Éric Coquerel
LFI-NFP · France
“Monsieur le ministre, je reviens au rapport de la Cour des comptes. Vous avez raison de dire qu’il ne va pas jusqu’à demander la suppression de l’AFD.”
“Je vois bien toutes les mesures d’accroissement des contrôles qu’on nous propose. J’ai une question à vous poser, monsieur le ministre : au vu de nos performances actuelles en matière de lutte contre le piratage des fichiers informatiques, ne craignez-vous pas que les recroiser, comme vous le proposez, ne soit risqué ?”
“Vous indiquez tenir compte du rapport de la Cour des comptes. Alors, cessez d’élargir le périmètre des AFD ; restreignez-le plutôt. Le rapport estime également que l’AFD a conduit à l’aggravation des peines pour des faits qui auparavant n’étaient pas délictuels.”
“Madame la ministre, vous n’avez pas jugé excessif qu’un dirigeant sportif ayant participé à une manifestation interdite pouvait se voir infliger une interdiction à vie d’exercer un mandat de dirigeant, alors, j’ai un peu de mal à croire que vous trouviez l’écart de un à trois excessif.”
“Si le législateur l’a voulu, c’est que la participation de plusieurs clubs appartenant à un même propriétaire met à mal l’aléa et l’équité sportifs, voire qu’elle risque de fausser la compétition elle-même. Or, depuis les années 1990 est apparu un nouveau mode de financement, à savoir la multipropriété à l’échelle européenne.”
“L’argument selon lequel la multipropriété serait un moindre mal par rapport à la faillite d’un club n’est pas bon car si l’arrangement permet de sauver les meubles sur le court terme, il ne tient pas sur le moyen terme.”
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“Madame la présidente, monsieur le premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, chers collègues, nous sommes à un moment de vérité. Tout dans ce budget est escroquerie. Alors honte à ceux qui l’ont voulu et conçu ainsi ; honte également à ceux qui permettraient que cette escroquerie s’accomplisse. La première escroquerie, de laquelle tout procède, remonte à juillet 2024 et à Emmanuel Macron. Elle est la plus grave, puisqu’elle lèse notre seul souverain, le peuple. Dans quelle démocratie un homme seul peut-il ainsi décider que gouverne un camp minoritaire ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Cela pose la question de la V e République, mais c’est bien Emmanuel Macron qui en a décidé ainsi. Il est donc le premier responsable de la situation.”
“…est recevable au regard des dispositions de l’article 40 de la Constitution, dans la mesure où son article unique n’a aucune incidence financière. De manière plus générale, comme je l’ai rappelé dans mon rapport d’information, n o 1891, sur la recevabilité financière des initiatives parlementaires – je vous invite à le lire –, « les amendements touchant à la matière pénale sont recevables au titre de l’article 40 sauf s’ils ont une incidence financière directe ». En l’espèce, l’incidence financière évoquée est indirecte. La proposition de loi est donc recevable. (Exclamations sur les bancs du groupe DR.)”
“Après examen avec mes services, je vous indique que la proposition de loi visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions…”
“Une question m’a été adressée en ma qualité de président de la commission des finances. Je n’aimerais pas être taxé de laxisme en la matière. Vous avez indiqué, monsieur le président, que la proposition de loi avait été déclarée recevable. Si certains amendements m’ont été soumis, tel n’a pas été le cas du présent amendement du gouvernement, ni de l’ensemble de la proposition de loi. L’article 89, alinéa 4, du règlement peut donc être invoqué. Mon objectif n’est pas de déclarer le texte irrecevable, et j’estime qu’il y a a priori peu d’arguments en ce sens, mais je demande une suspension de séance de trois minutes pour l’examiner. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Mais les États-Unis sont encore nos alliés ou pas ?”
“Je rends hommage à la Solideo, dont le travail à l’occasion des JO de Paris a été remarquable. La transparence des budgets est absolument nécessaire, y compris celle des budgets imputés à l’État et qui ne sont pas prévus au départ. Par exemple, plusieurs centaines de millions d’euros ont été dépensés en matière de sécurité et d’autres budgets ont progressé, si bien que l’ardoise a considérablement augmenté par rapport à son niveau initialement prévu. Plutôt que de confier à la commission des finances et à la Cour des comptes le soin de déterminer le coût réel des Jeux olympiques, par rapport à celui initialement prévu, il faudrait anticiper et évaluer ce coût de manière plus efficace que ce qui a été fait après les Jeux de Paris.”
“Je ne suis pas d’accord pour que nous votions ce genre de dispositifs qui fait de la France une sorte de zone franche, de zone dérégulée. Au nom de quoi ? Au nom du droit international ? Au nom de règles qui pourraient prévaloir en raison de l’intérêt général ? Non ! Au nom des JOP. Eh bien, ils n’en valent pas la chandelle. Nous ne devrions pas accepter ce genre de lois.”
“Il y a de moins en moins de villes qui concourent pour les JOP, tellement les coûts sont élevés pour le pays organisateur – souvenez-vous du coût des JOP 2024. Il n’est pas vrai d’estimer que nous n’aurions pas de rapport de force nous permettant de refuser que le CIO nous impose des règles qui ne sont plus acceptables.”
“Nous sommes au cœur du problème que pose cette loi d’exception, justifiée par les JOP. Mme la rapporteure nous a expliqué que pour avoir les JOP, il fallait accepter qu’un pouvoir supranational – le CIO – soit autorisé à déroger à toutes nos règles sociales, environnementales, d’affichage publicitaire, etc. En conséquence, ce n’est pas le droit français qui primerait mais des tribunaux internationaux sur lesquels la France n’a pas de prise. Ce n’est pas acceptable. Ce problème est au cœur de la mise en cause de l’organisation des JOP telle qu’elle se fait. Madame la rapporteure, vous dites que sans cela, nous n’aurions pas pu organiser les JOP. Je ne crois pas. Il y a un rapport de force avec le CIO que nous n’avons pas suffisamment exercé. Je connais bien les JOP. Ils ont fait partie de mon métier pendant plusieurs années.”
“Il faut plus de douaniers, ce que ne prévoit pas le PLF !”
“Il faut peut-être regarder ce qu’ont fait les Portugais !”
“Concernant les conditions dans lesquelles nous légiférons, permettez-moi de faire observer que sur l’article 53, un amendement du gouvernement a été défendu. Or, quelle que soit notre position, nous ignorons aussi bien ce qu’il y a dans cet amendement que les raisons pour lesquelles le gouvernement l’a déposé : ce n’est pas responsable ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur plusieurs bancs du groupe EcoS.)”
“Le gel des pensions de retraite est une mesure injuste et économiquement stupide car elle aura un effet récessif sur l’économie, la consommation intérieure. Nous en paierons tous le prix ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Monsieur Kasbarian, vous êtes extraordinaire ! L’homme à la tronçonneuse sur toutes les taxes qui concernent les ultrariches mais qui pense normal de baisser les pensions des retraités, des allocataires sociaux ou encore d’augmenter les impôts des retraités, ces nouveaux privilégiés de la République qui touchent en moyenne 1 620 euros par mois ! Tout ce que vous dites, monsieur Kasbarian, dénote votre vision de la politique. C’est une politique de classe : pas touche aux ultrariches, mais les Français doivent payer pour financer les cadeaux fiscaux que vous distribuez largement depuis des années. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Votre intervention était très éclairante à ce sujet et j’espère donc que cet article sera supprimé à une écrasante majorité.”
“C’est quoi, des retraites très importantes ?”
“Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) Si vous n’aviez pas disposé du 49.3, si vous n’aviez pas organisé l’obstruction lors de la niche du groupe LFI, si vous ne profitiez pas de l’article 40, il y a longtemps que l’abrogation aurait été votée, puisque votre réforme, au contraire, n’a jamais été adoptée par cette assemblée. Votre réflexion est donc particulièrement déplacée. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Par souci de compromis, vous avez consenti à un décalage de la réforme des retraites. Mais notre vote démontre une nouvelle fois qu’il existe une majorité dans cet hémicycle pour abroger cette réforme ; et elle l’aurait bel et bien abrogée, si l’Assemblée, comme vous le prétendez, était souveraine dans l’examen de ce PLFSS. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M.”
“Amélie de Montchalin a parlé de bavardage à propos des amendements présentés. Au-delà du caractère méprisant de vos propos, madame la ministre, si nous comparions les temps de parole de l’exécutif et des parlementaires à la fin de l’examen du PLFSS, nous constaterions que l’hôpital se moque de la charité. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous avez voulu rassurer tout le monde sur le fait que, s’agissant d’une annexe non normative, l’abrogation de la réforme des retraites que nous venons de voter ne s’appliquerait pas. Si nous sommes obligés de passer par des annexes, c’est que l’Assemblée est corsetée par l’article 40 de la Constitution, qui l’empêche d’exercer pleinement sa souveraineté. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M.”
“De plus, la ministre de la santé vient de nous dire que ce 1,5 milliard allait servir à tout sauf à compenser le décalage de la réforme des retraites. Je souhaiterais donc que vous nous éclairiez sur la suite. Je comprends, monsieur le premier ministre, que vous avancez pas à pas, mais puisque vous avez annoncé vouloir compenser à l’euro près, vous devez bien avoir une idée des pistes que vous entendez proposer à cette assemblée. Autrement dit, allez-vous, oui ou non, continuer à essayer de nous imposer la baisse des pensions et des retraites complémentaires pour assurer cette compensation ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Je le formule pour la bonne tenue de nos débats. Je constate que vous répondez à tous les parlementaires. Néanmoins, vous n’avez pas répondu à une question précise. Lorsque nous avons voté la hausse de CSG sur le patrimoine, elle nous a été vendue comme la compensation du décalage de la réforme des retraites, en remplacement des mesures initialement annoncées, à savoir la baisse des pensions et des retraites complémentaires. Je vous ai posé une question simple : à partir du moment où les recettes attendues ne seraient plus de 2,8 milliards, mais de 1,5 milliard, où comptez-vous trouver la différence ?”
“Madame la ministre, vous avez évoqué la suite, notamment le gel des retraites prévu dans la partie dépenses, pour lequel vous semblez déjà avoir une idée du compromis qui devra être trouvé. Le coût estimé du décalage de la réforme des retraites, qui jouerait sur les retraites complémentaires et sur les pensions, serait en gros de 2,6 milliards, une somme que vous aviez dit vouloir compenser à l’euro près. Or, désormais, la CSG sur le patrimoine ne va plus rapporter que 1,5 milliard. Comment allez-vous financer la compensation que vous aviez promise ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Je me souviens d’une interview du ministre Farandou dans Le Parisien après la première lecture du PLFSS et du PLF. S’exprimant sur le « compromis » qui avait été trouvé, notamment avec le groupe socialiste, il disait qu’il fallait encore trouver un compromis sur le compromis. On y est ! Mais on a déjà vu qu’à force de vouloir à tout prix arriver à un résultat, on y laisse la main, puis le bras, tout ça pour ne parvenir qu’à un conclave et à 4 000 fausses créations d’emplois d’enseignant ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Il se passe la même chose ce soir avec la CSG sur le patrimoine, dont le rendement passe de 2,8 milliards à 1,5 milliard.”
“Après la réponse de la ministre, je suis heureux… (Mme la présidente coupe le micro de l’orateur.)”
“Il concerne la bonne tenue des débat. Je vous demande quelques secondes pour clore le sujet.”
“Mme la ministre vient d’admettre qu’il n’y a pas de base juridique à cette note ! C’est extrêmement grave ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Cela a été repris… (Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Exclamations sur divers bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Sur la base de l’article relatif à la bonne tenue des débats, parce que la réponse de Mme la ministre est hallucinante. Chers collègues, quelle que soit votre opinion sur le fond concernant ce PLFSS, j’attire votre attention sur ce point : on a reçu une note dans laquelle il nous est expliqué que certaines dépenses seraient juridiquement impossibles, pas même en raison de l’ampleur du déficit…”
“On a le droit à une réponse, d’autant que c’est la première fois que l’on nous soumet une note sur les conséquences d’un défaut d’adoption du PLFSS. J’attire l’attention de tous sur la jurisprudence qui pourrait en découler, alors qu’aucun texte n’est à la base de cette interprétation. J’attends une réponse très précise.”
“De la même manière, je connais la règle des douzièmes dans le cadre de la loi spéciale, mais il n’y a aucun texte – sauf si vous me dites lequel, madame la ministre – qui la prévoit aussi pour le budget de la sécurité sociale, puisque celui-ci fixe uniquement des objectifs. Troisième exemple : il est carrément écrit que « par parallélisme avec la sphère de l’État, il a été décidé en outre de donner une consigne de limitation des dépenses discrétionnaires d’investissement ou de communication non strictement indispensables ». J’aimerais savoir qui a décidé qu’il y avait un parallélisme entre le PLFSS et le PLF ! En vertu de quoi les mêmes règles seraient-elles appliquées sur le PLF et sur le PLFSS alors que, je le redis, il ne s’agit en ce dernier cas que d’objectifs de dépenses et non de mesures budgétaires prescriptives ?”
“Premièrement, on nous indique qu’« aucune nouvelle négociation conventionnelle ne pourrait intervenir – notamment la négociation sur les maisons France Santé – et [que] les négociations en cours – principalement celle avec les infirmières – devraient être suspendues, dans la mesure où elles donneraient lieu à des dépenses discrétionnaires non strictement nécessaires à la continuité de la vie de la nation ». Je connais la règle pour le projet de loi de finances (PLF) mais à quoi faites-vous référence lorsque vous visez les dépenses « non strictement nécessaires à la continuité de la vie de la nation », s’agissant du projet de loi de financement de la sécurité sociale ? Deuxième exemple : « les dotations seraient, quant à elles, déléguées par 1/12 e chaque mois, dans la limite de leur part reconductible ».”
“Pour la bonne tenue des débats, je souhaite poser quelques questions au gouvernement, qui devraient intéresser l’ensemble de cette assemblée. Nous venons de recevoir une note qui établit une homologie entre le budget de la sécurité sociale, d’une part, et le budget de l’État et la loi spéciale, d’autre part. Or le projet de loi de financement de la sécurité sociale fixe des objectifs – il n’a pas de caractère prescriptif. À ma connaissance, il n’existe aucun texte permettant de limiter ces objectifs, dans la mesure où il ne s’agit pas du budget de l’État. Je souhaiterais obtenir des réponses de la ministre concernant trois exemples.”
“Je suis certain qu’aucun syndicaliste n’a validé le document qui nous est présenté aujourd’hui. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) Il ne faut pas dire n’importe quoi. (Mme la présidente coupe le micro de l’orateur.)”
“Sur le fondement de l’article 100, relatif à la bonne tenue des débats. Madame la ministre, je vous invite à ne pas dire n’importe quoi. Vous expliquez que ce document aurait été validé par les syndicats, mais c’est absolument faux.”
“L’économiste Michaël Zemmour l’a démontré : le transfert opéré pendant la crise de la covid, qui a fait basculer de la dette d’État vers la dette de la sécurité sociale, a coûté 10 milliards d’euros à la collectivité, pour une économie annuelle de 1 milliard d’intérêts ! Une opération perdante, et l’une des manières par lesquelles vous entretenez le déficit. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Madame la ministre, une nouvelle fois, vous avez du toupet ! Avec 80 milliards d’exonérations par an, vous avez détruit le système de sécurité sociale, qui repose désormais fortement sur la TVA, l’impôt le plus injuste. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Une partie de ces 80 milliards n’a même pas été compensée par l’État. Deuxièmement, vous n’avez pas répondu sur le fond. L’État doit reprendre la dette de la Cades, qui relève principalement de l’État lui-même. De plus, ce mécanisme est une très mauvaise affaire pour les finances publiques : contrairement à la dette d’État, la dette sociale ne « roule » pas, ce qui impose de rembourser le stock au lieu de le refinancer.”
“La manière dont vous présentez les déficits de la sécurité sociale revient exactement à cela : ils sont le prétexte à attaquer la santé, à s’en prendre aux malades, aux retraités, etc. Le déficit de la sécurité sociale vient principalement des charges indues que l’État fait peser sur ses comptes. Ainsi, 92 milliards sur les 122 milliards de dette que gère la Cades correspondent à des dépenses prévues et décidées par l’État pendant la crise du covid. Si on enlève ces sommes, on récupère les 19 milliards de remboursements à la Cades. Si l’on y ajoute les exonérations non compensées que l’État a décidées, cela représente 5 milliards, si l’on y ajoute la politique du Ségur de la santé, légitime, mais décidée par l’État, cela fait 10 milliards supplémentaires. On atteint largement les 30 milliards !”
“Je remercie M. Wauquiez d’avoir été plus persuasif que moi s’agissant de nos temps de parole. Je ne reviendrai pas sur la nécessité de discuter des dépenses avant d’aborder les recettes. Quand on veut tuer son cheval, on dit qu’il est malade.”
“Je voudrais répondre à Mme la ministre sur ce qui, à mon avis, est une tromperie : au nom de la soutenabilité de la sécurité sociale, on entérinerait le fait qu’elle supporte des charges indues. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) La Cades en est l’exemple type. Sur les 122 milliards d’euros de dette, 96 milliards sont liés à la crise du covid et relèvent donc de décisions de l’État… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Il faudra peut-être revoir l’organisation du débat budgétaire, parce que laisser au pouvoir législatif une minute de temps de parole pour répondre à quinze minutes de l’exécutif, ça pose un problème. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Plusieurs thèmes ont été abordés, mais à la serpe. Monsieur le premier ministre, il y a un moyen de revenir à la logique que vous préconisez : c’est celle consistant à commencer par évoquer les dépenses, c’est-à-dire les besoins, avant de définir les recettes nécessaires pour les couvrir. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) C’est là le principe même de la sécurité sociale – « de chacun selon ses besoins, à chacun selon ses moyens » –, qui a été détruit en 1996 avec la création de l’Ondam. Je pense qu’il faut y revenir.”
“…moi, je ne recourrai pas à la caricature, je n’estimerai pas que ces jeux sont à l’origine du meurtre de Louise. Ça suffit, cette façon de faire ! (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.)”
“…encore une fois, je condamne absolument ces derniers. En février, à propos du meurtre de Louise, le ministre de l’intérieur avait évoqué la responsabilité des jeux vidéo dans la violence ;…”
“Je conclus, monsieur le président. J’ai exposé que cette éducation, cette prévention, demandaient que l’on prenne en compte, même si ce n’est pas une excuse, la mythologie que suscitent fictions et jeux vidéo autour des courses-poursuites. Le ministre de l’intérieur condamne mes propos : on voit bien, je le répète, qu’il y a là des mensonges ! Il croit bon de dénoncer une sorte de complicité de notre part avec les rodéos (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Sandra Regol applaudit également. – Les exclamations se poursuivent et s’amplifient) :…”
“Puisque nous nous intéressons à la vérité, voilà exactement ce que j’ai dit sur TF1 : j’ai condamné ces rodéos, j’ai eu – de ma part, ce n’était pas en vue de récupérer quoi que ce soit – des mots de solidarité à l’égard du pompier blessé, j’ai expliqué qu’il fallait appliquer de la manière la plus complète la loi de 2018. J’ai ajouté qu’il fallait également de la prévention, de l’éducation ; je comprends que pour les trumpistes d’aujourd’hui, ce soient de gros mots. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations continues sur les bancs des groupes RN, DR et UDR, ainsi que sur quelques bancs du groupe EPR.) J’ai été attaqué à deux reprises : vous me permettrez de répondre !”
“Au cours des questions au gouvernement et en mon absence, la députée Virginie Duby-Muller a cru bon d’affirmer – en mentant – que j’avais déclaré à la télévision que le rodéo qui a causé les abominables blessures d’un pompier était de la faute de Tom Cruise, et que je cherchais ainsi à excuser l’inexcusable. Où en sommes-nous, chers collègues, si au sein de cette assemblée sont reprises toutes les manipulations, les calomnies, venues de l’extrême droite et de la fachosphère ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs des groupes RN, DR et UDR.)”
“Je souhaiterais en effet, n’ayant pu le faire plus tôt, faire un rappel au règlement pour mise en cause personnelle, sur le fondement de l’article 58.”
“Les questions que soulève l’Algérie doivent être posées, mais pas de cette manière-là. Si vous êtes sincères et si vous voulez un texte efficace pour exiger la libération de Boualem Sansal, alors il faut le faire de façon unanime, comme ces amendements en offrent la possibilité. Mais n’instrumentalisez pas Boualem Sansal pour régler des comptes avec l’Algérie, car cela donne à penser que vous n’en avez rien à faire de sa libération. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)”
“Ce n’est pas ce qu’il faut faire face à un pays avec lequel nous partageons des millions de ressortissants.”
“Cela a été répété et le zéro pointé obtenu par la tactique de M. Retailleau le prouve. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) On obtient des choses en étant unanime. Or nous voulons que la représentation française, de manière unanime, envoie à Alger un message exigeant la libération de Boualem Sansal. La réécriture que nous proposons offre une telle possibilité. En effet, comme M. le ministre et ceux qui veulent maintenir la proposition de résolution en l’état le savent, certains groupes, dont le mien, ne voteront pas un texte de condamnation de l’Algérie et de confrontation avec elle.”
“Monsieur le ministre, vous avez bien résumé le problème. Si vous souhaitez maintenir des éléments de contexte, c’est parce que vous voulez, à travers ce texte, condamner l’Algérie, entretenant ainsi la confrontation qui dure depuis l’été dernier entre nos deux pays. Il faut savoir ce que l’on veut. Veut-on un texte efficace pour exiger la libération de Boualem Sansal ou veut-on un texte qui utilise Boualem Sansal pour régler des comptes avec l’Algérie ? (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Telle est la question. Or vous savez très bien que l’on n’obtient rien d’Alger sous la menace, le chantage et la confrontation.”
“J’invite les collègues qui veulent le supprimer à le visiter. Lors de l’incendie de l’usine Lubrizol, par exemple, l’Ineris a été le premier à intervenir et à établir un diagnostic – ce qu’il fait partout en France. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS.) Il est toujours possible d’envisager des relocalisations de telle ou telle instance, mais ce n’est pas ce que vous proposez en l’occurrence, puisque vous envisagez carrément de la supprimer – j’en tombe à la renverse. Au moment de Lubrizol, nous avons tous regretté la diminution du nombre des inspections. Et vous voudriez aujourd’hui supprimer l’un des instituts les plus efficaces en la matière ?”
“L’amendement vise à supprimer l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris). C’est le bouquet ! Quiconque connaît cet institut sait le rôle évident qu’il joue en matière de prévention des risques.”
“Mais vous voulez couper les moyens des ministères !”