Frédéric Petit
DEM · France
“Il y a une petite confusion entre justice restaurative et médiation. Contrairement à d’autres pays, la France n’autorise pas la médiation en matière pénale. Ne mélangeons pas ces différentes formes de démarches volontaires.”
“Bien évidemment, les agriculteurs français ne sont guère nombreux dans ma circonscription, même s’il y a bien un éleveur de canards à 100 kilomètres au nord de Kiev ou encore un fabricant de fromages en Moldavie. Quoi qu’il en soit, je voudrais alerter les collègues sur l’intérêt de cet article.”
“Il faut ajouter un argument contre cet amendement : de nombreux opérateurs sont créés parce qu’ils emploient du personnel tout autour de la planète. Certains d’entre eux sont ainsi soumis, en tant qu’employeurs, à des droits étrangers. Il y avait par exemple des salariés d’opérateurs à Gaza.”
“Il y a un an et demi, dans le cadre de vos fonctions, vous aviez organisé à Paris une rencontre assez extraordinaire d’ONG israélo-palestiniennes.”
“Vous savez que je tiens beaucoup à ce que nous décloisonnions aussi nos postes diplomatiques entre les différents pays et que nous ayons une stratégie régionale, y compris dans ce que j’appelle la diplomatie des sociétés civiles.”
“Madame la ministre, s’agissant de l’industrie des drones, vous avez affirmé qu’il fallait se réarmer et vous avez évoqué une réactualisation de la LPM afin de gagner en agilité, de faciliter et d’accélérer la production. Comment notre action en la matière pourrait-elle s’extraire des silos ministériels ?”
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“Sans aller jusqu’à nous réunir en visioconférence, madame Martin, nous pourrions tout de même moderniser notre travail, à l’Assemblée, afin de ne plus être obligés, entre autres, d’être à trois endroits à la fois – cela dit pour répondre à votre plaisanterie, car je n’y crois par trop !”
“Cela exigera probablement une réorganisation de nos opérateurs et une utilisation plus agile de nos moyens, financiers ou, surtout, humains, mais commençons dès à présent ! Je sais que nous ne sommes pas habitués à travailler ainsi, monsieur le ministre, mais, quand ce travail sera devenu facile, il sera déjà trop tard ! (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur quelques bancs des groupes SOC, HOR et LIOT.)”
“Demain, l’Iran devrait donc aussi avoir besoin de nous, besoin, dans son administration centrale et au sein de ses régions, d’expertises, d’accompagnement par des fonctionnaires et des territoriaux français – ces derniers sont très appréciés, comme vous le savez, monsieur le ministre. Cette diplomatie, que j’appelle diplomatie des sociétés civiles, constitue un formidable atout que nous devons nous employer à faire fructifier. Je suis le rapporteur pour avis sur le programme Diplomatie culturelle et d’influence . À ce titre, je le dis depuis longtemps : ne prenons pas de retard au moment des conflits, en particulier dans cette région du monde, comme nous en avons pris dans certains domaines en Ukraine. C’est dès maintenant qu’il faut agir et s’engager pour aider à la reconstruction d’un Moyen-Orient apaisé et ouvert sur le monde.”
“Permettez-moi de citer également la plus ancienne cathédrale orthodoxe du monde, dont le site, situé à une dizaine de km de Gaza, a fait l’objet de fouilles financées par la France et associe chercheurs et écoliers gazaouis dans la réappropriation d’un passé prestigieux, un passé qui devrait faire la fierté commune de ceux qui, pourtant, se déchirent aujourd’hui.”
“Nous possédons un savoir-faire et notre action dans la région est multiforme : culturelle – notre pays est le seul à disposer d’un institut de recherche des deux côtés de la ligne verte à Jérusalem –, scientifique et universitaire – je pense à l’Institut français du Proche-Orient – et économique – nous avons des compatriotes qui vivent dans ces pays, des entreprises qui y ont investi ou essaient d’y investir. Nous avons un lycée français à Téhéran, un à Damas, qui n’a jamais fermé, un nouveau à Jaffa, qui rassemble, à côté de Tel-Aviv, des familles juives, chrétiennes et musulmanes autour d’un projet éducatif français.”
“Oui, je le dis, monsieur le ministre, cela ne me gêne pas, dans cette période troublée, que notre parole diplomatique, au risque d’être caricaturée, cherche toujours le meilleur équilibre entre les réalités brutales et nos aspirations démocratiques, entre la fidélité à nos valeurs et la lucidité devant la violence et le chaos. À cet égard, chers collègues, je salue la constance et la clarté de la position portée par le président de la République et le ministre de l’Europe et des affaires étrangères qui, dans ce contexte trouble, n’ont jamais cessé de défendre une ligne de fermeté lucide, de dialogue exigeant et d’attachement intransigeant au droit international. Je voudrais conclure mon propos en revenant plus concrètement sur la diplomatie globale.”
“En tant que démocrates, nous souhaitons que nos amis israéliens se rallient à la solution des deux États et abandonnent leur dérive théocratique. Nous pouvons les y aider, non par la force mais par une diplomatie qui accompagne et soutienne les changements sur place. Même si cette attitude nous expose à être caricaturés par ceux qui aiment et ne comprennent que la brusquerie, les grands chambardements, les bifurcations et la politique à l’emporte-pièce sur les réseaux sociaux, ceux qui préfèrent l’autoritarisme, ceux qui nient les conflits, les écrasent et les instrumentalisent en lieu et place de la coopération qui permet de les dépasser de façon durable. Je reconnais que cela ne se fait pas en vingt-quatre heures.”
“Dans la recomposition du monde à l’œuvre aujourd’hui, la voix de la France et de l’Union européenne est celle qui prône l’émergence de nations citoyennes et non de nations ethniques, linguistiques, de droit divin voire de légende. Une nation, à nos yeux, est avant tout une communauté de citoyens éclairés et responsables. Ce message peut être entendu bien au-delà de nos frontières et faire écho à l’aspiration profonde des peuples de cette région – comme d’autres d’ailleurs. Notre voix ne doit pas disparaître. En tant que députés du groupe Démocrates, nous souhaitons pour le peuple iranien qu’il se libère un jour d’un pouvoir théocratique autoritaire et violent, mais c’est aux Iraniennes et aux Iraniens, seuls, de décider de leur destin. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes Dem et LFI-NFP.)”
“Je vous rappelle que Goebbels disait en substance, en 1936 : personne ne me dira ce que je dois faire avec mes Juifs et avec mes communistes. Ce modèle permet à la Russie d’annexer sous couvert de protéger des minorités, à l’Iran de répandre la guerre et le massacre par milices interposées hors de ses frontières, et même à l’extrême droite israélienne de justifier le nettoyage ethnique rampant et permanent en Cisjordanie. (Mme Alma Dufour applaudit.) L’Europe et la France ne peuvent l’accepter. Nous devons défendre nos valeurs et les principes démocratiques qui fondent l’Union européenne en tout temps et en tout lieu – pas uniquement quand tout va bien, quand nous sommes alignés avec nos alliés et amis traditionnels ou en situation d’être écoutés.”
“Ne nous y trompons pas, ce qui se cache derrière cette notion, c’est la multinationale des autocraties et des théocraties (M. Vincent Thiébaut applaudit ), la Troisième Rome – en référence à une tradition dont le Kremlin affirme toujours être le dépositaire. La suite logique de cette multipolarité, c’est l’exact contraire du multilatéralisme que nous construisons patiemment depuis des décennies. Elle ne consiste pas à bâtir des coopérations nécessitant d’accepter, par exemple, l’intervention d’autorités indépendantes telle que l’AIEA. Je vous rappelle au passage que celle-ci est engagée et contestée à la fois en Iran et en Ukraine. Non, cette multipolarité permet à chacun d’avoir les mains libres dans son empire, dans sa zone d’influence, dans son espace propre.”
“Dans ce monde qui se dessine, les impérialismes reviennent en force au mépris du droit et de la coopération entre nations. L’obscurantisme sévit. La vie humaine compte peu. Je veux illustrer mon propos à travers un exemple concret. Il arrive, même dans notre pays, et y compris au Parlement, que certains glosent sur nos valeurs démocratiques – elles ne seraient que de grands mots. Aujourd’hui, pourtant, la Russie nous bombarde aussi avec des narrations et des concepts orwelliens qui viennent percuter notre débat public pour l’affaiblir et créer le trouble. Elle attaque le multilatéralisme d’un Occident qu’elle qualifie de « décadent » pour lui substituer l’idée d’un monde multipolaire, susceptible de fédérer une « majorité mondiale ».”
“Enfin, quel est l’impact réel des frappes israéliennes et américaines sur le programme nucléaire iranien : le délai pour parvenir à la détention de la bombe a-t-il été allongé ? Selon un rapport, à la suite des frappes américaines, ce programme serait au mieux retardé de quelques mois. Au-delà de ces constats, je nous invite à élargir la focale pour considérer que ce n’est pas uniquement cette région qui pourrait être remodelée dans un avenir proche, mais bien un ordre nouveau qui se recompose d’ores et déjà sous nos yeux. Aussi grave et dramatique soit-il, le conflit entre Israël et l’Iran n’en est que l’un des soubresauts. Nous vivons une crise mondiale profonde – le premier ministre l’a rappelé –, où les questions de frontières, de langues et de religion s’entrechoquent.”
“La question de sa légitimité, ou plutôt de son utilité, de son efficacité, pourra être posée. Depuis des décennies, l’Iran est l’un des acteurs majeurs de l’instabilité dans cette région, à travers notamment ses proxys, que ce soit le Hezbollah au Liban ou, bien sûr, le Hamas à Gaza. Les États-Unis disent avoir mené l’opération aérienne contre l’Iran afin de compromettre définitivement son programme nucléaire. À l’issue de ces frappes, le président américain a appelé à un cessez-le-feu dont le maintien apparaît toutefois très incertain et qui ne saurait suffire. Nous appelons donc désormais à reprendre la voie de la diplomatie afin de prévenir une nouvelle escalade et d’écarter le risque de la prolifération. Des questions restent en suspens : où se trouve l’uranium enrichi ? Quelle est l’exacte répartition des moyens ?”
“Samedi 21 juin, les États-Unis se sont engagés dans une nouvelle guerre au Moyen-Orient, sous l’autorité de leur président Donald Trump. Celui-ci a pris un risque historique, auquel ses prédécesseurs s’étaient refusés. Je ne reviendrai pas sur la question de la légalité de cette intervention – du point de vue du droit international, elle est incontestablement illégale. (Mme Cyrielle Chatelain applaudit.)”
“Vincent Thiébaut applaudit également) et s’attache depuis plusieurs jours à rapatrier en toute sécurité nos compatriotes depuis cette région. Si le Moyen-Orient est au centre de toutes nos préoccupations depuis plusieurs semaines, n’oublions pas que la région est en réalité un foyer d’instabilité depuis des décennies. Avons-nous parfois manqué de courage ? Avons-nous parfois fait preuve d’excès de confiance ? Sommes-nous demeurés prisonniers de certaines de nos traditions diplomatiques ? Avons-nous cédé à la tentation de parfois simplifier les enjeux ? Disposions-nous de capteurs insuffisamment fiables ? Les raisons sont multiples mais nous avons sans doute trop longtemps fermé les yeux sur la gravité de la situation dans la région.”
“Je me félicite de la tenue de ce débat sur la situation au Moyen-Orient. Je veux tout d’abord avoir une pensée pour nos deux otages, Cécile Kohler et Jacques Paris, retenus depuis trois ans dans la prison d’Evin (Applaudissements sur les bancs des groupes Dem et sur plusieurs bancs des groupes EPR, LFI-NFP et SOC) , au nord de Téhéran, qui a été visée récemment par une attaque israélienne. Nous exigeons leur libération sans délai. J’ai aussi une pensée pour les autres otages, déjà libérés, dont nous savons qu’ils seront sans doute marqués à vie par cette épreuve. J’en profite enfin pour saluer ici l’action de la cellule de crise du Quai d’Orsay, qui fournit une assistance à nos ressortissants français au Moyen-Orient (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes Dem et EPR. – M.”
“Ces sous-amendements auraient dû être examinés plus tôt – cela a été dit tout à l’heure. Ils visent à préciser, en même temps que les objectifs de production, exprimés en térawattheures, des objectifs de capacité installée, exprimés en gigawatts.”
“Mais je voterai ce que j’aurai envie de voter, pas en fonction de ce que dira le ministre !”
“Soyons rigoureux dans nos actes. Je le répète, la liberté de vote de chacun d’entre nous figure dans la Constitution.”
“Le 49.3 fait partie de la Constitution et il est d’ailleurs suivi, en général, d’une motion de censure.”
“La vraie vie ? Qu’entendez-vous par là ? Moi, je suis dans un vrai Parlement. (Mêmes mouvements.)”
“Non, il ne donne pas d’avis sur la proposition de loi, mais sur des amendements. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Nous avons les moyens de modifier les règles puisqu’il suffirait de le demander. Pour revenir à mon propos initial, la situation que j’ai décrite est alimentée par ce genre de glissement sémantique par lequel on en vient à demander à un ministre s’il laissera passer la proposition de loi. Le gouvernement n’a pas à laisser passer la loi, c’est notre rôle !”
“La responsabilité n’est pas individuelle mais collective. Ce n’est pas plus celle d’un autre que la mienne, mais c’est aussi la mienne quand le bureau de l’Assemblée nationale, dont la composition reflète certains équilibres, refuse de réviser le règlement pour transformer nos débats. Nous sommes devenus un parlement au mode de fonctionnement archaïque, non pas à cause des macronistes, du Rassemblement national ou de La France insoumise, mais parce qu’il y a des gens ici que cela arrange de travailler dans un environnement archaïque.”
“Je le répète, la situation absurde dans laquelle nous sommes enlisés est de notre responsabilité. Chacun d’entre nous doit faire son introspection, au lieu de passer son temps à renvoyer la faute sur les autres. En continuant à nous comporter ainsi, c’est notre Parlement que nous tirons vers le fond.”
“Rappelons-le, chaque député est libre de son vote. Depuis que La France insoumise siège à l’Assemblée nationale, il est assez fréquent que ses membres votent tous la même chose mais ce n’est pas le cas dans les autres groupes. Le premier signataire de l’amendement que nous critiquions tout à l’heure a d’ailleurs pris soin de préciser qu’il ne l’avait pas présenté au nom du gouvernement. Certaines questions, telles qu’elles sont formulées, sont le signe d’une dérive. Il a ainsi pu être demandé au ministre s’il accepterait cette proposition de loi – c’est tout juste si on ne lui demandait pas s’il allait voter pour le texte. Restons circonspects : quel que soit le groupe auquel il appartient, chacun d’entre nous est libre de ses analyses et de ses choix, à chaque minute.”
“Encore une fois, il existe des parlements où l’on est capable d’éviter les blocages absurdes que nous connaissons : on discute, on anticipe. Ce que nous avons à faire – une programmation de l’énergie – est faisable, compte tenu du résultat des législatives de 2024. Nous avons déposé, avec certains collègues, des amendements visant à encadrer de manière bien plus logique, à l’article L. 100-4 du code de l’énergie, l’élaboration de la programmation énergétique, qui nous donneraient la main sur celle-ci afin que nous la rendions aussi consensuelle, du moins aussi peu conflictuelle que possible – ce à quoi nous arriverions. La situation surréaliste dans laquelle nous nous trouvons doit nous inviter à revoir, peut-être à moderniser notre manière de débattre, qui est vraiment archaïque.”
“Je vous respecte tous autant que vous êtes – vous comme vos collègues, monsieur Tanguy. J’ai travaillé avec tous vos collègues en tête à tête, en petit groupe ; je le fais systématiquement.”
“Monsieur le président, c’est insupportable ! (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)”
“Chers collègues du Rassemblement national, je vous rappelle que cet amendement ne venait pas de vous ! Vous avez voté pour, c’est très bien. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) C’est très bien ! Je dis simplement qu’en toute logique, si nous étions dans des institutions comme j’en connais dans d’autres pays, qui…”
“Il y a ici une énorme majorité en faveur du développement accéléré des énergies renouvelables (M. Karim Benbrahim applaudit) …”
“S’agissant de notre position, tout d’abord, ce texte est en effet devenu incohérent – pas uniquement en raison de l’adoption de l’amendement, d’ailleurs. Je pense à Fessenheim : ce n’est pas aux parlementaires de décider de la réouverture d’une centrale nucléaire fermée depuis quelque temps. Le texte dérape par son incohérence, et c’est celle-ci, non le fait qu’un vote soit perdu, qui nous met mal à l’aise pour continuer d’en discuter. Cela dit, si je me regarde dans une glace et que je m’interroge en toute honnêteté, je pense sincèrement – je l’ai dit au début de l’examen de cette proposition de loi – que nous avons rencontré des problèmes, ne serait-ce qu’en matière de classement des amendements – je n’insisterai pas pour ne pas m’attirer une remarque de la présidence. Nous ne pouvons débattre davantage.”
“Le mouvement d’électrification a provoqué un très grand foisonnement des usages, donc l’énergie doit foisonner. Le mix énergétique ne doit pas reposer exclusivement sur la production des très grosses turbines – sinon, on jette de la chaleur et de l’électricité aux oiseaux –, mais il est essentiel qu’il associe le nucléaire et les énergies renouvelables.”
“La spécificité de la France, en particulier en comparaison de l’Allemagne, c’est que nous avons électrifié davantage d’usages. L’augmentation du nombre de véhicules électriques pose d’ailleurs un problème à cet égard. Il faut être beaucoup plus précis dans l’analyse, sous peine d’aller contre cette tendance à l’électrification. Ne confondons pas les problèmes : ce n’est pas parce que nous sommes enfermés dans le nucléaire que nous rencontrons des difficultés, mais parce que nous électrifions énormément d’usages et que nous allons continuer à le faire. Les énergies renouvelables, le gestionnaire de réseau est content de les avoir, mais un mix composé à 100 % de ces dernières serait impossible à atteindre – c’est le fameux scénario M0 de RTE.”
“Je suis d’accord avec vous sur un point : on ne peut pas dire que le nucléaire n’a pas été subventionné – même si les choses sont un peu compliquées. Il coûte très cher, mais l’argument selon lequel qu’aucun investisseur privé ne se lancerait dans le nucléaire est surtout valable pour les grosses installations sous pression. On peut citer néanmoins une expérience de réacteur à pression atmosphérique qui a marché dans les années 1970 aux États-Unis – elle a permis de produire de l’électricité en grande quantité. Il y a des gens qui investissent dans certains types d’équipements nucléaires. Je ne suis pas d’accord avec vous quand vous affirmez que c’est à cause du nucléaire que nous avons eu un pic de 50 %. (Mme Julie Laernoes s’exclame.) Je vous ai bien écoutée, madame Laernoes, écoutez-moi.”
“Le sous-amendement que j’évoquais modifie l’amendement n o 259 de M. Alfandari, après l’article 12.”
“…au même endroit, à l’article L. 100-1 A du code de l’énergie. Vous verrez que c’est ce que je propose plus tard avec un sous-amendement.”
“Je voudrais expliquer mon vote de tout à l’heure. Je maintiens que les objectifs de puissance – en gigawatts – et de production – en térawattheures – doivent être inscrits…”
“Nous devons donc donner à la fois nos objectifs de production et de consommation et nos objectifs de capacités. Sinon, les industriels seront toujours frileux. M. Tavel l’a bien dit, et je l’en remercie : les industriels lui parlent en gigawatts. Les engagements en térawattheures ne les intéressent pas ; si vous leur parlez d’installer 1,5 gigawatt par an, alors ils pourront prendre des risques.”
“Je souligne que les industriels mentionnés par M. Tavel ont besoin d’une visibilité en gigawatts. Très souvent, ici, nous essayons de leur garantir une production de térawattheures. Nous avons ici la preuve que si nous n’associons pas ces deux grandeurs, c’est-à-dire les notions de puissance installée et de production, ils ne sont pas rassurés. Ce n’est pas en entendant que la France doit produire tant de térawattheures éoliens en 2035 qu’un leader de filière de capacité, c’est-à-dire quelqu’un qui doit investir pour construire des usines de câbles, par exemple, va se lancer : ce chiffre ne lui donne aucune garantie. C’est comme si vous disiez à un constructeur d’autoroute qu’une usine produira des voitures quand ce qu’il veut, c’est savoir jusqu’où ira l’autoroute.”
“Si nous voulons être sûrs, en 2030, de produire, de consommer, d’utiliser un certain niveau d’énergie bas-carbone, nous devons aussi annoncer avec quelle capacité nous voulons le faire. La différence entre capacité de production et énergie produite, entre térawatts et térawattheures, est fondamentale. Ces informations s’adressent en effet à des filières différentes ; elles emportent des conséquences industrielles différentes. Du côté de la capacité, ce sont des filières de construction, du bâtiment et travaux publics (BTP), par exemple ; de l’autre, ce sont des activités où l’on fait intervenir de la sobriété, de l’économie d’énergie, de la recherche. J’appelle votre attention sur le fait que ces deux notions doivent être bien distinguées, mais aussi annoncées ensemble.”
“Au-delà de la discussion très intéressante que nous venons d’avoir, je souhaite mentionner un élément qui, me semble-t-il, sera très utile pour la suite de l’examen de ce texte. Nous parlons du développement des filières de capacité. Souvent, sur ces bancs comme sur le terrain, nous avons tendance à confondre l’énergie – qui se compte en mégawattheures – et la capacité. Il est fondamental de bien distinguer ces deux notions et de les présenter conjointement. Lorsqu’un amendement – que nous examinerons tout à l’heure – propose de fixer un objectif de production pour une énergie renouvelable ou bas carbone en mégawattheures, il faut absolument indiquer avec quelles capacités cet objectif pourra être atteint. Nous ne pouvons pas savoir par avance comment le vent soufflera en 2030.”
“…que sa défense aérienne a pu utiliser. Mais ce n’est pas suffisant. Monsieur le ministre des armées, que faisons-nous pour protéger les civils ukrainiens ? Combien de temps supporterons-nous les pratiques odieuses du Kremlin déjà observées il y a vingt ans à Grozny en Tchétchénie et il y a dix ans à Alep en Syrie : je rase, je bombarde, je tue les civils, je sidère et je garde la main. Combien de temps supporterons-nous de nous réveiller chaque matin pour découvrir les deuils, les bâtiments effondrés, le désespoir, les destins personnels brisés et les bombes à retardement psychologiques que cette barbarie nous promet ? Comptez-vous remettre sur la table des échanges avec nos partenaires européens la question de la protection du ciel ukrainien ? (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem. – Mme Valérie Rossi applaudit également.)”
“Face à l’impasse des négociations, à la pusillanimité de l’administration Trump et à la posture de plus en plus agressive et criminelle du Kremlin, l’Europe et la France doivent intensifier leur soutien à l’Ukraine. Je salue la livraison et l’efficacité des Mirage donnés à l’Ukraine,…”
“J’ai une pensée pour mes amis de Tchernihiv, en particulier pour Yulia, présidente de Business Women pour l’Ukraine, dont les enfants ont dormi dans le fracas des bombes, pour nos collègues de la Rada, en particulier pour son président, que notre Assemblée accueille aujourd’hui, pour les écoliers, notamment ceux de l’école française de Kyïv, qui travaillent dans l’abri souterrain et pour nos ressortissants, entrepreneurs et agents qui habitent en Ukraine. Le président américain, qui promettait de mettre fin à la guerre, n’a pas fait reculer d’un iota Vladimir Poutine. Pire, il semble même lui avoir donné un permis de tuer. Moscou observe avec délectation la nouvelle administration américaine reprendre ses éléments de langage et son récit.”
“Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, la violence du Kremlin est de plus en plus débridée. Ces dernières semaines, et en particulier ces dernières vingt-quatre heures, Kyïv, Tchernihiv et plusieurs autres villes d’Ukraine ont subi les bombardements les plus massifs depuis 2022. Les bombes ont éventré des immeubles d’habitation, des infrastructures civiles, des maternités, tuant des enfants et des adultes – quinze personnes sont mortes dans leur sommeil.”
“Il prévoit l’équivalent de ce que prévoyaient les amendements relatifs aux infrastructures de transport d’électricité que j’ai présentés tout à l’heure, cette fois-ci pour les infrastructures de transport de gaz.”
“Si vous voulez une solidarité européenne, il faut un réseau qui soit dessiné par tous les Européens, comme ENTSO-E le propose depuis dix ans, et non des interconnexions créées sous des prétextes parfois un peu égoïstes, parce qu’on a un peu trop d’électricité et qu’il faut s’en débarrasser. Ce n’est pas cela, la solidarité européenne. Nous avons besoin d’une infrastructure de réseau qui soit pensée en Européens. ENTSO-E fait ce travail depuis dix ans : il faut que nous l’intégrions dans nos planifications, en tant que politiques.”
“Monsieur le rapporteur, une interconnexion, ce n’est pas une infrastructure commune. Je suis désolé, mais c’est ce que montre ENTSO-E, le Réseau européen des gestionnaires de réseaux de transport d’électricité. Le débat que nous venons d’avoir sur le rôle des interconnexions, s’il a très bien été posé en termes de besoins, l’a très mal été en termes de technique. J’ai entendu dire qu’il faut s’appuyer sur ces interconnexions lorsque des réacteurs sont en panne chez nous, mais je répète que cela se passe à chaque cinquantième de seconde. Or vous ne pouvez pas faire ce genre de chose correctement, en toute sécurité, si vous n’intégrez pas, au moment de la construction des réseaux et de l’investissement dans ces derniers, le bouclage général européen.”
“Nous devrions passer à l’étage supérieur, en planifiant avec nos voisins l’organisation de nos réseaux de transport. Nous ne le faisons pas assez, alors que cela nous permettrait de réaliser des économies. Je tiens à préciser que les interconnexions actuelles sont en fait des connexions ponctuelles qui n’apportent pas de réponse au point que je viens de soulever. Au contraire, elles peuvent poser des problèmes : les black-out sont souvent causés par des interconnexions qui réagissent trop vite et déséquilibrent le voisin. La planification pluriannuelle des travaux à effectuer sur les réseaux de transport électrique doit être faite avec nos voisins européens, en intégrant dans nos plans politiques la réflexion qui existe déjà.”