Aurélie Trouvé
LFI-NFP · France
“Jean-Claude Raux applaudit également.) Seize sociétés savantes et médicales, pour la première fois de notre histoire, s’expriment ensemble publiquement pour nous dire à nous, députés, de ne pas céder à l’obscurantisme et de maintenir l’interdiction de l’acétamipride et du flupyradifurone.”
“Dans moins d’un an, les Français s’exprimeront. Alors, j’interroge chaque député, mais aussi les candidats à la présidentielle – Mme Le Pen, M. Attal et les députés de M. Édouard Philippe : assumerez-vous de voter une loi dans laquelle figure l’autorisation de pesticides dangereux pour les enfants ?”
“…l’interdiction d’importer des aliments traités avec des substances interdites en France, l’approvisionnement des cantines avec des produits 100 % français. Reste un dernier prétexte pour voter cette loi toxique : M. Duplomb et ses collègues auraient accepté un compromis sur l’eau. Ah bon ?”
“Voyez-vous, il existe une démocratie dans ce pays ; une Assemblée nationale et des députés élus par le peuple qui votent les lois. Si nous votons contre ce texte ce soir, il ne sera pas adopté, et ce sera tant mieux.”
“Car si l’agriculture va mal en France, si, pour la première fois depuis soixante ans, nous importons plus que nous n’exportons de produits agricoles, ce n’est pas à cause de la punaise diabolique ou de la jaunisse. C’est parce que les gouvernements ne font rien pour assurer aux agriculteurs des prix rémunérateurs.”
“» Or ce n’est pas du tout ce que dit le texte que nous nous apprêtons à voter ; lisez-le bien ! L’Ordre des médecins et seize sociétés savantes et médicales se sont prononcés : il faut interdire les pesticides. Cela relève de notre responsabilité politique. À nous, élus du peuple, de les écouter.”
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“D’un côté, vous refusez toute mention de l’agroécologie ou de dispositifs qui mènent à des innovations, telles que des rotations innovantes de cultures, une nouvelle complémentarité entre culture et élevage, ou la nouvelle agroforesterie – toutes ces techniques et technologies innovantes et modernes qui permettent par ailleurs de faire face aux nouveaux enjeux écologiques. De l’autre, vous voulez mettre de l’argent, dans le cadre des projets d’avenir agricole, dans des « projets agritech » et dans « la première industrialisation de technologies agricoles innovantes ». Monsieur le rapporteur, vous parlez de bâtiments d’élevage et de serres de tomates. Je suis désolée, mais ce n’est ni de l’agritech, ni de la première industrialisation de technologies agricoles innovantes !”
“Ces projets d’avenir agricole constituent une nouvelle attaque en règle contre le droit de l’environnement. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Dominique Voynet applaudit également.)”
“Tout s’éclaire, disais-je ! L’article 1 er et les projets d’avenir agricole, qui ne sont qu’une coquille vide dépourvue de tout budget, servent surtout à détruire un peu plus le droit de l’environnement. On comprend mieux, d’ailleurs, pourquoi vous refusez depuis hier toute mention de l’agroécologie ou de la protection du vivant dans cet article. Tout cela est très cohérent avec les articles 5 et 17, qui ouvrent un boulevard aux mégabassines et aux fermes-usines. (Exclamations sur les bancs du groupe EPR.)”
“Nous nous demandions à quoi allaient servir ces projets d’avenir agricole – surtout depuis que Mme la ministre a confirmé qu’aucun budget public supplémentaire ne leur serait alloué. Nous y voyions une énième usine à gaz, une nouvelle complexité administrative – de celles que vous passez votre temps à dénoncer. Mais à l’alinéa 7, tout s’éclaire : tout projet d’avenir agricole sera présumé répondre à une raison impérative d’intérêt public majeur, qu’il s’agisse d’un mégaméthaniseur, d’une mégabassine ou d’une ferme-usine. Nous comprenons mieux, maintenant ! À quoi cela va-t-il servir ? À éviter que des projets d’agrobusiness, très éloignés des besoins de l’agriculture familiale, soient entravés par le juge administratif, qui pourrait estimer qu’ils portent atteinte aux habitats ou aux espèces protégées.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Sébastien Peytavie et Mme Marie Pochon applaudissent également.)”
“Jean-Claude Raux applaudit également.) Beaucoup d’agriculteurs ne sont pas contents du tout de ce texte : ceux de la Confédération paysanne, de la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab), de nombreux organismes nationaux à vocation agricole et rurale (Onvar), dont vous refusez d’ailleurs l’association à vos futurs projets d’avenir agricole (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP) , de nombreuses organisations agricoles ne sont pas d’accord. Vous nous donnez des leçons concernant le développement du monde agricole, et il est vrai que vous avez réussi un immense exploit : en décembre 2025, la France a connu un déficit agroalimentaire, ce qui, en soixante ans, ne s’était jamais produit ! (Mêmes mouvements.) Voilà le résultat de neuf ans de Macronie, dont vous faites partie, madame la ministre !”
“Il y a quelque chose d’insupportable, madame la ministre, à vous entendre parler au nom de tous les agriculteurs. La FNSEA, la direction de la FNSEA, M. Arnaud Rousseau ne sont pas tous les agriculteurs ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Jamais un texte législatif n’a été à ce point écrit par la FNSEA – on y retrouve ses positions mot pour mot ! Ce n’est pas le projet de loi de Mme Genevard, mais celui de M. Arnaud Rousseau ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M.”
“Pour atteindre une forte valeur ajoutée, ainsi que le défend M. Taupiac, nous devons au contraire réduire drastiquement notre dépendance au soja importé, et cultiver des légumineuses sur nos sols, d’autant qu’elles constituent des engrais organiques que nous pourrions substituer aux engrais chimiques, de plus en plus chers depuis la guerre provoquée par MM. Netanyahou et Trump. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Marie Pochon applaudit également.)”
“Si nous importons massivement du soja génétiquement modifié du Brésil, d’Argentine et des États-Unis, c’est à cause d’un accord conclu en 1962 avec les États-Unis, qui a imposé des droits de douane nuls. Dans les années 1980, nous avons même dû plafonner nos propres surfaces cultivées, de sorte que le soja importé concurrence les ressources locales que nous pourrions destiner à l’alimentation animale. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, EcoS et GDR.) Sur le plan économique, votre propos est totalement inepte !”
“Nous soutenons cet amendement très important, qui fait d’ailleurs le lien avec l’amendement précédent. Les exploitations à forte valeur ajoutée sont celles qui sont en mesure de pratiquer une agriculture économe et autonome, notamment en réduisant leur dépendance aux engrais et à l’alimentation animale importés, comme le soja. À cet égard, monsieur Cazeneuve, nous n’avons jamais dit que les agriculteurs puaient, pardonnez-moi ! Nous faisions précisément référence au soja importé. Vous procédez à des amalgames et à des caricatures insupportables ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)”
“Je rappelle que vos gouvernements ont fortement baissé les moyens de l’université. Je vous invite à respecter ce métier, comme vous le feriez avec toute autre profession, même lorsque mes arguments vous contrarient. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)”
“…ou de la suffisance (Mêmes mouvements) , d’autant plus au moment où les moyens dont nous disposons, nous qui enseignons et qui faisons de la recherche publique, sont mis à mal.”
“C’est la première fois que j’entends cela ici et il faut poser le problème. Économiste, c’est un métier. J’ai été pendant vingt-cinq ans enseignante-chercheuse en économie : c’est un métier exigeant, ce n’est pas un hobby …”
“Sur la base de l’article 70 pour mise en cause personnelle. Madame la ministre, vous m’avez dit, dans cet hémicycle, hier soir : « vous vous piquez d’être économiste ». (« Oh ! » sur quelques bancs des groupes EPR et DR.) Auriez-vous dit à un médecin qu’il se pique d’être médecin, ou à un pompier ou à un agriculteur qu’ils se piquent d’être pompier ou agriculteur ? Votre remarque pose un grave problème. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Vous ne pouvez pas parler ainsi aux députés et remettre en cause leur légitimité professionnelle.”
“Les 40 millions d’euros étaient destinés à l’agriculture biologique. Vous venez de confirmer qu’ils ne seront pas entièrement consacrés à l’agriculture biologique, alors qu’ils étaient fléchés pour cela. Depuis neuf ans, depuis que la Macronie est au pouvoir, les aides à l’agriculture biologique reculent progressivement et continuellement – particulièrement depuis que vous êtes ministre, madame Genevard. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“En effet, madame la ministre, votre réponse ne me convient absolument pas, et je peux vous assurer qu’elle ne conviendra ni à la Fnab, ni à la Confédération paysanne. Beaucoup d’agriculteurs, même en dehors de ces organisations, ne peuvent pas accepter une telle réponse.”
“Nous abordons l’agriculture biologique. Il me semble d’autant plus important de réaffirmer dans ce texte l’objectif de développement de cette agriculture que, depuis neuf ans, nous observons un renversement de tendance historique. Avec vous, pour la première fois, les surfaces en agriculture biologique reculent, et c’est gravissime pour les agriculteurs biologiques. (Mme Manon Meunier applaudit. – M. Guillaume Kasbarian s’exclame.) Une question taraude un certain nombre d’organisations agricoles : que sont devenus les 40 millions d’euros de reliquat non utilisés pour la conversion en agriculture biologique ? Où sont-ils ? Comme moi, la Confédération paysanne et la Fnab dénoncent le manque de transparence et souhaitent savoir où sont précisément ces millions. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Ce genre d’amendement est dangereux. Vous voulez identifier les projets dont le modèle économique est viable, sans dépendre d’aucune aide. Savez-vous pourtant que la plupart des exploitations de viande bovine ont une valeur ajoutée négative ? C’est notamment le cas de celles qui vendent du broutard – des jeunes bovins de 10 ou 12 mois –, qui doivent les envoyer en Italie ou en Turquie faute de trouver en France les débouchés pour les engraisser. Si ces exploitations ne peuvent se passer d’aides, c’est parce que les prix agricoles pratiqués – des prix honteux ! – sont inférieurs aux coûts de production. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Votre amendement reviendrait ainsi à condamner – par exemple – tous les projets de viande bovine allaitante.”
“(Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) À brasser du vent ou, mieux encore, à maquiller le fait qu’en deux ans, vous avez réduit de 1,2 milliard d’euros le budget de l’agriculture ? Croyez-moi, tous les syndicats agricoles et tous les agriculteurs s’en souviendront ! Même la FNSEA, bien que vous ayez copié ses revendications dans ce projet de loi. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Nous voterons contre l’amendement n o 1393. Madame la ministre, vous confirmez que les projets d’avenir agricole ne seront financés par aucun budget – c’est bien ce que vous avez dit, n’est-ce pas ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – M. Damien Girard applaudit également.) Dès lors, comment ne pas y voir des coquilles vides ? Comme chacun le sait, les régions gèrent le second pilier de la PAC, par l’intermédiaire des programmes de développement rural régionaux. Dans ce cadre, il y a une coordination des fonds européens, des fonds de l’État et des fonds régionaux. Les régions mènent en outre des politiques de filières – et elles le font très bien toutes seules. Donc, à quoi sert de créer des projets d’avenir agricole ?”
“Leur absence en dit long sur la façon dont vous concevez l’avenir agricole, qui n’a rien à voir avec l’innovation et la valeur ajoutée future.”
“Je commence par vous remercier, monsieur le rapporteur, d’avoir mentionné tous ces Onvar, car ils jouent un rôle particulièrement important dans le monde agricole et rural. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) La Fadear, les Civam ou l’Association française de pastoralisme – pour n’en citer que quelques-uns – ont un rôle crucial en matière d’innovation dans les projets agricoles. De nombreux jeunes qui s’installent s’adressent à ces associations, qui sont tout à fait complémentaires des chambres d’agriculture. Il s’agit souvent de jeunes dont les exploitations génèrent une très forte valeur ajoutée et qui réussissent à diversifier leurs activités dans de multiples domaines. Je trouve très regrettable que ces organismes ne figurent pas dans le projet de loi.”
“Rappelons que vous avez baissé celui de l’agriculture de 1,2 milliard d’euros en deux ans et déshabillé d’autres dispositifs, dont les projets alimentaires territoriaux. Or sans budget, les projets d’avenir agricole sont des coquilles vides. Associer une absence de budget et un échelon non pertinent revient à encore complexifier le millefeuille administratif que vous êtes pourtant si prompts à dénoncer. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Sébastien Peytavie applaudit également.)”
“Nous soutenons l’amendement de Mme Jourdan, même si les projets d’avenir agricole sont des non-sens à tous les points de vue. Pour qu’ils fonctionnent, il faudrait un échelon pertinent, un budget et de la simplification administrative. Or c’est l’exact contraire qui est proposé. Mme la ministre et M. le rapporteur avouent eux-mêmes que l’échelon prévu par le texte, les grandes régions, n’est pas pertinent. Si je prends l’exemple de l’Occitanie, je ne vois aucun point commun entre les estives des Pyrénées, la viticulture du plateau des Costières et la production de roquefort sur le Larzac. L’échelon de la grande région n’a aucune pertinence ; si les projets d’avenir agricole ne sont pas définis dans des territoires beaucoup plus petits, ils ne serviront à rien. D’autre part, quel est le budget ?”
“Vous parlez, par exemple, de l’engraissement : mais qu’avez-vous fait pour l’engraissement ? Qu’avez-vous fait pour maintenir les abattoirs ? Qu’avez-vous fait pour les filières charolaise et limousine, sinon produire des broutards à bas coût exportés vers la Turquie, l’Espagne ou l’Italie plutôt que de les transformer et de les abattre chez nous pour en récupérer la valeur ajoutée ? Rien ! Zéro ! Vous n’avez rien planifié ! Tout ce que vous avez fait, c’est signer des accords de libre-échange. C’est une honte pour la souveraineté alimentaire et agricole ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Dominique Voynet et M. Hendrik Davi applaudissent également.)”
“En décembre, il y a eu 45 millions d’euros de déficit agroalimentaire, c’est votre résultat ! Alors que la France était le grand grenier agricole de l’Europe, elle est maintenant en déficit ! Aucune leçon à recevoir de vous !”
“Or que s’est-il passé en neuf ans ? Il y a eu une chute de la balance commerciale agricole. Pour la première fois, la France est devenue déficitaire nette en décembre 2025 : nous importons maintenant plus que ce que nous exportons. (« Eh oui ! » sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Vous rendez-vous compte ?”
“Nous proposons d’inclure dans les objectifs des projets d’avenir agricole la reconquête de la souveraineté alimentaire, l’accès à une alimentation suffisante et saine et les 21 % de surface agricole utile bio en 2030. Ces objectifs étant déjà inscrits dans le code rural, il n’y aurait a priori pas de problème pour y faire référence à l’article 1 er , ce qui n’est pas le cas actuellement. J’en profite pour vous répondre sur les imports-exports, madame la ministre. Vous n’avez aucune leçon à nous donner en matière de souveraineté agricole et alimentaire. Voilà neuf ans que vous – les macronistes – êtes au pouvoir.”
“(Mêmes mouvements.) La quantité d’eau potable est finie ; les terres agricoles aussi. Il n’y aura ni souveraineté agricole, ni avenir agricole si les sols sont morts ; il n’y aura pas de souveraineté agricole sans eau potable ; il n’y aura pas de souveraineté agricole si les territoires sont fracturés par des conflits d’usage autour de l’eau ou des terres. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Marie Pochon applaudit également.)”
“Vous profitez de la détresse agricole pour faire passer sur le dos des agriculteurs une nouvelle mise à sac du droit qui protège le vivant et la santé humaine. (Mêmes mouvements.) Cette fois-ci, vous vous surpassez : le texte correspond mot pour mot, ligne pour ligne aux exigences de la FNSEA, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles. Or ce texte affecte l’ensemble de la population, bien au-delà des agriculteurs. L’eau potable, la terre, la santé humaine sont des questions qui nous concernent tous. Vous nous répétez constamment qu’il faut prendre garde à ne pas lancer une guerre de l’eau, à ne pas attiser les conflits entre les agriculteurs et le reste de la population. Mais c’est vous qui amplifiez les conflits, c’est vous qui déclenchez la guerre de l’eau !”
“Madame la ministre, vous nous donnez des leçons de modération, mais je vous l’assure : c’est vous et votre gouvernement qui refusez la modération avec ce projet de loi. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Churchill disait qu’il ne fallait jamais gâcher une bonne crise. C’est tout vous : vous profitez de chaque crise agricole pour revenir avec un nouveau texte de loi encore pire que le précédent – une nouvelle attaque, une offensive encore plus virulente contre le vivant et la santé humaine. (Mêmes mouvements.) Face aux crises agricoles, vous préférez conclure de nouveaux accords de libre-échange entre deux textes de loi plutôt que de réguler le marché, les prix et les revenus.”
“Assez de bons points ! On n’est pas à l’école !”
“Vous supprimez des postes de surveillants !”
“Vraiment, vous n’êtes pas en position de donner des leçons sur le sujet ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont les députés se lèvent, ainsi que sur quelques bancs du groupe EcoS.)”
“Plutôt que de vous plaindre parce que nous ne soutenons pas vos décrets inutiles, revenez au droit existant, appliquez la mesure de sauvegarde et interdisez en conséquence les importations de produits traités avec des substances interdites en France. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) La Commission européenne l’a dit lors de nos auditions, c’est tout à fait possible. Quant à la souveraineté alimentaire, madame la ministre, c’est vous qui la détruisez à coup d’accords de libre-échange signés par les gouvernements successifs d’Emmanuel Macron ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Vous osez nous parler des 60 % de viande d’agneau importée, et vous êtes en train d’accepter l’accord de libre-échange avec l’Australie qui va finir de tuer la filière de l’agneau !”
“Cela concerne 300 producteurs de noisettes. Et ces derniers nous le disent, vous ne leur donnez pas les sommes nécessaires pour les faire tenir pendant trois ans. Or c’est tout à fait possible : il ne s’agit que de quelques millions d’euros, pour les soutenir et leur permettre de faire face aux baisses de rendement.”
“Ce rapport établit que pour toutes les productions, sauf la noisette, il existe des alternatives. Et M. Christian Lannou nous a déclaré hier, devant des centaines de personnes, que la betterave avait connu une excellente année – sans acétamipride. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Oui, les alternatives existent. Et pour la noisette, le même rapport annonce qu’il existera une alternative d’ici trois ans.”
“Et si elle n’est pas allée plus loin, c’est pour la même raison que l’Anses, parce qu’il n’y a pas suffisamment de données scientifiques. Pourquoi l’État n’a t-il pas fait en sorte que davantage de données scientifiques soient disponibles ? En réalité, les gouvernements successifs ont organisé le manque de données scientifiques par manque de moyens. Moi qui suis scientifique depuis vingt-cinq ans, je suis indignée par le budget de la recherche publique, qui est encore en baisse cette année ! Où sont les moyens pour les recherches sur les alternatives possibles ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) D’ailleurs, nous n’avons pas lu de la même façon le rapport de l’Inrae sur les alternatives à l’usage des néonicotinoïdes. J’ai discuté avec ses auteurs hier et nous les avons auditionnés.”
“Toutes, même le Conseil national de l’Ordre des médecins, s’opposent à la loi Duplomb et l’ont affirmé haut et fort. Alors, quand je vous entends dire que la science s’est exprimée et que vous avez bien fait de soutenir la loi Duplomb, les bras m’en tombent ! Vous citez l’Efsa et l’Anses ? L’Efsa affirme depuis 2013 que l’acétamipride est potentiellement cancérigène et peut affecter de façon défavorable le développement des neurones et des structures cérébrales. (Mêmes mouvements.)”
“On peut parler de Parsada ou de plan Écophyto, la réalité est que ces aides sont en baisse et que c’est vous qui organisez l’opposition entre l’agriculture et l’environnement. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) C’est vous qui dressez un sombre tableau aux agriculteurs en ne leur laissant pour seul choix que les pesticides, qui sont une impasse ! En réalité, vous abandonnez les Français à la fatalité des pesticides, qui sont dangereux. C’est pour cela que je suis indignée, comme les millions de Français qui ont signé cette pétition ! (Mêmes mouvements.) Madame la ministre, vous dites que la science s’est exprimée. Mais de quelle science parlez-vous ? Les vingt et une sociétés savantes et médicales ? La Société de cancérologie tout entière ? La Société de pédiatrie ? La Société d’endocrinologie ?”
“Madame la ministre, vous n’avez pas répondu à la question de Mme Pannier-Runacher : quel sera le montant consacré à l’agroécologie cette année dans le budget imposé par 49.3 ? Qu’en est-il du programme 149, Compétitivité et durabilité de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt , qui concerne l’agroécologie et dont les crédits devraient baisser de 20 % ?”
“Je ne vous parlerai pas de tous les messages de menaces que nous avons reçus de la part des lobbies de l’agrochimie, ni des permanences dévastées (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS) – et cela concerne aussi les quelques collègues du bloc présidentiel qui ont eu le courage de voter contre la loi Duplomb. Je pense aussi à tous les journalistes qui sont menacés parce qu’ils osent écrire à propos des pollutions qui dévastent les milieux naturels de Bretagne ! (Mêmes mouvements.) J’entends également des collègues prétendre que les aides favoriseraient le bio et ceux qui veulent renoncer aux pesticides. C’est tout le contraire : les agriculteurs bio touchent bien moins d’aides de la politique agricole commune.”
“Je suis très heureuse que nous ayons enfin pu mener ce débat, grâce à la pétition signée par 2,1 millions de personnes, que je remercie. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Une motion de rejet dévoyée avait confisqué ce débat dans l’hémicycle l’an dernier. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Le gouvernement a soutenu mordicus une proposition de loi sans étude d’impact, sans même d’auditions de représentants du monde de la santé. C’est une honte ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) J’entends dire que des députés ayant voté la loi Duplomb ont reçu des e-mails.”
“Mais enfin, le rapport dit le contraire !”
“Vous l’avez tellement encadrée que le Conseil constitutionnel a censuré la disposition !”
“D’ailleurs, il y a 60 000 agriculteurs biologiques qui font déjà autrement. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et GDR ainsi que sur quelques bancs du groupe EcoS.) Toutes les lois que nous écrivons devraient viser un seul objectif : soutenir ces agriculteurs qui veulent sortir des pesticides et amplifier leurs efforts. L’agrobusiness tue. Quand allez-vous vous réveiller ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont les députés se lèvent, ainsi que sur plusieurs bancs des groupes EcoS et SOC.)”
“À quoi servons-nous, dans cet hémicycle, si nous abandonnons la santé de nos enfants ? Les maladies provoquées par l’agrochimie sont politiques parce que le gouvernement ne fait rien. Pire, vous permettez que les maladies progressent et vous faites croire aux personnes qui en sont atteintes que c’est de leur faute s’ils sont malades. (Mêmes mouvements.) Le sénateur Duplomb revient à la charge et vous le laisserez peut-être faire. Vous ajouterez même votre propre texte – un texte qui va ressasser les mêmes recettes mortifères et écocides – puisque la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) n’a pas eu tout ce qu’elle voulait. Alors oui, tout ça m’indigne et indigne des millions de Français. Tout ça, c’est le vieux monde, un monde absurde. Nous pouvons, nous devons faire autrement.”
“(Mêmes mouvements.) Notre rôle, comme élus, est d’engager urgemment les transformations longues et incontournables susceptibles à la fois de nous protéger et nous nourrir. Une autre agriculture est possible et il faut planifier dès maintenant le virage agroécologique. Hier, nous avons reçu un agriculteur bio. Il nous a révélé qu’il percevait exactement 20 euros d’aides publiques de plus que son voisin qui cultive en conventionnel. Avec ces 20 malheureux euros par an, comment voulez-vous que les agriculteurs organisent la transition alors qu’ils sont endettés et qu’ils dépendent des firmes ? (Mêmes mouvements.) Presque toutes les filières disposent d’alternatives biologiques qui pourraient être ajustées et largement diffusées si les moyens étaient mobilisés. Qu’est-ce qu’on attend ? Donc oui, la question est politique !”
“En faisant ça, vous faites un déni de science en plus d’un déni de démocratie. Le trumpisme, c’est vous ! (Mêmes mouvements.) La situation est catastrophique. Notre pays est le plus permissif d’Europe s’agissant des pesticides. Depuis quinze ans, leurs ventes n’ont fait qu’augmenter. Les agences de l’eau ont dû fermer des centaines de captages d’eau potable, pollués par l’agriculture. Elles nous disent qu’on y retrouve encore des pesticides comme l’atrazine, interdite il y a vingt ans. Et que trouve-t-on dans notre budget ? Des coupes dans toutes les aides aux agriculteurs qui veulent en sortir. Au fond, ce ne sont pas seulement les pesticides qui sont dangereux, mais aussi vous et ce gouvernement.”
“Il faut effectivement de nouvelles études – les agences le demandent –, mais pour explorer le lien avec d’autres maladies et pour mesurer d’autres dégâts causés par les pesticides comme les effets cocktails et la toxicité chronique. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Hier, j’ai passé l’après-midi avec des chercheurs du Centre national pour la recherche scientifique (CNRS) et une professeure de biologie moléculaire. Ne me racontez pas que vous savez mieux qu’eux. L’alerte contre la loi Duplomb a été lancée par vingt et une sociétés savantes et médicales, par l’Ordre des médecins et par la Ligue contre le cancer. Qu’avez-vous à opposer à leurs décennies d’expertise ? Un médecin qui dit le contraire et deux journalistes partiellement payés par l’agrochimie ?”