Nathalie Oziol
LFI-NFP · France
“Citons aussi, outre le manque de psychologues, le stress lié aux études et aux dispositifs de sélection et de mise en concurrence, tels que Parcoursup et Mon Master, ainsi que la nécessité de travailler parallèlement aux études, qui conduit au surmenage.”
“Le fonctionnement du FDVA n’est pas si heureux ; par rapport à ce que demandent les associations, il n’a pas assez d’argent, d’où une politique de coupes budgétaires néfaste.”
“Permettez-moi de rappeler les effets particulièrement nocifs pour la santé de ces multiples polluants auxquels la population est exposée : perturbations endocriniennes, cancérogénicité, maladies cardiovasculaires, baisse de la natalité – et encore ne s’agit-il là que de la pollution de l’air.”
“Depuis, chaque hiver, renaît l’incertitude concernant la capacité des associations de distribution alimentaire à répondre à des besoins grandissants.”
“» Une telle logique pousse les associations à l’encontre de ce qu’elles défendent – le social, l’entraide, la solidarité plutôt que la compétition, la concurrence, la dévalorisation d’autrui –, car c’est au détriment des autres qu’elles peuvent espérer des financements.”
“Les difficultés financières ont en outre conduit les associations à hybrider leurs ressources en augmentant le montant des cotisations ou en développant une activité marchande, ce qui va également à l’encontre de leur mission de base.”
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“Permettez-moi maintenant de vous poser trois questions. En 2025, les députés votaient une loi visant à interdire les PFAS. Le décret d’application pris par le gouvernement en a cependant considérablement réduit la portée. Selon vous, les contrôles de l’air ou de l’eau sont-ils suffisamment fréquents et couvrent-ils correctement l’ensemble des territoires ? Ne faudrait-il pas utiliser les seuils de tolérance les plus bas dans la détection des PFAS et des pesticides ? Enfin, comment suggérez-vous de lutter contre la pollution de l’air aux PFAS ?”
“Permettez-moi de rappeler les effets particulièrement nocifs pour la santé de ces multiples polluants auxquels la population est exposée : perturbations endocriniennes, cancérogénicité, maladies cardiovasculaires, baisse de la natalité – et encore ne s’agit-il là que de la pollution de l’air. Les PFAS se retrouvent cependant partout : air, alimentation, eau, produits textiles et cosmétiques du quotidien. Ces substances s’accumulent dans l’organisme. Leur présence est attestée dans le sang, le sérum, l’urine et les cheveux. Fin 2023, avec mes collègues d’Occitanie, j’ai adressé au gouvernement une question écrite à la suite de la diffusion d’un e-mail du directeur de l’ARS – agence régionale de santé – Occitanie indiquant que l’eau ne devait plus être consommée et qu’il fallait privilégier l’eau en bouteille.”
“En 2025, Atmo Occitanie, l’observatoire régional de la qualité de l’air, publiait les résultats très inquiétants d’une étude menée en 2023 et 2024. Elle portait sur la détection dans l’air ambiant de 200 molécules chimiques issues de trois grandes familles de polluants : les pesticides, les perturbateurs endocriniens et les PFAS – ces fameux polluants éternels qui ne se dégradent pas dans l’environnement. Sur ces 200 molécules, 107 ont été détectées, dont 10 PFAS. Personne n’est épargné : dans les zones rurales, viticoles, agricoles et dans les deux métropoles de Toulouse et Montpellier, tout le monde est exposé, à des taux élevés, à de multiples polluants. À Toulouse, 6 PFAS ont été détectés ; à Montpellier, 10.”
“Les difficultés financières ont en outre conduit les associations à hybrider leurs ressources en augmentant le montant des cotisations ou en développant une activité marchande, ce qui va également à l’encontre de leur mission de base. Il faut rompre avec le néolibéralisme, inverser la logique – accélérée par Macron depuis dix ans – qui, depuis une quarantaine d’années, préside à tous les budgets en France. Il faut gouverner par les besoins. Lors de la campagne des municipales, nous avons émis bien des propositions en vue de soutenir les associations qui répondent à l’urgence sociale et environnementale, compensant, je le répète, ce que ne fait plus l’État : réengageons ce dernier, augmentons, à tous les niveaux, les dotations aux associations !”
“Le fonctionnement du FDVA n’est pas si heureux ; par rapport à ce que demandent les associations, il n’a pas assez d’argent, d’où une politique de coupes budgétaires néfaste. Souvent, on discrimine en fléchant les fonds vers telle catégorie d’associations ou d’actions, suscitant quelque chose d’artificiel : si l’on demande qu’elles fassent du numérique, les associations vont répondre en ce sens, quitte à s’éloigner des besoins de leurs bénéficiaires. Le fonctionnement de ces recherches de subventions se révèle nébuleux : trouver des informations est difficile et répondre à un appel à projets demande en moyenne 15 heures aux salariés, en plus des 35 heures – et parfois aux bénévoles ! –, pour peu voire pas d’argent à terme. Il en résulte une perte totale du sens de la mission, de l’engagement de ces personnes.”
“» Une telle logique pousse les associations à l’encontre de ce qu’elles défendent – le social, l’entraide, la solidarité plutôt que la compétition, la concurrence, la dévalorisation d’autrui –, car c’est au détriment des autres qu’elles peuvent espérer des financements. Par ailleurs, parce qu’elles compensent ce que ne fait plus l’État, elles deviennent les pansements d’une politique mal faite, qui ne dispense plus les moyens nécessaires. Dès lors, ce qui nous revient, c’est que leur précarité croît avec les coupes budgétaires successives, y compris celles pratiquées par le projet de loi de finances (PLF) pour 2026. La sélection s’opère en fonction des projets déposés : selon quels critères attribuer les subventions à une association plutôt qu’à une autre ?”
“Celui-ci compte par ailleurs 1,4 million d’associations, représentant 20 millions de bénévoles et 11 % de l’emploi privé ; ces associations assurent l’organisation d’activités de loisir, sportives, culturelles, périscolaires, l’accueil des jeunes, mais aussi l’aide aux plus fragiles, la solidarité, la protection des droits, la lutte contre les exclusions. À Montpellier, dans ma circonscription, alors que je disais aux membres d’une association d’éducation populaire de quartier que nous allions débattre ici de la politique associative de l’État, il m’a été répondu : « On est dans une logique marchande qui va valoriser le quantitatif alors que les associations, par définition, ne font pas du quantitatif.”
“Pire, l’approfondissement des politiques néolibérales est à l’origine d’un cercle vicieux : il augmente le nombre de pauvres, donc de personnes ayant besoin des associations, tandis que l’État réduit progressivement les ressources dont ces associations ont elles-mêmes besoin. La France bat chaque année son record en matière de taux de pauvreté : il a atteint 15,4 % en 2023, soit le plus haut niveau constaté depuis le début du chiffrage, en 1996. On peut avancer un total de 11,8 millions de personnes pauvres dans notre pays.”
“Depuis, chaque hiver, renaît l’incertitude concernant la capacité des associations de distribution alimentaire à répondre à des besoins grandissants. Dans la France néolibérale de Macron, cette inquiétude touchant la possibilité d’assurer une action pérenne, voire de se maintenir à long terme, est le lot de quasiment toutes les associations. Le budget qui leur est alloué diminue d’année en année, alors qu’on attend toujours plus d’elles qu’elles relèvent deux défis, qui sont aussi deux contraintes : remplir des missions d’intérêt social, économique, écologique, de solidarité, bref d’intérêt général, et pallier le désengagement de l’État dans ces domaines. Par exemple, Les Restos du cœur viennent en aide aux personnes qui ne peuvent manger à leur faim, un problème que devraient gérer les services publics.”
“En septembre 2023, le président des Restos du cœur nous alertait : « Aujourd’hui, nous ne sommes pas suffisamment solides pour absorber le flux de personnes qui ont besoin d’aide alimentaire ». Il avait alors lancé un appel aux forces politiques et économiques de notre pays pour le lancement d’un plan d’urgence alimentaire. Le budget que Les Restos du cœur consacre aux achats alimentaires a doublé depuis trois ans, ce qui a conduit l’association à réduire le nombre de bénéficiaires, c’est-à-dire à refuser du monde, pour la première fois depuis sa création en 1985. La situation était si inquiétante que le président des Restos du cœur envisageait, en l’absence d’une réaction politique rapide, une fermeture de l’association.”
“Et le Secours populaire ? Et Les Restos du cœur ?”
“Citons aussi, outre le manque de psychologues, le stress lié aux études et aux dispositifs de sélection et de mise en concurrence, tels que Parcoursup et Mon Master, ainsi que la nécessité de travailler parallèlement aux études, qui conduit au surmenage. À Montpellier, lors de la campagne municipale, nous avons proposé la création d’un centre de santé pour les jeunes afin de pallier les manquements de l’État ; ce n’est qu’un pis-aller. Quand recruterez-vous les plus de 6 000 médecins, infirmiers, psychologues scolaires et assistants sociaux nécessaires pour garantir une visite médicale annuelle à chaque enfant ? Quand adopterez-vous un plan national pour la psychiatrie et la pédopsychiatrie ? Quand supprimerez-vous Parcoursup et Mon Master ? Enfin, quand conduirez-vous une politique ambitieuse de construction de logements étudiants ?”
“Les derniers chiffres corroborent ce tableau : 41 % des étudiants souffriraient de troubles dépressifs et 30 % d’entre eux déclarent avoir eu des pensées suicidaires. Chez les élèves du second degré, 14 % des collégiens et 15 % des lycéens présentent un risque important de dépression, tandis que plus de la moitié d’entre eux font part de plaintes hebdomadaires, présentant, entre autres, des difficultés à s’endormir, des signes de nervosité, d’irritabilité, ou encore des maux de dos. La précarité, notamment le mal-logement, est l’une des explications : un jeune sur deux ne mange pas à sa faim, un sur cinq saute des repas.”
“Vous dites ne pas défendre un bilan irréprochable, madame la ministre, et pour cause : la situation sanitaire des étudiantes et des étudiants se dégrade. La santé mentale a beau avoir été désignée grande cause nationale en 2025, avec une myriade de dispositifs déployés à cette occasion – Santé psy étudiant, Mon Soutien psy et autres numéros verts –, les moyens ne sont toujours pas à la hauteur. À Montpellier, par exemple, on ne compte que 25 psychologues conventionnés pour 80 000 étudiants. Dans ces conditions, les délais d’attente sont très longs : il faut au minimum trois mois avant d’obtenir un rendez-vous. Il faut d’autant plus agir d’urgence que les hôpitaux psychiatriques sont surchargés.”
“…pour les séquences électorales qui vont s’ouvrir en 2026 et en 2027. (Mêmes mouvements.) J’en profite pour rappeler qu’il ne reste plus que deux jours pour s’inscrire sur les listes électorales sur internet et quatre jours pour s’inscrire en mairie. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Je conclus sur une célèbre citation de Louise Michel, figure de la Commune de Paris, militante révolutionnaire et féministe du XIX e siècle : « J’ignore où se livrera le combat entre le vieux monde et le nouveau, mais peu importe : j’y serai. » Tôt ou tard, nous y arriverons, aujourd’hui ou un autre jour. Peu importe où aura lieu la bataille entre le vieux monde libéral et le nouveau monde que nous défendons : nous y serons. (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.)”
“…et vous saurez qui est capable de tenir une ligne de rupture ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Après les élections municipales, il y aura des élections sénatoriales, une élection présidentielle et des élections législatives. Autrement dit, ce qui se passe politiquement aujourd’hui clarifie l’offre politique…”
“…regardez qui censure et qui ne censure pas le gouvernement,…”
“…et qu’ils choisissent l’écologie de rupture. Alors que les effets de la crise climatique ne se sont jamais aussi fortement fait sentir, alors que le droit international est remis en question en plusieurs endroits du globe, à commencer par Gaza, où le génocide est toujours en cours, sous nos yeux, alors que l’extrême droite s’organise à l’échelle mondiale, je salue celles et ceux qui refusent que le projet antiproductiviste, anticapitaliste et antiraciste soit associé à la coalition PS-macroniste. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Les premiers signataires étaient au nombre de 50, il y a une semaine ; ils et elles sont désormais plus de 600 à revendiquer le programme, la stratégie et le périmètre politique du Nouveau Front populaire ! À celles et ceux qui nous écoutent : regardez comment votent vos députés à l’Assemblée,…”
“…et le bloc populaire, social, progressiste, écologiste de celles et ceux qui tiennent la ligne de la rupture, nationalement et localement. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) On aura compris que le petit calcul du Parti socialiste, c’est de s’éviter une double campagne, législative et municipale,…”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) C’est bien le Parti socialiste qui s’isole quand il tourne le dos aux engagements et au programme du NFP, pendant que la très grande majorité des députés écologistes et communistes et 100 % des députés Insoumis votent systématiquement les motions de censure ! C’est dans ce contexte politique global qu’auront lieu, dans six semaines, les élections municipales. L’offre politique se clarifie dans le pays : le bloc libéral, l’extrême droite,…”
“C’est encore plus vrai au moment où nous parviennent les images des ratonnades organisées par la police de l’immigration de Trump aux États-Unis : chacun peut mesurer ce que fait un gouvernement qui synthétise le libéralisme et l’extrême droite ; il est de notre devoir de nous y opposer en défendant la rupture avec le système néolibéral. Et si les électrices et les électeurs ont majoritairement voté pour les candidates et les candidats du Nouveau Front populaire en juin 2024, ce n’était pas pour qu’on jette notre programme de rupture à la poubelle aussitôt élus, mais pour qu’on le mette en œuvre durant les semaines, les mois et les années à venir.”
“(Mêmes mouvements.) C’est une bataille permanente, et ça commence par ne céder aucun centimètre quand le gouvernement reprend des mesures du programme du Rassemblement national et même du Front national ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Autrement dit, absolument aucune des vingt mesures du contre-budget présenté par les socialistes en septembre n’a été reprise dans le budget Macron-Lecornu, ni sur les classes populaires, ni sur le plan d’investissement vert, ni sur la mise à contribution des grandes fortunes. Pire, le social-macronisme, c’est le programme du Rassemblement national contre les étrangers (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) , avec la suppression des APL pour les étudiants étrangers extracommunautaires et l’augmentation de 100 euros des titres de séjour. D’ailleurs, puisque ce budget reprend des propositions du Rassemblement national, avec le vote des socialistes, rappelons que le combat contre l’extrême droite, ce n’est pas un slogan le temps d’une campagne législative ou d’une prétendue primaire de la gauche.”
“Le social-macronisme, c’est une violence sociale ciblée contre les plus précaires, avec la suppression de la prime de Noël pour les allocataires sans enfant, le gel de l’aide médicale de l’État (AME) et la non-revalorisation de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) au niveau de l’inflation.”
“Le social-macronisme, c’est le sabotage de la transition écologique, avec des coupes de 700 millions d’euros pour MaPrimeRénov’ et de 300 millions pour le fonds Vert, qui avait déjà été divisé par deux dans le budget précédent. Le social-macronisme, c’est l’abandon des territoires les plus fragiles, avec 1,5 milliard d’euros de coupes pour l’outre-mer et une baisse de 3 % du budget de l’agriculture par rapport à 2025.”
“À quelques semaines des municipales, le gouvernement organise l’impuissance des mairies, y compris des mairies socialistes.”
“Finalement, elle rapportera cinq fois moins car elle ne s’attaque pas à l’évasion fiscale. La taxe sur les Gafam ? Abandonnée, du fait des pressions états-uniennes. Le social-macronisme, c’est, avec ce nouveau budget, 35 milliards d’euros de coupes dans les services publics et les collectivités, ce qui représente 650 euros par citoyen en taxes indirectes, en renoncements, en services dégradés. Ce budget organise l’appauvrissement général alors même que la pauvreté en France a atteint un niveau jamais vu. La France, septième puissance économique au monde, compte aujourd’hui plus de 10 millions de pauvres. Le social-macronisme, c’est le démantèlement méthodique des services publics, avec la suppression de plus de 4 000 postes d’enseignants, de 515 postes à France Travail, de 2 milliards d’euros aux collectivités.”
“(Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Par ailleurs, le mardi est le jour où les députés sont le plus présents à l’Assemblée parce que c’est celui des réunions de groupe et des questions au gouvernement. Il y avait donc davantage de risques pour la social-macronie que, comme lors des précédentes motions, des députés soient convaincus de soutenir celle-ci ou donnent leur délégation de vote à des députés insoumis, communistes ou écologistes présents ce jour-là. (Mêmes mouvements.) Voilà le type de petites manœuvres auxquelles se raccroche le gouvernement pour tenir tant bien que mal ! Rappelons aussi que, sur ce budget, le gouvernement n’a tenu aucun de ses engagements. La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, qui devait rapporter 2 milliards d’euros ?”
“Qu’elle est longue, la fin de règne de la Macronie, quand tout le monde sait, vous compris, que vous ne tenez qu’à un petit fil d’arrangements de couloirs (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) , puisque le Parti socialiste s’est porté volontaire pour vous accompagner dans votre lente agonie politique. On se rappellera que c’est à cause du groupe socialiste que la motion de censure est examinée ce lundi à 17 heures (Mêmes mouvements) et non pas demain, mardi, qui était pourtant le jour prévu à l’origine pour le vote du budget. Pourquoi ce choix ? Parce qu’il est plus difficile pour les députés de région et pour les députés ultramarins, qui ont voté très majoritairement les deux premières censures, y compris pour ceux du groupe socialiste, d’être présents le lundi.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Jean-François Rousset s’exclame.) Fini le temps des promesses de dialogue et de compromis ! Promesses qui n’ont berné que ceux qui avaient envie d’être bernés… D’ailleurs, en janvier, le gouvernement ne tenait plus qu’à 32 voix. Vous avez échappé à la censure à 22 voix près la dernière fois, à 19 voix près la précédente.”
“…trente-et-unième coup de force gouvernemental. Mais elle est surtout longue pour vous, mesdames et messieurs les derniers ministres macronistes, qui vous épuisez à déployer l’énergie du désespoir pour avancer contre le courant de l’histoire. Elle est longue pour vous, monsieur Lecornu, contraint de vous désavouer en ayant recours au 49.3, que vous aviez juré de ne jamais utiliser ! Un 49.3 annoncé du bout des lèvres, depuis le banc des ministres, dans un hémicycle vide. À force de mépriser le Parlement, même votre camp est usé par l’autoritarisme dont vous abusez… Cette motion de censure est une nécessité démocratique pour le pays – rappelons que 73 % des Françaises et des Français sont opposés à ce budget. Il est imposé sans majorité parlementaire, rejeté par le pays, et il porte une austérité brutale et idéologique.”
“Qu’elle est longue, la fin de règne de la Macronie ! Elle est longue pour le peuple, car plus personne dans le pays ne soutient la politique de ce gouvernement. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Elle est longue pour nous, parlementaires, qui avons à subir le trente et unième 49.3,…”
“Depuis dix ans, la France a laissé la situation empirer. Des centaines de milliers de personnes ont manifesté à Gabès après la grève générale décrétée par l’Union générale tunisienne du travail. Ces manifestants pacifiques ont été violemment réprimés, comme chaque mouvement de protestation citoyen, politique ou syndical l’est en Tunisie. Avec mon groupe La France insoumise, nous disons notre solidarité avec le peuple tunisien et les victimes de la répression du régime autoritaire de Kaïs Saïed. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Monsieur le ministre des affaires étrangères, pourquoi la France ferme-t-elle les yeux sur l’implication du groupe Roullier à Gabès ? Allez-vous agir pour que la France cesse d’être complice de l’intoxication des sols, des eaux et des habitants en Tunisie ?”
“En France, par un groupe industriel français en particulier, le groupe Roullier, dont la filiale Phosphea est implantée sur le site de Gabès. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Or les autorités françaises n’ignorent pas le coût sanitaire et environnemental de ces importations depuis Gabès. En juillet 2017, l’ambassadeur de France en Tunisie a en effet annoncé un soutien au projet de dépollution du golfe de Gabès. Notons au passage que l’ancien ministre des pesticides, Marc Fesneau, a accueilli dans son cabinet l’ancien directeur général de la stratégie de Roullier.”
“À Gabès, en Tunisie, la population étouffe et la France est complice. Depuis septembre, l’hôpital de Gabès voit exploser le nombre de patients pris en charge pour intoxication au gaz. Au moins 310 personnes ont été hospitalisées pour des difficultés à respirer, dont une cinquantaine de lycéens et une trentaine de collégiens. Ces intoxications sont causées par le Groupe chimique tunisien, spécialisé dans la transformation du phosphate, qui rejette des gaz toxiques dans l’atmosphère et entre 10 000 et 15 000 tonnes de déchets chaque jour dans la mer. La transformation du phosphate permet de produire plusieurs engrais, notamment le DAP 18-46. Où sont exportés ces engrais aux conditions de production désastreuses ?”
“Je vous remercie pour ces éléments de contexte. Dans les faits, trop peu de centres accueillent les patientes, alors même que la demande ne cesse d’augmenter : les femmes se saisissent légitimement du droit qui leur a été ouvert. C’est pourquoi la situation appelle une réponse urgente.”
“Certains centres ne réalisent qu’une seule ponction pour pouvoir recevoir davantage de personnes, alors que d’autres en font plusieurs pour collecter un plus grand nombre d’ovocytes. Il est donc nécessaire d’assurer une harmonisation et une égalité des pratiques à l’échelle nationale. Que compte faire le gouvernement pour assurer enfin l’accès à l’autoconservation d’ovocytes qui n’est, pour le moment, rien d’autre qu’une promesse ? Des centaines, des milliers de femmes attendent des investissements et des recrutements. Quand auront-ils lieu ?”
“Par conséquent, certaines femmes renoncent à la congélation d’ovocytes en France et partent à l’étranger, notamment en Espagne, où la prise en charge est plus rapide, mais plus coûteuse : c’est une rupture d’égalité flagrante, face à laquelle il est nécessaire d’investir massivement dans les recrutements, les formations spécialisées de médecins, de biologistes, de sages-femmes, de psychologues et de techniciens, mais aussi dans des locaux de conservation. Par ailleurs, quand des patientes d’autres régions, notamment de région parisienne où les centres sont saturés, tentent d’obtenir un rendez-vous, certains centres de province sont contraints d’établir des priorités, par bassin d’habitation ou par âge.”
“En 2023, l’Agence de la biomédecine recensait plus de 20 000 demandes d’autoconservation ovocytaire, pour seulement 4 000 prises en charge. Le CHU de Montpellier a enregistré une augmentation de 150 % d’activité en 2023 par rapport à 2022, de 45 % en 2024 par rapport à 2023, et une augmentation du nombre de ponctions de 65 % entre 2021 et 2024. En 2024, le délai d’attente moyen était de quatorze mois sur le territoire national. Dans un grand nombre d’établissements, il est même de deux ans. Or le principe de ce dispositif est celui d’une course contre la montre biologique.”
“Mais l’offre, elle, est restée constante : à peine un peu plus d’une quarantaine de centres permettent la préservation d’ovocytes sans motif médical en France. J’ai auditionné à ce sujet l’association de patientes BAMP, l’équipe médicale du centre hospitalier universitaire (CHU) de Montpellier, l’agence régionale de santé d’Occitanie et l’Agence de la biomédecine. Le constat est unanime : la demande n’a pas du tout été anticipée ; elle a même été sous-estimée. Face à la multiplication des demandes et au manque de moyens alloués, les listes d’attente s’allongent chaque année et les équipes, qui portent à bout de bras la possibilité pour les femmes de congeler leurs ovocytes, ne sont pas toujours en mesure de proposer un rendez-vous avant le trente-septième anniversaire de la patiente.”
“La loi de bioéthique de 2021 a ouvert aux femmes âgées de 29 à 37 ans la possibilité de congeler leurs ovocytes sans motif médical. Elles peuvent ensuite choisir d’utiliser leurs ovocytes congelés jusqu’à leur quarante-cinquième anniversaire dans le cadre d’une procréation médicalement assistée. Mais alors que la loi de bioéthique devait être une nouvelle étape pour garantir le droit pour toutes les femmes d’avoir un enfant quand elles le veulent et si elles le veulent, l’égalité d’accès à l’autoconservation ovocytaire n’est pas garantie dans les faits. Depuis 2021, des femmes seules, des femmes en couple avec une femme et des femmes en couple avec un homme ont entamé des démarches pour congeler leurs ovocytes, comme la loi le leur permet.”
“Pour ma part, je préfère attendre la réponse de la ministre compétente.”
“Sur les dix, notre groupe n’en a déposé aucun !”
“Le meilleur moyen d’atteindre nos objectifs climatiques n’est pas de séquestrer le carbone, mais de ne plus en produire. Le groupe La France insoumise votera donc contre ce texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Nous nous apprêtons donc à voter un texte s’appuyant sur la prétendue nécessité de construire des infrastructures de transport alors que les études qui devront être réalisées ne l’ont pas encore été et qu’elles seront, vraisemblablement, confiées aux entreprises exploitantes – dont l’intérêt à ce que ce stockage de CO 2 soit possible est évident. Les risques de fuites lors du transport par canalisation sont réels, et leurs conséquences potentiellement tout aussi dangereuses que celles des fuites de dioxyde de carbone déjà stocké. L’étude d’impact, qui ne fait pourtant que survoler le sujet, pointe des risques de dysfonctionnement. La croyance aveugle dans le progrès technique sans remise en cause du mode de production à l’échelle mondiale est un chemin irrationnel et dangereux.”
“Sans blague, justement ! Dans les sites de stockage norvégiens, le gaz a déjà failli être rejeté à la surface. L’océan ne retiendra pas éternellement le carbone, qui finira par s’échapper : exit les objectifs écologiques. Venons-en à l’amendement relatif au transport du gaz, il faut relever que ce transport n’est lui-même pas plus sûr. Le transport transfrontalier de dioxyde de carbone nécessitera la création d’infrastructures : canalisations, terminaux d’import-export de dioxyde de carbone, etc. Or, selon l’étude d’impact du projet de loi, les exploitants de ces canalisations devront mener, au préalable, de nouvelles études techniques destinées à vérifier leur fiabilité.”
“Vous parliez d’agences scientifiques, en voici une ! Cette étude, donc, a démontré que le stockage sous-marin de CO 2 comportait de nombreux risques.”
“…et continuer à polluer. Car cette technique de séquestration géologique du carbone, pour exister, n’en reste pas moins balbutiante. Selon l’Agence internationale de l’énergie, il existait dans le monde, en 2021, environ trente-cinq installations commerciales employant cette technologie, la plupart aux États-Unis, pour une capacité totale de capture de 44 millions de tonnes de CO 2 , une goutte d’eau en comparaison du total annuel des émissions mondiales de gaz à effet de serre, qui s’élève à 53 milliards de tonnes de CO 2 . La technique elle-même est au demeurant tout sauf sûre. Une étude de l’Institute for Energy Economics and Financial Analysis…”
“Cela impliquerait cependant de porter un coup fatal au productivisme dont le capital a bien besoin : la Macronie nous propose donc une nouvelle solution illusoire qu’elle prétend être à même de nous permettre d’atteindre nos objectifs climatiques, tout en laissant les industriels poursuivre leur business as usual …”
“Le changement climatique s’accélère, au point que certains scénarios du Giec prévoient une hausse de la température moyenne de la planète pouvant aller jusqu’à 5 degrés Celsius d’ici à 2100. Les conditions mêmes de la vie sur Terre sont désormais menacées. Alors que Trump et l’internationale réactionnaire reviennent sur tous leurs engagements en faveur du climat, pour plonger dans un productivisme forcené, l’urgence requiert de changer totalement et radicalement nos modes de production et de consommation d’énergie, afin d’enclencher la bifurcation écologique et d’aller vers la sobriété. L’urgence est de recentrer notre économie autour des besoins, afin d’abaisser drastiquement nos émissions de CO 2 .”