Damien Maudet
LFI-NFP · France
“Patients et soignants sont mis en danger par les pics de chaleur, mais surtout par votre politique de malheur. En quelques années, vous avez asphyxié financièrement l’hôpital public.”
“Ma question s’adresse à Mme la ministre de la santé. « On a, pour la première fois, des morts dans des chambres [d’hôpital] à cause des températures extrêmes. » Ce sont les propos du vice-président de Samu-Urgences de France. À Rennes, trois soignantes ont dû être perfusées parce qu’elles souffraient d’hyperthermie.”
“Les bâtiments ne sont pas adaptés ; 60 % des établissements de santé sont vétustes ; des milliers de chambres se transforment en étuves. Car, six ans après le covid, rien n’a changé. Les soignants ne sont toujours pas respectés.”
“En effet, les soignants sont mobilisés, eux qui sont rappelés durant leurs jours de repos alors que la situation est déjà tendue. Le gouvernement, en revanche, est toujours absent ; il cherchera, toujours, à faire des économies sur l’hôpital.”
“Combien faudra-t-il de crises, combien faudra-t-il de drames pour que vous arrêtiez de sacrifier notre santé et de sacrifier l’hôpital ? Si vous êtes incapable d’agir pour les patients et pour les soignants, nous le ferons dès 2027 ! (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent pour applaudir.)”
“Il fait moins de 25 degrés dans cette salle en période de canicule, soit 10 degrés de moins que dans le centre hospitalier universitaire (CHU) de Limoges, 15 degrés de moins que dans le centre hospitalier de Rennes, 20 degrés de moins qu’aux urgences de Villepinte.”
The complete record
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“On est au cœur de l’indécence. Faute d’avoir le courage de vouloir prendre un peu aux 1 800 contribuables qui possèdent les plus gros patrimoines de notre pays, vous allez prendre 100 à 200 euros à des apprentis qui touchent entre 480 et 1 000 euros. C’est un scandale absolu. (« Eh oui ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.) À nouveau, les macronistes tapent sur les plus précaires au lieu de s’en prendre à ceux qui ont le plus d’argent. La vérité, on la voit dans cet article : vous vous fichez de l’apprentissage, ce n’est pour vous qu’une variable d’ajustement pour faire baisser les chiffres du chômage. Depuis 2017, vous avez fait monter le nombre d’apprentis de 200 000 – selon nos calculs – à 1 million après une baisse massive de cotisations et une multiplication des aides. En tout, cela a coûté entre 15 milliards et 25 milliards d’euros.”
“Comprenez bien : les Français ont payé, par l’intermédiaire de la TVA, 197 millions d’euros à un groupe qui a versé 6 milliards d’euros de dividendes à ses actionnaires, actionnaires qui bénéficient eux-mêmes, depuis 2017, d’un impôt réduit sur ces dividendes. Expliquez-nous votre logique ! Une entreprise capable de verser des dividendes ne devrait pas bénéficier d’exonérations de cotisations sociales. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Nous l’avons dit à plusieurs reprises, la France est championne d’Europe pour le versement de dividendes : leur volume a atteint 100 milliards d’euros l’année dernière. Or nombre d’entreprises qui versent des dividendes peuvent profiter des exonérations de cotisations sociales. Prenons l’exemple du groupe LVMH, qui a réalisé 14 milliards d’euros de profits et versé environ 6 milliards d’euros de dividendes. Devinez quoi ? LVMH a profité de 197 millions d’euros d’exonérations de cotisations sociales. Quelqu’un peut-il me dire à quoi ont servi ces 197 millions d’euros d’exonérations ? Le pire est qu’elles sont financées par la TVA des Français !”
“« Je ne prends plus la voiture, par angoisse de la panne, car il faut encaisser les réparations. Même en CDI, c’est devenu compliqué. » Le témoignage de Mathieu, chauffeur de bus à Ambazac, est révélateur d’une réalité qui traverse tout le pays. Avec cet amendement, nous lançons un appel à l’indexation des salaires sur l’inflation. Depuis les années 1980, les travailleurs se sont appauvris sous l’effet du transfert de 10 % de la richesse créée – 150 milliards d’euros par an – des salaires vers les dividendes rémunérant le capital. Certains pays européens imposent déjà l’indexation des salaires sur l’inflation afin de limiter cet effet. Nous vous proposons de les imiter pour ne pas continuer à gaver le capital. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Quand les Français font des courses, ils remboursent le trou que vous avez creusé à coups d’exonérations de cotisations sociales ; ils finissent donc par payer pour la compétitivité, c’est-à-dire payer pour travailler ! Pour trouver un chemin de sortie, pour faire respirer la sécurité sociale, pour que les Français arrêtent de payer pour travailler, nous proposons de sortir de cette politique. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Je suis surpris d’apprendre que le travail est un coût ; je pensais qu’il était producteur de richesses ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Karine Lebon et M. Henrik Davi applaudissent également.) Cela dit, peut-être que vous avez en partie raison : le travail peut être un coût pour les Français eux-mêmes car – le saviez-vous ? – les Français paient pour travailler ; et j’espère qu’ils vont comprendre l’arnaque. Pour favoriser la compétitivité, vous accordez des exonérations de cotisations sociales, creusant un trou de 80 milliards d’euros dans les caisses de la sécurité sociale – en pure perte, car c’est inefficace. Pour rembourser ce trou que vous avez vous-même creusé, vous demandez aux Français de le renflouer via la TVA.”
“Elles n’ont pas d’effet non plus au-dessus de 1,6 smic. C’est pourquoi nous proposons de les supprimer au-dessus de 2 smics. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“C’est le même amendement que celui de mon collègue Davi. Les exonérations de cotisations sociales, qui coûtent 80 milliards d’euros par an, visent à préserver la compétitivité des entreprises – leur efficacité reste à prouver. Par qui sont-elles payées ? Pas par les entreprises, évidemment, mais au travers de la TVA : les Français qui vont faire les courses payent pour avoir le droit de travailler. La TVA, qui est le plus gros impôt de notre pays, pourrait être utilisée pour faire fonctionner les services publics. Ce n’est pas possible, puisqu’une partie est utilisée pour financer les baisses de cotisations sociales que vous avez promises aux entreprises. Pourtant, non seulement ces baisses n’ont pas d’effet mais, en plus, elles profitent surtout aux plus grandes entreprises : 270 entreprises récupèrent 30 % des allégements.”
“Nous sommes passés un peu vite sur l’amendement précédent : monsieur le rapporteur général, pourquoi êtes-vous si injuste ? Lorsqu’il s’agit de prendre aux salariés, de leur demander une journée de solidarité, il n’y a pas de problème, ils travaillent gratis, gratos, gratuit. En revanche, quand on demande une journée de solidarité aux actionnaires qui ont fait 100 milliards d’euros de dividendes… (Mme la présidente coupe le micro de l’orateur.)”
“Puisqu’il existe déjà une journée de solidarité durant laquelle les travailleurs doivent travailler gratuitement pour la solidarité, nous proposons que celles et ceux qui ont l’argent, qui ont touché 100 milliards d’euros de dividendes l’an dernier, participent à la solidarité. Imposons une journée de solidarité aux actionnaires ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“À Limoges, chez Décathlon, voici ce qu’on entend : « Avec trente ans de maison, je suis à 1 600 euros net. Je me fais rattraper par le smic tandis que les actionnaires recevront 1 milliard cette année ». Les gens vivent de moins en moins bien de leur travail ; ils se font rattraper par la hausse des prix en raison de l’inflation. Face à ce constat, quelle a été la bonne idée de l’ancienne ministre Catherine Vautrin ? Proposer une seconde journée de solidarité, c’est-à-dire une seconde journée sans rémunération ! En trois ans, les salaires réels ont baissé de 4 % selon l’Insee et, surtout, la France est devenue championne d’Europe des actionnaires et des dividendes : 100 milliards d’euros versés !”
“Cela nous permettra de récupérer une partie de l’argent qui a été demandé de manière trop gourmande à l’assurance maladie. (Applaudissements sur quelques sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Cet amendement nous permet de parler du coût réel des médicaments. En 2024, le médicament Keytruda a rapporté 131 milliards d’euros au laboratoire Merck et coûté 2 milliards, en remboursements, à l’assurance maladie. Il est facturé 70 000 euros par patient et par an, soit 2 000 euros le flacon, alors que les études prouvent que son juste prix devrait être de 885 euros le flacon. Cette dérive est insupportable. Ce sont ces médicaments qui pèsent le plus dans la hausse du coût des médicaments. Les taux de marge des laboratoires sont explosifs et ne reposent sur rien d’autre que la volonté des actionnaires de gagner toujours plus d’argent. Nous proposons de rééquilibrer la balance en taxant les superprofits des entreprises qui réalisent plus de 500 millions de chiffre d’affaires.”
“Leurs propriétaires sont parmi les 500 plus grandes fortunes !”
“On assiste à un jeu d’écritures comptables : l’État ponctionne des hôpitaux financés par la sécurité sociale puis verse de l’argent à cette dernière, dont les gouvernements récents ont asséché les ressources classiques. À la fin, c’est aux hôpitaux qu’il manque 4 milliards d’euros, que nous proposons de leur rendre pour qu’ils puissent embaucher des soignants et leur offrir des conditions de travail dignes – en un mot, pour que le système de santé puisse enfin respirer. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Puisqu’il vise à supprimer une taxe, nous devrions toutes et tous être d’accord. Il s’agit de celle versée par les hôpitaux sur les salaires qu’ils payent. Depuis 2018, la Cour des comptes déplore son existence et son poids – 4 milliards d’euros à la charge d’établissements qui sont pour la plupart déficitaires et où 5 000 lits ferment chaque année. Cette taxe alourdit la dette des hôpitaux.”
“Car pour ce qui est des Français, les prix pour se soigner ne font qu’augmenter, soit + 75 % de frais de santé en cinq ans. Un Français sur trois dit qu’il a des difficultés à se soigner, faute de moyens. Prenez-vous en à ceux qui en ont les moyens et laissez les Français se soigner ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Je l’ignorais jusqu’ici, mais j’ai l’impression que nous avons un point commun avec la Macronie : comme nous, vous adorez les taxes, sauf que nous, nous aimons les taxes sur les milliardaires, sur ceux qui ont les moyens de les payer, et vous, vous aimez les taxes sur l’ensemble des Français qui arrivent à peine à se soigner. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Car ce que vous proposez ici, ce n’est pas une taxe sur les complémentaires santé puisqu’elles-mêmes ont dit que la taxe serait répercutée sur les assurés, soit environ 10 euros par mois de supplément alors que les mutuelles ont déjà augmenté leurs tarifs de 27 % en deux ans. Si vous vouliez vraiment que ce soit une taxe sur les complémentaires santé, il fallait bloquer le prix de leurs prestations ! Taxez-les mais empêchez-les d’augmenter leurs tarifs.”
“« Avec le déficit qu’on a, on n’arrive plus à s’en sortir. La vérité, c’est qu’on n’a plus assez de personnel pour faire le travail. » En Haute-Vienne, 80 % des Ehpad sont en déficit. Dans le pays, ce taux monte à 85 %, mais aucun financement de long terme ne permettra à ces structures de s’en sortir. Dans le même temps, une grande partie des héritages les plus importants sont peu voire pas taxés. Notre amendement tend simplement à soumettre les héritages de plus de 120 000 euros, soit les 10 % d’héritages les plus importants, à une cotisation de 0,1 % pour financer l’autonomie et les Ehpad. C’est une mesure de bon sens. Elle pèsera à la marge sur le budget de ceux qu’elle concerne, mais soulagera un peu les Ehpad.”
“Je suis bien embêté pour dire ce que l’on va voter car je ne sais pas si nous votons des mesures dans le budget ou si nous votons la possibilité de voter, un jour, des mesures dans le budget. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Mme la ministre chargée des comptes publics nous a expliqué que nous n’avions pas voté de hausse de la fiscalité sur le capital, mais le droit de débattre de la hausse de la fiscalité sur le capital. C’est dingue ! Hier, vous nous expliquiez que nous étions des parlementaires mais aujourd’hui, vous nous dites que les mesures que nous votons ne sont pas forcément appliquées ! Madame la ministre, à quoi servons-nous ? À quoi servez-vous, ici ? Serions-nous là uniquement pour le bon plaisir de la procédure parlementaire et non pour changer la vie des Français ?”
“En 1976, Emmanuel Todd avait prédit la chute de l’empire soviétique en s’appuyant sur le constat d’une hausse de la mortalité infantile. Jean-Christophe Rozé, membre de la Société française de néonatologie, le confirme : « Si on ne sait pas organiser la naissance et les premiers jours, on ne saura jamais organiser le système de soins en général. » Ces analyses doivent nous inquiéter car notre pays est passé en vingt-cinq ans du troisième au vingt-cinquième rang européen en matière de mortalité infantile, juste derrière la Bulgarie. Nous en sommes à 4,1 décès pour 1 000 à l’échelle nationale et en Haute-Vienne par exemple, ce sont en moyenne 5,2 enfants sur 1 000 qui meurent avant l’âge de 1 an.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Quand une ministre nous dit que s’il n’y a personne dans les hôpitaux, ce n’est qu’un problème de compétences, tandis qu’une autre a l’air de trouver normal que l’on fasse appel à la réserve sanitaire en l’absence de guerre ou d’épidémie, sans essayer d’en comprendre les causes, je pense que c’est un problème et nous allons le payer cher ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Rassurez-moi, madame la ministre : le fait que tout d’un coup l’hôpital de Caen ne soit plus capable d’accueillir des internes, ce n’est pas tombé du ciel ? Un soignant m’a expliqué ce qu’il en est : selon lui, il n’y a plus d’internes parce qu’il n’y a plus de médecins et il n’y a plus de médecins parce que les conditions de travail sont insoutenables, du fait de budgets insuffisants. Ça ne tombe donc pas du ciel ! Et quand vous présentez à nouveau des budgets qui sont insuffisants parce qu’ils conduisent à réduire la dépense pour l’hôpital, il faut que tout le monde comprenne que ce qui se passe à Caen risque d’arriver dans d’autres endroits.”
“Les urgences de l’hôpital de Toulouse sont partiellement fermées. Dans tous les établissements, notamment à Limoges, on est forcé de choisir entre la rénovation de certains bâtiments et le recrutement de personnels. Alors que vous êtes au pouvoir depuis 2017, vous ne pouvez pas nous dire qu’il s’agirait en fin de compte d’un problème de compétences. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Vous ne prétendrez tout de même pas qu’en 2025, le problème de l’hôpital serait un problème de compétences ! (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe LFI-NFP.) Vous n’allez pas nous dire ça, alors que l’hôpital de Caen a dû faire appel à la réserve sanitaire ? Un soignant de cet établissement m’a écrit qu’ils n’avaient plus de médecins : les conditions de travail sont telles que certains sont partis. Quelque 40 % des infirmiers déclarent vouloir changer de métier. Et vous, vous affirmez que l’hôpital souffrirait d’un problème de compétences ! L’article 2 prévoit de baisser de 100 millions d’euros le budget de l’hôpital. Le budget précédent était déjà décrié par la Fédération hospitalière de France (FHF), qui soulignait son insuffisance, dont les conséquences désastreuses se sont fait sentir partout dans le pays cette année.”
“Et que dites-vous de ceux qui sont partis ?”
“» Monsieur le premier ministre, changez de cap pour que l’hôpital sorte de ce cauchemar ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Avec ce rythme, les erreurs de travail, ça arrive très souvent. » Mais c’est comme ça : lui, il n’a pas le choix. J’invite M. le premier ministre à partager son analyse sur le problème des finances publiques avec les professionnels de l’hôpital de Caen : en période de paix, sans pandémie, ils doivent compter sur leur réserve sanitaire, pour ne pas dire leur réserve humanitaire, faute de médecins et faute d’internes. Je partage avec vous le message d’un des soignants de cet hôpital : « S’il n’y a plus de docteur, c’est parce que les conditions de travail sont insoutenables. Si elles sont insoutenables, c’est parce qu’on manque de lits, de personnel, du fait d’un budget insuffisant par rapport aux besoins de la population. Il y a un grand risque de mort inattendue sur des brancards.”
“Ce choix a des conséquences concrètes : celui d’imposer des choix aux autres ! Lila, aide-soignante en Ehpad, explique : « On doit faire des choix dans notre prise en charge : est-ce qu’on doit faire une toilette complète ou est-ce qu’on change les draps ? ». Elle ne devrait pas avoir à choisir. C’est aussi Tristan, à Limoges, qui doit choisir : « L’autre jour, j’ai un patient qui m’a demandé de l’accompagner aux toilettes. Je lui ai dit que je revenais dans cinq minutes, mais quand on a dix-neuf autres patients, les cinq minutes se transforment en trois heures et, quand vous repassez, le patient, il s’est fait dessus. » Mathieu, infirmier à l’hôpital en Normandie, avoue : « Fin de journée, j’étais fatigué. J’ai donné les traitements d’une patiente en chambre double à sa voisine. Cela aurait pu être très grave.”
“Le vôtre se résume dans un communiqué de presse commun à toutes les fédérations hospitalières, qui dénoncent un budget historiquement bas : 1,1 milliard manquera en 2026, soit l’équivalent de 20 000 postes d’infirmiers qui ne pourront pas être pourvus.”
“Pire, une partie des baisses de cotisations ne sont même pas compensées : le trou reste béant, il manque de l’argent, il manque des recettes, mais qu’à cela ne tienne, vous prétendez régler le problème en réduisant les dépenses de santé. Sur les 15 milliards de déficit de 2024, 5 milliards relèvent de votre responsabilité. L’origine du problème des finances publiques n’est pas à chercher, contrairement à ce que prétend le premier ministre, du côté de l’hôpital, non plus que de celui des étrangers, mais à Matignon, Bercy et l’Élysée. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Tout est question de choix.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Confinés dans les chiffres, bien loin des réalités que vivent les soignants et dont souffrent les patients, que vivent les patients et dont souffrent les soignants, vous assénez que l’hôpital serait responsable de la dette. C’est à la fois faux et insultant. Le principe est simple : la sécurité sociale est financée par les cotisations sociales. Mais depuis 2017, vous les avez tant diminuées que le trou à compenser a doublé. Par votre faute, 80 milliards manquent chaque année dans les caisses de la sécurité sociale. Une partie est compensée par le budget de l’État car vous redirigez les recettes de la TVA, dont s’acquittent tous les Français. Résultat : il manque de l’argent dans le budget de l’État ! C’est un cercle vicieux dont on ne sort pas.”
“Pourtant chaque année, les budgets, rejetés par toutes les organisations syndicales, les directions ou les associations de patients, parce qu’ils sont bien en deçà des besoins, sont adoptés en force par 49.3 ! Chaque année, alors que les établissements de santé sont sous-financés, vous nous dites que l’hôpital est responsable de la dette, qu’il coûte trop cher ! Tant qu’à y être, le premier ministre aurait tout aussi bien pu tenir le même discours en Alsace, où une maternité a dû fermer plusieurs jours faute de personnel, à Mantes-la-Jolie, où il pleuvait dans l’hôpital, à Saint-Yrieix-la-Perche, où les urgences, là aussi, ont dû fermer la nuit. Il aurait pu aller où il voulait, puisque l’hôpital est partout à l’agonie !”
“Malheureusement pour le CNR, nous avons dit adieu à ses créateurs et il ne reste là, sur ces bancs, que ses fossoyeurs. (Mêmes mouvements.) L’hôpital nous coûte trop cher. Ce n’est pas moi qui le dis, mais M. le premier ministre, qui a profité d’un déplacement à Mâcon le 13 septembre pour nous déballer du Macron. Je le cite: « Il y a aussi des problèmes de finances publiques parce qu’on a décidé de remettre beaucoup d’argent dans l’hôpital ». Ce sont ses mots, sa pensée.”
“Avant de commencer, je souhaite rendre hommage à Georges Guingouin, disparu il y a vingt ans, le 27 octobre 2005. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Premier maquisard de France, il fut fait compagnon de la Libération par le général de Gaulle. Libérateur de Limoges en 1944, il en devint le maire. De Saint-Gilles-les-Forêts jusqu’à la France tout entière, il restera un exemple pour la patrie et un maître à penser pour moi. Je veux adresser toutes mes pensées à ses camarades et à sa famille. En 2004, le grand Georges écrit à propos de l’héritage du Conseil national de la Résistance et des attaques qu’il subit, notamment contre la sécurité sociale, que ce n’est pas en renonçant aux valeurs de solidarité que notre pays répondra aux défis du monde.”
“La commission sur les comptes de campagne !”
“Vous affirmez qu’il ne faut pas y toucher pour protéger l’emploi, même si la Cour des comptes estime qu’elle n’a pas d’effets sur l’investissement et l’emploi. Soit. Vous nous dites aussi qu’il faut protéger les TPE et les PME. Nous vous proposons de limiter l’application de ce pacte aux entreprises de cette taille, afin qu’il cesse d’être un outil d’optimisation fiscale pour les plus grosses. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Ce week-end, j’ai dû expliquer à Matthieu, un chauffeur de bus d’Ambazac qui touche 800 euros par mois, qu’il devrait faire des économies, qu’il verrait le prix de ses frais de santé augmenter après la hausse des franchises et des cotisations à une mutuelle et que même les aides à la rénovation thermique pourraient évoluer. En d’autres termes, qu’il aurait à faire des sacrifices. Les dommages collatéraux de votre politique, vous ne les voyez pas quand ils concernent Matthieu et ceux qui, comme lui, gagnent 800 euros par mois ; mais quand on envisage de toucher au pacte Dutreil, vous vous empressez de parler des dégâts que cela pourrait entraîner. On parle d’une niche fiscale qui coûte 5 milliards d’euros par an et qui ne profite qu’aux 1 % des héritiers les plus riches.”
“Pour les apprentis, par contre, pas de stabilité !”
“Cet argent manque énormément à nos services publics : aux hôpitaux, aux missions locales dans les quartiers, qui ferment faute de budget, et aux écoles. Vous allez supprimer 4 600 postes de professeurs alors que des classes sont fermées dans les écoles – trente, l’année dernière, en Haute-Vienne, pour faire des économies ! Nous demandons cette mesure de justice fiscale. Il est temps de rectifier la copie du macronisme, lequel n’a apporté que du malheur : une hausse de la pauvreté et un délitement de nos services publics. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Il vise à relever de 5 points le taux du PFU. En 2017, la baisse de la fiscalité sur les dividendes devait faire ruisseler l’argent. Huit ans plus tard, où en est-on ? Selon un rapport de France Stratégie de 2023, « si les résultats confirment un fort impact causal positif du PFU sur les dividendes versés […] l’instauration du PFU n’a eu aucun impact ni sur l’investissement ni sur les salaires ». En résumé, nous avons mis un pognon de dingue, comme dirait le président de la République, dans les baisses d’impôt et les Français n’en profitent pas. Cela ne fonctionne pas ! Les seuls qui en profitent, ce sont les 1 % des foyers qui captent 96 % des dividendes – 96 % des 100 milliards d’euros de dividendes versés par les entreprises du CAC40, qui font de la France la championne d’Europe des dividendes.”
“Nous ne demandons pas de faire la peau de qui que ce soit. Nous proposons simplement un impôt plancher, souvent appelé taxe Zucman. Nous vous demandons d’avoir un peu plus de courage avec ceux qui ont déjà beaucoup et de laisser tranquilles les travailleurs, les malades, les personnes en situation de handicap et les retraités. Chers collègues, faites le bon choix ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Ils sont plus riches que les années passées, mais vous divisez par deux l’effort qui leur est demandé. Lorsqu’il s’agit de les faire participer, c’est toujours un « oui, mais ». Taxer les holdings ? Oui, mais pas un certain immobilier ! Oui, mais pas la trésorerie récente. À la fin, vous expliquez sur quatre pages qu’ils ne paieront quasiment rien. Dans une France où les milliardaires n’acquittent que 25 % d’impôt, alors que les Français eux, en payent 50 %, il n’est pas acceptable que l’Assemblée nationale prolonge cette injustice. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Faire un budget, c’est faire des choix. Le choix, vous l’avez fait pour Candy, dont l’allocation à l’adulte handicapé (AAH) va être gelée et qui s’interroge : Veulent-ils vraiment qu’on puisse vivre comme tout le monde ? Pour Céleste, en affection de longue durée, qui doit dépenser des centaines d’euros en frais médicaux alors que vous voulez lui faire payer plus d’impôts. Pour Marie-Thérèse, qui touche à peine 1 000 euros de retraite et qui ne mange pas le soir, et que vous appauvrissez en ne revalorisant pas sa pension face à l’inflation. Pour les personnes modestes, votre choix est clair : ils paieront plus. Ce choix est injuste et autoritaire. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) En revanche, pour les plus riches, c’est tout le contraire.”
“Les grands groupes du CAC40 paient aujourd’hui moins d’impôts sur les sociétés que les petites et moyennes entreprises. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Alors qu’une surtaxe de l’impôt sur les sociétés avait été instituée pour les très grandes entreprises qui ont fait des profits, vous voulez diviser par deux l’effort qui leur est demandé. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe GDR.) Dans le même temps, vous allez continuer de taxer les retraités, les apprentis, les personnes malades ! (Mêmes mouvements.) Toutes les personnes en difficulté seront taxées, mais vous voulez diviser par deux l’effort sur les bénéfices des grandes entreprises ! Cela n’est pas recevable.”
“Quand cela va bien, il faut le dire. La France est championne d’Europe : pas quand il s’agit de lutter contre la pauvreté – le nombre de personnes sous le seuil de pauvreté a augmenté de 14 % depuis 2017 – ni de limiter le nombre de défaillances d’entreprises – les TPE, qui n’ont pas été suffisamment aidées par l’État, croulent sous les factures d’énergie. Elle est championne d’Europe du versement de dividendes. Les grandes entreprises ont été bien aidées par une fiscalité allégée depuis 2017, notamment par la baisse de l’impôt sur les sociétés. Selon l’Institut des politiques publiques, cette baisse coûte 6 milliards par an aux caisses de l’État. Cela a-t-il profité aux PME ou aux grandes entreprises ? La vérité, c’est que le taux effectif d’imposition est passé de 23 % à 21 % pour les PME et de 19 % à 14 % pour les grandes entreprises.”
“Vous leur demandez encore un effort, pour récupérer 2 milliards d’euros – soit vingt fois moins que ce que rapporterait la taxe Zucman. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Dans un pays champion d’Europe du nombre de millionnaires et du versement de dividendes, où les 500 plus grandes fortunes ont doublé leur patrimoine depuis qu’Emmanuel Macron est au pouvoir, vous choisissez de faire payer davantage ceux qui travaillent chaque jour plutôt que ceux qui gagnent de l’argent en dormant ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Pour les autres Français, en effet, ce sont des taxes sur les médicaments, sur les apprentis, sur les microentrepreneurs, et la baisse du niveau de vie des retraités. Et avec le gel du barème de l’impôt sur le revenu, vous vous en prenez désormais à tous les travailleurs. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Concrètement, vous allez faire entrer 200 000 nouvelles personnes dans cet impôt, et vous allez l’augmenter pour des milliers d’autres. Cela signifie que vous allez demander à des gens qui gagnent 1 900, 2 000 ou 2 100 euros par mois – des personnes déjà piétinées par la hausse des prix de l’alimentation, de l’électricité, des assurances, et par celle des frais de santé – de contribuer davantage alors qu’elles paient déjà largement l’impôt le plus injuste – la TVA.”
“Nous sommes ici pour défendre les classes moyennes et les plus modestes. Cet été, madame la ministre, vous avez déclaré qu’il n’y aurait pas de hausse généralisée des impôts. Mais à qui vous adressiez-vous alors ? Probablement aux plus riches, à qui vous allez même demander deux fois moins d’efforts que l’an passé.”
“Cette folie va mener à l’instabilité dans le pays. Seule une véritable politique de rupture apportera stabilité et sérénité, permettant enfin aux Français de souffler. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”