Arnaud Le Gall
LFI-NFP · France
“Cette guerre a fait 1 133 morts depuis le cessez-le-feu du 17 avril, plus de 3 400 morts depuis le 2 mars, près de 7 000 morts depuis 2024, plus d’un million de déplacés, des dizaines de milliers de blessés, des journalistes et des secouristes ont été ciblés délibérément, onze enfants tués chaque jour en moyenne cette semaine selon l’Unic…”
“Vous-même, monsieur le ministre des affaires étrangères, avez parlé de faute majeure d’Israël. Encore un effort et vous dénoncerez ces actes pour ce qu’ils sont : des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité, sur fond de négation du droit international.”
“Au Liban, l’armée israélienne a passé le fleuve Litani, réalisant l’invasion la plus profonde depuis plus de vingt-cinq ans. Elle appelle à évacuer Nabatiyé. Déjà, des ministres israéliens pressent Netanyahou de raser la banlieue sud de Beyrouth, rêvant tout haut d’un grand Israël qui s’étendrait au Liban comme en Cisjordanie.”
“Allez-vous enfin exiger sérieusement la suspension des accords de coopération qui lient l’Union européenne à Israël au lieu de vous abriter derrière le refus de l’Allemagne ou de tel ou tel autre pays ? (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – Plusieurs députés du groupe EcoS applaudissent également.)”
“Ce bilan s’ajoute aux milliers de morts recensés depuis le début de la guerre à l’automne 2024, guerre qui ne s’est jamais arrêtée puisque Israël a violé plus de 15 000 fois le cessez-le-feu entre novembre 2024 et février 2026, alors que la partie libanaise le respectait pour l’essentiel.”
“Au prétexte de lutter contre le Hezbollah, Israël mène une guerre illégale contre tout le Liban et son peuple (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) : bombardements massifs jour et nuit, y compris au cœur de la capitale, Beyrouth ; usage de phosphore blanc ; ciblage des forces de l’ONU.”
The complete record
Every one of 310 lines we hold for Arnaud Le Gall, in date order, each linked to its source. Free to read, in full, without an account. Page 2 of 7.
“Le commerce international a précédé les accords de libre-échange et il leur survivra. En réalité, voulons-nous, oui ou non, mettre dans la balance des entreprises stratégiques ou des secteurs stratégiques ?”
“Voilà le genre de caricature derrière lequel s’abritent les macronistes pour justifier leur refus de voter cette proposition de résolution. En réalité, être indépendant, ce n’est pas s’isoler, ce n’est pas se couper du monde ; être indépendant, c’est choisir les termes de notre relation avec le reste du monde. C’est ainsi que le général de Gaulle avait pensé notre politique d’indépendance en matière stratégique vis-à-vis des États-Unis. Déjà, à l’époque, des gens comme vous l’accusaient de vouloir isoler la France – l’extrême droite allant même jusqu’à essayer de l’assassiner. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Nous ne sommes pas du tout contre le commerce.”
“Réglementer et avoir un minimum de contrôle sur ce que nous échangeons avec le reste du monde, ce serait être communiste ?”
“Il s’agit de savoir si les données que des entreprises ou des citoyens européens stockent dans des clouds appartenant notamment à Microsoft dépendront ou non du droit états-unien. Vous trouvez que c’est une mince affaire ? Ce n’est pas parce que ce n’est pas écrit dans l’accord que cela n’a pas été négocié. Ou alors, démontrez-moi le contraire – nous ne croyons que ce que nous voyons ! On peut faire preuve de sérieux et de rationalité en partant du réel. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Nous pouvons le retirer, mais cela ne changera rien au fond. M. le ministre prétend que je ne serais pas rationnel, que nous ne serions pas sérieux parce que nous parlons de lobbying. Mais celui-ci est documenté, précis, entériné – même légal –, au sein de la Commission européenne ; tout le monde sait que Mme von der Leyen s’est notamment engagée à limiter l’indépendance et la réglementation du numérique. Ce n’est pas une ou deux enquêtes sur X qui changeront le fond de l’affaire. Le Cyber Security Act 2, proposé par la Commission la semaine dernière, n’abandonne-t-il pas le critère de souveraineté dans la certification des clouds ? Cet enjeu n’est-il pas stratégique ?”
“Pas « peut-être » ! C’est sûr, c’est démontré !”
“Bayrou, disait qu’il était mauvais et tentait de faire croire que la France s’y était opposée. Bernard Arnault possède des entreprises dont l’activité y gagnerait, mais nous avons à perdre sur tout le reste : notre indépendance stratégique, le numérique, l’alimentation, etc. (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur.)”
“Ce n’est pas parce que ce n’est pas formellement écrit dans l’accord – opaque par ailleurs –, que ce ne sera pas appliqué. On sait comment ça se passe : les lobbys, notamment ceux des Gafam, passent à la Commission et détricotent tout ce que nous faisons pour bâtir une indépendance numérique. La mention de ce genre de risques doit donc évidemment figurer dans cette proposition de résolution, sinon on ne sait plus de quoi on parle. En ce qui concerne les intérêts, existe-t-il un intérêt français, européen ou états-unien ? Non, les acteurs ont des intérêts plus ou moins différents et divergents. C’est pourquoi M. Bernard Arnault, qui avait sûrement autre chose à faire, est intervenu en plein mois d’août pour dire c’était un bon accord, quand le premier ministre, M.”
“Le ministre et Mme Le Grip, qui défendent cet accord, en ont une vision très formaliste : puisque le démantèlement des régulations n’est pas écrit noir sur blanc, vous estimez que nous pourrons continuer à réglementer grâce au droit européen. Mais c’est un immense malentendu. Dans les faits, soit le droit européen est mal appliqué, soit il est progressivement détricoté, souvent à l’issue de conversations de couloir ou sous l’influence de lobbys. Un exemple récent : la semaine dernière – pas il y a un an, pas il y a six mois –, l’Union européenne a abandonné le projet de labellisation d’un cloud souverain. Or, dans les discussions de cet été, l’accord entre von der Leyen et Trump comportait notamment l’abandon de plusieurs réglementations sur le numérique.”
“Or chacun le sait : Donald Trump a une conception militaire du commerce. Dans cette perspective, tout ce qui relève de l’économie relève aussi, directement, des affaires stratégiques et géopolitiques. C’est précisément pour cette raison qu’il faut inscrire dans la résolution des enjeux qui dépassent la seule dimension économique. C’est bien notre indépendance qui est en jeu. Au temps pour moi si j’ai mal compris vos propos, mais j’espère en tout cas que nous partageons ce constat et que les députés macronistes voteront pour la proposition de résolution.”
“Nous voterons pour cet amendement. Je souhaite toutefois interpeller M. le ministre sur l’argumentaire qu’il a développé à propos de l’amendement précédent. Vous soutenez que, parce qu’il s’agit d’un accord commercial, la résolution ne devrait pas évoquer le cas du Groenland ni d’autres enjeux connexes.”
“Tout le contraire de ce que prévoit cet accord de la honte, qui ne doit être adopté sous aucun prétexte. C’est pourquoi nous voterons en faveur de la proposition de résolution. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“C’est pourquoi nous avions alors déposé une motion de censure au Parlement européen : les macronistes n’ont pas voté en sa faveur – pas plus que les socialistes et M. Glucksmann, d’ailleurs. De même, les macronistes ont rejeté en commission la présente proposition de résolution européenne. Leur vote a le mérite de la clarté : ils soutiennent cet accord, qui a encouragé Trump dans son offensive. L’alternative est simple : indépendance ou vassalisation. Entre autres exemples, répondons à Donald Trump par la taxation selon le chiffre d’affaires réel des Gafam ; par l’interdiction des importations néfastes pour la santé et le vivant ; par le refus des rachats d’entreprises stratégiques ; par un plan d’investissements massifs pour assurer une souveraineté productive, alimentaire, industrielle et numérique.”
“En amont de cette capitulation, les pays européens membres de l’Otan avaient accepté, sous les injonctions de Trump, de consacrer 5 % de leur PIB aux dépenses d’armement. Il s’agit d’un tribut à l’empire, puisque ces dépenses vont massivement gaver les carnets de commandes de l’industrie états-unienne. Cette disposition est contraire à toute forme d’indépendance, les armes états-uniennes les plus sophistiquées pouvant être désactivées à distance, si leur usage déplaît au pouvoir états-unien. Sans même aller jusque-là, il lui suffit de bloquer les livraisons de pièces de rechange. Cela ne vous a pas empêché d’autoriser, il y a quelques jours, la cession de LMB Aerospace, fabricant des pièces du Rafale, à un groupe états-unien. L’accord signé par Mme von der Leyen constitue une étape de plus sur cette route de la servitude.”
“Leur seul objectif est de continuer à s’engraisser en cédant nos actifs au plus offrant, comme vous l’aviez déjà permis avec Alstom, racheté ultérieurement après que ses brevets furent passés sous contrôle de capitaux états-uniens – et comme vous l’avez laissé se produire pour tant d’autres entreprises stratégiques.”
“C’est une des raisons pour lesquelles, sans que votre gouvernement n’y trouve rien à redire, l’objectif d’un cloud européen indépendant des seigneurs états-uniens du numérique vient d’être, de fait, abandonné ; raison aussi pour laquelle l’accord laisserait entrer en Europe des centaines de milliers de tonnes de noisettes traitées avec des pesticides interdits en France, dont l’acétamipride, cancérigène et dangereux pour le cerveau des enfants et le développement des fœtus. Les oligarques européens et autres fonds d’investissement ont soutenu cette orientation.”
“Pour limiter à 15 % les droits de douane sur la plupart des produits européens exportés aux États-Unis – en réalité 20 %, du fait de la faiblesse du dollar par rapport à l’euro – von der Layen a lâché sur tout le reste : promesse de 600 milliards de dollars d’investissements européens aux États-Unis, au moment où il faudrait au contraire relancer massivement les investissements productifs sur notre sol ; 750 milliards de dollars pour acheter à prix d’or, et au détriment de l’environnement, des produits énergétiques états-uniens, notamment du gaz de schiste ; démantèlement des régulations écologiques, sanitaires et sécuritaires qui pourraient freiner l’arrivée des produits états-uniens sur le marché européen.”
“C’est pourquoi la présidente de la commission européenne Ursula von der Layen a « dealé » en juillet dernier avec Donald Trump cette capitulation de l’Europe face aux États-Unis – je parle bien de capitulation, car cet « accord » n’en mérite pas le nom : c’est une entente, asymétrique, entre un vassal et son suzerain.”
“Sans surprise, ce projet a été officialisé, début décembre 2025, dans la stratégie de sécurité nationale états-unienne. Quand, à peine réélu, Donald Trump avait placé un drapeau états-unien sur le Groenland, certains n’y avaient vu qu’une simple provocation sans lendemain. Pas nous, qui vous alertions déjà par la voix de Jean-Luc Mélenchon. Quand le vice-président états-unien Vance a prononcé en février 2025, sur le sol européen, un discours de guerre idéologique visant l’Union européenne, le premier réflexe de la plupart des dirigeants européens, dont Emmanuel Macron, a été de chercher à contenter le nouveau chef de l’Empire.”
“C’est oublier que, aussi détestable soit la vision du monde de Donald Trump, il en a une, et elle est cohérente : c’est celle du président d’extrême droite d’une puissance impériale, qui espère compenser, par sa suprématie militaire et l’embrigadement de vassaux, la perte de sa suprématie économique au profit de la Chine. Dans cette vision, l’Union européenne, ectoplasme géopolitique, est vue comme un satellite. C’est pourquoi l’administration de Donald Trump, pour laquelle les atlantistes de tendance classique ne sont pas encore assez serviles, entend aider ses partenaires et amis d’extrême droite, au premier rang desquels le Rassemblement national et ses alliés zemmouristes, à prendre le pouvoir ici même.”
“Le président se faisait alors le porte-voix des atlantistes zombies – j’entends par là ces dirigeants qui refusent, en dépit des évidences, de voir que les États-Unis ne sont pas nos alliés. Cela n’a pas commencé avec Donald Trump. Pensons au renforcement, par Joe Biden, des mesures protectionnistes directement dirigées contre l’Europe. Nous vous avions alertés à l’époque, mais le ministre Bruno Le Maire avait répondu : Circulez, y a rien à voir ! Et cela ne s’arrêtera pas avec Donald Trump. Par paresse intellectuelle, par affairisme ou par aveuglement sur les réalités des relations transatlantiques, beaucoup, à commencer par les macronistes, ont vu en lui une sorte de clown affairiste que l’on pouvait amadouer par la flagornerie.”
“Tout dirigeant attaché à notre indépendance doit rejeter cet accord commercial entre l’Europe et les États-Unis. Après les menaces d’annexion du Groenland, qui ne sont que suspendues, la procédure d’adoption de cet accord, brièvement gelée, aurait dû être purement et simplement annulée. Or nous apprenons aujourd’hui qu’elle est relancée. La servitude volontaire des dirigeants européens ne semble pas avoir de limite, et elle vient de loin. En 2018 déjà, Donald Trump déclarait : « Je pense que l’Union européenne est un ennemi, avec ce qu’ils nous font sur le commerce. » La même année, Emmanuel Macron proposait à son homologue américain de « réinventer le monde libre » avec lui.”
“Il n’aurait jamais laissé faire l’accord avec le Mercosur ! Et il aurait tenu bon face à Trump !”
“Il a failli être assassiné par sa droite !”
“Dans votre propre intérêt, soyez un peu sérieux ! (Mêmes mouvements.)”
“…cela implique au moins quelques collusions douteuses. Même observation s’agissant d’un candidat du Rassemblement national, en 2014, aux municipales de Paris qui, occupant par ailleurs un poste au sein du groupe Lafarge, a servi d’intermédiaire entre ce dernier et l’État islamique, organisation à laquelle Lafarge a donné des millions afin de pouvoir poursuivre ses activités en Syrie. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP ainsi que sur quelques bancs du groupe EcoS.) Le procès a lieu en ce moment ; les peines les plus lourdes ont été requises, car il s’agit de faits très graves, dont le parquet national antiterroriste (Pnat) s’est évidemment saisi de longue date. Encore une fois, faites attention : ce texte aboutirait à l’interdiction du Rassemblement national pour activités terroristes.”
“Il vise à rappeler qu’en droit, notamment en matière de lutte contre le terrorisme, on juge des actes ; il n’existe pas de peine collective sur le fondement de soupçons ou d’amalgames à l’encontre d’institutions cultuelles, d’associations, etc. Cela importe à l’efficacité, mais aussi aux libertés publiques. Prenez garde, députés du Rassemblement national, c’est le Rassemblement national que ce texte appliqué à la lettre pourrait faire interdire ! Nicolas Battini, candidat du Rassemblement national, a été condamné pour terrorisme : y a-t-il eu punition collective ? Claude Hermant – pour qui il n’y a pas eu de jugement car, prétendument, il faisait office d’indic –, qui a fourni des armes à l’auteur des attentats, en janvier 2015, de Montrouge et de l’Hyper Cacher, était un ancien membre du service d’ordre du Rassemblement national :…”
“Pire, vous servez les agendas de Trump, de l’Arabie Saoudite ou des Émirats arabes unis, c’est-à-dire de ceux-là mêmes qui soutiennent l’offensive militaire de l’armée syrienne contre les soldats kurdes des Forces démocratiques syriennes qui ont été nos principaux alliés dans la lutte contre l’État islamique. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Au moment où nous parlons, des milliers de miliciens de l’État islamique fuient les prisons dans le nord-est de la Syrie. Vous n’en dites pas un mot et vous vous faites même les porte-voix des puissances qui soutiennent cette offensive, laquelle concerne directement notre sécurité. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP ainsi que sur quelques bancs du groupe EcoS.)”
“Il tend à supprimer la description des Frères musulmans comme une mouvance transnationale, ce qu’ils ne sont pas. La lutte contre le terrorisme repose sur un criblage, un suivi précis et des analyses rigoureuses ; elle ne saurait embrasser toute une population et la traiter comme suspecte en raison de sa religion. Prenons des exemples d’actes récents qui ont particulièrement meurtri notre pays. Les attentats de janvier 2015 ont été commis par Al-Qaïda dans la péninsule Arabique, ceux de novembre 2015 ainsi que l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice par l’État islamique. À chaque fois, ils ont été perpétrés par des petits groupes organisés très restreints qui parviennent à franchir les frontières. En mélangeant tout, vous piétinez l’État de droit et vous affaiblissez la lutte contre le terrorisme.”
“Pour ce qui concerne l’Autriche, il s’agit tout simplement d’un mensonge : contrairement à ce que vous prétendez, l’Autriche n’a pas inscrit les Frères musulmans sur une liste d’organisations terroristes ; elle a créé un nouveau délit – ce n’est pas la même chose. Vous vous raccrochez en permanence à ces exemples pour montrer que vous n’êtes pas à l’avant-garde de l’islamophobie en Europe, mais si, vous l’êtes. Assumez ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Nous soutenons l’amendement. Votre texte se fonde, entre autres, sur des références et sur des comparaisons internationales, et il est important de montrer en quoi elles sont problématiques. Les États que vous citez en exemple, tels que les Émirats arabes unis ou l’Égypte, ne luttent pas contre les Frères musulmans pour s’opposer au terrorisme. Pour les Émirats, il s’agit d’une lutte d’influence avec le Qatar, lutte qui ne nous concerne pas. En Égypte, les poursuites contre les Frères musulmans ont fourni un prétexte pour réprimer toutes les forces qui avaient fait la révolution contre Moubarak. Vous n’avez pas un mot pour les 60 000 prisonniers politiques en Égypte. Voilà vos références !”
“Voir des terroristes partout, voilà le moyen le plus sûr d’affaiblir la lutte contre le terrorisme, en sapant l’unité de la nation et en affaiblissant notre capacité à repérer les menaces réelles. Nous ne vous suivrons pas dans cette pente vertigineuse. (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent pour applaudir. – Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS.)”
“Il y a là un lourd danger pour les libertés publiques, déjà largement entamées dans notre pays.”
“En atteste la multiplication absurde des procédures pour apologie du terrorisme visant des militants syndicaux et des opposants politiques – notamment des parlementaires – n’ayant rien à voir avec une quelconque entité terroriste.”
“Voilà le genre de questions, relatives à des faits précis, qui devraient intéresser ceux qui prétendent vouloir améliorer la lutte contre le terrorisme. Enfin, la lutte contre le terrorisme doit être implacable, mais ne jamais déroger à l’État de droit. Elle n’aurait jamais dû justifier la réduction continue des libertés publiques découlant de l’inscription dans le droit commun de mesures censées être exceptionnelles et circonscrites. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) La pente liberticide dans laquelle s’inscrit ce texte dilue l’usage du qualificatif « terroriste », au point de le déconnecter le plus souvent de la réalité.”
“Comment les services de renseignement ont-ils procédé, ces dernières années, pour déjouer des projets d’attentats attribués à des terroristes issus de telle ou telle mouvance islamiste, mais aussi, pour beaucoup, d’extrême droite ?”
“Comment se fait-il, par exemple, que les armes utilisées par le terroriste auteur de l’attaque contre l’Hyper Cacher, en janvier 2015, aient transité par un militant d’extrême droite, un temps membre du service d’ordre du Rassemblement national ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Si vous souhaitez, comme nous, combattre la menace terroriste, commencez par cibler correctement l’ennemi : non pas une religion et ses adeptes en général, mais seulement les fanatiques, d’où qu’ils viennent, prêts à commettre un acte terroriste, et dont le repérage par les services compétents nécessite, je le répète, criblage, discernement et suivi précis. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Elle fait évidemment écho au génocidaire Netanyahou. Enfin, elle répond point par point à l’agenda des Émirats arabes unis, fer de lance d’une lutte contre les Frères musulmans, mais dont le combat n’a rien à voir avec la lutte contre le terrorisme. Il est désormais de notoriété publique que ce pays a fait de la France un pays cible pour promouvoir sa campagne – « target country » : c’est ce qui est écrit dans une note des services émiriens rendue publique. Nous n’acceptons pas, pour notre part, que la France devienne le terrain de ces luttes d’influence. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Laurent Jacobelli s’exclame.) Nous ne sommes pas le relais de puissances étrangères. Nous refusons de nous laisser entraîner dans des combats qui ne sont pas les nôtres.”
“Pourquoi choisissez-vous, en définitive, de cibler un groupuscule qui n’a aucune implication terroriste en France ou en Europe ? Il se pourrait que vous vous fassiez le relais de combats qui ne sont pas les nôtres. Certains États ou gouvernements étrangers ont un contentieux particulier avec les Frères musulmans. (« Eh oui ! » sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Plus précisément, ils cherchent à affaiblir des États rivaux en ciblant cette confrérie. Je note que votre proposition suit de près une décision analogue de Donald Trump, qui veut par ailleurs nous vassaliser et dont, au fond, vous admirez la vision du monde. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Vous seriez mieux avisés de dénoncer avec nous ce qui se passe en Syrie, où les combattants kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS) subissent une attaque de l’armée syrienne, avec l’appui de la Turquie et l’approbation formelle de Donald Trump. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Cette trahison à l’égard de ceux dont la contribution à la lutte contre l’État islamique en Syrie a été décisive concerne directement notre sécurité. La retraite forcée des FDS a déjà rendu possible la fuite de centaines, voire de milliers de miliciens de l’État islamique jusque-là détenus dans des prisons contrôlées par les Kurdes de Syrie. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Ce faisant, vous contribuez à susciter la défiance contre une partie de la population, tantôt accusée d’entrisme, tantôt de séparatisme – il faudrait savoir ! En agissant ainsi, vous servez la cause de ceux que vous prétendez combattre, car la stratégie des terroristes consiste d’abord à fracturer l’unité du pays visé. (Mêmes mouvements.)”
“Votre initiative ne sert pas la lutte contre le terrorisme. Elle s’inscrit, en revanche, dans une islamophobie chauffée à blanc et qui rend fou. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Que dire du cas de cette lycéenne, un temps exclue parce qu’elle portait, pour masquer une alopécie, un bonnet assimilé à tort à un signe religieux ? Que dire également de l’insupportable chasse au calot menée dans certains hôpitaux parisiens ?”
“Et, comme cela ne vous suffit pas, vous nous soumettez cette proposition de résolution. Pourtant, la lutte contre le terrorisme est une affaire sérieuse. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Elle nécessite discernement, criblage et suivi précis. Ce sont les propos de Laurent Nuñez qui, récemment au Sénat, se disait défavorable à votre proposition puisque – je le cite – « nous ne sommes pas dans le cas d’un mouvement terroriste » ; mais peut-être, au stade où vous en êtes, me direz-vous que le ministre de l’intérieur est un agent des Frères musulmans ? (Rires sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Frédérique Meunier s’exclame.)”
“Engagé dans cette compétition glauque vers la radicalisation, Laurent Wauquiez a, quant à lui, échafaudé une commission d’enquête, qui s’est terminée, pour vous, en pantalonnade.”
“De quoi est-il question dans ce texte confus : des Frères musulmans, de l’islamisme, du terrorisme ? On ne sait pas très bien. En réalité, un spectre vous hante : celui de l’islam. Le récent rapport « Frères musulmans et islamisme politique en France » reconnaît lui-même que le mouvement des Frères musulmans est groupusculaire et inorganisé ; mais comme son commanditaire, Bruno Retailleau, avait l’obsession du contraire, il a tordu ce rapport pour lui faire dire ce qu’il ne disait pas. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Les Émirats arabes unis vous ont donné de l’argent ? Que faisait Jordan Bardella là-bas ?”
“S’agit-il d’entrisme ou de séparatisme ? Il faudrait savoir !”
“Vous réfléchissez comme un préfet, le reste c’est de la littérature.”
“Ce qui est une absurdité, c’est l’idée selon laquelle l’Europe en serait un pilier indépendant !”