Nicolas Bonnet
ECOS · France
“Il y a un an déjà, 150 députés, dont moi-même, issus de huit groupes différents, se sont associés à la Fondation pour le logement des défavorisés pour inviter le gouvernement à prendre des mesures simples et efficaces.”
“Depuis neuf ans, les vôtres n’ont pas été à la hauteur. Elles ont permis à ce changement de s’aggraver et nous laissent insuffisamment préparés à ses conséquences. Pourtant, de nombreux scientifiques nous alertent depuis des dizaines d’années, ceux-là mêmes que Mme Le Pen qualifiait de « trop alarmistes » et que M.”
“Quant aux climatiseurs, il est important de rappeler qu’ils augmentent fortement les factures d’énergie, aggravent la surchauffe urbaine et émettent des gaz à effet de serre. Ils constituent une solution, mais de dernier recours : il ne faut s’y résoudre qu’après avoir traité les facteurs de surchauffe.”
“Alors même qu’il devrait être un refuge, un logement sur trois se transforme en bouilloire thermique et devient un calvaire pour ses habitants en période de forte chaleur. Comme trop souvent, les premières victimes sont les plus défavorisés.”
“Elle prévoit notamment de mettre fin aux coupures sèches de courant en toute saison, pratique déjà abandonnée par EDF, afin de garantir à chacun un minimum d’électricité pour ses besoins de première nécessité, comme le réfrigérateur ou la ventilation.”
“Il y a également urgence à adapter notre approche des rénovations thermiques. Aujourd’hui, les travaux éligibles à MaPrimeRénov’ sont essentiellement orientés vers la protection contre le froid, mais pas contre la chaleur. Or ce qui est efficace pour protéger du froid ne l’est pas toujours autant pour se préserver de la chaleur.”
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“Quant aux climatiseurs, il est important de rappeler qu’ils augmentent fortement les factures d’énergie, aggravent la surchauffe urbaine et émettent des gaz à effet de serre. Ils constituent une solution, mais de dernier recours : il ne faut s’y résoudre qu’après avoir traité les facteurs de surchauffe. Ainsi, l’installation de climatiseurs ne doit être considérée ni comme un tabou, ni comme une fin en soi – contrairement à ce que prétend l’extrême droite de manière caricaturale. Pour relever le défi des bouilloires thermiques, êtes-vous prêt à prendre les mesures que je viens d’évoquer ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)”
“Il y a un an déjà, 150 députés, dont moi-même, issus de huit groupes différents, se sont associés à la Fondation pour le logement des défavorisés pour inviter le gouvernement à prendre des mesures simples et efficaces. À cette fin, ils ont déposé une proposition de loi visant notamment à lever les contraintes pesant sur l’installation de protections solaires extérieures des fenêtres et à inciter les propriétaires à protéger leurs locataires en installant ces protections, ainsi que des brasseurs d’air – des mesures peu énergivores et peu coûteuses. MaPrimeRénov doit rapidement évoluer pour accompagner ces mesures en favorisant, dans le cadre des travaux d’isolation, le déphasage thermique qui permet de mitiger l’effet des fortes chaleurs.”
“Depuis neuf ans, les vôtres n’ont pas été à la hauteur. Elles ont permis à ce changement de s’aggraver et nous laissent insuffisamment préparés à ses conséquences. Pourtant, de nombreux scientifiques nous alertent depuis des dizaines d’années, ceux-là mêmes que Mme Le Pen qualifiait de « trop alarmistes » et que M. Macron semblait méconnaître quand il se demandait « qui aurait pu prédire ? ». Le constat est là : les catastrophes climatiques, comme les canicules, sont et seront plus intenses, plus longues, plus fréquentes, plus précoces. J’en viens à la surchauffe des bâtiments, ces logements bouilloires devenus inhabitables en période de forte chaleur.”
“Hier, le ministre Lefèvre nous appelait à dépolitiser le débat sur le changement climatique. Il faut au contraire le politiser (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS), car nous avons besoin de décisions politiques sur ce sujet.”
“Si l’on ajoutait un critère de déphasage thermique, on pourrait également optimiser la protection contre la chaleur, afin que l’isolation reste performante sur le long terme, aussi bien en hiver qu’en été.”
“Merci pour ces précisions, qui sont très intéressantes. Je tiens tout de même à souligner que l’un des points essentiels de notre proposition de loi réside dans le fait que le propriétaire doit avoir des obligations envers son locataire. Il ne me paraît pas souhaitable que ce soit le locataire qui installe lui-même ces protections solaires, alors qu’elles valorisent le logement et relèvent de l’extérieur du bâti. Cette responsabilité doit revenir au propriétaire et constituer pour lui une obligation. Je vous ai aussi interrogée sur la question de l’isolation des bouilloires thermiques. Quand on isole un logement, on le fait pour de nombreuses années. Aujourd’hui, il existe déjà un premier critère visant à garantir une performance optimale contre le froid.”
“Que comptez-vous faire pour résoudre le problème croissant des bouilloires thermiques ? Le gouvernement est-il prêt à reprendre notre proposition de loi contre les bouilloires thermiques, à adapter les critères des aides à l’isolation de MaPrimeRénov’ et à lui consacrer les moyens nécessaires ?”
“Il y a également urgence à adapter notre approche des rénovations thermiques. Aujourd’hui, les travaux éligibles à MaPrimeRénov’ sont essentiellement orientés vers la protection contre le froid, mais pas contre la chaleur. Or ce qui est efficace pour protéger du froid ne l’est pas toujours autant pour se préserver de la chaleur. Dans les nombreuses bouilloires thermiques actuelles ou à venir, MaPrimeRénov’ doit fixer, pour les parois isolées, des objectifs de déphasage thermique de façon optimale – il s’agit de la capacité à ralentir le passage de la chaleur –, afin d’assurer une isolation performante, comme c’est déjà le cas pour la protection contre le froid. Le choix du bon isolant ou de la bonne épaisseur d’isolant peut permettre d’atteindre ces performances.”
“Elle prévoit notamment de mettre fin aux coupures sèches de courant en toute saison, pratique déjà abandonnée par EDF, afin de garantir à chacun un minimum d’électricité pour ses besoins de première nécessité, comme le réfrigérateur ou la ventilation. Elle propose également de lever les contraintes qui freinent l’installation de protections solaires et de brasseurs d’air et prévoit des incitations en la matière. Ces mesures sont simples, peu énergivores et peu coûteuses. Elles pourraient de surcroît permettre de limiter l’installation de climatiseurs, qui ne doivent constituer qu’un dernier recours tant ils entraînent, rappelons-le, une augmentation des factures d’énergie, une aggravation de la surchauffe urbaine et une hausse des émissions de gaz à effet de serre.”
“Alors même qu’il devrait être un refuge, un logement sur trois se transforme en bouilloire thermique et devient un calvaire pour ses habitants en période de forte chaleur. Comme trop souvent, les premières victimes sont les plus défavorisés. Par ailleurs, les locataires sont plus vulnérables, car ils dépendent fortement des choix de leur propriétaire bailleur. Face à ce constat, la Fondation pour le logement des défavorisés a appelé au dépôt d’une proposition de loi pour lutter contre les logements dits bouilloires thermiques. Cette initiative a obtenu un large soutien – 150 députés de huit groupes différents – et un texte a été déposé par le groupe Écologiste et social en juillet 2025. Pourtant, depuis maintenant un an, mon groupe n’est pas parvenu à faire inscrire cette proposition de loi à l’ordre du jour.”
“Pour la première fois depuis sa création, l’alerte vigilance canicule a été déclenchée dès le mois de mai, durant lequel nous avons atteint une configuration inédite pour la période avec des températures anormalement élevées, descendant très peu la nuit, sur plus de dix jours d’affilée. À l’heure où je vous parle, le pays se prépare à connaître une nouvelle vague de chaleur, avec des températures encore plus élevées qu’en mai. En 2025, 5 700 décès ont été attribués à la chaleur en France et 24 000 passages aux urgences ont été recensés en lien avec les canicules, selon Santé publique France, qui souligne que l’environnement dans lequel évoluent les personnes, en premier lieu le logement, joue un rôle déterminant.”
“Vous vous y connaissez en raids numériques !”
“Et les pesticides sont bons pour la santé ?”
“Il n’y a pas de pesticides dans les produits HVE alors ? C’est du bio ?”
“Il n’y a donc aucune haute valeur environnementale derrière ce label. Si nous voulons réellement atteindre 50 % de produits durables, il faut exclure le label HVE de cette catégorie. Les partisans du label pourront toujours se tourner vers les 50 % restants, qui ne sont pas soumis à cette exigence. Comme le disait Camus : « Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde. » N’en ajoutons pas ce soir.”
“Je vous propose de conclure cette séance avec un amendement de bon sens. La loi Egalim impose que 50 % des produits utilisés en restauration collective soient durables. Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, or cette catégorie inclut le label HVE – pour haute valeur environnementale –, dont l’intitulé est trompeur, puisqu’il autorise en réalité l’usage de produits nocifs pour la santé, notamment des pesticides classés CMR2 – cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques de catégorie 2.”
“Même s’il est presque identique aux précédents, j’ai tâché d’affiner cet amendement à l’issue des travaux en commission, pour mieux cibler les Siqo. À l’obligation d’offrir 50 % de produits durables, dont 20 % de produits bio, en restauration collective, je propose d’ajouter une petite contrainte supplémentaire : qu’au moins 20 % des produits durables qui ne sont pas bio soient des produits IGP, AOC ou Label rouge, qui font l’objet d’un cahier des charges identifiable et exigeant du point de vue des qualités nutritives comme du mode de culture des plantes ou d’élevage des animaux.”
“C’est pourquoi je vous propose d’adopter cet amendement. Nous serons ainsi certains qu’il n’y aura pas de problèmes. Cela ne mange pas de pain !”
“Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras – ou plutôt : mieux vaut avoir ceinture et bretelles.”
“Je ne suis pas complètement rassuré par les propos du rapporteur.”
“Puisque le gouvernement nous demande par cet article de loi de lui donner le pouvoir de légiférer par ordonnance, donc de nous défaire d’une partie de nos prérogatives, il me paraît important de cadrer le texte qu’il pourrait élaborer en posant un principe de non-régression des normes environnementales et sanitaires. On l’a dit, très peu d’élevages sont actuellement classés ICPE : seulement 2 % sont soumis à autorisation et 8 % à enregistrement. Nous légiférons donc sur un petit nombre d’exploitations. Compte tenu des externalités négatives que peuvent entraîner des élevages très denses avec beaucoup d’animaux, nous devons éviter d’abaisser les normes de protection de l’environnement et de la santé. Je vous invite donc à voter cet amendement de bon sens.”
“Cette attaque apporte-t-elle quelque chose au débat ?”
“Comme je l’ai dit, il ne s’agit pas de privilégier l’agriculture biologique, mais de prendre en compte ses besoins spécifiques. Ce n’est d’ailleurs pas à nous de les définir, car ils dépendent des territoires et des modes de culture. L’agriculture biologique étant encore minoritaire, ses besoins ne seraient pas forcément pris en considération si cela n’était pas précisé. L’amendement n’oblige à rien, si ce n’est à se poser une question. C’est tout.”
“Cet amendement de repli de ma collègue Dominique Voynet ne tend pas à hiérarchiser les pratiques agricoles, mais plutôt à s’assurer que la stratégie d’irrigation et le plan de répartition du volume d’eau prennent bien en compte les besoins spécifiques de l’agriculture biologique. Cela a été dit à plusieurs reprises, il est essentiel de soutenir le développement de l’agriculture biologique, encore minoritaire – c’est d’ailleurs l’un des objectifs de la loi Egalim. Pour cela, je vous invite à avoir la sagesse de soutenir cet amendement.”
“Il vise à l’établissement d’une cartographie des terrains, chemins ou espaces utiles au développement du plan départemental qui permet de définir les itinéraires nécessaires aux sports de nature.”
“Quelles garanties apporterez-vous pour que ces assouplissements s’accompagnent de véritables obligations de travaux, de sanctions effectives pour les propriétaires défaillants et d’un soutien renforcé aux rénovations performantes ?”
“Le futur projet de loi « logement » prévoirait de permettre à nouveau la location des passoires thermiques, à condition que le propriétaire s’engage à réaliser des travaux dans un délai de trois ans pour les maisons individuelles et de cinq ans pour les copropriétés. Si l’objectif est d’éviter une contraction brutale de l’offre locative, notamment dans un contexte de crise aiguë, nous devons veiller à ce que cette souplesse ne devienne pas un simple report des obligations. Madame la ministre, comment le gouvernement compte-t-il répondre à la crise du logement sans affaiblir la lutte contre la précarité énergétique ?”
“Les passoires thermiques ne sont pas une solution au mal-logement ; elles enferment des millions de locataires dans la précarité énergétique, les obligeant à vivre dans des logements difficiles à chauffer, inconfortables et parfois indignes. Cinq ans après la loi « climat et résilience », les objectifs de rénovation n’ont jamais été atteints. Pire, le projet de SNBC 3 ramènerait l’objectif de rénovation d’ampleur de 600 000 à 250 000 logements par an. Dans le même temps, MaPrimeRénov’, principal levier public, a connu plus de dix-sept réformes en cinq ans, une baisse de budget importante et des délais de traitement qui fragilisent les parcours de rénovation.”
“Je prends cette fois la parole au nom de mon collègue Nicolas Thierry. Il souhaite vous interroger sur votre gestion de la crise du logement, qui frappe durement nos concitoyens. Il devient de plus en plus difficile de trouver un logement à louer, notamment dans les zones tendues. Beaucoup de ménages, en particulier les plus modestes, sont pris en étau entre la hausse des loyers, la raréfaction de l’offre et l’explosion des factures d’énergie. Face à cette situation, nous devons éviter deux écueils : opposer le droit au logement à la transition écologique et considérer que la rénovation énergétique serait un luxe que l’on pourrait repousser à plus tard.”
“Les pratiques agricoles et urbanistiques doivent être repensées. Compte tenu de ces enjeux majeurs, mes questions sont simples : le gouvernement peut-il garantir son engagement à respecter pleinement l’objectif de zéro artificialisation nette ? Est-il prêt à abandonner les rares avancées écologistes de la présidence d’Emmanuel Macron ? Assisterons-nous à de nouveaux reculs d’ici la fin du quinquennat, comme cela a été le cas avec le projet de loi de simplification de la vie économique ?”
“Le sol est une ressource naturelle limitée. La formation d’un sol d’un mètre de profondeur nécessite 10 000 à 100 000 ans. Chaque dégradation est difficilement réversible. Or les sols remplissent des fonctions essentielles. Ils participent à la régulation de l’eau, à la sécurité alimentaire, à la lutte contre le changement climatique et à la préservation de la biodiversité. Les sols en bonne santé constituent le plus grand réservoir de carbone terrestre, devant les forêts. Près de 25 % de la biodiversité mondiale se trouvent dans les sols, alors même que les changements d’usage des terres constituent la première cause de son érosion. La préservation des sols passe par des pratiques d’aménagement adaptées, comme le maintien et le renforcement des haies pour limiter l’érosion, qui emporte chaque année près de 1,5 tonne de terre par hectare.”
“Je prends la parole au nom de ma collègue Lisa Bellucco. Comme le souligne le rapport, l’objectif de zéro artificialisation nette des sols connaît déjà de nombreuses remises en cause. Dès 2023, la loi visant à faciliter la mise en œuvre des objectifs de lutte contre l’artificialisation des sols et à renforcer l’accompagnement des élus locaux introduisait des assouplissements. Plus récemment, la loi relative à l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de 2030 et le projet de loi de simplification de la vie économique ont encore fragilisé cet objectif. Pourtant, les chiffres sont alarmants. En France hexagonale, près de 60 000 hectares de sol sont artificialisés chaque année, soit l’équivalent d’un département tous les dix ans. Pour mesurer la gravité de ces reculs, il est essentiel de rappeler le rôle fondamental des sols.”
“Je tenais toutefois à en souligner le bon sens et le caractère innovant. (Mme Dominique Voynet applaudit.)”
“Il complète mon amendement précédent, n o 15, qui a été rejeté. Il vise à préciser que la Tracc a vocation à être prise en compte dans l’évaluation environnementale des projets. Il s’agit, en effet, de s’assurer de la durabilité des projets : ceux-ci doivent être compatibles non seulement avec les conditions existantes au moment de leur lancement, mais également avec celles que nous connaîtrons dans plusieurs années, voire dans plusieurs décennies. Comme l’a souligné M. le rapporteur lors de l’examen de l’amendement précédent, cette proposition peut paraître novatrice. Mais je crois qu’il faut savoir innover face à des situations exceptionnelles : c’est pourquoi il est nécessaire d’intégrer la viabilité environnementale à long terme dans l’évaluation des projets. Dans la mesure où le précédent a été rejeté, je retire cet amendement.”
“Nous proposons d’élargir la prise en compte des enjeux d’adaptation à tous les documents d’urbanisme, et pas seulement aux PLU. Je pense, entre autres, aux schémas de cohérence territoriale (Scot), aux schémas régionaux d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (Sraddet), ou encore aux documents sur les préventions des risques d’inondation. Je vous invite à voter cet amendement.”
“Il vise à ajouter à l’avis du Conseil national de la transition écologique (CNTE), celui du Haut Conseil pour le climat, instance reconnue pour ses avis scientifiques. La publication de cet avis serait utile dans le traitement des enjeux d’adaptation au changement climatique.”
“Vous l’aurez compris, nous soutenons cette proposition de loi, mais nous essayerons, comme en commission, de l’enrichir par quelques amendements, parmi lesquels l’élargissement de la surcotisation aux biens locatifs ou encore la prise en compte de la Tracc dans l’évaluation environnementale des projets. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC.)”
“Il crée de nouvelles façons pour les assureurs de dégager des recettes, de manière à pouvoir mieux couvrir les divers dégâts climatiques. S’appuyant sur le rapport Langreney intitulé « Adapter le système assurantiel français face à l’évolution des risques climatiques » publié en 2024, il autorise l’instauration d’une surcotisation pour les résidences secondaires et les biens professionnels de grande valeur. Je saisis cette occasion pour attirer votre attention sur le fait qu’augmenter les moyens de la prime Cat nat est une bonne chose, mais qu’il faudrait aussi qu’ils soient intégralement redirigés – ce qui n’est pas le cas aujourd’hui – vers le fonds Barnier, qui vise à financer des actions structurelles d’adaptation au changement climatique.”
“Pour que personne n’en soit exclu, nous avons à inventer un système solidaire dans l’esprit de la sécurité sociale : chacun y contribuerait selon ses moyens et en bénéficierait selon ses besoins. Le texte propose d’éviter la mal-adaptation des bâtiments et de prévenir les coûts pour l’avenir. Pour cela, le principe de reconstruction à l’identique – une aberration à l’ère des catastrophes météorologiques – serait aboli afin que les biens reconstruits après un sinistre soient résilients. Il vise à améliorer les dispositifs assurantiels en permettant aux assureurs de financer des travaux de mise en conformité des bâtiments. J’avais d’ailleurs déposé un amendement, adopté en commission, pour protéger les assurés d’une augmentation imprévue des prix pendant leur période d’engagement.”
“Preuve de l’importance de ce sujet dans le monde économique, le prix du meilleur jeune économiste 2026 a été attribué à Adrien Bilal pour ses travaux sur le coût du changement climatique (Mme Dominique Voynet applaudit) qui, selon lui, pourrait s’élever à plus de 50 % du PIB d’ici 2100. Les primes d’assurance risquent donc d’augmenter pour compenser ces risques, ce qui pourrait empêcher certains de nos concitoyens de continuer à s’assurer et inciterait les assureurs à refuser progressivement de couvrir certains risques, notamment dans les zones géographiques particulièrement vulnérables. L’assurance ne doit pas être le privilège des plus aisés et des zones les moins à risque.”
“Quant au Pnacc, il aurait ainsi une valeur identique sur les enjeux d’adaptation à celle que donnent aux enjeux d’atténuation la stratégie nationale bas-carbone et la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). J’avais plaidé pour cette mesure dans une proposition de loi déposée en juin 2025 et je suis ravi de la voir figurer à l’article 1 er du texte. C’est un point essentiel pour arrêter la mal-adaptation, c’est-à-dire la multiplication de projets inadaptés aux conditions climatiques futures. Cette proposition de loi s’attaque également aux enjeux assurantiels pour faire face à une augmentation importante des sinistres due à la hausse des événements climatiques extrêmes. Le coût des dommages ne cesse de croître : alors qu’il s’élevait à 1,5 milliard d’euros en 1990, il a atteint plus de 5 milliards en 2024.”
“Si nous négligeons l’une de ces deux branches, nous ne pourrons tout simplement plus nous adapter aux conséquences de la crise climatique. Je tiens donc à remercier notre collègue Fabrice Barusseau qui nous permet de débattre de ce sujet et, je l’espère, d’apporter des améliorations à notre législation. Cette proposition de loi fait suite à la mission d’information sur l’adaptation de l’aménagement des territoires au changement climatique, dont elle reprend plusieurs conclusions. Elle propose ainsi d’inscrire le plan national d’adaptation au changement climatique et la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique dans le droit. Cette trajectoire deviendrait ainsi opposable et serait prise en compte dans les documents d’urbanisme.”
“Cet épisode exceptionnel, tant par son intensité – avec quatre-vingt-huit départements placés simultanément en vigilance crues – que par sa durée – quarante jours consécutifs – nous a marqués par ses drames humains et ses dégâts matériels de grande ampleur. Certains diront que de tels épisodes ont déjà eu lieu par le passé. Ils ont raison, mais quand on analyse la tendance, comme le font les scientifiques, le constat est sans appel : ces phénomènes météorologiques violents sont chaque année plus fréquents et plus intenses, à mesure que la température du globe augmente. Nous devons donc faire face à un double défi : s’adapter aux conséquences d’ores et déjà inévitables du changement climatique, tout en poursuivant et en amplifiant la baisse de nos émissions de gaz à effet de serre pour atténuer le réchauffement.”
“Lors de la COP30 à Belém, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) nous indiquait que le seuil de 1,5 °C de réchauffement serait inévitablement dépassé à l’horizon 2029. C’est un constat d’échec : il y a dix ans, l’objectif fixé par la COP21 à Paris était justement de ne pas dépasser ce seuil. Le changement climatique n’est plus seulement une projection, il est devenu une réalité dont nous subissons déjà les conséquences, en France comme dans le reste du monde. Encore récemment, notre pays a connu le mois de février le plus pluvieux jamais mesuré avec, selon Météo-France, des précipitations deux fois supérieures à la moyenne mensuelle.”
“Il tend à rendre cet enseignement facultatif et à faire que les élèves puissent choisir ou non de le suivre, comme c’est le cas pour beaucoup d’autres enseignements optionnels. Nous estimons en effet qu’il existe déjà beaucoup de voies permettant de construire une solide culture générale en matière de défense. S’il s’agit d’approfondir cette culture, il nous semble logique que l’engagement dans cet enseignement relève du choix de l’élève.”
“Nous appelons en outre à développer les enseignements à l’extérieur, notamment par des visites de sites historiques ou de lieux culturels et de mémoire, ainsi que l’enseignement critique aux médias et à la désinformation. Surtout, n’oublions pas que la citoyenneté se construit aussi par le corps, par l’engagement et par le collectif. Le développement des activités coopératives est essentiel pour former des citoyens responsables et résilients. La proposition de loi part d’une préoccupation réelle, mais y répond de manière inadaptée, déséquilibrée et, en réalité, inefficace. Pour toutes ces raisons, nous appelons à voter contre.”
“Le groupe Écologiste et social ne peut souscrire à réorienter des moyens dans un contexte de disette budgétaire pour les politiques éducatives, de suppression de 4 000 postes d’enseignants et de coupes franches dans la formation continue des enseignants. Nous ne refusons pas d’adapter l’enseignement aux évolutions du monde. Oui, les tensions géopolitiques et internationales nécessitent de mieux comprendre les enjeux de défense et de résilience, mais cette adaptation doit se faire en fortifiant l’existant. Renforçons l’enseignement moral et civique, et donnons davantage de moyens à l’histoire et à la géographie ! Le groupe Écologiste et social appelle au développement des enseignements d’éducation physique, des courses d’orientations en pleine nature, des randonnées.”
“Elle n’est pas un lieu de recrutement ou de promotion du nouveau service national. Le risque est réel d’une dérive vers une forme de militarisation symbolique de l’école, ou, à tout le moins, vers un discours déséquilibré qui mettrait l’accent sur les enjeux sécuritaires au détriment d’autres dimensions essentielles, comme la paix, la coopération internationale ou la prévention des conflits. Les exemples récents de dérives dans certains ateliers dits d’éducation à la défense doivent nous alerter. Ils montrent que, sans encadrement rigoureux et sans réflexion pédagogique approfondie, ces dispositifs peuvent produire l’effet inverse de celui recherché. Enfin, comment créer un nouvel enseignement sans moyens supplémentaires ?”
“Cette approche transversale est une force, car elle permet de contextualiser les questions de défense et de les aborder au sein d’une réflexion plus large sur la citoyenneté, la démocratie et la paix, évitant de réduire ces enjeux complexes à une vision purement sécuritaire. De plus, la création et le développement des classes de défense permettent actuellement des actions pédagogiques et complémentaires. Précisons que cette réforme ne serait pas neutre, puisqu’elle se ferait nécessairement au détriment d’autres enseignements, d’autres priorités éducatives, déjà sous pression. Ensuite, nous devons nous interroger sur la philosophie de ce projet. L’école de la République a, en principe, pour mission d’émanciper, de former les élèves à l’esprit critique pour qu’ils soient capables de comprendre un monde complexe.”
“Nous sommes réunis pour débattre d’une proposition de loi visant à instaurer un enseignement obligatoire à la défense nationale dans le second degré. Si l’intention affichée est de mieux former les jeunes aux enjeux de sécurité, de défense et de citoyenneté, le dispositif proposé suscite des réserves. Tout d’abord, rappelons une réalité essentielle : l’éducation à la défense nationale existe déjà dans notre système scolaire. Elle irrigue plusieurs enseignements, à savoir l’enseignement moral et civique, l’histoire, la géographie et la géopolitique, qui permettent aux élèves de comprendre les fondements de l’État de droit, les fonctions régaliennes, les conflits passés et présents ainsi que les enjeux internationaux contemporains.”