Aurélie Trouvé
LFI-NFP · France
“Jean-Claude Raux applaudit également.) Seize sociétés savantes et médicales, pour la première fois de notre histoire, s’expriment ensemble publiquement pour nous dire à nous, députés, de ne pas céder à l’obscurantisme et de maintenir l’interdiction de l’acétamipride et du flupyradifurone.”
“Dans moins d’un an, les Français s’exprimeront. Alors, j’interroge chaque député, mais aussi les candidats à la présidentielle – Mme Le Pen, M. Attal et les députés de M. Édouard Philippe : assumerez-vous de voter une loi dans laquelle figure l’autorisation de pesticides dangereux pour les enfants ?”
“…l’interdiction d’importer des aliments traités avec des substances interdites en France, l’approvisionnement des cantines avec des produits 100 % français. Reste un dernier prétexte pour voter cette loi toxique : M. Duplomb et ses collègues auraient accepté un compromis sur l’eau. Ah bon ?”
“Voyez-vous, il existe une démocratie dans ce pays ; une Assemblée nationale et des députés élus par le peuple qui votent les lois. Si nous votons contre ce texte ce soir, il ne sera pas adopté, et ce sera tant mieux.”
“Car si l’agriculture va mal en France, si, pour la première fois depuis soixante ans, nous importons plus que nous n’exportons de produits agricoles, ce n’est pas à cause de la punaise diabolique ou de la jaunisse. C’est parce que les gouvernements ne font rien pour assurer aux agriculteurs des prix rémunérateurs.”
“» Or ce n’est pas du tout ce que dit le texte que nous nous apprêtons à voter ; lisez-le bien ! L’Ordre des médecins et seize sociétés savantes et médicales se sont prononcés : il faut interdire les pesticides. Cela relève de notre responsabilité politique. À nous, élus du peuple, de les écouter.”
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“C’est la science qui le commande ! Ce n’est pas une affaire d’émotion !”
“Sur la base de l’article 100 relatif à la bonne tenue des débats. Monsieur le président Attal, ce n’est pas moi qui humilie vingt-cinq députés du groupe EPR : c’est le gouvernement. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Et il n’humilie pas seulement ses vingt-cinq députés : il humilie, il méprise, il piétine la représentation nationale ! Voilà ce qui est en train de se passer dans cet hémicycle ! (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Oui, monsieur le président, et c’est sur la base de l’article 24 de la Constitution : « Le Parlement vote la loi. Il contrôle l’action du gouvernement. […] ». Je considère qu’en l’occurrence, l’Assemblée nationale ne peut pas contrôler l’action du gouvernement. En effet, un amendement a été déposé par l’ex-première ministre Borne et par l’ex-ministre Pannier-Runacher ainsi que par vingt-trois autres collègues du groupe EPR. J’en viens à ma question, madame la ministre : allez-vous humilier ces vingt-cinq collègues du principal groupe parlementaire (Vifs applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et applaudissements sur plusieurs bancs des groupes SOC et EcoS) , du… (M. le président coupe le micro de l’oratrice.)”
“Parce qu’il s’agit de la vie de nos enfants !”
“Dans moins d’un an, les Français s’exprimeront. Alors, j’interroge chaque député, mais aussi les candidats à la présidentielle – Mme Le Pen, M. Attal et les députés de M. Édouard Philippe : assumerez-vous de voter une loi dans laquelle figure l’autorisation de pesticides dangereux pour les enfants ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont les députés se lèvent, ainsi que sur les bancs des groupes SOC et EcoS.) Assumerez-vous de voter une loi contre l’avis de l’Ordre des médecins et des sociétés savantes médicales ? Assumerez-vous de le faire contre 2,1 millions de personnes qui ont signé la pétition l’an dernier ? C’est un véritable déni de démocratie que vous êtes prêts à accomplir ! Chaque député est mis ici face à ses responsabilités et, croyez-moi, chaque Français s’en souviendra au moment de voter. Votez bien !”
“Sur la base de l’article 24 selon lequel le Parlement vote la loi et contrôle l’action du gouvernement. Je me demande en quoi l’Assemblée nationale est en train de contrôler l’action du gouvernement. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.– M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) Des sénateurs ont pris en otage cette loi agricole pour y faire entrer au forceps l’autorisation de pesticides dangereux pour le cerveau des enfants et… (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“…je finirai là-dessus : ne faites pas de notre République une République anti-écologique, frappée par des guerres de l’eau et des maladies politiques. (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe LFI-NFP. – M. Jean-Claude Raux applaudit également.) Construisons la première République écologique, fondée sur des écorégions, où les agriculteurs seraient en paix avec leurs écosystèmes, avec tous les autres usagers de l’eau, avec tous les citoyens. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont de nombreux députés se lèvent, ainsi que sur plusieurs bancs du groupe EcoS. – Mme Soumya Bourouaha applaudit également.)”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Ce qu’il faut, c’est un grand plan d’adaptation au changement climatique : des aides massives pour stocker l’eau, non pas dans des mégabassines, mais dans les sols, avec des haies, des zones humides, du non-labour, c’est-à-dire des techniques de l’agroécologie ; pour adapter les races, les rotations de culture, les variétés ; pour adopter des modes d’irrigation plus économes, comme le goutte-à-goutte. (Bruit de conversations.) Collègues,…”
“Aux usines, y compris des industries agroalimentaires, dont certaines doivent déjà s’arrêter par manque d’eau ? Aux élevages de coquillages ou à la pêche côtière en aval ? Certains diront que sans cela, les champs seront grillés. Dois-je rappeler que la moitié de l’eau consommée en France ne sert à irriguer que 7 % des surfaces agricoles françaises, notamment du maïs d’exportation, alors que la plupart des agriculteurs n’irriguent pas ? L’urgence, c’est de déclarer aujourd’hui, dans une vraie loi d’urgence, les sécheresses comme catastrophes naturelles, pour que tous les agriculteurs soient indemnisés des pertes subies.”
“…l’interdiction d’importer des aliments traités avec des substances interdites en France, l’approvisionnement des cantines avec des produits 100 % français. Reste un dernier prétexte pour voter cette loi toxique : M. Duplomb et ses collègues auraient accepté un compromis sur l’eau. Ah bon ? Et du coup, on peut empoisonner nos enfants, tout va bien ? C’est tout simplement ahurissant, et c’est faux. Les sénateurs ont maintenu des horreurs dans ce texte. Chacun pourra installer des mini-bassines dans les zones humides sans contrepartie. La loi nous dictera de stocker deux fois plus d’eau pour l’irrigation agricole. Collègues, l’eau est une ressource finie, de plus en plus limitée. À qui allons-nous retirer de l’eau pour irriguer davantage ? Aux villages qui sont ravitaillés en eau potable par camions-citernes en ce moment même ?”
“Dans le petit huis clos de la CMP, de grandes victoires de l’Assemblée nationale qui auraient pourtant changé les choses ont été écartées : les prix planchers pour les agriculteurs,…”
“Car si l’agriculture va mal en France, si, pour la première fois depuis soixante ans, nous importons plus que nous n’exportons de produits agricoles, ce n’est pas à cause de la punaise diabolique ou de la jaunisse. C’est parce que les gouvernements ne font rien pour assurer aux agriculteurs des prix rémunérateurs. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Jean-Claude Raux applaudit également.) C’est parce qu’ils se sont agenouillés devant Mme von der Leyen en acceptant l’accord avec le Mercosur, la Nouvelle-Zélande, demain l’Australie. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) C’est parce qu’ils ont accepté, l’année dernière, que les États-Unis exportent vers la France, à droit de douane nul, 500 000 tonnes de noix et de noisettes farcies de pesticides interdits chez nous.”
“Mais cela demande des moyens, bien sûr, de même que pour les producteurs de noisettes, dont on pourrait compenser toutes les pertes en attendant une solution efficace en cours de développement. Pour tout cela, il faut de l’argent public. Le problème, c’est que c’est complètement contradictoire avec les coupes budgétaires du gouvernement et de Mme la ministre qui frappent l’agriculture (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et sur quelques bancs des groupes EcoS et GDR) : 511 millions d’euros en moins en 2026, 100 millions en moins annoncés en 2027. Voilà la vraie raison de la loi d’urgence agricole : cacher la misère, cacher la sottise de la politique agricole de ce gouvernement.”
“Pour la culture de cerises, les filets installés sur les vergers sont d’une très bonne efficacité.”
“» Or ce n’est pas du tout ce que dit le texte que nous nous apprêtons à voter ; lisez-le bien ! L’Ordre des médecins et seize sociétés savantes et médicales se sont prononcés : il faut interdire les pesticides. Cela relève de notre responsabilité politique. À nous, élus du peuple, de les écouter. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) D’autres diront que ces pesticides dangereux pour les enfants sont indispensables à la survie de notre agriculture. Je vous le dis : c’est faux, archifaux. Le rapport de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), commandé par Mme la ministre de l’agriculture conclut qu’il n’y a pas de différence significative de rendement pour la culture de betteraves et de pommes en l’absence de ces pesticides.”
“Voyez-vous, il existe une démocratie dans ce pays ; une Assemblée nationale et des députés élus par le peuple qui votent les lois. Si nous votons contre ce texte ce soir, il ne sera pas adopté, et ce sera tant mieux. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) L’histoire reviendra sans doute sur ce grave moment de régression où la science a été ignorée, la santé des êtres humains sacrifiée. On apprendra sans doute dans les manuels d’histoire les tristes raisons, les sombres prétextes qui l’auront justifié. La première excuse, Mme la ministre vient de la mentionner : l’Anses, une agence réglementaire. J’ai lu une formidable défense, consistant à dire : « Ne vous inquiétez pas, le pouvoir de dérogation appartiendra à l’Anses et à elle seule ; la science décidera, et elle seule.”
“La France des grands betteraviers, du sénateur Duplomb et de ses collègues, ou bien la France des millions de citoyens qui ont signé la pétition contre la loi Duplomb ? (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP ainsi que sur quelques bancs des groupes SOC et EcoS) Celle de l’Ordre des médecins, des sociétés savantes et médicales, des associations environnementales, des représentants d’agriculteurs biologiques, d’apiculteurs et de paysans, dont certains auraient dû être présents dans les tribunes du public, mais à qui l’on a refusé l’accès parce qu’ils se sont inscrits trop tard ? (Exclamations sur les bancs des groupes EPR et DR.) Ce soir, chaque député sera mis face à ses responsabilités. Madame la ministre, vous nous dites que quoi qu’il arrive, vous ferez adopter ce texte.”
“Jean-Claude Raux applaudit également.) Seize sociétés savantes et médicales, pour la première fois de notre histoire, s’expriment ensemble publiquement pour nous dire à nous, députés, de ne pas céder à l’obscurantisme et de maintenir l’interdiction de l’acétamipride et du flupyradifurone. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) La réalité, c’est que 219 sénateurs ont pris en otage la loi d’urgence agricole pour en faire une loi criminelle pour nos enfants. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Collègues, ferez-vous de même ? Assumerez-vous que ces pesticides dangereux puissent à nouveau être épandus sur 400 000 hectares de betteraves – c’est-à-dire la superficie moyenne d’un département français –, sur les vergers de pommes, de cerises, de noisettes ? Collègues, qui écouterez-vous ? Quelle sera votre France ?”
“Dans la potion toxique, que trouve-t-on ? L’acétamipride et le flupyradifurone, des pesticides qui sont retrouvés dans le sang, les urines, le sperme, le liquide céphalo-rachidien d’enfants. Ils sont associés à un périmètre crânien diminué à la naissance, à des troubles du comportement chez l’enfant de 3 à 6 ans, à une diminution du nombre d’ovocytes, à des retards de croissance intra-utérine. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes EPR et DR.) Ne criez pas, collègues ; ce n’est pas moi qui le dis, mais l’Ordre des médecins. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M.”
“Mais vous aviez peur, peut-être, que j’ébruite la formule de la potion toxique : un zeste de lâcheté macroniste et une grande louche de soutien lepéniste permettent à la droite sénatoriale de transformer cette loi agricole en une loi poison. (« Oh ! » sur quelques bancs du groupe EPR. – Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Le vrai scandale démocratique n’est pas que les Français aient su ce qui se décidait en CMP entre quatorze parlementaires ; c’est qu’on ait voulu le leur cacher.”
“Le pays brûle, les sécheresses ravagent les récoltes ; pour seule réponse, vous proposez une loi poison qui attaquera la santé de toute la population et les écosystèmes. Voilà ce que vous avez décidé, porte close, en commission mixte paritaire. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Il m’a été reproché de rompre avec l’usage et d’en briser le huis clos. Eh bien, oui, je le revendique ! Car quand on décide d’exposer des millions de nos concitoyens à des pesticides dangereux, de détruire le partage de l’eau, alors la CMP ne doit pas rester un conclave. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Jean-Claude Raux applaudit également.) La loi s’écrit au nom du peuple ; elle ne peut pas être cachée du peuple.”
“Ce n’est pas la question qui a été posée !”
“Et puisque je vous prends au sérieux, j’ajoute un nouvel argument : sur le plan constitutionnel, notre proposition de loi est très solide. Elle se fonde sur le dispositif des lois de nationalisation de 1982. Pour finir, il y a beaucoup d’exemples de nationalisations réussies, à commencer par celle des Chantiers de l’Atlantique de Saint-Nazaire en 2017, que Jean-Luc Mélenchon appelait de ses vœux dès 2014. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Avis défavorable. Pour que ce soit clair pour tout le monde, je voudrais rappeler quelques chiffres. L’année dernière, il y a eu 20 000 destructions nettes d’emplois et 57 fermetures nettes d’usines. Je pense que les chiffres parlent d’eux-mêmes.”
“(Les députés des groupes LFI-NFP, EcoS et GDR se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur les bancs du groupe SOC, dont quelques députés se lèvent également.)”
“Défavorable. Nous devons en effet être sérieux. Nous devons aussi arrêter d’être lâches (M. Sébastien Peytavie applaudit) et de nous cacher derrière je ne sais quel droit qui ne marcherait pas, derrière l’Europe, ou que sais-je encore. Oui, il faut être sérieux, et nationaliser. Vous, monsieur Kasbarian, êtes en fait unipolaire. Javier Milei, Elon Musk représentent votre seule boussole. Cette idéologie néolibérale, ça suffit ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Agissons ! Depuis des années, vous ne faites rien pour sauver cette industrie. Je me tourne vers les salariés qui sont dans les tribunes et à qui on doit cette bataille et cette lutte. Merci à vous ! J’espère bien que cet après-midi, le vote historique que nous appelons de nos vœux aura lieu.”
“On a répondu à chacun de leurs chantages : le contrat à long terme d’EDF, avec un prix extrêmement avantageux – je ne l’ai certes pas vu, mais c’est ce qu’on m’a dit – pendant dix-huit ans, ou encore le doublement des droits de douane : tout aurait dû amener ArcelorMittal à investir. Le résultat ? Un bon de commande pour – peut-être, éventuellement ! – un four électrique qui assurerait un quart de la production actuelle, un sixième de la production historique. L’enseignement de ces six mois, c’est qu’il faut absolument voter la nationalisation. (Mme Ségolène Amiot et M. Benjamin Lucas-Lundy applaudissent.)”
“Défavorable. Tout ce qui s’est passé depuis six mois plaide au contraire pour une nationalisation d’ArcelorMittal. (Mmes Ségolène Amiot et Sandrine Runel ainsi que M. Benjamin Lucas-Lundy applaudissent.)”
“Vous voulez renationaliser, mais beaucoup trop tard. Avis défavorable sur les deux amendements.”
“C’est un peu McKinsey qui s’adresse aux ouvriers que nous sommes, aux soignants que nous sommes, aux agriculteurs que nous sommes ! Franchement, collègue Kasbarian, vous devriez avoir honte ! (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent, suivis par plusieurs députés des groupes SOC, EcoS et GDR.)”
“Collègue Tanguy, vous n’avez pas défendu votre amendement, qui tend à instituer une golden share . Serait-ce parce que vous n’y croyez pas vous-même ? Vous parlez de nationalisations inutiles mais, en l’occurrence, vous défendez une participation au capital inutile : alors que le problème est d’obliger ArcelorMittal à investir, une golden share ne fournit à son propriétaire qu’un droit de veto, à exercer en cas de cession, par exemple. En outre, la disposition que vous proposez n’entre pas dans le cadre juridique actuel des actions spécifiques. Avis défavorable, donc. Un mot, collègue Kasbarian.”
“Alors que toutes les fonctions pouvaient être réunies et intégrées sur le territoire français, elles sont en train de partir ailleurs. Nous saurons y mettre fin ! Quant aux brevets, ce que vous avez dit ne sont que des foutaises. Une grande partie d’entre eux tombera en 2026-2027 dans le domaine public. De plus, nous disposons de moyens juridiques pour imposer leur transfert, et vous le savez. Quand nous gouvernerons, nous saurons créer un groupe intégré, comme l’avait été EDF. L’énergie et l’acier sont des biens essentiels que nous devons produire en France. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Soumya Bourouaha applaudit également.)”
“Nous, nous en avons une : la nationalisation d’ArcelorMittal, qui est un choix pragmatique et raisonnable – le plus raisonnable qui soit. (Mêmes mouvements.) Vous avez évoqué les cas du Royaume-Uni et de l’Italie. Le premier a en effet décidé il y a quelques semaines de nationaliser British Steel. Vous avez raison de vouloir tirer des leçons de ces exemples. Évitons de faire comme les Britanniques et les Italiens, et de nationaliser trop tard, quand tout va mal. Faisons-le dès maintenant ! (Exclamations sur les bancs du groupe EPR.) Ce que vous voulez, vous, c’est faire de la France une île sans industrie. En l’espèce, nous voulons faire comme nous avons fait pour EDF. Nous allons d’abord stopper la désintégration géographique, parce que c’est la famille Mittal qui a décidé de délocaliser les fonctions support.”
“Monsieur le ministre, la France n’est pas une île, mais elle n’en demeure pas moins un peuple souverain. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) La question est de savoir si nous voulons encore être capables de produire de l’acier dans quelques années – et vous n’avez aucune réponse, aucune solution à apporter.”
“Nous proposons précisément d’en finir avec la gabegie budgétaire pour un groupe qui n’a prévu que de délocaliser sa production au Brésil, aux États-Unis et en Inde. Pour finir, vous parlez des décisions fortes prises par l’Europe, mais c’est parce que l’Europe a multiplié ses droits de douane par deux et parce qu’il existe désormais un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières qu’ArcelorMittal n’a plus d’excuses. Se faire balader par la famille Mittal, cela suffit ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et GDR.)”
“L’acier galvanisé ou laminé dont vous parlez est l’arbre qui cache la forêt de la destruction de la production d’acier en amont. Or sans unité de réduction du fer, sans plusieurs autres fours électriques, nous serons dépendants des importations, donc des puissances étrangères, pour l’acier, ce bien essentiel dont presque toutes les industries françaises ont besoin. Certains ont parlé de gabegie budgétaire à 3 milliards d’euros – mais la gabegie budgétaire, ne sont-ce pas plutôt les 300 millions d’aides publiques distribuées en 2023 à ArcelorMittal, le très avantageux contrat de long terme – sur 18 ans ! – signé avec EDF, l’absence depuis plusieurs années de paiement d’impôt sur les sociétés par ArcelorMittal ?”
“Je complète rapidement les propos de mon excellent corapporteur, Nicolas Sansu. Monsieur le ministre, le PDG d’ArcelorMittal France nous l’a confirmé lors de son audition : ArcelorMittal Méditerranée, donc le site de Fos-sur-Mer, est bien une filiale d’ArcelorMittal France ; je propose que nous ne revenions plus sur ce point. Deuxièmement, la valorisation à 3 milliards découle d’une méthode classique de valorisation des actifs pour les entreprises qui, comme ArcelorMittal France, ne sont pas cotées en Bourse. Troisièmement, ArcelorMittal ne prévoit que la construction d’un four électrique à Dunkerque. Cela représente à peu près un tiers de la production actuelle en amont et un sixième de la production historique. Vous égrenez des projets en aval, mais ce n’est pas ce dont il est question.”
“Benjamin Lucas-Lundy et Marcellin Nadeau applaudissent également.) Chers collègues, renouvelons aujourd’hui notre vote historique : votons la nationalisation de la grande entreprise d’acier ArcelorMittal ! (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe GDR et sur quelques bancs du groupe EcoS. – M. Philippe Brun applaudit également.)”
“L’an dernier, encore cinquante-sept usines en moins et 20 000 emplois perdus dans notre industrie ; des filières entières qui s’effondrent, dans l’acier, la chimie, l’automobile. La course tous azimuts aux capitaux étrangers, vendue dans des salons Choose France, finit irrémédiablement par la destruction de notre production. Combien de temps encore les gouvernements vont-ils cacher cette réalité ? Il est temps d’en finir avec cette idéologie néolibérale à laquelle plus personne ne s’accroche, en dehors de l’Europe et des gouvernements de M. Macron. Voilà pourquoi je remercie nos collègues du groupe GDR et mon corapporteur, M. Nicolas Sansu, d’avoir repris notre proposition de loi défendue en novembre dernier dans la niche du groupe La France insoumise. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – MM.”
“…notre vote d’aujourd’hui dépasse le cas d’ArcelorMittal. Ce matin, nous apprenons que, dans douze ans, si rien n’est fait, notre planète prendra 2 degrés. Serons-nous une grande nation de la reconversion écologique ou un pays incendiaire parmi tant d’autres ? Serons-nous une grande nation de l’acier vert ou un petit pays qui renonce à sa souveraineté industrielle ? Serons-nous un peuple qui reprend ses droits ou les imbéciles de l’histoire néolibérale, alors que les Britanniques et les Italiens renationalisent leurs usines d’acier ? Serons-nous un peuple souverain qui construit sa voie ou un pays de plateformes logistiques, une colonie numérique obligée de s’en remettre aux puissances étrangères pour ses besoins essentiels ?”
“Pire, la famille Mittal ne prévoit plus, éventuellement, qu’un seul projet de four électrique, à peine un quart de la production actuelle. Tout le reste est balayé. Il est temps de reprendre la main sur nos usines et sur nos vies. La seule solution, sérieuse et pragmatique, c’est la nationalisation : 3 milliards pour sauver notre indépendance économique et des dizaines de milliers d’emplois. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) Collègues,…”
“Or il ne reste que quatre ans avant que tout acier produit avec du charbon ne soit condamné. Quatre ans, c’est justement le temps qu’il faut pour sortir du charbon, construire des fours électriques et des unités de réduction de fer. C’est donc maintenant qu’il faut investir, maintenant ! ArcelorMittal n’a plus d’excuse. L’Europe et la France ont répondu à toutes ses exigences : des droits de douane multipliés par deux, un super-contrat avec EDF, sans compter les aides publiques et l’absence totale d’impôt sur les sociétés. Ça suffit, maintenant, le chantage de la famille Mittal ! Monsieur le ministre, combien de temps encore vous laisserez-vous balader par la famille Mittal ? Qu’avez-vous fait depuis six mois et notre vote pour la nationalisation du groupe ? Rien.”
“Regardez autour de vous, dans cet hémicycle : il y a de l’acier partout. Imaginez que demain, pour nos bâtiments, trains, automobiles, avions, centrales nucléaires, éoliennes, fusées, nous devions importer tout cet acier. Imaginez si nous devions subir le chaos des marchés internationaux et des ruptures d’approvisionnement, alors que les chocs géopolitiques se multiplient et que les prix des matières premières flambent. Imaginez. Tel sera le cas si nous ne prenons pas la décision courageuse et indispensable de nationaliser ArcelorMittal. La famille Mittal n’a qu’une stratégie, qu’une obsession : délocaliser la production aux États-Unis, en Inde ou au Brésil. ArcelorMittal a laissé dépérir nos usines en France. Le groupe refuse obstinément d’investir dans la décarbonation.”
“Du métal sans Mittal ! C’est le cri du cœur des salariés en lutte, celui que j’ai entendu il y a un an à Dunkerque. Beaucoup de ces travailleurs sont en ce moment devant l’Assemblée nationale, et je veux leur rendre hommage. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, EcoS et GDR.) Du métal sans Mittal ! C’est leur façon de nous dire : voyez, cet acier produit par et pour la France, cette usine, ce n’est pas à la famille Mittal que nous les devons, c’est à nous et au savoir-faire des générations de travailleurs qui se sont succédé. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Et si, demain, nous conservons une production d’acier, ce sera grâce à eux – et peut-être à grâce à nous, si nous votons la nationalisation d’ArcelorMittal.”
“Je suis effarée, tout comme doivent l’être de nombreux éleveurs, par la suppression de l’article 21 ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“…et même la Fédération nationale bovine, que j’ai eue au téléphone, tenaient très fortement au tunnel de prix.”
“…de devoir verser des dommages et intérêts en cas de recours abusif, il est évident que vous affaiblissez le droit de recours. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) C’est peut-être une contrevérité pour vous mais, en réalité, c’est une question politique. Pour ma part, je vous respecte, je ne vous accuse pas de dire des contrevérités. Et je considère qu’il y a là un affaiblissement du droit de recours. Madame Pannier-Runacher, nous n’avons pas échangé avec les mêmes agriculteurs. Je peux vous dire que la Confédération paysanne, la Coordination rurale…”
“Quand vous menacez une association environnementale, par exemple France nature environnement,…”
“Ensuite, la Macronie aura utilisé la loi agricole pour affaiblir le droit de recours contre les autoroutes, les complexes hôteliers, les gigafactories de M. Bolloré, etc. (Mme Mathilde Hignet applaudit.)”