Roger Chudeau
RN · France
“Il tend quant à lui à créer une sanction pénale pour le directeur ou l’employeur qui maintient en poste une personne dont l’administration l’a informé qu’elle est frappée d’une incapacité d’exercer auprès des enfants. Il propose une peine de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.”
“Si ces faits épouvantables ont pu se produire, c’est d’abord parce que des chefs d’établissement et des collègues des coupables n’ont pas fait leur devoir de signalement ; ensuite, en effet, parce que le corps des inspecteurs n’a pas été suffisamment mobilisé – mais le corps d’inspection de l’éducation nationale ne représente pas l’État t…”
“Cet amendement vise à supprimer, à la fin de l’alinéa 20 de l’article 7, les mots : « ou en cas de refus de se soumettre au contrôle ou d’obstacle au bon déroulement de celui-ci ».”
“Oui, il est inadmissible et révoltant que des élèves soient maltraités, agressés – parfois sexuellement –, par les adultes qui ont pour mission de les instruire, au sein d’établissements publics ou privés dont le devoir est d’éduquer et de protéger les enfants que leur confient leurs familles.”
“Toutefois, le groupe Rassemblement national n’est pas le lobbyiste de l’enseignement catholique. Il défend un principe constitutionnel, la liberté d’enseignement, et un principe légal, le caractère propre de l’enseignement catholique.”
“Et puis la question du renouvellement des contrats apparaît soudain, au détour d’un alinéa, alors qu’il n’est pas prévu du tout, ni par la loi ni par la liberté d’enseignement, de renouveler le contrat. Là, il s’agit d’une autre loi.”
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“Or la baisse démographique pourrait être une chance d’améliorer le fonctionnement et les résultats de notre école. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.) Nous considérons quant à nous que l’éducation n’est pas une dépense de fonctionnement, mais un investissement pour l’avenir de la nation.”
“Vous en êtes d’ailleurs tellement fier que vous avez ordonné aux directeurs académiques des services de l’éducation nationale de ne pas publier les chiffres avant les élections municipales… Le signal politique que vous envoyez avec ces fermetures de classes est désastreux pour l’institution. Il signe aussi la vacuité de la politique éducative du gouvernement. Le président de la République appelle de ses vœux la réindustrialisation du pays. Où est la mobilisation de notre appareil éducatif et de formation ? Au lieu de supprimer des postes, votre devoir ne serait-il pas de mieux les employer, d’entreprendre une rénovation de notre système éducatif afin de préparer notre pays aux défis qu’il affrontera demain ? Mais non, vous faites de la comptabilité. « Nous aurions pu en supprimer le double » allez-vous me rétorquer.”
“Monsieur le ministre de l’éducation nationale, tout le monde le sait, notre système éducatif connaît depuis des décennies un décrochage silencieux, un naufrage honteux dont les conséquences peuvent s’avérer redoutables pour l’avenir de notre pays. Cette situation alimente l’inquiétude des familles et alerte le monde économique. La direction du Trésor et le haut-commissariat à la stratégie et au plan s’en inquiètent, le patronat se désole, le PDG de Safran parle même de bombe à retardement. La maison brûle, mais vous ne trouvez rien de mieux à faire que de supprimer plus de 4 000 postes d’enseignants pour la rentrée prochaine.”
“Ainsi, nous envisageons de rétablir après 2027 les classes de quatrième et de troisième technologiques au collège, dans lesquelles nous introduirons un véritable enseignement à l’alimentation et à la cuisine, propédeutique à une orientation choisie vers les métiers de la table et les métiers de bouche. Pour conclure, je ne résiste pas au plaisir de livrer à la réflexion de la représentation nationale cette réflexion de Brillat-Savarin : « La destinée des nations dépend de la manière dont elles se nourrissent. » (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“Je partage, il est vrai, votre réflexe que je qualifierai de « jacobin » mais croyez-vous vraiment que l’expérimentation que vous proposez et les trois séquences annuelles que vous prévoyez apportent une valeur ajoutée à ce qui existe déjà ? Est-ce bien au législateur qu’il revient d’agir aujourd’hui en la matière ? Mais passons… Quant à nous, je vous l’ai dit, nous voterons en faveur de ce texte en raison de sa portée symbolique et civilisationnelle – ou identitaire, si vous préférez. Toutefois, l’éducation au bien manger mérite des dispositions beaucoup plus vigoureuses.”
“Vous avez expliqué devant la commission qu’il fallait une loi, un budget et un échelon de pilotage national pour que l’éducation à l’alimentation soit effectivement dispensée. Or, madame la rapporteure – madame la ministre, pourrais-je dire –, nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes : ce n’est pas parce que le gouvernement ne fait pas appliquer la loi qu’il faut en proposer une autre. Cette politique, pardonnez-moi, porte un nom : c’est la politique de gribouille. Pourtant – et vous le savez bien –, l’éducation à l’alimentation est très largement répandue dans le système éducatif. Il existe de nombreuses journées dédiées nationales ou promues par les collectivités territoriales, et souvent inscrites dans les projets d’établissement. Alors, à quoi bon vouloir régenter tout cela par une nouvelle loi ?”
“Mais l’enjeu de cette proposition de loi dépasse ces questions, car l’alimentation, pour nous Français, est beaucoup plus que le simple fait d’ingérer ce qui suffit à calmer sa faim. Dans notre beau pays, le bien manger, la bonne cuisine, la gastronomie ont été depuis des siècles pratiquement érigés au rang des beaux-arts. Faut-il rappeler que la gastronomie française a été inscrite au patrimoine culturel immatériel par l’Unesco en 2010, que nous comptons 654 restaurants étoilés parmi les plus de 200 000 restaurants et brasseries que compte notre territoire, que plus de 50 établissements d’enseignement secondaire enseignent la cuisine et les arts de la table, et que des millions de touristes goûtent tous les ans notre cuisine et communient ainsi avec notre art de vivre ?”
“Citons par exemple l’enseignement de défense, ainsi que l’éducation à l’alimentation, qui nous occupe présentement. Pour nous, en effet, l’éducation à l’alimentation est beaucoup plus qu’une question de santé publique. Non que cet aspect des choses ne doive être regardé avec sérieux, car l’état d’une partie de notre population, notamment de notre jeunesse, ne laisse pas d’inquiéter : obésité, surpoids, maladies associées sont d’authentiques fléaux, et il est parfaitement légitime que les pouvoirs publics et le législateur s’en préoccupent. Il en va de même en ce qui concerne la lutte contre le gaspillage alimentaire, qui est une véritable honte morale et une absurdité écologique et économique.”
“La priorité des priorités, selon nous, serait donc de n’en retenir que quelques-unes, mais d’authentiques et d’essentielles : maîtriser la lecture et l’écriture par la fréquentation des textes littéraires ; maîtriser le raisonnement logique par les mathématiques ; connaître l’histoire et la géographie de la France ; comprendre et respecter ses valeurs et son modèle civilisationnel. Comprendre et respecter son modèle civilisationnel, c’est commencer par y adhérer et, pourquoi pas, par l’aimer. Dans cette perspective et dans ce dessein, il est des enseignements qui, sans être strictement scolaires, apportent incontestablement aux élèves des clés de compréhension de la société dans laquelle ils évoluent et de la nation dont ils apprennent à devenir des citoyens.”
“En effet, notre système éducatif est en situation d’urgence, si l’on regarde sans a priori les très médiocres résultats de nos écoliers et de nos collégiens aux évaluations comparatives internationales – Pisa, Tendances dans l’étude des mathématiques et des sciences (Timss), Programme international de recherche en lecture scolaire (Pirls), entre autres –, et quand on sait que 20 % des jeunes de 17 ans sont considérés comme connaissant des difficultés de lecture lors des journées défense et citoyenneté (JDC) – je le dis en présence du ministre de l’éducation nationale.”
“Il aura donc fallu que ce texte soit examiné l’année du bicentenaire de la mort de Jean Anthelme Brillat-Savarin, auteur de la célèbre Physiologie du goût . Hasard ou petit clin d’œil de l’histoire ? Votre proposition de loi, madame la rapporteure, est, quoi qu’il en soit, débattue sous d’heureux auspices. Pourtant, le groupe Rassemblement national est très réticent lorsqu’il s’agit d’ajouter aux quelque soixante-dix priorités du code de l’éducation un enseignement ou une « éducation à » supplémentaire.”
“Parcoursup alimente donc un appareil de formation supérieur qui semble déconnecté des besoins de l’économie et de la nation. Le Sénat a récemment souligné en ce sens l’absence criante de vision et de pilotage stratégique de notre système d’enseignement supérieur. Tout le monde trouve sa place dans les amphis, mais pour quoi faire ? Pour échouer, pour décrocher ? Ou, s’agissant des plus travailleurs, pour décrocher un diplôme qui les conduit tout droit à livrer des pizzas nuitamment à bicyclette ? Cependant, Parcoursup n’est au fond que le symptôme de la dégradation de notre appareil d’enseignement supérieur. C’est pourquoi il est vain de vouloir supprimer l’algorithme, qui n’est au fond qu’une réponse technique à un problème politique.”
“Le baccalauréat, premier diplôme de l’enseignement supérieur comme le rappelait mon collègue, est ravalé au rang de simple formalité administrative substantielle, sans valeur académique ni sociale. Venons-en au troisième objectif de Parcoursup : trouver pour chaque bachelier une place dans l’enseignement supérieur. Les statistiques ministérielles indiquent certes un nombre très faible de non-affectés – mais à quel prix ? Un nombre considérable d’étudiants en première année a trouvé refuge dans des formations à l’utilité plus que contestable au regard des besoins réels de la nation : 850 000 d’entre eux peuplent les sciences humaines et sociales, tandis qu’ils sont moins de 430 000 à étudier les sciences et la technologie.”
“L’admission en internat – sujet très sensible pour les étudiants des filières sélectives – repose quant à elle sur des critères fiscaux : ceux-ci sont renseignés par les élèves eux-mêmes sans aucun contrôle, ce qui est une source d’abus, y compris par des élèves de nationalité étrangère qui déclarent à l’envi des revenus parentaux totalement fantaisistes. Il faut enfin souligner le défaut rédhibitoire de Parcoursup : l’absence de prise en compte – sauf pour les épreuves anticipées en première – des notes obtenues à l’examen terminal du baccalauréat. Les enseignements de spécialité, qui définissent pourtant le profil académique de l’élève, ne sont ainsi pas pris en compte dans son affectation, ce qui est absurde.”
“Or les élèves de terminale ne passent que la moitié de leur temps – et encore – en classe entière, si bien que le professeur principal ne les connaît qu’imparfaitement. Le professeur référent, quant à lui, est un objet administratif non identifié. Nouvel exemple : les cinquante-quatre heures d’information dont parlait mon collègue ne sont pas utilisées du tout, ou seulement partiellement, car elles ne font pas partie intégrante des obligations réglementaires de service des professeurs principaux. Ne mentionnons même pas les lettres de motivation des élèves, quasiment toutes rédigées par ChatGPT.”
“En matière de transparence, tous les observateurs professionnels s’accordent à relever la complexité croissante d’un algorithme devenu incompréhensible aussi bien pour les lycées que pour les universités – rappelons que pas moins de 26 000 formations supérieures sont proposées aux bacheliers. Le sentiment d’injustice se répand car les critères d’affectation souffrent de défauts structurels. Le contrôle continu, par exemple, dépend de la culture docimologique de chaque lycée ; cela conduit les universités et les filières sélectives, en aval, à introduire leurs propres critères, voire leurs propres algorithmes, de manière totalement opaque, dans l’examen des candidatures. Autre exemple de ces défauts : les dossiers des lycéens, qui doivent comporter une appréciation du niveau de la classe.”
“Le premier cycle du supérieur strictement universitaire est marqué depuis des décennies par un fort taux d’échec. En moyenne, plus de 50 % des étudiants échouent en première année. Le taux d’accès à la licence en quatre ans est de l’ordre de 40 %. Les plans spécifiques, dotés de budgets ad hoc , n’ont été que faiblement appliqués et n’ont jamais fait l’objet d’une évaluation globale par le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur. Pour ceux qui, ici ou là, ont été évalués, les préconisations du HCERES sont restées lettre morte. La Cour des comptes évalue à un demi-milliard d’euros par an le coût de ce gâchis pour la communauté nationale. L’échec est flagrant.”
“La plateforme Parcoursup, apparue en 2018, poursuit un triple objectif : améliorer l’affectation des bacheliers dans le supérieur afin de mettre un terme à l’échec massif des étudiants en première année ainsi qu’au très faible taux d’accès au diplôme de licence ; rendre moins aléatoire la procédure d’affectation postbac, précédemment décriée en raison du recours au tirage au sort ; offrir – dans un contexte d’augmentation des effectifs – une affectation à chaque bachelier, en utilisant toutes les capacités d’accueil des établissements d’enseignement supérieur. Force est de constater que le premier de ces trois objectifs n’est nullement atteint, que le deuxième ne l’est que partiellement et que le troisième est atteint – mais à quel prix ?”
“J’aimerais également savoir si une nouvelle cartographie des REP va être établie, intégrant de façon plus équilibrée les territoires ruraux en difficulté ; si un plan d’urgence dérogatoire sera mis en œuvre pour l’acquisition des savoirs fondamentaux, notamment dans les départements de Mayotte et de Guyane, qui sont en état d’urgence éducative ; si l’éducation prioritaire sera évaluée de manière spécifique avec la remise d’un rapport du ministre au Parlement ; enfin, si la politique d’assimilation républicaine sera considérée comme une priorité et fera l’objet d’un suivi spécifique.”
“Je suis donc conduit à vous demander si le gouvernement entend enfin engager une refonte structurelle de l’éducation prioritaire accompagnée d’un programme budgétaire spécifique dans la loi organique relative aux finances publiques (Lolf), doté de moyens importants et inscrit dans un programme annuel de performance.”
“Honnêtement, elle est un véritable archétype des mesures les plus éculées, les plus vagues, les plus banales – équipe ressource, plan pluriannuel, plan de formation, etc. – que sait proposer la direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO). Je suis désolé d’avoir à vous le dire, mais vous avez choisi le statu quo et l’expédition des affaires courantes habillée du discours administratif ad hoc . Avec ce plan, le gouvernement invente, si j’ose dire, un nouveau gadget technocratique qui viendra s’ajouter au millefeuille administratif de l’éducation prioritaire – REP, contrats locaux d’accompagnement, cités éducatives, territoires éducatifs ruraux (TER) et tutti quanti . Cette démultiplication des dispositifs rend de plus en plus illisible une politique publique qui aurait besoin d’un pilotage national, clair et affirmé.”
“Il est d’ailleurs fortement suggéré par le rapport Azéma de l’IGEN et par le rapport de la mission d’information parlementaire que j’ai eu l’honneur de présider sous la précédente législature. Il est en effet parfaitement possible, dès aujourd’hui et par la loi, de créer, en lieu et place des REP, des établissements autonomes et expérimentaux, sur le modèle des charter schools , contractualisés sur des objectifs de performance scolaire et suivis et évalués par le ministère. Vous n’avez pas, hélas, cette audace ni cette ambition. Cette ambition, nous l’aurons à votre place. Vous avez donc choisi le moins-disant, avec la circulaire du 17 décembre 2025 – une circulaire de plus !”
“Vous avez déclaré le 9 décembre 2025 ne pas disposer de « l’espace-temps politique suffisant » pour engager la réforme de l’éducation prioritaire. Révisée pour la dernière fois en 2014, la carte des REP concerne pourtant un collège sur cinq et près de 2 millions d’élèves. Initialement pensée pour être actualisée tous les quatre ans, elle est figée depuis onze ans alors qu’un consensus général existe sur son obsolescence, ce qu’attestent de nombreux rapports – Cour des comptes, Assemblée nationale, Sénat, Inspection générale de l’éducation nationale (IGEN). Ils appellent à actualiser cette carte dont les anomalies sont manifestes, voire à changer de paradigme en la matière. Un autre modèle de traitement de la concentration des difficultés est en effet possible.”
“Monsieur le ministre de l’éducation nationale, je souhaite vous interroger sur les performances de notre système éducatif. Vu de Sirius, les mauvais résultats globaux de notre enseignement scolaire ont principalement leur source dans 15 % des collèges publics, dont la majorité se trouvent en réseau d’éducation prioritaire (REP). Ces quelque 800 établissements concentrent une grande difficulté scolaire, sociale et culturelle. Ils disposent pourtant tous d’importants moyens et de personnels compétents. Devant cet état de fait connu depuis des décennies et auquel vous vous attaquez à quatorze mois de la prochaine élection présidentielle, vous aviez trois possibilités : une réforme de l’éducation prioritaire, une réforme systémique ou la gestion des affaires courantes.”
“Elle devait être accompagnée de décrets, mais un seul a été mis en œuvre sur les quatre prévus, dans un contexte d’antisémitisme d’atmosphère, contre lequel nous considérons que rien de sérieux n’est fait. Ma question est simple : quelles actions de l’État envisagez-vous, en lien avec les deux ministères concernés, pour protéger efficacement l’école publique de la République de l’entrisme islamique ?”
“Or de nombreux rapports, internes à l’éducation nationale ou provenant d’autres institutions, montrent que l’enseignement public est la cible privilégiée de l’entrisme islamiste, au point que 50 % des enseignants déclarent, à l’occasion d’une enquête officielle du ministère, se censurer et censurer leur enseignement. Pour certains d’entre eux, il est par exemple très difficile d’évoquer la Shoah, de faire étudier le plan d’une cathédrale ou un peintre du Cinquecento, ou même de faire écouter à des élèves un morceau de musique. Cela est quotidien, courant, banal et pas seulement localisé dans certains quartiers de notre pays. Nous avons récemment voté une loi réprimant l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur.”
“Monsieur le ministre, ma question porte sur un sujet central à nos yeux : l’entrisme islamiste dans l’enseignement public scolaire et supérieur. Dans votre rapport de 2025 sur les Frères musulmans, vous décrivez une entreprise d’islamisation de l’Occident, de subversion, de rejet des principes républicains, ainsi qu’une organisation méthodique à plusieurs niveaux, bénéficiant de fonds publics étrangers et français. Le cœur de cible de cette organisation – elle n’est pas la seule –, est la jeunesse, en particulier à travers l’école et l’université. Le rapport se focalise cependant sur les établissements séparatistes ou communautaires islamistes et ne consacre que très peu de passages à l’entrisme dans l’enseignement public, un angle mort.”
“Si vous manquez d’idées, vous connaissez l’adresse du Rassemblement national. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“Devons-nous croire que c’est à la liberté d’enseignement que vous vous attaquez ainsi sous le prétexte de faire suite aux recommandations de la commission d’enquête sur Bétharram ? Seriez-vous sensible aux sirènes laïcardes de l’extrême gauche, dont l’horloge politique est restée bloquée à l’époque du petit père Combes ? Revenez aux urgences : réformez l’éducation prioritaire, par exemple – mais vous venez hier de l’abandonner en rase campagne –, ou bien assurez-vous que les établissements publics locaux d’enseignement, dont 50 % n’ont pas de projet d’établissement, qui est pourtant une obligation légale, commencent par respecter la loi.”
“Douze pages de témoignages accompagnent ce courrier : on y lit que des inspections sont parfois menées par des brigades de quinze inspecteurs, que des chefs d’établissements sont interrogés par quatre inspecteurs, que des élèves sont questionnés hors de la présence d’adultes référents et qu’il est enjoint à certains établissements de faire disparaître les croix des classes au motif que cela discriminerait les élèves musulmans. Ces pratiques doivent cesser car elles constituent une instrumentalisation politique des corps d’inspection et jettent le discrédit sur l’enseignement diocésain, délégataire du service public d’enseignement, choisi par une famille française sur deux durant la scolarité de ses enfants. Vous avez une façon singulière de célébrer le 120 e anniversaire de la loi de séparation des Églises et de l’État.”
“Les performances de notre système éducatif s’effondrent – même le ministère de l’économie s’en émeut dans une note récente, au point d’y voir une menace pour l’avenir de la nation. Et que fait votre ministère avec ardeur ? Il harcèle l’enseignement catholique ! Le secrétaire général de ce dernier évoque des « opérations de police » menées par les corps d’inspection à la diligence des recteurs. Dans un courrier public qu’il vous adresse le 5 décembre, il rappelle que, s’il ne peut y avoir de liberté sans contrôles, la manière dont ceux-ci sont conduits aujourd’hui est scandaleuse.”
“Vous faites de la politique politicienne, idéologique et lourdement chargée : vous avez tort ! Nous voterons évidemment contre vos amendements. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)”
“…50 % des familles envoient leur enfant au moins une fois, au cours de son cursus scolaire, dans l’enseignement privé. Le coût moyen d’un élève de l’enseignement privé est bien inférieur à celui d’un élève de l’enseignement public. (« C’est faux ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Je pense donc que vous cherchez un bouc émissaire à la débâcle et au déclin de l’école publique, débâcle et déclin dont vous portez largement, vous et vos amis syndicalistes, la responsabilité. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“…retombent dans le péché : vous voulez ranimer la guerre scolaire, qui est pour vous une sorte d’obsession ! Je voudrais procéder à quelques rappels. La liberté scolaire est une liberté constitutionnelle. L’enseignement diocésain agit dans le cadre d’une délégation de service public. Les Français sont très attachés à la liberté scolaire :…”
“Je vois que nos amis – si j’ose dire – de LFI…”
“…l’extrême gauche ose tout – c’est à cela qu’on la reconnaît. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.) Quant à nous, cette proposition de loi nous paraît insuffisante sur bien des points. Nous estimons par exemple que toute organisation, quelle qu’elle soit, qui prône l’antisémitisme doit se voir interdire l’accès aux campus. Elle est toutefois un premier pas vers une prise de conscience et une réaction contre l’emprise de l’islamo-gauchisme sur nos universités. Nous voterons donc en faveur de son adoption. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“Revenons à nos travaux parlementaires : en commission, dans l’hémicycle, en CMP, LFI aura sans cesse tenté d’invisibiliser, de nier, d’occulter l’antisémitisme à l’université. En tentant de dissoudre le concept d’antisémitisme dans une définition générale du racisme où l’on trouve, à côté de la négrophobie et de la grossophobie, bien entendu l’« islamophobie »,…”
“LFI procède aussi à une inversion victimaire : le peuple victime de génocide, de la Shoah, devient lui-même génocidaire ; les victimes sont les bourreaux. Merci George Orwell ! (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Avec cette nauséabonde inversion des valeurs, qui conduit par exemple à comparer Gaza et Auschwitz, on peut parler ici de perversité morale.”
“Voilà qui nous ramène à l’actualité : l’antisémitisme, la judéophobie des islamo-gauchistes se pare volontiers d’un discours antisioniste et anti-israélien. Devenu le relais politique du Hamas, l’extrême gauche exige que les Palestiniens conquièrent Israël du Jourdain à la mer, ce qui revient à vouloir la destruction de l’État juif.”
“Plus récemment, la négation de la judéité par Sartre alimente l’antisémitisme d’atmosphère qui sévit dans la gauche française et la gangrène.”
“…issus de la gauche – vos ancêtres, messieurs de LFI !”
“…ou Proudhon écrivant dans ses Carnets de 1864 : « le Juif est l’ennemi du genre humain, il faut renvoyer cette race en Asie ou l’exterminer. » Je continue avec Jaurès, écrivant en 1892 dans La Dépêche que la banque cosmopolite livre aux frelons juifs le miel des abeilles françaises. Tout cela nous conduit tout droit aux ignominies de Marcel Déat et de Jacques Doriot,…”
“…depuis Marx et son texte de 1844 À propos de la question juive : seule la disparition des Juifs peut briser le processus d’aliénation.”
“Elle montre que l’antisémitisme est profondément ancré à gauche…”
“Les ressorts idéologiques sont, eux, plus intéressants. Une récente étude du think tank Fondapol est à ce titre fort éclairante – vous aimez les leçons d’histoire, en voici une !”
“Quels sont les ressorts de cette campagne ? Ils sont évidemment électoraux, puisque chacun sait que le Nouveau Front populaire espère séduire, avec l’aide de ses relais fréristes, l’électorat musulman, que Mélenchon appelle le « nouveau peuple ». (Exclamations et rires sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Rien de neuf sous le soleil de la honte et de la collaboration avec l’ennemi intérieur !”
“Le pogrom du 7 octobre 2023 et la riposte légitime de l’État d’Israël contre le Hamas, le Hezbollah et l’Iran ont considérablement accéléré et aggravé ce phénomène. Le nombre d’intimidations a augmenté de manière exponentielle : + 300 %. Les incidents de Sciences Po, de Lyon, de Grenoble, de Toulouse ont été l’expression d’une véritable campagne antisémite, orchestrée par l’extrême gauche et ses proxys syndicaux et associatifs.”
“Il y a quelques mois de cela, sous la XVI e législature, la commission des affaires culturelles auditionnait des représentants de l’enseignement supérieur à propos de la montée de l’antisémitisme en son sein. À la stupeur de la plupart des commissaires, les représentants du monde universitaires ont formellement nié que des manifestations nombreuses et fréquentes d’antisémitisme s’y produisaient. Pourtant, les faits sont têtus et neuf étudiants juifs sur dix déclarent dans une enquête récente avoir été inquiétés, harcelés ou insultés parce qu’ils sont juifs. Il suffit de lire les tags et affiches qui défigurent nos campus pour en avoir le cœur net : l’antisémitisme a envahi de nombreux établissements d’enseignement supérieur.”
“Vous ne construisez rien, vous fracturez tout, vous lâchez la meute. Cette motion de rejet n’est que la dernière preuve de votre compromission morale. Nous ne vous laisserons pas saborder ce texte. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Vous avez mis une cible dans le dos de chaque étudiant juif de ce pays. À cause de vous, on brûle des établissements, les menaces s’accumulent et se font à visage découvert et l’antisémitisme se banalise. Vous êtes devenus le bras politique de la haine antijuive.”