Émeline K/Bidi
GDR · France
“Cette loi n’en reste pas moins une énième loi sécuritaire, un gloubi-boulga de normes et de mesures qui ne prennent en compte ni les questions de prévention ni les questions de moyens, comme si tous les problèmes de notre société, les anciens comme les nouveaux, pouvaient se régler par un empilement de mesures sans jamais tenir compte des…”
“Vous choisissez également de pénaliser toujours plus de comportements, y compris l’inhalation de protoxyde d’azote, et d’aggraver les peines, en dépit des alertes constantes des professionnels de santé. Le texte étend en outre les pouvoirs de contrôle dans l’espace public.”
“Destiné avant tout à constituer une opération de communication et dépourvu de moyens supplémentaires, ce texte empile des mesures sans fil conducteur, des free parties au protoxyde d’azote, en passant par les rodéos urbains, l’extension et l’augmentation des amendes forfaitaires délictuelles ou encore la surveillance algorithmique.”
“Ce texte ne suit aucune logique et ne réglera rien. Vous pensez qu’avec une justice expéditive et un recours accru aux amendes forfaitaires délictuelles, nous irons encore plus vite.”
“Nous sommes appelés à nous prononcer sur le projet de loi Ripost : tout est dans le titre ! À la lecture de ce texte, je dois bien avouer que nous avons eu la désagréable impression que vous aviez passé plus de temps à trouver un titre qui claque que des mesures permettant de répondre efficacement aux maux de notre société.”
“Sans surprise, la CMP a entériné le durcissement du texte, par une convergence – toujours la même – entre l’extrême droite et la majorité, qui s’enferre dans une surenchère répressive et un tournant sécuritaire au détriment de nos libertés et de nos droits fondamentaux.”
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“Nous ne sommes pas des enfants ignorants ! Nous avons de nos territoires une connaissance certaine, et nous avons pour eux des propositions concrètes, que les différents gouvernements Macron ont successivement balayées d’un revers de main. Serez-vous l’un de ceux-là ? Changerez-vous de méthode et de politique ? Romprez-vous avec la ligne du président de la République ? Aurez-vous le courage de dénoncer ses propos méprisants lorsqu’il s’adresse aux ultramarins, comme il l’a fait dernièrement à Mayotte ? Monsieur le premier ministre, je n’ai qu’une question : qu’est-ce que c’est, pour vous, la France d’outre-mer ? (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et EcoS, ainsi que sur quelques bancs des groupes SOC et LIOT.)”
“Je vous vois relever la tête, monsieur le premier ministre : peut-être mes propos vous choquent-ils ? Je l’espère ; tant mieux ! Si vous êtes au moins aussi choqué par les conditions de vie de mes concitoyens d’outre-mer que par mes propos, alors peut-être changerez-vous de politique. J’emploie des morts forts car je souhaite que les choses changent ! En outre-mer, les besoins sont immenses et la crise est partout. Ce sont des crises aux origines et aux conséquences diverses, en fonction des territoires, qui nécessitent des mesures fortes ; des crises qui, pour être résolues, exigent, au plus haut sommet de l’État, considération, respect, dialogue et écoute. Stop au parisianisme hors-sol qui sévit dans nos territoires ! Stop au commerce exclusif avec l’Hexagone, qui nuit à notre développement économique.”
“Avant le passage de la tempête, 77 % de la population vivait sous le seuil de pauvreté, 37 % des Mahorais étaient au chômage, 30 % d’entre eux n’étaient pas raccordés à l’eau, et un quart des logements étaient en tôle. Qu’en est-il aujourd’hui ? L’horreur a laissé place à la colère pour les uns, tandis que, pour d’autres, la honte semble s’être rapidement muée en opportunisme. Mayotte, c’est ce département français où l’on ne compte pas les morts, mais où le préfet a limité la vente de tôle aux particuliers munis de pièces d’identité. Si l’immigration est assurément un fléau à Mayotte, le manque d’investissements de l’État en est un autre. Qu’est-ce que la France d’outre-mer ? Des sous-territoires de la République ? Des îlots de pauvreté maintenus sous giron français pour des raisons économiques ?”
“En Guyane, 52 % des jeunes ont des difficultés de lecture ; il manque des routes, il n’y a toujours pas de centre hospitalier universitaire (CHU) et l’espérance de vie est moindre qu’en Hexagone, alors que la réforme des retraites s’applique de façon indifférenciée. En Nouvelle-Calédonie, l’économie a été détruite, à la suite de la décision inconsciente prise par un homme de faire passer la loi sur le dégel du corps électoral. Il faut désormais tout reconstruire et reprendre sans attendre les discussions sur l’avenir institutionnel de l’archipel. Quant à Mayotte, elle a été meurtrie et endeuillée par le cyclone Chido, qui a révélé au monde entier l’ampleur du sous-développement de ce département français.”
“– doivent être réservées à ces territoires si différents et néanmoins unis, unis par la pauvreté, le sous-développement et la cherté de la vie ? Ce sont autant de problèmes que l’éloignement du territoire hexagonal ne peut suffire à expliquer. Si la France est la septième puissance mondiale et le pays des droits de l’homme, alors qu’est-ce que la France d’outre-mer ? À La Réunion, 36 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, mais les loyers y sont parmi les plus chers de France ; 50 000 personnes y sont dans l’attente d’un logement social et 19 % de la population est au chômage. En Martinique, les prix de l’alimentation sont 38 % plus élevés qu’en Hexagone : la vie chère, c’est ce problème qui touche l’ensemble des outre-mer et qui condamne des milliers de gens à la pauvreté.”
“C’est en ma qualité de coprésidente du groupe de la Gauche démocrate et républicaine que je m’exprime devant vous. Vous connaissez la particularité de notre groupe, composé pour moitié d’ultramarins, et c’est justement sur l’outre-mer que je concentrerai mon propos. Vous avez indiqué tout à l’heure vouloir faire de l’outre-mer une des principales préoccupations de la nation. Je souhaite donc partager avec vous une interrogation qui tiraille les 2,6 millions d’habitants de ces territoires et, je l’espère, au vu des images qui nous sont parvenues de Mayotte, quelques-uns de nos concitoyens de l’Hexagone : qu’est-ce que la France d’outre-mer ? C’est la France des océans, celle sur laquelle le soleil ne se couche jamais, celle de ce que l’on appelait autrefois les « colonies ». Quelle place et quelles politiques – au pluriel !”
“À La Réunion, les données sont quasiment inexistantes, très peu d’agriculteurs utilisant des drones, car cette pratique suppose les moyens de s’équiper et la maîtrise d’outils de modélisation ; elle ne profite donc qu’aux exploitations importantes, aux grands groupes, qui justement peinent à trouver de la main-d’œuvre – peut-être est-ce pour cela qu’ils vous demandent une telle loi ? À votre projet de remplacer les ouvriers agricoles par des drones, nous préférons l’humain dans toutes ses spécificités, ses composantes ! Collectons et étudions les données, nous verrons ensuite s’il convient de poursuivre cette expérimentation. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR, ainsi que sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)”
“J’avoue n’avoir pas été convaincue par vos arguments concernant l’outre-mer. Mon grand-père, agriculteur, a succombé à la maladie de Parkinson après avoir manipulé – au sens strict, c’est-à-dire à la main, comme on le faisait à l’époque – divers produits. Si un dispositif miraculeux permettait de protéger ceux qui exercent ce métier, je voterais pour la proposition de loi ! Je le ferais également si nous nous limitions au raisonnement simpliste en vertu duquel les terres escarpées seraient plus facilement accessibles par drone, mais le modèle que vous proposez n’est pas adapté aux territoires ultramarins. Nous manquons d’études d’impact concernant la biodiversité, la topographie, la taille de nos parcelles, souvent toutes petites et jouxtant des habitations ou des zones naturelles protégées – remparts, lagons, rivières.”
“Le groupe GDR votera ce texte parce qu’il y a urgence, mais je crains que cette nouvelle rédaction n’ouvre la voie à de nouveaux recours devant le Conseil constitutionnel : nous y serons attentifs. Un dernier regret : que le gouvernement précédent ne se soit pas saisi de ce problème, malgré le délai d’un an que les sages lui avaient accordé pour y remédier. Vous nous direz sans doute que c’est la faute de la dissolution : celle-là non plus, nous ne l’avions pas décidée ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – M. Emmanuel Duplessy applaudit également.)”
“Dans l’ensemble, ce texte constitue donc une réponse pertinente et équilibrée à la censure prononcée par le Conseil constitutionnel, car il est à la fois nécessaire et urgent de rétablir ce mécanisme. Toutefois, j’ai été alertée par mes collègues du groupe La France insoumise sur une subtilité ajoutée dans le texte qui introduit les notions de manœuvre et de négligence de la part de la partie qui soulèverait les nullités. Certes, ces notions existaient déjà en matière criminelle mais dans une rédaction différente, c’est pourquoi des soucis d’interprétation pourraient se poser à l’avenir. Selon un principe constitutionnel, la loi pénale doit être claire – en l’occurrence, elle ne l’est manifestement pas.”
“Il fallait donc rétablir un équilibre entre la protection des droits de la défense et la réintroduction d’un mécanisme efficace de purge des nullités. Cet équilibre nous semble avoir été trouvé avec le texte que nous examinons et qui a déjà été adopté au Sénat. Il intègre l’exception posée par la décision du Conseil constitutionnel, qui permet qu’une nullité puisse toujours être soulevée si la partie concernée n’a pas pu en prendre connaissance avant la clôture de l’instruction. Dans un souci de cohérence et au-delà de ce que la décision du Conseil constitutionnel impose – puisqu’elle ne concerne que les matières délictuelles –, la proposition de loi harmonise et simplifie le dispositif, en étendant son application aux matières contraventionnelle et criminelle.”
“Il n’existe désormais plus de purge des nullités devant ces juridictions, alors que ce mécanisme constitue un dispositif essentiel : il sécurise les procédures en cours et limite les abus dilatoires, afin d’éviter une remise en cause tardive de la procédure, alors même que les parties disposent du droit de saisir la chambre de l’instruction tout au long de la procédure et que cette chambre peut également relever d’office tout moyen de nullité à l’occasion de l’examen de la régularité de la procédure. Conformément à ce principe, aucune nullité relative aux actes de procédure accomplis durant l’information judiciaire ne peut être soulevée à l’audience, dès lors que le tribunal a été saisi à l’issue de cette même information judiciaire.”
“Les sages l’ont censuré devant le tribunal correctionnel, dans la mesure où aucune exception à ce mécanisme n’existait dans le cas où le prévenu n’aurait pu avoir connaissance de l’irrégularité éventuelle d’un acte ou d’un élément de la procédure que postérieurement à la clôture de l’instruction. Toutefois, afin de prévenir des conséquences manifestement excessives, les sages ont également décidé de reporter au 1 er octobre 2024 l’abrogation de cette disposition. Il ne vous aura pas échappé que cette date est largement dépassée : il y a donc urgence à légiférer. En effet, depuis le 1 er octobre, un risque pèse sur les procédures pénales examinées devant le tribunal correctionnel ayant fait l’objet d’une instruction préparatoire.”
“Considérées par quelques-uns comme d’insupportables manœuvres employées par les avocats pour empêcher que justice soit rendue, les nullités de procédure sont en réalité la juste sanction du non-respect de la procédure pénale et des droits de la défense. Elles sont la garantie du respect des principes à valeur constitutionnelle sur lesquels reposent notre système judiciaire et notre société démocratique. C’est au regard de ces droits fondamentaux que le mécanisme de purge des nullités qui existait jusqu’alors a été invalidé par une décision du Conseil constitutionnel du 28 septembre 2023.”
“…notamment concernant les mécanismes régulateurs : où ira l’argent, dans la poche des distributeurs ou dans celle des consommateurs ? Je suis particulièrement inquiète et je me permets de vous mettre en garde : les Réunionnais ne sont ni dociles ni résignés. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et SOC.)”
“Vous n’avez pas répondu à toutes les questions,…”
“Le gouvernement a-t-il prévu des mécanismes afin qu’elle ne se perde pas dans les poches des distributeurs ? Enfin, concernant l’augmentation de la taxe de solidarité sur les billets d’avion, dont les outre-mer ont pu être exonérés grâce à un amendement salvateur adopté à l’Assemblée, confirmez-vous qu’elle ne s’appliquera pas aux vols à destination et en provenance des outre-mer ? Nous n’attendons pas de cadeaux au pied du sapin, mais des réponses claires à ces questions simples. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR. – M. Gérard Leseul applaudit aussi.)”
“Monsieur le ministre des outre-mer, alors que les fêtes de fin d’année approchent, les familles ultramarines se trouvent étranglées par le coût de la vie, douze mois par an. Chez moi, à La Réunion, le coût des produits alimentaires est 37 % plus élevé que dans l’Hexagone et le taux de chômage – qui s’élève à 18 % – deux fois plus important. C’est la double peine : voilà ce que signifie la vie chère que doivent affronter les Réunionnais. Depuis quelques semaines, notre quotidien est devenu votre actualité. La lutte entamée par les Martiniquais vous a forcé à agir et à consentir quelques annonces, à défaut de grande révolution. Vous vouliez vous contenter d’un comité interministériel mais, sous la pression des manifestations, vous avez finalement annoncé une exonération de la TVA sur les produits de première nécessité.”
“J’espère enfin que celui-ci ne sera pas qu’expérimental car, comme le soulignait Béatrice Bellay, ce n’est pas depuis trois ans, ni à titre temporaire, que nous subissons la vie chère, mais depuis très longtemps et, je le crains, pour longtemps encore. La Réunion est sur ce point exemplaire : la région a déjà supprimé l’octroi de mer sur les produits de première nécessité ; il ne reste plus à l’État qu’à tenir ses promesses en supprimant également la TVA. Ce serait un premier pas ! (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR. – Mmes Béatrice Bellay et Dieynaba Diop applaudissent également.)”
“Puisque vous évoquez votre amendement maintenant, monsieur le ministre, épuisons le sujet pour gagner du temps tout à l’heure. Monsieur le rapporteur général, si les outre-mer bénéficient de taux de TVA moins élevés, les prix, en revanche, explosent pour atteindre des niveaux sans commune mesure avec ceux de l’Hexagone. Ces taux plus bas ne suffisent pas à compenser la vie chère outre-mer. Par ailleurs, monsieur le ministre, je suis surprise de voir que l’exposé sommaire de votre amendement évoque le dispositif expérimental en Guadeloupe et en Martinique, mais non à La Réunion, alors que celle-ci est mentionnée dans le texte de l’amendement. J’espère que ce n’est qu’une erreur ou une maladresse du Gouvernement et que La Réunion sera bien concernée par le dispositif.”
“On a entendu l’effort que vous préconisez en Martinique et nous aurons l’occasion de débattre tout à l’heure de ce que propose le Gouvernement ; mais n’oublions pas les autres départements d’outre-mer. Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de manifestation ou de violence dans ces territoires que la pauvreté n’y sévit pas. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR ainsi que sur quelques bancs des groupes LFI-NUPES, SOC et EcoS.)”
“Il est un peu mieux-disant que ceux que nous avons votés tout à l’heure, qui ne concernaient que les produits du BQP. Pour tenir compte de la cherté de la vie outre-mer, il s’agit d’appliquer un taux de TVA à 0 % pour des produits comme l’eau, les boissons autres que les boissons alcooliques, l’alimentation, des produits d’hygiène, des produits d’entretien domestique ou des fournitures scolaires. On a tendance à rendre l’octroi de mer responsable de la vie chère, mais à La Réunion, l’ensemble des produits du BQP en sont déjà exonérés ; ils restent pourtant de 50 % à 200 % plus chers que dans l’Hexagone – les produits laitiers sont quasiment hors de portée pour les ménages les plus modestes. Le coût de la vie ne cesse d’augmenter.”
“Des dispositifs de réduction de TVA existent en outre-mer pour inciter à la construction. En l’occurrence, l’amendement vise à soutenir le logement intermédiaire. On parle beaucoup du manque de logements sociaux, mais c’est toute la chaîne du logement qui connaît des difficultés, notamment à La Réunion, où les manques sont criants : 50 000 personnes sont en attente d’un logement social. Cela se sait moins, mais il y a aussi des cadres, des personnes qui touchent le Smic, qui ne parviennent plus à se loger.”
“Sur la forme comme sur le fond, vous l’aurez compris, le groupe GDR s’inscrit en opposition à votre gouvernement et à la politique que vous entendez mener. Bien que cette motion de censure ait peu de chance d’aboutir – du moins cette fois-ci –, elle aura au moins la vertu de situer exactement la position des groupes de l’Assemblée : dans l’opposition ou l’allégeance au Gouvernement. Il s’agit en somme d’un exercice de clarification politique, bien nécessaire en ces temps troublés. Le groupe GDR, dont les députés représentent, en quelque sorte, la France des quatre coins du monde, n’a pas perdu sa boussole : il votera la motion de censure. (Les députés des groupes GDR, LFI-NFP et EcoS se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)”
“Nous en avons assez des Livres blancs, ou bleus, des Ciom – comités interministériels des outre-mer – décidés pour les ultramarins mais toujours sans eux ni ceux qui sont censés les représenter, sans leurs députés. Ils n’aboutissent jamais à aucune mesure perceptible. Nous voulons un changement de méthode. Nos territoires ne pourront pas supporter les nouvelles réductions budgétaires annoncées, celles qui concernent les exonérations de charges sociales ou le logement et qui frapperont durement les mal-logés, les chômeurs, et nos concitoyens d’outre-mer déjà touchés, vous le savez, par un taux de chômage bien plus élevé qu’en Hexagone et par un taux de pauvreté qui n’honore pas la septième puissance mondiale.”
“Cela concerne par ailleurs l’ensemble des territoires d’outre-mer, notre groupe est particulièrement bien placé pour en parler. Pour toute réponse, vous leur envoyez la CRS 8, comme le précédent gouvernement avait envoyé le GIGN – le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale – en Nouvelle-Calédonie et à Mayotte. Nous vous mettons en garde contre un risque d’embrasement généralisé en outre-mer, tant la situation y est tendue, dans tous les domaines. La démission du directeur du centre pénitentiaire de Majicavo n’en est qu’une preuve supplémentaire. L’outre-mer mérite plus de respect. Il mérite mieux qu’un énième comité interministériel.”
“Il ne s’agit pas pour autant d’un blanc-seing. Considérez cela comme une volonté de privilégier le dialogue – il y sera particulièrement attentif, comme tous les députés du groupe. Le sens du dialogue doit présider à chacun de vos actes dans ce territoire, où le respect de la parole donnée a été si souvent bafoué par l’exécutif. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR. – M. Alain David applaudit également.) La situation en Nouvelle-Calédonie aurait sans doute pu être évitée si le gouvernement qui vous a précédé avait bien voulu entendre nos avertissements. Je me permets d’en formuler de nouveaux à votre attention concernant la situation en Martinique. Depuis plusieurs semaines, les Martiniquaises et les Martiniquais crient leur colère contre la vie chère et leur désespoir.”
“Vos annonces en la matière sont, entre continuité du projet macroniste et gages donnés au Rassemblement national, aux antipodes des principes et des valeurs que défend le groupe GDR. Nous pouvons bien sûr saluer quelques-unes de vos annonces, à la marge, comme l’extension du prêt à taux zéro (PTZ), la taxation des plus hauts revenus – laquelle ne devrait toutefois pas se traduire par une véritable mesure de justice fiscale –, ou la non-convocation du Congrès sur la réforme du corps électoral en Nouvelle-Calédonie votée par l’Assemblée en mai – une annonce de bon sens, eu égard à la situation extrêmement grave que connaît le territoire, qu’attendaient les députés de notre groupe, notamment notre collègue Emmanuel Tjibaou. Il ne vous aura pas échappé que ce dernier n’a pas signé la présente motion de censure.”
“Aux millions de manifestants qui ont rempli les rues partout en France, l’année dernière, pour dire leur rejet de la réforme des retraites, vous confirmez que vous n’y toucherez pas, ou très peu. En matière de logement, les coupes budgétaires intervenues au début de l’année, ainsi que celles que vous avez annoncées, ne permettent pas d’espérer la construction des milliers de logements sociaux nécessaires pour répondre à la demande des familles pauvres, mal logées ou à la rue. Vos priorités se situent manifestement ailleurs : dans le durcissement de la politique pénale, le tout-sécuritaire et la mise en œuvre de la loi immigration que nous avions ardemment combattue.”
“Les Français attendaient le blocage des prix. Ils n’auront rien de tel.”
“Pour les hôpitaux qui manquent de personnel, le système éducatif à bout de souffle, les tribunaux habitués à faire beaucoup avec peu en partant de presque rien, pour les prisons qui débordent, vous promettez la dématérialisation, la mutualisation et la simplification, soit, pour qui sait lire entre les lignes, une réduction des effectifs de la fonction publique. Alors que ces services publics sont déjà si diminués, nous ne pouvons l’accepter. Aux Français qui ne parviennent plus à se nourrir correctement, à se loger décemment, à vivre de leur travail, vous promettez la poursuite de la réforme de France Travail, ainsi qu’une revalorisation du Smic qui aurait eu lieu de toute façon au mois de janvier. Aucune mesure concrète et immédiate n’a été annoncée pour augmenter les salaires et le pouvoir d’achat.”
“Les maires de France vous l’ont dit aujourd’hui même : ils rejettent en bloc les mesures d’économie qui leur sont demandées – un effort de 5 milliards d’euros qui vient s’ajouter à la baisse des recettes des collectivités locales. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR. – M. Jean-Claude Raux applaudit également.) S’attaquer à ces dernières, c’est mener une attaque de plus contre des services publics asphyxiés, auxquels vous demandez d’ailleurs un « effort de productivité » – nous avons bien écouté votre déclaration de politique générale, comme vous le constatez.”
“…qui avait été désignée par le NFP, le Président de la République a choisi de placer votre gouvernement sous le sceau de l’illégitimité politique et du déni de démocratie. En acceptant sa proposition, vous avez marqué votre parti du sceau de la trahison, la trahison de vos électeurs qui, en votant pour des députés de la Droite républicaine, pensaient choisir l’opposition à Macron ou le barrage à l’extrême droite. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Au lieu de cela, lors de votre déclaration de politique générale, vous avez promis la continuité – l’austérité en plus et la dépendance au RN en prime. Aux collectivités locales exsangues, vous répondez « contrat de respectabilité ».”
“Votre gouvernement n’est pas la solution à cette crise, monsieur le Premier ministre. Comment pourrait-il l’être, alors que vous n’avez été nommé que pour poursuivre le projet d’un président désavoué et affaibli ? La composition du Gouvernement est en totale contradiction avec le résultat des élections législatives du mois de juillet. Les électeurs ont placé le Nouveau Front populaire en tête, pour ce qu’il représente de rupture avec la politique d’Emmanuel Macron, et d’espoir d’une amélioration des conditions de vie des Français. Le parti de la Droite républicaine a, quant à lui, fait le plus mauvais score de ces vingt dernières années, avec seulement 47 députés élus, contre 193 pour le NFP. En choisissant de vous nommer au lieu de nommer Lucie Castets,…”
“Nos regrets et nos désaccords ne se limitent pas, vous l’imaginez bien, à vos prises de position en matière de politique internationale. À peine notre assemblée est-elle à nouveau réunie que nous sommes amenés à nous prononcer sur une motion de censure. J’entends ceux qui disent « encore une », mais celle-ci était inévitable. La multiplication des motions de censure depuis 2022 dit quelque chose de l’ampleur de la crise politique et démocratique que nous traversons. Le principal responsable en est le Président de la République, nous sommes nombreux à en convenir.”
“En ce 8 octobre, permettez-moi pour commencer d’avoir une pensée émue pour toutes les victimes civiles du conflit au Proche-Orient, pour toutes ces femmes, ces hommes et ces enfants qui attendent du pays des droits de l’homme des actes forts en faveur de la paix. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR, LFI-NFP, SOC et EcoS.) Nous regrettons que le Gouvernement n’ait pas affirmé une position claire en faveur de la reconnaissance de l’État de Palestine et de l’arrêt de la colonisation à Gaza (Applaudissements sur plusieurs bancs des bancs des groupes GDR, LFI-NFP et EcoS) , alors qu’il avait tout loisir de le faire lors des questions au Gouvernement, au cours desquelles ces sujets ont été abordés à de nombreuses reprises. Il ne l’a pas fait.”