Antoine Armand
EPR · France
“Ils tendent à supprimer le dispositif principal de la proposition de loi ; vous comprendrez donc que j’y sois défavorable. Je prendrai l’exemple du territoire de la Haute-Savoie, où je suis élu.”
“Si l’employeur ne peut pas récupérer un logement lorsque l’agent n’exerce plus sa fonction, il n’a aucun intérêt à apporter des financements aux bailleurs sociaux dans le cadre de conventions de réservation, puisque le logement ainsi mis à la disposition le serait une fois pour toutes, même si le travailleur concerné quitte son poste au b…”
“Étant donné le sort de l’amendement précédent, je ne suis pas sûr de convaincre nos collègues de La France insoumise et du Rassemblement national, à l’origine de ceux-ci ; reste qu’en revenant à un plafond de 10 %, vous conserverez un mécanisme de désincitation des acteurs publics.”
“Ensuite, l’employeur ne disposera que d’un an pour activer la clause de fonction. Autrement dit, au-delà de ce délai, le maintien dans les lieux sera garanti.”
“Grâce à ce dispositif, les collectivités et les acteurs qui souhaitent céder un terrain, conclure un bail emphytéotique et investir seront encore plus incités à le faire, parce que les droits de réservation seront plus importants.”
“L’infirmier, l’infirmière, l’agent, l’agente de la fonction publique hospitalière, qui n’étaient pas concernés par le droit de réservation, le seront désormais grâce à cette proposition de loi déposée par notre ancien collègue David Amiel, désormais ministre, qui a beaucoup travaillé ce sujet, notamment dans le cadre d’une mission auprès…”
The complete record
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“Cette situation résulte des déficits successifs. Dois-je vous rappeler que la dernière fois que notre pays a adopté un budget à l’équilibre, c’était en 1974 ?”
“En 2024, la dette publique devrait s’établir à 3 300 milliards d’euros, soit plus de 113 % du PIB – c’est colossal.”
“Je le dis à celles et à ceux qui sont incapables de reconnaître qu’une plus grande attractivité de la France est bénéfique à tous les Français. Tant pis pour eux. Les Français, eux, s’en réjouissent et vous regardent de travers. (Protestations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Cet environnement économique doit nous permettre de prendre les décisions qui s’imposent sur le plan financier. Car, oui, en la matière, notre situation est très préoccupante.”
“Je le dis avec beaucoup de calme à celles et à ceux qui sont incapables de se réjouir pour le pays, de reconnaître que le taux de chômage baisse et que des emplois sont créés. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)”
“Je ne reviens pas non plus sur les ouvertures d’usines, plus nombreuses que les fermetures, ni sur les créations d’emplois industriels partout dans le territoire (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP), ni sur le fait que les exportations augmentent.”
“J’ai l’honneur de vous présenter le projet de loi de finances (PLF) pour l’année 2025, premier budget de cette XVII e législature, qui intervient, vous le savez, dans un contexte politique exceptionnel. Je tiens, à cet égard, à remercier les services du ministère de l’économie, des finances et de l’industrie, ainsi que de celui chargé du budget et des comptes publics, pour leur réactivité dans un calendrier particulièrement contraint. Je ne reviens pas sur le contexte économique, national et international, que nous avons déjà évoqué cet après-midi, ni sur la croissance de la France, qui, en valeur relative, est supérieure à la moyenne de la zone euro, ni sur l’inflation, repassée sous la barre des 2 %, ni sur le taux de chômage qui atteint son niveau le plus bas depuis quarante ans.”
“Même vous, monsieur Delogu, vous pourriez vous satisfaire de voir le taux de chômage baisser partout en France.”
“Je ne sais pas exactement à quels oligarques vous faites référence : pour ma part, je n’en connais pas. Mais, en tout cas, les hausses d’impôt, c’est votre groupe qui les a votées en commission des finances. Monsieur Sitzenstuhl, je partage votre étonnement : je suis surpris que ceux qui disent se battre pour l’emploi n’arrivent pas à se réjouir de la baisse du taux de chômage. Cette baisse est certes une réussite du précédent quinquennat, mais ce n’est pas une satisfaction partisane.”
“Vous déplorez que nous n’ayons pas procédé à des baisses d’impôt mais, il y a quelques jours, ne vous êtes-vous pas associés à certains de vos collègues qui siègent de l’autre côté de l’hémicycle pour adopter des hausses d’impôt démesurées ?”
“Il ne s’agit pas de jargon bureaucratique : c’est une réalité que chacun de nos concitoyens peut constater. Avant, les Français payaient la contribution à l’audiovisuel public et désormais ils ne la paient plus.”
“Cette autre politique économique est possible, monsieur Maurel, mais ce n’est pas celle que nous souhaitons. En effet, si elle ne résoudra pas la question des finances publiques, elle ruinera l’ensemble des épargnants et des travailleurs français ! Monsieur Tanguy, emporté par la fougue de votre intervention, j’ai failli en oublier le début, où vous contestiez les baisses d’impôts que nous avons réalisées. Faut-il vous rappeler qu’ils ont été baissés de 60 milliards d’euros et que certains ont tout simplement été supprimés, comme la taxe d’habitation ? C’est un fait indéniable ! Vous pouvez répéter à longueur de journée que les impôts n’ont pas baissé mais, auparavant, les Français payaient la taxe d’habitation sur leur résidence principale et désormais ils ne la paient plus.”
“…dans un monde où l’on rendrait la contribution sociale généralisée (CSG) progressive et où tous les salariés verraient leurs cotisations sociales augmenter de plusieurs points, ce qui ferait autant d’euros de salaire en moins ; dans un monde où l’on supprimerait la flat tax et où les petits épargnants verraient diminuer les revenus qu’ils ont investis dans les entreprises françaises ;…”
“Madame Mette, je partage votre appel à la prudence, s’agissant des prévisions de recettes et de dépenses publiques. Je le dis avec beaucoup d’humilité, car l’écart entre nos prévisions et nos résultats est préoccupant. Nous avons lancé un plan pour mieux comprendre ce qui se passe ; il a permis d’établir nos prévisions pour l’année prochaine et le Haut Conseil des finances publiques a jugé crédible le lien entre l’évolution spontanée des recettes et notre scénario de croissance. Monsieur Maurel, je suis d’accord avec vous. Une autre politique économique est possible : dans un monde où il y aurait quatorze tranches d’impôt sur le revenu et un impôt quasi confiscatoire pour celles et ceux qui touchent le revenu de leur travail ;…”
“…vous avez voté plusieurs dizaines de milliards de dépenses publiques. Vous appelez au redressement de nos comptes mais, quand je me souviens, non pas des milliards, mais des dizaines de milliards de dépenses publiques que vous avez votées sans sourciller et sans hésiter ce soir-là, je m’interroge sur la cohérence de votre position.”
“Je me souviens, madame Arrighi, d’un soir où nous étions tous les deux (« Oh ! » sur plusieurs bancs) dans l’hémicycle – et nous n’y étions pas seuls. En quelques heures, avec d’ailleurs le soutien d’autres bancs,…”
“Vous ne pouvez pas, un jour, soutenir avec force les mesures de préservation de notre tissu social et, le lendemain, vous plaindre des conséquences budgétaires de ces choix.”
“Vous étiez bien d’accord avec le « quoi qu’il en coûte » ! Vous étiez bien d’accord pour soutenir les emplois et financer le chômage partiel !”
“Éclairez-nous : que fallait-il faire pendant la crise du covid ? Aux artisans qui baissaient leur rideau, aux entrepreneurs qui se demandaient s’il fallait licencier sèchement leurs salariés, aux artisans, aux TPE et PME qui se demandaient si elles pourraient ouvrir le lendemain, que fallait-il répondre ? Que nous allions instruire leur dossier et voir dans trois, six ou neuf mois ?”
“Nous soutiendrons notamment votre proposition de supprimer les doublons administratifs, tant la complexité du système étouffe à la fois les administrations elles-mêmes, les particuliers et les entreprises, mais je doute que cette mesure suffise à nous dispenser d’un effort fiscal exceptionnel, temporaire et ciblé. Il importera, dès l’année prochaine, de nous attaquer à la dépense publique qui, structurellement, ne cesse d’augmenter, car c’est là que le bât blesse. Madame Arrighi, j’aimerais que vous précisiez votre position, s’agissant des prêts garantis par l’État. Si j’ai bien compris, vous vous plaignez qu’on en ait accordé autant, de manière inconditionnelle, au moment de la crise sanitaire.”
“Dans un pays où la dépense publique augmente quasi continuellement depuis cinquante ans ; dans le pays de la zone euro où la dépense publique est la plus importante en part du PIB ; dans un pays, enfin, qui ne réduit pas nettement la dépense publique – certains d’entre vous le regrettent d’ailleurs et nous serons au côté de celles et ceux qui proposent de la réduire –, cela n’a pas de sens de parler d’austérité, ni de récession. À cet égard, monsieur Juvin, je partage pleinement votre point de vue sur ce qui constituerait une forme d’addiction à la dépense publique. Nous examinerons toutes les propositions tendant à la réduire et retiendrons toutes celles qui sembleront possibles.”
“Monsieur le rapporteur général, votre contribution, qui n’a rien de modeste, inspirera nos travaux sur les réformes structurelles. Je pense en particulier à deux leviers de croissance que vous avez évoqués : le logement, d’une part ; l’adaptation de l’objectif zéro artificialisation nette, d’autre part. S’il est très important d’un point de vue macroéconomique, l’objectif ZAN doit toutefois être adapté, au vu de la pression que subissent certains territoires qui essaient de se développer, notamment industriellement. Madame Mercier, vous avez beaucoup employé le terme « austérité », mais un budget qui prévoit une augmentation de 0,4 point en volume des dépenses publiques ne peut pas être qualifié de budget d’austérité.”
“Monsieur le président Coquerel, les inégalités en France, après redistribution, sont restées stables depuis 2002. On peut regretter qu’elles n’aient pas baissé davantage mais on ne peut pas dire qu’elles ont augmenté : ce n’est pas la réalité.”
“C’est ainsi que nous renforcerons notre crédibilité en Europe et partout dans le monde mais nous devons, pour cela, nous faire confiance et avoir confiance en notre économie. Nous défendrons cette stratégie avec le ministre du budget et des comptes publics et sous l’autorité du Premier ministre, afin de faire de la France une nation qui travaille et qui produit davantage. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)”
“Je poursuivrai le combat, commencé sur ces bancs, pour une juste rémunération de travail, en collaboration avec les partenaires sociaux. Nous nous pencherons sur les ajustements d’allégements généraux de cotisations sociales, nous accompagnerons les négociations de branche et nous développerons encore davantage l’actionnariat salarié, les dispositifs d’intéressement et de participation. Nous devons consentir ces efforts afin de libérer l’investissement, d’encourager l’emploi et les entreprises, mais aussi de retrouver – c’est une priorité non seulement budgétaire, mais aussi politique – un niveau de déficit satisfaisant, qui ne rende pas vulnérable notre économie, qui nous permette de passer sous le seuil des 3 % en 2029 et d’engager le désendettement du pays à partir de 2028.”
“Il n’est pas acceptable que certains de nos compatriotes n’aient pas connu d’augmentation de salaire depuis plusieurs années, en dépit de leur évolution au sein de leur entreprise.”
“Les droits des très petites, petites et moyennes entreprises (TPE et PME) en matière d’assurance et de gestion bancaire quotidienne, qui freinent régulièrement l’activité et la création d’emplois, pourront ainsi être rapprochés de ceux des particuliers. Ce soutien au dynamisme de l’économie doit nous permettre de soutenir l’emploi et le niveau de vie des Français. Nous continuerons à investir dans les compétences et à soutenir massivement l’apprentissage, pour toutes les entreprises sans discrimination de taille, même si les contraintes budgétaires nous ont conduits à recentrer un dispositif qui faisait l’objet d’un certain nombre d’effets d’aubaine. Nous devons aussi faire en sorte que le travail paye mieux. Il est anormal que certains Français qui travaillent soient encore rémunérés en dessous du Smic.”
“De son côté, l’État devra continuer à soutenir la recherche, l’innovation et le développement industriel. J’ai déjà parlé du plan France 2030 et je voudrais également souligner la nécessité d’accélérer nos progrès en matière d’intelligence artificielle. C’est un projet au long cours qui a été soutenu depuis plusieurs années, tant sur ces bancs que par le Gouvernement, en particulier pour mettre l’intelligence artificielle au service des professionnels de santé. Il faudra, enfin et surtout, simplifier la vie des entreprises pour leur permettre de devenir plus compétitives et de créer plus d’emplois. Nous relancerons le projet de loi de simplification présenté par le précédent gouvernement. Nous lancerons également un plan de simplification réglementaire drastique tendant à supprimer des normes et à réduire la charge administrative.”
“La réindustrialisation, c’est le troisième pilier de cette stratégie de moyen terme : réindustrialiser l’ensemble du territoire, simplifier la vie des entreprises, investir dans l’innovation. Pour continuer à ouvrir des usines et pour créer des emplois industriels, nous voulons donner à tous les Français les moyens de contribuer à ce projet national. C’est en ce sens que le Premier ministre a annoncé sa volonté de mobiliser l’épargne de nos compatriotes en la fléchant mieux, vers des projets industriels, afin que tous les Français puissent directement soutenir notre industrie. Je donnerai prochainement des précisions sur le livret d’épargne dédié à l’industrie qui a été souhaité par le Premier ministre et qui pourra être déployé dans les tout prochains mois.”
“Nous poursuivrons également le développement du nucléaire et notamment de nouveaux réacteurs, pour disposer d’une énergie abondante, décarbonée et compétitive. Dans le même temps, nous développerons les énergies renouvelables – électriques comme thermiques –, qui sont indispensables à la création d’un mix énergétique français souverain et décarboné. Nous devrons aussi maîtriser nos besoins en énergie, en accentuant les efforts à la fois de sobriété et de rénovation énergétique dans tous les secteurs – y compris au sein des bâtiments appartenant à l’État. Outre un objectif de décarbonation, ce programme de réformes vise à renforcer notre économie, en fournissant aux entreprises une énergie décarbonée propice à la poursuite de la réindustrialisation.”
“Nous devrons poursuivre la planification écologique, grâce au plan France 2030 et à l’entrée en vigueur de la loi du 23 octobre 2023 relative à l’industrie verte, au verdissement de la commande publique, au renforcement du conditionnement des aides publiques et à l’amélioration du financement des projets industriels qui le réclament – en France comme en Europe.”
“Le deuxième pilier du plan consiste à réduire notre dette écologique et à faire de la France l’un des chefs de file de l’économie bas-carbone en Europe. L’atténuation et l’adaptation au changement climatique doivent demeurer des priorités politiques, budgétaires et financières, en tenant compte des caractéristiques de notre territoire. Je ne rappelle pas les progrès réalisés : les émissions françaises de CO 2 ont été réduites de 25 % entre 1990 et 2022 ; en 2023, elles ont de nouveau baissé de 5,8 %.”
“Cette revue portera également sur les niches fiscales et sociales : nous savons que certaines d’entre elles sont soit injustifiées, soit incompatibles avec nos objectifs de soutien à l’emploi ou de décarbonation. Pour ce faire, les administrations publiques dans leur ensemble seront mobilisées : chaque année, elles devront présenter un rapport détaillant les résultats et l’impact budgétaire de leurs actions. Avec le ministre chargé du budget et des comptes publics, nous associerons les parlementaires à cet effort de transparence et d’efficacité de la dépense publique. Chacun sait combien il est difficile de la réduire ; mais chacun mesure la nécessité d’agir sans attendre pour le bien de notre économie et pour la crédibilité internationale de la France.”
“La dépense publique sera réduite dès l’année prochaine, en fusionnant des opérateurs publics, en modernisant notre système de santé, en renforçant la lutte contre la fraude – et je ne doute pas que vous ferez, mesdames et messieurs les députés, de nombreuses propositions, précises et étayées, pour engager la réduction des dépenses. Car il faut le reconnaître : la baisse de la dépense publique prend du temps. Outre sa réduction, la dépense publique doit devenir plus efficace – et je sais l’importance que l’Assemblée, et en particulier la commission des finances, accorde à l’évaluation des dépenses publiques. Nous l’avons annoncé avec Laurent Saint-Martin : nous lancerons une revue complète des dépenses pour supprimer, entre 2025 et 2027, au moins 5 milliards d’euros de dépenses non prioritaires.”
“Bref, notre économie tient bon, bien qu’elle se trouve fragilisée par la situation de nos finances publiques. Le budget pour 2025, que vous commencerez à examiner ce soir, est la première pierre d’une stratégie visant à soutenir le dynamisme économique tout en réduisant les déficits, afin de dégager un horizon de désendettement. Certaines des mesures que comprend cette stratégie ont déjà été annoncées par le Premier ministre dans sa déclaration de politique générale et d’autres viendront la compléter. Tel est le sens du présent plan budgétaire et structurel de moyen terme : redresser les comptes publics tout en soutenant la croissance. Il faudra, avant toute chose, améliorer l’efficacité de la dépense publique. Dans un pays où elle représente 57 % de la richesse nationale, c’est là que doit d’abord se concentrer l’effort de redressement.”
“Cette trajectoire reflète l’amélioration à la fois du taux d’activité et du taux d’emploi, soutenue – selon les différents instituts – par la réforme de l’assurance chômage, le soutien à l’apprentissage et la réforme des retraites, qui ont permis de créer 1,3 million d’emplois depuis 2019. Soulignons la progression du taux d’emploi – qui n’a jamais été aussi élevé depuis qu’il a été mesuré pour la première fois par l’Insee, en 1975 – sous l’effet de différents leviers, du logement à la garde d’enfants, favorisant une plus grande participation au marché du travail. Ces résultats montrent que nous progressons : nous sommes plus attractifs, plus compétitifs, et l’inflation – qui a tant affecté nos compatriotes ces dernières années – continue de baisser.”
“Elle devrait s’accompagner, la même année, de la création nette de 100 000 emplois (Mme Clémence Guetté s’exclame) , notamment du fait de l’augmentation des exportations, de 3,4 % en 2025, même si le déséquilibre persistant de notre balance commerciale demeure préoccupant. À moyen terme, l’assouplissement du crédit, le retour à la normale de l’inflation – dont le taux pour la France est estimé à 1,8 % en 2025 – et le soutien public à l’économie devraient conduire à une augmentation de la croissance française de 1,4 % en 2026, puis de 1,5 % en 2027 et en 2028.”
“Au deuxième trimestre 2024, l’acquis de croissance était de 0,9 % et nous prévoyons qu’il s’élève, à la fin de l’année, à 1,1 %. Pour 2025, nous prévoyons un niveau de croissance identique, même si sa composition devrait évoluer : la baisse de l’inflation et des taux d’intérêt entraînera une augmentation de la consommation des ménages et de l’investissement des entreprises, ainsi qu’une amélioration des marges des entreprises non financières et de l’investissement global. Le pouvoir d’achat des ménages devrait augmenter de 2 % en 2024, ce qui nous conduit à anticiper, dans le plan structurel de moyen terme, une hausse de la consommation de 1,3 % en 2025.”
“Ainsi, la croissance de la zone euro restera modérée – à 0,8 % en 2024 –, même si elle devrait se montrer plus franche en 2025, notamment grâce à la baisse de l’inflation et au dynamisme du commerce extérieur, en particulier des exportations françaises. En revanche, la croissance américaine restera dynamique et celle des économies émergentes, même si elle devrait ralentir, se maintiendra à un rythme soutenu : la compétition que se livrent ces puissances fait peser un risque majeur sur notre continent, notamment en matière industrielle, ce qui exige un effort à la fois d’investissement et de compétitivité dans une Europe dont la simplification réglementaire doit être menée avec beaucoup plus d’énergie qu’auparavant. Dans ce contexte contrarié, les perspectives économiques de la France demeurent bien orientées.”
“Quelques éléments pour situer ce débat. Dans un contexte mondial encore instable, marqué par la sortie de crises, la France résiste. Après une succession de chocs – de l’apparition du covid à l’invasion de l’Ukraine –, l’activité mondiale voit l’effet des crises se dissiper, quoique très progressivement. La croissance mondiale devrait s’élever à 3,2 % en 2024 et à 3,4 % en 2025, notamment sous l’effet de l’assouplissement monétaire engagé par les banques centrales américaine et européenne ces derniers mois, ainsi que du ralentissement de l’inflation. Cependant, malgré ce début de retour à la normale, les disparités demeurent.”
“J’ai l’honneur d’ouvrir, au nom du Gouvernement, le débat sur les orientations économiques et financières de notre pays. C’est la suite du dialogue que nous avons engagé avec vous, mesdames et messieurs les députés : trois jours après notre nomination, nous étions, avec Laurent Saint-Martin, devant vous en commission des finances. (M. Philippe Brun s’exclame.) Quelques jours plus tard, je vous ai présenté, dans des conditions contraintes – dont nous avons tous conscience et dont nous partageons les difficultés –, l’évolution de notre endettement.”
“Depuis, les services déconcentrés de mon ministère sont à la recherche de solutions alternatives, c’est-à-dire en particulier à la recherche de repreneurs. À ce stade, vous le savez, les repreneurs n’ont pas donné de suite, ce qui place l’entreprise dans une situation extrêmement complexe et difficile. Je le dis avec toute la simplicité et l’humilité qui conviennent. Je peux vous garantir une chose et prendre un engagement devant vous aujourd’hui. Quelle que soit la suite du travail que nous menons et mènerons avec Marc Ferracci – dès sa prise de fonctions, le ministre délégué chargé de l’industrie, alerté par les services, a pris des contacts s’agissant de ce dossier –, nous accompagnerons les salariés autant qu’il le faut et qu’il est possible, dans un département très éprouvé, auquel nous devons témoigner notre solidarité.”
“Madame la députée, permettez-moi d’abord de m’associer à votre préoccupation, qui est celle, transpartisane, de tous les élus locaux du territoire que vous évoquez. Elle est due à la situation très spécifique que rencontre l’entreprise Stenpa, dans un contexte plus global. Il y a tout un historique, depuis 2023 – vous me corrigerez, le cas échéant. Des évaluations ont été menées, qui se sont révélées optimistes. Des engagements, pris par certains industriels, n’ont manifestement pas été tenus et placent l’entreprise dans une situation très difficile. L’État, alerté de cette situation d’un point de vue administrativo-financier à l’été 2024, était prévenu auparavant, comme vous l’avez rappelé.”
“Avec l’ensemble des parlementaires, ultramarins ou non, de cette assemblée – puisque nous représentons tous l’ensemble de nos concitoyens –, nous nous attacherons à trouver le chemin pour que le barème et le calibrage du prélèvement à venir ne reposent pas essentiellement sur les compatriotes d’outre-mer. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)”
“Cela dit, la question des voyages européens ou assimilés se pose évidemment, ainsi que celle du cas de nos compatriotes qui se déplacent entre les territoires de leur propre pays, pour des raisons professionnelles ou personnelles – peu importe. Il y va de la continuité territoriale et du pacte républicain.”
“Ensuite – et seulement ensuite –, l’effort repose sur des prélèvements qui concernent essentiellement les plus fortunés. Dans ce cadre, il est important que ceux qui se déplacent beaucoup en avion contribuent au redressement des finances publiques et à l’investissement dans la transition énergétique.”
“…la priorité du ministre des finances est de réduire les déficits, et de le faire en conscience. Comme mon collègue Laurent Saint-Martin et moi l’avons rappelé, cela passe d’abord et avant tout par la baisse de la dépense publique. Une telle baisse doit compter pour au moins les deux tiers de l’effort global à accomplir, et je ne doute pas que cette assemblée contribuera à augmenter cette proportion.”
“Permettez-moi de vous redire que, lorsque la dette approche 113 % du PIB et que le déficit dépasse 6 % du PIB,…”
“Dernier point, madame la députée : à l’Assemblée, il s’agissait d’une fuite de canalisation. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et DR.)”
“Le plan d’adaptation au changement climatique lancé il y a quelques mois par Christophe Béchu, le prédécesseur d’Agnès Pannier-Runacher au ministère de la transition écologique, est de ce point de vue important. Si nous ne sommes pas capables de financer notre État, comment financerons-nous les dépenses que nous aurons besoin de faire demain ? C’est pour cela que, dans sa déclaration de politique générale, le Premier ministre a mis sur le même plan les dettes financière et écologique. Nous ne nous montrerons pas responsables en matière écologique si nous ne sommes pas d’abord responsables financièrement et si nous ne dégageons pas des marges de manœuvre pour financer et investir dans l’avenir de nos compatriotes et de l’écologie, que ce soit en France ou sur toute la planète.”
“Il y a quelques mois encore, je siégeais sur ces bancs et nous avons travaillé ensemble sur les énergies renouvelables et sur l’énergie nucléaire – votre groupe a fait des pas importants sur le sujet. Je sais donc que, face à la transition écologique, nous sommes capables de dépasser les clivages et de regarder la réalité telle quelle est. Vous auriez pu parler de dette écologique, mais vous auriez dû aussi parler de dette financière. En effet, si nous ne sommes plus capables de financer notre train de vie, comment financerons-nous nos investissements, notamment ceux, dont je reconnais comme vous l’importance, en faveur de nouvelles infrastructures énergétiques pour atténuer le changement climatique, mais aussi nous y adapter ?”