Nicolas Tryzna
DR · France
“Je suis très surpris du débat que nous avons depuis plus d’une heure. Vous avez parfaitement raison de rappeler, madame la rapporteure, qu’il faut aussi débattre des 97 % de personnes qui ne sont pas condamnées, mais nous parlons ici des monstres – et l’un n’empêche pas l’autre !”
“Quand on se réfère au code pénal, il faut le citer en entier. L’article 130-1 commence par affirmer que le rôle de la condamnation pénale est « d’assurer la protection de la société » et « de prévenir la commission de nouvelles infractions […] ».”
“L’amendement de Mme de Pélichy vise simplement à remédier à une anomalie : des viols réguliers méritent d’être punis plus gravement qu’un unique viol, surtout lorsque, chose particulièrement horrible, la victime est un enfant. C’est là l’objet du débat, c’est de cette évidence que nous discutons.”
“Mais que, dans quelques cas particulièrement odieux, on prenne des mesures particulièrement sévères, cela semble justifié. Et que l’auteur de tels actes ait été le candidat d’un parti ou d’un autre n’est pas le débat. Le débat, c’est l’horreur de ses actes.”
“Les amendements identiques visent à répondre à plusieurs questions, la première étant celle des moyens. En outre, il est trop simple de prétendre que tous les départements – il en existe près de cent – sont dysfonctionnels. L’entendre est insupportable pour les conseillers départementaux que sont certains d’entre nous.”
“Il y a eu des problèmes de moyens – ils méritent qu’on revienne dessus – et d’encadrement, mais créer un haut-commissariat pour contrôler un État et des départements considérés comme a priori dysfonctionnels n’est pas la solution. Cette dernière passe par la proposition simple que nous faisons : les contrôles communs.”
The complete record
Every one of 149 lines we hold for Nicolas Tryzna, in date order, each linked to its source. Free to read, in full, without an account. Page 3 of 3.
“Le groupe DR demande une suspension de séance de dix minutes.”
“Nous avons parlé de fond, parlons maintenant de la forme. Vous inventez trois choses dans le texte que vous proposez. D’abord, la part d’influence cumulée, critère particulièrement subjectif qui conférerait un pouvoir d’appréciation très large à une autorité administrative. C’est absolument inapplicable. Ensuite, vous créez des procédures complexes de contrôle préalable, qui feraient perdre un temps fou en procédure. Enfin, vous étendez le champ de la régulation aux acteurs étrangers, ce qui posera des problèmes de concurrence à l’échelle européenne. Votre texte est inapplicable, donc il faut le supprimer.”
“Vouloir protéger nos concitoyens en régulant à outrance, c’est les infantiliser. Comme le disait Clemenceau en 1881 : « La République vit de liberté ; elle pourrait mourir de répression […]. » Faites confiance à la liberté ! (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)”
“Quelle image avez-vous des lecteurs et des auditeurs pour penser qu’ils croient automatiquement ce qu’ils lisent ou entendent ? Vous semblez considérer que le public est incapable de distinguer une information libre d’une information biaisée, et que l’État doit donc intervenir pour protéger le citoyen. C’est un mépris pour l’intelligence de ce dernier, d’autant plus surprenant que l’histoire illustre sa capacité à discerner la vérité. Contrairement à une légende tenace, les Français de 1914 ne croyaient pas que les balles allemandes ne tuaient pas parce que la presse contrôlée le disait – ils avaient du bon sens.”
“Mais quelle image avez-vous du journaliste pour imaginer qu’il accepte d’aller à l’encontre de l’éthique de son métier ? (Brouhaha continu sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS.) C’est précisément la raison d’être des sociétés de journalistes. Chacun son rôle ! Nous devons considérer qu’un journaliste exerce son métier selon sa conscience et sa déontologie ; il peut aussi s’engager en faveur de telle ou telle position politique – c’est honorable et l’on parlera alors simplement d’un journal engagé. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Vous pensez que le propriétaire du journal tient la plume du journaliste et impose une doctrine.”
“L’un comme l’autre sont reconnus pour ne pas intervenir dans les rédactions. La presse a, et aura toujours, besoin de financement. En 1944, Camus se réjouissait d’une presse libérée de l’argent, mais cette vision se heurte à la réalité. Il faut répondre avec raison : le vrai enjeu, c’est l’indépendance des rédactions, pas celle des propriétaires. Enfin, la dernière question est presque philosophique. Elle illustre surtout la différence entre vous et nous.”
“Les journalistes, les sociétés de rédaction doivent être protégés et disposer de garanties concrètes. Ayez l’honnêteté d’avouer que, si certains médias existent encore, c’est parce que leurs actionnaires ont accepté d’y remettre des fonds : Le Point , par exemple, n’existerait pas sans l’action de François Pinault, ni Le Monde sans Xavier Niel.”
“Sur le plan éthique, vous vous trompez de problème. Ce n’est pas l’actionnaire qui compte, c’est l’indépendance du journaliste. Le fonctionnement même de la presse repose sur un équilibre entre le journaliste, l’actionnaire et le public. La question, c’est le bon équilibre entre ces trois acteurs, pour que le travail journalistique soit assuré, que le journal soit au minimum rentable (M. Inaki Echaniz s’exclame) et que le public y retrouve ce qu’il cherche. (Mme Anne-Laure Blin s’exclame.) La seule vraie question, c’est la présence – ou non – du propriétaire dans la rédaction, afin que le journaliste puisse travailler en son âme et conscience, dans le respect de la déontologie journalistique. Ce qui compte, ce n’est pas qui possède un média, mais qui y travaille.”
“Vous avez alors cherché une solution hybride qui a accouché d’une usine à gaz. Vous prévoyez des critères d’influence fondés sur le pouvoir suggestif, la pénétration et le degré d’actualité, avec cinq facteurs déterminés par l’Arcom, puis vous renvoyez les décisions à cette même Arcom. Vous baissez également le taux d’intervention de l’Autorité de la concurrence. (M. Loïc Prud’homme s’exclame.) En résumé, vous êtes conscients d’être désarmés face à un danger discutable et vous proposez une solution inadaptée et inapplicable.”
“Juridique d’abord, car il est en réalité très compliqué d’imposer par la loi la fin des consortiums de presse. Pourquoi ? Parce que les sociétés sont multiples, les actionnaires divers, les montages financiers complexes. Vous n’avez pas su éviter de nombreux écueils : vous mélangez concentration et influence, médias et information. Surtout, vous découvrez que votre objectif réel – empêcher un milliardaire d’acheter d’autres journaux – n’est tout simplement pas viable juridiquement.”
“Eh bien, non ! Ce texte pose trois problèmes – juridique, éthique et philosophique.”
“Depuis 1945, une vingtaine de textes ont tenté, sans succès, de remédier aux regroupements de journaux et de médias. Vous ne faites donc que perpétuer un héritage qui considère – à tort – que posséder un journal, c’est tenir la plume du journaliste, et que tenir la plume du journaliste, c’est imposer une pensée à la population.”
“On comprend bien la logique qui sous-tend votre proposition de loi. Ce texte pose de nombreuses questions, notamment sur votre vision de la société. Son objectif est clair, affiché – empêcher un milliardaire bien connu de continuer à acheter des médias car, pour vous, acheter un média revient forcément à tenir la plume des journalistes. Rassurez-vous, ce n’est pas une première. La loi sur la liberté de la presse date de 1881 et, depuis 1881, continuellement, le législateur a voulu interdire les conglomérats de médias. La presse de gauche dénonçait déjà, dans les années 1930, l’abominable vénalité de la presse française. Selon les époques, les ennemis s’appellent Prouvost, Coty, Hersant, Lagardère ; aujourd’hui, c’est Bolloré.”
“Cet amendement tend à supprimer l’alinéa 16 de l’article 1 er , qui abroge un fondement juridique dont l’insuffisance n’est pas démontrée, pas plus que l’intérêt d’un nouveau dispositif. Une telle abrogation participerait ainsi à une instabilité normative préjudiciable aux acteurs économiques, notamment agricoles.”
“Il s’agit de supprimer l’alinéa 14, en apparence purement rédactionnel puisqu’il tend seulement à ajouter un « s » à « action » – je lis : « Au dernier alinéa de l’article L. 2224-7-7, la seconde occurrence du mot : action est remplacé par le mot : actions […]. » (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe EcoS.) Chers collègues, comme vous ne l’avez pas lu, il faut bien que quelqu’un le fasse pour vous ! Derrière ce détail, on retrouve tout le débat que nous avons depuis tout à l’heure sur les dispositions qui visent encore à imposer des contraintes aux collectivités. Car dans un texte qui va déjà à l’encontre des agriculteurs, vous voulez également inclure les collectivités. Comme d’habitude, c’est de l’écologie punitive et coercitive !”
“Comme la ministre l’a dit, l’intervention qu’a faite notre collègue n’a rien à voir avec l’amendement lui-même. Ce qui les embête, dans cet alinéa, c’est la nécessité de disposer d’« éléments suffisamment précis, factuels et récents ». (M. Laurent Wauquiez applaudit.)”
“Enfin, nous sommes pour le droit international, mais nous ne voulons pas être les seuls à jouer aux échecs pendant que les autres jouent au poker. Le multilatéralisme ne doit pas être un alibi pour nous effacer. La France doit défendre sa vision du monde et la liberté, sans naïveté et sans se soumettre. (Applaudissements sur les bancs des groupes DR et HOR.)”
“La France doit exiger des élections libres, sous contrôle international, et soutenir ceux qui, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, luttent pour la démocratie. Les urnes doivent parler et leurs résultats, être entendus. La France ne peut cautionner un système qui bafoue la volonté populaire. Elle ne peut pas laisser non plus le Venezuela devenir le jouet des puissances étrangères. Notre rôle est d’agir pour que le peuple vénézuélien puisse enfin décider de son avenir dans le respect et la dignité. Que ce soit pour le Venezuela, pour l’Iran ou pour n’importe quel autre pays, notre modus operandi doit être le même. Gardons à l’esprit les mots de l’un de nos plus grands diplomates, Talleyrand : le pouvoir est fait pour protéger la liberté, non pour la détruire.”
“En outre, que dire des multiples atteintes aux droits humains commises par le régime du président Maduro : enlèvements et disparitions forcées des opposants, emprisonnements, tortures et extorsions de leurs familles, collaboration avec les narcotrafiquants, corruption, sans parler des procès sommaires de milliers de Vénézuéliens accusés de crimes inexistants ? Que penser d’un régime qui a une telle défiance envers son peuple qu’il préfère disposer d’une armée de soldats étrangers ? En effet, plus de la moitié des militaires tués lors de l’opération américaine étaient cubains. Nous devons peser pour que le Venezuela ne devienne pas une colonie américaine et pour qu’il ne redevienne pas non plus une dictature.”
“Toutefois, la France, patrie des droits de l’homme, doit rappeler avec intransigeance son attachement au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Le peuple vénézuélien a le droit de choisir son destin, quel qu’il soit, à condition que ce choix soit libre et éclairé. Or, depuis des années, les élections au Venezuela ne sont que des parodies de démocratie, des mascarades organisées par un régime qui confisque la volonté populaire et étouffe toute opposition. Les urnes parlent mais le régime ignore les résultats.”
“Parfois, oui, mais trop souvent nous nous effaçons, nous nous diluons et acceptons de n’être que des figurants. Avec les États-Unis, il y a à prendre et à laisser. Nous devons les traiter comme ils nous traitent : en partenaires, non en alliés inconditionnels. En effet, être alliés suppose un engagement réciproque ; or la France a trop souvent l’impression d’être un vassal plus qu’un allié. Il est temps de cesser de subir et de redevenir un acteur – un acteur qui pèse, qui propose, qui protège et qui assume pleinement sa souveraineté et son indépendance. Parmi les crises internationales, comment ne pas évoquer le Venezuela ? Bien sûr, personne ne pleurera la disparition d’un dictateur – sauf, peut-être, quelques révolutionnaires de salon.”
“Elle a su le faire en 2020 pour la Grèce, provoquée par la Turquie dans ses eaux territoriales, quand son déploiement naval avait fait reculer Ankara – la preuve que, quand nous le voulons, notre voix est audible et notre action efficace. Souvenons-nous des mots du général de Gaulle en 1967 ; il disait que la France entendait être elle-même, parler pour elle-même et, chaque fois qu’elle le pouvait, pour ceux qui n’avaient pas la possibilité de se faire entendre. Plus que jamais, cette vision devrait guider notre action. Pourtant, force est de constater que ce n’est pas le cas. La question qui se pose à nous aujourd’hui est simple : quel rôle la France entend-elle jouer dans la prévention et la résolution des crises politiques internationales ? Notre voix est-elle encore audible ?”
“Nous ne reconnaissons plus nos alliés traditionnels. Nous sommes considérés dans le meilleur des cas comme des partenaires, parfois comme des vassaux, sommés de nous soumettre ou de payer. Lorsqu’il avait évoqué la mort cérébrale de l’Otan, le président de la République avait utilisé une formule qui avait choqué. Avec le recul, elle apparaît moins comme une provocation que comme un constat : l’Alliance atlantique n’est plus le rempart immuable qu’elle prétendait être. Dans ce contexte, la France tient un rôle quasi inexistant sur la scène internationale. Pire, l’Union européenne, alors qu’elle dispose d’un chef de la diplomatie et devrait parler d’une seule voix, ressemble à un chœur polyphonique où chacun chante sa partition. Or, même si l’Europe dissone, la France doit se faire entendre – seule, si nécessaire.”
“La France doit retrouver son rang dans le concert des nations. Comme le pensait le général de Gaulle, nous sommes en effet une puissance d’équilibre et le porte-voix des petits, ainsi que l’une des rares puissances nucléaires autonomes, dotée d’une armée puissante, parmi les plus performantes au monde. Notre histoire, notre diplomatie, notre force militaire nous imposent une responsabilité : celle de ne pas subir, de peser et d’agir. Or l’ordre mondial est en train de changer sous nos yeux : l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les menaces persistantes de la Chine et la réélection de Donald Trump aux États-Unis ont sorti de leur torpeur le monde occidental, l’Union européenne et la France. Les Américains ont opéré un basculement géostratégique vers l’Asie au détriment de l’Europe. Quant à la Russie, elle veut reconstituer son empire.”
“Vous me tentez trop. (Sourires.) L’amendement vise cette fois non à supprimer l’article mais à le modifier. Nous avons déjà évoqué l’inconstitutionnalité de l’article à plusieurs reprises depuis le début de la séance. Elle est toujours d’actualité. C’est pourquoi nous proposons cet amendement.”
“Voilà le vrai sujet. Pourquoi les personnes demandent-elles le renouvellement d’un titre de séjour tous les dix ans plutôt que la nationalité française ? (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe SOC.) Il serait intéressant que nous puissions répondre à cette question. Je sais bien que votre niche ne porte pas sur ce sujet mais j’ai le droit de l’aborder – c’est le principe du débat.”
“Nous vivons les mêmes expériences, nous connaissons tous des personnes qui demandent des permis de séjour. J’aimerais donc vous poser la question : pourquoi ne défendez-vous pas un texte qui leur donne la possibilité de demander la nationalité française ? Ils n’auraient pas besoin de réclamer un renouvellement au bout de dix ans. Le débat ne serait pas le même.”
“Le fond de cette affaire, c’est que vous proposez une mesure inapplicable et dangereuse – nous l’avons dit. Ce qui est assez amusant, c’est que, d’un côté, on nous traite de racistes, de l’autre on cite Georges Marchais. Mais de quoi parle-t-on vraiment ? Si le problème est celui des délais de traitement, on peut trouver bien d’autres solutions en préfecture pour le résoudre. Si l’enjeu est l’automatisation, elle pourrait concerner beaucoup d’autres sujets mais, bizarrement, vous ne visez qu’une question très précise. Soyez plutôt crédible et sérieux : dites réellement ce que vous voulez – ce sera plus simple et nous gagnerons du temps.”
“Ce n’est pas très grave, madame la députée ! Mieux vaut être seul que mal accompagné !”
“C’est peut-être parce que nous sommes peu nombreux que ça résonne un peu ! (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe SOC.) Vous savez bien que le vrai débat ne porte pas sur ce qui est prévu par cette proposition de loi mais sur la possibilité de rendre automatique, de manière générale,…”
“Comme je l’ai précisé tout à l’heure, ce texte nous semble assez délirant et surprenant. (« Ça résonne ! » sur plusieurs bancs du groupe SOC.)”
“Or automatiser, c’est renoncer à cette crédibilité. Pour ces raisons et contre le titre de séjour à vie, la Droite républicaine votera contre cette proposition de loi qui affaiblit l’État et va à rebours des attentes des Français. Résolument opposés à ce texte qui désarme l’État, nous vous proposerons donc de voter un amendement rétablissant le contrôle des demandes de renouvellement des titres de séjour, supprimé la semaine dernière en commission.”
“Oui, nous sommes pour la simplification administrative, mais nous sommes opposés à l’automaticité aveugle et dangereuse. Oui, les préfectures sont saturées, mais la solution n’est pas de supprimer les contrôles ; c’est de les moderniser et de les simplifier en améliorant nos procédures, nos moyens humains et nos outils numériques. En outre, simplifier ne veut pas dire automatiser sans discernement ; sinon, comment empêcher le renouvellement des titres de séjour des étrangers radicalisés ou sous OQTF (obligation de quitter le territoire français) ? En conclusion, le renouvellement de titre n’est pas une simple formalité administrative ; c’est le moment d’une vérification indispensable. Soyons cohérents : une politique migratoire crédible suppose un suivi sérieux et des conditions respectées dans la durée.”
“Nécessaire, il l’est d’abord pour notre sécurité – c’est la question du verre à moitié plein ou à moitié vide, madame la rapporteure –, quand on sait que 15 000 renouvellements sont refusés chaque année en raison d’une menace à l’ordre public ou d’une condamnation pénale. Il est aussi nécessaire pour lutter contre la fraude aux titres de séjour, quand on sait que derrière 12 % des demandes de renouvellement, on trouve de faux documents, un mariage blanc ou encore la disparition des conditions qui avaient justifié l’octroi du titre initial. Il est nécessaire enfin pour répondre aux attentes fortes de 80 % des Français, qui nous demandent de renforcer les contrôles plutôt que de faciliter les autorisations. Vous l’aurez compris, ce texte est un contresens politique et institutionnel.”
“Rendre automatique ce qui doit être contrôlé, c’est ouvrir la porte à des dérives, à des fraudes et à un appel d’air migratoire ; et créer un droit automatique, c’est défaire la logique même du séjour régulier qui repose sur un contrôle continu des conditions légales. D’ailleurs, qui s’est déjà vu renouveler automatiquement sa carte d’identité ou son passeport ? Personne ! C’est bien pour cette raison que nous sommes contre le titre de séjour à vie. Je l’ai dit, cette mesure va à l’encontre des exigences de nos concitoyens autant qu’elle est dangereuse pour la crédibilité et la sécurité de notre politique migratoire. Chaque année, les préfectures traitent près de 600 000 renouvellements. Cela représente un travail considérable mais surtout nécessaire.”
“C’est inconstitutionnel d’abord parce que la maîtrise de l’immigration repose sur deux objectifs à valeur constitutionnelle que sont la sauvegarde de l’ordre public et la protection de la nation ; et ensuite parce que l’adoption de ce texte entraînerait la création de deux régimes opposés – l’un, automatique et aveugle, pour les étrangers ; l’autre, volontaire et contrôlé, pour les Français. C’est impensable, enfin, car derrière l’intention affichée d’une simplification administrative, ce texte aurait des effets dangereux sur notre politique migratoire et sur la capacité de l’État à suivre, à contrôler et à garantir la conformité des situations administratives des personnes étrangères présentes en France. Supprimer toute vérification régulière des conditions de séjour, c’est affaiblir notre souveraineté.”
“Chaque année, 14 millions de Français doivent multiplier les démarches pour pouvoir renouveler leur passeport ou leur carte d’identité. Rendez-vous en mairie, présentation d’un justificatif de domicile, paiement d’un timbre fiscal et relevé d’empreintes digitales : chacun de nos concitoyens doit se plier à des procédures exigeantes de contrôle pour le renouvellement d’un titre français. Et pourtant, chers collègues du Parti socialiste, vous exprimez ici la volonté, pour le moins particulière, de renouveler automatiquement des titres de séjour français de longue durée. Comment expliquer à nos concitoyens que l’État supprime le contrôle des titres de séjour pour les étrangers alors qu’il le maintient pour les Français ? C’est impossible, impensable et surtout – Mme la ministre l’a dit tout à l’heure – inconstitutionnel.”
“Sincèrement, en tant qu’élu très urbain, je suis ravi de votre réponse mais, venant d’un ministre de la ruralité, elle me surprend un peu. Plus sérieusement, vos propos présentent un avantage : ils confirment que l’État ne veut pas. C’est acté et fixé. On parle des études depuis très longtemps et je crains que votre réponse ne prenne pas en compte l’ampleur du foncier perdu. Celui qui est consacré aux lignes à haute tension appartient à l’État. Nous parlons donc non seulement d’une difficulté pour nos collectivités mais aussi d’une perte de revenus très importante pour l’État. Je regrette que, dans l’élaboration de cette solution fiscale, on n’ait pas simplement étudié les plus et les moins. Si l’État s’y était attelé, je pense qu’il aurait eu des surprises. Ce n’est pas le choix qui a été fait aujourd’hui : tant pis !”
“Ma circonscription présente la particularité d’abriter le marché d’intérêt national – le MIN – de Rungis, plus gros marché de produits frais au monde. Or il est directement relié à ces lignes à haute tension. Par conséquent, la moindre panne, le moindre acte malveillant mettraient en danger ce lieu qu’on peut qualifier de ventre de Paris – puisqu’il permet à la majorité de la population parisienne de se nourrir. Ma question est simple : quelles mesures compte prendre l’État pour, enfin, enfouir les lignes à haute tension aériennes dans mon département ?”
“Je suis élu du Val-de-Marne, département très urbain et longtemps considéré comme un territoire servant de Paris. Il est vrai en tout cas que des lignes à haute tension aériennes défigurent le paysage, ce qui pose trois problèmes. Le premier est d’ordre esthétique : le cadre de vie de la population se trouve dégradé par la présence, partout, de ces lignes. Le deuxième concerne le foncier. Au-delà du désagrément esthétique, la surface occupée par les lignes à haute tension représente autant de kilomètres carrés de foncier perdus. Un aménagement complexe est donc nécessaire. Les maires doivent mener, pour chaque projet, une réflexion qui n’est pas simple. Et il ne faut pas oublier les pertes de revenus pour l’État. J’en viens enfin à un enjeu de sécurité intérieure.”
“Nous retirons ces amendements. En revanche, nous souhaiterions avoir un engagement de la ministre quant au PLF.”
“Non, je le maintiens, pour une raison simple : nous avons des promesses, le premier ministre a formulé des engagements, mais ils ne sont malheureusement pas toujours suivis d’effet.”
“Rappelons la situation très particulière dans laquelle se trouvent les départements : ils ne choisissent pas le nombre d’allocataires et ne fixent pas les taux. Ils sont en passe de disparaître purement et simplement car ils ne pourront pas continuer à payer ces allocations. Le débat revient à ceci : voulons-nous que les départements jouent un véritable rôle, oui ou non ? L’objet de l’amendement est de faire en sorte que l’accompagnement du vieillissement et du handicap soit assuré aussi bien par l’État que par les départements. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe DR.)”
“Le logement est un enjeu majeur du quotidien de nos concitoyens. Au-delà des difficultés de pouvoir d’achat, il conditionne la construction d’une vie de famille et d’une carrière professionnelle. Quelles mesures avez-vous l’intention de prendre pour redonner aux élus locaux les moyens d’agir pour construire, rénover et assurer la tranquillité publique dans nos communes ? (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)”
“Au sein du groupe Droite républicaine, avec Laurent Wauquiez, nous sommes très attachés au lien avec les élus locaux et avec nos concitoyens ; nous les entendons, nous voulons répondre à leurs besoins et restaurer la crédibilité de l’action publique. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)”
“Les élus locaux cherchent des solutions aux besoins de leur population. Ils connaissent les détresses des familles et devraient être les piliers de la politique du logement. Celle-ci doit se piloter au plus près du terrain, avec comme seul objectif une véritable mixité sociale, cœur de la cohésion de la société. Les maires sont aujourd’hui trop souvent impuissants, aussi bien en ce qui concerne la politique de peuplement de leur ville qu’en matière de lutte contre la délinquance. Dans une banlieue comme la mienne – comme la nôtre –, l’immense majorité des locataires honore son loyer, respecte les parties communes et le voisinage. J’ai été témoin de la détresse de ces habitants qui ne demandent qu’une chose : que nous trouvions enfin des solutions pour rétablir la tranquillité à laquelle ils ont droit.”
“Monsieur le ministre, dans votre entretien donné ce week-end au Journal du dimanche , vous avez présenté plusieurs orientations destinées à relancer une politique du logement aujourd’hui paralysée. La production de logements neufs chute et les attributions ne permettent pas de satisfaire le grand nombre de demandeurs. Vos annonces en vue de faciliter l’expulsion des locataires délinquants, relancer l’accès à la propriété ou rénover le bâti ancien répondent à une urgence face à laquelle les professionnels du secteur nous alertent.”
“Ma question s’adresse au ministre de la ville et du logement. (« Ah ! » et sourires sur plusieurs bancs des groupes DR. – Exclamations sur plusieurs bancs du groupe EcoS.)”