Zahia Hamdane
LFI-NFP · France
“Cet amendement très important a trait aux ratios minimaux d’encadrement. Nous souhaitons compléter l’alinéa 22 par les mots : « exprimés sous la forme de taux socles et complémentaires de professionnels qualifiés par nombre d’enfants accueillis, compte tenu des besoins fondamentaux et spécifiques des enfants accueillis et adaptés en fonct…”
“Si nous soutenons le principe de ce cadre légal, nous souhaitons le préciser par trois conditions cumulatives qui permettraient de sécuriser le séjour, pour l’enfant mais aussi pour les acteurs de l’ASE : un encadrement éducatif assuré par les professionnels de la structure, sans délégation ni sous-traitance ; la garantie de la continuité…”
“Il a été élaboré avec la Cnape, le Gepso et l’Unicef. La commission spéciale a doté les séjours de rupture d’un cadre légal, attendu de longue date par les acteurs de terrain.”
“Merci, monsieur le président, d’avoir autorisé davantage de prises de parole, car la question du délaissement parental est très importante. Je voterai en faveur des amendements de suppression de l’article 2, dont les dispositions risquent justement d’accroître l’instabilité des parcours d’enfants protégés.”
“Cet amendement, travaillé avec l’Unicef, la Cnape – la Convention nationale des associations de protection de l’enfant – et le Gepso – le Groupe national des établissements publics sociaux et médico-sociaux – tend à supprimer l’alinéa 10, qui subordonne le renouvellement d’un placement de longue durée à l’avis préalable de la commission d…”
“Par cet amendement, nous souhaitons que le juge des enfants continue d’avoir, comme aujourd’hui, toute la latitude nécessaire pour renouveler, ou non, les mesures de placement, selon les rapports et les évaluations qui lui sont fournis, et selon les personnes, les enfants, les travailleurs sociaux et les familles qu’il a reçus.”
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“À l’article 1 er , par exemple, vous proposez que le juge demande l’avis du conseil départemental, mais c’est déjà le cas : le juge ne décide jamais seul. Évidemment, il s’appuie sur les services du département ; évidemment, il s’appuie sur les parents ; évidemment, il s’appuie sur les enfants. Vous ne changez rien à la situation, vous montrez seulement que vous connaissez mal la réalité.”
“J’en viens à votre méthode. Tous vos articles ont été rejetés en commission. Tous ! Pourtant, vous revenez aujourd’hui avec des amendements de réécriture générale. Vous persistez, alors que des députés qui ont travaillé sur le terrain, des députés qui sont d’anciens professionnels de l’aide à l’enfance, des associations et même des juges sont contre. (Exclamations sur divers bancs.)”
“Vous voulez retirer de l’argent aux parents maltraitants, mais pourquoi vouloir le donner à l’ASE qui maltraite aussi les enfants ? On connaît les scandales liés aux violences et à l’accueil catastrophique !”
“…une logique profondément stigmatisante pour les parents. Au fond, que nous dites-vous ? Qu’il faut punir les mauvais parents. Mais les prestations familiales ne sont pas faites pour punir les gens, elles sont là pour soutenir des familles qui ont des charges.”
“Votre logique est une logique seulement punitive,…”
“Cette proposition de loi n’est donc pas crédible. De plus, elle est inutile. Inutile, parce que la pauvreté est la première cause de placement : 94 % des mères et 96 % des pères dont les enfants sont placés sont issus des classes populaires. Votre solution, c’est d’exclure ces enfants du calcul des prestations familiales !”
“Mais non, on préfère taper sur les pauvres et sur les enfants. C’est facile, un enfant ne vote pas !”
“On pourrait faire plein de choses pour améliorer la vie des enfants confiés à la nation.”
“On pourrait recentraliser la protection de l’enfance en augmentant les moyens financiers et humains. On pourrait débloquer des moyens pour construire de nouveaux foyers. On pourrait rendre obligatoire l’assistance d’un avocat pour chaque enfant placé. On pourrait interdire les placements de mineurs dans des hôtels. On pourrait rendre obligatoire leur prise en charge jusqu’à 25 ans. On pourrait engager un plan spécifique pour la protection de l’enfance dans les territoires d’outre-mer.”
“En plus, vous le faites alors que le gouvernement traîne à présenter son projet de loi visant à refonder le modèle de la protection de l’enfance. À la place, il nous a collé des textes sur la fraude sociale, sur les polices municipales ou sur la programmation militaire. Tout cela traduit une organisation de la société, mais elle n’est pas la seule possible !”
“Mais que veut garantir ce texte ? Des économies ? Les prétendues économies que vous ferez ne représentent même pas 1 % des dépenses de l’ASE !”
“Depuis le passage du texte en commission, texte que nous avons d’ailleurs balayé d’un revers de main, je reçois des dizaines et des dizaines de messages de parents, de professionnels, et même d’enfants placés qui disent que c’est une très mauvaise loi, voire une loi dangereuse.”
“Vous ne connaissez rien à la protection de l’enfance. Vous ne connaissez rien aux problématiques du secteur. Vous ne connaissez rien aux enfants placés et à leurs familles.”
“Madame la rapporteure, à la lecture de votre proposition de loi, je me suis rendu compte que vous ne connaissez rien au sujet.”
“Vous ne le faites pas quand ils sont à la rue !”
“Ce rapport devra évaluer les ruptures de suivi et leurs conséquences, et proposer des actions de prévention des récidives qui tiennent compte du cadre de vie du patient et qui se fondent sur une évaluation de l’adaptabilité, de l’accessibilité et de la salubrité de son logement. Car prévenir les récidives, c’est aussi réduire les réhospitalisations évitables.”
“Les difficultés sont souvent aggravées par les conditions concrètes de vie du patient : logement inadapté, défaut d’accessibilité, insalubrité. Un patient qui rentre chez lui dans un logement humide, mal ventilé, avec des escaliers impossibles à gravir après un AVC, c’est un patient en danger. Un patient qui ne peut pas suivre correctement son traitement à domicile, c’est un patient qui risque la récidive. Cet excellent amendement de mon collègue Ratenon vise à ce que le gouvernement remette au Parlement un rapport sur la prise en charge à domicile des patients victimes d’AVC.”
“Les AVC sont la première cause de handicap physique acquis chez l’adulte. La Haute Autorité de santé estime que le risque de récidive à cinq ans se situe entre 30 % et 43 % – c’est-à-dire que près d’un patient sur trois fait un nouvel AVC dans les cinq ans qui suivent le premier accident. La phase aiguë de l’AVC fait l’objet d’une prise en charge spécialisée à l’hôpital. Cependant, la phase qui suit l’hospitalisation demeure trop souvent marquée par des ruptures de suivi : le patient qui sort de l’hôpital se retrouve livré à lui-même, sans suivi coordonné, sans accompagnement adapté, sans évaluation de son logement. Or les chances de récupération, le maintien de l’autonomie, la réinsertion et la prévention des récidives dépendent directement de la qualité de l’accompagnement post-AVC.”
“Comment justifiez-vous alors ce qui se passe réellement sur le terrain ? Il faut toujours un an pour obtenir un rendez-vous dans la Somme ou dans l’Aisne. La situation est tellement catastrophique que des citoyens et des syndicats ont été obligés de créer une « caravane pédopsy », qui se déplace dans l’Aisne pour aider les centres hospitaliers.”
“Monsieur le ministre, je vous ai prouvé que votre slogan sur la santé mentale était de la pure communication, un terme fourre-tout, de la novlangue. Je vous ai fait la démonstration que Mon Soutien psy ne fonctionne pas et qu’il vous sert de paravent pour vous désengager de l’hôpital public. Ma question est donc la suivante : comptez-vous réévaluer ce dispositif au profit d’un réinvestissement massif dans la psychiatrie publique afin de garantir des soins adaptés, gratuits et durables pour tous ?”
“Les psychologues boycottent le dispositif, d’abord parce que les tarifs sont trop bas par rapport au secteur libéral, mais surtout parce que ce sont des consultations privées : ils n’ont donc pas l’appui d’une équipe, comme c’est le cas, je le répète, dans les CMP avec des psychiatres, des infirmiers ou des travailleurs sociaux. Le psychologue exerce seul : il refuse donc logiquement de suivre des patients atteints de troubles sévères sans un vrai cadre thérapeutique sécurisé et collectif. À cela s’ajoute le fait que les psychologues du dispositif ne prennent souvent plus de nouveaux patients ; les thérapies d’orientation psychanalytique sont très souvent proposées, alors que certains patients auraient besoin d’autres types de suivi, et il faut toujours avancer les frais – les plus précaires sont, encore une fois, exclus.”
“C’est d’autant plus scandaleux que les 170 millions d’euros de ce dispositif permettraient de créer pas moins de 4 000 postes de psychologues dans le secteur public. Cerise sur le gâteau, comme l’hôpital public n’a plus de place – étant donné que vous n’y mettez pas les moyens –, les patients souffrant de troubles lourds se rabattent sur Mon Soutien psy alors même que ce dispositif n’est pas fait pour eux. Un tiers des patients y ont recours pour des pathologies lourdes, simplement parce que le service public est saturé. Et même pour les personnes souffrant de troubles légers, soit son public cible, Mon Soutien psy ne marche pas : 50 000 patients n’ont jamais dépassé la première séance ; la moyenne est de 4,8 rendez-vous par patient, alors qu’on conseille généralement une dizaine de séances pour voir un vrai changement.”
“Prenons l’exemple de votre mascotte : Mon Soutien psy. Avec ce dispositif, vous ne réglez aucun problème, vous en créez. Le montant de la consultation dans le cadre de Mon Soutien psy s’élève à 50 euros ; pour un acte pratiqué en CMP, c’est environ le double, car cela mobilise toute une équipe – des infirmiers, des médecins, des psychologues. Dès lors, que font les agences régionales de santé (ARS) ? Elles cessent de financer certains services en CMP, avec l’excuse facile, un peu sous-entendue, consistant à dire que l’argent est mis ailleurs : dans Mon Soutien psy. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est la convergence des psychologues en lutte dans sa lettre ouverte du 10 novembre 2025, à laquelle Mme la ministre n’a d’ailleurs pas répondu.”
“Votre gouvernement a déclaré que la santé mentale était la grande cause nationale de l’année 2025. L’usage de l’expression « santé mentale » me pose un problème. Pourquoi ? Parce que vous pouvez y mettre ce que vous voulez : le mal-être, le stress, les addictions, mais aussi la schizophrénie ou la bipolarité. C’est très pratique ; cela vous permet de dire : « Regardez, on agit ! », de vous contenter d’apporter des solutions comme des plateformes téléphoniques ou le dispositif Mon Soutien psy. Ce sont des réponses superficielles, adaptées aux seuls troubles légers, et elles ne fonctionnent même pas ! Pendant ce temps, cela vous donne un prétexte pour cesser de financer la psychiatrie lourde et les centres médico-psychologiques (CMP) : vous nous dites que vous mettez l’argent ailleurs. Dans cette affaire, tout le monde est perdant.”
“Les lieux de placement d’enfants sont tout aussi sensibles, sinon davantage.”
“Il s’agit d’une demande de rapport sur la création d’un contrôleur général des lieux de placement. Nous en parlions tout à l’heure, madame la rapporteure, et vous êtes tout à fait d’accord avec cette idée. Aujourd’hui, les lieux où sont placés les enfants sont contrôlés, mais de façon insuffisante et surtout sans réelle indépendance. Dans les faits, ceux qui organisent les placements sont aussi ceux qui contrôlent les structures. Les départements sont ainsi juge et partie, et cela pose question. Nous avons déjà rencontré ce problème dans d’autres domaines : c’est précisément la raison pour laquelle le contrôleur général des lieux de privation de liberté a été instauré, considérant que le contrôle devait être indépendant, permanent et inopiné pour des lieux aussi sensibles.”
“Le stage de responsabilité parentale est un dispositif pénal. Il a été conçu comme une sanction ou une alternative aux poursuites, pas comme un outil de protection de l’enfance. Si vous l’inscrivez dans le cadre de l’assistance éducative, vous brouillez une frontière essentielle entre la protection de l’enfance et la sanction des parents. Concrètement, cela revient à faire peser une logique punitive sur des familles qui sont accompagnées parce qu’elles sont en difficulté et non parce que leurs actes relèveraient du pénal. Ce n’est ni le rôle du juge des enfants ni l’esprit de l’assistance éducative, qui repose sur l’accompagnement et la prévention. Nous proposons de supprimer l’article pour éviter une pénalisation déguisée de la protection de l’enfance et préserver la cohérence de notre droit.”
“Je rappelle que cet amendement est notamment soutenu par le Gepso, ce qui a son importance.”
“Sans données fiables et sans anticipation, nous continuerons à gérer l’urgence, au détriment de l’intérêt des enfants. Votons cet amendement.”
“Par cet amendement, nous proposons que chaque département élabore un plan d’action « destiné à prévenir et à traiter les situations de suroccupation structurelle des établissements, services et dispositifs relevant de l’aide sociale à l’enfance ». Les chiffres sont connus, avec des taux d’occupation pouvant atteindre 116 % dans certaines pouponnières et des milliers de mesures non exécutées chaque année. Cette suroccupation n’est pas conjoncturelle, elle est structurelle. Elle dégrade les conditions d’accueil, met les professionnels en difficulté et expose les enfants à des environnements inadaptés. Nous proposons un outil de pilotage, un plan départemental, un mécanisme d’alerte sécurisé pour les professionnels, ainsi que des indicateurs de suivi.”
“Si nous acceptons cette réalité, il est cohérent d’exiger un niveau de contrôle plus élevé pour ces établissements.”
“On y accueille des bébés, parfois quelques jours après leur naissance compliquée, parfois après un retrait en urgence. Ces structures sont sous tension permanente. Le Gepso rapporte qu’en 2023, la durée moyenne de séjour était de plus de sept mois et que le taux d’occupation moyen atteignait 116 %. Ces établissements dépassent donc durablement leurs capacités, les équipes sont en sous-effectif et les conditions d’accueil sont dégradées. Le problème n’est pas seulement le manque de moyens, c’est aussi le manque de visibilité lié à l’absence de contrôle régulier. Un contrôle annuel permettrait d’objectiver les situations de suroccupation, de détecter plus tôt les dérives et d’adapter les réponses. Quand on parle des premières années de la vie, on parle de quelque chose qui ne se rattrape pas.”
“Madame la rapporteure, loin de moi l’idée de dénigrer cette proposition de loi, bien au contraire. Comme je l’ai dit dans mon intervention à la tribune, en tant que professionnelle depuis plus de quarante ans, c’est avec mes tripes que je m’exprime sur la question de l’intérêt des enfants. J’ai vu de mes yeux la situation sur le terrain, j’ai accompagné des enfants pendant des années et je sais qu’en matière de protection de l’enfance, nous partons de très loin. Il y aurait encore tant à faire ! Ce texte représente un petit pas et vous avez le mérite de le permettre ; je l’entends tout à fait. Par cet amendement, nous demandons un contrôle annuel des pouponnières à caractère social. Une pouponnière n’est pas un établissement comme les autres.”
“Plus aucun enfant de l’ASE ne doit être jeté à la rue le jour de sa majorité. Nous proposons de recruter et de former massivement des travailleurs sociaux et des psychologues pour que les décisions de justice soient enfin appliquées . Enfin, nous souhaitons que soit instauré le « 100 % sécu » : tous les soins prescrits, notamment les suivis psychologiques, doivent être remboursés intégralement. Chers collègues, protéger un enfant, ce n’est pas voter des articles de loi qui existent déjà ; c’est lui offrir un toit, un cadre et une affection stable. L’avenir ne supportera pas vos spéculations ; il nous regarde et il nous juge. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“C’est faux : la protection de l’enfance est une bataille politique ; elle est politique quand on sacrifie les enfants au nom de l’austérité ; elle est politique quand on prétend écarter les mineurs isolés. Ne nous parlez pas de consensus quand vous organisez le tri des enfants selon leur origine ! Un enfant est un enfant, point. C’est pourquoi, face à ce texte « Optimum », La France insoumise propose de s’attaquer aux causes réelles : il faut recentraliser la protection de l’enfance au niveau de l’État pour mettre fin aux inégalités territoriales et créer une autorité nationale indépendante ; il faut débloquer des moyens massifs pour construire des foyers adaptés, préserver les fratries et protéger les enfants des agressions sexuelles ; il faut rendre le contrat jeune majeur obligatoire jusqu’à 25 ans.”
“Comment juger quand on suit 800 situations au lieu de 325 ? 91 % des juges pour enfants avouent rendre des décisions sans aucune audience préalable. Votre loi ne répare pas la justice, elle masque son effondrement. Enfin, vous ne proposez rien pour les professionnels. Or on ne sauve pas un système en ignorant les sauveteurs. Que faire quand 97 % des établissements n’arrivent plus à recruter ? Pour boucher les trous, on embauche n’importe qui – j’ose le dire. Dans certains foyers, 80 % des éducateurs n’ont aucune formation. Le Conseil économique, social et environnemental vous a alertés, les juges vous supplient, mais votre texte ignore les questions d’attractivité et de salaires. J’entendais hier le Rassemblement national et la majorité indiquer que la protection de l’enfance n’était ni de droite ni de gauche.”
“Ce texte, ce sont des paillettes et un titre séduisant, mais derrière l’emballage, c’est un vide structurel sidérant, qui ne répond pas aux difficultés profondes que traverse la protection de l’enfance. C’est d’abord est un mirage budgétaire. Vous prétendez protéger, mais vous sabrez les moyens. En 2024, alors que le nombre d’enfants accueillis explosait, les crédits ont diminué de plus de 5 %. Moins de moyens pour plus d’enfants, c’est un abandon. Résultat : des enfants maltraités ou orphelins sont ballottés d’hôtels en gymnases, avec des accompagnements défaillants – et parfois des morts. Regardez ces enfants dans les yeux et osez leur parler de l’intérêt de l’enfant ! Ensuite, vous plaidez pour le renforcement du rôle du juge. Mais c’est un cache-misère. Les juges ont déjà des pouvoirs ; ce qu’ils n’ont pas, c’est du temps.”
“La valeur d’une société se mesure à la manière dont elle traite ses membres les plus fragiles. Or notre société est malade, de son indifférence, de son austérité, de ce mépris qui s’affiche jusque dans nos gares. Quand la SNCF imagine des wagons no kids – Optimum – pour le confort des voyageurs, elle trace une ligne rouge, celle d’une société qui traite ses enfants comme des nuisibles. Votre texte, madame la rapporteure, reflète cette mentalité : c’est une PPL « Optimum ». Elle fait fi des recommandations de la commission d’enquête, de celles de la Convention nationale des associations de protection de l’enfant (Cnape), du Groupe national des établissements publics sociaux et médico-sociaux (Gepso) ou de l’Association nationale des maisons d’enfants à caractère social (Anmecs).”
“C’est une professionnelle forte de quarante ans d’exercice qui s’exprime devant vous. Cette proposition de loi concerne près de 400 000 enfants et jeunes majeurs que la République reconnaît comme en danger ou en grande vulnérabilité. Elle concerne aussi plus de 500 juges des enfants. Mais qu’en est-il des 150 000 professionnels – travailleurs sociaux, éducateurs, familles d’accueil –, qui portent la protection de l’enfance à bout de bras ? Je le dis d’emblée : notre groupe votera cette proposition de loi, car nous ne ferons jamais obstacle au moindre petit pas. Mais nous le ferons sans illusion, et nous avons déposé des amendements pour tenter d’en faire un texte de justice, plutôt que de communication. Les propos que je vais tenir ne seront pas confortables, mais ils sont nécessaires.”
“Les conditions de travail dégradées, l’usure des postes, les employeurs négligents… Notre collègue Ségolène Amiot nous interpellait mardi sur le titre de championne d’Europe des morts au travail détenu par la France. On cible les malades, pas ce qui les rend malades. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Pour toutes ces raisons, et parce que la sécurité sociale n’a pas été créée pour traquer les arrêts mais pour protéger les travailleurs, nous demandons la suppression de l’article 28. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Dans son principe même, l’article 28 est inacceptable : il vise à réduire les droits des travailleurs malades, en particulier celles et ceux concernés par une incapacité temporaire, en organisant une bascule accélérée vers l’incapacité permanente, avant même que leur état de santé ne soit stabilisé. Cette mesure est brutale. Elle menace de laisser sans ressources des personnes trop fragiles pour reprendre un emploi et dont l’incapacité ne sera pas reconnue à temps par l’administration. On demande à des corps blessés de payer pour les économies du gouvernement. Que nous dit ce choix politique ? Que la priorité n’est pas la santé, mais la ligne budgétaire, que l’on contrôle, que l’on restreint, que l’on coupe, mais toujours du côté des assurés sociaux, alors que les causes des arrêts, elles, ne sont jamais traitées.”
“Les membres du groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire estiment qu’il ne faut pas jouer avec les droits des agents hospitaliers, après tout ce qu’ils ont traversé et alors que l’hôpital manque de bras et de reconnaissance. Nous demandons donc la suppression de cet article parce que, pour respecter l’hôpital public, il faut commencer par tenir sa parole ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Comme l’ont indiqué tous les collègues avant moi, voter l’article 23, ce serait faire attendre pendant encore un an 1,2 million d’agents hospitaliers auxquels on a promis un droit en 2021. Franchement, combien de fois leur répéterez-vous : pas maintenant ? Ces agents, en majorité des femmes, maintiennent l’hôpital debout dans des conditions incroyablement difficiles. Et on leur dit de se débrouiller, de passer encore une année sans que leur employeur participe au financement de leur complémentaire santé. Résultat : davantage de reste à charge et de renoncement aux soins, alors qu’ils cotisent comme tout le monde. Le gouvernement prétend manquer de temps pour négocier mais fait attendre les syndicats au portillon du ministère depuis des mois ! Le seul retardataire, c’est le ministre !”
“Très bien, monsieur le président. Je reprends donc : le débiteur, souvent le père, peut déduire de ses impôts une part importante de la pension qu’il verse, tandis que la mère, après la séparation, voit son niveau de vie diminuer – parfois jusqu’à 24 % de perte. Nous aurions pu, chers collègues, voter pour un texte de nature à réparer le passé, à sécuriser le présent, à protéger l’avenir. Nous aurions pu voter pour un texte qui aurait changé la vie de millions d’enfants. Nous aurions pu voter pour un texte qui fasse de la dignité des familles monoparentales une priorité de la République. Nous n’avons pu le faire aujourd’hui ; nous continuerons ce travail et le ferons une autre fois ! (Les députés du groupe LFI-NFP ainsi que plusieurs députés du groupe SOC se lèvent et applaudissent. – Mme la rapporteure applaudit également.)”
“Abaisser le revenu fiscal de référence, ouvrir des droits qui changent réellement la vie – bourses scolaires et universitaires, tarifs de cantine réduits, activités sociales municipales, aides juridiques et sociales –, reviendrait à cesser de punir une mère de ce qu’elle reçoit une pension censée aider son enfant. Autre point essentiel : si nous défiscalisons la pension reçue par le parent qui a la garde de l’enfant, nous devons en finir avec la déduction fiscale dont bénéficie le parent débiteur.”
“C’est pourquoi nous avons voulu déposer un texte simple, cohérent, structuré autour d’un triptyque clair : défiscaliser les pensions alimentaires, les indexer automatiquement sur l’inflation, et enfin porter l’ASF, immédiatement et pour tous, à son plafond de 265 euros. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) La défiscalisation n’est pas une faveur mais un impératif moral ; pas une niche, un cadeau, mais une exigence de décence. Chaque euro destiné à l’enfant doit lui revenir sur-le-champ. Défiscaliser, ce serait arrêter de considérer ces familles comme une variable d’ajustement budgétaire.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Aujourd’hui, l’État organise l’injustice en fiscalisant ce qui n’aurait jamais dû l’être : la pension alimentaire, c’est-à-dire l’argent des enfants. Permettez-moi de le dire sans détour : fiscaliser une pension alimentaire, c’est prélever sur les repas, les cahiers d’école, les chaussures et les soins. C’est prendre sur la vie quotidienne, sur la dignité, sur les droits des enfants. Une pension alimentaire n’est pas un revenu supplémentaire. Ce n’est ni un avantage ni un bonus. C’est un droit. C’est l’argent minimum nécessaire pour couvrir les besoins essentiels d’un enfant – s’habiller, se chauffer, se nourrir, étudier et grandir. Pourtant, notre République impose l’argent de l’enfant. Quelle société digne de ce nom peut accepter une telle aberration ?”
“Si, dans cet hémicycle, nous ne tremblons pas face à ce chiffre, c’est que nous avons oublié pourquoi nous sommes ici. Derrière ce chiffre, il y en a un autre, encore plus révélateur : 80 % de ces familles sont tenues par des mères. Ces mères travaillent souvent plus que tout le monde, cumulant emploi, charge mentale, tâches domestiques, logistique, accompagnement scolaire et médical. Ces femmes portent le foyer à bout de bras, parfois jusqu’à l’épuisement. Mesdames, je vous regarde. Vous deviez être présentes aujourd’hui dans cet hémicycle, mais il est tard. Ce combat, c’est le vôtre. Nous le portons avec vous et grâce à vous. Merci à Sophia Chikirou pour ce travail.”
“Je ne suis pas montée à cette tribune pour dérouler des chiffres froids, des articles du code fiscal ou des cours d’économie. Je suis venue pour parler de la vie réelle, de nos enfants, de leurs besoins et de leurs droits. Je suis venue vous parler de celles et ceux qui sont les piliers silencieux de notre société : les parents qui élèvent seuls leurs enfants, souvent dans des conditions matérielles et émotionnelles d’une violence inouïe. Je le dis avec gravité : ce que vivent aujourd’hui près de 1 million de familles monoparentales en France et 3 millions d’enfants relève de la maltraitance institutionnelle. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Cette maltraitance est organisée, tolérée et reproduite par des règles que nous avons le pouvoir de changer. Un enfant sur quatre vivant dans un foyer monoparental est pauvre.”
“Ce montant représente moins d’un quart de point de cotisations vieillesse. On pouvait trouver d’autres moyens sans sacrifier les plus fragiles. La sécurité sociale n’est pas un budget à équilibrer, c’est une promesse de dignité, que nous défendons avec cet amendement. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”