Paul Christophe
HOR · France
“Comme si nous le savions tous. Comme si nous l’avions collectivement intégré. Notre usage des mots a certes changé. On ne parle plus de « viol légal » ou de « présomption de consentement ». Mais visiblement, encore aujourd’hui, les mots « devoir conjugal » évoquent une soumission des femmes à laquelle nous nous sommes trop habitués.”
“Entre 1962 et 1984, plus de 2 000 mineurs originaires de La Réunion ont été déplacés vers la France hexagonale. Pris en charge par l’aide sociale à l’enfance, ces enfants ont été envoyés dans des départements métropolitains, principalement ruraux.”
“Le juge utilisera même contre elle son propre dépôt de plainte pour violences conjugales, afin de caractériser un prétendu manquement à ses obligations matrimoniales. Imaginez la violence d’un tel jugement pour cette femme.”
“Je vous remercie toutes et tous parce que ce sujet nous a rassemblés autour d’un vote unanime. Par les temps qui courent, ce n’est pas courant. Cela signifie aussi que cette cause avait tout son sens et je suis très heureux d’avoir pu la défendre avec Marie-Charlotte Garin.”
“En effet, madame Leboucher, nous avons déjà eu cette discussion en commission et vous ne serez pas surprise par mes arguments. Nous nous sommes interrogés sur l’inscription de cette mention dans le texte puisque nous avons, dans le cadre des auditions, entendu des associations auxquelles nous avons toutes et tous rendu hommage dans la dis…”
“Imaginez cette voisine que vous entendez crier de douleur. Imaginez-la cacher ses marques aux regards indiscrets de personnes qui ne viendront pourtant pas l’aider. Imaginez le courage dont elle fait preuve en se rendant seule au commissariat.”
The complete record
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“Notre pays n’a pas besoin d’égoïsme, mais de stabilité. En responsabilité, le groupe Horizons & indépendants cherche à bâtir, depuis le début, des compromis dans un hémicycle profondément divisé, à l’image de notre France désormais fracturée. Le compromis politique, oui ! Le renoncement à nos valeurs, jamais ! Nous n’accepterons aucun accord dont la France sortirait perdante, où l’intérêt général serait piétiné, où la stabilité économique et budgétaire serait sacrifiée. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe HOR.) Il y va de notre crédibilité en tant que nation. L’année écoulée nous a grandement fragilisés au niveau national, comme sur la scène européenne, face à des puissances étrangères qui profitent de notre faiblesse pour menacer nos intérêts et notre souveraineté.”
“Lorsque la parole des représentants du peuple cesse de trouver écho, c’est le lien même entre la nation et ses institutions qui se fragilise.”
“Ils nous chantent la douce mélodie de la vérité, les uns exclusivement sur le ton de la fable « Les riches sont nos ennemis », les autres sur celui du conte « Les étrangers sont le problème ». Quant aux anciens partis de gouvernement, ils se vantent de négocier à partir d’un discours sans nuance – « Ce sera ça ou rien » –, comme si compromis rimait avec diktat. Chaque jour, la liste de leurs exigences s’allonge un peu plus et, bien entendu, ils ne s’engagent en rien et ne signent aucun accord : il est ainsi plus facile de se dérober. Par cette attitude, ils nous mènent droit dans le mur. La consommation des ménages est en baisse, tout autant que l’investissement des entreprises. Les Français sont inquiets, en colère même, et observent, consternés, notre médiocrité. Ils s’éloignent de nous, ne nous comprennent plus, ne nous écoutent plus.”
“Quand certaines promettent encore plus de dépenses, les autres voient toujours moins d’ouverture, mais toutes s’éloignent du sérieux budgétaire que réclament les Français. Les extrêmes, malgré leurs divergences, s’unissent dans le rejet. L’alliance des contraires espère ainsi peser plus lourd dans la balance politique, accroître sa présence médiatique et amplifier son audience.”
“Aucune ligne, aucun objectif commun ne semble pouvoir se dégager, pas même l’intérêt général du pays. Face à nous, les oppositions se rejoignent souvent dans la critique, sans jamais proposer d’alternative crédible. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes HOR et DR.)”
“Dans le vacarme assourdissant de notre hémicycle, plus personne ne trouve ni conviction, ni valeur, ni respect.”
“Nous n’avons visiblement plus de boussole, plus de cap.”
“Quelle image renvoyons-nous ! Quel triste spectacle offrons-nous du débat public ! Mes chers collègues, je vous le dis en toute franchise, nous ne sommes que de piètres comédiens qui n’amusent plus personne. À force d’égarements puérils et de batailles stériles, notre pays s’enfonce dans une crise politique inédite sous la V e République.”
“Et que nous proposent-elles ? Rien, si ce n’est des dépenses nouvelles et des recettes insincères, aucun projet budgétaire qui n’obtienne ici plus d’un cinquième des voix. Parce qu’égoïstement elles ne veulent qu’exercer le pouvoir, elles ne pensent qu’au « qui » alors que se mettre au service de la France, c’est d’abord s’accorder sur le « quoi ». Chers collègues, cessons ces guerres d’ego, mettons-nous ensemble autour de la table et trouvons des compromis. Nous nous devons de doter la France d’un budget avant la fin de l’année. C’est pourquoi le groupe Horizons & indépendants votera bien évidemment en faveur de la stabilité. Pensons à la France, aux Françaises et aux Français, et c’est tout ! (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR et sur plusieurs bancs des groupes EPR, DR, Dem et LIOT.)”
“De motions de rejet en motions de censure, les oppositions bloquent le pays en jouant à la roulette russe avec les gouvernements successifs. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR et sur quelques bancs des groupes EPR et DR.)”
“Nous empruntions alors à des taux négatifs… Que ce temps me paraît loin, désormais ! Sans sécurité financière, voyez comme déjà notre pays se fige. Et un pays qui n’avance pas, croyez-le ou non, dans le monde que nous connaissons, est un pays qui régresse. Oui, le risque du surendettement de la France existe. Nos entreprises nous demandent la stabilité et la visibilité dont elles manquent cruellement depuis un an. Combien de fois l’ai-je entendu au cours des derniers mois ! Nos concitoyens sont consternés par le piètre spectacle que nous leur offrons, incapables que nous sommes de leur donner une perspective à plus de quelques semaines, faute de nous accorder sur une personnalité dont le choix semble désormais relever du miracle. Dans quelle situation désolante sommes-nous en train d’enfermer la France ?”
“…propositions enchanteresses et déraisonnables : les oppositions voudraient nous faire croire que la dette n’est qu’un souci comptable dont nous pourrions remettre la résolution à plus tard. D’autres s’y sont essayés avant nous, avec les résultats que nous connaissons – je pense à la Grèce, au Portugal, à l’Espagne. Cette douce musique que j’entends sur les plateaux de télévision à longueur d’interviews contraste terriblement avec la souffrance des chefs d’entreprise et l’inquiétude des Français que je rencontre. Pourtant, ces débats budgétaires nous offrent un cadre de discussion. Ils ne sont pas une démonstration d’affection pour telle ou telle personnalité politique. Nous nous devons de revenir à une trajectoire financière positive. De 2017 à 2020, nous avons baissé les impôts sans pour autant nous soustraire aux règles européennes.”
“Alors que la situation était bien plus sombre, les partis politiques ont su s’entendre, au profit de l’intérêt national, à l’inverse de vos discours, mes chers collègues, dont je ne retiens que des lignes rouges. Chacun tirant la couverture à lui laisse le pays à nu. Alliance des contraires,…”
“Vous connaissez la formule : « L’histoire ne se répète pas, mais elle trébuche parfois. » Une fois n’est pas coutume, j’en appelle à Léon Blum, qui constatait après-guerre que « pour la première fois en France, la quasi-totalité de la représentation nationale va se partager entre trois partis. C’est une situation difficile en elle-même. Mais il se trouve que ces trois partis sont d’accord sur un programme d’action immédiate. » Dans ses interventions, il rappelait l’importance de l’unité et de la coopération pour reconstruire la France. De cette chambre tripartite sont nées de grandes réformes sociales et la réconciliation nationale.”
“En effet, nous croyons qu’il est avant tout indispensable de réduire la dépense publique. Soyons honnêtes, le cercle vertueux des dépenses publiques est devenu un cercle vicieux dont nous n’arrivons plus à sortir. Nous croyons aussi à la valeur travail, à la nécessité de travailler plus et d’être plus nombreux à travailler. Ce n’est pas un gros mot de dire que la prospérité collective vient de l’emploi, ni de dire que l’emploi est aujourd’hui le meilleur moyen de sortir d’une précarité trop souvent subie. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR.) Pour avoir des emplois, encore faut-il des entreprises qui recrutent et qui vont bien. C’est pourquoi nous ne souhaitons pas les taxer davantage. Nos entreprises subissent déjà avec violence l’instabilité politique due à l’inconscience de certains et à l’inconstance des autres.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe HOR et sur quelques bancs des groupes EPR, DR et Dem.) Êtes-vous prêts, de votre côté, à prendre un tel engagement, chers collègues ? L’effort doit être collectif, c’est vrai, mais en premier lieu l’État devra se montrer exemplaire en diminuant son coût budgétaire par des simplifications, dans la continuité du travail engagé par le ministre de la fonction publique, Laurent Marcangeli. Nous ne trouverons pas ces milliards présumés sous les matelas de l’État, comme le prétendent certains populistes, mais nous nous devons de montrer l’exemple et de mettre fin à des dépenses inutiles. Chez Horizons, notre ligne directrice n’a jamais varié et nous l’assumons : nous pensons que nous devons dépenser moins et travailler plus.”
“C’est pourquoi je salue l’exercice de responsabilité et de transparence de l’actuel premier ministre et de son prédécesseur, qui, chacun à leur tour, ont tenu un discours de vérité, malgré l’impopularité de celui-ci. Les 43 milliards d’euros qu’il nous faut trouver pour le budget 2025 servent à enclencher une dynamique et à renverser la tendance pour proposer une autre trajectoire financière à nos concitoyens comme à nos partenaires. Pour qu’un effort soit accepté, il doit être partagé. Aussi, dans un esprit de responsabilité, le groupe Horizons & indépendants a-t-il travaillé à des propositions réalistes sans dépenses populistes ni recettes fantaisistes – je dis bien sans dépenses populistes ni recettes fantaisistes !”
“Il devient crucial de prendre dès aujourd’hui des mesures pour assurer la bonne conduite des affaires de la nation. Pour qu’un effort soit accepté, il doit être compris.”
“Gardons bien à l’esprit que si nous ne faisons rien, nous aurons des jeunes endettés à outrance, des actifs étouffés par le poids des cotisations et des aînés dont on ne saura financer ni l’autonomie ni la dépendance. Viendra le jour où notre pays devra engager de profondes réformes structurelles et assumer des choix courageux pour sortir d’un modèle hérité du XX e siècle et aujourd’hui inadapté à notre démographie et à notre économie. Alors nous pourrons conduire les transformations indispensables et attendues par les Français. Mais ce moment n’est pas encore venu. La France ne peut pour autant pas laisser sa situation budgétaire continuer de se dégrader. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder autour de nous les dégâts économiques causés par une année de nos querelles politiques stériles.”
“Ne cherchons pas le budget miracle qui contenterait les desiderata de tous : il n’existe pas. Ne nous égarons pas non plus dans une guerre des générations : nous décevrions tout le monde, sans exception !”
“La Cour des comptes l’a dit elle-même : « Chaque année perdue supplémentaire impliquerait des efforts futurs plus importants et plus douloureux. » C’est certain, le temps que nous perdons aujourd’hui, nous le paierons demain, ou plutôt nos enfants le paieront.”
“Avec les crises politique et économique que nous traversons, nos objectifs doivent être résolument raisonnés. Pendant les deux prochaines années, nous nous devons de ne pas aggraver une situation déjà catastrophique.”
“La situation financière actuelle de la France est plus que préoccupante : c’est bien ce constat qui devrait nous rassembler. Nous devons le partager et faire de lui la base de nos échanges. Comme l’a rappelé le premier ministre, notre déficit atteignait en 2024 5,8 % du PIB, soit le niveau le plus élevé de la zone euro. Notre dette publique s’élevant à plus de 3 400 milliards d’euros, nous assistons à une explosion des intérêts, qui ont tout simplement doublé entre 2021 et 2024. Cette situation nous expose à un risque dès aujourd’hui car elle freine la confiance des ménages et l’investissement de nos entreprises, et frappera directement les générations futures au cours des décennies à venir. Mesurons bien la charge que nous laisserons à nos enfants et qui, chaque heure, augmente de 18 millions d’euros !”
“(Applaudissements sur les bancs des groupes HOR et LIOT ainsi que sur plusieurs bancs du groupe EPR.)”
“Je vous prie de croire que le gain qui en résultera ne sera pas loin de zéro ! Il faut prendre la mesure de ce que nous sommes en train d’examiner : ce n’est ni le grand soir, ni une évolution magique et ce n’est pas ce qui suscitera des vocations ! Pour y parvenir, il y a bien d’autres choses à faire, comme simplifier le rôle du mandat – cela renvoie aux travaux que nous avons menés précédemment. Il ne faut pas se payer de mots. Cette révolution n’en est pas une. Arthur Delaporte et moi avons déjà été confrontés à la même situation lors de nos travaux sur les TUC, les travaux d’utilité collective, et il y aura, ici aussi, un distinguo à faire entre trimestre validé et trimestre cotisé. On est en train d’agiter un leurre, et cela me paraît extrêmement dangereux.”
“En effet ! Voilà qui limite considérablement la portée de votre ambition ! Au fond, M. Le Gac ne fait que rappeler la réalité des choses : cette grande avancée que vous mettez sur la table se bornera à apporter un complément à celui ou à celle qui n’aurait pas validé l’intégralité de ses trimestres.”
“Cet amendement du rapporteur met bien en lumière les limites de la discussion que nous venons d’avoir. J’ai été maire et je sais que, lorsqu’on s’engage, on ne le fait pas forcément pour percevoir une indemnité – je vous prie de le croire ! – et moins encore une pension de retraite ! On s’engage parce qu’on nourrit un projet, une envie de servir les autres. Franchement, si vous croyez que le petit bonus que l’article prévoit d’accorder aux élus suscitera des vocations, vous vous trompez. On ne peut pas valider deux fois le même trimestre de retraite. Notre collègue Pribetich l’a dit.”
“Ce projet de loi, loin d’être un simple ajustement technique de notre droit du travail, comme nous l’avons entendu, constitue un acte politique fort. Il donne à la France les moyens de valoriser l’expérience, de lutter contre l’exclusion des seniors et de renforcer le dialogue social, qui reste l’un des piliers de notre modèle social. Nous espérons que la représentation nationale saura, dans l’intérêt des Français, soutenir ce texte d’équilibre, de responsabilité et d’avenir. (Applaudissements sur les bancs des commissions.)”
“Il acte la création d’un dispositif unique de reconversion à la main de l’employeur, la « période de reconversion », fusionnant les dispositifs existants et encadrant strictement les conditions de recours, notamment par le maintien du contrat de travail et le droit de réintégration du salarié en cas d’échec de la mobilité externe. L’accord garantit aussi que le CPF demeure sous le contrôle du salarié : il ne pourra être mobilisé qu’avec son accord exprès et dans la limite de 50 % des droits disponibles en cas de mobilité interne. Nous saluons la capacité des partenaires sociaux à parvenir à un compromis équilibré, dans un contexte budgétaire contraint, et la réactivité du gouvernement qui proposera les amendements nécessaires à la transposition fidèle de ce troisième accord.”
“Initialement, une habilitation à légiférer par ordonnance était prévue, sous réserve de la conclusion d’un accord sur les transitions et reconversions professionnelles. Or, le 25 juin, les partenaires sociaux ont abouti à un accord national interprofessionnel sur ce sujet, qui sera donc intégré dans le texte par amendement gouvernemental lors de la présente séance publique – nous le saluons. Ce nouvel accord national interprofessionnel, très attendu, vise à simplifier et à sécuriser les parcours de transition professionnelle tout en préservant les droits des salariés.”
“Le texte va plus loin en supprimant la limite de trois mandats successifs pour les élus du CSE, afin de concilier renouvellement des instances et maintien de l’expertise, alors que les mutations du travail exigent des représentants formés et stables. Le groupe Horizons & indépendants votera résolument en faveur de ce projet de loi, qui tient compte d’un enjeu majeur pour les Français dans un esprit d’équilibre et de pragmatisme, fidèle à la lettre et à l’esprit des accords signés. Nous saluons la méthode : la concertation et la confiance dans la démocratie sociale par la reconnaissance du rôle des partenaires sociaux. En ce qui concerne l’article 10, je souligne le changement majeur intervenu ces derniers jours.”
“Il traduit, dans la loi, l’équilibre trouvé entre les organisations syndicales et patronales autour de quatre axes structurants : renforcer le dialogue social sur l’emploi des seniors au niveau des branches et des entreprises, avec une obligation de négociation quadriennale désormais clairement identifiée et détaillée ; préparer la deuxième partie de carrière en articulant mieux les visites médicales et les entretiens professionnels, et en instaurant un rendez-vous de fin de carrière pour anticiper les transitions ; lever les freins au recrutement des demandeurs d’emploi seniors grâce au nouveau contrat de valorisation de l’expérience, plus attractif et mieux ciblé que le CDD senior, dont l’usage est resté marginal ; enfin, faciliter les aménagements de fin de carrière en sécurisant le recours au temps partiel, en encadrant mieux les refus de retraite progressive et en permettant le versement anticipé de l’indemnité de départ à la retraite dans le cadre d’un passage à temps partiel.”
“Ce sont des réalités qui touchent des centaines de milliers de Français et auxquelles nous devons apporter des réponses concrètes. Ce texte est le fruit d’un dialogue social exemplaire qui a abouti à deux accords nationaux interprofessionnels signés le 14 novembre 2024 par l’ensemble des partenaires sociaux, à l’exception de la CGT.”
“Ce projet de loi, par son ambition et sa méthode, vise à relever l’un des défis majeurs de notre société : l’emploi des salariés expérimentés et l’adaptation du dialogue social à l’ère des transitions démographiques, écologiques et technologiques. Depuis 2017, la France a connu des avancées notables : taux d’emploi historiquement élevé, réformes structurantes de la formation professionnelle, modernisation du dialogue social avec la création du CSE, renforcement de la négociation collective. Pourtant, un constat demeure : l’emploi des 60-64 ans stagne à 36 %, loin derrière l’Allemagne et les Pays-Bas. Notons également que près de 30 % de cette tranche d’âge n’est ni en emploi ni en retraite, et que les plus de 55 ans connaissent une durée moyenne de chômage de plus de dix-huit mois.”
“Il ne connaît même pas le nom de la commune concernée !”
“J’espère que ce registre national sera un levier puissant pour améliorer la prévention, le dépistage, la prise en charge, la recherche, mais aussi pour répondre aux attentes de nos concitoyens qui s’inquiètent des expositions environnementales. C’est pourquoi notre groupe votera avec conviction ce texte très attendu, puisqu’il a déjà été adopté par le Sénat il y a deux ans. Il permettra à la France de franchir un cap décisif dans la lutte contre le cancer. (Applaudissements sur les bancs des groupes HOR et EPR. – M. le président de la commission des affaires sociales et M. le rapporteur applaudissent également.)”
“Nous ne pouvons plus accepter que la France reste en retrait alors que vingt-deux pays européens disposent déjà d’un registre national. Par ce texte, nous faisons le choix de l’efficacité, de la transparence et de l’ambition collective. En confiant la gestion du registre à l’Inca, nous garantissons la rigueur scientifique, l’indépendance et la valorisation des données au service de tous les Français. Sans surprise, eu égard à mes précédents travaux et aux côtés de la fédération Grandir sans cancer et de l’association Eva pour la vie, je voudrais également appeler votre attention sur le sujet des cancers pédiatriques, parent pauvre de la recherche.”
“Au moment où notre assemblée s’apprête à se prononcer définitivement sur la proposition de loi visant à créer un registre national des cancers, le groupe Horizons & indépendants souhaite rappeler la portée essentielle de ce texte, adopté par le Sénat et que nous avons eu à cœur de ne pas modifier pour qu’il soit voté conforme et entre en vigueur le plus rapidement possible. Face à la réalité implacable du cancer, première cause de mortalité chez l’homme, deuxième chez la femme, avec près de 400 000 nouveaux cas chaque année dans notre pays, il est urgent de doter la France d’un outil qui soit à la hauteur de l’enjeu. Jusqu’à présent, la fragmentation de nos registres, couvrant à peine un Français sur cinq, représentait une faiblesse majeure pour notre politique de prévention et de suivi ainsi que pour les travaux de recherche.”
“Quelle politique de soutien à l’investissement souhaitez-vous défendre ?”
“Il ne sert à rien d’évoquer la nationalisation si le marché ne permet pas d’écouler la production ; ce qui n’est pas viable pour l’usine ArcelorMittal de Dunkerque ne le sera pas plus pour une usine nationalisée. Cela revient simplement à créer une nouvelle chimère au détriment des salariés. Nous ne souhaitons pas que nos usines ferment en raison d’une réaction politique trop lente. Il faut donc une volonté politique au niveau européen, et la France doit jouer tout son rôle. Il est urgent de protéger notre marché et nos emplois. Monsieur le ministre, nous avons besoin de réponses rapides : comment la France compte-t-elle s’investir dans le plan d’urgence européen pour la sidérurgie ? Quelle stratégie entendez-vous promouvoir en matière de tarification de l’hydrogène et de l’électricité, ressources indispensables à la décarbonation ?”
“La hausse de 50 % des droits de douane aux États-Unis aura des effets pervers sur l’Europe : les 27 millions de tonnes d’acier asiatique initialement destinées aux États-Unis risquent d’être en grande partie déroutées vers le marché européen. La Commission européenne a présenté un plan d’action pour l’acier et les métaux grâce auquel elle entend sauver la sidérurgie sur le continent en limitant les importations à 15 % de la demande. Mais ce ne sera pas suffisant. Il nous faut parvenir à un rééquilibrage des prix en réformant la taxe carbone, à laquelle sont assujettis les producteurs européens, afin que les aciers importés y soient également soumis.”
“Mais les prix historiquement bas de l’acier sabordent les efforts de décarbonation. Pour décarboner notre acier, il nous faut un prix de l’hydrogène adapté et une tarification de l’électricité soutenable, mais il n’y aura pas de décarbonation s’il n’y a pas de marché. Pire, faute de décarbonation, l’augmentation des capacités, que l’on estime à 40 %, passera par les hauts fourneaux, qui émettent beaucoup de gaz à effet de serre – presque quatre fois plus que les fours électriques. Cela nous condamnerait à de fortes émissions pendant des décennies. Résister à la concurrence, enrayer les effets du dumping pratiqué par la Chine revient à fermer nos frontières, ce qui jusqu’ici n’était pas un réflexe au niveau européen.”
“Cette situation n’est pas seulement catastrophique pour les producteurs d’acier, mais emporte dans son sillage les industries consommatrices d’acier en aval, telles que le secteur automobile ou la fabrication de machines, qui subissent également les effets des excédents de capacité à l’échelle planétaire étant donné que les aciers moins chers donnent des avantages non marchands injustes aux concurrents situés dans les pays à l’origine des surcapacités mondiales. En France, le secteur automobile représente deux tiers de la demande d’acier. À Dunkerque, 70 % de la production de l’usine ArcelorMittal est destinée à ce secteur. Pour garantir la pérennité de cette production, il faut la faire entrer dans l’ère de la décarbonation en installant des fours à arc électrique. La sidérurgie est en effet à l’origine de 8 % des émissions de CO 2 .”
“Cela conduit l’organisation à réclamer « un terrain de jeu aussi équitable que possible », ce qui implique de se doter de protections contre les importations de cet acier surabondant et de surcroît sur-subventionné, et d’en finir avec la naïveté. Pire, détaille le rapport de l’OCDE, ce subventionnement généralisé fausse l’ajustement normal du marché, ce qui conduit les producteurs à maintenir une production élevée, au risque d’entretenir en retour la surproduction – c’est un cercle vicieux.”
“L’acier trop bon marché fait baisser les prix et saborde la rentabilité des producteurs », notamment celle des Européens, dont les coûts de production sont beaucoup plus élevés que ceux de leurs concurrents asiatiques en raison du coût de la main-d’œuvre et de l’énergie ainsi que de la taxe carbone. La loi de l’offre et de la demande est d’autant plus handicapante que l’acier est l’un des produits les plus subventionnés au monde. Je cite une nouvelle fois le secrétaire général de l’OCDE, qui estime que les taux de subvention de l’acier en Chine – la part de ces aides dans le revenu des producteurs – sont dix fois supérieurs à ceux pratiqués dans les économies de l’OCDE.”
“D’après son secrétaire général, Mathias Cormann, c’est d’autant plus problématique qu’« entre 2025 et 2027, on s’attend à de nouvelles surcapacités de 165 millions de tonnes, soit 6,7 % de hausse, alors que la demande va augmenter de moins de 1 % ». L’offre sera donc plus importante, mais la demande, guère plus. Cet écart entre offre et demande ne fait qu’alimenter la croissance de la surcapacité mondiale, qui dépasse déjà 600 millions et atteindra 700 millions d’ici à 2027. Selon les spécialistes de l’OCDE, « cette surcapacité a des incidences sur la viabilité de ce secteur.”
“Lors de son audition devant l’Assemblée nationale, Alain Le Grix de la Salle, président d’ArcelorMittal France, a rappelé que le prix moyen d’une telle bobine était passé de 750 euros la tonne au début de l’année 2024 à 550 euros à la fin de la même année. Il explique : « Cette baisse de prix de 25 % s’explique par la pression et la destruction de notre marché par les importations. Nous ne pouvons plus compenser la baisse d’activité par des exportations. » C’est donc aussi une question de concurrence déloyale puisque la situation s’apparente à une compétition à laquelle participeraient des sportifs dopés – en l’occurrence les producteurs implantés en Asie. Selon l’OCDE, la capacité mondiale de production d’acier s’élevait l’an dernier à 2,4 milliards de tonnes, quand la demande plafonnait à 1,8 milliard.”
“Nous nous accordons tous sur le fait que l’industrie de l’acier traverse sans doute sa pire crise depuis la crise financière de 2008, que cette activité cruciale pour notre souveraineté se trouve au bord du gouffre et que des dizaines de milliers d’emplois sont plus que jamais menacés. C’est un phénomène majeur, aux implications mondiales et particulièrement européennes et françaises. Les causes en sont multiples et connues de tous. C’est avant tout une question de marché. Vous avez tous évoqué l’usine de Dunkerque, et je m’en réjouis en tant que député de cette ville, avec Julien Gokel. Cette usine produit principalement des bobines laminées à chaud.”
“Arrêtez de parler et on gagnera du temps !”
“Je demande une suspension de séance, monsieur le président. (Vives exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur plusieurs bancs des groupes SOC et EcoS.)”