Anaïs Belouassa-Cherifi
LFI-NFP · France
“Le cancer est la deuxième cause de mortalité chez les enfants. Il est donc urgent d’agir et, surtout, de rattraper notre retard en matière de financement de la recherche sur les maladies rares et les cancers infantiles. Pour cela, nous proposons avec l’amendement n o 3 de fixer le taux de la taxe à 0,30 %.”
“Chaque année, en France, près de 500 enfants décèdent d’un cancer. Quant aux maladies rares, elles sont responsables de 10 % des décès chez les enfants entre 1 et 5 ans. Sans même évoquer les raisons de l’augmentation constante de ces maladies et de ces cancers, une urgence s’impose : il faut mieux les soigner et mieux les prévenir.”
“Lors de la discussion générale, nous avons tous souligné le manque de moyens spécifiques pour la recherche sur les maladies infantiles et les cancers des enfants. Les amendements n os 1 et 2 visent à favoriser la création d’un programme d’innovation thérapeutique spécifiquement dédié aux maladies infantiles et aux cancers pédiatriques.”
“…mais ne rien donner à des start-up qui rappellent étrangement Macron 2017 et sa start-up nation . (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) À cet égard, nous regrettons que ce texte préfère aménager les profits des laboratoires pharmaceutiques. La recherche sur les cancers des enfants mérite mieux, et nous, nous ferons mieux.”
“Dans un monde où l’on est exposé en permanence à des éléments cancérigènes – pollution atmosphérique, PFAS, pesticides –, dans un monde où tous ne peuvent pas avoir accès à une alimentation saine, dans un monde où ceux qui tombent malades sont les plus précaires mais où ceux qui peuvent se soigner sont les plus riches, nous avons besoin d…”
“À votre avis, pourquoi ces acteurs privés ont-ils agi ainsi ? Parce qu’après avoir pris le crédit d’impôt recherche, ils ont estimé qu’ils ne faisaient pas assez de bénéfices. Résultat : plus d’institut de pointe, plus de chercheurs de haut niveau. Je veux le dire ici avec force : ni la recherche, ni la santé ne sont des marchandises !”
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“La messe est dite ! Comme vous devez bien dormir la nuit !”
“En le défendant, nous insistons sur l’importance du choix du temps de travail. Il nous semble primordial de pérenniser cette liberté dont disposent les salariés d’une EBE. Or M. le rapporteur s’est dit tout à l’heure favorable à l’ouverture du financement des EBE aux entreprises privées. Si une entreprise privée contribue à une EBE, elle pourrait exprimer sa préférence pour un cadre horaire et ne plus respecter le temps de travail choisi par les salariés, alors que toutes les interventions dans l’hémicycle ont souligné que ce choix constituait l’essence même des TZCLD. Notre sous-amendement est un garde-fou. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Par l’amendement de réécriture générale de l’article 1 er , le gouvernement propose de détruire le temps choisi, d’exclure les syndicats et les représentants des personnes en situation de handicap dans les comités locaux pour l’emploi. Il propose aussi de mettre à la botte les entreprises privées dans ces comités. Vous voulez en outre conditionner l’installation de nouveaux Territoires zéro chômeur de longue durée à l’accord des autres structures d’insertion, ce qui les met en concurrence les unes avec les autres. Les travailleurs sont censés pouvoir choisir le CDI, mais vous contournez ce dispositif. Nous nous battrons évidemment contre cette réécriture générale et voterons contre. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant que, à quelques heures de l’examen de ce texte, comme de petits champignons, des amendements du gouvernement poussaient ici et là pour aboutir à une réécriture générale de la proposition de loi ! C’est vraiment fâcheux, car nous avons travaillé en commission puis le 4 juin dernier sur ce qui était une bonne proposition de loi et nous découvrons à présent des amendements de réécriture déposés par surprise. Monsieur le ministre, vous avez dit que cela relevait de la culture du consensus ; je vous répondrai qu’il s’agit de la culture du compromis et de la compromission.”
“J’avais préparé une intervention pour vous dire à quel point Territoires zéro chômeur de longue durée était un super dispositif, qui permet à des personnes éloignées de l’emploi de retrouver du travail, avec un poste adapté pour eux, des horaires qui leur conviennent et un temps choisi. Je voulais vous parler de la visite, à Lyon, dans ma circonscription, d’une EBE où j’ai vu des femmes et des hommes fiers de leur travail et de leur action. Je voulais vous parler des gens que j’ai rencontrés, des personnes en situation de handicap qui avaient enfin trouvé un emploi adapté à leur situation. Les Territoires zéro chômeur de longue durée sont des espaces où les personnes qui ont été mises en marge de la société peuvent enfin retrouver leur dignité dans l’emploi.”
“Malgré vos justifications, la réalité est là : dans notre pays, des gens meurent dans la rue. Votre responsabilité provoquera votre chute : demain, nous vous censurons ! (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent pour applaudir.)”
“…en somme, un budget qui abandonne ceux qui ont besoin d’aide et qui met les plus riches à l’abri. (Mêmes mouvements.) Comment justifier votre action quand plus de 2 200 enfants dorment à la rue chaque nuit ? Comment se fait-il que cela ne suscite pas même un brin d’indignation dans vos rangs ? Vous refusez d’agir. Les préfets peuvent pourtant réquisitionner les logements vacants, et la France en compte plus de 1 million depuis plus de deux ans. Il faut réquisitionner tous les logements vacants de notre pays pour sauver des vies. (Mêmes mouvements.) Entre discours et réalités, quand ordonnerez-vous ces réquisitions aux préfets ? (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent pour applaudir.)”
“…un budget qui saigne les associations qui prennent soin des personnes qui en ont le plus besoin,…”
“…et des mineurs isolés à dormir dans des tentes. Or si l’État ne garantit plus le droit au logement, il trahit la République. Encore une fois, la Macronie n’a rien fait pour loger l’ensemble des personnes sans-abri de notre pays. La situation actuelle, c’est votre bilan, votre responsabilité et vos choix politiques. (Mêmes mouvements.) La semaine dernière, le ministre du logement a répondu à mon collègue Emmanuel Fernandes que s’il voulait que la situation s’améliore, il n’avait qu’à voter le budget. Mais quel budget ? Un budget qui baisse de 6 % sur la question du logement,…”
“La France vient de traverser une nouvelle vague de froid intense. Sans aucune anticipation, des plans Grand Froid ont été déclenchés dans l’urgence et sont restés insuffisants pour accueillir toutes les personnes qui en avaient le besoin et le droit. L’État a ainsi sciemment opéré un tri en forçant des familles et des enfants à s’abriter dans des écoles désaffectées… (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Encore une fois, on externalise, on délègue et in fine, la puissance publique est dépossédée. L’article 5 permet aux collectivités d’externaliser la gestion locative des établissements publics. Cette externalisation confère un pouvoir opérationnel et crée une dépendance vis-à-vis des opérateurs privés, et cela dans un seul objectif : la perte de la maîtrise d’usage des immeubles et des biens publics. Accompagnée d’un discours sur la volonté d’augmenter l’offre locative pour les agents publics grâce au logement intermédiaire, cette mesure constitue en réalité un risque réel de marchandisation, en contradiction avec l’objectif même de service public. Elle engendre des logiques plus commerciales que sociales. C’est la raison pour laquelle nous souhaitons sa suppression.”
“Cet amendement de repli prévoit que soit porté à 25 % le plafond du droit de réservation des employeurs publics – plafond dont la suppression, encore une fois, risque de diminuer le nombre des logements accessibles aux publics les plus défavorisés. Plus raisonnable que le déplafonnement, une telle augmentation éviterait que l’adoption de cette proposition de loi n’entraîne un trop grand déséquilibre. L’absence de volonté politique de la Macronie durant ces neuf dernières années est à l’origine du manque de logements sociaux dans notre pays ; nous nous opposons au fait de favoriser un public par rapport à un autre et vous appelons donc à adopter l’amendement.”
“Le budget des centres d’hébergement d’urgence n’a en effet pas augmenté et, en plus, souvent, l’État ne paie pas tous les crédits alloués à ces centres. Désolée de vous le dire, monsieur le ministre, mais pour loger tout le monde il faut de l’argent ! Pour ouvrir des places d’hébergement d’urgence, il faut de l’argent ! Pour lutter contre le mal-logement, il faut de l’argent ! Pendant que les gens meurent dans la rue, vous continuez à parler de responsabilité individuelle, d’équilibre budgétaire et de rationalisation. Les propositions de La France insoumise sont claires : construction massive de logements sociaux, interdiction des expulsions sans relogement, renforcement de la loi SRU, réquisition des logements vacants et encadrement des loyers. Pour pouvoir dormir, il faut que tous aient où dormir.”
“Monsieur le ministre, vous venez nous donner des leçons budgétaires en matière de droit au logement, alors que vous êtes soupçonné d’avoir attribué à vos collaborateurs des maisons à un prix cinq fois inférieur à celui du marché. Moi aussi, j’ai quelques leçons à vous donner. Depuis huit ans, la Macronie, c’est vraiment n’importe quoi : vous construisez de moins en moins de logements sociaux et vous baissez les APL – aides personnalisées au logement. La crise du logement est la conséquence de vos coupes massives dans le budget, on l’a vu dans le dernier projet de loi de finances. Vous arpentez les plateaux télé pour dire que vous avez investi massivement dans l’hébergement d’urgence. C’est faux, vous mentez !”
“L’accès à un logement digne et abordable dans le parc social est compliqué pour tous. C’est compliqué pour les travailleurs du secteur public, pour ceux du secteur privé, pour les personnes sans emploi. C’est compliqué pour les 3 millions de ménages qui sont en attente d’un logement social. Nous refusons de considérer qu’un public est supérieur à un autre. Accepter la hiérarchisation des publics dans le droit au logement, c’est porter un coup à la notion même de droit au logement universel. Cette proposition de loi, ce tri dans l’accès au logement social, n’a qu’une seule vocation : affaiblir le droit au logement universel et inconditionnel.”
“La réalité est brutale : à Lyon, par exemple, des familles sont obligées de s’abriter dans des écoles désaffectées ; 912 personnes ont perdu la vie dans la rue en 2024. Cette France qui souffre et qui meurt, c’est votre politique ! Quand vous ne faites rien pour que chacun ait un toit, quand l’hébergement d’urgence devient un mot creux, quand l’État ne garantit plus ce droit fondamental qu’est le droit au logement, vous trahissez la République. Le droit au logement n’est pas simplement l’accès à un toit, c’est la condition préalable à tous les autres droits, éducation, emploi, santé et dignité humaine. Sans logement, on n’a plus rien. Le Dalo – droit au logement opposable ? Saturé ! La loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU) ? Contournée ! Le logement social ? En berne ! Voilà votre bilan.”
“J’ai le sentiment que l’histoire se répète dans cet hémicycle. Cela fait un peu plus d’un an que je suis là et je suis déjà agacée par votre manque d’ambition et de vision pour réduire à néant la crise du logement. Vous jacassez entre ces murs tout en étant totalement déconnectés de la réalité que vivent les gens dans notre pays. Cette proposition de loi macroniste en est un nouvel exemple. Elle ne résoudra rien car, pendant que nous débattons de demi-mesures, le pays souffre. La France a traversé ces derniers jours une vague de froid intense mais des milliers de personnes dorment encore dehors. Comment notre pays peut-il encore accepter que 2 159 enfants dorment dans la rue chaque nuit ? Personne ne réagit. Comment est-ce possible ? Comment se fait-il que cette situation ne soulève pas un semblant d’indignation ?”
“Dans les États-Unis de Trump ou la Hongrie d’Orbán, partout le droit à l’IVG est menacé, mais heureusement des voix se font entendre. Cette semaine, le Parlement européen s’est prononcé en faveur de la résolution Ma voix, mon choix. Aujourd’hui, avec cette proposition de loi, ce n’est pas seulement une réparation administrative que nous nous apprêtons à voter : il s’agit de reconnaître le courage et rôle historique des femmes qui, en risquant tout, ont permis à toutes les femmes de notre pays, comme à moi, d’accéder au droit à disposer de leur corps librement. Merci à elles et à eux. La France insoumise votera donc ce texte. (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.)”
“Nous refusons que l’IVG devienne un droit théorique, existant sur le papier mais inaccessible dans la réalité. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Le droit à l’IVG doit être garanti, proche, gratuit, disponible partout et pour toutes. La réalité est que le droit à l’IVG est menacé. Partout où l’extrême droite s’immisce dans les institutions, elle menace les droits des femmes.”
“Il ne le sera que le jour où aucune femme ne sera entravée dans son droit à avorter – ni par la loi, ni par la morale, ni par la précarité. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Actuellement, partout sur le territoire, des centres IVG ferment, des médecins refusent d’accomplir ces actes au nom de la clause de conscience, voire désinforment. Dans la France de Macron et dans les collectivités territoriales réactionnaires, les coupes budgétaires drastiques aboutissent à la fermeture de centres IVG et de centres du Planning familial, ce qui remet directement en cause le droit à disposer de son corps. Comment parler de liberté quand des femmes doivent parcourir des dizaines, voire des centaines de kilomètres pour avoir recours à un soin ?”
“Il n’y a pas si longtemps, des femmes ont été condamnées, stigmatisées, humiliées pour avoir eu recours à l’avortement ou pour avoir aidé des femmes à y avoir recours. Ces femmes n’étaient pas des criminelles, mais des personnes confrontées à une société qui leur refusait un droit élémentaire, celui de disposer de leur corps. Il était temps de le reconnaître. L’État a puni des mères, des jeunes femmes précaires, des femmes seules, des femmes dont les ressources ne leur permettaient pas d’avoir recours à l’avortement. Ce sont des vies brisées, des carrières interrompues, des dossiers judiciaires infamants, une honte imposée que nous devons réparer aujourd’hui. J’appartiens à une génération qui a grandi avec l’idée que le droit à l’IVG était acquis et inaliénable. Pourtant, ce combat n’est pas achevé.”
“Nous sommes réunis aujourd’hui pour panser les plaies des actes passés de l’État français. Cette proposition de loi exprime une exigence fondamentale : réparer une injustice commise par la nation. Celles qui ont vécu cette expérience le savent : aucune femme ne recourt à l’avortement par gaîté de cœur. Ce choix, je l’ai fait, et je peux affirmer avec certitude que je ne me tiendrais pas devant vous, à cette tribune, si je n’avais pas pu faire ce choix. Merci, mesdames. (L’oratrice se tourne vers les tribunes du public. – Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Ce choix, cette vie, cette place, je les dois à toutes les femmes qui se sont battues pour nos droits et pour notre liberté à disposer de notre corps.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Ce jour marquait le début d’un long processus qui a abouti le 4 mars 2024, lorsque le Parlement, réuni à Versailles, a enfin intégré le droit à l’IVG dans la Constitution. Ce jour-là, la France devenait le premier pays au monde à reconnaître dans sa loi suprême la liberté pour chaque femme de recourir à l’avortement. Ce jour-là, nous étions toutes fières d’être Insoumises et j’étais particulièrement fière d’appartenir à un mouvement politique dont tous les parlementaires ont voté pour. (Mêmes mouvements.) Inscrire le droit à l’IVG dans la Constitution était un acte fondamental, mais la bataille continue pour faire en sorte que ce droit soit effectif.”
“Fidèle à son engagement, La France insoumise inscrit son action dans le soutien constant aux luttes d’émancipation, en particulier en faveur des droits des femmes. Notre engagement est total et intransigeant pour la liberté des femmes à disposer de leur corps, pour des droits réels et effectifs, pour la fin définitive des violences et du système patriarcal. Le 24 novembre 2022, à l’occasion de notre niche parlementaire et par la voix de notre présidente Mathilde Panot, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi constitutionnelle, prenant ainsi une position claire en faveur de l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution.”
“Pas de compromission avec l’extrême droite !”
“Nous proposons d’interdire les compléments de loyer, qui sont la pierre angulaire du contournement de l’encadrement des loyers. Ils sont injustifiés car ils se fondent sur des critères subjectifs : le logement est exposé plein sud, on ajoute 100 euros au loyer ; il est à côté d’une belle fontaine, pourquoi pas 150 euros en plus ? L’association Bail, active à Lyon, relève que, dans les contentieux, les compléments de loyer reposent sur des justifications majoritairement fallacieuses. En réalité, lorsqu’ils proposent leur logement à la location, les propriétaires n’apportent aucune justification du complément de loyer. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Je ne suis pas étonnée, monsieur Kasbarian, que vous vous illustriez par votre cynisme constant, vous qui, l’année dernière, avez fait croître de 20 % les expulsions locatives ! (Mêmes mouvements.) La question est simple : souhaitez-vous que les gens puissent payer leur loyer et avoir un toit ? Je crois que ce n’est pas le cas, puisque vous ne voulez pas encadrer les loyers et ne proposez même pas de solution pour les gens qui sont à la rue ! Nous voulons discuter de ce texte primordial : la crise du logement que nous traversons est profonde et structurelle, et il va falloir se montrer ambitieux ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Le groupe LFI-NFP s’opposera, bien sûr, à cet amendement de suppression. Nous considérons qu’il est primordial de parler de l’encadrement des loyers, d’aller plus loin en pérennisant ce dispositif et surtout de faire en sorte que toutes et tous aient un toit et que les locataires arrêtent de subir les loyers trop élevés. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Ce sont eux qui tiennent le marché, eux que vous vous refusez à affronter. L’histoire nous l’apprend pourtant : quand un peuple ne peut plus se loger, il se soulève. (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent pour applaudir.)”
“Pourquoi une majorité de propriétaires ne respectent-ils pas l’encadrement des loyers ? Peut-être parce que rien ne les y contraint ! Vous me répondrez – vous êtes si prévisibles – que nous nous attaquons toujours aux propriétaires. Qui sont pourtant ces propriétaires que vous voulez protéger ? Ceux qui ne représentent que 3,5 % de la population et qui détiennent 50 % des logements mis en location. (Mêmes mouvements.)”
“Nous voulons un encadrement des loyers généralisé, permanent et sans complément de loyer. (Mêmes mouvements.) Nous voulons un encadrement à la baisse dans les zones tendues. Nous voulons mettre fin à la folie spéculative. Tel est le sens de la proposition de loi que mes collègues Insoumis et moi-même avons déposée. (Mêmes mouvements.) L’encadrement des loyers est aujourd’hui une passoire : à Bordeaux, un propriétaire sur quatre ne le respecte pas, à Lyon ou à Paris, un propriétaire sur trois.”
“Regardez bien qui, dans cet hémicycle, défend les multipropriétaires vivant de la rente et qui défend le peuple. (Mêmes mouvements.) Nous le disons sans équivoque : il ne faut pas se contenter de stabiliser les loyers, il faut les baisser durablement. (Mêmes mouvements.) Combien de jeunes sont entassés dans des chambres de bonne ? Combien de travailleurs sont condamnés à des trajets interminables faute de pouvoir encore trouver un logement proche de leur lieu de travail ? Combien de familles sont coincées dans des logements insalubres ou surpeuplés ? Combien de personnes dorment dehors, dans le pays qui se dit patrie des droits de l’homme ?”
“Vous vous préoccupez davantage du confort des multipropriétaires que du sort des 15 millions de mal-logés et de celui des 350 000 personnes qui dorment dans la rue. (Mêmes mouvements.) Les faits vous contredisent pourtant. L’Apur a montré que l’encadrement des loyers ne provoque pas une baisse du nombre de logements proposés à la location.”
“La droite et la Macronie expliquent que l’encadrement des loyers décourage les propriétaires. Comprenez : ils ne peuvent plus louer à des prix extravagants. Quel drame absolu – j’en suis tout émue ! (Mêmes mouvements.)”
“Monsieur le ministre, vous préférez agir dans l’intérêt de votre cabinet – ça vaut le coup pour vous, ce sont de belles primes de fin d’année ! (Mêmes mouvements.)”
“Quand le marché locatif déraille, c’est toute la vie des gens qui bascule. (Mêmes mouvements.) Garantir le droit au logement est à la base de tout. Quand quelqu’un dort dehors, pourtant, vous préférez détourner le regard.”
“Orné d’un titre criant le compromis, ce texte regarde un problème sans jamais oser se confronter aux intérêts d’où il tire son origine. Il reconnaît l’urgence sans assumer les moyens d’y répondre. Le logement n’est pas un bien comme un autre. Il est la condition de l’accès à tous les autres droits.”
“…un peu de social pour l’affichage, beaucoup de concessions pour ne pas froisser les propriétaires. Résultat, un compromis mou, qui n’apporte aucune réponse à la hauteur de la crise. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) En voici la preuve : vous maintenez le complément de loyer jusqu’à 20 % au-delà du loyer majoré. Vous autorisez ainsi des loyers supérieurs de 44 % au loyer médian. Dans une ville où ce loyer médian est de 1 000 euros, il serait donc possible de facturer 1 440 euros. C’est gigantesque, c’est insoutenable ; c’est bien sûr injuste. (Mêmes mouvements.)”
“Il faudrait dès maintenant la pérenniser, la généraliser et, surtout, la renforcer. Chacun sait que ce dispositif est aujourd’hui trop limité, trop fragile et trop contourné pour protéger sérieusement les locataires de la spéculation immobilière et de l’explosion des loyers. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Les loyers augmentent en continu depuis quarante ans : où cela va-t-il s’arrêter ? Alors que le logement est le premier poste de dépenses des ménages, la hausse des loyers continue d’étouffer le pouvoir d’achat des Français et des Françaises. Face à une telle situation, nous devrions nous contenter d’un texte qui reste au milieu du gué ? Le Parti socialiste tente une fois de plus de ménager le chèvre et le chou, de concilier l’inconciliable (Mme Marie Mesmeur applaudit) :…”
“…et l’équilibre dans les rapports locatifs. Derrière ce beau titre se cache un contenu tiède, très éloigné de l’urgence sociale et de la crise du logement que traverse notre pays. En 2026, la politique d’encadrement des loyers arrive à échéance.”
“Le texte que nous examinons aujourd’hui prétend restaurer la confiance…”
“Lorsque vous organisez ce débat aujourd’hui à l’Assemblée nationale, vous n’êtes pas Français, car vous tournez le dos à la devise républicaine et à l’histoire créolisée de notre pays.”
“Elle a donc un effet bénéfique pour l’ensemble de la population française. L’AME sauve des vies et honore l’engagement qui figure dans le préambule de la Constitution de 1946 : la nation doit garantir à tous la protection de la santé. L’AME est la grandeur d’une nation solidaire. À la peur, à la surenchère sécuritaire et aux débats organisés à l’Assemblée nationale, nous opposons une politique migratoire humaniste et solidaire. L’accueil fonde notre identité républicaine. Notre pays est fort de sa diversité. Le peuple français est le résultat d’intégrations successives. Notre mission collective est de respecter la dignité humaine et notre histoire. Laisser mourir les gens en mer, refuser de soigner les personnes ou dénigrer tout accès aux droits humains les plus fondamentaux, c’est être étranger aux principes de la patrie républicaine.”
“Les députés de La France insoumise refusent cette politique de la peur. Nous refusons de réduire l’humanité d’un être à une ligne budgétaire. Nous refusons qu’une partie du peuple soit stigmatisée pour masquer les injustices qui frappent tout le monde. L’immigration n’a pas de coût, elle est une richesse pour notre pays. Mais cette richesse vous rend malades car vous détestez ceux qui ne vous ressemblent pas. Vous avez peur de la différence parce qu’elle vous renvoie à votre médiocrité. Bardella, le chef des menteurs, des ignorants et des falsificateurs d’agenda, nous explique que l’AME servirait à se faire recoller les oreilles aux frais de la princesse. Pour rappel, l’AME représente 0,4 % des dépenses de santé publique et sert à financer des soins qui sont vitaux.”
“Quand un service d’urgence ferme faute de personnel, êtes-vous certains que ce soient les immigrés le problème ? Ne serait-ce pas plutôt les politiques qui démantèlent et étranglent l’hôpital public ? Or vous les soutenez. On vous entend sans cesse parler du coût de l’immigration, mais jamais du coût de la fraude fiscale, du coût des dividendes records, du coût des politiques qui détruisent nos services publics, du coût de l’argent public volé par les élus et les cadres du Rassemblement national. Pendant qu’on détourne notre attention avec ces caricatures, les véritables profiteurs, eux, notamment vous, continuent à s’en mettre plein les poches. Ceux qui coûtent vraiment cher à notre pays sont ceux que vous protégez : les fraudeurs fiscaux et les multinationales qui dissimulent des milliards dans les paradis fiscaux.”
“Et aujourd’hui encore, leurs enfants et leurs petits-enfants font vivre ce pays, dans nos services publics, dans nos entreprises, dans nos campagnes et dans nos quartiers. À vous entendre, tous les problèmes viendraient de l’immigration. Le chômage, ce n’est pas à cause de l’immigration, mais des délocalisations, des contrats précaires, des politiques d’austérité. Quand vous faites de l’obstruction sur la nationalisation d’ArcelorMittal, vous condamnez des centaines d’ouvriers au chômage. Vous êtes les artisans du chômage de masse ! Le logement trop cher, ce n’est pas l’immigration, mais les spéculateurs, les rentiers, la pénurie de logements sociaux. La crise de l’hôpital, ce n’est pas l’immigration, mais le manque de moyens, les dizaines de milliers de postes non pourvus, les fermetures de lits.”
“Retailleau dit que l’immigration n’est pas une chance, mais après la première et la seconde guerre mondiale, quand nos usines étaient en ruines, quand il fallait reconstruire nos maisons, nos routes, nos ponts, qui est venu se tenir à nos côtés ? Il oublie que ce sont les Algériens, les Italiens, les Polonais, les Marocains et bien d’autres. Des millions de bras, qui n’ont pas ménagé leur sueur ni leur courage. Ce sont eux qui ont creusé le métro parisien, redressé nos industries, bâti nos cités ouvrières. Ce sont encore eux qui ont chauffé notre pays, en descendant dans les mines, pendant que Jean-Marie Le Pen, artisan de la haine, se prélassait en petit-bourgeois dans son château ! Sans ces femmes et ces hommes, cette France ne serait jamais sortie de terre.”
“Une fois de plus, vous nous imposez vos vieilles rengaines xénophobes : l’immigration coûterait trop cher, ruinerait la France et mettrait en danger notre cohésion. Comme toujours, ces refrains viennent des marchands de haine, de ceux qui voudraient que les Français se divisent, se méfient, s’opposent, pendant que d’autres, en silence, ramassent les dividendes d’un système qui écrase les plus modestes. La France n’est pas une île coupée du monde, c’est une terre qui s’est construite au fil des migrations, par des générations de travailleuses et de travailleurs venus reconstruire ce pays dans ses heures les plus difficiles.”
“Il vous en reste 36 ! Et 80 pour les DR !”
“Je le dis avec force et détermination : non, les prestations sociales ne s’apparentent pas à de l’assistanat, mais traduisent la grandeur de notre nation, qui épargne aux plus démunis une précarité extrême ! (Mêmes mouvements.) Cette grandeur, le gouvernement souhaite la jeter à terre, alors que les personnes sont toujours plus précaires. En vous opposant à cet article, vous avez l’occasion de ne pas aggraver encore davantage la situation sociale et de soulager les 13 millions de foyers qui seraient touchés par l’année blanche. Supprimons cet article ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”