Emmanuel Fernandes
LFI-NFP · France
“Vous avez déjà laissé faire à Gaza, en Iran, au Liban comme au Venezuela, et vous continuez avec Cuba. Vous avez oublié l’aide que nous ont apportée les médecins cubains pendant la pandémie pour soigner nos compatriotes. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe GDR. – M.”
“Au milieu du XIX e siècle, le président Franklin Pierce voulait déjà annexer Cuba et l’île vit sous embargo états-unien depuis soixante ans. « Le but est de provoquer la faim, le désespoir et le renversement du gouvernement. » Ce ne sont pas mes mots, mais ceux d’un diplomate de l’administration Eisenhower.”
“Les gens ont le ventre vide et les enfants ne peuvent même plus aller à l’école. Selon l’Unesco, cette situation met en péril l’avenir de toute une génération. Le tourisme s’est effondré, les paiements sont empêchés, l’exportation de matières premières est bloquée. Pendant ce temps, un porte-avions états-unien se rapproche de l’île.”
“Demain, la France sera à nouveau non alignée. Elle ne signera pas, sur ordre de Trump, l’augmentation de sa contribution militaire à l’Alliance transatlantique. Demain, la France quittera enfin l’Otan, en commençant par son commandement intégré.”
“Quand Trump et son allié Netanyahou ont décidé de bombarder l’Iran et d’envahir militairement le Liban, vous n’avez rien fait. Et quand Trump a décidé de priver le peuple cubain de pétrole, vous n’avez rien fait non plus.”
“Je tiens, pour commencer, à saluer les représentants de l’ambassade de Cuba en France présents ce soir dans les tribunes. (Les députés des groupes LFI-NFP et GDR, plusieurs députés du groupe SOC et M.”
The complete record
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“J’aimerais, sur le fondement de l’article 100 relatif à la bonne tenue des débats, corriger une fake news énoncée par Mme Klinkert… (Protestations.)”
“Eh bien, méfiez-vous des sondages car, lorsqu’il s’agit de se rendre aux urnes, les citoyens ne répondent plus à un sondage – ils déposent un bulletin qui correspond à leur volonté réelle et à l’intérêt général. Le résultat peut être très différent de ce que vous, vous projetez ou souhaitez ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Je souhaite apporter mon soutien à cet amendement et partager la lecture rétrospective que je faisais ce matin d’un article du Monde daté du 7 avril 2013, au sujet du référendum sur la fusion des départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin et de la région Alsace, référendum qui, je le rappelle, a échoué. On y lit que « le oui partait pourtant favori. Un sondage publié début mars donnait près de trois-quarts de oui pour un quart de non. » Ce sont à peu près les proportions que vous avancez pour affirmer que les sondages montrent un « désir d’Alsace », qui porterait la majorité des Alsaciennes et des Alsaciens à vouloir sortir du Grand Est.”
“Quid de la capitale départementale du Haut-Rhin ?”
“Qu’est-ce que vous en savez, vous êtes extralucide ?”
“Vous auriez dû accepter des défenses d’amendements plus courtes pour abréger nos souffrances – et surtout les vôtres – puisque ce texte est désormais caduc. Cessez de vous ridiculiser, et de nous ridiculiser par la même occasion. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Vous connaissez le résultat : près de 56 % des Haut-Rhinois ont répondu non à la fusion. Cessez donc avec vos sondages et vos études dont, comme Thierry Sother, je remets en cause la véracité ! Le seul moment où le peuple haut-rhinois a été consulté – où il s’est rendu aux urnes –, il a dit non à la fusion des départements. Si vous aimez tant les sondages, commandez-en un dans le Haut-Rhin pour demander à ses habitants s’ils souhaitent retrouver leur département du Haut-Rhin avec Colmar pour chef-lieu. Je prends le pari que la réponse sera positive. Cessez de vous présenter comme les seuls porte-parole du « désir d’Alsace » ; vous n’êtes porteurs de rien du tout et vous nous faites passer une bien mauvaise soirée.”
“Mon intervention sera rapide, puisqu’il est 23 h 37. Nous sommes toujours le 7 avril et, il y a treize ans jour pour jour, le 7 avril 2013, un référendum – pas un sondage – était organisé au sein de la région Alsace au sujet de la fusion des départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin et de l’articulation avec les compétences régionales. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Louise Morel applaudit également.)”
“Je sais, Sandra, que tu as déposé cet amendement en toute sincérité et que, toi aussi, comme moi et comme bon nombre d’entre nous, tu subis ce texte. À l’heure où le prix des carburants explose, où il est de plus en plus difficile de se nourrir, l’Assemblée s’occupe donc avec des débats de ce type. Je précise cependant que nous devons ce texte à certaines Alsaciennes et à certains Alsaciens, avides de pouvoirs locaux et qui souhaitent donc les cumuler. Que ceux qui nous regardent le sachent : tous les députés alsaciens ne l’ont pas voulu. Pour ma part, je décline toute responsabilité dans la tenue de ce débat totalement lunaire. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – M. Dominique Potier applaudit également.)”
“Je me joins aux deux orateurs précédents. À quoi bon poursuivre cette discussion ? J’en viens néanmoins au texte – car, aussi absurdes certaines interventions soient-elles, nous examinons bien une proposition de loi. Je soutiens l’amendement de ma collègue bas-rhinoise Sandra Regol. Elle propose de renommer « Alsace » la collectivité qui correspond au territoire de l’Alsace. Je tiens à le répéter à l’attention de ceux qui suivent nos débats ce soir : oui, à 22 h55, l’Assemblée nationale est bien en train de discuter de la légitimité d’un amendement qui prévoit de nommer l’Alsace « l’Alsace » ! (M. Pierre Pribetich rit.)”
“Prenez garde, collègues, à ne pas donner l’impression que vous formez une ligue de baronnes et de barons locaux, avides de cumuler encore plus de pouvoir. C’est le sentiment que peuvent avoir les collègues de Champagne-Ardenne et de Lorraine, et je les comprends, car la morgue, y compris dans la manière de débattre, est très mal vécue par celles et ceux qui nous écoutent. L’Alsace, ce n’est pas cela. L’Alsace est accueillante, l’Alsace est ouverte, l’Alsace est humaniste. Et pas humaniste « rhénane », madame Buffet : elle est humaniste tout court. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) À celles et ceux qui nous écoutent, je tiens à dire que l’Alsace n’est pas égoïste, elle est républicaine, et ne pensez pas que les Alsaciennes et les Alsaciens soient tous comme les promoteurs de ce texte.”
“Évidemment, mon groupe s’opposera à l’amendement du gouvernement et aux sous-amendements, puisqu’ils valident le fond du texte auquel nous nous opposons. Je suis stupéfait de la teneur de nos débats ce soir. Bien des personnes qui nous regardent ne doivent pas comprendre ce qui se passe. À l’heure où le prix des carburants explose, où, en raison de l’inflation, il est plus difficile pour beaucoup de remplir le frigo et de nourrir les enfants, nous discutons de l’urgence, pour l’Alsace, de récupérer des compétences régionales comme la gestion des lycées ou des transports. Je rejoins notre collègue Louise Morel, députée du Bas-Rhin, qui s’interroge sur l’étrange coïncidence qui veut que les défenseurs de ce texte siègent à la fois dans notre assemblée et au sein de la collectivité européenne d’Alsace.”
“Cette tendance constitue en effet un enjeu sérieux pour l’unité et pour l’indivisibilité républicaines. Enfin, derrière les discours sur la simplification administrative, les réformes successives ont surtout eu pour effet d’éloigner les centres de décision des habitants, d’affaiblir les niveaux de proximité que sont les communes et les départements et de renforcer les ensembles déjà les plus favorisés au détriment des autres. Plutôt que d’organiser des exceptions, il serait plus utile de donner à chaque collectivité les moyens d’exercer pleinement ses missions dans un cadre commun, garant de l’égalité entre citoyens. C’est pourquoi nous appelons par notre amendement à la suppression de l’article 2. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Une telle évolution serait décidée sans consultation des habitants ni des agents concernés, alors même qu’un projet comparable a été rejeté par référendum il y a tout juste treize ans, le 7 avril 2013. Nous, au groupe LFI-NFP, contestons cette logique qui consiste à adapter l’organisation territoriale au cas par cas. Multiplier les statuts dérogatoires revient à fragiliser le cadre commun et à remettre en cause l’existence même de certains échelons, en particulier celui des départements. Les défauts de la réforme des grandes régions ne doivent pas être corrigés par une déstructuration supplémentaire de l’organisation territoriale. Recomposer les institutions locales en fonction d’intérêts spécifiques risque d’accentuer les inégalités territoriales et de nuire à la cohésion nationale.”
“Cet amendement de suppression traduit clairement notre rejet de cette proposition de loi. Depuis le passage du texte en commission, il est désormais assumé que le dispositif proposé vise uniquement le cas de l’Alsace. La collectivité européenne d’Alsace, créée en 2021 par la fusion du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, exerce déjà les compétences départementales ainsi que certaines attributions spécifiques tout en restant intégrée à la région Grand Est. Cette situation unique en France sert ici de point d’appui pour aller plus loin, puisque le texte vise à franchir une étape supplémentaire en transformant cette collectivité en entité à statut particulier cumulant les compétences des départements et de la région en se détachant du Grand Est.”
“Ni les crêtes vosgiennes ni le lit du Rhin ne peuvent être déplacés, pas plus que ne peut être effacée la mémoire de celles et de ceux qui sont tombés pour que l’Alsace demeure une terre de République. Pour toutes ces raisons, nous nous opposerons à cette proposition de loi. (Mme Karen Erodi et Mme Sylvie Ferrer applaudissent.)”
“Raphaël Schellenberger s’exclame.) L’Alsace a pleinement sa place dans la République : ni à part, ni au-dessus, ni au-dessous, mais en son sein, avec ses spécificités. Si une réforme de la carte régionale doit être engagée, elle doit l’être de manière claire, cohérente et équitable sur l’ensemble du territoire, au service de l’intérêt général. À présent, je tiens à m’adresser directement aux Alsaciennes et aux Alsaciens : ne vous laissez pas berner ! On instrumentalise un sentiment d’appartenance que nous partageons tous, en tant qu’Alsaciens. Cependant, être Alsacien ne dépend pas d’un découpage administratif. Cet attachement n’a pas disparu en 2016 et il ne disparaîtra jamais.”
“Or le bilan de la collectivité européenne d’Alsace est tout sauf convaincant : des centaines d’enfants en danger attendent encore une prise en charge au titre de l’aide sociale à l’enfance ; le dispositif Territoires zéro chômeur de longue durée n’est pas soutenu ; des services essentiels, comme le transport scolaire des enfants en situation de handicap, sont remis en cause ; les budgets pour la culture et le patrimoine sont réduits, alors que les besoins augmentent. Dans le même temps, la logique de gestion prime sur l’intérêt général, avec une approche comptable qui relègue les besoins humains au second plan. Voilà pourquoi nous refusons de confier davantage de responsabilités à ceux qui envisagent l’action publique comme la gestion d’une entreprise, au détriment du service public et de la solidarité. (M.”
“À Saint-Louis, à Altkirch et à Lauw – village où j’ai grandi –, nombreux sont ceux qui vous diront que Strasbourg, comme centre de décision, est trop éloignée. Oui, à La France insoumise, nous croyons aux départements et nous rétablirons le Haut-Rhin et le Bas-Rhin ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Brigitte Klinkert et M. Didier Lemaire s’exclament.) En réalité, la présente proposition de loi, mal pensée et bâclée, ne vise pas à mieux servir la population, mais à concentrer davantage de pouvoirs.”
“Les Alsaciennes et les Alsaciens, eux, n’ont pas la mémoire courte. Si vous demandez aux habitants du Haut-Rhin s’ils souhaitent revenir dans le département dont le chef-lieu était Colmar, beaucoup vous répondront : oui ! Le Sundgau, ce n’est pas l’Alsace bossue.”
“Celles et ceux qui comptent désormais sur lui devraient se demander pourquoi il n’a pas agi lorsqu’il était premier ministre ; sans doute était-il trop occupé à mener les politiques macronistes qui, en Alsace comme ailleurs, affaiblissent les services publics, détruisent le secteur de la santé et aboutissent à des suppressions d’emplois et à des fermetures d’usines. C’est le bilan de Gabriel Attal en Alsace et partout ailleurs !”
“Je regrette que cette réalité soit aujourd’hui instrumentalisée au service d’intérêts particuliers. Il semble que M. Attal se soit soudainement découvert une passion pour l’Alsace.”
“Je le dis en tant qu’Alsacien : l’Alsace ne se résume pas à un découpage administratif. Elle est une histoire, une culture, un patrimoine. Défendre l’Alsace, c’est avant tout défendre ses habitantes et ses habitants ; c’est garantir l’accès à l’eau potable, en s’opposant à l’enfouissement de déchets toxiques sur le site de Stocamine ; c’est se battre pour obtenir la reconnaissance et l’indemnisation des orphelins des « malgré-nous ». Madame Klinkert et messieurs Sitzenstuhl, Schellenberger et Hetzel, pourquoi n’avez-vous toujours pas cosigné ma proposition de loi transpartisane en ce sens ? (Mme Karen Erodi et Mme Sylvie Ferrer applaudissent.) Enfin, défendre l’Alsace, c’est se battre pour préserver les emplois et les services publics dans ce territoire.”
“La collectivité européenne d’Alsace constitue d’ailleurs, dès l’origine, une construction contestable, issue de la fusion du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, réalisée en dépit du rejet de cette fusion exprimé par les citoyens lors du référendum du 7 avril 2013 – c’était il y a treize ans, jour pour jour. De plus, l’argument économique avancé par le texte ne tient pas. On prétend faire des économies en supprimant un échelon mais, dans les faits, on créerait une nouvelle organisation dans laquelle deux collectivités exerceraient des compétences similaires : d’un côté, une entité correspondant au périmètre alsacien ; de l’autre, la région Grand Est maintenue sur le reste du territoire. Les gains sont donc plus qu’incertains ; il est même probable que cette réforme engendrerait des surcoûts et davantage de complexité administrative.”
“Je le dis sans détour au nom du groupe La France insoumise : ce texte est profondément problématique et la méthode qui y a présidé est totalement inconséquente. Certes, dans mon groupe, nous ne sommes pas favorables aux grandes régions créées en 2015, que nous considérons trop éloignées des citoyennes et des citoyens. Mais revoir la carte administrative du pays, ainsi que la répartition des compétences entre collectivités, ne peut se faire de manière improvisée, morcelée, ni sous l’influence de particularismes locaux ou de rivalités de pouvoir. Une organisation territoriale solide repose sur la cohérence et la poursuite de l’intérêt général, non sur l’accumulation de dérogations. Or c’est précisément l’inverse qui nous est proposé.”
“Loin de simplifier le millefeuille territorial, elle accentuerait encore les déséquilibres, renforçant un ensemble administratif plus favorisé et marginalisant les autres, au détriment de la solidarité nationale. Enfin, ce texte ne prévoit rien en ce qui concerne le devenir de la région Grand Est. Quelle légèreté, alors que la sortie de l’Alsace de la collectivité aurait un impact immense sur celle-ci ! Chers collègues, c’est un député alsacien qui vous parle. L’Alsace n’est pas un simple périmètre administratif : c’est une histoire, une culture, un patrimoine. Défendre l’Alsace, c’est défendre concrètement les Alsaciennes et les Alsaciens, ce que ne font pas ceux qui soutiennent ce texte. Nous appelons à son rejet ! (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.)”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP ainsi que sur quelques bancs du groupe EcoS.) La République est une et indivisible, elle doit garantir l’égal accès de toutes et de tous, sur l’ensemble du territoire national, à une administration cohérente et lisible. Ainsi, la décentralisation doit être pensée à l’échelle nationale, ce qui suppose de s’appuyer sur les communes et les départements, seuls échelons à taille humaine malgré les réformes qui les ont affaiblis. (Mêmes mouvements.) Or la proposition de loi prend le chemin inverse. Elle réintroduit le conseiller territorial qui cumule les compétences départementales et régionales, au risque d’affaiblir la représentation des citoyennes et des citoyens.”
“Dès sa conception, cette proposition de loi cumulait les risques d’inconstitutionnalité, avant d’être réécrite en catastrophe par le rapporteur. Tout cela dénote un amateurisme assez stupéfiant de la part des auteurs. Avec mon groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire, nous nous opposons à la multiplication des collectivités à statut particulier, comme la collectivité unique fusionnant départements et région envisagée ici. La réforme des grandes régions était une erreur, imposée aux élus comme aux citoyens, mais elle ne doit pas servir de prétexte à une décentralisation à géométrie variable qui reviendrait à un empilement de particularismes.”
“D’ailleurs, vous ne faites rien, là non plus, contre ces dérèglements climatiques, dont les conséquences se font déjà sentir et s’intensifieront encore dans les années à venir. Il s’agit là d’un enjeu majeur, sans doute l’enjeu le plus essentiel et le plus vital pour les générations présentes et à venir. Pour répondre à ces besoins essentiels et urgents, qu’il s’agisse du consentement, des relations internationales et de la défense, du climat ou d’autres enjeux majeurs, il n’existe pas de solution miracle : il est indispensable d’y consacrer les moyens nécessaires. Or, je l’ai dit, les gouvernements successifs d’Emmanuel Macron et vous avez fait tout le contraire depuis 2017. Vous refusez d’accorder à l’éducation nationale – je le dis en présence du ministre – les budgets nécessaires à son bon fonctionnement.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Avant même de chercher à renforcer les enseignements visés par votre proposition de loi, il conviendrait donc d’œuvrer collectivement pour que les programmes existants puissent être dispensés par les enseignantes et les enseignants. L’école de demain devrait aussi intégrer pleinement des enseignements consacrés, par exemple, à la lutte contre les dérèglements climatiques, à leurs conséquences et à l’adaptation à ces conséquences.”
“En effet, elle était favorable à ce que cet enseignement soit dispensé par des professeurs. Puisque nous parlons des moyens alloués à l’éducation nationale, j’en profite pour rappeler tous les autres besoins de l’école ; l’État doit lui accorder les ressources nécessaires pour y faire face. Il est prévu, par exemple, que soit dispensée dans le second degré l’éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité. Pourtant, ces thématiques sont trop souvent reléguées au second plan. Faute de temps, des enseignants déjà surchargés peinent à les aborder, ce qui révèle un manque criant de moyens. Cette carence de l’État a d’ailleurs été reconnue par le tribunal administratif de Paris, dans un jugement rendu en 2023.”
“D’autre part, s’agissant des correspondants de défense, sans préjuger de leur engagement ou de leurs compétences, il faut rappeler un principe fondamental : l’enseignement scolaire est, et doit rester, la mission des professeurs. Enseigner est un métier. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Mon collègue Louis Boyard l’a évoqué tout à l’heure en prenant l’exemple de Fontenay-sous-Bois : entrer dans une salle de classe, construire un cours, le transmettre efficacement à des élèves, tout cela exige une formation et doit être justement rémunéré. Au fond, votre proposition de loi touche à un sujet important. Si l’on peut estimer utile de renforcer l’enseignement civique, notamment sur les questions de défense nationale et de relations internationales, il n’y a pas de solution miracle : il faut des moyens (M.”
“Vous demandez donc à l’éducation nationale de faire plus avec moins. Face à cette contradiction, vous proposez une alternative : faire intervenir des réservistes des armées ou des correspondants de défense. Mais, là encore, cela pose problème. D’une part, les réservistes ne sont pas des bénévoles ; leur intervention a, elle aussi, un coût.”
“Les auteurs de la proposition de loi étaient pourtant sur la bonne piste, puisqu’ils indiquent dans l’exposé des motifs que pour environ 1 million d’élèves de seconde, soit près de 33 000 classes, un module annuel de trente-cinq séances représenterait environ 670 000 heures d’enseignement. Cela correspond concrètement à l’embauche d’environ 1 000 enseignants supplémentaires. Or, dans le même temps, vous avez acté dans le budget pour 2026 la suppression de 4 032 postes d’enseignant, dont 1 803 dans les collèges et lycées. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Selon le syndicat d’enseignants Snes-FSU, depuis la rentrée 2017, 8 865 postes d’enseignant du second degré ont été supprimés. C’est le résultat direct des politiques austéritaires des gouvernements macronistes successifs.”
“Ministre, rapporteur, collègues, mon collègue Louis Boyard a déjà longuement expliqué la position du groupe Insoumis sur ce texte, mais je souhaite apporter quelques compléments. Rappelons qu’il existe déjà un enseignement obligatoire portant sur les questions de défense nationale depuis juin 2000, intégré au programme du second degré. Cette proposition de loi tend simplement à compléter ce dispositif en instaurant un référentiel de compétences à acquérir par les élèves. Mais le problème n’est pas l’absence de référentiel ; le problème est que cet enseignement est en réalité peu dispensé. La vraie question est donc simple : pourquoi cet enseignement n’est-il pas assuré partout ? Surtout, pourquoi ce texte ne répond-il pas à cette question ?”
“Madame la présidente, ministre, rapporteur, collègues…”
“Monsieur le ministre, quand le gouvernement réformera-t-il radicalement ce système pour qu’aucun jeune ne cesse ses études faute de moyens ? Un pays qui abandonne ses étudiants est un pays qui abandonne son avenir.”
“Le système actuel ne fonctionne pas : lourdeurs administratives, court-termisme budgétaire et absence de vision politique laissent des jeunes sans ressources pendant des mois. Cette double difficulté à se loger et à se nourrir alimente le désespoir : le nombre d’étudiants ayant pensé au suicide a été multiplié par trois depuis 2020. Tel est le résultat de la politique macroniste. Pourtant, des solutions existent. La France insoumise propose un revenu étudiant universel, qui dépasserait le seuil de pauvreté, versé dès 18 ans sans conditions de ressources parentales, garantissant l’autonomie financière. Finis la bureaucratie, les inégalités de soutien familial et les seuils dépassés de quelques euros qui brisent des avenirs. Les études doivent rester un levier d’émancipation garanti par la République.”
“Par ailleurs, les syndicats alertent aussi sur les retards administratifs : en 2024, près du tiers des étudiants strasbourgeois – pour prendre l’exemple de ma circonscription – ont subi des retards de versement de plus de deux mois, les contraignant à cumuler emplois précaires et dettes pour payer loyer et nourriture. Cette situation existe à la même ampleur au niveau national. Un étudiant devrait étudier, et non survivre. Or comment étudier sereinement avec la peur de perdre son logement ou le ventre vide ? S’ajoutent des effets de seuil absurdes : à l’université de Strasbourg, un étudiant a perdu sa bourse pour 100 euros de revenus parentaux en trop et dû renoncer à ses projets d’études. La flambée des loyers des petits logements, liée à la spéculation et au manque d’encadrement, aggrave encore la situation.”
“Aujourd’hui, à Strasbourg comme ailleurs, des milliers d’étudiants survivent dans la précarité, notamment en raison d’un système de bourses défaillant : c’est moins une question de moyens pour l’État – des recettes sont possibles, nous l’avons prouvé lors de l’examen du budget – que de volonté politique envers notre jeunesse. Les faits sont accablants : un étudiant sur cinq déclare d’importantes difficultés financières et a déjà eu recours à une aide alimentaire, quand 36 % d’entre eux sautent des repas régulièrement, selon un baromètre récent de l’association Cop1.”
“Il n’a rien à répondre, là, M. le ministre !”
“Personne n’a dit ça ! Arrêtez de faire du Donald Trump !”
“Alors respectez les résultats des élections ! Faites passer le message au président de la République !”
“Nous défendons la création d’un pôle public du transport et la renationalisation de la SNCF afin de développer le réseau sur l’ensemble du territoire. Si nous partageons l’urgence d’agir face à une pollution responsable de 40 000 décès par an, nous estimons que la ZFE est un dispositif injuste et inefficace. Alors, monsieur le ministre, êtes-vous prêt à une bifurcation totale et à la massification des transports en commun ?”
“De plus, les critères imposés dans les ZFE ignorent la masse et la puissance des véhicules, ce qui favorise les modèles les plus lourds, sources d’autres pollutions, par les freins et par les pneus par exemple. L’argent public consacré à l’aide à l’achat d’une automobile aurait été plus efficace s’il avait été investi dans des alternatives en matière de transport collectif. La pollution étant un problème systémique et multifactoriel, nous défendons une bifurcation écologique fondée sur une refonte complète des politiques de mobilité et d’énergie, plutôt que le maintien des ZFE. Nous proposons un investissement massif dans les transports en commun et nous voulons tendre vers leur gratuité dans les métropoles.”
“À Paris, Airparif a montré que sur les 42 % de baisse des émissions d’oxyde d’azote liées au trafic routier, seuls 6 % étaient dus aux ZFE. Le calendrier totalement irréaliste imposé pour l’application des ZFE s’est accompagné d’un désengagement de l’État, qui a privé les collectivités de moyens suffisants : suppression du leasing social, réduction drastique des aides à l’achat, suppression de la prime à la conversion et baisse du bonus écologique mal ciblé et sans encadrement des prix des véhicules neufs – ces aides ont souvent contribué à l’augmentation des marges des constructeurs, qui ont capté les subventions, laissant un reste à charge prohibitif pour les ménages.”
“Je voudrais revenir sur les ZFE, un dispositif d’apparence écologique mais très peu efficace et surtout profondément injuste socialement, comme l’a elle-même déclaré Marine Tondelier. En effet, 38 % des ménages les plus précaires possèdent un véhicule Crit’Air 4 ou 5, contre 10 % des plus riches. À Strasbourg, où je suis élu, celles et ceux qui survendent les effets réels de la ZFE sur la qualité de l’air vous mentent, car les résultats sont restés très anecdotiques : entre 2021 et 2024, seuls 3 500 véhicules ont été renouvelés sur près de 280 000. Un rapport de 2024 de l’Agence d’urbanisme de Strasbourg Rhin supérieur (Adeus) indique que les gains de qualité de l’air proviennent principalement de l’interdiction du transit des poids lourds sur la rocade et du renouvellement naturel du parc automobile.”
“Réalisez la promesse du président Macron en 2017 qui disait qu’au bout d’un an, plus personne ne dormirait à la rue. Quand cesserez-vous d’engraisser une petite caste d’ultrariches au détriment de vies humaines dont vous considérez sans doute, comme Emmanuel Macron, qu’elles ne sont rien ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont les députés se lèvent, et sur quelques bancs du groupe EcoS.)”
“…alors même que sur le seul campement du Krimmeri, ce sont au moins sept familles, dont dix-huit enfants, qui survivent sous des tentes enneigées par 10 degrés au-dessous de zéro la nuit. Collègues, il y a dans ce campement un petit de 4 ans. Qui peut l’accepter, dans un pays où les 500 plus riches ont vu leur patrimoine augmenter de près de 800 milliards d’euros depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir en 2017 ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Je vous parle d’une situation d’urgence humanitaire absolue, sous nos fenêtres. Monsieur le ministre, agissez. Ouvrez sans délai un nombre suffisant d’hébergements d’urgence. Réquisitionnez les logements vides, qui se comptent par millions dans le pays – la loi vous le permet, y compris en indemnisant les propriétaires.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) À Reims, la nuit de Noël, un homme de 35 ans est mort de froid dans la rue avant que le plan Grand Froid ne soit activé. À Nantes, deux personnes sans-abri ont été retrouvées mortes, de même que trois hommes à Paris, rien qu’à la fin du mois de décembre. Voilà les conséquences directes de votre politique, celle du laisser mourir ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) À Strasbourg, le plan Grand Froid a abouti à seulement treize places d’hébergement supplémentaires pour des adultes isolés,…”