Gabriel Attal
EPR · France
“Ce texte contient des mesures importantes et attendues par nos agriculteurs concernant la prédation, l’eau, la capacité à construire des bâtiments agricoles ou des bâtiments d’élevage (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR) , mais cette séance est quelque part pourrie par une forme d’incompréhension.”
“Je voudrais d’abord rebondir sur certains propos d’une collègue de LFI qui a parlé d’humiliation à propos des députés de mon groupe qui avaient déposé un amendement.”
“Dominique Potier applaudit également.) Comme l’a affirmé le député Bonnecarrère, il y a une forme d’incompréhension. Pourquoi a-t-il été dit, cet après-midi, que l’Assemblée pourrait trancher sur ce sujet-là, alors que nous apprenons, ce soir, sans qu’il y ait d’explication du gouvernement, que finalement ce ne sera pas le cas ?”
“Ce vote est un moment historique pour l’Alsace. Ce n’est pas la fin du chemin. Certains orateurs semblent estimer ou veulent faire croire qu’il n’y aura pas de navette parlementaire, mais ce n’est pas vrai : si l’Assemblée nationale adopte le texte, nous appellerons le gouvernement et les sénateurs à l’inscrire le plus rapidement possible…”
“Enfin, on a entendu que la création d’une région Alsace reviendrait à démembrer la République. Mais enfin, les mots ont un sens ! Heureusement, la République existait déjà à l’époque des régions précédentes et s’accommode de lois spécifiques pour des territoires spécifiques. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR. – M.”
“Deuxièmement, on a entendu dire qu’une telle décision ne pouvait être prise depuis Paris, par l’Assemblée nationale. Je rappelle que la création des grandes régions, en 2015, a été décidée depuis Paris.”
The complete record
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“Je remercie les différents intervenants, notamment le rapporteur et le ministre, qui ont rappelé la gravité avec laquelle nous devons aborder ce sujet. De la gravité, car il y a quelques jours, dans notre pays, un jeune de 14 ans a été tué à coups de machette pour son téléphone portable.”
“Alors, ressaisissons-nous ! Donnons à notre pays la stabilité dont il a besoin. Donnons aux Français la liberté et les opportunités qu’ils attendent. Monsieur le premier ministre, comptez sur nous. Nous serons au rendez-vous de la responsabilité. Pensons à la France avant de penser à nous. (Les députés du groupe EPR et de nombreux députés du groupe Dem se lèvent pour applaudir. – Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes DR et HOR.)”
“Car j’en suis sûr, et je le sais : la France a encore ses plus belles pages à écrire.”
“Dans cet avenir, dessiné par l’exception culturelle française, notre pays montrera qu’il est capable, une fois de plus, de se rassembler, de s’unir et d’éblouir le monde.”
“Dans cet avenir, la France est à la pointe de l’intelligence artificielle, pionnière des technologies de demain. Dans cet avenir, nos services publics se redressent, la santé innove et notre école forme des générations de jeunes prêts à faire briller le pays. Dans cet avenir, on cesse de penser le travail comme il y a trente, quarante ou cinquante ans.”
“Soyons à la hauteur de la situation de la France et des défis qui se présentent à nous. Car nous devons écrire l’avenir – un avenir français. Dans cet avenir, la France montre le chemin de la transition écologique et de la protection de notre biodiversité.”
“Soyons à la hauteur des attentes des Français et des mandats qu’ils nous ont confiés.”
“Le courage de parler à ceux avec qui l’on n’est pas d’accord, celui d’être fidèle à ses valeurs et donc de continuer à les porter haut et fort. Le courage de faire des pas vers l’autre, des compromis pour s’entendre. Celui d’être responsables et clairs. Alors, monsieur le premier ministre, autour de la feuille de route que vous venez de présenter, nous allons emprunter, avec tous les députés de mon groupe, ce troisième chemin : celui de l’action et du courage. Car il n’y a pas une minute à perdre. Derrière les orientations que vous avez tracées, derrière le compromis pour lequel vous vous battez, mon groupe sera toujours du côté de l’action et des solutions. La France et les Français attendent des actes.”
“…celui de l’insincérité et du chacun pour soi. De notre côté, nous n’abandonnerons jamais tant que nous n’aurons pas trouvé une solution, une voie, un chemin pour s’entendre et pour aller de l’avant. Car entre le chaos et le dépit, il existe un troisième chemin : celui du courage. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Le courage de dire la vérité aux Français. Le courage de leur dire que nous n’y arriverons pas et que notre pays ne s’en sortira pas si nous renonçons à travailler plus et à dépenser moins. (Mêmes mouvements.) Le courage de dire que nous n’avons pas tout bien fait mais aussi, quand la France avance, de le reconnaître.”
“Le deuxième chemin est celui du dépit, de l’abandon, du « on n’y arrivera jamais ». C’est celui des lignes rouges qu’on se jette à la figure, du refus de dialoguer sous prétexte qu’on n’est pas d’accord au départ,…”
“Toujours nous vous combattrons, aussi bien dans les urnes, comme en ce moment même dans la première circonscription de l’Isère, qu’ici, à l’Assemblée nationale, et partout dans le pays.”
“Ce chemin est définitivement celui de l’extrême gauche, qui n’a qu’un seul projet : saborder nos institutions pour instaurer son chaos, plonger le pays dans le malheur pour installer son projet délirant, piétiner nos valeurs les plus élémentaires, celles de la liberté, de l’égalité, de la fraternité et de la laïcité pour y substituer le communautarisme et le séparatisme politique. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR. – Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“…eux qui, il y a quelques semaines à peine, ont uni leurs voix pour renverser le gouvernement et plonger le pays dans l’instabilité.”
“C’est la conviction de mon groupe depuis le premier jour et je la partage avec sincérité et honnêteté : oui, la politique en sortirait grandie si vous choisissiez de vous détacher de la gauche la plus radicale pour œuvrer enfin au service de l’intérêt général. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR. – Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) La France est dans une période à risque, à très haut risque. Il suffirait d’un rien – d’un presque rien – pour que le pays bascule. Ne soyons pas les artisans de ce basculement. Dans un tel contexte, trois chemins s’offrent aux députés que nous sommes. Le premier chemin est celui du chaos, du « après moi le déluge ». C’est celui qu’empruntent les extrêmes, aux deux bouts de cet hémicycle,…”
“Espoir d’une vie politique française responsable, qui se hisse à la hauteur des événements et ne soit plus l’otage d’une extrême droite qui tente d’imposer ses diktats à notre démocratie. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem.)”
“Oui, il est urgent d’aller de l’avant. Avançons pour les Français. Nous y sommes prêts et plus que jamais déterminés. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem.) Je le dis à chacun, notamment à mes collègues socialistes – ils sont absents, mais je les excuse, car ils doivent être en réunion de groupe (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP) : si vous vous engagez à ne pas voter la censure, les Français pourront reprendre espoir.”
“Ce que nous avons entendu s’agissant de l’avenir de cette mesure nous inquiète, car cela ressemble à un renoncement à l’action qui avait été amorcée. C’est le courage de la réforme qui doit nous guider. Or nous estimons que cette mesure va dans le bon sens, celui des économies, de la justice et de la réforme. Ne perdons pas non plus de temps pour conduire différents chantiers qui ont fait l’objet de discussions et qui ont mûri, parfois depuis plusieurs années. Je pense à la question de la fin de vie.”
“Alors ministre de la fonction publique, il avait lancé un ambitieux chantier pour lutter contre l’absentéisme dans la fonction publique et rétablir les jours de carence.”
“J’assume de le dire : un agresseur récidiviste de 16 ou 17 ans doit, comme celui de 18 ans, être jugé et sanctionné immédiatement et non un an plus tard. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR, Dem et HOR.) Je sais que le garde des sceaux partage ce combat et vous remercie, monsieur le premier ministre, d’avoir annoncé que vous le mèneriez. Ne perdons pas de temps pour la simplification ni pour la réforme de l’État, qui nécessite du courage politique et des économies de structure. À cet égard, je veux rendre hommage au travail de notre collègue Guillaume Kasbarian. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR. – Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Nous le disons solennellement : reprenons au plus vite la loi agricole. Je sais tout le travail que vous accomplissez, madame la ministre, mais dans les corps de ferme, les agriculteurs ne peuvent plus attendre. Ne perdons pas de temps pour nos concitoyens qui n’en peuvent plus de l’insécurité et de l’impunité. Voilà dix-huit mois, des émeutes ont traumatisé les Français tant par la violence des images que par la jeunesse des délinquants impliqués. Un mineur reste un mineur et doit être jugé comme tel. Cependant, il y a urgence à être plus ferme, plus sévère, plus dur avec ceux qui ne respectent plus rien ni personne.”
“…pour manifester leur mal-être et leur impatience.”
“Cela signifie qu’il faut sauver ce qu’il y a à sauver – notre budget et notre système de protection sociale – et avancer sur quelques chantiers vitaux pour les Français. Je le dis avec humilité, mais aussi avec sincérité : ne perdons pas de temps à discuter de l’abrogation ou de la suspension, sans solution alternative, de réformes vitales pour le pays ; car à la fin, nous laisserions de côté les urgences des Français. Ne perdons pas de temps pour nos agriculteurs, qui, il y a tout juste un an, se rejoignaient sur les barrages et sur les autoroutes…”
“…la baisse du chômage et la croissance de l’activité qui étaient enfin revenus au cœur du modèle français avant que l’instabilité et l’incertitude ne viennent menacer ces acquis. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Dire la vérité aux Français, c’est aussi leur expliquer qu’il n’existe pas de solution alternative au fait de travailler davantage – ou plutôt si, il en existe deux : baisser le niveau des retraites ou augmenter les cotisations. Dans les deux cas, c’est du pouvoir d’achat en moins. Par conséquent, ceux qui, à gauche ou à l’extrême droite, veulent en finir avec cette réforme doivent avoir le courage de dire aux Français que cela se traduira par des impôts plus élevés ou par des pensions de retraite plus basses. La clarté oblige aussi à poser un constat fondamental : nous devons aller de l’avant et agir avec méthode.”
“Être clair, c’est être responsable. Nous faisons le choix d’être responsables politiquement et économiquement. Être responsable économiquement, c’est avoir le courage de dire qu’on ne peut pas se permettre d’abroger ou même de suspendre sans alternative cette réforme : nous n’en avons tout simplement pas les moyens. (Mme Olivia Grégoire applaudit . ) Être responsable politiquement, c’est avoir le courage de dire qu’aucune réforme n’est parfaite et accepter de discuter et de faire des compromis pour améliorer celle-ci. La clarté consiste aussi à dire la vérité aux Français : c’est par le travail et par le rétablissement de nos comptes que nous redeviendrons le pays le plus prospère d’Europe, ce qui doit être notre objectif. Ce n’est que par le travail et par le rétablissement de nos comptes que nous amplifierons la réindustrialisation,…”
“Avec les députés Ensemble pour la République, nous avons fait le choix de privilégier l’efficacité au sensationnalisme, la discussion sincère à la politique spectacle. Voilà pourquoi ces derniers jours, nous n’avons pas campé matin, midi et soir sur les plateaux de télévision pour multiplier les oukases, les lignes rouges et les menaces avant même que le premier ministre ne se soit exprimé.”
“Mais, je le dis à ceux qui veulent purement et simplement abroger cette réforme, ou la suspendre sans alternative crédible immédiate et sans se soucier des répercussions d’un tel scénario, dans ma famille politique, nous ne sommes pas des adeptes du saut en parachute, surtout lorsqu’il n’y a pas de parachute. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR. – Mme Justine Gruet applaudit également.) Notre pays ne peut tout simplement pas se le permettre. Je sais que tout cela peut porter à confusion pour les Français qui voient défiler des mots – suspension, abrogation, annulation – dont personne ne sait vraiment à quoi ils correspondent. Pour notre part, nous essayons d’être clairs, c’est-à-dire d’éviter de polluer le débat public.”
“La réforme de 2023, qui est entrée en vigueur, correspond à la logique que je viens d’énoncer : plus de travail et moins de déficits. Tout en défendant cette réforme, qui était vitale, je reconnais que toute réforme est par nature perfectible. Je sais qu’en politique, les certitudes sont des prisons. Dès lors, monsieur le premier ministre, nous participerons assurément à un travail sur l’amélioration de cette réforme. Nous saluons votre sens des responsabilités et du dialogue, et nous sommes nous aussi ouverts à la discussion. Si des améliorations sont possibles, notamment pour les carrières longues ou hachées et pour la retraite des femmes, nous les soutiendrons.”
“La réalité est que nos retraites ne sont déjà plus financées aujourd’hui ! Elles sont en grande partie payées par la dette. Les pensions de nos retraités ne sont pas seulement financées par les cotisations de ceux qui travaillent, mais par une dette contractée sur chaque enfant qui naît aujourd’hui en France. Qui peut accepter cette situation au nom d’une prétendue égalité entre les citoyens ? (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR.)”
“…mais aussi à tous ceux qui, dans cet hémicycle, l’ont soutenue et à tous ceux qui, sans l’avoir soutenue hier – ayant préféré à l’époque contraindre le gouvernement à utiliser l’article 49.3 puis voter la motion de censure – ont aujourd’hui fait le choix de la défendre, avec une ardeur qui ne peut que nous réjouir. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem . ) C’était impopulaire, c’était difficile. Pourtant, nous l’avons fait, parce que les chiffres sont têtus. Avant d’être une question politique, les retraites posent une simple question mathématique : comment financer de plus en plus de retraites et de déficits avec une population active qui a cessé de croître ? Certains disent que si nous ne faisons rien, nos retraites ne pourront plus être financées dans quelques années.”
“Je veux rendre hommage aux députés de nos groupes,…”
“En 2013, cette gauche réaliste, cette gauche moderne, qui ne craignait pas le travail, a réformé les retraites avec Marisol Touraine, car elle savait qu’il n’y avait pas d’alternative au fait de travailler davantage. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem, ainsi que sur quelques bancs du groupe DR. – Protestations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP . ) Puisque nous parlons de travail et de retraites, j’ai bien entendu, monsieur le premier ministre, vos mots sur la réforme des retraites. Je veux saluer sincèrement votre position courageuse : le compromis consiste à pouvoir s’entendre malgré les différences. Notre groupe a défendu courageusement la réforme des retraites, alors même que c’était difficile et que cette réforme était impopulaire – et même très impopulaire.”
“…que beaucoup de Français ne la comprennent plus, car le « travailler plus », c’est aussi un héritage de la gauche ! La réforme des retraites, c’est aussi un héritage de la gauche !”
“Avec constance, le Rassemblement national s’est systématiquement opposé à tout ce qui permet de valoriser le travail et de sortir des centaines de milliers de Français du chômage et de la précarité – mais cela, jamais il ne le dira aux Français des classes moyennes qui triment et qui n’ont que leur travail pour s’en sortir.”
“La réforme de l’assurance chômage ? L’extrême droite s’y est opposée. La réforme des retraites ? L’extrême droite n’a qu’une obsession, la mettre à terre. La création de quinze heures d’activité pour les bénéficiaires du RSA ? L’extrême droite la refuse, quand bien même la moitié de ses bénéficiaires ont pu trouver un emploi grâce à cet accompagnement. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR. – Mme Justine Gruet applaudit également.) Les mesures de soutien à nos entreprises, de baisse de la fiscalité pour rendre nos entreprises plus compétitives ? L’extrême droite a voté contre !”
“La valeur travail est devenue une ligne de frontière de la politique française. Ma famille politique et moi assumons de la défendre vraiment face à l’extrême droite qui s’oppose, avec la plus absolue des constances, à tout ce qui permet de travailler plus.”
“Valoriser le travail, toujours et partout. À la différence d’autres groupes de cet hémicycle, nous pensons que c’est avec plus de travail, plus d’activité, plus d’emplois que nous nous en sortirons et non par le droit à la paresse, une réduction de la quantité de travail ou la retraite à 60 ans. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et DR . )”
“La France a été forte lorsqu’elle a vécu des traumatismes. Nous commémorons cette année les dix ans de Charlie Hebdo et des attentats de 2015 : malgré ce séisme et malgré les coups de boutoir de l’islamisme, nos institutions ont tenu, notre peuple et notre pays ont tenu. Je veux redire que le combat contre l’antisémitisme, le racisme et les discriminations – qui est un combat pour les valeurs de la République et pour l’universalisme – doit continuer à nous rassembler le plus largement possible. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur quelques bancs des groupes DR et Dem . ) La France est forte quand elle est stable. Redonner à la France sa force, voilà l’objectif que depuis 2017, nous poursuivons inlassablement avec mon groupe, animés par la conviction que nous l’atteindrons à force de travail et par le travail.”
“La France a été forte au sortir de la seconde guerre mondiale lorsque l’union nationale a permis de relancer et de rebâtir un pays miné, traumatisé, défiguré par la guerre. La France a été forte avec le général de Gaulle, bâtisseur en chef d’une France moderne, qui a inventé la V e République pour nous débarrasser du chaos de l’instabilité.”
“Mais en politique, rien n’est jamais définitif, rien n’est jamais impossible, pour peu qu’on ait envie d’y croire et qu’on soit sincère. Ainsi ces temps incertains nous offrent-ils une occasion historique : celle de nous hisser à la hauteur du moment et d’agir dans l’intérêt du pays. Quel est-il aujourd’hui ? Plus encore aujourd’hui qu’hier, l’intérêt du pays, c’est la stabilité. Non comme un fantasme, un concept vide ou une obsession, mais parce que la stabilité, c’est l’assurance-vie de la France. Sans elle, rien ne tient, ni notre économie, ni nos institutions, ni l’avenir que nous voulons construire pour notre pays. La France n’a été forte que lorsque la stabilité lui a permis d’accomplir son destin, qui est grand, tellement grand.”
“Je l’ai déjà dit à cette tribune, le bilan de ces derniers mois n’est pas à l’avantage du jeu politique et de ceux qui l’alimentent. Je ne reviendrai pas sur les causes de tout cela : elles mériteraient que chacun d’entre nous fasse son introspection.”
“Que retiendront les Français ? Que retiendront les Français de ces derniers mois, durant lesquels il a été demandé aux responsables politiques de sortir de leurs postures pour agir, travailler et avancer ? Que retiendront les Français de cette période singulière où, au lieu de s’opposer matin, midi et soir, la politique française pourrait enfin s’élever à la hauteur du moment ? Que retiendront les Français de cette période inédite où toutes nos certitudes ont été remises en question ? L’avenir le dira, mais si j’ai aujourd’hui une certitude, c’est celle-ci : la politique, les Français nous le disent et nous le répètent, est un champ de ruines.”
“(Les députés du groupe EPR se lèvent et applaudissent.) Il n’est pas trop tard, pas trop tard pour le sursaut, pas trop tard pour démontrer qu’un autre chemin est possible, pas trop tard pour montrer aux Français que nous avons entendu leur besoin de stabilité, leur quête de sérénité, leur aspiration à la sobriété.”
“J’en appelle à toutes les bonnes volontés, d’où qu’elles viennent, pour qu’elles s’unissent enfin, non pour effacer nos différences, mais pour défendre ce que nous avons de plus cher : la France – notre pays – et les Français. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et DR.) J’en appelle à tous ceux qui aiment vraiment la France, à tous ceux qui sont convaincus qu’être Français, c’est ne jamais renoncer, ne jamais capituler, mais toujours croire dans cet esprit tricolore qui mêle l’audace et le génie, la controverse et la concorde, le goût de l’avenir et l’amour du passé.”
“L’heure est venue pour tous les députés de se hisser à la hauteur de l’instant et de leurs responsabilités. L’heure est venue de dire si nous préférons que les années qui viennent soient rythmées par les crises, les censures et les divisions ou si nous voulons, au contraire, qu’elles soient des années de stabilité, de réconciliation et de sérénité.”
“L’heure est venue de dire quel avenir nous voulons pour notre pays. L’heure est venue de mettre de côté ce qui nous divise. (Exclamations prolongées sur les bancs des groupes LFI-NFP et SOC.)”
“Il la respecte plus qu’il ne vous respecte ! Que faites-vous encore avec son parti ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR, dont les députés se lèvent. – Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et SOC.)”
“Il a écouté religieusement l’orateur de la France insoumise et Mme Le Pen, puis il s’est levé et est parti au moment même où Boris Vallaud prenait la parole.”
“Nous préférons porter l’espoir qu’un jour – et le plus tôt sera le mieux –, la gauche républicaine, la gauche de gouvernement, celle qui a eu l’honneur par deux fois de donner un président à la France, se ressaisisse et se mette autour de la table avec nous pour, enfin, agir vraiment pour les Français. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, Dem et DR.) Chers collègues socialistes, au début de la séance, M. Mélenchon était dans les tribunes pour assister à nos débats.”
“(Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR et Dem.) À ceux-là, nous disons qu’on peut s’opposer sans tout gâcher, qu’on peut s’opposer sans censurer… Affranchissez-vous ! Nous préférons voir le courage de ces quelques députés de gauche qui ont fait preuve d’indépendance en refusant de signer et d’apporter leurs voix à la motion de censure signée par Jean-Luc Mélenchon. (Mêmes mouvements.) Nous préférons voir qu’au sein de la gauche et des députés indépendants, des voix responsables se sont élevées pour dénoncer la politique du pire – des voix certes encore trop rares, mais qui existent.”
“Motion de censure après motion de censure, outrance après outrance, hurlement après hurlement, l’alliance de la gauche emmenée par Jean-Luc Mélenchon ne poursuit qu’un seul projet : tout piétiner, tout gâcher et tout taxer. Et puis il y a ceux, je le crois profondément, pour qui il est encore temps de se ressaisir : je pense à ceux qui, il y a sept ans à peine, gouvernaient encore la France (Exclamations sur divers bancs) , ceux qui comptent dans leurs rangs des élus sincères, convaincus que la laïcité n’est pas un gros mot, que la compétitivité est nécessaire et que la stabilité est indispensable, ceux qui, depuis le congrès d’Épinay, unissaient la gauche autour de leurs valeurs et ne se soumettaient pas comme aujourd’hui à celles de l’extrême gauche.”