Boris Vallaud
SOC · France
“L’urgence agricole est là, dans la canicule qui s’abat sur les cultures et les élevages, dans l’effondrement des rendements, dans les pénuries d’eau. Chez moi, dans les Landes, des milliers d’hectares n’ont pas été remis en culture, jamais le revenu agricole n’a été si bas et les récoltes s’annoncent catastrophiques.”
“…et en refusant d’écarter la question des pesticides ; en interdisant le débat parlementaire sur ce sujet, contrairement à vos propos du matin, et en semant le doute jusque dans vos propres rangs ; en mettant dos à dos l’agriculture et l’environnement, les agriculteurs et le reste de la société, et en prenant ainsi le risque d’ouvrir une…”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Vous passez à côté des urgences car la crise agricole est d’abord, et doublement, une crise environnementale, du fait du réchauffement climatique et de la perte de biodiversité.”
“Voilà aussi pourquoi nous sommes clairement attachés à l’autorité de la science libérée de toute pression politique et nous n’avons jamais souhaité la réintroduction de molécules (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – Mme Dominique Voynet applaudit également) – tout le reste est mensonge.”
“Depuis des années, les faits s’accumulent, vous répondez par des mesures à court terme ou des sanctions individuelles. Tout cela n’est pas à la hauteur des enjeux : c’est une réforme d’ampleur dont nous avons besoin.”
“(Mêmes mouvements.) Le prérapport reprend des préconisations de cette proposition de loi, tout comme les dizaines de rapports de nos commissions d’enquête ou de la Ciivise. Nous voulons son inscription à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, non à une vague échéance lointaine, mais à une date précise et proche.”
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“…au rétablissement de la souveraineté de l’Ukraine dans ses frontières de 1991, aux sanctions les plus fortes contre la Russie, à la demande d’adhésion à l’Union européenne, à l’effort de guerre et à l’envoi des armes nécessaires à sa victoire. C’est avec la même force et la même exigence que nous affirmons au gouvernement qu’il ne trouvera dans nos rangs que des soutiens déterminés aux initiatives qu’il prendra afin de défendre l’Ukraine et, avec elle, l’avenir de la paix en Europe. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)”
“Depuis 2022, pas une voix socialiste n’a manqué au soutien de la résistance ukrainienne,…”
“Ils étaient hier les vrais complices de Poutine ; ils sont désormais ceux de Trump. Les socialistes, pour leur part, ne seront jamais de ceux-là. Les vrais pacifistes savent que la guerre, toujours détestable, est parfois inévitable lorsque la démocratie et la liberté cèdent à l’ivresse nationaliste et aux dictatures. Le pacifisme le plus exigeant, celui de Jaurès, ne tolère ni la servitude ni la soumission.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe SOC, ainsi que sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Depuis le premier jour de l’invasion de l’Ukraine, nous savons que cette guerre est aussi la nôtre : il s’agit d’une guerre en Europe et contre l’Europe. Une guerre contre la liberté, contre la démocratie, contre le droit, contre l’ordre international, contre l’Union européenne vers laquelle les révolutionnaires de Maïdan tournaient déjà leurs espoirs. Il s’agit d’une guerre militaire par nature, mais idéologique par destination. Bien sûr, des voix s’élèveront probablement, jusque dans cet hémicycle, pour me contredire, émanant de faux pacifistes prêts à une fausse paix, qui cherchent de fausses excuses à l’agresseur russe.”
“Depuis plus de trois ans, la résistance ukrainienne s’oppose avec un courage inouï et une détermination inébranlable à l’agression russe. Elle pleure ses disparus, enterre ses morts, observe le désastre immense de ses villes et de ses villages détruits ; elle ravale ses larmes et reprend inlassablement les armes parce qu’elle sait sa cause juste et qu’elle n’a d’autre choix, pour vivre libre, que la victoire. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.) C’est au peuple ukrainien que je voudrais exprimer notre reconnaissance et adresser nos premiers mots : frères ukrainiens, sœurs ukrainiennes, vous n’êtes pas seuls et la France se tiendra toujours aux côtés des peuples libres.”
“Ils n’étaient pas nombreux à Londres en 40…”
“Oui, il se fonde sur l’article 100. Monsieur le ministre, c’est précisément parce qu’il y a eu confusion que la sincérité du scrutin a été altérée. (Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.) Quand on tient en considération l’expression du suffrage des députés, on doit demander et obtenir une seconde délibération. En disant qu’en cas de seconde délibération, le délai de dépôt des amendements serait à nouveau ouvert, le ministre savait parfaitement qu’il pouvait entraîner les députés dans une forme de vote bloqué. Il a donc encore une fois influencé le scrutin des députés.”
“S’il respectait cette assemblée, il aurait demandé une seconde délibération !”
“Nous avons constaté ce que pouvaient donner les promesses de M. Darmanin relatives à la transformation d’un texte au Sénat. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes SOC, LFI-NFP, EcoS et GDR. – Exclamations prolongées sur les bancs du groupe DR.) Nous ne lui faisons donc absolument pas confiance pour honorer sa promesse.”
“Il aurait donc été juste que vous le soumettiez vraiment au vote. (Protestations sur les bancs du groupe DR.)”
“Je souhaitais m’abstenir plutôt que de voter contre l’un des amendements, qui me paraissait différent.”
“Sur le fondement de l’article 100. Monsieur le président, vous ne nous regardez même pas. (« Oh ! » sur plusieurs bancs des groupes RN, LR et UDR.)”
“…qui n’a jamais été aux grands rendez-vous de l’histoire de la République. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur plusieurs bancs du groupe EcoS.) Tout ce que nous avons construit de grand… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Les députés du groupe SOC, ainsi que Mme Elsa Faucillon, applaudissent ce dernier.)”
“J’aimerais bien savoir ce qu’en pense le ministre de l’outre-mer. Il y a moins d’un an, il disait que « croire que le droit du sol est responsable de la situation insupportable que connaît Mayotte est une erreur d’analyse ». Sur ce point en tout cas, nous pouvons dire que nous sommes d’accord avec lui. Je vous rappelle que nous avons ici en partage un héritage long, ancien, conquis dans la lutte, y compris contre l’extrême droite,…”
“(Exclamations sur plusieurs bancs des groupes RN et DR.)”
“C’est la justice qui donne sa certitude à l’ordre. Et nous devrions en toutes choses, dans le moment que nous traversons, nous poser la question de savoir ce que fera demain des lois de la République la réaction si elle devait emporter le pouvoir. Notre devoir de républicains nous imposait, après les élections de juillet, une seule obligation : ne rien céder ni même concéder à l’extrême droite. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur quelques bancs des groupes EcoS et GDR. – Exclamations sur les bancs du groupe DR.) Tout le reste n’est qu’un grand mensonge. Nous ne sous-estimons pas le fait que la question migratoire taraude les Françaises et les Français, mais nous ne pouvons pas leur répondre à coups de grands mensonges, d’effets de manche et d’enflures sonores qui disqualifieront la politique et la République avec elle !”
“Je tiens à dire à nos collègues du bloc central et à Mme Moutchou qu’il ne suffit pas de se tenir droit dans ses bottes. Encore faut-il qu’il s’agisse des siennes. Or j’ai peur que vous ayez chaussé celles de l’extrême droite. (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et EcoS. – Exclamations sur de nombreux bancs du groupe DR et sur plusieurs bancs du groupe RN.) J’entends plus souvent qu’à mon tour convoquer l’ordre, mais de quel ordre parlez-vous ? Celui qui règne à Budapest ? Celui de Mme Meloni ? Celui de M. Trump ? L’ordre qui tire sa légitimité de la peur et de la terreur ? L’ordre qui s’oppose à la justice ?”
“Vous êtes de connivence avec l’extrême droite !”
“Je ne peux qu’être consterné par votre réponse et même « submergé » par la consternation. (Protestations sur les bancs des groupes RN et UDR.) Écoutez cette phrase de Rousseau : (Vives exclamations sur les mêmes bancs.) « La domination même est servile, quand elle tient à l’opinion ; car tu dépends des préjugés de ceux que tu gouvernes par les préjugés. » Si vous gouvernez avec les préjugés de l’extrême droite, nous finirons gouvernés par l’extrême droite (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR) et vous en aurez été le complice. (Les députés des groupes SOC et EcoS se lèvent pour applaudir. – Applaudissements sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et GDR.)”
“(Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et EcoS.) Monsieur le premier ministre, je vous appelle au sursaut : montrez-vous républicain et fidèle à votre famille politique, celle des démocrates chrétiens. Je vous demande d’être clair : maintenez-vous ce mot de submersion ? (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC, dont plusieurs députés se lèvent. – Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et GDR.)”
“De ces travailleurs sans papiers qui pourtant paient leurs impôts, leurs cotisations, nos retraites ? (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et EcoS. – Mme Soumya Bourouaha applaudit aussi.) De ces vies arrachées à leurs pays, à leurs familles, par les guerres, les persécutions ou la misère ? La question migratoire est une affaire sérieuse pour les Français, trop sérieuse pour se laisser dicter par l’extrême droite les termes dans lesquels on l’aborde. Ce débat mérite mieux que cette funeste coalition de l’ignorance, des préjugés et de l’opportunisme au prix de tous nos principes républicains. Tout plutôt que cet ordre qui puise ses pouvoirs dans la haine de l’autre, que la corruption de nos principes !”
“Et que dire des termes employés par votre ministre de l’intérieur ou votre ministre de la justice ? Mais d’abord, de qui parlez-vous ? De ces jeunes migrants, devenus majeurs, privés de papiers alors qu’ils sont en apprentissage ? (Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.) De cette jeune Liri, qui réside à Rouen ? De ces femmes qui s’occupent de nos enfants, de nos parents, (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et EcoS) de celles et ceux qui travaillent dans nos hôpitaux, nos Ehpad, nos crèches ? Parlez-vous de ces hommes et de ces femmes dans les cuisines de nos restaurants, sur nos chantiers, dans nos usines, comme le rappelaient le Medef ou la CPME ?”
“« Submersion » : c’est le mot de l’extrême droite partout en Europe et dans le monde. (Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.) C’est un mot qui blesse autant qu’il ment. Monsieur le premier ministre, choisissez-vous vos mots par hasard ou les avez-vous sciemment empruntés à cette extrême droite dont vous prétendez ne plus jamais vouloir dépendre ?”
“Nous souhaitons poursuivre l’examen des textes inscrits à l’ordre du jour ! (Acclamations sur les bancs du groupe SOC.)”
“(Applaudissements sur quelques bancs des groupes SOC et EcoS.) Je crois fondamentalement que ce vers quoi nous devrions revenir, c’est vers l’universalité : des droits pour tous plutôt que des allocations pour certains, avec des prélèvements sociaux et fiscaux permettant d’assurer cette redistribution. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – Mme Soumya Bourouaha applaudit également.) Personnellement, cela ne me dérange pas que le fils de Bernard Arnault bénéficie d’un repas à 1 euro dès lors que son père paie les impôts qu’il doit à la République. (Plusieurs députés des groupes SOC et EcoS se lèvent pour applaudir – Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et GDR.)”
“Ce n’est pas la première fois que nous avons ce débat dans l’hémicycle. La dernière fois, il était concomitant avec le relèvement de l’abattement sur les transmissions. D’un côté, c’était injuste socialement, de l’autre, cela ne l’était pas ; d’un côté, c’était de l’assistanat, de l’autre, c’était la reconnaissance du mérite – celui d’être un héritier. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.) Depuis plusieurs mois, nous continuons de fréquenter les banques alimentaires et les associations étudiantes – peut-être est-ce aussi votre cas – et nous n’avons pas vu se dégarnir les rangs des personnes sans rides faisant la queue devant les banques alimentaires, rangs qui s’étaient constitués pendant la crise de la covid. En réalité, faire justice à beaucoup, c’est faire injustice à personne.”
“Monsieur le premier ministre, à vous écouter, je dois vous dire que le compte n’y est pas. Où sont vos engagements, vos compromis, les avancées que les Françaises et les Français attendent et grâce auxquelles ils pourront dire de nous que nous avons été utiles à quelque chose, que nous avons servi l’intérêt général et le pays ? L’avenir politique et institutionnel de la France est entre vos mains, mesdames et messieurs du bloc central. Monsieur le premier ministre, mesdames et messieurs du gouvernement, nous avons pris nos responsabilités. À vous de prendre les vôtres. (Les députés du groupe SOC se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur quelques bancs du groupe GDR. – Mme Sandrine Rousseau applaudit également.)”
“Qu’en est-il de l’augmentation du taux des droits de mutation à titre onéreux, du bonus automobile, du prêt à taux zéro pour la construction, de cette prime pour les bailleurs bâtisseurs, de l’absence de hausse de la fiscalité sur l’électricité, de l’évolution de la fiscalité sur les rachats d’actions ?”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.) Où en est l’augmentation des dépenses d’assurance maladie, en particulier en faveur de l’hôpital public, et qu’implique-t-elle en termes de maintien ou de création de postes et de lits ? (Mêmes mouvements.) Où en est la suppression du jour de carence que vous avez évoquée ? Où en est l’annulation de la suppression de 4 000 postes d’enseignants dans l’éducation nationale ? (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC. – M. Emmanuel Maurel applaudit également.) Où en est l’augmentation considérable du budget consacré aux outre-mer que vous avez annoncée ? Nous savons l’état dans lequel se trouvent ces territoires, qui souffrent de la vie chère. Où en sont les moyens consacrés à la transition écologique, en particulier le fonds Vert, le fonds Eau, le fonds Chaleur ?”
“Je voudrais vous interroger et j’ai besoin que vos réponses soient claires. Plusieurs de vos ministres, lors des discussions que les écologistes, les communistes et nous-mêmes avons eues avec eux, ont fait des pas en avant dans le sens de l’intérêt des Français. Où en est le projet d’instaurer une contribution pérenne sur les hauts patrimoines qui ferait reposer les efforts nécessaires sur ceux qui peuvent les supporter et sont aujourd’hui les passagers clandestins de la solidarité nationale ? Où en est l’augmentation du taux de la taxe sur les transactions financières, et plus généralement du niveau de la fiscalité nouvelle par rapport à 2024 ?”
“Il n’y aura peut-être pas de consensus, mais nous demandons que cette réforme soit de nouveau examinée par la représentation nationale, afin qu’avance une cause juste. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur quelques bancs du groupe GDR. – Mme Sandrine Rousseau applaudit également.) Nous en sortirions tous grandis. Justice, solidarité, soutien à l’activité économique, relance du débat démocratique dans un parfait esprit de responsabilité : il n’y a rien dans nos demandes de déraisonnable ou d’excessif. Pourtant, monsieur le premier ministre, vous n’en avez pas dit un mot.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.) Je veux dire aussi que notre objectif demeure l’abrogation de la réforme des retraites et que nous ne saurions nous satisfaire, faute d’accord, d’un retour à la loi antérieure. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC. – Mme Stella Dupont applaudit également.) Il y aura des négociations et des propositions.”
“Nous avons la possibilité de réparer une injustice sociale infligée aux classes populaires, aux carrières longues, hachées, pénibles, à de nombreuses femmes. C’est également l’occasion d’une réparation démocratique, puisque la loi prévoyant cette réforme a été adoptée dans la brutalité politique et institutionnelle, sans débat ni dialogue social et contre l’avis des Français. Vous avez annoncé que tout était négociable, même l’âge légal de départ en retraite fixé à 64 ans. Nous demandons que cet âge change et approuvons la perspective du vote d’une loi à ce sujet avant l’été. Nous faisons confiance au dialogue social. Personne ne se déshonore à revenir devant les partenaires sociaux.”
“(Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC.) Avec la même force, nous avons pris la défense de nos services publics, au premier chef l’hôpital, mais aussi l’éducation nationale. Nous demandons davantage de moyens pour le premier et refusons les suppressions de postes qui menacent la seconde. Nous avons besoin d’un budget qui ne soit pas récessif et vienne en particulier au secours du secteur du logement, lequel s’effondre au moment même où le nombre de ceux qui veulent se loger et en sont incapables ne cesse d’augmenter. Voilà encore pourquoi nous avons demandé la suspension et la remise en chantier, la renégociation de la réforme des retraites. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC.)”
“Voilà pourquoi, dès la présentation du budget de Michel Barnier, nous avons réclamé des mesures de justice comme la réindexation des pensions – elle est acquise grâce à la gauche. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.) Nous avons aussi refusé l’augmentation du prix de l’électricité et du ticket modérateur, le déremboursement de médicaments et l’instauration de trois jours de carence dans la fonction publique. Voilà pourquoi nous avons demandé des mesures de justice fiscale au nom de la solidarité nationale et parce qu’il faut bien financer les cadeaux fiscaux qui ne l’ont jamais été depuis 2017 : à chacun selon ses moyens de satisfaire chacun selon ses besoins.”
“Je voudrais dire à la représentation nationale et, par son intermédiaire, aux Français, l’esprit qui nous a animés dans les discussions engagées avec le gouvernement. Nous n’avons eu qu’un objectif : servir le pays, être utile aux Français dans leur vie quotidienne. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – M. Philippe Vigier applaudit également.) Quelques principes simples nous ont guidés : épargner les efforts demandés à celles et ceux qui n’ont que leur travail pour vivre, les retraités, les classes moyennes, les malades, les fonctionnaires ; demander à celles et ceux qui peuvent les consentir, aux multinationales, aux grandes entreprises, les efforts que la situation exige.”
“(Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Monsieur le premier ministre, tout ce que vous ne consentirez pas aujourd’hui et demain à la gauche pour bâtir la stabilité dans la justice qu’elle appelle de ses vœux, dans le cadre des négociations que nous avons acceptées, vous finirez par le consentir à l’extrême droite sur d’autres terrains, au prix de la mise en cause de valeurs qui nous sont communes.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.) Nous devons être utiles à cette majorité introuvable ici, mais qui existe bien dans notre pays : la majorité des vies difficiles, de celles et ceux qui se désespèrent de leurs conditions de travail, de leur salaire, de leurs factures, de leur santé, de leur sécurité, de leur retraite, de leurs enfants, de leurs libertés individuelles comme de l’avenir de la planète.”
“– Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Pour nous, les choses sont claires. Personne dans cette assemblée ne dispose d’une majorité absolue. Mais voilà : le monde grince, la menace de l’extrême droite est lourde et, face aux urgences économiques, sociales, environnementales et démocratiques, il est de notre devoir d’être utiles partout et tout le temps aux Françaises et aux Français.”
“Nous continuerons de les combattre au cours des mois et des années à venir. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.) Je sais la méfiance qu’inspire d’instinct le compromis mais, instruit de l’histoire, je sais aussi qu’il ne constitue pas la part maudite de la politique, dès lors que chacun reste à sa place, nous dans l’opposition, vous dans le soutien au gouvernement. À celles et ceux qui s’interrogent voire dénoncent, parfois avec beaucoup de véhémence et de virulence, le principe même de la négociation, j’adresse ces mots du grand Jaurès, volant au secours du gouvernement Waldeck-Rousseau : « Il nous plaît [que notre parti] ne soit pas composé de ces éternels impuissants qui critiquent, chicanent, disputent et jamais n’agissent et combattent toujours trop tard. » (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC, EPR et Dem.”
“Monsieur le premier ministre, mes chers collègues du socle commun, n’imaginez pas qu’il nous soit facile ou naturel de négocier avec celles et ceux dont nous combattons les orientations depuis sept ans et demi. (Exclamations sur les bancs du groupe DR.)”
“Au moment de renverser le gouvernement de Michel Barnier, nous nous sommes adressés à nos collègues du socle commun comme je m’adresse à vous désormais, leur posant une question aussi simple que déterminante : que préférez-vous ? La laisse et le bâton des maîtres-chanteurs du Rassemblement national ou la responsabilité républicaine, au prix de négociations exigeantes avec la gauche ? (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – Exclamations sur les bancs du groupe DR.) Notre conviction est inébranlable : on ne s’allie pas avec l’extrême droite, de même qu’on ne saurait accepter qu’elle inspire la loi ou, pire encore, dicte sa loi. Tout plutôt que la corruption de nos principes communs !”
“Nous vivons dans un monde au bord du basculement, dans ce « clair-obscur d’où surgissent les monstres ». Ici comme partout, l’extrême droite menace désormais d’abattre tout ce que l’homme, la France, la République ont fait de grand dans leur histoire, le plus souvent sans elle, même contre elle ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)”
“L’égoïsme des nations, la remise en cause du droit international et, in fine , la guerre menacent le monde. On peine à imaginer toutes les conséquences du dérèglement climatique, mais on observe déjà leur grande violence. L’humanité est percluse d’inégalités et rongée par la désespérance. Partout, des ennemis de la démocratie sont prêts à toutes les promesses pour faire advenir tous les mensonges.”
“Nous avons notre destin, qui est de toujours marcher vers l’avènement de la raison et de la justice, et nombreux sont aujourd’hui les Français qui l’espèrent. Demain, ils seront plus nombreux encore. Je le dis avec gravité, comme vous l’avez dit vous-même : l’époque gronde.”
“Les socialistes ne tairont jamais leurs désaccords. Quelque chose opposera toujours nos visions respectives du monde, nos conceptions de l’homme, de la justice, de la liberté, de la question sociale mais aussi du mérite, de l’ordre et de l’autorité. Pour nous, les choses sont claires. Nous devons cette clarté à nos électeurs, car nous n’avons pas été élus sur le fondement des mêmes projets, des mêmes convictions. Nous demeurons dans l’opposition et ne sommes pas à la recherche d’une coalition nouvelle, ni de nouvelles alliances. Nous ne voulons aucun portefeuille ministériel et refusons les combines autant que les combinaisons. Nous ne vous rejoignons pas.”
“Le mal ne réside pas en ce que le pouvoir lui échappe mais en ce qu’il refuse de l’accepter. Ce gouvernement n’est assurément pas le nôtre, non plus que votre politique, et votre budget n’est pas celui que nous aurions défendu à gauche.”
“Je m’exprime devant vous avec la solennité qu’exige la gravité du moment, animé de la seule préoccupation d’être utile aux Françaises et aux Français. En vous nommant, monsieur le premier ministre, et en refusant obstinément à la gauche, qui le revendiquait légitimement, l’exercice du pouvoir, le président de la République a pris le risque d’aggraver la crise politique et institutionnelle qu’il a lui-même ouverte par la dissolution.”
“Nous avions revendiqué le respect strict du front républicain : serez-vous un premier ministre affranchi du Rassemblement national et de ses idées nauséabondes ?”
“Notre devoir est de chercher, dans l’intérêt du pays, un chemin de stabilité et de progrès, d’être des parlementaires adultes à la recherche de majorités texte par texte, fidèles à l’élan de front républicain. Je vous adresse en cet instant une forme d’avertissement républicain et solennel : nous voulons un bon budget pour le pays, et vous ? Nous voulons parler des retraites, et vous ? Nous voulons avancer sur la question de la vie chère outre-mer, de l’hôpital public, de l’agriculture, de l’école, du narcotrafic, des salaires (Mêmes mouvements) , et vous ? Nous avions revendiqué un premier ministre de gauche, ouvert au compromis : vous n’êtes pas de gauche, mais serez-vous ouvert au compromis, disposé à autre chose qu’à la défense, « quoi qu’il en coûte », du bilan d’Emmanuel Macron ?”