François Cormier-Bouligeon
EPR · France
“Nous sommes d’accord avec le ministre pour rejeter les sous-amendements et accepter l’amendement de rétablissement. Je le dis fort de mon expérience de député du Cher – une double expérience, puisque dans mon département se tient aussi depuis cinquante ans le fantastique festival du Printemps de Bourges, qui est la première fête musicale…”
“…et qui fait l’objet de mesures de prévention, alors que la rave-party, illégale, a donné lieu à des intrusions illégales sur un terrain militaire et que des dégradations ont été commises contre des exploitations agricoles ; des animaux d’élevage ont même été mis en danger à cause de tous les déchets restés sur le terrain après le passage…”
“(Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) D’ailleurs, il n’est pas étonnant que les principaux orateurs de La France insoumise aient été les représentants de la chaîne logistique de cette économie, à savoir les revendeurs et les consommateurs. Ce sont ces dérives-là que vous incarnez, messieurs les députés. (Mêmes mouvements.)”
“L’actualisation de la LPM vise à tenir compte de ces enjeux majeurs en mobilisant 36 milliards d’euros de ressources nouvelles pour la période 2026-2030, portant ainsi l’effort de programmation à 436 milliards d’euros.”
“Aucune mission n’est plus essentielle pour un État que celle de protéger son peuple, de garantir ses frontières et de défendre ses intérêts vitaux. Aucune. C’est là le cœur du cœur du régalien. Nous nous apprêtons à honorer cette mission par ce vote solennel, qui se tient dans un contexte bien particulier.”
“Si la France a besoin de se réarmer, ce n’est donc pas par goût de la guerre mais pour garantir la paix en prévenant une attaque future de notre territoire ou de celui de nos alliés. Le temps des naïvetés coupables et complices est révolu.”
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“Tous les groupes ont apporté leur pierre à cet édifice et je les en remercie. Je tiens également à souligner le sérieux des débats qui se sont tenus tant en commission qu’en séance. « Une nation se perd lorsqu’elle cesse de croire à son propre avenir. » Marc Bloch, décidément, voyait juste ; en votant cette actualisation de la loi de programmation militaire – ce que les députés du groupe Ensemble pour la République feront – nous lui disons, par-delà l’espace et le temps, que nous avons entendu son message. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem, sur plusieurs bancs des groupes DR, HOR et LIOT ainsi que sur les bancs des commissions.)”
“En la matière, notre travail aura aussi permis : le lancement d’une étude de faisabilité portant sur la relocalisation de la production de munitions de petit calibre en France d’ici à 2028 ; l’inscription de l’infrastructure de résilience et d’interconnexion sécurisée par satellite (Iris 2 ) au rang de priorité stratégique en matière de communications souveraines ; le lancement, avant fin 2026, des études sur le char intermédiaire, ainsi qu’un calendrier corrigé en vue de son développement à l’horizon 2030 ; une étude de faisabilité – chère au rapporteur Yannick Chenevard – portant sur des catapultes électromagnétiques souveraines destinées au futur porte-avions la France libre ; l’inscription de la coopération entre hélicoptères et drones au rang de priorité de l’aérocombat ; ou encore l’intégration de l’intelligence artificielle.”
“Ensuite, nous avons proposé des dispositions tendant à renforcer notre industrie de défense et notre souveraineté, en réaffirmant que nous sommes désormais dans une logique d’économie de guerre, en renforçant le maillage territorial des attachés d’industrie de défense, mais aussi en améliorant l’accès des petites et moyennes entreprises (PME), comme des entreprises de taille intermédiaire (ETI) aux grands programmes de défense.”
“Nous avons d’abord proposé des mesures en faveur de l’amélioration de la condition militaire : en inscrivant dans le rapport annexé qu’elle est un levier d’attractivité et de fidélisation au sein des armées ; mais aussi grâce à l’attribution de la prime de commandement et de responsabilité militaire (PCRM) aux réservistes exerçant des fonctions d’encadrement ; ou encore grâce à l’octroi de la carte du combattant aux sous-mariniers servant à bord des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), comme le souhaitait le président de la commission de la défense nationale, Jean-Michel Jacques.”
“Cela passe par la sécurisation de l’approvisionnement des forces armées, afin de répondre à leurs besoins logistiques, énergétiques et sanitaires ; par la constitution d’un stock minimal de toute matière, de tout composant, de toute pièce de rechange, de tout produit fini ou semi-fini stratégique ; par la création d’un état d’alerte de sécurité nationale ; par la création du service national ; par une journée de mobilisation recentrée sur les fondamentaux de la défense nationale et l’identification des aptitudes à servir au sein de l’armée. Le groupe Ensemble pour la République a contribué à enrichir ce projet de loi, et je remercie Mme la ministre pour la qualité de son écoute et sa volonté de coconstruction du texte avec l’Assemblée nationale.”
“Ils financeront l’acquisition de munitions, à hauteur de 8,5 milliards d’euros ; ils permettront de porter le financement de la dronisation à 8,4 milliards ; mais aussi de soutenir l’innovation, avec 1 milliard d’euros destinés au développement de missiles balistiques. Il s’agit aussi de préparer le réarmement juridique, économique et moral de la France.”
“Hollande, la loi de programmation militaire a fait passer le budget de la défense à 295 milliards d’euros lors de la XV e législature, avec Florence Parly. Sous la XVI e législature, avec Sébastien Lecornu, la dernière loi de programmation militaire a porté ce budget à 413 milliards d’euros. Lors de la XVII e législature, avec Catherine Vautrin, nous actualisons cette LPM en l’augmentant de 36 milliards d’euros. Ces crédits supplémentaires permettront de garantir notre autonomie stratégique en renforçant les moyens technologiques et humains des armées. Ils assureront la hausse des effectifs, pour atteindre l’objectif de 275 000 équivalents temps plein (ETP) d’ici à 2030.”
“Certes, l’armée française est restée la première armée d’Europe. Grâce à la vision lucide du général de Gaulle, nous n’avons jamais cru au parapluie américain. Nous avons investi dans une dissuasion souveraine pour protéger le sol national. Nous avons continué à entretenir, avec la DGA, avec les entreprises françaises de défense, avec les états-majors et les soldats, une armée forte, professionnalisée, opérationnelle et capable de montrer son efficacité en maints endroits de la planète. Tout cela s’est révélé bien insuffisant quand l’histoire, la géographie et la géopolitique nous ont rattrapés. Dès 2017, avec le président de la République, nous avons anticipé cette réalité et nous pouvons en être fiers. D’un montant de 195 milliards d’euros sous la présidence de M.”
“« Les causes profondes de la défaite remontaient à loin. […] Alors que nos chefs ont prétendu renouveler la guerre de 1915-1918, les Allemands faisaient celle de 1940. » Voilà ce qu’écrivait le valeureux Marc Bloch dans L’Étrange défaite . Il faut toujours le lire et le relire. Depuis 2017, nous préparons la guerre de demain. Sous l’impulsion du président de la République, Emmanuel Macron, nous avons rompu avec la naïveté coupable de ceux qui pensaient l’histoire finie et qui, après la chute du mur de Berlin, pensaient pouvoir profiter des dividendes de la paix. Une paix qu’ils pensaient éternelle, au point de faire le choix, pendant de trop longues années, de désinvestir dans la défense nationale. Fermetures de régiments et diminutions d’investissements se sont ainsi succédé.”
“Premièrement, je reprends où je m’étais arrêté : oui, nous observons déjà sur notre territoire les manifestations d’une guerre hybride et d’influence, de cyberattaques et d’attaques d’infrastructures par des proxies. Tout cela existe et va se développer. Mme la ministre vient de rappeler le périmètre de l’article 21. La gravité de la menace est certaine. Ne nions pas que la situation a évolué et préparons-nous à contrer la menace. Deuxième argument, il n’y a pas de remise en cause de l’État de droit dès lors que le Parlement, librement réuni, adopte la disposition et que le gouvernement la met en œuvre à la lettre. Troisième argument en forme de boutade pour notre collègue agrégé de lettres classiques et non de géographie, l’autoroute A69 mène à Castres et pas à Chambéry ! (Sourires.)”
“Une seconde, s’il vous plaît, madame la présidente !”
“Ce débat est intéressant et je partage en partie les propos de nos collègues de gauche. Il se trouve que j’ai, comme eux, des convictions parlementaristes très fortes. Selon moi, depuis deux cent quarante ans, en particulier depuis 1962, l’exécutif a trop de pouvoir dans notre pays. Mais je considère aussi qu’il est important d’avoir un exécutif efficace. Or on ne fera croire à personne qu’un gouvernement reposant sur l’élection d’un président de la République élu et réélu, profondément démocrate, cherche, au moyen de cet article 21, à porter atteinte aux libertés publiques. Monsieur Lachaud, vous voulez protéger les libertés publiques aux abords des OIV, mais qui nie qu’aujourd’hui déjà, certaines entreprises de service public font l’objet d’attaques hybrides ?”
“Je goûte assez peu l’argumentaire de notre collègue Saintoul, parce que je reste très attaché à la compétitivité de nos petites et moyennes entreprises. Elles n’ont pas les marges dont peuvent bénéficier les autres et c’était le sens de cet amendement que de les défendre pour qu’elles puissent continuer à investir. Mais, ayant entendu l’avis expert et convaincant de M. le rapporteur et de Mme la ministre, je retire mon amendement.”
“L’article 7 est légitime puisqu’il prévoit un système de redevances pour les entreprises quand leur technologie est financée sur fonds publics et vendue à l’export. Nous avons une BITD riche et forte, mais qui est composée de façon hétérogène, avec d’un côté quelques grands groupes donneurs d’ordre et, de l’autre, des milliers de PME qui, pour un certain nombre d’entre elles, sont duales et relèvent à la fois du civil et de la défense. Or je m’interroge sur la capacité des PME à absorber le coût de cette redevance et je propose donc ici de les en exonérer.”
“Écoutez, nous avons quand même été élus !”
“J’ai payé ma dette à la société ! (Sourires.)”
“C’est bien, il est temps de le reconnaître !”
“…y compris le rétablissement de l’impôt sur la fortune. Dont acte. Notre collègue Saintoul disait tout à l’heure que ma suggestion de créer un fonds pour financer l’IA au profit de nos armées n’était pas assez précise et du coup, il l’a fait échouer. C’est dommage, parce que ce dispositif concernait les entreprises françaises. Là, je trouve que c’est votre proposition qui manque un peu de précision : à quel niveau faites-vous la distinction entre les riches et les super-riches ? Est-ce par exemple autour de 1 million d’euros de patrimoine, auquel cas M. Mélenchon serait concerné ? Restera à savoir d’où vient son patrimoine : en trente ans de vie parlementaire, parvenir à un patrimoine de plus de 1 million d’euros en n’ayant fait que cela paraît tout de même assez surprenant…”
“Il est vrai que ces amendements sont un peu hors sujet puisqu’ils relèvent de la discussion du projet de loi de finances, mais nos collègues de LFI ont au moins le mérite de proposer des pistes,…”
“C’est parce que vous avez définancé le service public de la santé qu’il est dans cet état ! Nous, nous l’avons réparé et continuons à le faire ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)”
“Depuis neuf ans, nous n’avons cessé d’augmenter le budget de l’éducation, de la santé et de bien d’autres ministères. Prenons l’exemple de la santé : nous avons doublé l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam). Mais pourquoi le système de santé est-il dans l’état où il se trouve ? Parce que pendant des décennies, vous avez cessé de le financer – y compris quand la gauche, et M. Mélenchon, étaient au pouvoir. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)”
“…et j’en suis très heureux, parce que je préfère la voir là que devant des écrans ou je ne sais où. Ensuite, pourquoi allons-nous nous opposer à cet amendement ? Parce qu’il est fondé sur des mensonges. Et le propre des extrêmes, c’est de répéter des choses fausses pour en faire des vérités – mais cela n’en fait jamais des vérités.”
“Tout d’abord, je suis allé voir beaucoup de jeunes en SNU, comme en service civique. Je n’ai vu qu’une très belle jeunesse engagée,…”
“En commission de la défense, nous avons un M. Jacobelli sérieux, qui sait très bien que les programmes de défense prennent du temps, passent par plusieurs phases – études, développement, production – et doivent être engagés très en amont pour que l’on en recueille les fruits des mois ou des années plus tard. Il sait donc qu’il est normal que nous actualisions la programmation militaire pour que les Français bénéficient d’une défense pleine et entière quand nous en aurons besoin. Dans l’hémicycle, c’est un autre M. Jacobelli, qui fait du cinéma pour des capsules vidéo, mais ce n’est pas… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’orateur.)”
“La séance étant calme et sérieuse, je n’irai pas jusqu’à dire que, la dernière fois que l’extrême droite a été au pouvoir, ce fut une catastrophe pour la défense de notre pays et qu’il a fallu le général de Gaulle pour le libérer, avec les forces de la Résistance intérieure. (M. Antoine Léaument applaudit.) Néanmoins, je tiens à rappeler, monsieur Jacobelli, que vous êtes loin d’avoir remporté l’élection. Je doute que les Français apprécient l’arrogance dont vous avez fait preuve en affirmant que vous seriez au pouvoir dans un an ; les Français sont libres de voter pour qui ils veulent et je suis sûr qu’ils feront usage de leur liberté dans les mois qui viennent. Surtout, il y a plusieurs M. Jacobelli.”
“Au titre de l’article 70, monsieur le président. Je ne peux pas laisser dire que j’aurais affirmé que la coopération franco-allemande ne fonctionne pas ! Reprenez le compte rendu des débats en commission : je dis exactement le contraire. Pour la capacité intermédiaire, nous pouvons nous appuyer sur la capacité de feu développée par KNDS France et sur le châssis développé par KNDS Allemagne. Il faut donc consolider la coopération franco-allemande à l’intérieur de KNDS pour développer cette solution, l’espace numérisé et d’autres segments dont parlait le rapporteur devant rester français.”
“En réalité, le projet de char intermédiaire est en parfaite cohérence avec tout ce que nous disons depuis des années.”
“Parce que nous sommes responsables et constructifs, nous avons soutenu le gouvernement lorsqu’il menait des négociations au sujet du MGCS car, pour le char comme pour l’avion du futur, nous avons besoin de coopération afin d’atteindre les meilleurs standards. Cela étant, nous constatons que les négociations patinent un peu – même si certaines briques technologiques sont développées. Le char Leclerc étant vieillissant, il est donc temps pour nous d’accélérer et d’opter pour une capacité intermédiaire. Le texte prévoit que les études relatives à la capacité de char intermédiaire soient lancées avant 2030. Il convient que son développement débute également avant cette date, afin d’éviter un creux capacitaire en 2037 ou 2038.”
“Je ne sais pas si l’on peut aller jusqu’à voter l’amendement de notre collègue Saintoul, mais la préoccupation qu’il exprime peut être partagée sur tous les bancs. La ministre l’a rappelé, KNDS France est une pépite de notre BITD, forte de compétences, de brevets et de développements. Il est donc essentiel de veiller à l’avenir du groupe, tant dans sa composante française qu’allemande. En cas d’ouverture du capital, et si KNDS Allemagne venait à céder ses parts, nous devrions veiller à ce que Rheinmetall, qui occupe une place croissante dans le tissu industriel de défense sur le continent, ne rentre pas au capital. Pour ma part, j’y serai très attentif.”
“Nous avons défendu cette coopération autour du MGCS le plus longtemps possible parce que c’était la voie de la sagesse. Et puis, voyant que les négociations relatives à cette coopération connaissaient des difficultés, nous avons changé de pied et nous défendons désormais la capacité intermédiaire. Cela étant, je ne peux pas vous laisser dire que rien n’a été fait pendant ces années. Que le Rassemblement national défende un peu l’industrie française ! Dans l’intervalle, KNDS a développé une brique technologique en matière de puissance de feu, avec son canon Ascalon, financé sur fonds propres à hauteur de 100 millions d’euros. Vous ne pouvez pas dire que rien n’a été fait : bien au contraire, KNDS France a fait beaucoup.”
“Nous, nous croyons aux coopérations car nous ne voulons pas isoler la France.”
“Quand on est dans l’opposition, on peut défendre des positions simples. Quand on est dans l’opposition et d’extrême droite, on peut même aller vers des solutions simplistes.”
“Je vous propose de prendre un peu de hauteur et de rapidité, puisque nous allons parler d’aérocombat. Je tiens d’ailleurs à rendre hommage à nos hommes au Moyen-Orient qui, depuis quelques semaines, démontrent que les hélicoptères d’attaque Tigre conservent une supériorité tactique décisive dans les missions de reconnaissance armée et d’appui-feu, comme l’a salué le chef d’état-major des armées. Ces retours d’expérience (Retex) et ceux d’Ukraine révèlent une évolution majeure du champ de bataille : les drones et munitions téléopérées y saturent le ciel. Le rapport annexé mentionne l’enjeu de la coopération entre hélicoptères, drones et munitions téléopérées sans lui consacrer de développement propre. Je propose de combler cette lacune en inscrivant explicitement cette coopération comme une priorité.”
“Il est directement issu du retour d’expérience de la guerre en Ukraine. La LPM prévoit des enveloppes massives pour les munitions, les drones, les véhicules et l’économie de guerre – n’en déplaise à certains de nos collègues –, mais ne prévoit aucune ligne programmatique pour l’intelligence artificielle appliquée au commandement et à la conduite des opérations. Or il s’agit d’un segment critique, pour lequel notre souveraineté n’est pas garantie. L’amendement propose donc de créer un fonds dédié au développement, au test, à l’adoption et à l’acquisition de modules d’intelligence artificielle appliqués aux systèmes de commandement et de conduite des opérations au sein du budget du ministère des armées.”
“Le groupe EPR votera contre ces amendements de suppression pour deux raisons. D’abord, parce que nos collègues qui proposent la suppression de l’article avancent un argument erroné : comme cela a été rappelé par la rapporteure et la ministre, trois des services du premier cercle, la DRM, la DRSD et la DGSE, dépendent du ministère des armées, qui intervient conjointement avec le ministère de l’intérieur, et sont donc concernés par la loi de programmation militaire. Ensuite, il n’y a pas de liberté sans sécurité, et il ne doit pas y avoir de liberté pour les ingérences étrangères qui mettent en danger nos concitoyens. Les attaques en provenance de la Russie et de l’Iran se multiplient, et l’article 18 a vocation à nous en protéger.”
“Nous ne pouvons donc pas voter tous vos amendements, qui conduisent inexorablement à la sortie de la France de l’UE ; nous voulons y rester et construire l’autonomie stratégique européenne, le pilier européen de l’Otan, car c’est la seule manière de faire en sorte que notre pays et ceux qui l’entourent soient plus forts et puissent se battre contre les empires belliqueux qui nous encerclent. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)”
“Je ne parlerai même pas du financement européen – car vous parlez d’or à ce sujet et tenez une comptabilité assez précise, n’est-ce pas ? Assumez, monsieur Jacobelli, que vous êtes favorable au Frexit ! Dites aux Français que vous voulez sortir de l’Union européenne. Au fond, tous les messages que vous envoyez depuis deux jours vont dans la même direction : vous voulez que la France quitte l’UE ! Cela fera un beau débat à l’occasion de l’élection présidentielle, car je ne crois pas que ce soit la volonté des Français, qui sont au contraire favorables à l’UE.”
“Sur le fond, il n’y a pas grand-chose à ajouter à ce que viennent de dire les ministres Thiériot et Vautrin, qui démontrent de manière évidente ce que nous rapporte l’Europe. Quant à l’analyse politique, nos collègues du Front national (Exclamations sur les bancs du groupe RN) – ou du Rassemblement national – doivent assumer leur idéologie.”
“Il faut le rendre, monsieur Jacobelli, cet argent !”
“Il y a quelque temps, j’ai formulé en commission de la défense une proposition que je renouvelle pour nourrir le débat : créer un bureau élargi aux rapporteurs pour avis de la commission, qui serait une sorte de comité secret auquel ces derniers pourraient livrer les informations qu’ils recueillent dans l’exercice de leur fonction. Cela donnerait lieu à un excellent travail parlementaire. Peut-être pourrions-nous être plusieurs à défendre cette proposition devant la commission.”
“Nous sommes également défavorables aux amendements ; reste qu’une question se pose, qui donne lieu à un débat intéressant. Depuis deux ou trois ans, un certain nombre des informations que l’on trouvait jusqu’alors dans les rapports relatifs aux programmes 146 et 178, concernant tous les milieux – terre, mer, air et espace –, n’y figurent plus, pour la bonne raison que nous ne voulons pas informer nos compétiteurs et nos adversaires. Il s’agit d’une bonne pratique, qu’a lancée le ministre Sébastien Lecornu. Il n’en demeure pas moins important que l’Assemblée nationale soit informée.”
“Au sein de la commission de la défense nationale et des forces armées, Valérie Bazin-Malgras, en tant que rapporteure du budget de la gendarmerie nationale, fait un travail exceptionnel. Nous soutenons tous ce corps, utile dans chacun de nos départements. Je vous propose quant à moi de distinguer le renouvellement de l’armement individuel – plutôt du ressort d’une loi d’orientation et de programmation du ministère de l’intérieur (Lopmi) – de celui des munitions, qui, lui, peut trouver sa place dans le cadre de l’actualisation de la LPM.”
“Concernant les matériaux critiques et les terres rares, le programme RESourceEU est utile pour constituer des stocks stratégiques, sachant que 80 % des terres rares sont extraites et raffinées en Chine et que les États-Unis prennent des positions fortes sur le reste. Dans l’excellent rapport Saintoul et Cormier-Bouligeon, nous citons l’exemple de la mine de Serra Verde, où les États-Unis ont passé un contrat d’exclusivité de deux ans. L’Union européenne, j’y insiste, est utile pour aider les pays membres à disposer de programmes et de ressources pour leurs industries et leurs armées. J’appelle au rejet de cet amendement. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR.)”
“Nous sommes totalement défavorables à cet amendement, non seulement à cause du racisme débridé de l’expression « voleur chinois », que nous pouvons tous déplorer (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, LFI-NFP, SOC, EcoS, Dem, LIOT et GDR – Exclamations sur les bancs du groupe RN) , mais aussi parce qu’il est complètement simpliste. Il va de soi que la défense est une compétence régalienne. Je dirais même que c’est la compétence régalienne par essence. (M. Hervé Berville applaudit.) C’est pourquoi nous la cultivons : nous avons une base industrielle et technologique de défense et des armées les plus souveraines possible. Mais nous restons un pays de 69 millions d’habitants qui doit faire face à des empires de plus en plus belliqueux. Alors oui, l’Union européenne est utile pour un certain nombre de programmes.”
“Je le dis avec fermeté : avec deux lois de programmation militaire et l’actualisation dont nous discutons, la décennie Macron aura été celle d’une réparation massive pour nos armées, privées de matériels et de moyens pendant les vingt années précédentes. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.) En dix ans, nous aurons doublé le budget de la défense. Tous vos mensonges ne changeront rien à la réalité des 449 milliards d’euros de budget de la LPM et des arrivées massives de Serval, de Griffon et de Jaguar dans nos unités – pour ne prendre comme exemple que le programme Scorpion. Vous pouvez raconter tous les mensonges que vous voulez, personne n’y croit ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR. – Mmes Sophie Errante et Constance de Pélichy applaudissent également.)”
“On voit que le Rassemblement national est déjà en campagne électorale (Exclamations sur les bancs du groupe RN) – sans savoir avec quel candidat, puisque cela dépendra de la décision confirmant ou non la condamnation de Mme Le Pen pour détournement de fonds publics. (Mêmes mouvements.) Dans le cadre de cette campagne, ses députés crient haro sur l’Europe, sur les étrangers et sur la sincérité de la LPM. Je suis pourtant en parfait accord avec Mme la ministre : les juges de paix seront les industriels de la défense et les militaires, qui verront arriver les commandes et les nouveaux équipements.”
“Je le formule sur le fondement de l’article 100, pour la bonne tenue de nos débats. Depuis que nous avons repris nos travaux cet après-midi, les incidents se multiplient au point de transformer cette assemblée un véritable pandémonium. L’image que nous renvoyons à nos concitoyens est déplorable. J’appelle au calme. Reprenons nos esprits : ce texte porte sur la défense de notre pays ; il mérite que nous poursuivions nos travaux de façon sereine et déterminée. Mme la présidente a rappelé les contraintes horaires tout à l’heure. Il serait bon d’arrêter ces escarmouches et de continuer à débattre sur le fond. Je demande à tous nos collègues de reprendre leurs esprits. (Mme Patricia Lemoine applaudit.)”
“Je tiens à remercier Mme la ministre, qui a intégré ces questions au projet de loi d’actualisation de la LPM ; je la remercie également de s’être inspirée de nos travaux parlementaires à propos de la cartographie que nous venons d’évoquer. Nous sommes contre l’amendement de M. Saint-Pasteur même si, évidemment, nous partageons ses préoccupations.”
“La préoccupation dont nous a fait part notre collègue Saint-Pasteur est d’autant plus légitime qu’un travail a été mené pendant plusieurs mois par Aurélien Saintoul et moi-même, au nom de la commission de la défense, pour cartographier avec précision les dépendances des armées françaises vis-à-vis de l’étranger. Le rapport issu de ce travail a été adopté à l’unanimité.”
“J’ajoute que le président Macron a été exemplaire, non seulement pour réparer nos armées, affaiblies par des décennies d’économies au nom des « dividendes de la paix », mais aussi pour les moderniser et les renforcer grâce aux deux lois de programmation militaire que nous avons votées et dont nous débattons de l’actualisation. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)”