Alexis Corbière
ECOS · France
“Les Corses rencontrent des difficultés pour se loger. Le dispositif Echaniz apporte une réponse à ce problème. Monsieur le député du Rassemblement national Rambaud, faire croire que la priorité locale, régionale, nationale – appelez-la comme vous voulez – a pour but d’empêcher que des migrants ultrariches écrasent les gens modestes, c’est…”
“Soyons honnêtes : nous avons introduit des innovations – « lien singulier à la terre corse », « communauté insulaire, historique » – dont vous aurez compris qu’elles ne me plaisent pas. De telles évolutions méritent tout de même d’être assorties de quelques précisions.”
“Ce sera ma dernière intervention au nom de mon groupe. Tout à l’heure, M. le rapporteur nous a taquinés en suggérant que nous ne voulions pas consulter le peuple corse. Pourtant, comme vous, nous le demandons. Au cours du débat, vous avez parfois fait preuve de précision, mais là, vous avez abusé ! Je parle maintenant en mon seul nom.”
“Il faudrait élaborer les conditions d’une consultation de l’ensemble du peuple français sur la manière dont nous faisons nation, dont nous faisons République, car les problèmes des Corses concernent l’ensemble de nos concitoyens, y compris dans leur déclinaison locale.”
“Nous souhaitons relayer une demande de la société civile corse, qui s’est fortement mobilisée sur ce sujet. Ce sous-amendement que je qualifierai de dispositif antimafia vise à ajouter la commande publique à la liste de ce qui est exclu du périmètre de l’habilitation, pour qu’aucune modification des règles applicables en la matière ne pui…”
“J’espère que toute idée de priorité nationale ou locale serait combattue si le statut d’autonomie était amené à évoluer. Vous l’aurez compris, je considère le processus en cours avec réticence, précisément parce qu’il prête le flanc à ce type de logique.”
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“De grâce, arrêtez de répéter que nous refusons le débat. Si vous trumpisez le débat au point que, chaque fois qu’un député déposera une motion de rejet préalable, vous brandissez des « vous craignez le débat », « vous avez peur », « vous ne voulez pas discuter », eh bien, cela finira par se retourner contre vous !”
“Non, nous ne refusons pas le débat. Et quand nous déposons des amendements, c’est par volonté de préciser les choses.”
“On a le droit de considérer que les conditions ne sont pas réunies pour la discussion d’un texte, sans que pour autant vous montiez à chaque fois à la tribune pour nous agonir d’injures et expliquer que nous refusons le débat.”
“Si vous faites ce choix, nous discuterons – mais je voudrais rappeler une chose, pour que cessent ici les propos antiparlementaires qui se retourneront bientôt contre ceux qui les tiennent : on a le droit, quand on est député, de déposer une motion de rejet préalable. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)”
“Mais c’est à vous de le faire taire, monsieur le président !”
“Ce n’est pas possible ! Il a dit « débiles » ! On n’est pas là pour se faire insulter !”
“Le maire et l’adjoint au maire d’une commune n’ont pas à juger du degré de sincérité d’un mariage. Lorsqu’ils ont l’impression… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’orateur. – Les députés du groupe EcoS applaudissent ce dernier.) Monsieur le président, j’ai le droit de me faire respecter !”
“Oui, madame Le Pen, la République n’a pas à juger du degré de sincérité d’une union !”
“À partir du moment où deux individus font le choix du secours et de l’assistance, où ils choisissent de s’unir pour établir un pacte de solidarité, la République n’a pas à juger davantage, sans quoi c’est une société policière qui se met en place.”
“Le mot « amour » ne figure pas dans le code civil : l’article 212 nous dit que « les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours et assistance ». Honnêtement, monsieur Ciotti, quelle dimension donnez-vous à ce mot de fidélité ? Soyons tous honnêtes avec notre conscience. La République n’a pas à se mêler de cette affaire, elle n’a pas à entrer dans les chambres à coucher ! (Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“Je voudrais dire un mot pour décaler un peu la discussion. C’est quelque chose d’important, le mariage républicain. Il est né le 21 septembre 1792, et Jaurès disait que c’était le plus grand acte révolutionnaire. Il induit le droit de s’unir de manière civile – sans que ce soit pour des raisons confessionnelles – et le droit de divorcer. Regardez le film Les mariés de l’an II , avec Jean-Paul Belmondo et Marlène Jobert, qui évoque les débuts du droit au divorce. Cela signifie que désormais, le mariage n’est plus l’union de deux villages, de deux familles, de deux communautés, mais de deux individus libres qui font le choix de s’unir, et qui n’ont pas à s’expliquer sur les raisons de cette union.”
“Parce que c’est le premier ministre qui va décider ? C’est inquiétant !”
“C’est ce qui nous passionne, nous comme les Français : il ne saurait exister de statut particulier pour certains d’entre nous lorsqu’ils sont candidats à l’élection présidentielle. (Mêmes mouvements.) L’honneur d’être candidat à cette fonction – ou de l’avoir été – ne doit en aucun cas faire trembler les magistrats, ni nous-mêmes, face à l’application de la justice. (M. le président coupe le micro de l’orateur. – Les députés des groupes EcoS et plusieurs députés des groupes SOC et GDR applaudissent ce dernier.)”
“Vous soutenez qu’aucune récidive n’est possible dans le cas qui nous préoccupe. Pourtant, à ma connaissance, la personne en question est toujours élue et candidate à de nouveaux mandats. C’est le fond du sujet.”
“Dans ce cas, vous soutenez l’exécution provisoire. Le raisonnement est le même : dans la mesure où le délit concerne un justiciable susceptible d’être élu, on peut comprendre, notamment si la personne nie catégoriquement les faits, que la justice prononce l’exécution provisoire afin d’éviter toute récidive. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.)”
“Belkhir Belhaddad et Paul Molac.) J’en reviens à mon propos. Si nos échanges sont passionnés, c’est parce que nous débattons de la nature même de la République que nous voulons. Sommes-nous une République des égaux, ou admettons-nous qu’un droit particulier s’applique parfois à ceux qui exercent des responsabilités électives, distinct de celui des autres citoyens ? Voilà le cœur du débat. L’exécution provisoire est parfois utile et vous y êtes alors favorables. Imaginons un enseignant accusé d’attitudes déplacées envers des enfants : il va de soi qu’il faut immédiatement, sans délai, l’empêcher de les approcher. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS et SOC.)”
“Je voudrais revenir au fond du débat, mais permettez-moi d’abord de dire ceci : entendre qualifier de « parti de la francisque » le parti de Léon Blum – lui qui fut déporté à Buchenwald – est tout simplement inadmissible, y compris pour moi qui n’en suis pas membre. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS, SOC et GDR. – « Et Mitterrand ? » sur plusieurs bancs du groupe RN.) Je n’ai jamais voté pour François Mitterrand, mais sachez que, même au moment où il a reçu la francisque, il appartenait à un réseau de résistance. Vous ne pouvez pas tenir de tels propos, au nom de l’histoire et de ceux qui ont donné leur vie pour défendre la République face à la collaboration ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, SOC et GDR, dont les députés se lèvent, rejoints par Mme Stella Dupont et MM.”
“On en entendra parler, ne vous inquiétez pas !”
“Le style, c’est l’homme ! Vous pouvez juger vifs les propos de mon collègue, mais franchement, vous en faites des tonnes ! (Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.) Vous passez votre temps à nous injurier, à nous qualifier d’amis des assassins ou des terroristes, à nous traiter de tous les noms, et ce sans aucun fondement ni preuve ! (Protestations sur les mêmes bancs.) Vous mettez en cause notre honneur en permanence, sans que cela vous choque ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et GDR.) Cela démontre le caractère grotesque de votre réaction ! (Les protestations redoublent sur les bancs des groupes RN et UDR. – Brouhaha.) Nous saisirons le bureau de l’Assemblée, monsieur le président, car ces donneurs de leçons ont traité M. Duplessy d’« abruti » et de « demeuré » ! Les insulteurs, c’est eux !”
“De l’article 70, alinéa 3, monsieur le président.”
“Quand aurez-vous le courage politique ? Quand aurez-vous la dignité civique ? Quand aurez-vous l’éthique démocratique… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Les députés des groupes EcoS et SOC applaudissent ce dernier.)”
“Parler retraite, c’est parler du type de société dans laquelle nous voulons vivre. Parler retraite, enfin, c’est parler de la République, qui, pour nous, n’existe que quand elle est sociale, quand elle permet une juste répartition des richesses et non l’accumulation insolente pour quelques-uns et l’allongement de la souffrance au travail pour les autres. Ma question est simple : quand allez-vous cesser l’antiparlementarisme ?”
“» Vous ajoutiez : « J’ai toujours défendu cette idée du référendum. » (Mêmes mouvements.) François Bayrou 2025 est-il encore d’accord avec François Bayrou 2022 ? Respecterez-vous votre propre parole ? (Mêmes mouvements.) C’est une loi : ce qui est né dans la brutalité ne peut survivre que dans la brutalité et la ruse. Vous avez interdit que le conclave puisse seulement discuter de l’abrogation de la réforme des retraites. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC.) Vous avez de facto donné un droit de veto au patronat qui a, évidemment, manifesté sa totale opposition au retrait de la réforme. Votre dialogue social n’était qu’un monologue antisocial. Pourtant, parler de la retraite, c’est parler de la vie concrète de 30 millions de salariés, de la jeunesse.”
“Monsieur le premier ministre, une nouvelle fois, votre gouvernement, battu dans les urnes, mérite d’être censuré. Nous le ferons, dans l’unité du Nouveau Front populaire. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, SOC et GDR.) Vous l’avez compris, moi aussi je veux vous parler retraite et de l’opposition déterminée de mon groupe à la scandaleuse réforme Borne, imposée le 16 mars 2023 par l’antidémocratique 49.3, contre l’avis de 90 % des actifs de notre pays, de 70 % de l’ensemble de la population (Mêmes mouvements) et de la totalité des organisations syndicales de travailleurs, que je salue ici. Monsieur le premier ministre, vous avez échoué, vous êtes bloqué. Sur ce point, je rappelle ce que vous déclariez en 2022 : « Il y a un moyen simple pour lever le blocage, c’est de dire ce sont les Français qui choisiront.”
“Ce n’est pas sérieux ! Vous n’y connaissez rien, visiblement !”
“Vous en connaissez beaucoup, des artisans à plus de 50 millions ?”
“Les pauvres chéris ! Victimes de patronophobie !”
“Pour une fois qu’il dit quelque chose de bien !”
“Et les familles de travailleurs, vous en faites quoi ?”
“En 1981, on a instauré la retraite à 60 ans !”
“Se pose d’abord une question démocratique !”
“Cette motion de censure est contre vous !”
“Ce n’est pas vrai ! Vous avez utilisé le 49.3 !”
“Le gouvernement a soutenu la motion de rejet !”
“On a le droit de s’opposer au gouvernement, ou c’est interdit ?”
“On a encore le droit de jouer son rôle de député !”
“C’est une blague ! Vous voulez qu’on parle des retraites ?”
“Nous entrons alors dans une séquence où la mort va avoir lieu, et l’ultime liberté consiste à organiser sa fin selon l’idée que l’on se fait de soi-même. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC ainsi que sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et GDR.)”
“C’est dans cette ignorance que nous bâtissons des projets. Lorsque le corps médical dit que le malade est en phase avancée ou terminale, il ne s’agit plus d’un suicide.”
“Certains collègues ont évoqué les arguments avancés par les grandes confessions. Ils sont respectables, mais quand on lit les textes, on constate que pour la Conférence des évêques de France comme pour le grand rabbin, l’aide à mourir est un péché contre le Dieu créateur. Je comprends l’argument, mais étant laïque, je ne peux le considérer comme valable dans nos échanges et j’estime que le législateur doit s’en émanciper. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC.) Le suicide est un fait social terrible, mais nous parlons là d’une configuration très précise. Nous allons tous mourir, mais notre liberté tient au fait que nous ne savons pas quand la mort aura lieu.”
“Comme c’est la première fois que je m’exprime, je voudrais commencer par remercier tout le monde pour la grande qualité des échanges. Il m’arrive d’avoir le verbe un peu vif, mais je trouve toutes les interventions intéressantes, quels que soient les bancs sur lesquels siège l’orateur. Même si notre débat est juridique et législatif, il a indéniablement une dimension philosophique, et le fait d’en parler honore notre assemblée. Monsieur le rapporteur, je vous remercie également pour les mots que vous avez eus hier et aujourd’hui. Vos arguments sur les termes m’ont fortement convaincu. Vous êtes allé à l’essentiel : en effet, certains mots sont marqués par l’histoire ; c’est en particulier le cas du mot « euthanasie », qui a été utilisé pour désigner l’euthanasie eugéniste. J’approuve donc votre refus de l’inscrire dans la loi.”
“Si vous êtes perturbée par des chuchotements, c’est sûr que ça risque d’être compliqué !”
“L’extrême droite, peut-être ? Ne les provoquez pas !”
“C’est la même chose, le fascisme et l’antifascisme ?”
“Mais, monsieur Retailleau, vous êtes français par hasard ! Ce que vous dites est absurde !”
“Vous êtes trop rapide ! Vous êtes le Lucky Luke de la présidence ! (Sourires.)”
“À chaque fois que les salariés ont demandé à débattre, vous avez répondu bureaucratiquement. (M. Charles Sitzenstuhl sourit.) Riez, cher collègue, riez ! Mais regardez la réalité en face : vous êtes le défenseur du grand débat national, du CNR, qui étaient bidon ! – vous le savez très bien puisque vous en riez vous-même. (M. Jean-Philippe Tanguy s’exclame.) Alors, de grâce, cessez de nous faire ce numéro !”
“Donnez-nous donc des nouvelles du CNR ! (M. Charles Fournier applaudit.) Où en est-il ? Et le grand débat national, où en est-il ? Il est aussi grand que vide ! Pourtant vous l’avez applaudi. Il n’y a donc aucune sincérité dans votre propos. C’est du flan ! C’est vous qui êtes un bureaucrate ! (M. Jean-Philippe Tanguy sourit.)”
“J’ai trouvé vos propos piquants. Au fil des années, vous vous êtes fait le défenseur du grand débat national, puis du Conseil national de la refondation, le CNR, et vous êtes le principal soutien du macronisme (M. Charles Sitzenstuhl s’exclame) , qui manifeste, à chaque fois qu’il fait face à des contradictions, la volonté d’organiser des barnums médiatiques qui ne servent à rien, qui sont de faux débats ! Vous avez trouvé tout cela formidable et l’avez applaudi, et vous nous faites aujourd’hui la leçon ? Mais c’est une farce !”
“Je l’ai déformé, bon… Vous vous serez reconnu !”