Jean-Noël Barrot
DEM · France
“Il y a une différence majeure entre vous – ainsi que vos camarades du Rassemblement national – et nous : vous êtes obsédés par l’Algérie ; nous sommes obsédés par la France ! Vous êtes obsédés par les Algériens, nous par les Français et leurs intérêts. (Exclamations sur quelques bancs du groupe RN. – M.”
“J’en viens à la question des visas, d’abord en indiquant que, depuis que la crise a éclaté avec Alger, leur nombre a baissé de 20 % – c’est l’écart entre 2025 et 2024 –, principalement en raison de la restriction de notre réseau diplomatique décidée par le gouvernement algérien.”
“Au-delà de cela, nous n’avons jamais eu d’objectif chiffré : notre politique ne répond à aucune logique de volume ou de quota mais à l’appréciation de nos intérêts et de l’évolution de la relation entre nos deux pays.”
“Madame la présidente, permettez-moi de dire devant la représentation nationale la solidarité du gouvernement avec les deux agents du Quai d’Orsay chargés des programmes de soutien à la population iranienne qui ont été brutalement menacés et violentés par des officiers de sécurité du régime.”
“Vous l’avez rappelé, la France a accueilli le sommet du G7 il y a quelques jours. Cette année s’est révélée un très bon millésime puisque pour la première fois depuis le retour du président Trump à la Maison-Blanche, un accord a été trouvé sur des déclarations communes en soutien à l’Ukraine et sur la situation au Proche et au Moyen-Orien…”
“Par ailleurs, c’est à l’issue de ce G7 que le président des États-Unis a signé, non pas un traité, mais un mémorandum d’entente mettant fin aux hostilités, ouvrant une phase de négociation de soixante jours, parallèlement à la réouverture du détroit d’Ormuz, et prévoyant l’encadrement du programme nucléaire iranien.”
The complete record
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“Il n’y a pas, dans le langage de la France, de double standard. Ces dénonciations ne sont pas des incantations. Elles trouvent leur prolongement dans l’action au service des populations civiles pour contrecarrer sur le terrain ceux qui déstabilisent le droit international et pour trouver des solutions aux crises qui le mettent en péril – avec humilité, car nous n’avons pas tous les leviers pour les résoudre seuls, mais aussi avec détermination, car nous sommes capables de peser, comme nous l’avons montré au Liban. Vous pouvez compter sur moi pour persévérer dans nos efforts, au Proche-Orient et ailleurs, pour sauvegarder le droit et bâtir des paix justes, les seules qui assureront durablement la stabilité de cette région et la nôtre.”
“J’en veux pour preuve notre soutien résolu à la Cour internationale de justice et à la Cour pénale internationale, dont nous sommes le troisième bailleur, mais aussi nos efforts pour réformer le Conseil de sécurité afin de limiter les effets délétères du droit de veto ou encore notre soutien à l’initiative du CICR, le Comité international de la Croix-Rouge, pour une pleine applicabilité du droit international humanitaire. Nous évoquons aujourd’hui le conflit israélo-palestinien et le Liban. Nous y avons dénoncé les violations du droit international et du droit international humanitaire partout et en tout temps – en Israël par le Hamas, à Gaza par Israël, au Liban par Israël, en Israël par le Hezbollah. Nous pourrions tout aussi bien citer l’Ukraine, la Syrie, le Venezuela, la Birmanie, l’Afghanistan, et tant d’autres crises.”
“Nous serons aux côtés des Libanais dans cette entreprise. Comme j’ai eu l’occasion de le dire il y a quelques jours à la conférence des ambassadrices et ambassadeurs, notre pays a œuvré, depuis les horreurs des guerres mondiales, avec la conviction qu’il n’y a pas de paix durable sans justice et pour que s’édifie un ordre international reposant sur le droit ainsi que sur des principes d’autodétermination des peuples et d’intégrité territoriale. Si la voix de la France est toujours entendue, c’est parce qu’elle est toujours du côté de la justice, du droit et des règles collectives, dans un monde où ces dernières sont constamment remises en cause. Nous continuons aujourd’hui de travailler à améliorer et à renforcer le droit, à rendre plus fort ce qui est juste.”
“Le 9 janvier, à l’issue de mon propre déplacement au Liban et d’une ultime mission de bons offices de l’envoyé personnel du président de la République Jean-Yves Le Drian, dont je salue les efforts inlassables, le parlement libanais a élu à une très large majorité M. Joseph Aoun président de la République, après plus de deux ans d’une vacance qui paralysait l’ensemble de l’État. Le 11 janvier, un nouveau premier ministre, M. Nawaf Salam, a été désigné. En trois mois, nous avons aidé le Liban à passer de l’escalade au redressement et à ouvrir une nouvelle page porteuse d’espoir. Fort d’un soutien populaire, d’un large consensus interne et d’un appui international, le nouvel exécutif libanais peut agir de façon décisive pour la restauration de la souveraineté de l’État et la reconstruction du Liban.”
“Le 30 décembre, je me suis de nouveau rendu au Liban pour saluer nos soldats, engagés au sein de la Force intérimaire des Nations unies au Liban, la Finul – auxquels, bien sûr, je rends hommage –, mais aussi pour encourager l’application de l’accord, et ce dans le cadre d’un mécanisme de surveillance franco-américain. Le 7 janvier, le premier retrait massif de forces israéliennes a eu lieu. Tsahal s’est retiré de la partie ouest de la zone qu’il contrôlait et entame son retrait des autres secteurs, où l’armée libanaise se déploie, tandis que les violations du cessez-le-feu ont drastiquement baissé. Nous allons continuer à encourager cette dynamique en vue d’un retrait complet fin janvier.”
“Dans cette perspective, j’ai multiplié les déplacements, me rendant deux fois en Israël en un mois, et enchaîné les contacts avec mes homologues américains, israéliens et libanais. Le 24 octobre, nous avons accueilli à Paris une conférence de soutien qui a permis de rassembler 1 milliard de dollars pour le Liban, dont 100 millions d’aide française – auxquels il faut ajouter 100 tonnes de fret humanitaire –, mais aussi, en marge, de travailler au cessez-le-feu. Le 27 novembre, l’accord de cessez-le-feu proposé par la France et les États-Unis a finalement été accepté.”
“Le 17 septembre, après un an de guerre de basse intensité, l’explosion des bipeurs et des talkies-walkies du Hezbollah a lancé une escalade militaire de grande ampleur qui a rapidement dévasté le pays. Le 24 septembre, j’ai demandé la tenue d’une réunion d’urgence au Conseil de sécurité consacrée au Liban. Le même jour, le président de la République et le président Biden ont mis sur la table une première proposition franco-américaine de cessez-le-feu. Le 29 septembre, j’ai effectué mon premier déplacement bilatéral à Beyrouth – sous les bombes, si je puis dire – pour manifester la solidarité de la France et notre engagement à mettre fin au plus vite à cette tragédie.”
“Le chemin pour parvenir à la paix ne sera toutefois probablement pas exclusivement israélo-palestinien, mais bien régional : il nous faut aimanter la dynamique de normalisation des accords d’Abraham et le processus de paix israélo-palestinien. C’est pourquoi nous travaillons avec l’Arabie Saoudite, qui constitue la clé de voûte d’un tel mouvement, et avec laquelle nous allons coprésider en juin à New York une conférence internationale sur la création d’un État palestinien. Il nous reviendra d’en faire un moment décisif. Au Liban, enfin, nous avons obtenu des succès diplomatiques majeurs qui ont permis une sortie de crise. Comme le président de la République, je m’y suis investi personnellement à chaque étape.”
“Au sein de l’Union européenne, nous avons contribué à faire adopter deux paquets de sanctions, en avril et en juillet, contre des individus et entités soutenant la colonisation violente. Un troisième paquet est en cours de négociation – et, en la matière, croyez bien que la France se situe aux avant-postes. Sur le plan national, nous avons sanctionné vingt-huit colons violents. Il s’agit de protéger la solution à deux États en condamnant ceux qui travaillent à la rendre impossible. Nous avons par ailleurs accentué notre soutien, politique et budgétaire, sur les plans national et européen, à l’Autorité palestinienne, partenaire d’Israël pour la paix, qui doit pouvoir administrer l’ensemble des territoires palestiniens. La France est l’un des rares pays à la soutenir directement.”
“La France s’est mobilisée pour avancer concrètement vers cette issue : la solution à deux États et l’établissement d’un État palestinien viable, contigu, vivant en paix et en sécurité aux côtés d’Israël. À l’ONU, nous avons voté, tout d’abord, le 18 avril, en faveur d’un projet de résolution au Conseil de sécurité demandant l’admission pleine et entière de la Palestine comme État membre des Nations unies, puis, le 10 mai, en faveur d’une résolution sur le rehaussement des droits de la Palestine dans le cadre des Nations unies. En soutien de la Cour internationale de justice, nous avons voté le 18 septembre en faveur de la résolution palestinienne à l’Assemblée générale des Nations unies relative à l’avis consultatif de la Cour sur le caractère illicite de l’occupation israélienne des territoires palestiniens.”
“La France a également été un moteur pour l’adoption de sanctions à l’encontre des colons extrémistes et violents en Cisjordanie : au niveau national, des sanctions ont été prises contre vingt-huit individus et deux trains de mesures engagés au niveau européen après le travail de conviction que nous avons mené. Nous soutenons, enfin, les efforts des médiateurs qatariens, égyptiens et américains en vue d’un cessez-le-feu assorti de la libération des otages. Les négociations ont progressé et nous espérons qu’un accord puisse, dans les prochains jours, mettre fin à la tragédie ouverte le 7 octobre et réengager une dynamique en faveur d’une solution politique au conflit israélo-palestinien.”
“La France a été le premier pays occidental à soigner des Gazaouis blessés grâce à l’engagement de moyens militaires, notamment le porte-hélicoptères Dixmude . Avec ses partenaires, la France a acheminé plus de 1 200 tonnes de fret humanitaire jusqu’à la bande de Gaza grâce à des opérations aériennes ou terrestres et mobilisé plus de 200 millions d’euros au profit de la population civile de Gaza, 50 millions d’euros d’aide étant prévus en 2025. C’est la France qui, sur le plan diplomatique, a été le premier pays du G7 à appeler au cessez-le-feu et à soutenir les quatre résolutions adoptées aux Nations unies à ce sujet.”
“En parallèle, la plateforme d’harmonisation, d’analyse, de recoupement et d’orientation des signalements (Pharos) a diligenté plus de 120 procédures contre la propagande en ligne du Hamas, que ce soit en lien avec le pôle national de lutte contre la haine en ligne ou, dans le cadre européen, avec Europol, qui signale et fait retirer des contenus terroristes. Notre objectif est clair : le Hamas ne doit plus jamais se trouver en position de perpétrer des attaques criminelles contre Israël, ni de gouverner la bande de Gaza. À Gaza, nous avons multiplié les efforts pour venir en aide aux populations civiles. Un mois après le début de la guerre, une conférence internationale s’est tenue à Paris afin de mobiliser 1 milliard d’euros pour répondre à la crise humanitaire.”
“Face à cette crise régionale qui ébranle le droit international, la France s’est pleinement mobilisée. Nous nous sommes engagés dans la lutte contre l’organisation terroriste du Hamas en accueillant le 13 décembre 2023 une réunion internationale qui a amélioré la coopération des partenaires internationaux en matière de sanctions contre ses dirigeants et ses sources de financement. Au niveau européen, nous avons désigné les trois principaux responsables des attaques du 7 octobre et plusieurs entités coupables de violences sexuelles. Nous avons créé un régime européen visant le Hamas et le Jihad islamique palestinien qui a permis de sanctionner douze individus et trois entités soutenant matériellement et financièrement ces groupes.”
“La loi de la force, nous la voyons enfin se déployer au Liban, entraîné dans la guerre par le Hezbollah au lendemain du massacre du 7 octobre. Les deux mois de conflit de haute intensité qui se sont déroulés entre la mi-septembre et la fin novembre ont fait près de 4 000 morts – dont de nombreux civils – et 15 000 blessés. Ils ont conduit au déplacement de plus de 1,3 million de personnes – soit presque un tiers de la population libanaise – auxquels s’ajoutent les 60 000 résidents du nord d’Israël déplacés depuis le début des attaques du Hezbollah. Cette guerre a ravagé le sud du Liban, la plaine de la Bekaa et la banlieue de Beyrouth, provoquant des destructions d’une ampleur considérable dans un pays déjà durement éprouvé par une crise économique sans précédent.”
“Le président de la République l’a rappelé il y a quelques jours : depuis des mois, il n’y a aucune justification militaire à la poursuite des opérations israéliennes à Gaza, aux entraves délibérées à l’aide humanitaire et à l’état de faim et de dénuement extrême auquel la population civile se trouve réduite. La loi de la force, nous la voyons également à l’œuvre en Cisjordanie où nous assistons depuis le 7 octobre tout à la fois à une accélération de la colonisation – laquelle, illégale en droit international, menace la continuité et la viabilité d’un futur État palestinien sans lequel on ne voit pas comment une paix durable pourrait s’installer – et à une multiplication des violences émanant tant de colons israéliens extrémistes que de terroristes palestiniens.”
“La loi de la force, nous y avons ensuite été confrontés du fait de la terrible guerre de Gaza et de son cortège de désolation et d’indicibles souffrances pour les civils : une enclave entièrement détruite, plus de 46 000 morts, dont beaucoup de femmes et d’enfants, 100 000 blessés, 2 millions de déplacés, une situation humanitaire catastrophique, des restrictions inacceptables à l’entrée de l’aide humanitaire. Je le dis en ami d’Israël : Israël avait, a et aura le droit de se défendre mais la façon dont Israël a conduit cette guerre n’est ni acceptable, ni conforme au droit international humanitaire.”
“J’ai rendu hommage à toutes ces victimes – notamment à nos quarante-huit compatriotes assassinés en ce jour noir – et à l’héroïsme de tous ceux qui ont donné leurs vies pour que d’autres puissent échapper au pogrom. Il est interdit de relativiser ou de minimiser l’horreur de ce massacre, horreur que nous avons éprouvée dans notre chair en France où les évènements du 7 octobre ont ranimé les souvenirs effroyables de l’Hypercacher et du Bataclan. Je pense aussi aux otages : à ceux qui ont été libérés, à ceux qui ont été tués – notamment Elia et Orion –, à ceux qui demeurent otages – nos compatriotes Ofer Kalderon et Ohad Yahalomi, retenus captifs depuis plus d’un an dans les tunnels de Gaza. La France n’abandonnera jamais les siens et ne cessera pas d’exiger la libération de tous les otages.”
“Dans son discours de clôture de la conférence des ambassadrices et des ambassadeurs comme dans sa déclaration de politique générale, le premier ministre a décrit l’une des dynamiques les plus structurantes de notre temps : celle qui voit la force de la loi contestée par la loi de la force. Nous sommes confrontés à la loi de la force au Proche-Orient depuis le 7 octobre 2023. Nous y avons été confrontés en premier lieu par l’attaque terroriste du 7 octobre elle-même, pire massacre antisémite perpétré depuis la Shoah. Un an après, le 7 octobre 2024, je suis venu marquer le triste anniversaire de cet attentat barbare sur le site du festival Nova, là où les terroristes du Hamas ont massacré, violé, fauché la vie de tant de jeunes gens qui n’aspiraient qu’à la célébrer.”
“Soyez assurés qu’avec la ministre de l’agriculture et sous l’autorité du premier ministre, nous sommes mobilisés sur tous les fronts, avec les parlementaires, pour garantir que cet accord, s’il devait être signé un jour, préserve les intérêts de nos agriculteurs, de nos industriels, de nos entreprises et de nos emplois. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Enfin, il doit respecter les règles environnementales en vigueur et il ne doit accorder aucune dérogation en la matière, notamment s’agissant de la déforestation. Nous devons garantir que nos partenaires commerciaux respectent en tous points les contraintes que nous imposons à nos producteurs, c’est une question de cohérence et de justice. Toutefois, si nous refusons l’accord en l’état, c’est aussi parce que nous refusons que la Commission européenne s’écarte du mandat que lui a confié le Conseil de l’Union européenne et qui consiste à négocier un accord d’association nécessitant l’unanimité des États membres et une ratification par les parlements nationaux. C’est une question de démocratie.”
“Les garanties que nous exigeons depuis 2019 ne sont pas réunies aujourd’hui. Ainsi, le respect de l’accord de Paris doit constituer un élément essentiel de l’accord avec le Mercosur, ce qui signifie que ce dernier doit pouvoir être suspendu en cas de violation de l’accord de Paris. Comme vous l’avez rappelé, le traité avec le Mercosur doit aussi comprendre des clauses de sauvegarde et des mécanismes de sanction en cas de non-respect.”
“Les termes « réindustrialisation » et défense de la « souveraineté alimentaire » que vous avez employés correspondent aux objectifs de la politique menée par la France depuis sept ans au sein des institutions européennes. La position de la France sur l’accord en négociation avec les pays du Mercosur est claire et constante : cet accord n’est pas acceptable en l’état. Le président de la République l’a rappelé à maintes reprises, le premier ministre est aujourd’hui à Bruxelles pour le redire à Ursula von der Leyen et plus de 600 parlementaires l’ont exprimé tout dernièrement dans une tribune.”
“Nous avons mené avec les autorités italiennes une démarche conjointe pour déterminer si ces exportations vers la Turquie ont été réalisées par la partie italienne de l’entreprise Cheddite. Au cours de l’enquête, l’entreprise a indiqué qu’elle n’avait jamais exporté de matériel vers les entreprises turques mentionnées dans l’article de France 24. Elle a par ailleurs été auditionnée par la Chambre des députés italienne, ce qui aurait permis d’écarter sa responsabilité et d’accroître la rigueur de sa lutte contre le détournement des sanctions.”
“La France a pris connaissance des allégations de France 24 relatives à l’utilisation, dans la répression des manifestations en Iran, de douilles de fusil de chasse et de tir sportif produites par le fabricant franco-italien Cheddite. Nous rappelons un principe simple : en stricte conformité avec les sanctions et embargo existants, notamment au niveau de l’Union européenne, la France n’autorise l’exportation vers l’Iran d’aucun produit explosif ou arme à feu, ni, plus généralement, d’aucun matériel de guerre. Tout porte à croire que ces cartouches se seraient retrouvées en Iran à la suite d’un détournement, très probablement depuis la Turquie. La France n’a en tout état de cause jamais autorisé ces exportations.”
“Permettez-moi une précision lexicale. Nous condamnons avec force toutes les violations du droit international et du droit international humanitaire, mais retourner l’accusation de génocide…”
“…où il lui a été signifié que ces agissements sont inadmissibles et que nous exigeons la garantie qu’ils ne se reproduisent jamais. (Mme Danièle Obono s’exclame.)”
“(Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR, Dem, HOR et sur plusieurs bancs des groupes RN, SOC, LIOT et UDR.) Je les ai félicités pour leur sang-froid et leur professionnalisme et, après avoir instamment demandé leur libération, j’ai immédiatement décidé d’activer le premier degré dans l’échelle des sanctions diplomatiques, en convoquant l’ambassadeur d’Israël en France. (« Ah ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Vous rappelez le grave incident qui s’est produit jeudi dernier au domaine de l’Éléona à Jérusalem. La France refuse et refusera toujours que quiconque pénètre armé sans son autorisation dans les quatre domaines qui, à Jérusalem, sont placés sous sa responsabilité et sous sa protection. C’est la raison pour laquelle, lorsque j’ai constaté que trois policiers israéliens avaient pénétré armés dans le domaine de l’Éléona, j’ai refusé d’y entrer et je l’ai fait savoir publiquement. (Mmes Sophia Chikirou et Danièle Obono s’exclament.) La France condamne le traitement réservé aux deux gendarmes brièvement interpellés : c’est tout simplement scandaleux et indigne de la relation entre la France et Israël.”
“C’est la première fois que je vous entends prendre la défense de nos gendarmes dans cet hémicycle et je vous en remercie. (Rires et applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR, Dem, HOR et sur quelques bancs des groupes RN, LIOT et UDR. – M. Cyrille Isaac-Sibille se lève pour applaudir. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Je salue le travail de nos agents dans les postes diplomatiques – ambassadeurs, consuls, conseillers, attachés de défense, gendarmes et policiers – qui font entendre la voix de la France dans des conditions parfois extrêmement difficiles. (Mêmes mouvements.)”
“Ainsi, nous avons indiqué aux autorités israéliennes, avec lesquelles nous échangeons très régulièrement, que la participation des entreprises dotées d’un stand à Euronaval devrait respecter cet équilibre fondé sur la position de la France. En conséquence, les entreprises dont les équipements ne sont pas utilisés pour des actions offensives à Gaza ou au Liban pourront naturellement disposer d’un stand lors du salon. (Vives exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Notre soutien d’Israël et de son droit à se défendre n’a jamais souffert aucune exception ni aucune équivoque, comme en témoignent la décision de maintenir l’exportation des composants pour le Dôme de fer et les autres exemples que j’ai cités la semaine dernière. En revanche, il serait incohérent de faire la promotion des armes utilisées à Gaza et au Liban, qui entraînent des dommages inacceptables sur les populations civiles, alors même que la France et son gouvernement appellent, à Gaza comme au Liban, à un cessez-le-feu immédiat. (Exclamations prolongées sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) La position de la diplomatie française est claire : nous appelons à un cessez-le-feu, seule voie pour enrayer l’escalade militaire et pour parvenir à la paix et à la stabilité dans la région.”
“Il n’a jamais été question d’interdire la participation des entreprises israéliennes aux salons commerciaux organisés en France ; celles qui le souhaitent pourront évidemment accéder à Euronaval. Rien dans la position du Gouvernement ne peut être assimilé à un boycott à l’encontre des entreprises israéliennes.”
“Merci de votre question. Elle me permet de clarifier la position du Gouvernement qui, sous l’autorité du Premier ministre, se tient aux côtés d’Israël comme il l’a toujours fait.”
“Elle sera l’occasion d’avancer dans trois domaines : le champ diplomatique, avec le cessez-le-feu immédiat suivi de l’application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, seule susceptible de garantir à la fois la souveraineté du Liban et la sécurité d’Israël ; le domaine humanitaire, avec l’objectif de recueillir l’aide la plus importante pour répondre aux besoins urgents de la population libanaise ; le domaine institutionnel pour que le Liban puisse dès demain reprendre la maîtrise de son destin. J’appelle tous les acteurs – collectivités, entreprises – qui souhaitent aider le Liban à prendre attache avec le centre de crise et de soutien de mon ministère, pour nous faire part de leur volonté d’agir. Nous les accompagnerons sur cette voie. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, DR et Dem.)”
“C’est dans ce contexte que nous organisons jeudi une conférence internationale de soutien au Liban, ouverte par le Président de la République et à laquelle les soixante-dix pays et quinze organisations internationales que nous avons conviés ont répondu présent.”
“Le Liban, pays qui vous est cher et qui est cher à la France, est aujourd’hui plongé dans le chaos d’une guerre dont la responsabilité première incombe au Hezbollah qui a choisi délibérément, dès le lendemain du 7 octobre 2023, de faire pleuvoir le feu de ses roquettes sur le nord d’Israël – une guerre dans laquelle Israël doit respecter le droit international et le droit international humanitaire, permettre l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire, préserver les civils et s’abstenir de porter atteinte aux emprises de la Finul.”
“Je veux à mon tour vous rendre hommage et vous remercier, vous et votre suppléant, de porter secours au Liban à nos ressortissants déboussolés et d’y incarner la voix de la France. (Applaudissements prolongés sur les bancs des groupes EPR et DR, ainsi que sur quelques bancs des groupes Dem, HOR et LIOT.) Je vous remercie d’avoir rendu hommage aux agents du ministère de l’Europe et des affaires étrangères qui, dans des conditions parfois extrêmement difficiles, s’acquittent de leurs missions avec un engagement et un dévouement qui forcent notre admiration.”
“…en Irak et en Syrie par les bourreaux des Yézidis, en Afghanistan par les Talibans, au Soudan par les forces armées, en Arménie par l’Azerbaïdjan et en Ukraine par la Russie. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur quelques bancs des groupes EPR et HOR.) Nous n’avons qu’un seul message, celui du droit international et de la justice. Ce n’est pas un hasard si c’est la France qui, comme l’an dernier pour Gaza, organisera la première ce jeudi une conférence internationale de soutien à la population libanaise. Le Liban a besoin de la France et la France ne lui fera pas défaut. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur quelques bancs des groupes EPR et HOR.)”
“Vous interpellez M. le Premier ministre et vous mettez en doute la voix de la France dans cette région. La France se situe et se situera toujours dans un seul camp, celui du droit international et de la justice. (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Partout et toujours, nous condamnons les violations du droit international : à Gaza par Israël, en Israël par le Hamas et par le Hezbollah, au Liban par Israël,…”
“La France, à cet instant, a une pensée pour les 1 200 victimes civiles – dont quarante-huit de nos compatriotes – de cet attentat terroriste odieux et pour les otages encore retenus en captivité – dont deux de nos compatriotes Ofer Kalderon et Ohad Yahalomi. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN, EPR, SOC, DR, Dem, HOR, LIOT et UDR, ainsi que sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Vous avez évoqué la mort de Yahya Sinouar, dont je rappelle qu’il fut l’architecte du pire massacre antisémite de notre histoire depuis la Shoah.”
“…de soutenir les forces armées libanaises, de soutenir la Finul et d’échanger avec nos partenaires sur l’avenir institutionnel de ce pays cher à la France.”
“Soyez assurés qu’avec le ministre des armées, nous suivons la situation d’heure en heure, afin de veiller à ce que leur sécurité soit préservée. Notre position est la suivante : la force de l’ONU doit rester en place pour pouvoir jouer tout son rôle quand le cessez-le-feu interviendra, et quand il sera nécessaire de préserver la stabilité du Sud-Liban, dans l’intérêt de l’unité et de la souveraineté du Liban, ainsi que dans celui de la sécurité d’Israël. Quant à ce qui se joue au Liban, et qui touche les populations civiles que vous avez évoquées, c’est la France, encore une fois, qui accueillera, le 24 octobre prochain, la première conférence internationale de soutien au Liban, laquelle sera à la fois l’occasion de mobiliser tous nos partenaires sur le soutien humanitaire que nous devons au Liban,…”
“Je vous remercie d’avoir mentionné le courage des 700 Français engagés dans le contingent de casques bleus de la Finul.”
“La France ne détourne le regard d’aucune victime civile et d’aucune victime parmi nos compatriotes. Il est vrai qu’au Liban, deux de nos compatriotes comptent parmi les milliers des victimes civiles des opérations militaires israéliennes.”
“Vos questions sur Gaza sont légitimes. Je vous propose, si vous en êtes d’accord, qu’à chaque fois que ces questions sont abordées nous ayons une pensée pour nos deux compatriotes toujours retenus dans l’enfer noir de la captivité : Ofer, 52 ans, père de famille, Ohad, 50 ans, père de famille. (Applaudissements sur les bancs des groupes Dem, RN, EPR, DR, HOR, LIOT et UDR ainsi que sur quelques bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR.)”
“C’est la raison pour laquelle le Président de la République, avec ses homologues italien et espagnol, a dès vendredi condamné ces attaques. Elles ont été également condamnées par les Vingt-Sept hier et par le Conseil de sécurité des Nations unies hier soir. Aujourd’hui, le Président de la République réitérera ces condamnations auprès du Premier ministre israélien.”
“Le Coq, la France a été le premier pays à convoquer une conférence humanitaire, un mois après le 7 octobre ; elle a été le premier pays occidental à soigner des Gazaouis ; elle a pris l’initiative de créer des régimes de sanctions à l’encontre des colons extrémistes et violents (M. Thomas Portes s’exclame) ; enfin, elle est l’un des seuls pays à soutenir directement l’Autorité palestinienne. Vous évoquez la situation des casques bleus ; permettez-moi de me joindre à vos propos en dénonçant les attaques dont ils ont été victimes, qui constituent une violation manifeste du droit international. (« Très bien ! » sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Cela dit, la France ne détourne pas le regard et le bilan de cette tragédie, vous l’avez rappelé, s’alourdit d’heure en heure, à Gaza comme au Liban. À Gaza, on déplore quinze morts dans le bombardement d’une école avant-hier ; quatre morts et une quarantaine de blessés, dont des femmes et des enfants, dans le bombardement de l’hôpital des martyrs d’Al-Aqsa hier. Au Liban et en Israël, on déplore quatre soldats tués dans une attaque par drone déclenchée par le Hezbollah ; vingt-deux morts, dont des femmes et des enfants, dans le bombardement du village chrétien d’Aitou au nord du Liban (Mme Farida Amrani s’exclame) ; cinq casques bleus blessés dans des tirs de Tsahal au sud du Liban. S’agissant de Gaza, comme je l’ai indiqué la semaine dernière en réponse à la question de M.”