Damien Maudet
LFI-NFP · France
“Patients et soignants sont mis en danger par les pics de chaleur, mais surtout par votre politique de malheur. En quelques années, vous avez asphyxié financièrement l’hôpital public.”
“Ma question s’adresse à Mme la ministre de la santé. « On a, pour la première fois, des morts dans des chambres [d’hôpital] à cause des températures extrêmes. » Ce sont les propos du vice-président de Samu-Urgences de France. À Rennes, trois soignantes ont dû être perfusées parce qu’elles souffraient d’hyperthermie.”
“Les bâtiments ne sont pas adaptés ; 60 % des établissements de santé sont vétustes ; des milliers de chambres se transforment en étuves. Car, six ans après le covid, rien n’a changé. Les soignants ne sont toujours pas respectés.”
“En effet, les soignants sont mobilisés, eux qui sont rappelés durant leurs jours de repos alors que la situation est déjà tendue. Le gouvernement, en revanche, est toujours absent ; il cherchera, toujours, à faire des économies sur l’hôpital.”
“Combien faudra-t-il de crises, combien faudra-t-il de drames pour que vous arrêtiez de sacrifier notre santé et de sacrifier l’hôpital ? Si vous êtes incapable d’agir pour les patients et pour les soignants, nous le ferons dès 2027 ! (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent pour applaudir.)”
“Il fait moins de 25 degrés dans cette salle en période de canicule, soit 10 degrés de moins que dans le centre hospitalier universitaire (CHU) de Limoges, 15 degrés de moins que dans le centre hospitalier de Rennes, 20 degrés de moins qu’aux urgences de Villepinte.”
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“Si cet article est toutefois supprimé, comme cela risque d’arriver, quels seront les prochains à devoir payer pour ce décalage de trois mois ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“M. Kasbarian a raison : tout donner aux plus riches, pendant huit ans, sans qu’ils ne réinvestissent, c’est une politique qui crée du déficit ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Cette politique doit cesser. Si vous aviez voté la taxe Zucman, nous ne serions peut-être pas là à vous entendre justifier que l’on aille taper sur la tête des travailleurs, sur celle des personnes en situation de handicap et des retraités ! (Mêmes mouvements.) Si vous aviez accepté, l’année dernière, de fiscaliser davantage les dividendes – les 100 milliards d’euros du CAC40 – nous n’en serions peut-être pas à nous poser de telles questions. Vous avez dit tout à l’heure, madame la ministre, que l’article 44 avait vocation à financer la suspension – le décalage – de trois mois de la réforme des retraites.”
“Partout en France, de Paris à Limoges, vous faites toujours le choix de faire payer les travailleurs, les retraités, les personnes en situation de handicap, les malades ; le tout pour protéger celles et ceux à qui vous avez demandé deux fois moins que l’année dernière. En ce sens, l’article 44 est scandaleux. En le supprimant, nous cherchons aussi à faire échec à la politique que vous menez depuis des années. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“À l’Assemblée, nous devons faire des choix : qui doit faire des efforts, qui doit être aidé ? Depuis trois ans que nous siégeons sur ces bancs, les choix se suivent et se ressemblent : à chaque fois, les macronistes et la droite, souvent appuyés par l’extrême droite, font le choix de prendre à ceux qui ont peu pour protéger celles et ceux qui ont beaucoup. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“On a déjà assez de problèmes comme cela ! (Sourires.)”
“Désormais, pour les ménages, les dépassements d’honoraires représentent 14 % du reste à charge. Alors que les frais de santé sont de plus en plus élevés, qu’un Français sur trois dit renoncer à des soins faute de moyens, il est impossible de ne rien faire ; même parmi les médecins, certains proposent de réguler les dépassements. Il convient de les écouter, que tout le monde fasse un effort sur ce point, afin que tous puissent se soigner et que nous n’aboutissions pas à une médecine à deux vitesses selon que les patients auront ou non les moyens de payer. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Un certain nombre de Français sont étouffés par les dépassements d’honoraires. L’année dernière, lors de l’examen de la future loi du 5 février 2025 visant à améliorer la prise en charge des soins et dispositifs spécifiques au traitement du cancer du sein, nous étions nombreux à proposer que ces dépassements soient pris en charge et à terme résorbés. Dans ce cadre, nous avions eu accès au témoignage d’une patiente à qui les soins – il lui avait fallu se rendre dans une clinique – avaient coûté 14 000 euros, dont 5 000 de sa poche ; 80 % des femmes atteintes d’un cancer du sein sont confrontées à ces dépassements, qui toutes pathologies confondues ont atteint en 2024 un total de 4 milliards d’euros – total en augmentation, depuis 2019, de 5 % par an hors inflation, c’est-à-dire sans compter la hausse destinée à compenser l’inflation.”
“Le sujet est très important ; peut-être est-ce cela qui nous vaut la présence d’Éric Ciotti, que nous n’avions pas vu depuis le début de l’examen du texte. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS. – Exclamations sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR.)”
“Même la Haute Autorité de santé (HAS) et Samu-Urgences de France nous alertent sur la multiplication des accidents graves liés au manque de personnel ou à l’absence de prise en charge. Et vous osez dire qu’il faut traiter les hôpitaux au cas par cas ? Non ! Le problème est systémique. Continuez de vous voiler la face si vous le souhaitez ; les soignants, eux, en paient le prix. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Nous voterons évidemment ces amendements afin que les soignants puissent être consultés et entendus. Je souhaite réagir aux interventions de mes collègues, notamment à la bouillie de M. Turquois, qui estime que certains hôpitaux fonctionnent bien et d’autres moins bien – qu’il faudrait examiner la situation cas par cas. Ce que vous affirmez est du pain béni pour nous ! (M. Laurent Marcangeli s’exclame.) En réalité, le gouvernement a supprimé 30 000 lits en cinq ans et l’hôpital fait face à un sous-financement chronique : certes, les budgets ont augmenté en volume, mais les besoins progressent de 4 % chaque année, et vous donnez toujours moins que ces 4 %. Vous sous-financez donc l’hôpital ! En outre, 10 % des services ont fermé cet été.”
“Ce rapport n’étant pas sorti, nous en demandons la publication. Surtout, nous demandons qu’il aille plus loin et examine la possibilité d’indexer sur l’inflation non seulement des actes médicaux infirmiers, mais aussi des indemnités kilométriques. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“« J’aime mon métier, j’ai toujours voulu faire ça, mais la situation pousse à réfléchir. » Voilà ce que nous entendons à chaque fois que nous parlons avec des infirmières libérales. Aujourd’hui, 70 % des infirmières s’occupent de vingt à quarante patients par jour. Alors que ce métier devient de plus en plus difficile, voire pénible pour le corps – une infirmière sur deux souffre de troubles musculo-squelettiques (TMS) –, ces professionnelles voient leur rémunération mangée par l’inflation, car les actes médicaux infirmiers (AMI) n’ont pas été revalorisés depuis 2009 – tandis que les prix ont augmenté de 20 % depuis cette date. Les infirmières, aujourd’hui, s’appauvrissent. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 prévoyait la publication d’un rapport sur le sujet.”
“Sur le fondement de l’article 50, relatif à la prolongation des séances du soir. Entendre les avocats de Mme la ministre m’intéresse assez peu. Ce qui m’intéresse, c’est de savoir ce qu’elle a prévu pour l’organisation de nos débats. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem.) Que vous savouriez que le bloc central, qui a déposé cent amendements quand nous en défendons soixante-dix, nous accuse d’en avoir déposé trop, tout cela m’intéresse assez peu.”
“(Exclamations sur les bancs du groupe EPR.) Nous avons fait le choix de retirer environ 30 % de nos amendements, ce qui en ramène le nombre au niveau de celui de la plupart des groupes. Ne venez pas nous dire que nous ne chercherions pas à accélérer ! Reste que même en ayant fait cela, nous n’arriverons pas à finir l’examen du texte ce soir. De deux choses l’une : soit on ouvre des séances demain et nous finissons l’examen du texte ; soit on ne le fait pas, ce qui signifie que le gouvernement enverra au Sénat une version du texte ne comportant que les amendements qu’il aura choisis. Cela reviendra au même que s’il avait eu recours à l’article 49.3 : nous aurons examiné le texte plus longtemps, mais, à la fin des fins, ce n’est qu’un 49.3 en plus long. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Au rythme où nous avançons, il nous faudrait vingt heures de débats pour examiner tous les amendements. Nous ne pourrons donc pas terminer, à moins de prolonger toute la nuit la séance de ce soir ou d’ouvrir des séances demain. La question se pose donc : le gouvernement a-t-il prévu que nous terminions l’examen du texte ? Un choix a été fait hier : alors que nous pensions que la partie recettes devait être rejetée, d’autres ont estimé qu’il fallait l’adopter, bien qu’elle fût mauvaise, afin de pouvoir étudier la troisième partie du texte. Pour finir, la partie recettes, qui est mauvaise, a été adoptée, et nous n’examinerons même pas le texte jusqu’au bout. Par conséquent, madame la ministre, êtes-vous d’accord pour que nous puissions ouvrir des séances demain afin de terminer l’examen du texte ?”
“Laissez-moi parler si vous voulez que ça accélère !”
“Sur le fondement de l’article 49-1, relatif à la tenue des séances plénières. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe EPR.)”
“C’est vrai, vous n’êtes là que depuis un an…”
“Heureusement, l’Assemblée n’a pas eu besoin de ses députés pour faire passer cette mesure. Peut-être le gouvernement pourrait-il, par souci d’efficacité, demander au Sénat d’étudier la proposition de loi adoptée par l’Assemblée afin que nous puissions enfin déployer de vraies mesures de lutte contre les déserts médicaux à court terme avant de plaider pour le déploiement des centres de santé. Encore une fois, nous ne nous opposerons pas à l’article 21. Simplement, nous avons la sensation de perdre du temps alors que des solutions concrètes de court terme pourraient être adoptées si le gouvernement faisait preuve de bonne volonté. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et LIOT.)”
“Je suis très surpris que le Rassemblement national soutienne à présent qu’il faut flécher l’installation des médecins, comme nous venons de l’entendre, alors que c’est le seul groupe qui, dans son intégralité, s’est toujours opposé à la régulation de l’installation des médecins. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et SOC et sur quelques bancs du groupe LIOT.)”
“Nous ne nous opposerons pas à l’article 21, même si nous avons la sensation qu’il tourne un peu autour du pot pour ce qui concerne les déserts médicaux. Voilà des années que nous sommes nombreux, y compris au sein du groupe transpartisan de lutte contre les déserts médicaux, à plaider notamment pour une hausse substantielle du nombre d’étudiants formés en médecine. Nous formons actuellement autant d’étudiants que dans les années 1970 alors que la France compte 15 millions d’habitants supplémentaires. Même sur le long terme, le système actuel ne répondra pas aux besoins. Vient ensuite la question de la régulation de l’installation des médecins.”
“Il est vain de croire que nous pourrons terminer l’examen du texte, même si nous avancions à 20 amendements à l’heure, ce qui est vraiment rapide – il faut s’accrocher. La question est de savoir si nous siégeons jusqu’à 7 heures du matin – je crois qu’il n’y a pas grand monde qui en a envie –, si nous ouvrons la journée de demain pour terminer le texte, ou si le projet est de ne pas le terminer pour envoyer au Sénat un texte avec les amendements retenus par le gouvernement. C’est simple, mais nous voulons savoir où nous en sommes. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“C’est dingue ! Si c’est tabou de dire qu’on veut voter le texte, laissez tomber !”
“Le bloc central a déposé 106 amendements restant à discuter, tandis que nous en avons déposé 108 ; nous n’en avons donc pas plus que vous. En outre, 175 amendements du groupe DR restent à examiner. Il n’y a donc pas à jeter la pierre sur un groupe parce qu’il aurait déposé plus d’amendements, car tous en ont déposé à peu près le même nombre. La question est de savoir… (Exclamations sur les bancs des groupes EPR, SOC et Dem.) Est-ce donc que cela vous ennuie de terminer l’examen de ce texte ?”
“Dites-nous, ne serait-ce que pour nous permettre de nous projeter, s’il est possible ou non d’ouvrir la journée de demain pour continuer à débattre. (Exclamations sur les bancs des groupes EPR et Dem.)”
“Sur le fondement des articles 49-1 et 50, sur la tenue des séances plénières et sur les séances prolongées. Il nous reste un peu moins de 700 amendements à examiner. À notre meilleur rythme, nous avons étudié environ 22 amendements à l’heure.”
“…et à chaque discours d’investiture, nous entendons la même promesse : « La prévention sera notre priorité. » De même, le président de la République ne cesse de répéter que la prévention est le grand sujet de la nation. Il convient désormais d’évaluer les moyens qui lui sont consacrés. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Nous demandons la production d’un rapport évaluant le niveau de prévention en santé et analysant les crédits qui y sont alloués. À chaque changement de ministre de la santé…”
“Monsieur le rapporteur général, j’ai toute confiance en vos propos. En l’absence de Mme Amiot, je ne peux cependant pas le retirer.”
“Il demande au gouvernement de remettre un rapport établissant le bilan des maisons de naissance déployées sur le territoire et permettant de comprendre les raisons pour lesquelles elles sont plébiscitées.”
“Gardez la monnaie ! (Sourires. – Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“D’après une étude réalisée par la Fédération hospitalière de France (FHF), 30 % des gens se rendent aux urgences parce qu’ils n’ont pas obtenu de rendez-vous chez le généraliste ; un autre contingent de 30 %, parce qu’ils ne savent pas où aller. La France est à 90 % un désert médical, et on fait payer les patients pour cette situation.”
“Par cet amendement, nous entendons nous opposer à une hérésie : le forfait patient urgences. Imaginez : on sort d’une pandémie mondiale, qui a mis en exergue que tout le système de santé était sous l’eau et que les réformes menées au cours des dix années précédentes, sinon davantage, avaient été totalement catastrophiques. En effet, 87 % des Français vivent dans un désert médical et 6 millions n’ont pas de médecin traitant. Que faites-vous dans un tel cas de figure ? Eh bien, les macronistes en Macronie (« Oh ! » sur les bancs des groupes EPR et Dem) , pour leur part, créent un forfait patient urgences de 20 euros ! Lorsque vous devez aller aux urgences, si vous avez la chance de ne pas être hospitalisé mais la malchance de ne pas avoir de mutuelle, on vous demande de payer 20 euros.”
“Mon intervention se fonde sur l’article 100, relatif à la bonne tenue de nos débats. Nous avons appris que l’article 45 bis serait examiné mercredi. Or il reste un tel nombre d’amendements à traiter qu’il paraît douteux que nous puissions arriver au bout demain soir. Je voudrais donc savoir ce qui est prévu : sera-t-il possible de prolonger la séance de demain soir, sachant, si j’ai bien compris, qu’on ne peut procéder ainsi que pour terminer un texte, ce qui ne sera pas le cas ? Si ce n’est pas possible, le temps imparti paraît insuffisant et j’aimerais donc obtenir des explications.”
“Il faut qu’ils sachent qu’ils n’ont pas fait de bêtise, que les médicaments ne sont pas gratuits, que tout le monde les paye mais que le gouvernement gère très mal cet argent ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Je souhaite que ce ne soit ni l’un ni l’autre mais, quand j’entends un collègue macroniste dire qu’il faut responsabiliser les gens parce que les médicaments sont gratuits, je me demande d’où il sort une invention pareille : faut-il vous expliquer comment est financée la sécurité sociale, le système des cotisations sociales que chacun paye quand il travaille ? (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Vous avez le culot de dire que c’est gratuit alors que les Français payent leurs cotisations sociales ! S’ils nous écoutent, il faut qu’ils sachent que le gouvernement sacrifie ces cotisations en offrant 80 milliards d’euros d’exonération aux entreprises, avant de demander aux Français de se serrer la ceinture pour payer les médicaments !”
“Les macronistes détestent-ils les pauvres ou sont-ils, plus simplement, mauvais en économie ?”
“Et elle devra payer plus cher pour se soigner, à cause de vos mesures ! Vous voulez créer un système dans lequel les pacemakers seront taxés et vous nous parlez des pleureuses ? Je ne sais pas où est leur chœur, mais je ne sais pas non plus où est votre cœur !”
“J’avais préparé une courte intervention mais je viens d’entendre notre collègue macroniste Lauzzana parler des gens qui devront payer plus cher pour se soigner comme d’un chœur de pleureuses. Nous aussi, nous serions des pleureuses, car nous déplorons qu’en vingt-cinq ans, vous ayez ruiné notre système de santé. Il y a vingt-cinq ans, c’était le meilleur au monde. Aujourd’hui, la France est l’un des rares pays d’Europe où la mortalité infantile grimpe. Le dénoncer, ce serait faire les pleureuses ? Je ne sais pas dans quelle réalité vous vivez, mais j’aimerais y vivre moi aussi : ça doit être tellement plus agréable ! Parmi les pleureuses, on trouve par exemple Nevine, qui finance ses études de droit avec ses salaires de femme de ménage et de surveillante de lycée. Elle perçoit 1 100 euros, intégralement consommés dès le 10 du mois.”
“C’est un bien joli braquage que ce gouvernement organise depuis 2017 ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“(Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Chaque année, vous privez la sécu de 80 milliards puis vous demandez aux Français de rembourser cette somme en faisant leurs courses, et ce alors que les exonérations de cotisations sociales profitent aux plus gros. Oui, les Français paient de plus en plus d’impôts parce qu’ils paient vos choix budgétaires s’agissant de la sécurité sociale ! (Mêmes mouvements.) Le pire, c’est que, parfois, vous décidez que le trou de la sécu dû aux exonérations ne sera pas compensé… En résumé, vous creusez le trou de la sécu puis, pour rembourser l’argent manquant, vous demandez aux Français de payer la TVA et imposez aux secteurs de l’hôpital public, de la santé et des médicaments de faire des économies. Pendant ce temps, les Français continuent de s’appauvrir et de payer plus d’impôts.”
“Je vais vous parler d’un braquage à côté duquel les cambrioleurs du Louvre passent pour Chipeur le renard dans Dora l’exploratrice . (M. Antoine Léaument applaudit.) Vous connaissez évidemment la TVA, la taxe qu’on acquitte tous, qu’on soit riche ou pauvre, lorsqu’on va faire ses courses ou qu’on paie un service. Évidemment, proportionnellement au revenu, elle pèse davantage sur les plus pauvres. Depuis 2017, vous répétez que vous baissez les impôts. C’est bien sûr faux : les impôts progressifs pour les plus riches ont baissé ou ont été supprimés, mais la TVA, payée par tout le monde, a rapporté 50 milliards de plus en 2024 – 212 milliards contre 163 milliards en 2017. La TVA pourrait par exemple financer les services publics. Or il n’en est rien, elle sert à compenser les exonérations de cotisations sociales.”
“Et, comme la bêtise ne s’arrête pas là, puisqu’ils sont en outre incompétents, finalement, ils ne ponctionnent pas les allocations familiales, mais la Cnav. Ils pensaient prendre de l’argent sur la prime d’activité et sur les bourses pour les collèges, mais ils s’en prennent aux retraités. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Pourquoi ont-ils fait ça ? Parce qu’ils n’ont pas voulu prendre d’argent aux assureurs ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Je m’exprime en tant que corapporteur, avec ma collègue Sophie Pantel, de la mission et des budgets alloués à la sécurité civile. S’il est exact que les Sdis et les pompiers réclament des moyens et, notamment, une hausse de la taxe sur les conventions d’assurance, cette hausse aurait pu être adoptée en commission si le RN n’avait pas voté contre ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Après avoir rejeté le seul moyen d’augmenter les budgets des pompiers, conscient d’avoir fait une énorme bêtise, le RN se dit qu’il va aller taper sur les gens qui touchent la prime d’activité et sur les allocations familiales – alors même que 30 % des prestations ne sont pas réclamées – pour donner aux pompiers.”
“Alors, plutôt que de secouer les Français comme des pruniers en leur demandant de reboucher par la hausse des franchises le trou de la sécu que vous avez creusé, faites contribuer celles et ceux qui en ont les moyens et qui, depuis des années, abusent ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Il s’agit de moduler la contribution supplémentaire selon le versement de dividendes par l’entreprise. Ilia est vendeuse à plein temps à Boisseuil, près de Limoges : « À la fin du mois, c’est toujours à découvert. Chez moi, je ne mets plus le chauffage depuis 2023, même l’hiver. » Et pourtant, même pour elle, ce sera une multiplication par deux des franchises parce qu’elle doit rembourser ce que nous coûtent tous les médicaments. C’est un marché de plus en plus juteux, notamment pour les actionnaires – qui eux, par contre, n’ont pas de mal à se chauffer : par exemple, le laboratoire Merck a vendu pour 2 milliards d’euros à la sécu le Keytruda, à raison de 70 000 euros par patient, soit, selon UFC-Que Choisir, quatre-vingts fois son coût de production, et Sanofi verse chaque année de plus en plus de dividendes depuis vingt ans.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Et à présent, pour rembourser le gros cadeau fait aux entreprises qui reçoivent des apprentis formés dans des établissements privés, c’est à tous les apprentis du pays que vous demandez de participer, y compris ceux des secteurs de la boulangerie et du bâtiment, en ponctionnant 100 à 200 euros sur les 480 à 1 200 euros qu’ils touchent. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“En huit ans, les importantes subventions en faveur de l’apprentissage ont coûté très cher – 15 milliards d’euros au moins. Si encore, elles avaient profité aux boulangers, aux professionnels du bâtiment ou de l’hôtellerie-restauration, à la rigueur ! Mais non : la moitié de ces aides a bénéficié aux établissements d’enseignement supérieur privé et plus précisément aux écoles de commerce, qui ont multiplié par sept le nombre d’apprentis qu’elles accueillaient.”
“On va dorénavant demander aux apprentis dans le bâtiment, dans les boulangeries, dans les salons de coiffure de payer pour les aides qu’ont touchées les grandes entreprises, en particulier Apple, lorsqu’elles ont reçu les alternants des écoles de commerce privées. Toute l’indécence de cette politique éclate au grand jour et l’on peut se poser la question de l’évolution de l’apprentissage : il faut conserver des aides et ne pas faire payer aux apprentis de demain le saupoudrage des aides passées pour faire baisser les chiffres du chômage. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Évidemment que cette augmentation se justifie dans de nombreux secteurs, mais pas dans tous. Nous, quand on pense apprentissage, on pense boulangerie, bâtiment, coiffure ou encore service communal. Dans le bâtiment par exemple, on pense à des métiers qui peuvent être essentiels, notamment du fait de la transition écologique. Or les chiffres montrent que deux tiers des apprentis sont dans l’enseignement supérieur, mais surtout les trois quart d’entre eux dans l’enseignement supérieur privé. Ce sont les écoles de commerce privées qui ont le plus profité des aides à l’apprentissage : la part d’alternants y a été multipliée par sept. Et maintenant, il s’agit de taxer les futurs apprentis pour rembourser les aides versées jusqu’ici. Voilà ce qui est en train de se passer.”