François Ruffin
ECOS · France
“Nous voterons bien sûr pour la nationalisation. Monsieur le ministre, vous parlez de batailles menées au niveau européen, mais Arcelor délocalise en Inde ses fonctions support, c’est-à-dire les ressources humaines, le marketing, la gestion de l’approvisionnement, la comptabilité et l’informatique.”
“Cela veut dire que le capital européen, allié à la Commission européenne, a décidé de prolonger dans l’hinterland indien la logique qui a prévalu pendant des décennies dans les relations avec la Chine : exportation d’aéronautique et de voitures, au prix de la recherche d’un moindre coût du travail et de plus faibles normes environnemental…”
“C’est vous qui avez baissé la part de l’industrie dans le PIB : elle est seulement de 10 % aujourd’hui, c’est-à-dire au niveau de la Grèce. Voilà où en est notre pays à cause de vous ! Nous ne prétendons pas que la nationalisation est la panacée, nous disons qu’elle est un outil.”
“Le président de la République avait alors déclaré que déléguer à d’autres notre santé et notre protection était une folie. Pourtant, en janvier, la Commission européenne a signé avec l’Inde un accord de libre-échange, qui prévoit de supprimer 90 % des droits de douane et même de les supprimer entièrement pour la chimie, les médicaments et…”
“Nous sommes pourtant supposés nous rassembler cette année autour de la grande cause nationale de la santé mentale ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS, SOC et GDR.) La bipolarité n’est pas une insulte, mais une maladie dont souffrent 1 % des Français, une maladie qui pèse sur les familles, sur le travail, sur la relati…”
“S’agissant du conflit que vous avez évoqué, le dialogue social annuel est obligatoire et l’État n’intervient pas dans ce cadre. Une proposition a été mise sur la table et l’État a fait le nécessaire en permettant que les résultats soient réinvestis dans l’appareil productif et l’intéressement des salariés.”
The complete record
Every one of 268 lines we hold for François Ruffin, in date order, each linked to its source. Free to read, in full, without an account. Page 4 of 6.
“Qui écrit ça ? Ce n’est pas moi, ce n’est pas le Parti communiste français : c’est le Financial Times, la bible des financiers ! Je cite : « [Emmanuel Macron] s’incline devant les oligarques. Des hommes comme Bernard Arnault, Martin Bouygues et Vincent Bolloré, partisan de l’extrême droite, qui possèdent une grande partie des médias et ont un accès privilégié à tous les présidents. » Et l’auteur de conclure : « Tout gouvernement français devra demander aux milliardaires de payer davantage. S’ils ne sont pas prêts à faire des sacrifices pour réduire le déficit, pourquoi les autres devraient-ils le faire ? » (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe GDR.)”
“« Il est temps de guillotiner les privilèges fiscaux des super-riches en France. »”
“Les sondages établissent que, pour 30 % des couples, la décision de ne pas avoir d’enfant ou de ne pas agrandir leur famille s’explique par une insuffisance de moyens. Verser des allocations familiales à tous les parents dès le premier enfant serait une avancée en la matière. Notre débat rejoint celui de ce matin sur le logement en outre-mer. Les deux sont aussi importants, puisque 40 % des salariés qui retardent l’arrivée d’un enfant le font en raison de l’inadaptation de leur logement. Qu’il s’agisse de pouvoir d’achat ou de natalité, la politique en matière de logement est un levier majeur, mais c’est celui qui a été le plus détruit par le président de la République au cours des huit dernières années. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et GDR.)”
“Notre groupe Écologiste et social votera pour le versement des allocations familiales dès le premier enfant. Mes collègues Perrine Goulet, Karine Lebon et moi-même avions rendu un rapport sur la politique familiale dans le cadre d’une mission flash. La question centrale était la suivante : sachant que chaque homme ou chaque femme de notre pays désire en moyenne 2,3 enfants alors que chaque couple n’en fait que 1,6, comment combler cette différence ? Il ne s’agit pas d’enjoindre au réarmement démographique, de faire d’une possibilité d’affection, de joie et de tendresse un devoir patriotique, comme le réclame le président de la République – ce n’est pas le sujet. Il s’agit de savoir comment lever les entraves au fait d’avoir des enfants, d’éprouver la joie de les conduire à l’école.”
“L’association pour la sauvegarde du patrimoine martiniquais (Assaupamar) a rassemblé au moins 400 dossiers, sans compter les milliers d’autres familles qui ne font pas appel à elle pour rétablir leur droit de propriété. Ces familles se retrouvent spoliées du lieu où elles habitent, des terres qu’elles cultivent, du jour au lendemain. Pour l’instant, la réaction de la justice française consiste à laisser faire. À travers vous, monsieur le ministre, c’est évidemment le garde des sceaux que j’interpelle. Y a-t-il une sous-justice pour la Martinique ou bien les Martiniquais ont-ils, eux aussi, le droit à une véritable justice ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS ainsi que sur plusieurs bancs des groupes SOC et GDR.)”
“Se retrouvant complètement volée, elle fait appel à la justice, qui lui répond très rapidement puisque ce n’est que deux semaines après le dépôt de plainte, le 12 mars 2025, que le tribunal de Fort-de-France lui envoie un « avis de classement à victime », en d’autres termes un classement sans suite. Pour quelle raison ? D’après le procureur de la République, l’enquête n’a pas permis de déterminer les faits. Mais quelle enquête, en deux semaines ? Les Bill n’ont pas été interrogés – personne ne l’a été d’ailleurs, alors qu’il s’agit d’un dossier complexe. Je vous parle d’une famille, mais elles sont des centaines à être concernées.”
“Nous voterons évidemment pour la proposition de loi. En vérité, quand on parle de pouvoir d’achat, la première question qui se pose est celle du logement, en outre-mer mais aussi à Paris ou en Picardie. Il faut le sortir en partie du marché et le réguler. Je profite de l’occasion pour interpeller le ministre des outre-mer sur un dossier connexe : le désordre foncier en Martinique. Cette expression un peu floue renvoie à une véritable spoliation, comme en témoigne l’histoire de la famille Bill, que je vais vous raconter. Cette famille est propriétaire depuis des décennies – elle m’a montré les vieux titres de propriété de sa ferme, des parchemins, qui datent des années 1920. En 2023, elle découvre que, d’un seul coup, elle n’est plus propriétaire car une autre propriété s’est installée sur son terrain.”
“Il faut donc investir massivement dans les logements : cela nous permettrait à la fois de retrouver de la souveraineté et de combattre le réchauffement climatique ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et GDR.)”
“Pourtant, ce devrait être un processus gagnant-gagnant-gagnant-gagnant : gagnant pour les factures des gens, gagnant pour les émissions de gaz à effet de serre, gagnant pour les artisans et les travailleurs du bâtiment, donc pour l’emploi local, gagnant pour notre indépendance nationale. Le Rassemblement national prétend pourtant s’en soucier, de l’indépendance nationale ! Au rythme où nous allons, il faudra pour éliminer chacune de nos 5 millions de passoires thermiques à peu près autant de temps qu’il y en a eu entre Jeanne d’Arc et aujourd’hui. Or chacune d’entre elles représente une dépense de pétrole ou de gaz, payés à l’Arabie Saoudite, à l’Algérie, à la Russie, aux États-Unis ; à chaque fois, c’est du déficit commercial et de la dépendance vis-à-vis d’autres pays.”
“Franchement, monsieur Cazeneuve, vous êtes gonflé ! Vous osez tout, là. On est au lendemain de l’annonce de la suspension, ou de la suppression, de MaPrimeRénov’ – alors que vous aviez déjà divisé par deux les fonds alloués à ce dispositif, passant de 5 à 2,5 milliards, et que vous l’aviez tellement compliqué, fabriquant une véritable usine à gaz, que les particuliers comme les artisans ne savaient plus comment s’en sortir. Et maintenant, vous nous dites que c’est une priorité ? Ce gel est une grave erreur. Autant la transition peut, quand il s’agit des mobilités, se heurter à des blocages sociologiques et technologiques, autant elle ne rencontre pas de tels obstacles s’agissant des logements : les gens y sont favorables, et les artisans du bâtiment savent faire. Et là, tout est bloqué !”
“Pas seulement nous, ici, qui ne sommes rien ou si peu, mais nous dehors, le peuple français. Le peuple attaché à l’égalité, à la fraternité, à la solidarité. Le peuple qui, lors de la prochaine élection, devra trancher entre les privilèges de quelques-uns et notre bonheur commun ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, SOC et GDR.)”
“Une caisse bâtie en un siècle – depuis Jaurès et même avant – par les nôtres, par les ouvriers, par les syndicats, par la gauche ; un siècle de petites caisses, d’abord, des caisses d’entraide dans les usines, puis des mutuelles, des fédérations de travailleurs et, enfin, à la Libération, une caisse d’entraide géante, la caisse nationale de la sécurité sociale, cette caisse de 400 milliards d’euros ! Voilà notre formidable trésor ! Une invention qui a révolutionné des millions d’existences, qui a sorti de la misère des générations entières ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, SOC et GDR.) Bien sûr, vous rêvez de la casser, cette caisse. Vous préparez un casse en bande organisée : c’est 400 milliards que vous voulez remettre, comme le reste, aux banquiers, aux actionnaires, aux millionnaires, aux 500 fortunes.”
“Éric Ciotti, allié de Jordan Bardella, formule cette proposition originale : « Osons la capitalisation. » Voilà votre projet, commun à toutes les droites : la solution, c’est la capitalisation. Mais la solution pour qui ? Pour les maîtres de l’argent, vos maîtres. Imaginez ! pour eux, c’est une folie, une aberration : près de 400 milliards leur échappent – 400 milliards qui ne sont destinés qu’aux gens, pour leurs vieux jours, 400 milliards qui échappent au trading à haute fréquence, au boursicotage, au yoyo des marchés. Non, juste une caisse, une simple caisse, qui reçoit les cotisations et permet de verser des pensions.”
“Dans un chœur à mille voix, on entend Édouard Philippe plaider pour « 15 % de capitalisation » – c’est chiffré. Les macronistes, eux, planchent sur la sémantique. Je cite un cadre du parti : « "Capitalisation" fait peur aux gens, pourquoi pas "retraite par investissement" ? » (M. Alexis Corbière fait mine de s’esclaffer.) Paul Midy, député, ancien de chez McKinsey, a cette idée : « L’élection présidentielle doit permettre de diriger une partie de notre système vers la capitalisation. » Le déjà candidat Bruno Retailleau s’engage « pour une retraite par capitalisation ».”
“Avec vous, il n’y a jamais de vote, mais des 49.3, de l’obstruction et des conclaves. Vous biaisez, vous fuyez, vous enfumez. Vous êtes le gouvernement de l’enlisement : vous enlisez le pays et la démocratie. Mais pour servir vos amis, rien n’est jamais trop beau. Vous poussez déjà une nouvelle « réforme courageuse ». Gérald Darmanin a déclaré : « Il faut mettre fin au système par répartition et aller vers un système par capitalisation. »”
“Vous avez surtout le courage de vous revendiquer d’une démocratie sans le dèmos – le peuple – et même contre le dèmos . Car comment imposez-vous vos réformes ? Sans courage, avec lâcheté. Vous contournez le peuple, avançant contre 3, 4, 5 millions de manifestants, contre deux tiers des Français, contre 80 % des salariés, contre tous les syndicats unis et, comme nous allons le constater grâce à nos camarades communistes, contre une majorité de députés de notre Assemblée.”
“Il vous reste le courage d’agir contre les caissières et les infirmières, mais jamais contre les banquiers et les actionnaires ou contre les mécènes de vos campagnes électorales. Vous avez le courage d’être faibles avec les forts, et forts contre les faibles – le voilà, votre courage ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et GDR ainsi que sur plusieurs bancs du groupe SOC.)”
“Les salaires sont gelés, et affectés depuis trois ans par l’inflation. Les critères de pénibilité ont été retirés – vibrations, port de charges, postures pénibles, produits chimiques respirés – et deux années de retraite volées. Vous dites que vous procédez à des « réformes courageuses ». Mais de quel courage s’agit-il ? Il ne consiste pas à dompter les marchés financiers, à affronter les firmes du numérique, à combattre ces nouveaux seigneurs, mais au contraire à se courber devant eux.”
“Les sacrifices, les efforts, c’est aux auxiliaires de vie et aux cheminots, aux caristes et aux métallos, aux soignants et aux couvreurs, aux enseignants et aux travailleurs que vous les réclamez.”
“On y apprend aussi que « le nombre de banquiers millionnaires a battu un nouveau record […] chez BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et Natixis ». Ils sont 2,5 fois plus nombreux qu’il y a dix ans. Mais à ces bureaucrates de la finance, quel sacrifice réclamez-vous ? Aucun, jamais. On peut lire, toujours dans Les Échos , que « les groupes du CAC40 n’ont jamais été aussi généreux avec leurs actionnaires. […] du jamais-vu. » Et cocorico : nous voici médaillés d’or, champions des dividendes en Europe ! Mais à ces rentiers de la Bourse, quels efforts demandez-vous ? Aucun, jamais. Au contraire, vous les chouchoutez, vous les dorlotez, vous leur faites de gros cadeaux fiscaux à coups de milliards d’euros.”
“« Les traders ne connaissent pas la crise sur la place de Paris » : en voilà une super nouvelle ! J’en ai été informé par Les Échos de mon ami Bernard Arnault.”
“Nous proposons des solutions, mais vous ne nous écoutez pas !”
“Vous avez quelque chose à dire à propos des retraites ? Des travailleurs ? De la France ?”
“Vous voulez parler de l’aide à mourir, pas de la fin de vie, n’est-ce pas ?”
“Elle n’est pas digne parce qu’elle démontre que vous n’avez rien à proposer sur ce texte ; rien à proposer pour améliorer les soins palliatifs, rien à proposer pour que la culture des soins palliatifs irrigue tout le corps médical et paramédical et qu’elle s’étende à tout le territoire ; rien à proposer pour pousser le gouvernement à donner de vrais moyens afin que, dans dix ans, on ne se retrouve pas comme aujourd’hui avec un malade sur deux n’ayant pas accès aux soins palliatifs. Vous n’avez rien à proposer ! La seule chose que vous faites, c’est répéter et ratiociner sur suicide assisté et euthanasie. Nous y viendrons mais ce moment n’est pas encore arrivé. Sur le soutien aux personnes qui sont en fin de vie, qui ont affronté la douleur physique et la douleur psychique, vous n’avez rien d’autre à proposer que votre slogan.”
“Monsieur Bentz, chers collègues d’extrême droite, je le répète depuis le début : en matière d’aide à mourir, toutes les convictions sont respectables. S’il est naturel qu’il y ait un moment dans ce débat pour les défendre, votre attitude constante depuis le début de l’examen de cette partie du texte relative à l’accompagnement et aux soins palliatifs n’est pas digne.”
“Nous aurons plus tard le débat sur l’aide à mourir, mais vous venez polluer la discussion en permanence.”
“Réintroduire en permanence ces considérations dans le débat nous empêche de nous poser pleinement ces questions, alors même que nous pouvons avoir des inquiétudes sur les soins palliatifs. J’ai moi-même des inquiétudes, que j’ai déjà exprimées dans cet hémicycle. Je considère notamment que les moyens budgétaires ne sont pas au rendez-vous pour assurer l’accès aux soins palliatifs à tous les Français. Aujourd’hui, un malade sur deux n’y a pas accès. D’ici dix ans, on ne prévoit même pas le doublement de ce budget, alors qu’on sait qu’avec 23 % de personnes âgées en plus il y aura de l’inflation pendant cette période. Il n’y aura donc pas de soins palliatifs réels pour tout le monde. Aujourd’hui, je considère que le rôle des députés doit être de garantir l’accès aux soins palliatifs pour tous les Français.”
“Je voudrais m’exprimer sur l’ensemble des amendements de nos collègues de droite qui abordent la question de l’aide à mourir dans ce texte sur les soins palliatifs. Je respecte vos convictions. Sur le sujet de l’aide à mourir, on doit avoir un vrai débat moral et éthique si l’on veut s’assurer qu’un droit individuel ne deviendra pas une pente collective et économique ; mais, à mon sens, l’introduction permanente de cette question dans le texte pollue nos échanges et ne permet pas d’avoir un débat digne. Nous vivons un moment important. Nous nous demandons comment faire pour construire les soins palliatifs les plus solides et pour que les personnes en fin de vie aient la possibilité d’échapper à la douleur physique et psychique.”
“Je note qu’il y a un malaise autour de la question des moyens alloués aux soins palliatifs.”
“…vous ne pouvez pas éclipser le débat sur les moyens.”
“Je suis désolé, madame la présidente, mais…”
“Nous sommes défavorables à cet amendement : nous souhaitons conserver dans le texte l’idée que la politique de soins palliatifs est assurée par la République et pour toute la République. Nous voulons aussi que cette politique soit menée correctement. À cet égard, madame la ministre, vos arguments budgétaires ne me convainquent pas du tout. On nous annonce une augmentation des crédits d’1 milliard en dix ans, soit 66 %. Or, quel que soit le mode de calcul…”
“Autrement dit, nous allons voter une loi de bonnes intentions, mais il faudrait des moyens supplémentaires si nous voulons que notre pays s’engage dans une véritable politique de soins palliatifs. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS.)”
“Les moyens par personne ne vont donc pas augmenter ! Or, actuellement, 50 % des malades qui auraient besoin de soins palliatifs ne sont pas pris en charge, dix-neuf départements ne disposent pas d’une unité de soins palliatifs et il n’existe pas de politique nationale des soins palliatifs visant à former le corps médical et paramédical sur l’ensemble du territoire. Je le redis, le budget par personne suivie sera quasiment constant, sans même tenir compte de l’inflation.”
“Madame Firmin Le Bodo, je cite l’alinéa que vous souhaitez supprimer : « La politique de soins palliatifs de la République est fondée sur la volonté de garantir à chacun, selon ses besoins et sur tout le territoire, l’accès aux soins palliatifs. » Mais enfin ! Soit on assume de ne pas soutenir les soins palliatifs, soit on affirme clairement son soutien ! Je ne comprends pas la logique de votre amendement. Passons maintenant à la question des moyens. Madame Darrieussecq, vous disiez tout à l’heure qu’on ne peut pas augmenter les moyens immédiatement, faute de médecins suffisamment formés. Mais ici, on parle d’un horizon de dix ans. Vous promettez une hausse de 66 % de ces moyens dans les dix prochaines années. Mais sur la même période, je vous promets une augmentation de 66 % des personnes à prendre en charge.”
“Je vous le dis franchement, je suis inquiet de cette situation. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS et GDR.)”
“Annoncer à grand bruit 1 milliard d’euros supplémentaires en dix ans, ce qui équivaut à une hausse des moyens de 66 %, ne veut rien dire puisque les études démographiques prédisent une augmentation de 60 % du nombre de personnes à accompagner en soins palliatifs pour la même période. En gros, cela signifie que les moyens restent constants alors qu’aujourd’hui, la moitié des personnes ayant besoin d’être accompagnées ne le sont pas. C’est plus du double des moyens annoncés qu’il faudrait prévoir ! Si l’on veut que la culture des soins palliatifs, plutôt que d’être cantonnée à certaines unités, innerve toute la médecine jusqu’au domicile des malades, il faut former tous les médecins et renforcer la formation au sein des universités par la création de filières dédiées. Il faut donc aller bien au-delà de ce milliard, qui ne suffira pas.”
“Une loi de programmation est indispensable pour la simple et bonne raison, notre collègue Hetzel l’a dit, que nous avons besoin d’un cap pour nous organiser. Et un tel outil se justifie d’autant plus en la matière que la démographie est une science prévisible qui permettrait de définir aisément un plan, ce qui éviterait de faire des soins palliatifs une variable d’ajustement. Le sujet des soins palliatifs fait consensus dans cette assemblée, mais il faudrait qu’il en aille de même pour les moyens. Les intentions ne servent à rien si elles ne s’accompagnent pas de mesures concrètes pour accompagner les patients. Or les moyens sont loin d’être au rendez-vous.”
“Vous faites un autre choix, celui du laisser-faire : vous avez très clairement choisi de laisser tomber l’acier français. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS, dont plusieurs députés se lèvent, ainsi que sur plusieurs bancs des groupes SOC et GDR.)”
“Voilà pourquoi, monsieur le ministre de l’industrie, nous réclamons la nationalisation, non comme une solution miracle, mais comme une nécessité. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et GDR ainsi que sur quelques bancs du groupe SOC.) Nous réclamons aussi des protections face à la Chine, en surcapacité de production en ce qui concerne l’acier et mille autres produits.”
“Et que nous racontez-vous ? Je cite les mots que vous avez prononcés à l’instant : « C’est une mauvaise nouvelle » ; vous avez « une pensée » pour les ouvriers ; vous allez « les accompagner ». Mais qu’est-ce donc que cela ? Faites-vous partie d’un gouvernement ou bien d’une entreprise de pompes funèbres ? (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et GDR ainsi que sur plusieurs bancs du groupe SOC.) Les ouvriers qui se sont déplacés à Paris aujourd’hui – Gaëtan, Sylvain, Ludo – ne vous demandent pas des regrets et des larmes, mais du combat et de l’action ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – M. Inaki Echaniz applaudit également.) Vous nous dites que l’État attend : ces ouvriers repartiront chez eux avec une garantie, celle de votre inaction !”
“En dix ans, ArcelorMittal a diminué sa production d’acier en Europe d’un quart, tandis qu’en Inde et au Brésil le groupe l’a augmentée d’un tiers. La firme a gelé et enterré la décarbonation de ses hauts fourneaux de Dunkerque et de Fos-sur-Mer, alors que ces projets sont vitaux pour l’avenir. Même le simple entretien – les investissements courants – n’est plus effectué. Tous les ouvriers, qu’ils travaillent à Florange, en Basse-Indre ou à Montataire, parlent de cuves fissurées, de blindages abîmés et de poutres cassées et non réparées. Mittal encaisse les dividendes et les aides publiques, mais n’investit pas et abandonne l’outil de travail – c’est un sabordage en règle. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et GDR.)”
“Savez-vous de quoi est composé ce micro ? D’acier. Votre montre ? D’acier. Nos sièges, sous le velours ? D’acier. De l’agroalimentaire à l’aéronautique, toutes nos entreprises tournent avec de l’acier. Pas d’industrie, et encore moins d’industrie de la défense, sans acier. Un acier sur lequel a d’ailleurs été fondée l’Union européenne. Aujourd’hui, la question se pose : conserverons-nous une production d’acier, un secteur de la sidérurgie, sur le sol français ?”
“Les professionnels que nous avons rencontrés ont regretté que leurs collègues n’aient pas la culture des soins palliatifs. Dans les formations universitaires, sur les dix ans d’études de médecine, les heures consacrées aux soins palliatifs se comptent sur les doigts d’une main – c’est légèrement plus chez les paramédicaux, les infirmiers, les aides-soignantes ou les kinés. C’est pourquoi, ce matin, un urgentiste a lancé un appel à une formation des médecins moins technique et plus humaniste, plus humaniste de la naissance à la mort. (Mme Danielle Simonnet et M. Stéphane Peu applaudissent.)”
“Toutes les Françaises, tous les Français, doivent avoir accès, sur le fil de leur vie, aux soins palliatifs, pour entrer dans la mort avec une moindre douleur, une moindre douleur physique, une moindre douleur psychologique. Or, dans notre pays, dix-neuf départements sont encore totalement dépourvus de services de soins palliatifs, et la moitié des malades qui devraient y avoir accès ne le peuvent. Donc oui à des services de soins palliatifs partout, oui à des moyens pour ces soins – je vous le dis pourtant avec inquiétude et scepticisme, puisqu’on nous promet qu’à l’automne on taillera à la hache dans les budgets. Au-delà des moyens, au-delà des milliards, les soins palliatifs doivent surtout irriguer tout l’hôpital, tout le corps médical et paramédical et ne pas être cantonnés aux seuls spécialistes, aux seules USP.”
“Je fais suite à ma question. Idéalement – il faut sortir de la situation actuelle, qui n’est pas idéale –, celles qui renseignent le livret devraient être celles qui sont au contact de l’enfant tout au long de la journée, plutôt qu’une heure de loin en loin. Il n’est pas normal qu’il ne revienne pas à l’AESH de rapporter des informations au sujet de l’enfant qu’elle accompagne. Compte tenu du mode de recrutement et du niveau de formation, je comprends que cette tâche soit attribuée dans un premier temps aux professeurs, comme l’a dit Mme la ministre. Néanmoins, le statut d’AESH que nous devons construire pour que ces professionnelles soient mieux formées et sortent de la précarité doit leur permettre, à terme, d’être les référentes en matière d’inclusion de l’enfant, y compris en ce qui concerne le livret.”
“J’ai une question. Qui sera chargé de remplir le livret : les AESH elles-mêmes, les professeurs, les directeurs d’école ou encore les coordinateurs du Pial ?”
“Quand on les rencontre, on se rend compte qu’à force de multiplier les interventions, elles sont au bord du craquage parce qu’elles ont perdu le sens de leur travail. Je vous demande, madame la ministre et madame la rapporteure, que le bilan de la mutualisation soit réalisé. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS. – M. Stéphane Peu applaudit également.)”
“C’est le président de la République lui-même ; c’est lui qui, alerté par les associations, réalisait que la mutualisation – quel joli nom ! – est en réalité un cache-misère. Là où auparavant, on comptait une accompagnante par enfant, on a tronçonné, sectionné et fractionné les agendas et les emplois du temps, de telle sorte qu’une AESH-m – mutualisée – accompagne désormais cinq, six, sept enfants – voire quinze, comme à Picquigny où je me trouvais hier. Dans ces conditions, là où elles avaient le sentiment de faire un travail certes sous-payé mais qui avait du sens, avec un accompagnement dans la durée et des progrès visibles, elles se voient désormais comme des bouche-trous qui ne savent plus où donner de la tête.”