Paul Christophe
HOR · France
“Comme si nous le savions tous. Comme si nous l’avions collectivement intégré. Notre usage des mots a certes changé. On ne parle plus de « viol légal » ou de « présomption de consentement ». Mais visiblement, encore aujourd’hui, les mots « devoir conjugal » évoquent une soumission des femmes à laquelle nous nous sommes trop habitués.”
“Entre 1962 et 1984, plus de 2 000 mineurs originaires de La Réunion ont été déplacés vers la France hexagonale. Pris en charge par l’aide sociale à l’enfance, ces enfants ont été envoyés dans des départements métropolitains, principalement ruraux.”
“Le juge utilisera même contre elle son propre dépôt de plainte pour violences conjugales, afin de caractériser un prétendu manquement à ses obligations matrimoniales. Imaginez la violence d’un tel jugement pour cette femme.”
“Je vous remercie toutes et tous parce que ce sujet nous a rassemblés autour d’un vote unanime. Par les temps qui courent, ce n’est pas courant. Cela signifie aussi que cette cause avait tout son sens et je suis très heureux d’avoir pu la défendre avec Marie-Charlotte Garin.”
“En effet, madame Leboucher, nous avons déjà eu cette discussion en commission et vous ne serez pas surprise par mes arguments. Nous nous sommes interrogés sur l’inscription de cette mention dans le texte puisque nous avons, dans le cadre des auditions, entendu des associations auxquelles nous avons toutes et tous rendu hommage dans la dis…”
“Imaginez cette voisine que vous entendez crier de douleur. Imaginez-la cacher ses marques aux regards indiscrets de personnes qui ne viendront pourtant pas l’aider. Imaginez le courage dont elle fait preuve en se rendant seule au commissariat.”
The complete record
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“Même si je ne parle pas du sujet, j’ai le droit d’exploiter ces deux minutes, ne vous en déplaise. Je ne suis certainement pas le premier à subir vos prises de parole excessives. Vous pouvez au moins m’offrir ces deux minutes de parole.”
“J’espère bien que vous m’écoutez, et sans que j’aie besoin de forcer la voix.”
“Laissez-moi parler deux minutes, alors. Même s’il n’en reste plus qu’une, je l’exploiterai jusqu’au bout !”
“Écoutez, j’ai cinq minutes pour les explications de vote, non ?”
“…mais de proposer d’autres appréciations de l’expression de ce droit.”
“Désolé, mais j’ai le droit de m’exprimer. Votre petite manœuvre, nous l’apprécions à sa juste valeur. Souffrez cependant que je donne mon appréciation de ce que vous proposez ce soir en catimini, en déposant au dernier moment une motion de rejet fondée sur des arguments fallacieux. Il ne s’agit absolument pas de priver les prisonniers de leur droit de vote…”
“Voilà La France insoumise qui retombe dans ses travers : vous dénoncez un déni de démocratie, si j’ai bien compris.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe HOR.) Où en sommes-nous ? Pourquoi ce texte n’est-il pas inscrit par le gouvernement à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, malgré un avis favorable de votre garde des sceaux ? Comment justifier de ne pas voir aboutir ces mesures concrètes, nécessaires et attendues ? Gardons-le à l’esprit : sans une justice efficace, pas d’ordre, pas de confiance, pas de lien social. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR.)”
“Et le moins qu’on puisse dire, c’est que l’institution va mal. » Nous nous égarons dans une bataille sémantique inutile, alors que seule compte la réponse pénale. Nous, nous croyons résolument qu’une peine courte, ferme et immédiate a plus d’impact qu’un bracelet ignoré. Avec Loïc Kervran, nous avons fait des propositions concrètes visant à enfin faire exécuter les peines d’emprisonnement ferme et à permettre les courtes peines. Cette proposition de loi a même été adoptée par l’Assemblée nationale. Mais où en sommes-nous ? Allez-vous faire en sorte que ce texte soit examiné au Sénat ? Avec Naïma Moutchou, nous avons défendu un texte visant à restaurer l’autorité de l’État. Disons-le aux Français : ce texte aurait permis de condamner plus fermement les agresseurs de nos policiers et de nos sapeurs-pompiers de ce week-end.”
“Monsieur le premier ministre, notre pays en est-il arrivé au point de voir chaque effusion de joie, chaque ferveur nationale être entachée, polluée par des débordements – pire, des délits et des crimes – qui viennent gâcher la fête ? Quel est le bilan après la victoire du Paris Saint-Germain ? Nos policiers et nos sapeurs-pompiers ont été violemment agressés. Nos concitoyens sont terrorisés face à la violence de notre société, violence que nous ne parvenons pas à endiguer : 600 personnes interpellées, des dégradations matérielles majeures à Paris et ailleurs, plusieurs décès : des drames de trop ! Nous devons nous battre sur les sujets qui comptent. À Horizons, nous refusons l’inaction. Pour reprendre les mots d’Édouard Philippe : « La justice, c’est à la fois une valeur et une institution.”
“Sans surprise, le groupe Horizons & indépendants votera le texte qu’il défend. Il propose une meilleure reconnaissance du métier d’orthophoniste, grâce à laquelle le nombre de diplômés va augmenter, et il vise à une meilleure répartition géographique des orthophonistes – qui sont dans le même cas que les médecins dont nous avons discuté hier. Vous connaissez les travaux sur les enfants victimes de troubles du neurodéveloppement, enfants dont les besoins ne sont toujours pas satisfaits. Il s’agit aussi de répondre aux besoins identifiés chez les adultes. Je saisis l’occasion qui m’est offerte pour féliciter notre groupe de l’adoption de trois textes en une journée et pour remercier tous ceux qui les ont votés. (Applaudissements sur les bancs des groupes HOR, EPR et Dem. – Mme la rapporteure applaudit également.)”
“Vous instrumentalisez ce débat, j’ai honte pour vous.”
“Nous voulons une société plus juste, où coexistent la considération de la victime et le respect des droits de la défense. Tous ensemble, exprimons-le. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR et sur quelques bancs du groupe EPR. – Mme Brigitte Barèges applaudit aussi.)”
“Encore une fois, bien que le droit français ait été clarifié, trop de plaintes ne sont pas prises en compte, au motif de l’insuffisance présumée des blessures subies, qu’elles soient physiques, sexuelles ou psychologiques. Les faits ne seraient pas si graves ; ce n’est pas la peine de faire une enquête, et encore moins un procès, car la société a déjà tranché. Le sexisme est tenace, mais nous aussi. Continuons à lutter pour une société où chaque individu est respecté et où les droits ne sont pas seulement inscrits dans la loi, mais aussi vécus au quotidien. C’est notre responsabilité, notre héritage, notre choix. Je crois à la prise de conscience évoquée par le Conseil d’État. Je suis persuadé qu’en adoptant cette proposition de résolution, notre assemblée ajoutera une pierre de plus au solide édifice que nous souhaitons construire.”
“Par là, notre société inverse les rôles en faisant culpabiliser les victimes davantage que leurs agresseurs. Soyons clairs : de façon plus ou moins assumée, notre société fait injustement porter aux femmes la responsabilité des actes des hommes. Nous avons tous entendu des phrases telles que : « Après tout, elle l’a épousé. », « Elle n’avait qu’à moins boire. », « Elle n’avait qu’à porter plainte. » ou « Elle l’a bien cherché. » Ces petites phrases qui résonnent, encore trop souvent, dans nos esprits ou nos conversations, ne sont ni sans importance ni sans conséquences : elles se traduisent de façon concrète dans la vie des femmes.”
“Nous ne voulons pas d’un mariage qui assure une relation régulière, presque marchandée. Cela serait d’une tristesse infinie, vide de sens et de respect mutuel. Nous devons mettre un terme à cette hérésie. Toutefois, l’exemple que nous venons de présenter n’est malheureusement que la partie émergée de l’iceberg qui nous cause tant de tort. De la plainte au verdict, de la libération de la parole à son commentaire, notre société tout entière recherche sans cesse des circonstances atténuantes à l’agresseur. En questionnant le passé sexuel de la victime, ses mœurs, ou encore sa tenue vestimentaire le jour de son agression, notre culture explique aux femmes qu’elles devraient se soumettre aux désirs des hommes ou, au moins, ne pas se plaindre des violences qu’elles subissent.”
“Que la France rende encore des jugements tels que celui qui lui a valu d’être condamnée très récemment par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) – un divorce avait été prononcé aux torts exclusifs d’une épouse en raison de son refus d’entretenir des relations sexuelles avec son mari – m’est insupportable. Cela révèle le poids du droit canonique dans notre culture, choisi au détriment de la liberté sexuelle de tous et du droit de chacun à disposer de son corps. Malgré la reconnaissance du viol conjugal par le droit français depuis le début des années 1990, certaines de nos plus hautes instances continuent de rendre des décisions instaurant, de fait, une obligation sexuelle qui serait présumée d’office par le mariage. Le sexisme est tenace, mais moi aussi. Je refuse de croire que c’est dans cette société que nous aspirons à vivre.”
“C’est lui encore qui, en 1965, décide de réformer le régime matrimonial et d’accorder ainsi aux femmes le droit de travailler, d’ouvrir un compte bancaire et de gérer leurs biens propres sans avoir à demander l’autorisation de leur mari. Le Général croyait au respect de la dignité humaine et aux droits individuels, une conviction qu’il nous revient de faire vivre et prospérer. Mes chers collègues, c’est pour que nous puissions collectivement poursuivre ce travail que j’ai déposé cette proposition de résolution et que je suis favorable à la proposition de loi visant à modifier la définition pénale du viol qui sera examinée ensuite. Le consentement doit être au cœur de nos relations.”
“La prise de conscience collective sur la question cruciale du consentement nous appelle à interroger notre héritage culturel. Trop souvent encore, notre culture glorifie des rapports de domination, où la violation des droits des femmes est non seulement valorisée, mais institutionnalisée. Face à cette réalité, nous avons le devoir de choisir quelle culture nous souhaitons défendre et quel héritage nous voulons nous-mêmes transmettre aux générations futures. Pour ma part, je choisis de suivre l’exemple du général de Gaulle. Bien qu’il soit rarement cité pour cela, le général était de ces hommes qui rêvent d’une société plus juste et égalitaire. En avril 1944, c’est lui qui signe l’ordonnance accordant le suffrage universel aux femmes, leur permettant de voter pour la première fois de leur histoire aux municipales de 1945.”
“Comment la France compte-t-elle s’investir dans le plan d’urgence européen pour la sidérurgie, annoncé depuis plusieurs semaines, attendu par la filière et nécessaire au soutien des efforts de décarbonation ? (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR et sur quelques bancs du groupe EPR.)”
“Nous ne voulons pas que nos usines ferment faute de réaction politique rapide. Nous devons protéger l’acier français et européen. Je salue au passage la mobilisation de Patrice Vergriete, président de la communauté urbaine de Dunkerque, sur ce dossier. Pour décarboner notre acier, il nous faut un prix de l’hydrogène adapté et une tarification de l’électricité soutenable. Nous devons apporter une réponse à la concurrence internationale qui vient directement menacer notre souveraineté industrielle. Sans décarbonation, il n’y a pas d’avenir pour la production d’acier en France. Aussi, quelle stratégie entendez-vous défendre en matière de tarification de l’hydrogène et de l’électricité ?”
“Les salariés de la sidérurgie, les dockers et tous les habitants du dunkerquois sont inquiets de l’avenir d’un fleuron de notre économie, ArcelorMittal, et de son usine de sidérurgie. Plus de 10 000 emplois directs et indirects sont aujourd’hui menacés. Quel est l’avenir de cette activité alors que le groupe vient d’annoncer la suspension de son projet de décarbonation et une délocalisation partielle des fonctions support ? Ce projet titanesque de décarbonation est une chance immense que notre territoire ne doit pas laisser passer. Il représente un investissement de 1,8 milliard d’euros, dont 850 millions de soutien de l’État, et vise à construire la filière de l’acier vert de demain. Cependant, la sidérurgie européenne est en crise. Le niveau de la demande et des prix remet en cause cet investissement.”
“Je ne vois donc pas pourquoi la question de l’enrichissement sans cause, qui ne s’était pas posée alors, serait maintenant d’actualité. Comme l’a dit le rapporteur, ces subventions sont proposées sur des montants hors taxes. Il ne s’agirait donc pas de financer deux fois la TVA, une première fois par les subventions, une seconde par le remboursement au titre du FCTVA. (M. Arnaud Simion applaudit.)”
“Permettez-moi de soulever deux points. D’abord, il faut entendre le besoin d’assouplissement des dispositifs administratifs – nous débattions hier de la simplification de l’octroi des licences IV. Or l’amendement nous renverrait à un nouvel examen de l’éligibilité des projets par le préfet. Au moment où nous parlons de confiance à l’égard des élus locaux, notamment en matière de financement de projets, il me semblerait dissonant d’ajouter une nouvelle strate administrative, en l’espèce préfectorale. Ensuite, nous devrions tous nous accorder pour permettre aux collectivités de mobiliser jusqu’à 95 % de subventions. Mon collègue Philippe Fait m’a rappelé que, pour subvenir aux besoins des collectivités victimes des inondations de l’hiver dernier, nous sommes montés jusqu’à 100 %.”
“La sécurité de l’Europe, ce n’est pas seulement la défense des intérêts des Européens : c’est la protection d’un modèle et de valeurs communes. C’est réaffirmer, face au retour des impérialismes, que certains se battront toujours, résolument, pour la souveraineté des nations et pour les droits et libertés fondamentaux. Les membres du groupe Horizons & indépendants seront de ceux-là, à vos côtés. (Applaudissements sur les bancs des groupes HOR, EPR, DR, Dem et LIOT.)”
“C’est à cette condition que nous pourrons définir les contours d’une défense commune. Sur ce point, nous ne pouvons nous contenter de mots : trop a été dit, pas assez n’a été fait. Cela exige de renforcer les effectifs de nos armées et la culture de défense de nos populations. Cela nécessite aussi d’amorcer un dialogue avec nos partenaires sur la dissuasion nucléaire. Nous ne chercherons pas à créer une armée européenne – c’est une chimère – ni à faire de l’Europe une nouvelle puissance guerrière. Nous voulons donner à l’Europe les moyens de faire respecter ses intérêts là où ils sont menacés ; nous voulons nous donner la capacité, en Européens, de protéger nos concitoyens, leurs libertés individuelles, l’État de droit et la démocratie. C’est là que réside la force de l’Union européenne.”
“La sécurité des Européens sera d’autant mieux garantie que l’Europe parlera d’une seule voix sur la scène mondiale.”
“La France a raison de pousser pour que les initiatives européennes censées permettre la montée en puissance des dépenses militaires en Europe soient orientées en priorité vers l’industrie de défense européenne. Ensuite, il nous faudra augmenter nos dépenses militaires. Cela devra forcément s’accompagner d’une maîtrise des dépenses publiques. S’il est opportun d’exclure les dépenses militaires des critères de Maastricht et d’emprunter en commun pour faire face à la crise, on ne pourra faire ni l’un ni l’autre sans restaurer d’abord la crédibilité et l’efficacité de l’action publique. Il n’y aura pas d’ordre dans le monde sans ordre dans les comptes. Enfin, il nous faut réformer l’Union européenne. La communauté européenne doit être plus efficace dans les prises de décision qu’elle ne l’est aujourd’hui.”
“Ceux qui veulent s’en défaire sont les partisans du chaos ou de la loi du plus fort ; nous pensons au contraire qu’il est seul à même de préserver la paix. Seul le droit international, garantissant le respect des droits humains et des frontières, peut apporter de la clarté dans un monde frappé par l’incertitude. Heureusement, la France n’est pas isolée dans ce combat : elle peut agir avec l’ensemble des États qui composent l’Union européenne. L’Europe est notre force. Divisés, nous sommes à la merci des géants de ce monde ; ensemble, nous sommes plus forts pour lutter contre leur impérialisme. Dans ce monde de puissances, l’Europe doit aussi en faire plus pour assurer sa sécurité. D’abord, nous avons besoin d’une industrie de défense européenne souveraine.”
“Faire preuve de réalisme, c’est aussi assumer le retour de la guerre. Lorsque les nations ne peuvent plus compter sur le droit international, la logique guerrière reprend le dessus. La guerre redevient une simple continuation de la politique par d’autres moyens. Oui, c’est bien la guerre des siècles derniers, celle qui est menée pour le contrôle de territoires et de ressources, que nous avons trop longtemps laissé sévir aux portes de l’Europe sans nous soucier de savoir si elle pouvait revenir en son sein. Pour nous adapter à cette réalité, il nous faut défendre les intérêts de la France. Or nos intérêts reposent sur deux piliers : la protection d’un ordre international fondé sur le droit ; une Europe forte et autonome. Notre pays doit s’appuyer sur le droit international.”
“Gardons-nous de nier l’influence de notre allié d’outre-Atlantique sur la marche du monde : c’est toujours la première économie mondiale ; la majorité des transactions s’effectuent en dollars ; les nouvelles technologies et les réseaux sociaux sont largement dominés par les entreprises américaines – il faudra d’ailleurs continuer de protéger les Européens face à leur domination dans ces secteurs. L’exécutif américain le dit clairement : ce sera l’Amérique d’abord, l’ordre du monde après. Il voit la diplomatie comme un jeu à somme nulle, dans lequel jouer la partition du multilatéralisme est une perte de temps et d’argent. Il en va de même pour le commerce international : seule compte leur balance commerciale. À nous, Européens, d’en prendre acte et de défendre à notre tour notre économie et notre industrie.”
“Faire preuve de réalisme, c’est reconnaître que des États, au premier rang desquels la Russie, la Chine ou même les États-Unis, peuvent vouloir remettre en cause le multilatéralisme et faire usage de la force dans l’unique but de faire avancer leurs intérêts. Pour éviter le chaos, deux choix s’offrent alors à nous : la soumission à une puissance hégémonique ou l’adhésion à un ordre du monde fondé sur la règle de droit. Récemment encore, les États-Unis étaient les garants de la sécurité de bon nombre de nos partenaires européens ; beaucoup en ont profité pour asseoir leur économie sur les dividendes de la paix. Mais il est évident que les Américains ne veulent plus assurer ce rôle.”
“Ce sont des attentes légitimes ; la France et l’Europe devront prendre toute leur part à ce travail, pour dissuader la Russie de toute violation future. Mais à court terme, une trêve est nécessaire. À défaut d’un accord de paix crédible dans les prochaines semaines, l’Union européenne et les États membres devront continuer, aussi longtemps que nécessaire, à soutenir militairement et économiquement l’Ukraine. Il y va de notre survie et de celle de nos valeurs. Ce qui se joue sur le sol ukrainien dépasse largement la Russie et l’Ukraine. Le monde d’après le 24 février 2022 rappelle à nos consciences la politique étrangère du siècle dernier, celle d’avant la création des Nations unies et la consécration d’un système international fondé sur le droit. Un tel monde nous impose de faire preuve de réalisme.”
“Alors que l’extrême droite comme l’extrême gauche ne cessent de témoigner d’un vague soutien à l’Ukraine, les uns par complicité avec la Russie, les autres par naïveté, nous devons au contraire faire preuve de fermeté. Nous le devons d’abord pour que l’Europe prenne toute sa place dans ce processus comme premier soutien de l’Ukraine. Nous le réaffirmons : aucun accord ne doit être signé sur la base d’une capitulation de l’Ukraine et de la soumission de tout un peuple. Ce n’est pas à l’Ukraine de payer de ses ressources minières la guerre provoquée par la Russie. C’est à la Russie de payer, et nous la ferons payer en nous donnant les moyens d’utiliser les avoirs russes gelés. Nous devons faire preuve de fermeté aussi pour que tout accord de paix donne suffisamment de garanties de sécurité à l’Ukraine.”
“Malgré un discours plein de patriotisme et d’emphase, le peuple français serait vendu au plus offrant – une sorte de capitulation avant l’heure, comme un air de déjà-vu.”
“Humiliation de nos alliés et complaisance avec nos ennemis, c’est donc ça, la diplomatie que mettrait en œuvre l’extrême droite si elle parvenait au pouvoir en France ?”
“…nous ne passerons pas au-dessus des souffrances du peuple ukrainien, comme vous l’avez appelé de vos vœux ! Non, madame Le Pen, ce qui s’est passé n’est pas chose normale !”
“La vérité, c’est que la Russie s’est rendue coupable de milliers de crimes de guerre. La vérité, c’est que la Russie continue de bombarder l’Ukraine et ne manifeste aucune volonté de faire la paix. La vérité, c’est que la Russie a commencé cette guerre seule et qu’elle se trouve désormais des alliés inattendus. Qu’il est désolant de voir qu’un autocrate, à l’origine de tant de malheurs et de morts, a droit à tant de courbettes, de mots doux et de signes d’affection, quand on témoigne si peu de respect à un chef d’État qui subit, avec son peuple, les pires atrocités ! Les seuls à défendre l’attitude méprisante du président Trump et de son vice-président – il faut se le dire –, c’est l’extrême droite. Non, madame Le Pen,…”
“L’Ukraine n’est pas battue. Elle est trahie. Voilà ce qui ressort de la séquence dont nous avons été témoins vendredi soir. L’Ukraine est trahie par un exécutif américain qui humilie, sans aucune honte ni gêne, un président et, à travers lui, tout un peuple, qui se battent pour leur survie depuis plus de trois ans. Nous, Européens, ne trahirons pas l’Ukraine. C’est bien avec elle que nous devons repenser la sécurité en Europe. Nous avons été mis devant le fait accompli d’une négociation menée entre l’administration américaine et le régime de Vladimir Poutine ; nous entendons les discours de l’administration Trump se parer des mots de la propagande russe ; il nous est donc nécessaire de dire la vérité. La vérité, c’est que, dans ce conflit, il y a un agresseur, la Russie, et un peuple agressé, l’Ukraine.”
“Ils vous disent qu’ils sont les défenseurs des plus modestes, des femmes, des familles, mais ils refusent d’adopter un budget de la sécurité sociale qui les protège avant tous les autres, car les plus aisés n’ont pas besoin de la solidarité nationale. Pour notre part, nous disons non à la censure, mais oui au dialogue franc et sincère, dans une situation politique inédite où aucun bloc ne peut avoir l’arrogance de décider seul. Mes chers collègues, croyez-moi, il y va de la crédibilité de la France ! (Applaudissements sur les bancs des groupes HOR, Dem et sur quelques bancs du groupe EPR.)”
“Ils ne représentent pas l’avenir que nous voulons pour notre pays. Je le dis aux Français, viscéralement attachés à ces valeurs de solidarité, de justice, d’égalité : en déposant cette motion de censure, ceux qui vous font tant de promesses dévoilent au grand jour qu’ils vous mentent. Ils vous disent que les dépenses peuvent être infinies et qu’il y aura toujours des recettes nouvelles pour couvrir leurs promesses électorales – taxer la croissance, tout en promettant la décroissance. Ils vous disent qu’une loi spéciale est un budget comme un autre, alors qu’elle ne permet pas à nos services publics de fonctionner jusqu’à la fin de l’année.”
“La France traverse une période de crise ; c’est aussi une chance, que nous devons saisir, de nous réinventer. Ce PLFSS est un pas dans la bonne direction, puisqu’il répond aux urgences immédiates. Nous ne pouvons nous permettre de soutenir une motion de censure qui ne ferait que nous maintenir dans l’incertitude et l’instabilité. Avec le groupe Horizons & Indépendants, que j’ai l’honneur de présider, nous croyons en la force du dialogue, en la puissance du compromis. Nous croyons en une France capable de surmonter les défis, de se relever et de prospérer, une France de progrès, de justice et de solidarité, une France où chacun a sa place, où chacun contribue à juste proportion à la richesse et à la solidarité collectives, et en bénéficie en un juste retour. Ceux qui soutiendront cette motion de censure ne partagent pas cette vision.”
“En permettant l’obtention d’arrêts maladie via un simple questionnaire en ligne, sans réelle consultation, ces plateformes compromettent la santé publique et le principe de responsabilité médicale. Nous sommes face à un tournant décisif pour notre nation. Nous devons choisir entre l’unité et la division, entre la solidarité et l’égoïsme partisan. Ne nous laissons pas entraîner dans des débats stériles qui ne font que nous diviser davantage. Ne cédons pas aux tentatives de ceux qui cherchent à nous détourner de notre objectif commun : une France forte et solidaire. Nous devons nous concentrer sur l’essentiel : soutenir notre système de solidarité, garantir la continuité de nos services publics et assurer un avenir meilleur pour tous les citoyens.”
“Ces postures sont dangereuses car elles minent la confiance des concitoyens en notre capacité à gouverner et à répondre à leurs attentes. Il est donc de notre responsabilité, en tant que représentants du peuple, de dépasser ces alliances négatives, de construire des ponts entre nous. Ce PLFSS doit nous y inciter. Fruit d’un compromis, il n’est parfait pour personne, et pas davantage pour le groupe Horizons & Indépendants. La troisième partie de ce projet de loi est cruciale pour assurer la pérennité et l’efficacité de notre système de santé et de solidarité. Dans ce contexte, nous saluons la hausse de 3,3 % de l’Ondam. Je souhaiterais également insister sur l’article 16 bis F, issu d’une proposition de notre groupe, qui vise à interdire les plateformes numériques délivrant des arrêts de travail en ligne contre rémunération.”
“En effet, dans ce budget, des dépenses, il y en a – plus de 660 milliards pour l’ensemble des régimes obligatoires de base de la sécurité sociale. Je ne peux donc pas vous laisser dire que ce budget est un budget d’austérité ! Les résultats des élections législatives ont révélé une réalité incontournable : aucun groupe politique ne peut prétendre, à lui seul, construire l’avenir de notre pays. Cette diversité d’opinions, loin d’être une faiblesse, est le reflet de la richesse de notre démocratie. Elle nous oblige à l’humilité et au dialogue. À l’opposé du dialogue, nous avons vu des coalitions se former, non pas autour de projets communs mais dans le seul but de censurer, de bloquer, sans proposer d’alternative viable.”
“L’espoir d’un retour de la confiance, tant chez nos concitoyens que chez les investisseurs et chez nos partenaires économiques, grâce à un budget enfin adopté, qui rétablisse la prévisibilité nécessaire à la préservation de l’emploi et à la création de richesses. L’espoir enfin d’un renforcement de la solidarité, car ce budget marque un engagement fort en faveur de notre système de santé et de protection sociale, avec, notamment, le triplement du fonds d’urgence pour les Ehpad, qui s’élève désormais à 300 millions d’euros, ce qui permettra de mieux accompagner nos aînés dans des conditions dignes, ou encore les 270 millions d’euros qui permettront d’apporter de nouvelles solutions aux personnes en situation de handicap.”
“Nous voilà réunis pour discuter, une dernière fois je l’espère, d’une motion de censure du groupe La France insoumise, déposée pour rejeter le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025. Aujourd’hui, après quatre engagements successifs de la responsabilité de ce gouvernement, se dessine la fin d’un long périple budgétaire, laissant place à une lueur d’espoir. Un espoir de stabilité, car nous aspirons à un exécutif capable de durer et de restaurer la confiance des citoyens dans nos institutions. La stabilité s’avère essentielle pour aborder les réformes qui permettront de redresser durablement notre pays.”
“…garantir la stabilité institutionnelle et agir avec responsabilité. C’est pourquoi, monsieur le premier ministre, le groupe Horizons & indépendants vous soutient et ne votera pas cette motion de censure. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR. – M. Roland Lescure applaudit également.)”
“…doivent nous rappeler que le débat démocratique exige du courage et de la lucidité, et qu’il nous faut toujours préférer l’exigence du devoir à la facilité de l’immobilisme. Notre engagement est clair : défendre les intérêts des Français,…”
“Celles et ceux qui soutiennent cette motion de censure ne s’intéressent pas à la France, ils poursuivent seulement un but politique, celui de prendre le pouvoir en semant le chaos – mais à quel prix ? Si cette motion était adoptée, ce serait à court terme une catastrophe pour nos finances publiques, pour nos entreprises, pour chacun de nos concitoyens. (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Vous le savez très bien ! Nous avons déjà mesuré le coût de la première censure de décembre. Nous savons combien il en coûterait à notre pays si cela devait se reproduire.”