Mathilde Hignet
LFI-NFP · France
“Madame la ministre de l’agriculture, je suis en colère. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Cette colère, vous la cultivez, en refusant d’écouter les agriculteurs qui vous disent qu’ils ne s’en sortent plus face à des prix qui ne les rémunèrent pas (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) et à la concurrence déloyale créé…”
“…l’accaparement de l’eau par l’agro-industrie, au détriment de tous les élus locaux qui participent à la démocratie locale de l’eau. (Mêmes mouvements.) Les citoyens et citoyennes veulent légitimement vivre dans un environnement sain. Les agriculteurs et agricultrices veulent vivre dignement de leur travail.”
“(Applaudissement sur les bancs du groupe LFI-NFP ainsi que sur quelques bancs du groupe EcoS.) Poussés à bout par votre inaction, il ne leur restera qu’une option : manifester. Parce que ce texte ne règle aucune urgence et parce qu’il oppose agriculture et environnement, nous voterons pour la motion de rejet.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous imposez à la société votre vision productiviste du monde agricole, celle qui broie les corps, détruit la biodiversité, empoisonne notre eau. Et tout cela pour quoi ? Nous ne serons jamais compétitifs face aux immeubles à cochons et à la main-d’œuvre sous-payée. (Mêmes mouvements.)”
“Des ordonnances qui donnent un blanc-seing au gouvernement sur l’élevage, la réintroduction de deux pesticides dangereux pour notre santé, celle des enfants, des femmes enceintes, et des insectes pollinisateurs (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) ,…”
“Devant des prairies jaunies, des légumes qui cuisent dans les serres, des vergers littéralement grillés, c’est la peur des lendemains. En plus, on demande aux éleveurs d’enterrer eux-mêmes leurs animaux sur leurs fermes.”
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“Dans une étude publiée le 4 février, l’UFC-Que choisir montre que le revenu agricole a baissé depuis 2019 pour les céréales et la viande de porc et de bœuf, et qu’il a stagné pour la filière laitière. Dans le même temps, les consommateurs ont vu les prix flamber en rayon. La Cour des comptes a quant à elle constaté que les indices de prix utilisés dans les contrats sont souvent trop peu rémunérateurs et reflètent mal l’évolution réelle des coûts, voire sont inexistants. On peut ajouter que les sanctions en cas de non-respect de la loi sont extrêmement faibles. Ainsi, l’amende infligée récemment à Carrefour ne représente que 0,03 % de son chiffre d’affaires. Dans ces conditions, les industriels et la grande distribution ont les coudées franches pour imposer leurs conditions aux agriculteurs.”
“Je vous invite à voter cet amendement du groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire visant à plafonner à 40 % les marges de la grande distribution. Le prix de vente au consommateur final ne pourrait donc dépasser 140 % du prix d’achat au fournisseur. La marge brute réalisée par la grande distribution sur un paquet de pâtes a augmenté de 57 % entre 2021 et 2022. Sur un panier de courses de 100 euros, seuls 7 euros vont au producteur. Ces exemples illustrent le problème des marges telles qu’elles sont pratiquées. Puisqu’il a été souligné plusieurs fois que le SRP + 10 constitue un outil parmi d’autres, nous vous proposons un nouvel outil : la limitation à 40 % des marges de la grande distribution.”
“Des alertes ont été lancées quant à la volonté de Keith Barron et de ses entreprises de prospecter avant tout de l’or.”
“Le phosphate et l’or font partie de la liste des produits recherchés dans la demande de permis du projet Taranis. Alors que l’urgence écologique impose de réduire drastiquement les prélèvements sur la terre, les demandes de permis exclusif de recherche minière se multiplient sur le territoire. Compte tenu de la dangerosité des mines, que comptez-vous faire, monsieur le ministre, pour freiner le développement de ces projets ? En ce qui concerne le projet Taranis, je vous demande de me transmettre et de rendre publics la synthèse de la consultation publique, ainsi que les avis des administrations publiques dans leur version originale.”
“Que ce soit sur le plan environnemental, sanitaire ou énergétique, un territoire minier est un territoire sacrifié. Le code minier est clair : accorder un permis exclusif de recherches minières, c’est ouvrir la voie à l’exploitation ultérieure d’une mine. La recherche de métaux ou de terres rares nécessite l’extraction de minerais contenant des substances toxiques pour l’environnement et la santé publique. La consommation d’eau moyenne d’une mine d’or est celle d’une ville de 80 000 habitants, soit plus que la population de l’agglomération de Redon. Pourtant, les syndicats de bassins versants et de production d’eau potable n’ont aucunement été concertés. La consommation énergétique d’une mine de phosphate est celle d’une ville de 120 000 habitants.”
“Les communes ont simplement été informées par mail, sans plus de précisions. En amont de la consultation, les différentes administrations publiques impliquées dans ce projet, comme l’agence régionale de santé ou la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), ont émis un avis sur la demande. Le 26 octobre 2024, j’ai demandé au ministre de l’économie de l’époque, M. Antoine Armand, de me transmettre et de rendre publics la synthèse de cette consultation, ainsi que les avis des administrations. Je n’ai, à ce jour, obtenu aucune réponse. Le projet Taranis constitue un danger pour le pays de Redon, comme tous les projets miniers constituent un danger pour les territoires concernés, en France ou dans le monde.”
“Monsieur le ministre chargé de l’industrie et de l’énergie, ma question concerne le développement de projets miniers sur le territoire français, notamment dans le Grand Ouest. La société Breizh Ressources, filiale de l’entreprise Aurania Ressources, domiciliée fiscalement aux Bermudes et dirigée par le milliardaire canadien Keith Barron, a déposé début 2024 trois demandes de permis exclusif de recherches minières dans des territoires d’Ille-et-Vilaine, du Morbihan, de Loire-Atlantique et du Maine-et-Loire. Dans ma circonscription, en Ille-et-Vilaine, neuf communes sont concernées par le projet Taranis. Sans considération pour les citoyens et les élus locaux, une consultation publique a été menée en catimini entre le 24 juin et le 22 juillet 2024 – nous étions pourtant en pleine campagne électorale.”
“Cette loi n’est que de l’enfumage. Demain, les difficultés des agriculteurs seront les mêmes. Que faudra-t-il pour que l’avenir de l’agriculture familiale française soit enfin pris au sérieux, pour qu’on arrête la course à la productivité et au libre-échange, et pour qu’on se concentre sur l’essence même de l’agriculture, sur ce qui fait la fierté du métier de paysan : protéger la terre, nourrir ses voisins et en vivre ? (Les députés du groupe LFI-NFP, ainsi que Mme Claudia Rouaux, se lèvent et applaudissent.)”
“Je ne suis pas d’accord, et nous sommes des millions à ne pas l’être ! (Mêmes mouvements.) Vous oubliez que porter atteinte à la qualité des sols, de l’eau et de la biodiversité, c’est détruire l’outil de travail des agriculteurs. Si, demain, les terres ne sont plus fertiles, si les cours d’eau sont pollués et les prairies impraticables, que restera-t-il à l’agriculture familiale ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Votre vision de l’agriculture est productiviste : comment produire plus pour exporter plus – mais pas pour gagner plus au bout du compte. Et tant pis s’il ne reste qu’une poignée d’agriculteurs, si elle est au service de la rentabilité du groupe Avril ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“L’obsession de la droite à défendre l’agrobusiness et l’agrochimie aura fini par lui faire totalement abandonner les transitions agroécologiques et climatiques.”
“(Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Comment rendre le métier attractif sans parler de revenus, quand 18 % des ménages agricoles vivent sous le seuil de pauvreté ? Tout travail mérite salaire, mais vous continuez de mettre le sujet sous le tapis ; vous ne faites rien pour le revenu agricole, tout en vous empressant de prolonger l’expérimentation du relèvement du seuil de revente à perte de 10 % et d’arrêter l’encadrement des promotions, pour remplir les poches de la grande distribution. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Les lois Egalim étaient censées garantir aux agriculteurs un revenu juste, et non gonfler les marges des industriels et des distributeurs !”
“(Mêmes mouvements.) Plus que de grands objectifs, le monde agricole attend des actes, des mesures qui agissent concrètement sur son quotidien : une loi qui garantisse des prix rémunérateurs, qui réforme le mode d’attribution des terres, qui simplifie les démarches administratives, qui mette un coup d’arrêt aux caprices des géants de l’agro-industrie et, enfin, qui régule les marchés agricoles. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP ainsi que sur quelques bancs du groupe EcoS.) Cette loi d’orientation agricole, dont l’ambition était d’assurer le renouvellement des générations et de mener les transitions agroécologiques et climatiques, a changé de cap. S’agissant du renouvellement des générations, elle fixe des objectifs de 400 000 exploitations agricoles et de 30 % de personnes formées en plus en 2035. Avec quels moyens ? Aucun.”
“Ce n’est pas l’adoption de cette loi avant le Salon de l’agriculture qui fera oublier les politiques libérales ayant conduit à la disparition de 800 000 paysans en vingt-cinq ans. Grâce à ce texte, peut-être pourrez-vous, madame la ministre, déambuler dans les allées du Salon sans être huée. Toutefois, comme tous les textes écrits par la robotique parlementaire de la Macronie, il s’agit d’un concours d’objectifs visant à garantir la souveraineté alimentaire, le revenu des agriculteurs et le renouvellement des générations, sans rien qui permette d’y arriver.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Nous en sommes donc réduits à traiter en vingt-quatre heures chrono de ce qui devrait être l’avenir de notre agriculture. La commission mixte paritaire se tient le soir même du vote au Sénat, pour un vote à l’Assemblée le lendemain. Ne croyez-vous pas que l’avenir de l’agriculture et la souveraineté alimentaire de notre pays méritent mieux qu’une basse manœuvre d’affichage ? (Mêmes mouvements.)”
“Il y a neuf mois, dans cet hémicycle, je faisais appel au courage. Au courage, d’abord, de ne pas se contenter de rafistoler un modèle productiviste qui s’essouffle. Au courage, ensuite, de relever les défis du monde agricole : revenus, concurrence déloyale, accès à la terre et changement climatique. Au courage, enfin, d’établir ensemble une vision ambitieuse pour l’agriculture et une production alimentaire produite durablement. Nous en sommes bien loin : après des mois d’inaction, le gouvernement s’empresse de terminer l’examen de la loi d’orientation agricole avant l’ouverture du Salon de l’agriculture. Le président Macron chercherait-il à plaire à certains lobbys pour éviter de reproduire le fiasco de l’an dernier ?”
“En effet, avant le passage du cyclone Chido, les besoins structurels pour développer le potentiel de Mayotte étaient nombreux, que ce soit en matière d’agriculture, d’artisanat, de tourisme ou pour les petites entreprises ; après le passage du cyclone, les besoins se sont encore aggravés. La priorité n’est pas de s’attaquer au droit du sol, mais d’améliorer le développement économique de l’île. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Il vise à modifier le titre de cette proposition de loi qui, comme vous l’avez avoué à demi-mot, ne réglera pas tout, mais représente un signal. Toutefois, les Mahorais et les Mahoraises n’ont pas besoin que l’Hexagone leur envoie un signal, qui plus est au moyen d’un texte qui ne réglera rien ! Vous avez également indiqué que les Mahorais voulaient abroger le droit du sol. Ce n’est pas vrai ; certains ne le souhaitent pas ! En réalité, ils auraient davantage besoin que les ministres de l’économie, du commerce, de l’artisanat, des très petites, petites et moyennes entreprises (TPE-PME), de l’écologie ou encore de l’agriculture se rendent à Mayotte.”
“Vous êtes mal à l’aise parce que votre texte est inutile et parce qu’il permet au Rassemblement national de faire étalage de ses idées les plus crasses. (Applaudissements les bancs du groupe LFI-NFP et sur plusieurs bancs des groupes SOC et EcoS. – Mme Stella Dupont applaudit également.) J’en veux pour preuve ses amendements visant à abroger le droit du sol partout sur le territoire de la République.”
“Monsieur le rapporteur, il me semble que vous ne devez pas commencer l’examen du texte en accusant tel ou tel de ne pas être allé à Mayotte. C’est faux : j’y suis moi-même allée, y ai vécu et y ai travaillé. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Il se fonde sur l’article 70, alinéa 3, relatif aux mises en cause personnelles.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous poussez le pays droit dans le mur, alors que le rapport Pisani-Mahfouz chiffre à 65 milliards d’euros les besoins annuels pour la transition écologique. (« C’est fini ! Au revoir ! » sur les bancs du groupe RN.) Monsieur le premier ministre, avez-vous réellement conscience de la situation ?”
“Monsieur le premier ministre, allez-vous contraindre les assurances pour permettre aux sinistrés de se reconstruire et aux communes d’aller de l’avant ? Avec quels moyens supplémentaires les collectivités touchées, déjà étranglées par votre austérité, feront-elles face à ces dépenses exceptionnelles ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Jean-Claude Raux applaudit également.) Il y a près de deux mois, Mayotte subissait un cyclone d’une ampleur terrible. Les inondations en Ille-et-Vilaine nous rappellent à présent les inondations du Nord de la France l’an dernier. Pendant ce temps, vous imposez par 49.3 une coupe budgétaire sans précédent sur l’écologie.”
“À Guipry-Messac, fortement touchée par les inondations, la commune a dû attendre le dernier moment pour trouver une assurance l’année dernière, et la prime a explosé. Face aux crises climatiques, qui peut croire que le système assurantiel actuel réglera quoi que ce soit ? Le PDG d’Axa a reconnu en mai 2024 qu’un monde à + 4 degrés n’est pas assurable.”
“(Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP ainsi que sur quelques bancs du groupe GDR.) L’enquête récente de l’Union nationale de l’agriculture française et de 60 millions de consommateurs est édifiante : dommages minimisés, experts sous pression, guerre d’usure, délais interminables. Les véritables charognards sont les grands assureurs du CAC40 qui se font de l’argent sur le dos des sinistrés et des collectivités. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et GDR. – M. Jean-Claude Raux applaudit également.)”
“Au nom du groupe parlementaire La France insoumise, j’adresse notre soutien à nos concitoyens et concitoyennes sinistrés par les inondations de ces derniers jours en Ille-et-Vilaine. (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur les bancs des groupes SOC, EcoS et GDR, ainsi que sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem.) Il y a quelques jours, M. Retailleau est venu dans le pays de Redon en déclarant vouloir faire obstacle aux « charognards, […] qui profitent de la souffrance des uns et des autres ». Alors, je me suis dit qu’enfin le gouvernement allait s’attaquer aux compagnies d’assurance qui s’empressent d’augmenter leurs primes sans être à la hauteur pour indemniser les sinistrés.”
“Avec vos accords de libre-échange, vous mettez sur un pied d’égalité la production agricole et celle de voitures ou de pièces automobiles ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Notre débat illustre deux visions de l’agriculture. Quant à nous, nous ne souhaitons pas que l’agriculture s’appuie sur l’exportation pour se développer, car cela fragilise les filières – regardez la viticulture. Nous ne souhaitons pas que les agriculteurs entrent en compétition, ni à travers le monde, ni à l’échelon national. Nous préférons qu’ils coopèrent sur un même territoire et produisent des aliments afin de nourrir leurs voisins. C’est aussi une question de fierté ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Quand deux paysans boulangers travaillent ensemble, ils ne sont pas dans une logique de compétition, mais de coopération : ils cherchent à nourrir un maximum de gens autour d’eux.”
“Les pouvoirs publics doivent tout faire pour sauvegarder les industries agroalimentaires de taille intermédiaire, les abattoirs de proximité, les ateliers de transformation, qui maillent notre territoire et créent des emplois. C’est pourquoi, je le répète, cette proposition de résolution vous donne l’occasion de vous prononcer sans ambiguïté pour ou contre un accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS. – Mme la rapporteure applaudit également.)”
“Les négociations ayant débuté il y a vingt-cinq ans, leur résultat ne correspond nullement aux enjeux actuels : lutte contre le réchauffement, soutien à l’installation d’exploitants, relocalisation de la production, maintien de l’élevage herbager. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Mme la rapporteure applaudit également.) Sous couvert de compétitivité et de mondialisation, les dirigeants qui se sont succédé durant un quart de siècle ont livré les agriculteurs à un marché vorace. Un tel accord nous éloignerait davantage de l’objectif de souveraineté alimentaire défini par La Via Campesina. Le modèle de société que nous voulons suppose une agriculture à taille humaine, qui valorise les territoires ruraux.”
“Près d’un tiers des produits phytosanitaires utilisés au Brésil sont interdits dans l’Union européenne ; quant à l’Argentine, elle est devenue l’emblème de l’agriculture industrielle, bien loin du modèle vertueux promu sur notre territoire. De fait, cet accord néfaste à notre agriculture le serait tout autant aux paysans argentins, qui connaissent depuis des années un phénomène de concentration économique et d’érosion de l’agriculture paysanne au profit des grandes cultures. S’il devait aboutir, le traité avec le Mercosur s’ajouterait donc à la longue liste des accords de libre-échange qui autorisent l’importation de produits moins-disants par milliers de tonnes, dans l’espoir de contreparties économiques, mais pour quelles retombées sociales ou environnementales ?”
“Ces accords déstabilisent la production française et européenne, exposée par la fin de l’exception agricole à la concurrence de produits importés moins-disants, que ce soit en matière de respect de l’environnement, de rémunération des travailleurs ou de bien-être animal. (M. Matthias Tavel applaudit.) Les normes appliquées par les pays du Mercosur sont bien moins exigeantes que les nôtres. C’est pourquoi il est souvent fait mention de clauses miroirs, de mesures miroirs, visant à ce que les produits importés respectent ces dernières. Mais outre le fait que la conformité à ces clauses est difficilement vérifiable, la production alimentaire relève de la souveraineté nationale : un État ne peut imposer de contraintes qu’à ses propres producteurs.”
“Cette proposition de résolution nous donne l’occasion de clarifier la position de la France à l’égard du traité avec le Mercosur, ce que n’a pas fait, le 26 novembre 2024, la déclaration du gouvernement Barnier sur ce point : il en est ressorti une opposition à l’accord « en l’état », autrement dit à sa version actuelle. Dans nos circonscriptions, ce n’est pas un accord révisé ou amélioré que réclament les agriculteurs : ils ne veulent pas d’accord du tout ! Ce texte invite le gouvernement français à refuser la ratification de l’accord avec le Mercosur, quels que soient les termes retenus. (Mêmes mouvements.) Contrairement à ce que vous avez essayé de faire croire lors du précédent débat, nous ne sommes pas opposés aux échanges commerciaux, mais celui de nos aliments, biens de première nécessité, contre des voitures n’est pas acceptable.”
“La préservation des haies, des talus, est primordiale ; la capacité des prairies à limiter les phénomènes de ruissellement nous invite à soutenir les pratiques vertueuses des éleveurs en plein air, à accompagner la transition agroécologique. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme la rapporteure applaudit également.) Or comment assurer cette dernière si, dans le même temps, l’agriculture est sacrifiée aux accords de libre-échange ? Les agriculteurs nous nourrissent ; ils contribuent à la préservation de la biodiversité, des sols, des paysages. Il importe donc de les protéger de la concurrence que tendent à imposer ces accords.”
“J’aurai avant toute chose une pensée pour les habitants d’Ille-et-Vilaine, et en particulier de ma circonscription, touchés par les inondations. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS. – Mmes Sophie Mette et Stella Dupont applaudissent également.) Je salue les équipes de secours, pompiers, municipalités, ainsi que les citoyens qui, depuis des jours, viennent en aide à leurs voisins. Je pense également aux agriculteurs du département dont les fermes ont été inondées. Ces inondations, qui résultent de l’artificialisation des sols et du changement climatique, mettent en évidence la nécessité de repenser l’aménagement du territoire.”
“Cet amendement indique que la France s’oppose fermement à l’accord de l’Union européenne avec le Mercosur. Ce qui nous dérange, c’est que la position que la France affiche n’est pas celle d’une opposition de principe, mais d’une opposition à la signature de l’accord en l’état. Nous ne pouvons pas, du fait de cette ambiguïté qui demeure, soutenir l’amendement.”
“– Mme Dominique Voynet applaudit également.) Ils attendent ensuite des mesures fortes telles que la suppression du titre de séjour territorialisé, gage d’une véritable solidarité nationale, pour désenclaver Mayotte, archipel des exceptions et des dérogations légales. Des mesures fortes, aussi, pour résorber les inégalités persistantes entre le territoire hexagonal et Mayotte, comme l’alignement du smic sur celui de l’Hexagone. Ici, comme à Mayotte, soyons à la hauteur de notre devise républicaine : Liberté, Égalité, Fraternité . (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent pour applaudir. – Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et GDR.)”
“(Mêmes mouvements.) Même si la prolongation de la durée de versement de l’allocation chômage et le maintien des droits et prestations sociales jusqu’au 30 juin 2025 sont une bonne chose face à l’urgence, nous regrettons qu’aucune mesure ne soit prise en faveur de l’annulation des dettes d’eau et d’électricité, du blocage des loyers ou de l’alignement du smic et des minima sociaux sur ceux de l’Hexagone. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Monsieur le ministre, ce qu’attendent les Mahorais et Mahoraises dans l’immédiat, avant un nouveau projet de loi, ce sont des bâches pour couvrir les maisons, des tronçonneuses pour libérer l’accès aux parcelles agricoles, de l’eau et de la nourriture en quantité suffisante. (Même mouvements.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Personne n’imagine que, dans l’Hexagone, une catastrophe climatique puisse justifier l’expropriation de la population ; il doit en être de même pour nos concitoyens mahorais. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Les entreprises mahoraises n’ont pas non plus été épargnées. Il était important que ce texte mentionne la participation des entreprises locales à la reconstruction, et que les acteurs sociaux et économiques du territoire participent à la gouvernance de l’établissement public. Mayotte doit être reconstruite pour et avec les Mahorais.”
“Alors que le droit français prévoit que tout enfant a droit à une formation scolaire, plus de 15 000 enfants, selon la Défenseure des droits, n’auraient pas accès à une scolarité classique dans l’île. Nous avons également peu de garanties quant à la volonté de réaliser des constructions durables et adaptées aux spécificités de Mayotte, puisque la logique du texte demeure celle de la reconstruction à l’identique. Le texte comprend toutefois certaines mesures de bon sens et c’est pourquoi nous ne nous y opposerons pas. Nous nous félicitons de la suppression de l’article 10, qui visait à l’expropriation définitive d’emprises foncières à Mayotte.”
“Il ne s’agit pas simplement d’accélérer la reconstruction de l’île : nous devons en finir avec le sentiment d’abandon que ressentent les Mahorais et les Mahoraises. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) L’État est le principal fautif, ayant constamment sous-investi dans ce territoire. Son action doit se concentrer sur un investissement massif dans tous les services publics, notamment l’école et l’hôpital. Les mesures que comporte le texte en faveur de la reconstruction des écoles ne répondent pas à ces impératifs. L’article 2 concerne uniquement les écoles touchées par le cyclone, mais ne propose rien pour améliorer le taux de scolarisation.”
“» Plus d’un mois après le passage du cyclone, nombre de nos concitoyens sont encore en situation d’urgence. « Il y a des femmes et des enfants qui dorment dehors », nous ont déclaré les habitants de Kawéni. Il y a encore des maisons sans bâche malgré les toitures béantes. Telles sont les conséquences d’un manque d’anticipation et d’une réaction tardive des pouvoirs publics. Il est indispensable de créer une commission d’enquête sur l’impréparation de Mayotte face aux risques naturels majeurs et sur les conséquences du délaissement de ce département par l’État. (Mêmes mouvements.) Les difficultés du territoire n’ont pas commencé avec le cyclone et ce projet de loi ignore ces enjeux.”
“Je me demandais alors : pourquoi l’État français ne protège-t-il pas ces enfants, comme l’impose la Convention internationale des droits de l’enfant ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs des groupes EcoS et GDR.) Quatre ans plus tard, lors de mon déplacement sur place avec ma collègue Nadège Abomangoli, nous avons apporté notre soutien plein et entier à Mayotte et à ses habitants, à toutes celles et ceux qui se sont mobilisés face à la catastrophe. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Nous avons discuté avec de nombreuses personnes sur place et nous avons, une fois encore, constaté les défaillances de l’État. On nous a dit : « La population était pauvre ; elle s’est encore appauvrie.”
“Les conséquences du cyclone Chido et de la tempête Dikeledi sur l’île de Mayotte ont révélé le manque de moyens et d’anticipation de l’État dans le 101 e département français, situé à 8 000 kilomètres de l’Hexagone. En 2021, lorsque je vivais dans l’île, je donnais à des Français des cours de savoirs de base en français et en mathématiques. J’avais constaté les conséquences de l’illettrisme et de l’analphabétisme : difficultés à effectuer des démarches administratives, à trouver un travail, qui laissent la précarité s’installer. Je me demandais alors comment l’État français pouvait laisser cette précarité s’étendre. Je me rappelle aussi de ces jeunes enfants pieds nus, fouillant dans les poubelles de mon immeuble pour trouver des restes à manger.”
“Il vise à supprimer les mesures de contrôle et les sanctions associées à l’interdiction de la vente de tôles à une partie de la population, laquelle pourrait donner lieu à un commerce parallèle – ce ne serait pas une solution.”
“Nous souhaitons revenir sur une modification apportée lors de l’examen en commission, qui prévoit, à l’alinéa 4, un avis exprès des communes sur la construction d’écoles et le nombre de classes implantées, alors que le premier alinéa prévoit déjà qu’elles donnent un avis conforme sur le transfert du bâti scolaire à l’État. Nous estimons que l’État doit accompagner les communes afin qu’elles puissent surmonter les conséquences financières qu’entraînera immanquablement la construction d’écoles. Améliorer la scolarisation à Mayotte en ouvrant de nouvelles écoles et de nouvelles classes nous semble nécessaire. Nous ne pouvons ajouter aucun frein au développement du parc scolaire. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“J’entends votre position, madame la rapporteure. De notre côté, nous pensons que la solidarité nationale doit s’appliquer à Mayotte, département français, et qu’elle implique de reloger certains habitants de Mayotte dans l’Hexagone.”
“Par cet amendement nous souhaitons garantir le relogement durable de l’ensemble des personnes présentes à Mayotte. Les Mahorais et les Mahoraises n’attendent pas une reconstruction à l’identique car les conditions de logement étaient déjà dégradées avant le passage du cyclone. Protéger nos concitoyens des aléas climatiques passera par une reconstruction de qualité. L’amendement tend à compléter l’article 1 er en précisant que « la Nation se fixe pour objectif de garantir le relogement durable de l’ensemble des personnes présentes sur le territoire de Mayotte ».”
“…les serres sont dévastées, les plans des pépiniéristes ont été emportés par les eaux. La situation est catastrophique, suscitant l’inquiétude quant à la production alimentaire dans les mois à venir.”
“Je soutiens cet amendement qui semble important en considération de ce que subissent les agriculteurs à Mayotte. Certains d’entre eux ont tout perdu,…”
“Monsieur le ministre, vous soutenez que l’Epfam absorbé par un nouvel établissement public sera un opérateur puissant. Pour que ce soit le cas, et afin que la reconstruction de Mayotte réponde aux besoins de la population en tenant compte des contraintes et des spécificités du département, il nous semble important que plusieurs acteurs sociaux et économiques soient associés au travail du futur établissement public chargé de coordonner les travaux de reconstruction. Cela permettrait d’éviter que Mayotte soit reconstruite à l’identique, comme le craignent de nombreux citoyens rencontrés sur place. Pour l’avenir, il faudrait aussi installer davantage de services, notamment publics. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”