Rodrigo Arenas
LFI-NFP · France
“En matière de changement climatique et de lutte contre le réchauffement, j’ai tendance à faire confiance aux écologistes plutôt qu’à M. Odoul, qui nous disait, en 2019, qu’il valait mieux s’attaquer au réchauffement islamiste qu’à la canicule ! (Mme Marie Mesmeur rit.”
“S’il était un fin connaisseur du sport (Mme Michèle Martinez rit) , il saurait qu’après 1905, on faisait toujours des prières catholiques dans les vestiaires de nombreux clubs, y compris au plus haut niveau – je vous invite à vous renseigner sur ce point, puisque je vois que vous faites non de la tête.”
“…et à ce que dit le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), et peut-être que cela vous conduira à intégrer leurs préconisations dans le programme de Marine Le Pen pour 2027. Cela dit, d’autres l’ont fait avant vous et cela ne nous a pas conduits vers un épisode très glorieux de l’histoire de France.”
“N’entamons pas un débat d’un autre temps. Nous devons rester unis pour que de telles obsessions identitaires, notamment celles sur l’islam de M. Odoul, ne deviennent pas une politique nationale. Il faut protéger le sport de ces obsessions racistes et islamophobes. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“En effet, ces sous-amendements identiques concernent l’article 16 de la Convention internationale des droits de l’enfant, que je vais vous relire pour la sérénité ultérieure de nos débats : « Nul enfant ne fera l’objet d’immixtions arbitraires ou illégales dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes i…”
“Comment l’éducation nationale pourrait-elle s’opposer à ce que nous nous immiscions dans la vie privée des jeunes ? S’en remettre, pour la célébration d’un mariage, à la subjectivité d’un maire, qui aura pour responsabilité de prendre sa décision en fonction d’une couleur de peau ou d’une origine géographique, est une disposition claireme…”
The complete record
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“Non, je ne vais pas répondre : lors des dernières élections législatives, la candidate du RN qui me faisait face promouvait des lectures antisémites. Restons-en là ! Monsieur le rapporteur, concernant les aspects migratoires, vous n’en aurez pas fini lorsque ce texte sur Mayotte sera adopté, car les questions que vous soulevez se posent aussi pour la Guyane, territoire situé dans un autre continent, sur lequel nous n’avons pas de prise. Les situations qui provoquent ce type de migrations surviennent en effet à l’échelle planétaire, de sorte que ce n’est pas par des moyens administratifs que nous pourrons régler ces problèmes.”
“Encore une fois, si vous voulez construire des écoles, des hôpitaux, des routes, des logements, nous vous soutiendrons. N’attendez pas le projet de loi de finances ! Faites-le ! Parlez-en à vos collègues du gouvernement : ils vous donneront une partie du budget pour cela. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Le gouvernement aura tout notre soutien s’il consacre dès maintenant les moyens nécessaires pour que les enfants aillent à l’école, pour que les gens puissent se soigner et pour faire en sorte que l’État retrouve ses fonctions régaliennes, à Mayotte comme ailleurs. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous n’avez pas besoin d’une loi pour ce faire ! Monsieur le ministre, vous avez affirmé qu’une loi était nécessaire pour montrer aux Mahorais qu’ils avaient le soutien du gouvernement et de l’Assemblée – mais les Mahorais ont notre soutien !”
“Je trouve assez cocasse d’entendre dire qu’à Mayotte, on ne pourrait pas reconstruire rapidement. Je rappelle que la région Île-de-France, où nous nous trouvons, comptait des bidonvilles parmi les plus grands d’Europe et qu’à l’époque, nous avions su faire vite, fort et bien pour aménager des espaces de vie, en construisant des habitations, à loyers modérés d’ailleurs, qui ont changé la vie de millions de nos concitoyens. À Mayotte, nous pouvons faire ce que nous avons fait en Île-de-France : faire en sorte que tout le monde vive dignement. Donc, oui, nous savons faire vite, fort et bien. Rappelez-vous le bidonville de Nanterre ou le plus grand bidonville d’Europe, à Champigny-sur-Marne, où vivaient des Portugais : tous ces gens sont aujourd’hui nos concitoyens et certains de leurs descendants siègent dans l’hémicycle.”
“Personne n’a dit ça ! Nous n’avons pas parlé de laboratoire.”
“Ce que vous faites, ça s’appelle de la manipulation !”
“C’est pourquoi nous avons combattu cette loi !”
“Mais ça ne va pas la tête ? On n’a jamais dit ça !”
“Vous avez des supporters de l’autre côté de l’hémicycle !”
“Ma question est simple : pourquoi persistez-vous dans une approche fondée sur la peur, quand ce sont la justice, la dignité et l’émancipation qui sont les vrais remparts contre la violence ? (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.)”
“Vous, au gouvernement, c’est une baisse de 40 % des subventions aux associations. (Mêmes mouvements.) Vous, au gouvernement, c’est la baisse des moyens alloués à la santé mentale. Vous, au gouvernement, c’est l’anéantissement de l’accompagnement social et de la lutte contre les discriminations.”
“Contrairement à ce que vous fantasmez, ce dont nos enfants ont besoin, c’est de soins et d’attention, pas de gifles ni de reconnaissance faciale (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS) ; ce dont nos écoles ont besoin, c’est de moyens pour la médecine et la psychiatrie scolaires, pas de portiques ni de fouilles au corps (Mêmes mouvements) ; ce dont notre République a besoin, c’est d’une réponse à la hauteur de la crise existentielle profonde qui bouleverse notre jeunesse dans l’esprit et dans la chair. Avec vous, au gouvernement, c’est la baisse des investissements concrets dans l’éducation populaire. Vous, au gouvernement, c’est la disparition de la médiation de rue. Vous, au gouvernement, ce sont 500 millions d’euros de moins pour la justice.”
“Après l’odieux assassinat d’une surveillante de collège en Haute-Marne, je m’étonne que, devant la détresse des équipes éducatives et des familles ainsi que devant la souffrance de nos enfants, vous n’ayez trouvé que des parades aussi grotesques qu’inutiles, comme l’utilisation de portiques ou l’interdiction de la vente de couteaux. (Mêmes mouvements.) Vous avez déjà démontré à maintes reprises vos conceptions étroites de l’éducation.”
“…où, à l’abri du silence des notables, on brutalise les enfants. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Ma question s’adresse à M. le premier ministre, ancien ministre de l’éducation nationale, soutien fidèle de ces écoles privées…”
“Nous voterons pour cet amendement – les propos du rapporteur en précisent l’intention. Monsieur le rapporteur, une personne qui se livre à un rodéo urbain – c’est évidemment interdit – n’est pas forcément sous l’emprise de stupéfiants, de l’alcool ou d’une quelconque substance. C’est simplement un acte délictueux volontaire, qui est déjà inscrit dans le code pénal. D’ailleurs, ceux qui suivent de près les jugements concernant des personnes appréhendées dans ces situations délictueuses savent que la main du juge ne tremble pas. Il n’est pas souhaitable de lier les choses ; c’est pour cela que nous voterons pour l’amendement de Mme Regol, qui dissocie les deux questions.”
“J’ai grandi, ainsi que les plus âgés de nos enfants, devant ces campagnes publicitaires indignes. Nous avons fait du chemin depuis. C’est pour ces raisons que nous retirons cet amendement, et je redis que nous vous attendrons quand il faudra que les moyens donnés à la médecine publique comme à l’éducation nationale soient à la hauteur, mais aussi que nos enfants ne subissent plus ces campagnes contraires à l’esprit de la loi que nous allons voter. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.)”
“Celles et ceux qui, comme moi, ont quelques cheveux blancs ont été éduqués dans un pays où l’on expliquait que « un verre, ça va, deux verres, bonjour les dégâts ! » Voilà d’où nous venons.”
“Après ces excès de langage, nous retirons l’amendement, mais nous vous donnons à tous rendez-vous pour l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale : ce qui va être voté devra être vraiment appliqué. Nous savons tous ici que nous n’avons pas assez de médecins pour qu’il soit toujours possible d’en voir un en soixante-douze heures ; il suffit de se rendre aux urgences d’un hôpital public pour constater la réalité. Nous nous retrouverons quand il faudra dégager les moyens pour que celles et ceux qui commettent un crime sur la route soient soumis à un examen médical. Je reviens sur un autre point. Le CBD et l’alcool sont autorisés ; ce qui est interdit, c’est l’excès.”
“Je veux vous rassurer : dans notre travail de parlementaires, je pense que nous accompagnons tous au quotidien les familles des victimes de nos circonscriptions, en particulier quand ces victimes sont des enfants. Ces accidents nous touchent dans notre chair.”
“Je ne voudrais pas que vous restiez glacé, cher collègue : ce n’était absolument pas le sens de mon propos. Il existe des circonstances aggravantes ! Et c’est bien pour cela qu’il y a un juge, qu’il considère la faute, qu’il mesure la peine et que, avec le juge de l’application des peines, il la fait appliquer. Notre justice repose sur des êtres humains. L’émotion est légitime, nous en sommes bien d’accord ; je l’ai dit tout à l’heure, certains de nos collègues ont souffert de tels malheurs. Mais nous faisons la loi, et ce que nous disons, c’est que cette loi n’est pas demandée par les juges, ni par les avocats. Or ce sont eux qui devront rendre justice. Il serait bien, dans le cadre de la séparation des pouvoirs, de ne pas faire croire aux familles de victimes, par cynisme ou par hypocrisie, que cette loi va arranger les choses.”
“Vous savez notre attachement à l’éducation, et je vous sais défenseurs de l’école républicaine. Ne sanctionnons pas a priori mais a posteriori . Sinon, ce sont les préjugés qui prendront le dessus et non pas l’infraction que cet hémicycle vise.”
“On ne doit pas préjuger que quelqu’un qui boit de l’alcool, qui consomme un stupéfiant ou qui absorbe n’importe quel autre produit altérant sa capacité à conduire est un délinquant a priori : c’est là une dérive sémantique qui peut être dangereuse. Par ailleurs, cette loi ne changera rien à la prévention. Celle-ci ne doit pas venir seulement de l’éducation, mais aussi des forces de l’ordre : plus celles-ci seront présentes physiquement sur les routes, moins les conducteurs seront tentés d’appuyer sur le champignon et moins nous verrons d’accidents. Mais la prévention doit commencer à l’école : nous avons, en France, la possibilité d’aller tous à l’école ; agir dès le plus jeune âge est le meilleur moyen de lutter contre les comportements délinquants.”
“Dans le même esprit que les précédents, cet amendement de suppression est un amendement d’appel. Ce sont les professionnels de la justice qui le disent, plus que les députés : cette loi, qui sera probablement votée au vu des majorités qui se dégagent, va nourrir l’inflation pénale et posera des difficultés pratiques aux juges, notamment en matière de preuve – car il faut prouver l’intention. De nombreux avocats expliquent voir ici un glissement contraire aux principes généraux du droit pénal. L’intention compte, et doit être sanctionnée comme telle, donc de façon différente de la sanction appliquée pour une situation où, malgré une multiplication de fautes, l’intention de tuer n’existait pas. On n’est pas délinquant a priori , mais a posteriori .”
“Je ne laisserai personne dans cet hémicycle dire que nous avons une quelconque bienveillance par rapport à l’objet dont nous parlons. Vous n’avez aucune connaissance de la vie privée de ceux qui siègent dans cet hémicycle. Au sein de notre groupe, certains ont un passé très douloureux sur la question. Je vous invite à faire preuve de mesure comme nous le faisons à votre égard. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“J’entends ce que vous dites, monsieur le rapporteur ; dans la logique de la loi, vous avez raison. Pour autant, il faut entendre ce que dit notre collègue Regol. Cet article aborde la question de la vitesse. Or cette proposition de loi s’intéresse à la consommation de stupéfiants et d’alcool. La vitesse n’est donc pas véritablement l’objet de ce texte, puisque les excès de vitesse sont déjà réprimés par la loi. Les juges appliquent des lois qui tiennent déjà compte de la vitesse comme circonstance aggravante, venant ainsi alourdir la peine encourue. C’est prévu par notre droit pénal. Je vous invite à mesurer le fait que nous allons compliquer la tâche des juges. Nous n’allons pas améliorer la situation, comme l’a déjà expliqué ma collègue Élisa Martin. Je m’adresse enfin aux collègues des bancs d’en face.”
“Nous vous soumettrons ces propositions de loi très prochainement et nous ne doutons pas qu’elles seront adoptées à l’unanimité, puisqu’elles procèdent du même esprit que le texte dont nous débattons. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)”
“La première prévoit l’installation automatique d’éthylotests antidémarrage dans les véhicules neufs, la seconde l’obligation de relier les villes et les villages de plus de 200 habitants à moins d’une heure par un mode de transport public – comme cela existe en Suisse. Cela permettrait de répondre aux situations précédemment évoquées des repas festifs, mais aussi des personnes qui prennent des anxiolytiques délivrés par des médecins en toute légalité. L’accès à des transports en commun est la meilleure façon d’éviter l’usage de la voiture dans ces situations à risque, en particulier dans les territoires ruraux. Cela permettra de ne pas laisser ces personnes prendre le volant, le cœur serré de peur qu’un accident survienne.”
“Il s’inscrit dans la continuité des propos de ma collègue Élisa Martin concernant le problème de la surenchère pénale. Cette proposition de loi est évidemment légitime d’un point de vue émotionnel. Elle répond aux préoccupations des victimes et de leurs familles. Pour autant, je le répète, la surenchère pénale n’apportera pas de réponse au problème dont nous discutons. C’est pourquoi nous proposons cet amendement. Nous souhaitons annoncer à l’Assemblée et aux familles de victimes, qui assistent à nos débats depuis les tribunes, que notre groupe déposera deux propositions de loi dans un futur très proche.”
“Vous ne vous contentez pas de regarder la planète brûler, vous versez du kérosène dessus !”
“Je vous remercie, monsieur le rapporteur, pour votre travail et votre engagement en faveur des écoles de la République et des enfants de Wallis-et-Futuna. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS.)”
“En effet, le fait que l’on passe par des ordonnances pour adopter des mesures de nature législative montre à quel point notre Parlement est progressivement dessaisi de ses prérogatives au profit du gouvernement, en particulier quand il s’agit de nos territoires ultramarins – ce qui dénote aussi une forme de mépris institutionnel pour ces derniers. Nous souhaitons que ce projet de loi permette à l’édifice parfois chancelant qu’est notre école publique, républicaine et laïque de prendre enfin toute sa place dans les îles de Wallis et Futuna. La République est une et indivisible : encore faut-il que ses territoires soient traités sur un pied d’égalité. Avec ce projet de loi, nous rattrapons un temps que nous n’avons que trop perdu.”
“S’il faut nous réjouir de l’évolution salariale positive qui découlera de ce projet de loi pour le personnel concerné, il faut rappeler que le niveau de rémunération de nos enseignants demeure très faible, surtout en comparaison de celui de nos partenaires de l’OCDE. Pour rappel, les salaires des enseignants français ayant quinze ans d’ancienneté restent inférieurs de 16 % à ceux de la moyenne des autres pays de l’OCDE. Il faut donc espérer qu’une revalorisation de leurs salaires interviendra rapidement, d’autant que le coût de la vie est particulièrement élevé sur ce territoire. Pour finir, nous regrettons que ce projet de loi fasse la part belle aux ordonnances, qui nous semblent affaiblir notre régime démocratique.”
“En français, et plus encore en mathématiques, les élèves de Wallis-et-Futuna ont en majorité une maîtrise jugée insuffisante ou fragile de ces disciplines. Le niveau en fin de primaire y est même plus faible que celui observé dans les écoles des réseaux d’éducation prioritaire (REP) de l’Hexagone. Le fait que les enseignants bénéficient désormais des mêmes droits, mais aussi qu’ils soient soumis aux mêmes obligations que les professeurs des écoles du reste du territoire, devrait permettre une amélioration de ces résultats, même si l’on peut regretter que ce projet de loi, très technique, ne prévoie aucune mesure pour réduire les inégalités scolaires entre les élèves de cette collectivité et ceux du reste de la France.”
“Pari réussi, puisqu’un siècle et demi plus tard, la mission catholique y est toujours chargée, seule, de l’enseignement primaire. Nous sommes tous ici convaincus qu’il est impératif de faire vivre et respecter la laïcité dans nos écoles. La meilleure façon d’y parvenir est d’y bannir, en particulier dans nos écoles publiques, toute forme de prosélytisme religieux. Pour ce faire, permettre aux équipes pédagogiques de Wallis-et-Futuna d’intégrer les corps de la fonction publique d’État, donc de ne plus être dépendantes de la mission catholique, est un pas important à franchir.”
“L’école républicaine et laïque, dont la France aime à s’enorgueillir, n’est pourtant pas une réalité sur l’ensemble de notre territoire. À l’est de l’Hexagone, là où le concordat sévit, on en est encore à bénir les cartables de nos chers enfants lors de la rentrée des classes des écoles publiques. À l’ouest, on note, par exemple, qu’un quart des communes vendéennes sont dépourvues d’écoles publiques. Bien plus loin, à des milliers de kilomètres de Paris, les écoliers de Wallis-et-Futuna vivent aussi dans un monde bien différent de celui de la majorité des enfants scolarisés dans les écoles primaires françaises. Dans cette Océanie lointaine, pour les jeunes enfants, le temps s’est arrêté au XIX e siècle, à l’époque où les missionnaires, les religieux catholiques, venaient propager leur foi.”
“Et voilà ! On rejoue les débuts de l’IVG !”
“Ça ne marche pas, la démonstration par l’absurde !”
“D’autres propositions que celle-ci peuvent être déposées. C’est cela que nous devons aux familles des victimes. Indépendamment de l’émotion qui surgit dans nos rangs, nous préférons adopter des lois efficaces plutôt que nous acheter une morale à petit prix.”
“Le groupe La France insoumise refuse de céder à l’émotion facile pour produire des lois qui ne seront pas efficaces. Nous ne nous donnerons pas bonne conscience en votant pour une proposition de loi qui, nous le savons, ne résoudra rien, n’apaisera rien, n’apportera rien.”
“En effet, les régions où les transports en commun sont les moins développés sont les plus touchées par l’alcoolémie au volant. Nous avons la responsabilité de fournir aux collectivités territoriales les budgets pour déployer de telles mesures. C’est le rôle du Parlement.”
“Nous pouvons aussi déposer tous ensemble une proposition de loi obligeant les collectivités à équiper tous les territoires ruraux de transports en commun, à l’instar de la Suisse.”
“C’est dès l’école qu’il faut apprendre les bonnes conduites et comprendre les risques liés à la consommation de produits stupéfiants ou alcooliques. En effet, nous avons la chance de tous y aller, puisque c’est la loi. Nous pouvons aussi faire avancer les choses à travers d’autres mesures. Par exemple, on peut obliger les constructeurs automobiles à équiper toutes les nouvelles voitures d’alcolocks, qui sont des antidémarreurs éthylométriques. Si ce système était standardisé, il verrait ses coûts d’installation baisser et pourrait être appliqué à l’ensemble des conducteurs. Le dispositif a déjà été testé dans certaines provinces canadiennes et les résultats sont probants : il est efficace.”
“La violence routière est un fléau insupportable, qui ne doit pas être combattu de cette façon. Bien évidemment, nous nous tenons nous aussi aux côtés de toutes ces familles. Des députés du groupe La France insoumise ont été confrontés dans leur chair, dans leur intimité, dans leur famille, à l’objet que nous étudions. Nul dans cet hémicycle n’est insensible à cette question. Cependant, notre rôle de législateur n’est pas de tomber dans les pièges faciles d’une communication qui deviendrait alors inefficace, mais d’empêcher toutes ces morts, qui sont bien trop nombreuses, et d’assurer la protection de nos concitoyens. Pour cela, des moyens renforcés doivent être consacrés à la formation et à l’information, notamment à destination des enfants.”
“Et que dire du chauffard qui, sans être sous l’emprise d’un produit, brûle volontairement un feu pour ne pas être en retard et commet l’irréparable ? Sera-t-il condamné pour homicide routier ? Où une telle proposition de loi trouve-t-elle sa limite ? Comment prouver l’existence ou l’absence d’une intentionnalité non intentionnelle ? Non, ce texte n’est pas de nature à apaiser les proches des victimes ; il n’a aucune visée pédagogique ; il n’éclaircit ni ne simplifie la lecture de tels actes. Rappelons que la loi punit déjà de façon aggravée celles et ceux qui conduisent sous l’emprise de l’alcool ou de la drogue.”
“Ces chauffards potentiels pensent souvent pouvoir s’en affranchir, sans vraiment mesurer que ce qu’ils font est potentiellement criminel. Ce soir, il est question d’adopter ou non une proposition de loi dont on se demande tout de même quel est l’objet. Vise-t-elle à réduire les accidents mortels ? Nous savons tous qu’elle n’atteindra pas l’objectif. À bien nommer les choses ? Tous les juristes vous diront que pour bien nommer un phénomène, il faut éviter de complexifier la loi en y introduisant une notion aussi impossible à définir que l’involontaire volontaire. Car il ne s’agit pas seulement de ceux qui prennent le volant en ayant consommé trop d’alcool ou de la drogue. Le conducteur sous neuroleptique ou anxiolytique aura-t-il lui aussi commis un acte volontaire involontaire ?”
“Je suis un élu de Paris où, contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’alcool et les drogues tuent aussi au volant. En 2023, à Paris, près d’un conducteur sur quatre a été contrôlé positif à l’alcool et plus d’un sur trois l’était pour les stupéfiants. Entre 2019 et 2023, 41 % des accidents mortels dans les rues parisiennes ont impliqué un conducteur alcoolisé ou drogué. L’insécurité routière est un fléau qui ne doit en aucun cas être banalisé. Pourtant, je suis presque sûr que nous avons toutes et tous déjà vu un ami, un proche, un voisin prendre le volant alors même qu’il avait trop bu, ou trop consommé de produits stupéfiants, sans réussir à l’en dissuader. Il est compliqué de convaincre quelqu’un qui n’a plus tout son discernement de respecter la loi.”
“Vous avez soutenu Pinochet à l’époque de Jean-Marie Le Pen !”
“Notre devoir de parlementaire est donc bel et bien de demander des rapports, non pas pour faire perdre du temps, mais au contraire pour en faire gagner aux associations et aux institutions qui s’intéressent au sujet. Vous avez parlé du macro, madame la ministre, mais il faut d’abord passer par le micro, et ce micro recouvre précisément des acteurs qui demandent que nous appuyions notre travail sur des rapports pour prendre en connaissance de cause et en toute objectivité les mesures qui s’imposent. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Vous avez refusé la création d’un observatoire et vous vous opposez à toute demande de rapport alors que, M. Chudeau l’a dit tout à l’heure, ce n’est pas une commission Théodule que nous vous demandons, mais simplement de permettre au Parlement d’exercer son droit de contrôler le gouvernement. Vous êtes en effet tenus à certaines obligations dont vous devez nous rendre compte pour que nous puissions remplir notre mission en toute objectivité, sans être influencés par des propos sciemment déformés par ceux qui s’inventent des croque-mitaines et cherchent à nous convaincre du bien-fondé de dispositifs portant fort éloignés des intérêts de l’enfant.”