Marie-Charlotte Garin
ECOS · France
“Cette mesure est inscrite dans un projet de loi qui a été rattrapé et remanié à la suite d’une affaire grave, le meurtre de Lyhanna. On a l’impression que le gouvernement propose une mesure d’affichage. C’est de la communication politique, du populisme législatif ! Ce n’est pas à la hauteur.”
“Dans la rédaction issue des travaux de la commission spéciale, l’article 13 prévoit que le représentant de l’État informe sans délai le président du conseil départemental de tout contrôle ayant révélé des risques pour la santé ou la sécurité des mineurs accueillis dans son département.”
“Ne vous en déplaise, ceux qui, sur ces bancs, travaillent le sujet depuis des décennies n’ont jamais dit que la perpétuité constituait la réponse. Mais vous refusez de les entendre. Écoutez les professionnels de terrain ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Sébastien Peytavie applaudit également.)”
“Hier soir, nous avons débattu de l’article 6. Il crée un véhicule législatif – l’ordonnance de sûreté de l’enfant – qui pourrait prendre en compte ce lien, mais sa réécriture n’a pas permis la discussion de deux amendements, préparés patiemment avec les associations de protection animale et selon une logique transpartisane, qui étaient so…”
“Depuis un moment, des parlementaires de tous bords et des associations de terrain spécialistes de la maltraitance animale s’efforcent de prouver le lien entre celle-ci et les violences intrafamiliales.”
“Pour rebondir sur le point évoqué par notre collègue Monnet : dans le contrôle de l’honorabilité, on intègre des délits qui n’ont rien à voir avec la question de la protection des enfants. Madame la ministre, il va falloir que vous clarifiiez la position du gouvernement.”
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“Nous pouvons tous nous réjouir et nous satisfaire de l’obligation de formation pour les magistrats. C’était, depuis longtemps, une demande des associations et de tous les professionnels qui accompagnent les victimes. Cependant, nous considérons qu’il faut aller plus loin en précisant le contenu de la formation, notamment en ce qui concerne les spécificités des violences intrafamiliales. L’amendement vise à définir l’objectif de la formation et à préciser les dynamiques spécifiques aux violences intrafamiliales et aux violences faites aux enfants.”
“C’est presque comme si nous n’avions pas les moyens dont dispose le gouvernement pour rédiger un projet de loi…”
“Nous vous avons interrogé sur les responsabilités !”
“Sans argent, la parole de tous vos ministres n’est que du vent ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et GDR ainsi que sur plusieurs bancs du groupe SOC.)”
“Vous engagez-vous à mettre 3 milliards sur la table pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants ? (Les députés des groupes EcoS, LFI-NFP, SOC et GDR se lèvent et applaudissent.)”
“Vous rendez-vous compte que c’est justement l’insuffisance de ces budgets qui est cause de la mort de femmes et d’enfants (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et GDR ainsi que sur quelques bancs du groupe SOC) et qui empêche les magistrats de faire leur travail correctement ? Soutenir la proposition de loi intégrale sans attribuer de moyens supplémentaires, c’est encore abandonner les victimes.”
“Vous savez exactement ce qu’il faut faire, mais il a fallu qu’une enfant meure pour qu’en grand seigneur, vous daigniez nous dire : « OK pour la loi intégrale. » (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et GDR ainsi que sur quelques bancs du groupe SOC. – M. le premier ministre secoue la tête en signe de dénégation. – Mme Constance Le Grip s’exclame.) Quand on vous pose la question des moyens, vous nous répondez que l’année prochaine, on ne touchera pas aux budgets des ministères de l’intérieur, de la justice, de l’éducation et de l’égalité entre les femmes et les hommes.”
“Il faudra le rappeler aux ministres sans pouvoir, que vous nous envoyez pour assurer que tout est vraiment bien fait pour lutter contre les violences. Vous savez à qui on a longtemps dit que ce n’était pas bien de mentir ? Aux enfants qui parlent quand ils ont été victimes ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP ainsi que sur plusieurs bancs des groupes SOC et GDR. – Mme Stella Dupont applaudit également.) Aux femmes qui dénoncent leurs violeurs ! Vous ne pouvez pas dire que vous ne saviez pas. Il y a eu le MeToo des adultes et des enfants, les rapports, les commissions d’enquête, les questions qu’on vous pose inlassablement ici, les quatre-vingt-deux recommandations de la Ciivise et la loi intégrale promue par les associations et les parlementaires.”
“Parce que les mots ont leur importance, j’affirme dans cet hémicycle que Noahm a été tué parce qu’il était gay, à cause de l’homophobie. (Les députés des groupes EcoS, EPR, LFI-NFP, SOC, Dem, HOR, LIOT et GDR ainsi que quelques députés du groupe DR se lèvent et applaudissent. – Mmes et MM. les membres du gouvernement se lèvent également. – Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.) Monsieur le premier ministre, vous savez ce qu’on dit : ce n’est pas bien de mentir. Il faudra le rappeler au président de la République, qui ne veut entendre aucun argument relatif aux moyens de la justice s’agissant de cette affaire. Il faudra le rappeler à votre ministre de l’intérieur, qui nous explique que le meurtre de Lyhanna serait le fruit d’erreurs individuelles, non de défaillances systémiques.”
“Deux ans de retard ! Et c’est la présidente, pas le premier ministre !”
“N’insultez pas les fonctionnaires, beaucoup nous permettent de siéger ce soir !”
“Ne soyez pas méprisante ! Vous ne vous seriez pas permis de dire cela à un homme plus âgé !”
“Vous mentez ! C’est le recours aux aides d’urgence qui explique cette augmentation !”
“Vous nous baladez ! Lors du dernier budget, vous avez baissé les moyens du programme 137. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, dont quelques députés se lèvent, ainsi que sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC et GDR.) Aujourd’hui, on sait ce qu’il faut faire. En Espagne, il y a des moyens en plus et des mortes en moins ! Parce que vous savez qu’il faut mettre de l’argent, vous êtes responsables des morts qu’on aurait pu éviter. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP. – Mme Anne-Cécile Violland applaudit également.)”
“(Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP, dont plusieurs députés se lèvent, ainsi que sur les bancs des groupes SOC et GDR et sur plusieurs bancs des groupes DR et HOR.)”
“Pourtant, votre job, ce n’est ni les pensées émues sur les réseaux ni les condoléances, mais l’action ! Vous êtes au pouvoir depuis dix ans et cela fait dix ans qu’on nous parle de grande cause du quinquennat... Vous savez ce qu’il se passe ? Aucune parlementaire féministe, aucune association, aucune victime, aucune famille de victime ne croit plus un mot de ce que vous annoncez. Parce que chaque annonce de mesures est une opération de communication, sans les moyens nécessaires. Sans argent pour sauver nos vies, nous ne voulons plus de vos belles paroles ! Monsieur le ministre, ma question est simple : combien faut-il encore de femmes tuées ? Notre réponse est tout aussi simple : nous voulons une loi-cadre, 3 milliards et une mobilisation générale de l’État.”
“Monsieur le premier ministre, parce que cela devrait être votre priorité, c’est à vous que je m’adresse, même si vous ne savez pas ce que c’est de trembler quand la clé tourne dans la serrure, quand les portes de placard claquent, quand on s’entend dire au commissariat que ça va passer. En neuf jours, six femmes ont été tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint. Le temps passe, les associations alertent, les moyens manquent et les femmes meurent. Imaginons que six acteurs soient morts pendant la durée du festival de Cannes, ce serait l’effroi sur ces bancs – mobilisation générale, minute de silence, hommage national, réaction de Matignon –, le pays tout entier serait à l’arrêt ! Mais Sylvie, Angelyne, Denise, Chloé, Céline, elles, n’ont droit à rien ou seulement à une pensée émue de vos ministres sur Twitter.”
“Faites gaffe, c’est un peu décroissant comme discours !”
“Pour toutes ces raisons, le groupe écologiste votera pour cette proposition de résolution et appelle l’ensemble de cette assemblée à faire de même. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC et sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et GDR. – M. Laurent Mazaury applaudit également.)”
“Elle condamne explicitement les emprisonnements et les procès arbitraires ; elle appelle à la libération immédiate et sans conditions de tous les prisonniers arméniens encore détenus. Les écologistes sont constants dans ce combat. Le maire de Lyon, Grégory Doucet, a été le premier maire à parrainer un prisonnier de guerre arménien, Grigor Saghatelyan, emprisonné dans les geôles de Bakou le 29 juillet 2021 et libéré le 13 décembre 2023 avec trente-et-un autres prisonniers de guerre arméniens. Il a été un soutien de la première heure des campagnes de libération de ces prisonniers politiques menées par la société civile, en France comme en Arménie. Je pense ici au centre Covcas pour le droit et la résolution des conflits, à Hyestart ou à l’Observatoire d’arménophobie.”
“Lors de sa session d’hiver 2026, il y a une semaine, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté à une très large majorité une résolution dans laquelle elle appelle explicitement les autorités azerbaïdjanaises à libérer ces détenus politiques. Dans le même esprit, nous saluons la remise à l’Arménie par les autorités azerbaïdjanaises de quatre prisonniers arméniens du Haut-Karabagh, intervenue le 14 janvier 2026. Ce geste – quatre vies rendues à leurs proches et à leur pays – est encourageant. Il ne doit pas faire oublier la situation de dizaines d’autres détenus, privés de liberté dans des conditions qui suscitent de graves inquiétudes. La présente proposition de résolution affirme la solidarité de notre assemblée avec les populations arméniennes d’Artsakh, déplacées de force de leurs terres historiques.”
“Sa conception est d’autant plus fragile qu’elle repose sur des échanges de promesses, sans aucune garantie institutionnelle, nationale ou multilatérale, hormis les paroles des dirigeants. En l’espèce, l’accord ne comprend aucune clause sur le sort des prisonniers et il exclut largement les mesures qui répondent aux droits et aux besoins des victimes. C’est un signal envoyé par Trump aux autres dirigeants autoritaires : continuez vos guerres pour résoudre vos différends avec vos voisins ; si nous trouvons un deal, nous fermerons les yeux sur le droit, la responsabilité et la justice. Plusieurs signaux diplomatiques vont néanmoins dans le bon sens.”
“La déclaration commune signée le 8 août 2025 à Washington par les présidents arménien et azerbaïdjanais offrait des perspectives prometteuses à leur libération. Pour la première fois, les deux États ont approuvé un texte rédigé dans leurs capitales respectives. Deux mémorandums signés avec les États-Unis ancrent l’accord dans des incitations économiques : l’Arménie obtient des partenariats sur la sécurité des frontières, la diversification énergétique et la technologie, cependant que l’Azerbaïdjan obtient des engagements dans les domaines du commerce, de l’énergie et des infrastructures numériques. C’est la marque d’un accord de paix signé sous l’égide du président Trump. Un pur produit de l’art du deal.”
“À la suite de l’offensive azerbaïdjanaise de septembre 2023 et de la perte de contrôle du territoire, la république autoproclamée d’Artsakh a annoncé sa dissolution, effective au 1 er janvier 2024. Sans garantie d’autonomie et de protection, la population arménienne du Haut-Karabagh – près de 140 000 personnes – est contrainte de fuir vers l’Arménie. Seize prisonniers arméniens, dont huit anciens dirigeants de la république autoproclamée d’Artsakh, sont dès lors détenus par l’Azerbaïdjan dans une opacité totale, en dehors de tout cadre judiciaire conforme aux standards internationaux. De graves allégations, étayées par de nombreuses sources, font état de traitements inhumains infligés par les forces armées azerbaïdjanaises à ces prisonniers.”
“C’est la soirée du retournement de veste !”
“Je me joins à ces remerciements. Dans une période qui a été très particulière pour moi, j’ai pu compter sur l’appui de Paul Christophe, de notre administrateur Aurélien Nicodeau, sur celui de nos collaboratrices Anne-Lise Meurier, Hélène Donnat et de mon collaborateur Matéo Chichet. Quand la vie bouleverse et parfois suspend, le collectif prend le relais : je vous en remercie. J’ai également une pensée pour toutes les femmes qui se sont forcées, qui ont subi des viols conjugaux, qui se sont contraintes quand elles n’en avaient pas envie. Nous comptons sur ce texte pour être un point de départ à la fin de tout cela. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, LFI-NFP, SOC, DR, EcoS, Dem, HOR, LIOT et GDR).”
“Enfin, le dernier argument, déjà évoqué en commission des lois, porte sur la présomption de paternité prévue à l’article 312 du code civil. L’adoption de votre amendement pourrait avoir des conséquences que l’on ne maîtriserait pas, faute d’avoir pris la peine de les évaluer. Pour ces trois raisons, bien que je sois favorable à la révision de la notion de fidélité dans le code civil, je serai défavorable, comme mon corapporteur, à ces amendements.”
“Sur le fond, en tant que féministe, je trouve problématique d’inférer de l’abolition du devoir conjugal, qui met fin à l’obligation de relations sexuelles, qu’il faille automatiquement faire sauter le verrou de la fidélité. Ce n’est pas l’objectif que nous cherchons à atteindre quand, en tant que féministes, nous disons vouloir changer la notion de fidélité. Il me semble que ce serait brouiller le message politique que de supprimer cette notion dans un texte destiné à mettre fin au devoir conjugal, surtout si l’on n’a pas pris le temps d’engager un vrai débat de fond pour repenser le mariage dans sa globalité afin d’en moderniser la conception, et de réfléchir à ce par quoi on pourrait remplacer la notion de fidélité.”
“Chers collègues, je vais vous faire une confidence : c’est une question qui nous a beaucoup préoccupés avec mon corapporteur et sur laquelle nous ne sommes pas d’accord. Je pense que la notion de fidélité doit être repensée et éventuellement remplacée par celle, plus moderne, de loyauté. Pourtant, je suis défavorable à vos amendements, pour trois raisons. D’abord, on l’a dit, nous cherchons l’efficacité parlementaire. Nous voulons que cette loi passe et qu’on abolisse la notion de devoir conjugal ; nous cherchons donc une formule qui a des chances d’être acceptée au Sénat. Certes, je vous l’accorde, ce n’est pas un argument de fond.”
“C’est la clé pour qu’il n’y ait plus d’hommes qui pensent que le mariage est un permis de violer. Pour qu’il n’y ait plus de femmes qui n’osent pas aller porter plainte car l’agresseur est leur mari et qu’elles craignent de ne pas être légitimes. Pour qu’on arrête de se forcer dans les relations sexuelles. Plus de « il faut » : il faut parce que si je dis non sa réaction sera catastrophique, il faut parce qu’il sera violent, il faut parce que les enfants, il faut parce que l’argent, il faut parce que les papiers, il faut parce que l’alcool, l’intimidation, la pression... Plus de « il faut » ! Le seul devoir que doit exiger le couple, et encore plus le mariage, c’est le devoir de respecter l’autre, le devoir d’interroger l’envie, le devoir d’entendre le refus, le devoir d’écouter le silence, de communiquer, le devoir de prendre soin.”
“Cela nous rappelle aussi la nécessité de faire respecter la loi de 2001, pour que chaque élève dans ce pays ait enfin les séances d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle prévues par la loi.”
“Nous disons ici que le mariage ne peut être une bulle où le consentement aux relations sexuelles serait acquis, définitif, à vie. Il nous faut saluer le travail des associations qui, comme toujours, sont en avance sur l’histoire et sur le monde politique. Je pense en particulier au Collectif féministe contre le viol et à la Fédération nationale Solidarité Femmes. Aux aînées qui ont ouvert la voie, je veux dire merci. Aujourd’hui, le Parlement vous suit enfin pour affirmer que la communauté de vie du mariage ne peut être le lieu d’obligations sexuelles entre les époux. Et à tous ici, je veux le dire solennellement, notre travail n’est pas terminé. Au-delà du droit, c’est dans la société tout entière que le devoir conjugal doit être aboli : 57 % des femmes déclarent avoir eu des rapports sexuels sans en avoir envie et 24 % contre leur gré.”
“La Cour européenne des droits de l’homme nous l’a rappelé dans un arrêt de janvier 2025 : en reconnaissant le devoir conjugal, la France a failli – encore une fois – à son obligation de protéger nos concitoyennes contre les violences sexuelles. Nous devons changer la loi pour que plus jamais cette notion ne puisse exister, ni dans le droit, ni dans les mentalités. Après la modification du code pénal que nous avons défendue avec ma collègue Véronique Riotton pour y introduire la notion de non-consentement, il est temps de mettre en cohérence notre code civil. Nous rappelons donc dans le code civil que dans le mariage, comme dans n’importe quelle relation sexuelle, on peut dire oui, on peut dire non, on peut changer d’avis, on peut ne pas avoir envie.”
“C’est tout simplement la légalisation de la soumission de la femme, et en l’occurrence, la soumission de l’épouse aux désirs sexuels du mari. C’est également la négation du consentement de la femme puisqu’on ne consent pas à un devoir, on l’exécute, quelle que soit sa répugnance à le faire. Le devoir conjugal, c’est enfin la conception du mariage comme une servitude sexuelle. Un mariage qui donnerait accès au corps de l’autre de façon irrévocable et illimitée. Mes chers collègues, en laissant subsister dans notre ordre juridique un tel devoir, nous avons collectivement cautionné un système de domination, un système de prédation, du mari envers son épouse.”
“Dans cet hémicycle, une personne sur deux s’est déjà forcée à avoir des relations sexuelles sans en avoir envie. Ce sont les résidus bien incrustés dans notre société de l’archaïque notion de devoir conjugal. C’est le résultat de l’histoire ; l’histoire du mariage, une histoire culturelle, religieuse, juridique et surtout une histoire de domination des hommes sur les femmes dans notre pays. Ce sont les femmes qui ont dû subir les conséquences de cette norme que nous appelons « devoir conjugal ». Le devoir conjugal, c’est une interprétation violente d’une communauté de vie dans le mariage qui serait automatiquement une communauté de lit. C’est cette croyance que l’on devrait à l’autre des relations sexuelles, ou qu’on serait en droit d’en exiger, dans le cadre du mariage en particulier et du couple en général.”
“Ensuite, nous souhaitons interdire la vente et la distribution de bouteilles en plastique de petit format pendant toute la durée des Jeux. Je le répète : apprenons de 2024 et faisons bien mieux en 2030. (M. Jean-Claude Raux applaudit.)”
“Il s’agit d’apprendre de l’expérience des Jeux de Paris 2024 et de faire mieux en 2030 concernant la pollution plastique. En 2024, des bouteilles en plastique avaient été distribuées gratuitement aux athlètes, alors que la loi antigaspillage (Agec) l’interdit strictement. En 2030, nous devons tout faire pour inscrire les Jeux dans une trajectoire zéro déchet et zéro plastique à usage unique. C’est l’objectif de cet amendement, qui propose d’abord la publication d’un plan d’action spécifique, en lien avec les communes concernées, pour réaliser cette ambition – sur le modèle de la charte Montagne zéro déchet sauvage en 2030, soutenue notamment par l’association nationale des maires des stations de montagnes.”
“Ils et elles ont échappé à la loi au prix de leur silence, de leur souffrance, parfois de leur vie. J’aimerais, chers collègues, que nous ayons une pensée pour les personnes qui, face à une législation qui leur rappelait chaque jour que leur existence était illégale et réprouvée par l’État, n’ont trouvé d’autre issue que de s’ôter la vie. Nous ne saurons jamais qui elles étaient ; la moindre des choses est que nous leur rendions hommage dans cet hémicycle. C’est le sens de cet amendement. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et GDR.)”
“C’est le sens de cet amendement puisque, à défaut de réparation, nous vous proposons de reconnaître les souffrances des personnes poursuivies, mais aussi de celles qui, pour échapper aux foudres de la loi, ont été contraintes de vivre dans la peur et dans le silence. Nous avons ici l’occasion de reconnaître leurs souffrances, et je crois que nous le leur devons. Ce n’est pas uniquement la condamnation qui crée la discrimination, mais aussi les poursuites ; ce n’est pas uniquement l’application de la loi, mais le fait même que celle-ci existe. Car cette législation a fait souffrir bien au-delà des personnes condamnées ou poursuivies : on sait que toute une génération de personnes homosexuelles a dû raser les murs, se taire et vivre des amours secrètes, interdites et stigmatisées.”
“Au préalable, je remercie le rapporteur Saulignac et tous les collègues qui se sont impliqués sur ce texte. Et j’ai une pensée pour Michel Chomarat, militant lyonnais, historique et infatigable, de cette lutte (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP, SOC et GDR) , qui lui-même a été condamné en 1978 pour outrage public à la pudeur. Grâce à cette loi, les personnes condamnées pour homosexualité auront droit à une reconnaissance et à une réparation, mais qu’en est-il de toutes celles qui ont subi la discrimination sans condamnation ? N’ont-elles pas droit elles aussi à une réparation ou, au moins, à une reconnaissance ?”
“Et la revalorisation des allocations familiales ?”
“Il faut dire que vous, vous les réalisez tellement bien !”
“Vous avez bien du mal à les calmer, monsieur le président !”
“Cet amendement de ma collègue Julie Laernoes vise à inclure les PFAS dans les substances assujetties à la TGAP-air, taxe qui applique le principe du pollueur-payeur aux émissions industrielles. Aujourd’hui encore, malgré leur persistance extrême, leur diffusion massive et leur impact sanitaire avéré, les PFAS ne figurent toujours pas dans la liste des substances taxées. C’est une incohérence, alors même que le gouvernement a présenté en 2024 un plan d’action interministériel visant à réduire ces émissions. C’est d’autant plus incohérent que nous avons adopté définitivement, en février 2025, notre proposition de loi interdisant les PFAS. Face à cette inertie réglementaire, il est indispensable de mobiliser les outils fiscaux : c’est le sens de notre proposition. (Mme Dominique Voynet applaudit.)”
“Confirmerez-vous les 200 millions d’euros supplémentaires ?”
“(Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et GDR et sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et SOC.) Devant cette urgence, un consensus s’est dégagé au sein de cette assemblée : sur tous les bancs, les députés de droite comme de gauche ont voté pour de nouveaux crédits nécessaires à l’ouverture de places supplémentaires. Ainsi, lors de l’examen du budget pour 2026 en commission, nous avons augmenté de 200 millions d’euros les crédits alloués au parc d’hébergement d’urgence. Madame la ministre, vous engagez-vous à maintenir ces financements dans la copie finale du budget ? (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et GDR et sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et SOC.)”
“Ça ne marche pas, parce que les associations qui mettent à l’abri les personnes à la rue ont besoin de moyens et de prévisibilité. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et GDR et sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Ça ne marche pas, parce que les chiffres du sans-abrisme des enfants explosent. Vous nous parlez de lignes budgétaires ; les associations nous parlent de lignes de vie. Vous pouvez décider d’un virage, un vrai. Affirmer qu’on ne veut plus d’enfants à la rue et qu’on arrête de bricoler. Il est évident que la solution se trouve du côté de l’accès au logement social et de la régularisation, mais face à l’urgence extrême, il faut augmenter nos capacités d’hébergement d’urgence !”
“(Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS et GDR.) Ce qui est vrai, c’est que les besoins explosent, que les parents s’entassent dans des chambres d’hôtel, que des familles dorment dans leur voiture, que des profs occupent des écoles, que les associations, en fonction de la vulnérabilité des personnes, doivent opérer un tri. Chaque année, c’est le même sketch : à l’Assemblée comme au Sénat, on vote des moyens supplémentaires, ensuite supprimés par 49.3 jusqu’au moment où, la rue faisant ses premiers morts, votre humanité vous revient, ou que vous avez peut-être honte de votre inaction. Alors là, vous y allez à grand renfort de coups de communication, annonçant des rallonges budgétaires éphémères. Ça ne marche pas, madame la ministre !”
“Madame la ministre des comptes publics, il y a une réalité que personne ne peut contester : en France, en 2025, au moins 3 000 enfants dorment dehors. À la veille de la Journée internationale des droits de l’enfant, j’ai honte – honte parce que ce n’est pas la faute à pas de chance, honte parce que vous décidez, année après année, que cette question n’est pas prioritaire. Chaque soir, des milliers d’enfants se retrouvent sans place où les mettre à l’abri. Vous nous expliquerez que le nombre de places d’hébergement d’urgence n’a jamais été aussi élevé : c’est vrai. Ce qui est vrai aussi, c’est qu’en 2024, trente et un gamins sont morts de la rue.”
“Faites semblant d’être surpris de la question !”