Karen Erodi
LFI-NFP · France
“Collègues, ce texte crée des obligations nouvelles sans 1 euro pour les financer. Quand la France dépense 186 euros par habitant pour la prévention, l’Allemagne y consacre 457. Quant aux territoires d’outre-mer, les seules mentions sont des coordinations juridiques pour Wallis-et-Futuna.”
“Quatrièmement, et c’est le plus grave : l’article 2 quater demeure, alors qu’il prévoit d’évaluer les économies générées par la prévention et par la baisse des indemnités journalières et même « la hausse du produit intérieur brut imputable à l’amélioration de la productivité ». Nous avions demandé sa suppression. Rejeté.”
“Nous arrivons au terme du parcours de ce texte, un texte que nous avons travaillé, amendé, combattu parfois, un texte qui demeure très en dessous de l’enjeu : 140 000 morts par an, 1,2 million d’hospitalisations, plus d’un décès sur cinq dans ce pays, deuxième cause de mortalité chez les femmes et les hommes, tandis que l’AVC est la premi…”
“D’autre part, la CMP a maintenu l’inscription dans la loi d’une stratégie nationale pluriannuelle visant à réduire les inégalités sociales et territoriales. Ces avancées sauveront des vies, mais soyons clairs : elles ne sont pas les nôtres, car les nôtres, vous les avez rejetées une à une. Premièrement, vous refusez de nommer les causes.”
“Vous ne cherchez jamais à comprendre les causes. (M. Antoine Léaument applaudit.) Pourtant, les chiffres sont implacables : la mortalité cardiovasculaire est multipliée par trois chez les femmes ouvrières. Le cœur des Français et des Françaises est définitivement une question de classe sociale.”
“Pourtant, l’Organisation mondiale de la santé et l’Organisation internationale du travail l’ont chiffré : en 2016, 745 000 personnes sont mortes d’un AVC ou d’une maladie cardiaque pour avoir travaillé au moins cinquante-cinq heures par semaine. Pas moins de 31 % des salariés français sont en burn-out, soit un sur trois.”
The complete record
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“À des exonérations fiscales limitées et inéquitables, nous préférons des aides financières directes, accessibles à toutes les familles, propriétaires comme locataires, telles que la revalorisation des montants de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) et de l’allocation journalière de présence parentale (AJPP). Enfin, ce texte ne lutte pas contre les causes de la multiplication des maladies et des cancers infantiles : il ne fait pas mention des mesures de prévention, comme pourrait l’être l’interdiction pure et simple de certains pesticides. Oui, ce texte va dans le bon sens. Toutefois, il manque d’ambition pour accompagner pleinement les parents dans leur transition professionnelle, leur situation financière et leurs démarches administratives. Nous resterons attentifs à la tournure que prendront nos débats.”
“Je pense notamment à la non-discrimination à l’embauche, une disposition que nous reprendrons dans nos amendements. Nous défendrons également un amendement d’appel, tendant à créer un véritable statut pour les parents : celui-ci permettrait de déclencher automatiquement le recours aux allocations sociales et les dérogations au droit du travail. Non seulement il leur apporterait une sécurité financière, mais il simplifierait aussi leurs démarches administratives. Par ailleurs, nous nous félicitons de la suppression, en commission, de l’exonération de la taxe foncière. Cette mesure, généreuse sur le papier, ne concernait pas les familles locataires – pourtant les plus précaires.”
“Faute de moyens, ceux-ci sont parfois confrontés à des choix cruciaux : arrêter de travailler pour accompagner leur enfant ou continuer de travailler pour payer les factures ? Comment ceux qui sont les piliers de leur enfant malade ou handicapé ne peuvent-ils pas s’effondrer face à une telle charge mentale ? Même si la loi visant à renforcer la protection des familles d’enfants atteints d’une maladie ou d’un handicap ou victimes d’un accident d’une particulière gravité interdit – en théorie – le licenciement des parents, nous aimerions savoir où sont passés les droits inscrits dans la proposition de loi déposée par le groupe LIOT en février 2023, qui visait à optimiser la protection et l’accompagnement des parents d’enfants atteints d’une maladie grave.”
“Faut-il attendre qu’elles s’effondrent pour agir ? En guise d’invitation à aller plus loin, nous demandons qu’un rapport soit remis au Parlement, qui explorerait la piste d’un remboursement intégral de l’ensemble des frais indirects liés à une maladie grave ou à un handicap lourd. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Par ailleurs, nous souhaitons voir augmenter la durée du congé accordé aux parents après l’annonce de la maladie ou du handicap, afin de leur permettre de réorganiser le foyer. En commission, nous avons suggéré que le congé dure un mois, mais un compromis a été trouvé au terme de nos discussions pour qu’il soit de quinze jours ouvrés. Ce texte est un premier pas ; il manque cependant d’ambition car il ne pose pas les bases d’un véritable droit à l’accompagnement professionnel des parents.”
“L’angoisse est omniprésente, la fatigue morale et physique s’installe, le risque d’isolement social est élevé, la peur de perdre son enfant insoutenable. À ces pressions psychologiques s’ajoutent des pressions financières. Disons-le, être parent d’un enfant gravement malade coûte cher, très cher ! Chaque mois, les factures s’accumulent, qu’il s’agisse des frais de déplacement – les centres de soins se trouvent parfois à des centaines de kilomètres du domicile –, des dépenses médicales non remboursées, des frais de garde – pour les autres enfants, quand un des parents est mobilisé à l’hôpital –, du suivi psychologique – parfois nécessaire dans ces moments difficiles à surmonter. De nombreuses familles s’endettent ou renoncent, contraintes et forcées, à certaines dépenses, au détriment du bien-être familial.”
“Je tiens à remercier M. le rapporteur Vincent Thiébaut pour cette proposition de loi transpartisane. Elle apporte un début de réponse pour aider les parents d’un enfant atteint d’une maladie grave ou porteur d’un handicap lourd. Ce texte reconnaît enfin ce que vivent les familles, leur mal-être social, psychologique et matériel. Cependant, pouvons-nous nous arrêter là et nous en satisfaire ? Non, évidemment. Nous avons le devoir d’aller plus loin, car les familles ne bénéficient pas d’un soutien suffisant de la part de l’État et de la sécurité sociale pour accompagner leurs enfants dans cette terrible épreuve de la vie. Lorsqu’un enfant est touché par la maladie ou le handicap, ce sont les fondations de la famille qui vacillent, toute l’organisation est à repenser.”
“Décrétez un moratoire et le tribunal jugera. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Pourtant, à la fin de la semaine dernière, la rapporteure publique du tribunal administratif de Toulouse a demandé l’annulation des autorisations environnementales et l’arrêt du chantier de l’A69. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) C’est une claque magistrale pour votre gouvernement qui sacrifie le vivant sur l’autel du béton. Le tribunal administratif rendra sa décision dans quinze jours. Monsieur le premier ministre, il est temps de rendre des comptes et d’abandonner purement et simplement ce projet écocidaire et antisocial. (Mêmes mouvements.) Combien faudra-t-il de rapports, de condamnations, de mobilisations et de blessés pour que vous arrêtiez cette course folle à la destruction contre l’intérêt général ? (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – M. Stéphane Hablot applaudit aussi.)”
“…votre gouvernement s’obstine à soutenir ce projet. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“…tout cela pour seulement sept minutes de temps de trajet gagné et un prix de péage exorbitant, estimé à 20 euros l’aller-retour Toulouse Castres. Pour la population, c’est non. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Malgré les auditions de la commission d’enquête parlementaire, les alertes de 2 000 scientifiques sur les conséquences de ce projet, une enquête publique montrant que les habitants y sont à 90 % défavorables, et les conflits d’intérêts de certains de vos collègues, ici présents,…”
“Des arbres centenaires ont été abattus, des sols ont été artificialisés, favorisant les inondations, des terres agricoles ont été sacrifiées au profit d’intérêts privés, et quasiment 500 millions d’euros d’argent public ont été gaspillés,…”
“Résultat, en rupture avec toute tradition républicaine, vous obstruez notre niche parlementaire, nous empêchant d’examiner notre moratoire sur les projets autoroutiers. (Exclamations continues sur les bancs des groupes RN, DR, Dem et UDR.) Ce moratoire vous aurait pourtant permis de sortir la tête haute de votre embourbement dans le projet de l’A69, véritable symbole des écocides à ciel ouvert.”
“Une fois de plus, la Macronie piétine le débat démocratique dans cette assemblée. En déposant près de 1 000 amendements, vous obstruez l’examen de notre texte visant à abroger la réforme des retraites adoptée par 49.3, à laquelle 90 % des travailleurs se sont opposés. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Il n’y a pas d’extrême gauche ! Arrêtez de raconter n’importe quoi !”