes et attendues par nos agriculteurs concernant la prédation, l’eau, la capacité à construire des bâtiments agricoles ou des bâtiments d’élevage (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR) , mais cette séance est quelque part pourrie par une forme d’incompréhension.”
“Je voudrais d’abord rebondir sur certains propos d’une collègue de LFI qui a parlé d’humiliation à propos des députés de mon groupe qui avaient déposé un amendement.”
“Dominique Potier applaudit également.) Comme l’a affirmé le député Bonnecarrère, il y a une forme d’incompréhension. Pourquoi a-t-il été dit, cet après-midi, que l’Assemblée pourrait trancher sur ce sujet-là, alors que nous apprenons, ce soir, sans qu’il y ait d’explication du gouvernement, que finalement ce ne sera pas le cas ?”
“Ce vote est un moment historique pour l’Alsace. Ce n’est pas la fin du chemin. Certains orateurs semblent estimer ou veulent faire croire qu’il n’y aura pas de navette parlementaire, mais ce n’est pas vrai : si l’Assemblée nationale adopte le texte, nous appellerons le gouvernement et les sénateurs à l’inscrire le plus rapidement possible…”
“Enfin, on a entendu que la création d’une région Alsace reviendrait à démembrer la République. Mais enfin, les mots ont un sens ! Heureusement, la République existait déjà à l’époque des régions précédentes et s’accommode de lois spécifiques pour des territoires spécifiques. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR. – M.”
“Deuxièmement, on a entendu dire qu’une telle décision ne pouvait être prise depuis Paris, par l’Assemblée nationale. Je rappelle que la création des grandes régions, en 2015, a été décidée depuis Paris.”
The complete record
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“Il n’y aurait rien de pire que d’attiser la colère des Français à coups de grandes phrases sans que rien ne bouge. (« C’est un mea culpa ? » sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Sur ce sujet, les Français attendent à la fois de l’efficacité et de l’intransigeance. J’assume de dire que nous devons aussi faire notre part d’autocritique (« Ah ! » sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR. – Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP) : nous n’avons pas toujours réussi à convaincre les Français.”
“Je ne reviendrai pas sur les mesures que nous avions prévues : vous avez évoqué notamment la comparution immédiate pour les mineurs et la réforme de l’excuse de minorité. Nous vous accompagnerons dans la reprise de ce chantier. L’ordre, c’est aussi notre capacité à faire respecter nos frontières et maîtriser notre immigration. Je ne connais aucun gouvernement qui n’a pas dit vouloir faire de cette thématique une priorité, mais je connais peu de gouvernements qui ont vraiment réussi. Il faut faire très attention car en la matière, qui sème l’hystérie récolte le conflit.”
“Nos forces de l’ordre, nos militaires, nos pompiers, nos soignants sont des héros (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.) – il est important de le rappeler puisque cela ne va plus de soi sur l’ensemble de l’échiquier politique. Tous ici rassemblés, nous n’aurons de cesse de le rappeler. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) L’ordre, ce sont les hommes et les femmes qui le font vivre mais ce sont aussi des moyens, prévus dans la loi de programmation militaire 2024-2030 et dans la loi d’orientation et de programmation du ministère de l’intérieur. Nous serons très attentifs à ce qu’elles soient respectées à l’euro près, monsieur le Premier ministre. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.) L’ordre, c’est agir contre la délinquance des mineurs.”
“Parmi nos valeurs, il y a l’ordre. L’ordre, c’est d’abord le respect des règles et de ceux qui les incarnent. Les Français aspirent à ce que tout le monde respecte les règles communes : les délinquants, les fraudeurs, les jeunes, l’école, les entreprises, et les responsables politiques. Cela vaut partout et pour tous.”
“Tous ensemble, soyons à la hauteur des valeurs de notre pays, de l’engagement de Jacques Chirac, et construisons l’acte II de la loi de 2005.”
“Elle consiste à prendre soin de ceux qui souffrent, de ceux qui posent un genou à terre, de ceux qui ont des vies plus difficiles que les autres – ce sont eux avant tout qui ont besoin de l’État. Vous avez évoqué les familles monoparentales, qui pourraient constituer un sujet consensuel. Sous la précédente législature, la députée Fanta Berete avait mené un travail sur cette question, tout comme Philippe Brun, membre du groupe socialiste. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.) Avançons ensemble par-delà les clivages sur cette question essentielle. Dans le domaine du handicap, nous célébrerons l’an prochain les vingt ans de l’adoption de la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.”
“S’il est un sujet qui peut nous réunir toutes et tous ici, c’est bien celui-là. Alors qu’à Avignon, un procès choque tout le pays, et que le courage de Gisèle Pelicot force notre admiration, nous devons nous saisir de cette nouvelle forme de domination des femmes. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, Dem et sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Monsieur le Premier ministre, nous y tenons : relancez la mission gouvernementale sur la soumission chimique – question ô combien essentielle – que mon gouvernement avait confiée à la députée Sandrine Josso et à la sénatrice Véronique Guillotin. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.) Parmi nos valeurs, il y a la justice.”
“Continuons à faire progresser l’égalité entre les femmes et les hommes.”
“Tout ce qui pouvait être fait par voie réglementaire l’a été. En quelques semaines, les lignes ont bougé comme rarement auparavant, mais le travail n’est évidemment pas terminé. Je vous remercie, monsieur le Premier ministre, d’avoir annoncé que la loi d’orientation agricole serait remise à l’ordre du jour sans délai. (« Elle est vide ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Pascal Lecamp applaudit.) Parmi nos valeurs, il y a le respect des droits de tous et surtout de toutes. J’ai dit il y a huit mois à cette tribune combien la France avait changé en la matière, et qu’il fallait y voir le signe que notre pays bouge, qu’il avance et que les Français sont un peuple de progrès et d’égalité.”
“Marc Fesneau, Agnès Pannier-Runacher, des élus de l’opposition – Julien Dive notamment – et moi-même avons agi aussi vite que nous le pouvions.”
“Le travail concerne aussi ceux qui travaillent notre terre. Notre pays n’aurait pas la même histoire, les mêmes paysages, la même puissance, la même grandeur, sans nos agriculteurs et nos pêcheurs. L’hiver dernier, la colère qui grondait depuis des années s’est réveillée.”
“Notre pays n’a pas vraiment pensé son rapport au travail depuis des décennies. Il est plus que temps de le faire : en s’attaquant à la question des accidents et de la mortalité au travail, en innovant, en pensant en dehors des chemins habituels, en inventant les solutions de demain. La semaine en quatre jours, les semaines alternées pour les parents divorcés, les horaires adaptés pour les travailleurs de première ligne sont des chantiers essentiels pour que la France redevienne une grande nation de travail et de prospérité.”
“Il faut avancer dans le chantier de la désmicardisation – je me réjouis que vous l’ayez annoncé, monsieur le Premier ministre. Le travail est une urgence française et le pays risque le grand déclassement si nous n’y répondons pas, mais penser le travail, c’est aussi inventer la société de demain. Il faut travailler plus, mais il faut que le travail donne plus envie.”
“(Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.) Dans la situation dans laquelle nous sommes, nous ne pouvons pas nous payer le luxe d’hésiter, de tergiverser ou de reculer : il est urgent de réformer l’assurance chômage. Tout faire pour ceux qui travaillent, c’est aussi faire en sorte que le travail paye mieux. Le constat est connu : trop de Français sont bloqués autour du Smic. Pour certains, il est devenu un plafond de verre.”
“Le travail, qui est l’une de nos valeurs, doit toujours être valorisé, encouragé, récompensé. Il est la condition de notre prospérité : pour redistribuer des richesses, il faut d’abord les produire. L’objectif de la politique économique de notre pays doit être : tout pour le travail, tout pour ceux qui travaillent. Notre modèle social a beaucoup de qualités et d’atouts, mais il a un défaut principal : il n’incite pas suffisamment au travail. Nous avions préparé une réforme de l’assurance chômage. Elle n’est sans doute pas parfaite, mais elle existe et elle envoyait un signal clair : quand on peut travailler, on doit travailler !”
“Enfin, troisième priorité, il faut continuer à réformer pour simplifier, débureaucratiser, et faire ainsi des économies substantielles sur nos modes de fonctionnement. Je pense aux très bons rapports d’Éric Woerth sur la décentralisation et de Boris Ravignon sur le coût du mille-feuille administratif. Au fond, la stratégie doit être la suivante : créer de la richesse par le travail, réduire nos dépenses, lutter contre la fraude et ajuster notre fiscalité – et dans cet ordre-là.”
“Des économies sont possibles au sein de la puissance publique. Elle doit revoir ses priorités. Nous ferons des propositions articulées autour de trois grandes priorités. La première concerne notre modèle social, qui est à l’origine de la majorité de nos dépenses. Des économies sont possibles, en régulant mieux les dépenses d’indemnités journalières, qui sont devenues hors de contrôle, en réduisant les dépenses de transports sanitaires, et enfin celles d’assurance chômage, en accompagnant et en incitant mieux à la reprise d’emploi. La deuxième priorité porte sur les économies au sein de la sphère de l’État, notamment dans le domaine des dépenses liées au travail : le chômage étant au plus bas, il paraît naturel de diminuer les financements des politiques du travail et de l’apprentissage. Je pense aussi aux opérateurs de l’État.”
“Nous ne garderons la maîtrise de nos comptes qu’en réduisant nos dépenses. Nous avons la conviction qu’avant de demander des efforts aux Français, l’État doit balayer devant sa porte et se serrer davantage la ceinture.”
“Vous l’avez rappelé, monsieur le Premier ministre : nous devons la situation économique actuelle, en particulier le recul du chômage, à l’action qui a été menée depuis 2017 en matière de baisse de la fiscalité et de soutien à l’économie. Notre position est claire : nous ferons le choix des économies plutôt que celui des impôts. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)”
“Ce serait la certitude d’un retour en arrière sur ce qui a fait notre force.”
“Derrière l’exemple facile de Total, il y a la Compagnie des Alpes, Renault, Atos, Kiabi, STMicroelectronics, les Chantiers de l’Atlantique, la Société bretonne de volaille, Électricité de Strasbourg, Gaz de Bordeaux, Picard, et tant d’autres entreprises, fleurons français ancrés dans chacune de nos circonscriptions, qui créent de l’emploi et qui ne s’en mettent pas plein les poches. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.) Aujourd’hui déjà, elles seraient moins taxées si elles partaient dans d’autres pays de l’Union européenne. (Mêmes mouvements.) N’attaquons pas l’économie réelle de notre pays. Il ne se remettrait pas d’un choc fiscal similaire à celui qui lui a été imposé il y a dix ans – nous en avons la conviction.”
“Prenons garde à ce que derrière une prétendue justice fiscale ne surgisse une véritable injustice sociale. Augmenter les impôts de nos entreprises peut en affaiblir beaucoup et, in fine , créer du chômage ou priver de nombreux salariés de l’intéressement et de la participation auxquels ils ont droit. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.) Même en ne ciblant que les très grandes entreprises, des millions d’emplois et des milliers de sous-traitants seraient menacés – il est envisagé d’augmenter les impôts des entreprises qui font plus de 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires.”
“Malgré les baisses d’impôts, nous sommes quasiment champions du monde des prélèvements obligatoires : le taux marginal d’imposition des revenus et les taux supérieurs de CSG – contribution sociale généralisée – sont parmi les plus élevés de la zone euro. Personne ne peut dire que la France est un paradis fiscal, malgré les baisses d’impôts engagées. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.) Le groupe Ensemble pour la République est prêt à évaluer des mesures pour corriger certains comportements – nous avions travaillé avec Jean-René Cazeneuve et les commissaires aux finances sur la taxation des rachats d’action. Mais nous ne soutiendrons aucune mesure qui se ferait au détriment de la croissance de notre pays ou du pouvoir d’achat des Français. (Mêmes mouvements.)”
“(Mêmes mouvements .) Sur le chemin de la réduction des déficits, nous devons agir avec méthode, sans idéologie, et certainement pas au prix de notre croissance, de nos emplois et de notre prospérité. La bonne méthode, selon nous, est la suivante : moins de dépenses, certainement pas plus d’impôts ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR.) J’entends le terme de justice fiscale dans le débat public : qui pourrait être contre ? Personne dans cet hémicycle ne soutient l’injustice fiscale. (« Si ! Vous ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Mais qui ici peut soutenir que la France est un paradis fiscal alors que 10 % des contribuables payent 70 % de l’impôt sur le revenu ? La France est le dernier pays de l’Union européenne à disposer d’un impôt national sur la fortune.”
“Les lettres plafonds que j’ai transmises cet été aux ministères prévoyaient une quinzaine de milliards d’euros d’économies compte tenu de l’inflation anticipée. Nombreux parmi ceux qui aujourd’hui donnent des leçons de responsabilité budgétaire critiquaient alors les économies actées dans le décret du 12 février portant annulation de crédits ou dans les lettres plafonds. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur quelques bancs du groupe Dem.) Beaucoup de ceux qui expliquent que tout aurait été catastrophique depuis des années n’ont pas été au rendez-vous de la réforme des retraites – réforme courageuse et nécessaire pour l’équilibre des comptes publics. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.) Les mêmes proposaient des dizaines de milliards d’euros de dépenses supplémentaires à chaque discussion budgétaire.”
“Nous avons gelé plus de 16 milliards d’euros de crédits, dont une partie importante devait être annulée en fin d’année – vous pouvez le faire. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Les résultats sont là : la croissance française est supérieure à celle de nos voisins européens, nous avons recréé des millions d’emplois et notre taux de chômage se situe à son niveau le plus bas depuis des dizaines d’années. (Mêmes mouvements.) Après le « quoi qu’il en coûte » qui a protégé des millions de Français au prix de dizaines de milliards d’euros, la situation budgétaire de notre pays nécessite que l’on continue à agir sans délai. Un pays surendetté ne peut pas être un pays libre. Nous avons commencé cet effort en février. Quelques jours seulement après notre nomination, mon gouvernement et moi-même avons pris la décision sans précédent d’annuler par décret 10 milliards d’euros de crédits.”
“Parmi nos valeurs, il y a la recherche de la prospérité pour tous – ce fut le cœur de notre combat. Pour redistribuer des richesses, pour que les Français vivent mieux, il faut créer de la valeur, de l’activité, et de la croissance, tout en rééquilibrant nos comptes. Nous y sommes parvenus entre 2017 et 2019, avant la crise du covid, sans céder à la facilité des hausses d’impôts. ( Mêmes mouvements. ) Nous avons même allégé le poids des impôts sur notre économie, sur les Français et sur les entreprises, de plus de 50 milliards d’euros. Nous n’avons pas baissé les impôts par dogme ou par fétichisme anti-impôts, mais par volonté d’efficacité économique.”
“Je vous remercie, monsieur le Premier ministre, pour la clarification que vous venez d’apporter. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.) L’État de droit est le rempart contre la folie des hommes. On peut avoir une parole forte, mais sans hystériser tout le temps le débat. On peut être plus ferme – beaucoup plus ferme, probablement – en matière d’insécurité, pour faire respecter nos frontières, pour protéger nos concitoyens. On peut changer le droit – c’est la raison d’être même de cette assemblée –, mais pour cela, il faut agir plutôt que parler – je cite vos propos –, agir plutôt qu’hystériser et semer la division. (Mêmes mouvements.) L’attente des Français est forte : elle mérite des actes, des engagements, du changement, plutôt que des paroles pour faire parler dans les médias.”
“Nous sommes clairs : tout ce qui permettra de rendre le pays plus fort, plus prospère, plus juste et plus sûr, nous le soutiendrons. (« Très bien ! » et applaudissements sur les bancs du groupe EPR.) Nous le soutiendrons et nous agirons depuis ces bancs, en tant que députés et groupe parlementaire. La situation politique fait que, plus que jamais, l’Assemblée nationale peut être puissante. Depuis ses bancs, des majorités peuvent se dégager, des textes peuvent naître et nous pouvons changer la vie des Français. Notre groupe l’a compris : c’est le moment ou jamais d’agir vraiment depuis le Parlement. Nous le ferons, avec le seul objectif d’agir vite, fort, et vraiment, en respectant les Français et nos valeurs. Au sommet de nos valeurs, il y a l’État de droit – je le dis très solennellement.”
“Mouvement, pour faire entrer notre pays dans le XXI e siècle avec davantage de force et d’atouts ; dépassement pour réunir enfin, autour de la table, des femmes et des hommes qui ne pensent pas toujours la même chose mais qui se rejoignent sur une conviction : la France ne peut avancer que si elle est unie. Alors, en cet instant où il n’y a plus de véritable majorité parlementaire, en cet instant où l’unité doit prévaloir sur le reste, nous trahirions nos valeurs, la raison même de notre existence, si nous décidions d’être une force de division. (M. Benjamin Lucas-Lundy s’exclame.) Monsieur le Premier ministre, je connais la difficulté de la tâche qui vous incombe désormais ; je ne serai donc jamais celui qui cherchera à la compliquer davantage. C’est aussi l’état d’esprit de mon groupe.”
“C’est pourquoi nous nous réjouissons que vous ayez repris l’ensemble de ces chantiers dans la feuille de route de votre gouvernement. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.) Oui, le groupe Ensemble pour la République veillera sur l’acquis des sept dernières années et il l’assume. Ce groupe est issu d’une famille politique qui ne s’est jamais défilée, qui a toujours eu à cœur de penser l’avenir de notre pays et d’agir pour qu’il soit meilleur. C’est un groupe de députés issus de familles politiques différentes, mais qui se sont reconnus dans un projet politique, celui du mouvement et du dépassement.”
“Vous avez évoqué le plan sur les soins palliatifs qui a été engagé et le projet de loi relatif à la fin de vie, le travail concernant les familles monoparentales, la lutte contre la délinquance des mineurs et les mesures que nous avions rédigées pour réformer l’excuse de minorité. Lorsque je vois tout cela, et après avoir entendu votre discours, je ressens, bien sûr, une satisfaction, non pas pour nous, mais pour le pays. Parce que sur tous ces sujets profondément ancrés dans le quotidien des Français et sur lesquels ces derniers nous attendent, on ne peut pas accepter les zigzags. Ce qui compte, c’est la concrétisation des travaux engagés et non leur attribution à une étiquette ou à une personnalité en particulier.”
“S’agissant de la famille, vous avez renvoyé vers le service public de la petite enfance, que nous avons inscrit dans la loi et que nous nous efforçons, depuis, de décliner. En matière de jeunesse, vous avez mentionné la réforme du lycée professionnel, dont nous sommes fiers et qu’il faut concrétiser. Sur la lutte contre la fraude, vous avez évoqué la sécurisation de la carte Vitale, difficile chantier que nous avions engagé, avec Gérald Darmanin, pour lequel nous vous accompagnerons. Lorsque vous avez évoqué le pouvoir d’achat, vous avez mentionné le travail mené en matière de désmicardisation, désormais essentielle – j’y reviendrai.”
“Il y a des succès et je veux voir dans votre intervention, monsieur le Premier ministre, une forme de reconnaissance envers une partie du travail engagé. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR.) Lorsque vous avez évoqué l’insertion, vous avez mentionné la réforme du RSA, dont nous avons engagé la généralisation. (« Eh oui ! » sur quelques bancs du groupe EPR. – Mme Laure Miller applaudit.) Lorsque vous avez évoqué l’accès au logement, vous avez mentionné la proposition de loi visant à renforcer le rôle des maires dans l’attribution des logements sociaux, que nous avons fait adopter en commission au Sénat. Lorsque vous avez évoqué l’agriculture, vous avez fait référence au projet de loi d’orientation pour la souveraineté en matière agricole, adopté par l’Assemblée nationale et actuellement en navette.”
“Nous avons accordé de nouveaux droits à nos compatriotes, en particulier aux femmes, en ouvrant la PMA à toutes ou encore en adoptant l’inscription dans la Constitution de la liberté de recourir à l’interruption volontaire de grossesse. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.) Tout n’est pas à jeter.”
“Nous avons entamé, je le crois profondément, l’inversion de la tendance du déclin de l’école, en affirmant notre volonté de rehausser le niveau grâce au choc des savoirs.”
“(Mêmes mouvements.) L’industrie reprend : pour la première fois depuis des décennies, il y a davantage d’ouvertures d’usines dans notre pays que de fermetures, davantage de créations d’emplois industriels que de suppressions. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem.) Les émissions de gaz à effet de serre ont diminué de 6 % l’an dernier en France, soit six fois plus qu’avant 2017. (Mêmes mouvements.) Nous avons considérablement agi afin d’augmenter les moyens de notre armée, de notre sécurité, de notre justice, après des décennies de paupérisation et de sous-investissement. Nous avons octroyé à la santé des moyens sans précédent et débloqué la formation des médecins.”
“Ce même exercice de lucidité devrait conduire, me semble-t-il, ceux qui s’opposaient à nous hier à reconnaître que, peut-être, tout n’est pas à jeter, qu’il existe des raisons d’espérer, des succès qui, d’ailleurs, sont non pas ceux d’une étiquette politique ou d’un camp, mais ceux de la France et de tous les Français. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.) Nous avons enfin vaincu le fléau du chômage de masse ; le taux de chômage est au plus bas depuis vingt-cinq ans. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur quelques bancs du groupe Dem.) Le taux de chômage des jeunes est au plus bas depuis quarante ans.”
“Alors oui, nous sommes lucides. Lucides sur les doutes quant à la capacité de l’État à protéger, quant à la capacité du travail à rémunérer, quant à la capacité de l’école à éduquer, quant à la capacité de la santé à tous nous soigner.”
“…dans ce rêve français, mélange de grandeur et d’universel, d’une puissance à nulle autre pareille, portant un message pour le monde. C’est une réalité. Si tel n’était pas le cas, le groupe que j’ai l’honneur de présider aurait été doté d’une majorité absolue dans cet hémicycle ; j’ai la lucidité et l’humilité de le reconnaître devant vous.”
“Ils perdent foi dans la promesse républicaine,…”
“Soyons lucides. Les Français ne nous demandent pas de penser, de dire ni de vouloir la même chose. Ils nous demandent non pas d’effacer nos différences, mais de les surmonter pour agir : agir pour eux et avec eux. La lucidité, ce doit d’ailleurs être notre base commune. Nous habitons tous le même pays et rencontrons les mêmes Français. Il y a des Français qui souffrent, évidemment, des Français qui doutent et qui sont en colère. Plus grave encore, des Français perdent foi en la France.”
“Je le dis ici : je ne me résous pas à ce que le Parti socialiste, parti de gouvernement, puisse manquer à cet appel à l’unité. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe HOR.) S’il faut des preuves que nous sommes prêts au compromis et à nous remettre en question pour ce faire, sachez que notre groupe cherchera toujours à emprunter cette voie pour vous convaincre. Je vous ai entendus réagir – lorsque le Premier ministre a déclaré que son gouvernement était pluriel et représentatif –, considérant que ce n’était pas le cas. Mais alors, pourquoi n’avez-vous pas accepté d’entrer dans le Gouvernement pour appliquer vos idées et vos propositions ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur plusieurs bancs des groupes Dem et HOR. – Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“(Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR.) Nous sommes plusieurs groupes à avoir fait ce choix, sans jamais rien renier de nos divergences et de nos différences, parfois profondes – j’y reviendrai. Nous savons que les extrêmes ne se placeront jamais dans cette logique. C’est d’ailleurs leur raison d’être que de se placer à ce point en marge de tout ce qui peut faire réussir le pays.”
“Alors nous, députés, représentants du peuple à l’Assemblée nationale, l’affirmons avec force et en même temps avec beaucoup d’espoir : soyons à la hauteur de la France. Oui, soyons à la hauteur de la France (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR) , de ses forces, de ses attentes, de ses doutes, de ses espoirs, de son histoire et de son avenir. Bien sûr, ce ne sera pas facile. Nous devrons sortir de nos logiques habituelles, car cette assemblée ne dispose pas de majorité. Le clivage entre majorité et opposition doit être dépassé au profit d’un nouveau clivage entre ceux qui veulent agir concrètement et ceux qui ne le veulent pas ; ceux qui sont capables de mettre le pays au-dessus des partis et ceux qui ne le sont pas.”
“Il suffit de regarder la France, qui ne se résumera jamais à trois blocs s’affrontant matin, midi et soir et cherchant la disparition ou l’écrasement des deux autres. Non, la France, ce n’est pas le conflit sans fin, l’affrontement sans but, l’opposition sans raison ! Non, la France, ce n’est surtout pas cela ! L’idéal français, c’est la quête de l’unité, la recherche de la stabilité, l’aspiration à la fraternité.”
“La France est à la croisée des chemins. Nous sommes dans une configuration inédite, puisque les Français n’ont donné à aucun bloc, aucun groupe, aucune formation politique une majorité suffisante pour agir seuls. Pour agir, il nous faut donc changer nos habitudes, sortir définitivement des débats stériles, des oppositions factices, du sectarisme et des postures politiciennes qui ne font avancer personne et certainement pas le pays, et guérir la politique française devenue trop malade de ses divisions et de ses affrontements. Avec les députés Ensemble pour la République, nous sommes convaincus que c’est non seulement souhaitable mais possible – et nous y sommes prêts ! Il suffit d’observer nos voisins européens, qui entretiennent, pour beaucoup d’entre eux, une culture de coalition.”